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 In the jungle, the mighty jungle... ► Lajos

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MessageSujet: In the jungle, the mighty jungle... ► Lajos   Mer 9 Mai - 22:13




“I didn't think it would end this way...”

Pippin - The Lord of the Ring III








Flash back 5 years ago –
Serres de l’école




Il avait marché, couru, rampé. Il avait traversé les dortoirs et le parc, tantôt sur la pointe des pieds, tantôt plié en deux sous les fenêtres, tantôt reprenant son souffle à l’abri d’un arbre pour calmer les frémissements incontrôlables dont ses bras et ses jambes étaient parcourus. Et il souriait à présent, à la fois anxieux et excité à l’idée de commettre l’irréparable ; ce soir, il allait désobéir. Oui, il avait pris sa décision après l’avoir mûrement réfléchie, cogitée au fond de son lit, les yeux grands ouverts dans le noir, pesant le pour et le contre de son effroyable geste contestataire. Et la conclusion en avait été que, pour ce soir, plutôt que de se rendre aux dortoirs avant l’heure du couvre-feu, il attendrait qu’y soient entrés les autres élèves de son âge pour que, dans la cohue, il fut impossible aux surveillants de soupçonner son absence coupable. Evidemment, il avait pris soin d’y revenir déjà dans le courant de l’après-midi, pour laisser entendre à qui le voulait qu’il était fatigué, et que, de ce fait, il se coucherait en avance. Puis il était discrètement redescendu, se plaquant de temps à autre contre les murs et l’embrasure des portes, son cœur battant la chamade, cherchant à échapper au regard des quelques camarades qui remontaient chercher une affaire, un peu de solitude, ou au contraire un coin tranquille où ramener leur copine – berk. Le plus dur accompli, il ne lui restait donc maintenant qu’à traverser le campus en catimini, et son opération s’avèrerait à n’en pas douter un succès… Le plan était machiavélique. Son sourire ne s’en étendit que davantage.

Le garçon se faufila jusqu’à la porte d’entrée de la serre, veillant à ce que personne ne traîna dans les parages alors qu’il traversait à vive allure le terrain découvert. Il poussa la porte de verre pour se glisser à l’intérieur et la referma lentement derrière lui, évitant dans la mesure du possible de la faire claquer ou grincer. Puis il se tourna face aux rangées de plantes alignées sur leurs tréteaux, aux quelques arbres et autres buissons qui avaient poussé le long des vitres, certains même au beau milieu site, encombrant l’espace, le métamorphosant en une sorte de forêt dont on aurait vraiment su définir la situation géographique. Çà et là, quelques dionées tentaient de se mordre l’une l’autre ; plus loin, on percevait le bruit de lianes fouettant l’air. Il leva les yeux pour regarder passer au-dessus de lui un moineau qui, ayant vraisemblablement pénétré le bâtiment par mégarde, s’acharnait à présent à vouloir traverser le vitrage, en quête d’une infranchissable sortie. Il entrebâilla discrètement la porte pour lui, soupira de satisfaction et s’engagea dans les allées.

Terrence, du haut de ses jeunes années, savait parfaitement ce qu’il cherchait. A savoir son carnet de croquis – quoi que, de croquis, c’était à discuter… Ses œuvres se rapprochaient en général plus du bonhomme bâton que d’autre chose, mais enfin, « croquis », c’était tout de même un terme sacrément classe -, son carnet de croquis disais-je, que lui avait « emprunté » une certaine squatteuse rousse d’un mètre de haut. Oh, il ne doutait pas de l’honnêteté de la leprechaun, quand elle lui avait demandé de le lui confier pour une durée indéterminée… Et pour rien au monde ne lui serait venu à l’idée que l’admiration qu’il lui portait depuis qu’il avait eu vent de son existence n’avait fini par s’apparenter avec le temps à du harcèlement. Encore moins que « poser » pour lui alors qu’elle avait tant de choses à faire – car oui, il était également convaincu que Rowan passait son temps à protéger l’école de périlleuses menaces, et cette dernière était en outre loin de l’en dissuader – pour finalement découvrir un de ses portraits ait pu avoir quelque chose de vexant pour une jeune femme, aussi peu humaine soit elle. Bref, il aurait simplement été inconcevable pour lui de qualifier cette confiscation de vol à proprement parler, puisqu’il ne comprenait pas quels prétextes auraient pu motiver un tel acte, mais celle-ci s’éternisant, il avait pour une fois décidé de se prendre en main et d’aller en personne demander la restitution de son calepin… Non sans force civilités, cela allait de soi.

Il progressait donc en quête de la créature irlandaise, repoussant sur son passage les branchages qui l’entravaient, et ce faisant, tâchait de même de faire abstraction de l’obscurité angoissante qui semblait vouloir l’engloutir peu à peu ; on n’avait rien à craindre de végétaux, n’est-ce pas ? D’autant qu’il leur portait lui-même un attachement particulier, notamment envers ses chers pissenlits et saules pleureurs qui lui rappelaient régulièrement la verdure bordant ses lochs natals. Ils n’avaient de ce fait aucune raison de lui vouloir du mal, quand bien même ils en auraient été capables… Alors, lorsqu’il trébucha sur une racine, il se persuada qu’aucune main ne venait de lui saisir la cheville, car une plante ne pouvait pas avoir de main. Or, si une plante n’avait pas de main, rien ne pouvait lui arriver - Cqfd. Il se releva en s’époussetant.

C’était vrai, ce n’était pas comme si, la nuit, une bête assoiffée de sang était susceptible de s’introduire dans la serre où il avait justement choisi de se rendre. User d’un minimum de raison suffisait à prendre conscience que la probabilité en était bien trop faible… Et puis même dans ce cas, comment aurait-elle pu ouvrir la porte, hein ? Sans main. Sauf si elle en avait, justement. L’Ecossais jeta derrière lui un œil inquiet et se remit en chemin. Bon sang, il était tout bonnement ridicule de s’effrayer de la sorte alors qu’il ne cherchait qu’une inoffensive rouquine… Il parcourut quelques mètres supplémentaires, ne pouvant s’empêcher de remarquer que la végétation semblait s’épaissir au fil de son trajet. Mince, il était dans une serre, pas dans une jungle ! Il s’arrêta de nouveau net quand quelques feuillages frémirent au loin, puis ne put se retenir d’accélérer la marche en empruntant la direction inverse – ce ne pouvait être qu’un courant d’air, un courant d’air ou le moineau qui avait décidé de se poser, mais certainement pas un loup, un tigre, un zombie, un dragon tricéphale, doté de crocs, de griffes acérées, l’estomac vide, qui l’avait pris en chasse et comptait bien se jeter sur lui pour le dévorer vivant. Non, non, certainement pas. Pas de quoi paniquer.

Il laissa néanmoins échapper un petit cri plaintif quand les frémissements reprirent et parurent se rapprocher. Se rapprocher de lui. Et se rapprocher encore, à une vitesse relativement soutenue. Alors il se mit à trottiner, puis à courir, fuir à travers la brousse, tentant de respirer malgré sa gorge nouée et ses poumons qui s’affolaient, vers ce qui lui semblait la sortie, en tous cas loin des ténèbres bruissant et terrifiants qui le coursaient. Il se prit les pieds dans une liane, se redressa en sanglotant, atteignit finalement la vitre après avoir piétiné bon nombre fougères, chercha la poignée, ne la trouva pas. Il tâtonna désespérément dans le vide, longeant les carreaux jusqu’à ce que la flore présenta un obstacle infranchissable, alors il tapa sur le verre, à la manière du moineau de tout à l’heure, priant pour parvenir à le briser, à passer au travers. Puis, quand le froissement de la verdure ne fut plus qu’à quelques pieds de lui, il se retourna vivement et leva ses bras tremblants d’effroi au dessus de sa tête, dans une vaine tentative de se protéger.
Et hurla.

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MessageSujet: Re: In the jungle, the mighty jungle... ► Lajos   Jeu 10 Mai - 20:50


[Parce que à l'époque, Laj' a ses deux yeux.... Ouais, je trouve que ça vaut une image, même si je mets pas vraiment en page o/]

-..... T'es bête ou quoi ? Pourquoi t'as crié comme ça ? J'ai failli être sourd !

Deux yeux curieux et vaguement blasés se posent sur le gamin effrayé d'en face, qu'il vient de bâillonner avec sa main. Ce môme à la tignasse brune est un vrai poltron, visiblement. Qu'est-ce qu'il fait là, s'il a tellement peur des plantes et de la solitude ? Va retourner à ta niche comme un gentil toutou, si c'est ça. Mais le nouveau venu n'est pas méchant, non. Il retient ce petit sarcasme, ça serait mesquin. Et mesquin, justement, il ne l'est pas encore. Ça viendra bien assez tôt, quand sa naïveté aura disparue avec son œil droit. Que voulez vous, on change en grandissant.

Pour ceux qui ont suivis, un heureux hasard (ou pas) a poussé deux gamins d'une douzaine d'années à aller la même nuit dans la même serre, au même endroit. Le destin ? Ou la fatalité, peut être bien...



Moi, Lajos, douze ans et des brouettes, j'ai décidé d'aller faire du camping cette nuit. Parce que la nature, la liberté, et la tranquillité, c'est cool. J'm'en fous de leur couvre feu à la noix. Douze ans n'ont pas suffit à mes parents pour me transformer en enfant modèle, c'est pas ici que je vais changer. Et puis, c'est tellement plus drôle comme ça. Les autres n'avaient qu'à pas me chercher. Pourtant, en journée, j'ai fait des efforts. Je n'ai séché aucun cour, balancé aucune boulette de papier mâché sur les profs, ni même triché pendant le contrôle. Je suis peut être turbulent, mais le fouteur de merde ce n'est pas moi. D'ailleurs, j'ai pas trop intérêt, si je veux avoir le jeu vidéo que j'ai demandé pour mon anniv'. Il faut savoir garder ses priorités. Mais n'empêche. J'suis pas un mouton. J'suis un loup, un lion, un prédateur. Un rebelle. Un vrai. D'abord !

J'ai passé une bonne journée, vous savez. L'idée du camping, elle m'est tombée dessus à la pause midi. Quand d'autres gars de la classe ont parlé de mowgli. Ils étaient tous en mode « Woaaaw, trop fort le nain en pagne rouge ! ». Ça m'a gavé. Même si j'aime bien Mowgli, il est cool. Mais y a Bagheera et Baloo pour l'aider, alors sérieusement.. Il n'a pas tant de mérite que ça, hein. Il est cheaté. Moi aussi, avec un ours brun et une panthère noire, je survis dans la jungle. Moi aussi, si j'avais été élevé par des loups, je serais capable de me balader partout en pagne rouge avec une coupe au carré toujours impec' sans aller chez le coiffeur. L'autre indien n'a rien d'exceptionnel. J'peux faire aussi bien, voir mieux. J'en ai juste pas eu l'occasion, c'est tout. Du coup, quand j'ai dit ça, les autres m'ont charriés. Ils sont même allés trop loin.

Ils m'ont jeté un défi.

Parce que ceux là, ils se prennent pour des fifous de la vie en tirant la langue au pion. Moi, j'l'a tire tous les jours à ma mère, et je ne crâne pas pour autant. Ils sont tellement gamins ! Je comprends que les filles les traitent d'idiots, même si j'aime pas qu'elles me mettent dans le même sac qu'eux. De toute façon, les filles, c'est nul. Ça sert à rien d'autres qu'à crier et pleurer dès qu'on les embête un peu, ou encore à baver devant des chanteurs parce qu'ils sont célèbres et prétendument beaux. Billy Crawford, par exemple. C'est là que je me dis que franchement, je suis content de pas être une fille.

De toute façon, si ça avait été le cas, j'aurais trainé avec des mecs. Ils sont bêtes aussi, mais au moins ils ne gloussent pas.

Bien entendu, j'ai relevé le défi. Atta. Pensiez quoi ? J'suis un homme, moi ! J'ai pas peur ! Enfin, pas trop. De toute façon, y a rien que des plantes dans cette serre, alors ça craint rien. Et même si ça craignait, j'aurais accepté. Je suis pas une mauviette. Et puis, ça aurait ajouté au prestige. Et le prestige, c'est cool. C'est pour ça que je suis allé me chercher un sac de couchage, mon ordi portable, mon mp3, et des provisions. Coca, chips, pop corn. L'essentiel pour survivre en milieu hostile. J'ai aussi pris la dague de chasse que mon oncle m'a offert à Noël. Dans le terminator qui se passe en pleine jungle, Shwarzi se sert de trucs comme ça, je l'ai bien vu. Et puis, on a toujours besoin d'un couteau sur soi. Spock aurait été d'accord. C'est logique.

Du coup, je me suis senti trop warrior, quand je suis entré dans la serre et que j'ai installé mon petit campement. Je suis pas idiot, vous savez. Je sais bien qu'il faut être discret pour pas me faire pécho avant le couvre feu. Mon don aurait pu m'aider à me masquer, mais je ne le maitrise pas assez pour ça. Il ne marche pas tout le temps. Mais c'est pas grave, j'ai fait sans. À l'écart, tout au fond de la serre, je me suis fais mon petit coin à moi pendant qu'il faisait encore jour. Heureusement que mon sac de couchage est vert foncé et pas jaune fluo. Ça m'aurait compliqué la tâche, niveau camouflage. Posté là, j'ai fait ma petite sieste en attendant qu'il fasse nuit. Bah ouais : ça ne sert à rien d'aller camper dans la serre si c'est pour dormir bêtement.

Finalement, j'ai piqué un bon roupillon je crois. Quand je me suis réveillé, il faisait déjà nuit et j'entendais des feuillages remuer. Bizarre. Pas cool. Mais pas grave, j'suis pas une lavette. Mowgli n'aurait pas fuit, alors moi non plus ! J'vais pas me faire battre par un môme de dessin animé qui se balade presque à poil, ouais ? C'est pour ça que j'ai choppé ma dague et que j'ai quitté le campement. Pour aller voir ce qui se passe. C'est peut être un animal ? Même pas peur ! Ou en tout cas, je ne le montre pas. C'est quand les animaux le sentent qu'ils deviennent agressifs. Sur ma gauche, j'ai vu les feuillages bouger, alors je suis allé dans cette direction. Difficile de voir à quoi j'ai affaire, il fait sombre et le truc a accéléré quand j'me suis approché. Mais pas grave, moi aussi je peux le faire. Les jambes, c'est fait pour courir.

Ma proie a continué sa course et accéléré encore. Trébuche, sanglote, et s'est relevée pour repartir. Je ne suis pas sûr que les animaux puissent sangloter. Donc ça doit être un humain. Qu'est-ce qu'il fiche sur mon territoire ? (Y a pas à dire. Ce soir, je suis un vrai homme des bois.) Finalement, on a débouché sur la vitre qui ferme la serre, et l'autre énergumène l'a longé désespérément. Inutile, tu ne m'échapperas pas. J'ai eu un sourire féroce, l'excitation de la traque m'a pris. Alors c'est ça, chasser ? J'aime. C'est cool. Je comprends Shere Khan, et je l'admire plus que jamais. Parce que quand même, Shere Khan, il a la classe. Et moi aussi, un jour, je l'aurais.

Et finalement, après ce petit jeu de “attrape moi si tu peux“, je suis arrivé à coincer ma victime. Et on en est là, à maintenant tout de suite. Quand il vient de me rendre sourd en hurlant comme un fou. Par réflexe, et aussi pour ma survie, je l'ai tout de suite fait taire en foutant ma main sur sa bouche. S'il me mord, je l'assomme. Je suis un prédateur, un homme des bois. Un warrior.

-..... T'es bête ou quoi ? Pourquoi t'as crié comme ça ? J'ai failli être sourd !

Avec une once de reproche dans la voix, je dévisage celui qui se tient face à moi et check de quoi il a l'air. Dans le noir, c'est pas facile, mais j'essaye quand même. Il a environ mon âge, je dirais. Quel trouillard.

-T'es calmé ? Si j'enlève ma main, tu ne hurles pas ?

Le pauvre. Il a vraiment l'air de flipper. Il me fait penser à ces animaux qu'on voit sur la route, qui sont paralysés et qui restent plantés là à vous fixer sans bouger d'un poil pour éviter de se faire écrabouiller. Bande d'émotifs. Les animaux devraient regarder Star Trek. Spock leur expliquerait que les émotions entrainent l'instabilité et qu'il faut rester logique. Avec prudence, je retire ma main de sa bouche et le fixe, toujours aussi curieux de savoir ce qu'une poule mouillée pareille fabrique dans le coin.

-Je m'appelle Lajos. Et toi ? Et puis d'abord, qu'est-ce que tu fiches là ?


Dernière édition par Lajos D. Weisz le Mar 22 Mai - 14:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: In the jungle, the mighty jungle... ► Lajos   Ven 11 Mai - 22:12




“ Kill us faster? Oh, now I can relax! ”

Ron Weasley - Harry Potter I








Une petite lueur outragée se mêlait peu à peu à l’épouvante initiale qui avait envahie les yeux de l’Ecossais. D’abord, parce que ce n’était finalement qu’un type qui, pour d’obscures raisons – certainement fort peu louables – s’était mis en tête de lui courir après, au beau milieu de la nuit, dans un lieu pas très accueillant, il fallait le reconnaître. Ensuite parce que ce même type se permettait maintenant de lui plaquer une main sur la figure, de manière pas très engageante non plus. Et que, pour couronner le tout, il se permettait, lui, de le traiter d’imbécile. « Bête », pour employer le mot précis. Sacré vocabulaire. Vraiment, il y avait là de quoi halluciner.

Alors, quand l’autre guignol relâcha la pression de sa paume, il leva lui-même un bras, moins assuré qu’il ne l’aurait voulu, pour s’en dégager tout seul. Non mais. C’est qu’il avait 12 ans, tout de même, il n’était plus un gosse. Et, du haut de ses 5cm de plus à peine, le gus en face n’avait pas de quoi prendre son air supérieur. Bon, d’accord, plutôt 10 en fait… Mais, dans l’âme, Terrence se sentait bien une sagesse digne d’un élève de 13, voire même de 14 ans. Donc, pas de quoi en faire un fromage. On en reparlerait quand il aurait fini sa croissance. Sans blague…

« Je m'appelle Lajos. Et toi ? Et puis d'abord, qu'est-ce que tu fiches là ? »

Le Psy se redressa de sorte à se tenir le plus droit possible, prenant légèrement appui sur la vitre, bien décidé à rester digne malgré ses jambes flageolantes. Il s’essuya le bord des yeux d’un revers de manche, tâcha de poser son souffle un peu trop rapide, puis entreprit de répondre, d’une voix encore vibrante d’émotion.

« Alors déjà, non, je ne suis pas "bête", mais avec tes âneries j’ai bien cru que j’étais poursuivi par une bestiole. A laquelle j’étais en train de tendre un piège, évidemment. »

Evidemment.

« Je m’appelle Terrence. Et je te renvoie la question. Le couvre-feu a déjà sonné pour les élèves de premier cycle. »

Or, bien que le dénommé Lajos – on avait pas idée d’avoir un nom pareil… - le domina de quelques pouces, il était évident qu’il était lui aussi concerné par la règle. Vu qu’il n’était pas dans sa classe, le garçon conclut qu’il devait être en 2ème année… 3ème maximum, mais certainement pas au-delà. A moins bien sûr qu’il se fut agit d’un nain. Auquel cas, il venait certainement d’enfoncer le couteau dans la plaie. Il se félicita : c’était bien envoyé. C’est qu’il n’avait qu’à pas le chercher, aussi, l’autre rigolo…

« …Mais si ça t’intéresse tant que ça, je suis venu récupérer un truc. »

L’Ecossais fit alors un pas en avant, entendant bien contourner son camarade et quitter fièrement l’endroit. C’est donc à ce moment là que, changeant d’emplacement, il entrevit un léger reflet dans le noir, et discerna vaguement la silhouette de l’arme que le roux tenait à la main. Le gamin marqua un court temps d’arrêt. Mince, s’il comptait vraiment zigouiller quelqu’un cette nuit, ne pouvait-il pas aller faire ça ailleurs… Dans le fond, sans doute préférait-il encore l’ignorer. La démarche plus hésitante, il bifurqua afin de s’engager dans une direction qui lui évitait de longer son agresseur : qui sait, peut-être qu’en arborant un air confiant, l’autre n’oserait-il pas le lui mettre sous la gorge ? Et en effet, avec sa chemise à carreaux boutonnée jusqu’au cou et sa petite cravate consciencieusement nouée, le moins qu’on puisse dire est qu’il était des plus intimidants… Enfin. Il n’était pas impossible que l’obscurité lui rende service, pour cette fois. Il s’éloigna de quelques pas, veillant à ce que l’intrus ne le suive pas de trop près, voire même pas du tout, puis fini par se planter quelques mètres plus loin, indécis. Non, quand même… Si assassinat il devait y avoir, il se devait de faire son possible pour l’empêcher, ou au moins prévenir la victime, et s’il était déjà trop tard, relever l’identité du coupable. Il inspira avec résignation tandis qu’il triturait sa manche pour se donner un semblant de contenance. Sois héroïque Terrence. Prenant le ton le plus angélique dont il était capable, il jeta à l’inconnu un coup d’œil par-dessus son épaule.

« Mais, et toi, au fait ? »

Sa voix semblait finalement plus blanche qu’innocente – bah, ça ne faisait rien, les deux termes n’était pas si éloignés que ça l’un de l’autre, et puis avec un peu de chance, son vis-à-vis (à qui ceux-ci ne paraissaient guère appropriés) n’aurait de toute façon rien remarqué. Il le fixa un moment, prêt à s’élancer à travers la brousse en criant au meurtre si ce dernier opérait le moindre geste suspect. Puis il se laissa aller à observer le sol à ses pieds, en quête d’un quelconque bâton qui aurait pu s’avérer utile en cas d’affrontement ; il se devait de pouvoir se défendre, tout de même. Dans son entreprise, il s’avéra que la pénombre ne lui était en fait pas une aide si précieuse que ça… Et son souffle encore confus ne lui permettait pas de surveiller ce faisant son adversaire aussi bien qu’il l’aurait souhaité. S’il parvenait à se mouvoir sans faire craquer de brindille, probablement ne l’entendrait-il pas arriver à temps… Et pour peu que son don ait été offensif, il était perdu. A cette idée, il sentit sa tête lui tourner légèrement, et ses poumons se comprimer un peu d’avantage...

…Alors il fit le lien. Un lien stupide et irrationnel, mais un lien tout de même, suffisamment plausible pour en devenir angoissant. Ils se trouvaient dans une serre. Une serre, la nuit. Une serre pleine d’arbres. Le vieux souvenir d’un cours de biologie se mit peu à peu à refaire surface dans son esprit, ondoyant sur le flot incertain de sa mémoire, aussi menaçant qu’un serpent de mer dans la tempête. Une histoire d’oxygène et de photosynthèse, de chambre et de plante verte, de danger surtout. Oui, c’était ça. Il ne fallait pas mettre de plante dans sa chambre, car, au coucher du soleil, celles-ci consommaient tout l’air respirable. Un minimum de bon sens lui aurait suffit pour se rendre compte que, s’il était vrai que les végétaux se contentaient de respirer la nuit, ils n’étaient pas plus nocifs qu’un être humain au repos, et donc le bâtiment qu’un dortoir…

Mais, dans son état, le Psy n’était plus franchement en mesure de réfléchir sereinement ; à la place, il enfouit son nez contre sa manche – réaction parfaitement logique quand on craint justement de manquer d’oxygène… -, hyperventilant presque pour la forme. Le regard éperdu, il rejoignit précipitamment le rouquin, retenant de justesse un « ne me tue pas » bouleversé qui aurait définitivement achevé de le discréditer aux yeux de son camarade, de son amour-propre et du reste du monde.

« Je crois qu’on va mourir. Etouffés. Il faut ab-so-lu-ment sortir d’ici ! »

Sa voix s’était remise à trembler tandis qu’il lui parlait en apnée, à grand renfort de gestes désordonnés.

« Je sais plus par où c’est ! »

Ça, il n’y avait pas à dire : l’honneur était sauf.



Dernière édition par Terrence D. MacShelton le Ven 10 Aoû - 19:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: In the jungle, the mighty jungle... ► Lajos   Lun 28 Mai - 13:44

Ce type. Malgré ce qu'il dit, il est bête. Ou en tout cas pas crédible. Tendre un piège à une bête sauvage ? En courant et en flippant sa race ? Et dans une serre scolaire, en plus ? Hein hein. Même moi, avec juste mon odorat d'humain, j'ai senti l'odeur de la peur qu'il se traine. J'suis un ouf, moi. J'le sens, ses choses là. On a la classe ou on ne l'a pas. Mais là, j'dois avouer qu'il me fait plus de la peine qu'autre chose, à essayer de garder contenance. Surtout que ce couillon, il me renvoie des arguments qui prêchent conte lui. Obéir au couvre-feu.. Ouais ouais, on y pensera. Un jour. Sérieux, j'vais pas me la jouer enfant modèle et aller courir au dortoir à cause de ça, hein. D'autant que comme il le fait remarquer, le couvre feu est déjà passé. Désobéir pour désobéir, autant faire les choses correctement. Z'êtes pas d'accord ?

- Je sais bien qu'il a sonné, idiot. C'est voulu. Et puis j'veux pas dire, mais t'es au moins aussi concerné que moi, hein.

Goguenard, je le regarde en me redressant un peu plus. Histoire de lui rappeler que de nous deux, c'est moi le plus grand. De taille, en tout cas. Vu sa remarque et sa bouille de gamin, il doit être en première année. Et oui, une bouille de gamin, je maintiens. Moi, on me dit souvent que je fais plus que mon âge. J'en suis fier. Parce que c'est vrai, en plus. D'abord. Ma mère dit toujours qu'à mon âge, personne dans sa famille était aussi inventif. Bon, elle dit ça à propos des conneries que je fais, mais ça compte quand même, non ? Bref. On s'en fout. Pendant qu'il me sert sa petite explication -ouais ouais, t'as perdu quelque chose, bin voyons. Ta môman, surement- je mets les mains sur les hanches et le regarde en me marrant à moitié. Le pauvre, il fait un peu tache là. C'est pas son élément, visiblement. Il powne pas Mowgli, lui. Mais j'suis bon prince, j'vais pas l'enfoncer. Faut prendre soin des plus petits que soi, mon père il dit. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Je sais plus si c'est dans Green Lantern qu'ils disent ça, mais je trouve ça classe. Et puis de toute façon, même Spock aurait aidé ce pauvre gus. Au moins parce que laisser un truc instable comme lui se balader dans la serre est un élément dangereux. Et s'il trouvait la sortie et caftait, hein ? Ça me ferait une belle jambe. Autant s'en le garder à côté pour pouvoir le surveiller.

Terrence fait un pas, puis semble bloquer sur un truc. Heh ? Problème ? À part le prénom, je veux dire... Parce que ouais, s'appeler Terrence... Le pauvre, il n'a pas de chance. Ça me fait penser à Terrine. D'ailleurs, peut être que c'est ça, le féminin de son prénom. Quelle horreur, c'est comme si je m'appelais Pâté ou Fois Gras. On aurait l'air fin, tiens. Ceci dit, y en a bien qui s'appellent Violette, Canelle, Prudence, Bienvenue, Reine ou je sais pas quoi encore. Reine, c'est prétentieux, je trouve, comme nom. Ouais, j'ai dit que des noms de filles, et alors ? Les filles c'est nul, m'obligez pas à répéter. Oh et puis j'vous en trouve un pour mec, si vous voulez, hein ! Plein, même ! Honoré, par exemple ! Ou encore Parfait, Amour, Fiacre... Je continue ? Et le pire, c'est que ce sont tous des vrais prénoms, ils ont leur fêtes dans le calendrier, quoi. Les gens sont fous. J'imagine trop, tiens. “Bienvenue parmi nous, Mlle Bienvenue !“ Et Fiacre.... « Oui, plus tard, j'appellerais mon fils Fiacre, et si c'est une fille ça sera Calèche ! » Ah la la...

Où j'en étais, moi. Ah oui, le môme qui avance d'un pas. En fait, il tire une drôle de tronche pour le peu que j'en vois, et il bifurque pour se barrer dans un autre sens. Je sais pas trop où il va, et je ne suis pas sûr que lui même le sache. Bref. Il se barre quoi. Va pas te perdre dans la jungle, mon poussin. Ce serait dommage. Un si joli angelot dans ton genre, je suis sûr que ça pleurnicherait dans les chaumières. J'imagine bien l'hommage posthume : « Ci-gît Terrence, à qui l'errance dans la Serre d'Aisling a été fatale. » Quelle mort glorieuse. Je l'envie presque, tiens. D'ailleurs, voilà que le petit chérubin me demande des comptes maintenant. D'une voix blanche, le poussin veut savoir ce que je fabrique ici. Curieux, va. Mais c'est de bonne guerre. Après tout, je lui ai bien demandé en premier... Tiens, on pourrait presque être des camarades d'aventure.

- Moi, je suis un mowgli moderne venu passer la nuit ici. Des copains m'ont défiés de le faire, et ils ont cru que je flipperais. Sauf que non. Et puis, j'aime bien le coin, il est chouette.

Mais j'ai à peine le temps de répondre à sa question que Terry se.. Quoi ? J'l'appelle Terry parce que ça fait un peu comme Merry le hobbit, et que c'est cool. Me dites pas que vous n'aviez pas compris que je parlais du première année, quand même ? Bref, il se précipite vers moi avec un air affolé et me sort une histoire bizarre. Je ne suis pas sur de comprendre, en fait. Pourquoi mourir étouffé dans une serre ? C'est chelou comme histoire. Ils balancent des produits toxiques sur les plantes la nuit ? Genre insecticide, vous savez. Contre les bêbêtes, toussah toussah. Mais de là à crever asphyxié... Surtout que je ne sens aucune odeur spécifique. Et pourtant, ce genre de saloperie, c'est pas inodore !

- Je pige pas ton coup de flippe, mais pas grave. Allez, viens.

Avec un signe de tête pour qu'il me suive, je m'éloigne tranquillement en rangeant mon arme à ma ceinture. Je ne sais pas s'il me suivra et j'avoue ne pas vérifier, mais vu comme il flippe je parie qu'il ne me lâchera pas d'une semelle. Sans avoir un super sens de l'orientation, pour ne pas dire que je suis nul là dedans, les feuilles qu'on a poussé pendant la course poursuite me permettent de voir par où on est passé, et ainsi remonter jusqu'au lieu de rencontre. Et une fois là, je sais où est mon petit campement et par où passer. La serre est assez grande, mais heureusement ce n'est pas un truc de trente mille hectares non plus. Au bout d'un moment, on arrive enfin à destination. Avec un soupir de soulagement, je m'affale sur mon sac de couchage déplié et dégaine une des deux bouteilles de limonade que j'ai embarqué pour y boire au goulot. Faut être organisé, dans la vie sauvage. Toujours avoir de quoi se désaltérer, sinon on peut crever super vite. Même si dans ce cadre là, c'est assez relatif. Et la soirée s'annonce folklo. J'vais p't être bien faire ça plus souvent, du camping. C'est assez fun, en fin de compte.
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MessageSujet: Re: In the jungle, the mighty jungle... ► Lajos   Mar 3 Juil - 12:40




“ Home is behind, the world ahead
And there are many paths to tread
Through shadow, to the edge of night
Until the stars are all alight... ”

Pippin - The Lord of the Ring III








« Mais si, mais tu sais bien, les plantes ! Les plantes ! Le jour ça pompe la lumière, comme ça, et la nuit, ça pompe l’air ! Littéralement, je veux dire. Tu le sais, tu le sais forcément ! Avec leurs feuilles, elles te piquent l’oxygène, tu peux plus respirer, tu t’étouffes, tu meurs… Et tout… Tu dois bien le savoir, quand même ! En fait, tu es complètement stupide ! »

La colère de ne pas se faire comprendre succédait peu à peu à sa panique originelle, tandis qu’il marchait dans les pas du Hongrois et tentait tant bien que mal de lui faire saisir toute la gravité de leur situation. De toute évidence, ce gus n’avait pas appris ses cours de science, il n’y avait aucun doute là-dessus. Ou bien sa mémoire était digne de celle d’un poisson rouge, mais de sa part, cela ne l’aurait pas surpris une seule seconde. Dans un cas comme dans l’autre, le résultat était le même : il se retrouvait piégé dans cet édifice lugubre, soumis au bon vouloir du rouquin, qui paraissait prendre un malin plaisir à mettre sa vie en péril… Le programme était réjouissant. D’autant qu’au fil du chemin, la domination arrogante que le type exerçait sur lui et dont il se délectait, couplée à son air suffisant et dédaigneux, avait finit par le mettre presque plus en rogne que la menace mortelle à laquelle il les exposait. Il lui aurait volontiers flanqué un bon coup de pied dans le tibia, tiens, histoire de se faire entendre. Mais ç’aurait été sans compter sur le poignard qu’il avait à la ceinture… Ni sur le fait que ce faisant, il eut plus de chance de se fracturer un orteil que de le faire seulement trébucher. S’il était vrai que la violence ne résolvait généralement rien, pourquoi diable fallait-il qu’il se coltine un abruti pareil…

Quand ils parvinrent finalement au campement, le jeune Ecossais prit bien garde de ne laisser transparaître sur son visage nulle trace d’admiration pour la facilité dont avait fait montre son camarade à retrouver son chemin, ni pour son installation discrète et fonctionnelle dans la brousse. Pfeuh. Il aurait probablement fait mieux, si l’idée déraisonnable de venir passer l’arme à gauche ici l’avait pris. Il s’essuya les semelles sur la mousse et se laissa tomber sur la couchette en maugréant. Après tout, l’autre n’avait pas hésité à le prendre en chasse, tout à l’heure. Il n’allait pas faire de manière.

« En plus, tu m’as fait tomber… J’ai les mains râpées, maintenant, voilà… Et j’suis sûr que tu sais même pas où elle est, la sortie… Ni Rowan, d’ailleurs. Pas ton genre. Tu l’aurais pourchassée aussi à tous les coups, je parie, sauf qu’avec elle ç’aurait moins rigolé… Ça m’aurait bien amusé, tiens… A moins que tu sois justement venu lui voler son or ? Pas bête, comme ça je pourrai voir comment elle se débarrasse de ses ennemis. Va pas croire que personne n’a essayé avant, on les a juste jamais retrouvé. »

Et ça, c’était la leprechaun en personne qui le lui avait dit. Car non, il ne démordrait pas du fait que les intentions de Lajos étaient visiblement louches, pas pour le moment en tous cas. Il attendrait de voir la tournure que prendraient les évènements, si tant est qu’il vive jusque-là. En attendant, il poursuivait son monologue, histoire de penser à autre chose et de se donner courage. Quoi que, penser à autre chose, c’était vite dit…

« Et puis il doit y avoir des tas de trucs pas nets, dans le coin, comme… Des mouches tsé-tsé. Tu sais ce que c’est ? Si ça se trouve ils en font un élevage, et ils les lâchent ici la nuit pour qu’elles se nourrissent, quand il n’y a personne… Quand il est censé n’y avoir personne. Et je te parle pas des moustiques pleins de maladies… En fait, c’est hyper dangereux, un moustique. C’est l’animal le plus dangereux pour l’homme, c’est mon père qui me l’a dit. Et là, y’a rien à faire, quand tu te rends compte qu’il t’a piqué, c’est déjà trop tard. Même avec ta hache, là, tu peux pas te défendre. Sans compter les serpents, les lézards, les araignées, les scorpions, qui doivent traîner pas loin… »

Il baissa la tête, la mine défaite. Au moins, envisager un à un les risques qu’ils couraient lui permettait-il de s’en détacher, c’était déjà ça… Il parcourut une dernière fois le vitrage du regard, ou en tout cas ce qu’il en distinguait à travers les feuillages et l’obscurité ; aucun encadrement de porte ne s’y découpait. Il soupira amèrement, posant ses joues dans ses mains, le cœur serré. S’il était bien contraint de se résigner à son sort, il ne l’accueillait néanmoins pas les bras ouverts.

« …On ne sortira jamais d’ici, pas vrai. »

Une once d’affliction pointait dans sa voix tandis que son courroux retombait lentement. Il se saisit d’une brindille et se mit à esquisser des courbes sur le sol, à l’aveuglette, pour passer le temps. Il était rageant de pouvoir ainsi apercevoir quelques étoiles au dessus de lui, alors qu’il était captif du bâtiment, tout bonnement incapable d’en ressortir… Le souvenir de sa chambre et de ses draps tièdes commençait de lui peser cruellement. Et dire qu’il n’avait même pas de cornemuse à disposition pour se consoler. Mais qu’était-il venu faire ici, bon sang… Il griffonna ses premières arabesques du bout de son bâton, lissant la terre devant lui, s’appliquant davantage la seconde fois. Puis, quand il eut terminé, il plissa les yeux, tentant de discerner convenablement ce qu’il avait tracé. Certaines lettres se chevauchaient, les lignes droites tremblotaient un peu, mais au vu des circonstances, il s’en contenterait. Après tout, le message était intelligible…
« T & L were here ».

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MessageSujet: Re: In the jungle, the mighty jungle... ► Lajos   Ven 10 Aoû - 18:09

Mais de quoi il flippe, lui ? Franchement, pour le coup, j'ai du mal à piger... Il ne doit pas avoir l'habitude, c'est pour ça. tss, pour un peu, j'aurais presque envie de lui montrer le retour. Presque. J'ai pas envie qu'il aille raconter partout que je suis dans la serre. J'suis pas fou, moi. Après, qui c'est qui va avoir des emmerdes ? C'est bibi ! Non non non, monsieur, je tiens un minimum à ma tranquillité. Les adultes pousseront une gueulante s'ils veulent après ma nuit ici, mais je tiens à la faire en entier ! Enfin bref, la suite... Bah la suite n'est pas bien compliquée à deviner, hein. Comme je m'y attendais, le gosse paumé m'a suivit en blablatant tout le long sur l'aspiration de l'oxygène par les plantes. J'ai pas trop compris son raisonnement, d'ailleurs... Faut dire que j'ai pas essayé non plus. j'ai même pas écouté. Il a juste dévidé son baratin dans le vide, le pauvre chéri. Pas ma faute si je voulais surtout retrouver le camp.. Dans le noir, fallait faire gaffe, hein.

- Tu sais, très honnêtement, je crois pas qu'on va mourir ici. Il parait que les plantes, c'est le poumon de la planète. Tu vas pas me faire croire qu'un poumon, ça empêche de respirer, si ? T'imagine si tes poumons marchaient que le jour ? Tu serais mort depuis ultra méga longtemps, hein !

C'est vrai, quoi. Faut rester logique. Et puis là, en plus il cède à la panique et tout, c'est la dernière chose à faire. Pourquoi vous croyez que dans Star Trek, Spock, c'est le plus fort ? C'est parce qu'il met ses sentiments de côté, vala ! De toute façon, Spock, c’est le meilleur. Rien de plus à ajouter, tout est dit. Une fois arrivé au camp, monsieur pleurnichard s’écroule comme une merde sur ma couchette. Mais bon, j’vais pas faire mon chien et le lui interdire, hein. Puis il a suffisamment râlé comme ça, pas envie qu’il m’en rajoute une couche. En l’entendant râler, je me penche et lui choppe les paumes pour voir si c’est gravement blessé.. Mais franchement, y a pas trop mort d’homme. Ceci dit, je reconnais que c’est chiant, et en prime c’était pas mon intention. Merde, dommage collatéral quoi. Pas glop.

- J’suis désolé pour tes mains, j’voulais pas. Heh, fait pas la gueule, va. Tu veux boire quelque chose ? Ou manger ?

Décidé à prendre sous mon aile le petit bout de chou, je lui sors mes provisions et lui fait signe de se servir s’il veut. J’vais pas faire mon crevard. Dad dit qu’il faut toujours protéger les plus faibles. Bon, okay, lui il est payé pour défendre les gens… Mais bon, je trouve ça cool comme idéal. Ca fait jor c’est une cause noble et juste. C’te classe, quoi. Une fois que j’ai placé devant lui tout mon barda à manger ou boire, je m’assois à côté de lui en tailleurs et me cale en arrière, en appui sur mes mains.

- Au fait, c’est qui Rowan ? Ta petite copine ? Elle est dans le secteur elle aussi ? J’men fiche de l’or, ça pèse lourd et je saurais pas quoi foutre avec. … Elle est mignonne, ta Rowan ? Je parie que tu l’as même pas embrassée, heh !

Moi, j’ai déjà embrassé. Si, c’est vrai en plus. Plein de fois. Bah franchement, c’est dégueu’. Tout baveux tout mouillé, là. Berk. Je pige pas comment on peut aimer ça. Le pire, c’est les bisoux qu’on voit à la TV. Ils se bouffent la bouche, c’est dégueulasse. Et si y en a un qui a une haleine de bouc, hein ? Ou alors qu’il a une carie pleine de pus ? Baaaaah, rien que d’y penser, ça me file la gerbe. Enfin, pas tout à fait, mais pas loin. Mais bon, je suppose que y en a à qui ça plait hein… Où alors ils sont vraiment désespérés de la vie sociale et veulent se prouver qu’ils sont courageux en s’embrassant. C’est vrai que quand je vois des couples qui le font tout le temps dans la rue, je dis respect.

« … hyper dangereux, un moustique. C’est l’animal le plus dangereux pour … »

Bah merde alors. J’ai complètement zappé ce qu’il m’a dit, j’avais même pas calculé qu’il causait à nouveau. Szar, ça se fait pas, Laj’ tu déconnes ! ... Mais pourquoi il me parle de ça, en plus ? Il s’est fait piquer ? Zut, j’ai pas prévu la citronnelle ! Je savais que j’oubliais quelque chose ! Surtout que j’ai tendance à bien me faire bouffer quand y en a. A la maison, c’est toujours moi qui déguste alors que les autres non rien. Pas drôle. Ceci dit, s’il y en avait, justement, je me serais déjà fait bouffer. Donc y en a pas. Mais alors du coup je comprends encore moins de quoi il me parle, lui. Bon, je ferais peut être mieux de suivre, en fait. Sinon, je vais être totalement largué.

Et je fais bien, parce que le pauvret déprime sec. Mais quel gosse à papa, c’est pas possible ! Pourquoi il est venu dans le coin s’il flippe autant, hein ? Avec un léger soupire et un joli sourire en coin, j’adresse un « merci papa » pour ses principes qui me compliquent la vie et pose une main que j’espère rassurante sur l’épaule du gnome flippé. Allez Laj’, c’est l’heure de montrer que toi aussi, tu peux aider les gens. Le truc, c’est que je ne le connais pas du tout, alors franchement, je ne sais pas par quel bout prendre la chose pour trouver les bons mots.

- On va pas mourir, t’inquiète pas. Sinon, les animaux pourraient pas vivre en foret. Et promis, dès que le soleil se lève, je t’emmène à la sortie. En attendant tu ne risques rien avec moi. Promis. Et je tiens toujours mes promesses, paroles de hongrois.

Sur ces mots, je me penche et saisit la bouteille de limonade pour en boire une longue gorgée avant de tendre la bouteille vers lui, l’interrogeant du regard pour savoir s’il en veut aussi ou non. J’espère qu’il va pas flipper tout le long comme ça. D’abord parce que ça va être contraignant. Et ensuite parce que … Merde quoi, on est tranquilles ici, autant savourer la liberté qui nous est offerte plutôt que de baliser.
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