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 J'aimerai comprendre les hommes en lisant en eux

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MessageSujet: J'aimerai comprendre les hommes en lisant en eux    Jeu 10 Jan - 18:39




- J'aimerai comprendre les Hommes en lisant en eux - avec M.J Champs


Je sentais déjà le relâchement des fins de journées, de l'inattention, des groupes qui piaillaient, d'autres qui commençaient déjà à ranger leur affaire, puis ceux qui faisaient semblant ou non d'écouter la fin du cours. Comme toujours est-ce depuis le début de ma carrière, je sentis du découragement, l'envie de balancer mon stabilo dans la gueule d'un élève, de balancer mes feuilles en vrac, de pousser un grand cri et me casser en disant à l'ensemble de ces cancres « fuck ! ». Mais en même temps, je me mettais à leur place, le vendredi, 16h, c'était toujours comme ça, le week-end se faisant attendre avec impatience et les cours devenaient chiants, pour ainsi dire, même pour moi.
J'avais toujours cette irrésistible envie d'utiliser mon don sur ces mômes. Venir torturer leur cerveau, leur faire mal, les faire crier de douleur, les entendre me supplier d'arrêter... Je secouais légèrement la tête à cette pensée. Depuis quand étais-je sadique ? Mais depuis toujours très chère.
Bah, à quoi bon se montrer sévère et user de la force mentale. C'était se montrer faible dans un certain sens, mon devoir était de leur montrer que je pouvais, que j'étais capable de les supporter, que ce n'était pas ÇA, qui aller me rendre chèvre. Même si l'impression, ou plutôt, la certitude d'être incomprise et de ne plus servir à rien était dérangeante. Je pouvais bien les excuser... J'ai été jeune. Puis je le suis encore d'ailleurs ! Voyons.
Je m'arrêtais donc, puis fixais uniquement les élèves qui semblaient attentifs. Certains me lançaient des regards compréhensifs, d'autres me fixaient sans aucune expression, la bouche légèrement ouverte, sans doute en train de penser à des choses bizarres... Ne me concernant pas je l'espérais.
Je secouais la tête, les sourcils froncés.

« N'oubliez pas, ceux qui n'ont pas terminé de lire le livre, faites-le rapidement et n'oubliez surtout pas de trouver un plan d'analyse et des remarques à mettre dans vos parties pour l'incipit ! Je ramasserai certaines copies … et amenez le livre sans faute lundi ! » dis-je en hurlant presque.

Je fus tout de même rassurée en les voyant prendre leur agenda.
Mais je vis un gars, le sac déjà prêt posé sur la table, le menton posé dessus, à l'air "je m'en foutiste". Avant que l’horloge retentisse, je le pointais avec mon stylo, en haussant les sourcils, l'air de vouloir dire « toi, si tu note pas ça dans ton agenda, tu sors pas » … et après ils nous demandaient de les considérer comme des adultes... mais bien sûr, il faut toujours les encadrer pourtant, mais bon, moi mon avenir, il est fait. Si il fini chômeur, je me ferais juste le plaisir de lui dire la phrase qui tue : « Hé ba... Si tu m'avais écouté ». Déprimant, et sans commentaire.
Soulagée, je commençais à rassembler mes affaires et à les ranger tandis que les élèves faisaient de même ou disparaissaient un par un.
Dans ma tête un seul mot me rendait à peu prêt contente : WEEK-END.

J'enfilai ma veste, fis glisser la lanière de mon sac sur mon épaule, souleva le poids douloureux et prit la fuite, en fermant bien la porte à clé derrière moi.
Mais la vie d'un prof n'est pas de tout repos, ça ne s'arrête pas qu'à de simples cours, mais également à des recherches, des photocopies à faire pour ces adorables élèvent qui, toujours, les perdaient ou bien, ne jetaient même pas un regard dessus.
J'aurai bien aimer partir ailleurs, aller me boire un café, manger un petit truc, mais non, je devais encore passer à la bibliothèque. Autant faire le travail tout de suite pour ensuite être tranquille et déguster une bonne tasse de Nespreso sans stress.

Je pénétrai dans la bibliothèque doucement, toujours autant émerveillée par cet endroit gigantesque et cette montagne de livre qui s'étendait devant mes yeux. C'était comme un petit paradis pour moi, fanatique de lecture. Ici on pouvait trouver la tranquillité, ou presque, pour pouvoir plonger son esprit dans un autre univers, s'évader un instant et oublier certaines choses du réel.
Je m'engageai dans l'un des grands couloirs qui indiquait les rayons « Q-R-S » à la recherche d'un auteur français : « Raymond Queneau »
Alors que mes yeux se perdaient, à la recherche d'un de ses ouvrages, je ne remarquai pas la personne qui se trouvait en face et failli par mégarde la bousculer, mais toute deux prenons le réflexe de dévier chacune d'un côté. En tournant les yeux, je remarquai que la non accidentée était Marie Jeanne Champs, une de mes élèves de troisième année.

« Oh pardon, j'ai failli te rentrer dedans, j'avais pas les yeux en fasse des trous » lui dis-je d'un air qui voulait dire : Bah, les fins de journées ne me réussisse pas.
Je ne m'étais pas non plus rendu compte que j'avais prononcé le mot d'excuse en français. Déformation professionnelle.

Marie-Jeanne... Cette élève était plutôt calme et discrète. Studieuse et à l'air froid, elle n'avait pas de problème de discipline. À vrai dire je ne connaissais pas grande chose de cette demoiselle, juste les informations de base que possède chaque professeurs, particulièrement le don. Cela ne m’effrayait pas, surtout grâce à la présence du bracelet à son poignet. Mais je pouvais comprendre que ce don ne devait pas être simple à porter en soi.
Je me disais également, qu'elle ne m'aimait pas vraiment, enfin, ce n'était qu'une impression. Depuis les 6 mois suivant mon arrivée à Aisling, je la trouvais pas très attachante de part son attitude que je ne qualifiais pas de sociale.
Et pourtant, j'avais bien envie d'en savoir plus sur elle, de comprendre beaucoup de chose la concernant.

Pensant donc qu'elle aller passer son chemin, répondant ou non à mon intervention orale, je tournais légèrement les yeux vers l'étagère, histoire de ne pas lui donner l'impression de la retenir, à rester devant elle à la fixer. À sa place, j'aurai trouvé ça louche.



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MessageSujet: Re: J'aimerai comprendre les hommes en lisant en eux    Lun 28 Jan - 9:08

Une goutte. Une goutte qui glisse doucement. Une goutte qui se laisse tomber sur le sol. Une goutte de pluie qui n’existe pas. Sous ses yeux, face à ce livre, dans ce livre, plonger dedans, Marie-Jeanne la ressentait pourtant cette goute qui tombe sur le parquet. Cette petite mesure d’eau qui pourrait passer pour de la pluie, mais trop salé. La larme à toucher le plancher et l’héroïne du livre pleure, sans un mot. Les yeux de la petite Physique suivent le mouvement de cette victime d’un amour interdit, cette Juliette refait, cette idiote qui croit que le monde s’écroule parce que son bien aimé est partie loin d’elle. Qu’elle est stupide. Pourtant si la cruche dans ce livre avait suivi, si elle avait fait un effort, elle aurait compris. Il partait pour la protégé. Pour lui offrir une nouvelle vie. Il était condamné, elle non. Elle le savait, elle ne pouvait rien faire et pourtant elle pleurait comme une enfant. Marie-Jeanne tourne la page lentement, tout doucement, comme si ce geste rendait le supplice de cette femme décrite plus long, plus plaisant. C’était de sa faute après tout, c’était elle qui s’était promise au diable sans faire attention, elle qui les avait détruit. Sa langue claque sur son palais comme pour se délecter de sa lecture. Qu’importe cette idiote qui finira par se tuer pour sauver son être aimé qui avait fait tant d’effort évité cela. Qu’importe si elle finissait au final dans les bras du diable sans plus aucun souvenir de cet homme qui la suivit dans la mort et qui souffrait de la voir dans les bras d’un monstre. Qu’importe tout cela l’important était de lire et de faire paire avec cette idiote qui avait fait ses choix. L’important était de vivre le roman sans s’imposer de limite.

Les pages se tournent, l’histoire avance. Les pages se tournent et bientôt il n’y a plus rien à tourner. Les pages se tournent et la fin est belle et bien là. Elle ferme le tout et range dans son sac l’exemplaire pour se diriger à la bibliothèque directement. Les cours avaient fini un peu plus tôt que d’habitude et Gale lui était toujours en classe, du coup personne sur qui grogner doucement. Juste et uniquement ses livres sous la main pour s’occuper, mais voilà, tout livre à une fin et le sien venait de toucher à celle-ci. Il lui faudrait d’autre lecture au moins pour le week-end et la bibliothèque d’Aisling avait l’immense avantage d’avoir de quoi se mettre sous la dent, enfin sous les yeux. L’odeur forte et particulière de papier lui pris au nez une fois la porte de ce sanctuaire de lecture. Les livres précédemment empruntés et lu furent rendus, ensuite le corps de la diabétique se glissa entre les rayonnages pour chercher une nouvelle lecture. Du bout de ses doigts la petite effleure les couvertures des livres en cherchant un nom qui lui retiendrait le regard pour commencer. C’est souvent le titre qui était le premier indicateur pour elle. Elle relève la tête pour regarder face à elle et voit le professeur de Français. Dans sa recherche elle ne l’avait pas vu, ses pas la déportent sur le côté pour éviter la percussion. Les yeux grands ouverts sur l’adulte MJ l’écoute sans un mot avant de se mordiller la lèvre inférieur et frotter son bracelet de protection. La langue qu’utilise cette femme-là tout de suite lui chatouille un peu le ventre.

Vous devriez faire attention alors.

Le ton est neutre, pas nécessairement pour être insolente ou pas. Elle ne voulait pas s'excuser pour cette faute commune. Toujours en se frottant durement son bracelet de protection, son regard tourna vers les rayonnages. Il fallait qu’elle soit plus douce, plus gentille, mais pas aujourd’hui. Elle pouvait tout de même arrêter de se comporter comme un animal traquer qui se referme sur lui-même. Elle était prêt a faire un pas en arrière quand ses mouvement se stoppèrent.

Le livre de la dernière fois était bien. Vous en auriez un autre à conseiller ?
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MessageSujet: Re: J'aimerai comprendre les hommes en lisant en eux    Lun 28 Jan - 21:00


- J'aimerai comprendre les hommes en lisant en eux -


Avec Marie-Jeanne Champs

La maladresse était un de mes principaux défauts. Pour moi, c'était chiant, pour les autres c'était surtout comique. Je n'aimais pas vraiment faire rire la galerie en tombant. Je le prenais moi même en rigolant mais au fond, j’insultais la populace.
Mais dans le cas présent où je ne m'étais pas humiliée, la réaction était normale. Marie-Jeanne n'était pas du genre à éclater de rire ou bien à m'insulter en gueulant juste pour une petite collision, qui n'a même pas eu lieu d'ailleurs. Puis, je voyais mal un élève jurer devant son professeur, surtout cette jeune demoiselle... et pourtant il y avait des exceptions qui ne se gênaient pas... L'impolitesse était présente de partout, elle est universelle !
Mais bon, sa réaction, peut-être normale, était accompagnée d'une expression faciale effrayante ; Les deux yeux grands ouverts, elle me fixait, tout en triturant son bracelet de protection, comme si celui-ci la démangeait. Si je ne la connaissais pas, je l'aurais prise pour une dérangée. Si j'étais une « sans », j'aurai prit la poudre d'escampette.
Je pouvais comprendre l’insupportable port de ce bracelet, mais au bout d'un certain moment, en l'observant en cours, j'avais remarqué qu'elle touchait souvent à cet accessoire, comme si elle avait cette terrible envie de s'en débarrasser.
Elle me disait donc de faire attention. J'y comptais bien. Mais tant que je rentrais dans les gens sans le faire exprès, ça allait, si c'était volontaire, j'aurai déjà fait un tour chez le psychologue.
Elle employait encore et toujours ses phrases d'un ton neutre légèrement froid... à force je m'y étais habituée... Peut-être était-elle comme ça avec tout le monde, ou bien seulement avec moi. Mais bon, j'allais pas lui demander pourquoi, à quoi ça me servirait ? Bien que son comportement vis-à-vis de moi attisait ma curiosité.
Je pensais qu'elle allait partir un peu plus loin après ça, ou bien rester dans le rayon sans faire attention à moi, mais elle continua son dialogue en me disant que le livre précédemment vu en cours était bien, et qu'elle aimerait que je lui conseil un autre ouvrage.
Je ne pouvais que sourire au sujet littéraire qui allait animer notre conversation. Parler de littérature, de livre, de français particulièrement, ne pouvait que me motiver et me faire parler avec enthousiasme et passion !

« Contente que ce livre a été apprécié au moins par une élève ! » dis-je d'un petit sourire. « Puis.. que pourrais-je donc te conseiller ? Et bien... Je cherchais justement un ouvrage de Raymond Queneau. Zazie dans le Métro, je ne sais pas si tu connais, c'est un livre du XXème siècle où l'auteur s'amuse à mélanger les genres littéraires. C'est assez comique aussi, l'analyse qu'on peut en tirer n'est pas ennuyante. » Dis-je tout en parcourant les rangés de livres de mon index. Je trouvai rapidement le bouquin où sur la couverture on découvrait le visage d'une petite fille à la coupe courte et au grand sourire découvrant des dents irrégulières.
« Le voici, en plus c'est la version française, c'est parfais, il y en a même deux exemplaires, si tu es intéressée, ou bien, tu peux prendre celui qui est en anglais si tu le souhaite. » J'ouvris le livre et fis glisser les pages rapidement du début jusqu'à la fin. L'ouvrage avait une odeur de papier normal, ni trop jeune ni trop vieux.
« Je pense qu'il pourrait te plaire, ça change un peu des grands classiques français comme Balzac ou encore Maupassant. Le langage employé dans ce livre peut amuser, il y a du néo-français et un peu de vulgarité, ça change vraiment d'un roman du 18ème siècle » continuais-je tout en me rappelant l'histoire et les commentaires fait en cours sur ce livre que je trouvais intéressant.

Ça me rappelait mes études en France, mon pays, ma langue maternelle et tout ce qui touchait ce beau pays et sa culture. La nostalgie m'envahit... Que de souvenirs... C'était un grand manque.


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