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 all the broken chords and the nameless cries ✘ phoenix

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MessageSujet: all the broken chords and the nameless cries ✘ phoenix   Lun 10 Déc - 22:25

and time goes quicker
between the two of us
Vendredi soir, 18h30.

Une soirée d’hiver, un peu banale, un peu bancale. Un peu glaciale. Beaucoup trop froide aux goûts de certains, parfaite pour d’autres. La plupart des élèves pestaient contre la température, tandis que d’autres étaient rassurés d’arborer leurs écharpes et manteaux, leurs mains reposant confortablement dans leurs poches. Ou encore, d’autres profitaient de la présence de leur bien aimé pour se blottir l’un contre l’autre. Jusqu'à ce qu’un regard froid et sévère vienne se poser sur eux. Un regard dur, qui fait froid dans le dos, qui dissuade aussitôt. Comme si rien qu’en voyant ce regard, c’était dans votre tête que résonnait un message qui sonnerait comme « si vous ne vous décollez pas, vous allez connaître l’enfer ». Pourtant la personne dont venait l’avertissement n’était pas télépathe, bien au contraire. Mais elle était probablement presque aussi déçue que quelqu’un qui le serait. Toujours est-il que son simple geste avait eu l’effet escompté : les deux tourtereaux s’étaient immédiatement séparés, se jetant des regards gênés. Ils étaient probablement les seuls à l’être. Après tout, ce n’est pas comme si elle allait regretter avoir fait cela. Non, pour elle, c’était une bonne action. C’était ainsi que les choses devaient être.

Celle à qui on devait tout ça, c’était Astrée Roxanne Griggs.

Celle qui avait depuis longtemps l’habitude de stopper les élèves dans leurs jeux parfois dangereux, de partir à la chasse à ceux défiant le couvre-feu, ou encore ceux se baladant allègrement dans les étages interdits d’accès…même si elle-même n’en avait pas le droit non plus. Tout ça, au nom de la justice. Sa justice bien aimée, qu’elle considérait comme la seule ligne guidant sa vie. Elle marchait d’un pas décidé, sur les chemins sinueux de la cour, scrutant les alentours à la recherche de quelque crime ou infraction. Astrée, c’était un peu le chien de garde d’Aisling, l’emmerdeuse de première catégorie d’après certains. Toujours là quand il ne le fallait pas, toujours présente lorsqu’il s’agissait de sermonner, et la première pour dénoncer. Souvent la dernière à se faire apprécier, à cause de son comportement. Parce qu’autant Griggs faisait peur à l’un, autant l’autre s’en fichait complètement, voire même plus, ne la prenait absolument pas au sérieux. A son grand dam, c’était le cas de beaucoup d’élèves ici – en particulier d’une personne que la demoiselle avait pris habitude de côtoyer depuis plusieurs années maintenant. Et qui s’avérait également être la personne à la recherche de qui elle était depuis déjà quelques heures. La dernière fois qu’elle avait été aperçue, l’accusée traînait près de la piscine – enfin, des piscines, pour dire les choses de manière plus exacte – et avait clairement désobéi à une des règles qu'elle s’était appliquée à mettre en place. Astrée pénétra dans le bâtiment, étrangement vide à cette heure-ci, sans même prendre la peine de retirer son uniforme, jetant son manteau sur un des bancs encadrant le bassin, ses prunelles rosées plongées dans l’azur s’étendant à ses pieds. Qui soudainement semblait se rapprocher à une vitesse hallucinante.

La conclusion vint à la vitesse de l’éclair : dans un bruit sourd, un splash digne d’une BD, la justicière se retrouva face à face avec le liquide; puis avec ses profondeurs. La scène passa d’un rouge éclairé par les néons à un bleu intense, alors qu’elle prenait peine à éviter de suffoquer, l’eau s’infiltrant beaucoup trop vite. Prenant une grande inspiration, elle parvint à remonter à l’air libre, s’accrochant aux rebords. Relevant la tête, pour constater que la coupable n’était autre que celle qu’elle traquait depuis le début de l’après-midi. Phoenix Jaylin Einthoven, 18 ans, néerlandaise. Un véritable cauchemar assumé, arborant une âme d’un beau gris souris, une folle furieuse capable d’enchaîner les pires catastrophes possibles et imaginables en une journée, et par extension, sa camarade de chambre. Le tout, depuis sept longues années. Elle se tenait devant elle, un léger sourire moqueur dessiné sur les lèvres. Oh que ça se voyait. Ce qu’elle était contente de voir Griggs trempée jusqu’aux os. Cette dernière n’avait pas daigné bouger, et se cramponnait toujours au bord en pierre, remontant une de ses mèches qui avait décidé de jouer les rebelles lors de sa baignade forcée. Elle resta ainsi à la fixer, tapotant les carreaux de ses ongles.

▬ C'est dommage pour toi, Einthoven. Tu seras en charge de ma lessive, la prochaine fois, en plus du rangement.
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MessageSujet: Re: all the broken chords and the nameless cries ✘ phoenix   Lun 31 Déc - 19:18

There are two types of people in this world. And I don't like them.

J'ai jamais compris pourquoi y'a tant de gens qui aiment l'hiver. Qu'est ce que ça aurait de si merveilleux ? C'est froid, l'hiver. C'est sombre, l'hiver. C'est mort, l'hiver.

C'est un peu moi, l'hiver.

Bah. Au moins, y'a la neige - qui, pourtant, n'est pas encore au rendez-vous. Blanche. Moelleuse. Réconfortante, d'une certaine manière. Humide, aussi.
En parlant d'humidité, voilà un certain temps que je ne suis pas allée nager.

Et voilà donc la raison de ma présence à la piscine après la tombée de la nuit - une simple impulsion. Bien sûr, je me doute que ce sera loin d'être une excuse suffisante si, disons, la loi décide de venir faire sa ronde par ici. Ce qui, admettons, a bien peu de chances d'arriver, surtout que j'ai réussi l'exploit de ne pas la croiser de la journée. Je crois même que je n'ai jamais vu de maillot de bain dans ses affaires.
Ouf.

Je me déshabille donc, petit à petit. Chaussettes, pantalon et sweat tombent en tas informe à quelques mètres du bord, alors que je stoppe au T-shirt. Devrais-je le retirer aussi ? Oui, bien sûr, c'est ce qu'on fait habituellement. Et si, par un foutu hasard, quelqu'un arrivait à ce moment ? Je n'ai...je ne suis toujours pas confortable à l'idée que quelqu'un voie...ça. Ce n'est peut être pas très visible dans l'obscurité, et pourtant...pourtant...

J'observe attentivement les alentours tout de même. Mais quelques dizaines de secondes me suffisent pour saisir l'évidence : je suis bien seule, et sans doute pour un moment. Un instant et voilà le T-shirt qui part rejoindre la pile alors que je m'enfonce dans l'eau. A ma grande surprise, elle n'est pas si froide - au contraire même. J'enchaîne quelques longueurs sans attendre, comme avant. Comme souvent ? J'ai toujours apprécié la natation - peut être parce que ça ne m'a jamais été interdit, contrairement à bon nombre d'autres choses. C'est agréable. Le contact de l'eau, la presque-apesanteur. J'y passerais des heures. Pourtant, à peine quelques minutes et voilà une ombre qui débarque alors que je sors attraper mes vêtements le plus discrètement possible. Ombre qui, manifestement, ne m'a pas remarquée - c'est très bien ainsi. Je soupire. C'était pourtant bien parti.

Alors que je m'apprête à sortir, je remarque la touffe blonde trônant sur la tête de l'ombre. Tiens donc, voilà la loi, finalement. La loi qui, de toute évidence, est occupée à scanner du regard le second bassin, à l'exact opposé de ma direction. T'as que ça à faire de venir me pourrir ma séance de détente, Griggs ? Peut être, je dis bien peut être, qu'elle ne le ferait plus si elle découvrait à quel point nager est bon pour la santé. Quelle belle occasion. Je repose mon tas de fripes et m'approche aussi silencieusement que possible. Il suffirait d'une toute petite poussée...

Plouf.

Je crois qu'elle n'est pas contente. Mais alors, pas contente du tout. Et je crois aussi qu'elle m'en veut. Elle m'en veut souvent. Je ne comprends pas pourquoi. Avec la dose de désinfectant et eau de Javel et j'en passe qu'ils mettent dans l'eau, elle sera toute propre en sortant.

▬ Ta lessive ? Voyons, Griggs, qu'est ce que tu penses que je suis en train de faire ?

Je rentre à nouveau dans l'eau et m'accoude au bord à ses cotés, sans parvenir à complètement gommer l'expression de mon visage. Mon dieu, heureusement que les regards ne tuent pas. Je serais morte depuis longtemps.

▬ Mais dis moi donc, qu'est ce que tu viens faire par ici, toi ? Je croyais que ton cher règlement interdisait de venir ici à cette heure ? Griggs, ce n'est pas sérieux, tout ça, tu sais ?

Je me propulse derrière elle et la saisis avant qu'elle n'ait le temps de réagir. J'ai hâte de voir de quelle façon elle va essayer de me tuer pour ça. Un mouvement rapide et je la décroche du rebord, avant d'appuyer un grand coup. C'est qu'elle fait de très jolies bulles, Griggs.

▬ Au fait, tu peux toujours te brosser pour le rangement.

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MessageSujet: Re: all the broken chords and the nameless cries ✘ phoenix   Jeu 21 Fév - 1:02

you're as sharp as a knife
and you fit like a glove
Nous disions donc.

Phoenix Jaylin Einthoven, 18 ans, néerlandaise. En PSY, Médium, colocataire de la demoiselle au visage actuellement ruisselant d’eau, et cauchemar ambulant. En partie parce qu’elle était brute et irrespectueuse, la première à causer ennuis et chaos dans les couloirs, à tourmenter les plus jeunes. Mais aussi parce qu’en plus de l’emmerder, elle ne pouvait s’empêcher de chercher à se tuer de toutes les manières possibles et imaginables – et en plus, elle aime ça. Pas qu’elle soit vraiment suicidaire, ou quoique ce soit. Bien au contraire, en fait. C’est juste ce genre de personne qui aime le risque ou quelque chose du genre, pour des raisons dont Griggs n’avait pas grand-chose à faire. Le cliché à rechercher l’adrénaline par-dessus tout.

Et qui sont généralement les plus enclins à enfreindre les règlements.

Ainsi, Einthoven s’était glissée à son tour dans l’eau, portant toujours sur ses lèvres ce sourire que la jeune franco-anglaise détestait tant. Un sourire particulièrement hautain, terriblement moqueur. Qu’est-ce qu’elle pouvait détester ce genre de comportements…même si elle-même parfois, en faisait preuve. Et en était friande, à certaines occasions. Elle aurait pu lui pardonner un tel acte, après tout ce n’était qu’un sourire, ça n’était pas si grave. C’est celui qui suivit qui fit déborder le vase. Ou la piscine, en l’occurrence : à l’exact moment où elle s’apprêtait à répliquer, Phoenix s’était précipitée sur elle, et en l’espace de quelques instants, l’avait renvoyée au fond de l’eau, ses mains pressant sur la tête blonde pour empêcher toute remontée à la surface. Griggs bouillonnait – enfin, bullait, plutôt, aussi bien à cause de l’ironie gentiment fournie par sa camarade, qu’à cause du fait qu’entre autres, elle n’était pas une grande amatrice de chlore. Après quelques coups de pied par-ci, par-là, elle réussit à se libérer, et à retourner à l’air libre, non sans se débattre, évidemment. Mine de rien, ce fut difficile : se déplacer dans l’eau en robe, une robe gorgée d’eau avec ça, tandis que l’autre était clairement avantagée par le maillot de bain bleu nuit qu’elle avait revêtu. Encore plus trempée qu’auparavant, toussant, crachant pour tenter de se retirer cet ignoble goût chloré qui avait définitivement élu domicile dans sa bouche, elle tendit la main vers le côté du bassin, dans l’espoir de s’y accrocher. C’est donc une Astrée trempée jusqu’aux os qui se traîne jusqu’au rebord, mais une Astrée particulièrement énervée avant tout. Parce qu’en plus de cela, elle n’avait jamais vraiment été une grande nageuse.

▬ Bien. Tu préfères peut-être que je m'arrange pour que tu récupères enfin la totalité des heures de colles que tu mérites?

Elle prend un peu de temps avant de poursuivre sa phrase, la gorge et le nez encore irritée par la trombe qu’ils viennent de recevoir. La jeune fille plaque une de ses mèches sur le côté de son visage, avant de se diriger vers une des échelles en fer placées sur les côtés de la piscine, et d’y grimper pour se réfugier à sec. De s’éloigner de la dangereuse terroriste trouvant un malin plaisir à noyer les gens, surtout. On ne sait jamais ce dont elle est capable, après tout. Elle l’a prouvé beaucoup trop de fois.

▬ Après tout, tes petites excursions en forêt passé le couvre-feu et tes balades sur le toit ne sont pas vraiment passées inaperçues, tu sais ? Comment s’appelle ce surveillant déjà...Connil ? C’est lui qui t’a rattrapé la dernière fois, il me semble ? Oh, et avant que tu ne répliques, je passais juste par là et je t’ai vue. Il serait malheureux que tu te noies seule ici, je me trompe ?
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MessageSujet: Re: all the broken chords and the nameless cries ✘ phoenix   Jeu 18 Juil - 22:24


I have a secret love of chaos. There should be more of it.

C'est par ma défaite que se concluent ces quelques secondes de catch aquatique, défaite scellée par une rencontre aussi douloureuse qu'inattendue entre ma rotule gauche et une chaussure qui passait par là. Je laisse barboter l'extraordinaire hybride humain/Code Pénal vers le bord pour me masser le genou un court instant, avant de l'y rejoindre, bien que j'aurais préféré rester à l'eau quelques heures de plus. Quelle plaie. Dire que cette soirée avait si bien commencé. Et elle ne semble pas aller pour s'arranger, puisqu'à peine un pied au sec, et voilà déjà le juge Griggs occupée à énumérer la liste de mes crimes passés - ou du moins, la maigre partie de ladite liste dont elle a conscience - ainsi qu'à annoncer ma condamnation future. Il faut croire qu'elle aime vraiment ça, la justice. Sans doute qu'elle se rêve secrètement en superhéroïne, à en juger par ce qu'elle baragouine dans son sommeil. Un peu comme Batman, mais avec des parents. Ou peut être Captain America. Hm, cela ferait-il de moi le Joker ?

Je fais de mon mieux pour imaginer la tête que j'aurais avec les cheveux verts, mais ne parviens à étouffer le ricanement résultant qu'au prix d'un immense effort. Oublions le Joker. Pourquoi pas Catwoman ? Peut être que le cuir noir soulignerait ma silhouette de rêve.

Ben voyons.

▬ Je ne pense vraiment pas que ce que je fais de mon temps libre te regarde, tu sais. Et puis, ça devrait te satisfaire que mes activités soient approuvées par un adulte responsable, non ? Sieben Connil, Adulte Responsable. Ha ! Quant à ces heures de colle, je suis terrorisée, Griggs. Non, vraiment, absolument pétrifiée par la peur. Tu vois ?

Comme pour illustrer ma frayeur intense, je piétine ce qui reste de distance entre nous et me rapproche juste assez pour essorer mes cheveux sur ses chaussures déjà détrempées. Le splash qui en ressort est sans aucun doute le son le plus satisfaisant de la journée. Je soutiens son regard furibond pendant un certain temps, avant de reculer de quelques pas.

▬ Et puis, tu sais, de nous deux, je ne pense pas être la plus susceptible de me noyer. Qui a bu la tasse, déjà ?

Je me trouve bien incapable de gommer l'intonation moqueuse de ma voix, ce qui semble l'enrager encore plus. A ce rythme, l'eau sur sa tête va entrer en ébullition et s'évaporer, et elle sera toute sèche avant même d'être sortie du bâtiment. Elle devrait me remercier pour mon aide inestimable. Après tout, elle n'a pas apporté de serviette, et il fait bien froid dehors. Elle pourrait s'enrhumer, ou même attraper la grippe.

Mon sourire retombe doucement. Oh.
Elle n'a pas apporté de serviette et moi non plus.
Je suis stupide.

Batgirl n'a de toute évidence rien remarqué, puisqu'elle a entre temps recommencé à monologuer. Je l'interromps grâce à la technique ancestrale de la Main Sur La Bouche, ce qui a comme effet secondaire de donner une très jolie teinte "tomate bien mure" à son visage. Et comme effet tertiaire, une très nette marque de dents sur les doigts.

Ce n'est pas illégal, le cannibalisme ?

▬ Oublie tes heures de colle et condamnations à mort, Griggs. Tu as amené de quoi se sécher ?



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MessageSujet: Re: all the broken chords and the nameless cries ✘ phoenix   Dim 18 Aoû - 0:00

she told me not to step on the cracks
i told her not to fuss and relax

Repoussant la main de la pseudo-albinos, elle passa sa langue sur ses lèvres d'un mouvement bref. Là où se rendre dans une piscine ne l’avait jamais dérangée, elle n'avait jamais réussi à supporter ce goût de chlore, ce goût intolérable si caractéristique de ces endroits, et ça n'était pas demain la veille que cela allait changer. Bien qu'actuellement, ce qui l’énervait le plus, au fond, était le comportement de sa camarade de chambre. Einthoven était insupportablement agaçante, insupportablement impolie, insupportablement effrontée. En d’autres termes ; insupportablement insupportable. Championne tous niveaux dans le domaine de l’importunité, aux côtés de certains des grands noms de l’école – comprendre, les trois-quarts des PHY, les Haraldson et Vittore parmi d’autres. Si pour certains ces derniers étaient des cauchemars, Phoenix elle était son cauchemar personnel. Ce genre de cauchemar dont on ne se débarrasse pas et qui vous suit durant des soirées entières, nuit après nuit.
Enfin, année après année, dans son cas.

La néerlandaise s’était hissée à son tour sur le rebord, fixant Griggs d’un air goguenard. Encore cette intonation moqueuse, ces mots emplis de dédain, ce sarcasme qui dégouline sur ses lèvres comme l’eau chlorée qui ruisselle sur le corps de l’autre. Tu vas trop loin, Einthoven. Elle se retint de lancer un juron. Mais qu’à cela ne tienne, ce n’était pas grave. Astrée avait beau avoir abandonné pour cette fois-ci, mais elle en était persuadée : elle payerait un jour pour ses actes. Rien de méchant, vraiment. Juste la punition qu’elle mérite depuis si longtemps. Toutes ces heures de colle auxquelles elle a échappé avec brio – remerciez Connil pour ça. Son regard rivé sur la silhouette de sa colocataire. C’était ça, le problème avec elle : elle avait toujours tenu ses convictions trop à cœur. C’était un symbole, un étendard qu’elle levait dans le ciel, un drapeau flamboyant qu’elle était la seule à porter. Elle était une armée solidaire et solitaire. L’avocate aurait pu se remettre à déblatérer la liste de ses accusations, mais la simple idée d’à nouveau sentir la paume de la jeune fille contre sa bouche la frustrait au plus haut point. Et il y avait, aussi, un léger point qu’elle n’avait pas remarqué lorsqu’il avait été mentionné. Il lui fallut un certain temps avant que le déclic ne se fasse.

Phoenix n’avait pas apporté de serviette.
Et c’était loin, très loin d’être son propre cas.

Et maintenant quoi ? Elle laissa échapper un long soupir, histoire de bien faire comprendre à la demoiselle qu’elle était parfaitement coupable cette fois-ci. Allons bon, elle n’avait en premier lieu jamais prévu de se retrouver à barboter – aussi involontairement soit-il – à ses côtés, alors pourquoi en aurait-elle amené une ? Au final, ça n’était pas vraiment le fait d’être trempée jusqu’aux os qui la dérangeait, loin de là. Le véritable enfer, c’était d’être coincée avec Phoenix le temps de sécher, et tout cela après le couvre-feu. Elle entendait déjà au loin les remontrances des surveillants – et en particulier de McAllistair, qui était pourtant un de ses bons alliés. Dans ce cas de figure, elle n’avait pas peur de faire d’erreurs ; mais bien de décevoir.

▬ Encore une fois je suppose que je peux remercier ton brillant esprit, Einthoven.

En prononçant ces mots, Griggs ne prit même pas la peine de regarder sa camarade en face. Elle se contenta juste de s’avancer vers les bancs qui bordaient les murs, et s’y assit, occupée à essorer sa robe. Encore quelque chose qu’elle allait lui faire payer.

▬ Et que sommes-nous censées faire maintenant, Sherlock ?

Du moins, elle l’espérait.
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MessageSujet: Re: all the broken chords and the nameless cries ✘ phoenix   

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