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 Believe me, Santa • Secret Santa V3

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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mer 28 Nov - 17:59

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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Jeu 29 Nov - 23:45

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    ▬ [b]Alice ;[/b] Bethsabée M. Belinski ; Petra M. Jablonsky
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Ven 30 Nov - 4:04

FAUT BIEN QUE QUELQU'UN RENDE SON TEXTE EN RETARD NON ????

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(nan allé j'ai le temps cette année en plus)

FAIS-NOUS RÊVER. màj.
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Ven 30 Nov - 9:25

TU FAIS CA JE T’ÉGORGE

Ceci étant dit, je clôture les inscriptions ♥ MP ce soir ou demain pour tout le monde ~

_________________
.
I'm going down to the Dew Drop Inn see if I can drink enough. There ain't much to country living. Sweat, piss, jizz and blood. Sweet home Alabama play that dead band's song. Turn those speakers up full blast play it all night long.
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Sam 1 Déc - 0:44

Tous les MPs ont été envoyés, comme d'habitude je vous incite à venir m'incendier si vous n'avez rien reçu /o/ J'ai fait un rapide check sur le secret santa de l'année dernière après le tirage au sort, normalement personne ne retombe sur la même personne. (et on a failli oublier quelqu'un dans la liste, remerciez ma paranoïa de l'avoir vérifié 5 fois)

Au risque de radoter, rendu le 24 décembre et pas après.

edit : ...Quelqu'un sait pourquoi cette page est déformée ?
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Jeu 20 Déc - 1:28

...Vous avez. Absolument. Absolument le droit de m'égorger si je pose une question stupide car je suis une vrai miro mais, j'ai un doute. On doit te l'envoyer Bonnie sous ton compte Perceval ou ? (il me semble l'avoir lu quelque part, mais je le retrouve plus. Donc heu, jviens apaiser mes doutes. D8)

(...purée je lance une nouvelle page pour ça. ORZ.)
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Jeu 20 Déc - 10:22

Je crois que tu as oublié de chercher la réponse dans ta boîte mp, Crystal.
Aelys E. O'Brien a écrit:
Bonjour,

Le tirage au sort a été effectué, tu dois donc écrire pour [Bidule] et m'envoyer ton texte (accompagné de ce que tu souhaites) avant le 24 décembre sous le compte de Perceval A. Clydwyn.

Bon courage !

_________________

ignorants ne voient pas n'entendent pas
les cris les coups les flammes et les armes
clos tes paupières rêves dans tes larmes
l'encre qui fuse ne cessera pas

And I saw a blablamystique by Dante. ♥:
 
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Jeu 20 Déc - 19:45

Erf il me semblait bien l'avoir lu quelque part, merci Luce !
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Dim 23 Déc - 19:33

Tous les ans c'est sous Percy pour éviter que je le perde bêtement oui :3

Nous sommes le 23 Décembre, je rappelle donc que toutes les participations sont à envoyer avant le 24 Décembre donc normalement avant ce soir, minuit. Mais comme je suis réaliste, je sais que j'en recevrai jusqu'à demain, je vous demande juste de ne pas être plus en retard, cette année j'aimerai les poster à minuit si possible. (si ce n'est pas le cas, vous saurez qu'il me manque des textes)
Bon courage à tous les retardataires /o/

_________________
Gungungun.

And kids who like to scrap with pool cues in their hands
And just cause he's had a couple of cans he thinks
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:05

I've been a clean living boy.




JOYEUX NOËL \o/ J'espère que vous avez tous passé une très joyeuse soirée hier soir, ou bien ce soir pour ceux qui le fêtent au 25. Mère Noël Bonnie a dans sa hotte cette année vos Secret Santa 2012, alors je ne m'étale pas plus pour vous les donner ♥
Remarquez tout de même que comme chaque année, il manque deux participations (mais Mirmoz s'est excusée, donc on la pardonne, mais il me manque encore Apolline qui ne m'a pas encore répondu) je suis vraiment, vraiment désolée pour Nynh et Cam qui n'auront pas leur cadeau aujourd'hui ;;(j'essayerai de vous faire des avatars si je peux avant de partir fêter Noël, même si ca ne rattrape pas un SS) J'enverrai Lenny leur casser la gueule si ca tarde trop ♥

Alors encore bonne fête et bonne lecture !


Dernière édition par Aelys E. O'Brien le Mar 25 Déc - 14:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:08

De Jinx à Lenny


Got my halo on, I know what I want


La sensation de manque, ou l’air glacé qui se pourchassait dans les couloirs ? Le silence de mort de la bâtisse, ou les chutes de neiges depuis le toit en saut de l’ange ? Elle avait émergé lentement, sûrement, bravement, défiant la fraîcheur nocturne installée sur ses draps, sur sa vie, sur le monde depuis plusieurs semaines, pour rouvrir les yeux sur un monde vide. Il avait neigé cette nuit là, un peu comme la précédente, surtout comme toutes les autres, une congère de plus pour justifier le pull aux imprimés immondes d’hiver à porter comme une deuxième peau vingt-trois heures sur sept pour traîner sa carcasse dans le bahut déserté. Il lui en fallait peu, après tout, même une petite pellicule de givre minable sur les vitres pour se glisser sous la laine douce dégotée en promo. Et le manque l’avait levée, tremblante, laissant dans son chemin un sillon de brume semblable à une bouffée salvatrice qui l’aurait mise d’aplomb. Aimait-elle Noël ? Reverrait-elle les vacances ? Difficile à juger, quand la faune monstrueuse qui lui servait d’univers avait retrouvé papa maman pour ces putain de vacances, laissant les clefs et des joyeuses fêtes en carton aux infortunés pensionnaires annuels. Sandy, relève la tête, il est dix heures, tu t’es déjà réveillée si tôt pour ne rien faire que vivre ? Regardant par la fenêtre, il va faire clair, il va faire beau, ce sera juste le réveillon parfait. Qui a besoin d’une famille, qui a besoin de tous ces gens ennuyeux pour ressentir le petit éclat de fête, si légèrement teinté de félicité qui sème son parfum dans le frimas ? La voilà qui traîne, frêle silhouette dans un pull trop grand, cherchant une clope, cherchant les gens, cherchant quoi ? De la musique ?

La journée se déroule paresseusement, presque avec une sorte d’exaspération, surtout quand il ne se passe rien. Aller se recoucher, ne pas y retourner ? S’en griller une autre. Et puis une autre. Regarder une comédie romantique, coller à l’esprit pathétique de Noël, insulter la mièvrerie des acteurs, tout laisser tomber. Puis voir la nuit si vite tirée sur l’Irlande et son école de fous, et surtout, entendre les rires. Relève toi, cherche la lumière, la civilisation, le social, essaie de t'intéresser plutôt que de zoner. Comme elle, ils sont deux, cinq, vingt à peupler le pensionnat psychiatrique, sans famille, sans liens, coincés comme elle, ils sont dix à avoir décoré avec les moyens du bord, huit à avoir improvisé ce semblant de fête pour remonter le moral des troupes et prétendre à un instant de gloire pour passer le temps. Noël ou un autre jour, quelle importance ? Et ils te disent de venir. Te font voir les décorations, t’invitent, toi et ta mine sombre, toi et ta motivation proche du négatif absolu, regarde, on en a trouvé qui brillent. C’est bien pratique, un Don, ça ouvre la porte aux merveilles, ça rallume des étincelles dans ton regard morne, et surtout, ça fait naître cette rareté sincère qui étire le coin de tes lèvres de nicotine. Une fête ? Un claquement de doigt, plus rapide qu’un souhait, plus facile pour échapper un instant au temps qui passe, surtout pour voir tous ces gens qui réveillonnent. Ces sourires, ces rires, ce bonheur palpable qui éclate dans la salle commune mieux que dans une famille réunie. Un instant que tu arrêtes pour regarder les lumières, la joie, et sourire, sourire sincèrement et prendre le temps. Ton cœur battant, les lumières, la joie figée. Il est tout à toi, ce temps là, tu veux le faire durer ? Remet le en marche, et oublie les convenances auprès d’une famille de bric, broc et talents insolites pour passer une de tes meilleures soirées, Sandy.

It's who I'm with




De Lenny à Azure


Joyeux Noël :3 je suis désolée, je suis assez insatisfaite du résultat (comme toujours) mais le principal c'est que j'espère que ça te plaira à toi ♡ passe de bonnes fêtes, en espérant que tu reçoives tout ce que tu désirais, je te souhaite beaucoup de bonheur Azure, passe un bon réveillon !


I WISH YOU ALL THE LOVE IN THE WORLD

C’était un pensionnat privé catholique.
Mais ça ne les a pas empêché de se rencontrer.


*

Prière matinale obligatoire, lecture de la Bible et catéchisme, les filles et les garçons n’étaient même pas autorisés à se mélanger lors des cours... Vous pouvez donc imaginer assez aisément que les relations amoureuses qui pouvaient naître étaient regardées d’un très mauvais oeil.
Mais ça ne les a pas empêché de tomber amoureuses.

Béatrice et Victoria, c’est quelque chose qui ne s’explique pas.
C’est arrivé soudainement, sans crier gare ; elles aiment se dire que ça devait tout simplement se passer. Le destin, le coup de foudre, ces conneries auxquelles on croit quand on est gosses, un peu moins quand on grandi. En tous les cas, à dix-sept ans, c’est bien quelque chose qu’on a envie de vivre.
C’était un peu étrange, ces sentiments nouveaux qui d’habitude étaient réservés aux garçons et qui là semblaient revêtir tout ce dont elles rêvaient lorsqu’enfants, elles lisaient ces contes débordant de magie et d’histoires d’amour éternels. Elles ressentaient enfin cette chose sans nom, cette faim sans fin l’une de l’autre. Elles rêvaient à deux, n’avaient même pas besoin de parler pour se comprendre ; ce qu’on pouvait considérer être comme une amitié profonde semblait être beaucoup plus magique et exclusif que ça.
C’était l’amour véritable, celui que tout le monde voulait vivre.

Au diable l’époque coincée dans laquelle elles vivaient, au diable leur école coincée dans laquelle elles vivaient, au diable leurs professeurs incapables avec lesquels elles vivaient. Elles se foutaient de tout, et surtout des bonne moeurs. Elles voulaient refaire le monde, Béatrice et Victoria, elles avaient déjà une longueur d’avance sur leur temps. Elles voyaient loin, voyaient grand, ensemble, elles retraçaient les courbes du monde indélicates afin de « créer une oeuvre d’art » comme elles aimaient le dire, pour les classes sociales jugées indésirables ; elles en faisaient partie de cette minorité victime de racisme et d’intolérance, ça les faisaient rager. Putain ce qu’elles détestaient leur époque.

Allongées dans le lit, les deux filles se regardaient dans le blanc des yeux en souriant. C’était leur dernière soirée ensemble avant de partir rejoindre leur famille respective pour les fêtes de Noël.

« — Je vais te manquer ?
Tu me manques déjà.

Victoria replaça une mèche de cheveux derrière l’oreille de la brune qui déposa un baiser rieur sur ses lèvres sucrées. C’était toujours léger et doux, aucun non-dit, aucune gêne, ni de tension, avant d’être amantes, elles étaient amies, et surtout, avant d’être amies elles étaient des filles, presque des femmes, qui savaient ce qu’elles voulaient. Béatrice attrape cette main coquine, entremêle leurs doigts, les porte à sa bouche pour les embrasser. Pourraient-elles un jour avouer leur amour débordant à qui veut l’entendre — et surtout, à ceux qui ne veulent pas l’entendre, ils étaient beaucoup plus nombreux. Elle se penche vers elle et lui vole un baiser.

J’espère bien, souffle-t-elle. »

Béatrice se rapproche encore, et la prend dans ses bras minces, inspire de tout son être l’odeur familière de Victoria à laquelle elle était devenue complètement accro. Elle enfoui son nez dans sa chevelure rousse, descend vers sa mâchoire, l’embrasse sur le coin des lèvres, pour mieux lui voler ses lèvres. Cette tendresse dérape en passion et les caresses audacieuses enflamme le désir naissant. La brune glisse une main sous la chemise froissée de son amie qui frisonne de plaisir, dessine les courbes d’un corps qu’elle connait maintenant si bien, caressa ses cuisses douces et encore juvéniles, se laisse se perdre dans les méandres de ses baisers fiévreux, ses soupirs passionnés, ces battements de coeur tonitruant...
Putain ce qu’elles s’aimaient.

C’était inexplicable, c’était une merveilleuse surprise, c’était la chose qui avait bouleversé leur vie, quelque chose qui était aussi beau qu’une aurore boréale, qui scintillait à chaque seconde au creux de leurs pupilles, c’était l’amour qui jaillissait dans chaque mot, chaque soupir, chaque sourire. Et c’est dans un choeur parfait qu’ensemble elles murmuraient depuis une minute :

« Joyeux Noël. »

BUT MOST OF ALL, I WISH IT FROM MYSELF


D'Azure à Lëla




LE SAUVETAGE DE NOËL
AVEC POUR RÔLE PRINCIPAL CHARLIE G. ROGEA




La vie était magnifique dans le petit village de Konnurkatigebrumenbergliluladassmultipasskikulop. Tout était charmant, tranquille, les rues étaient paisibles - si ce n’était quelques marchands qui criaient par-ci par-là un peu trop fort pour vendre leurs marchandises – et la majorité des habitants vivaient simplement, sans artifice. Une maison avec le strict minimum leur suffisait largement ! Et puis, ils n’avaient pas beaucoup de moyens non plus. Se contenter du minimum était un mélange d’obligation et de plaisir à la fois – ou juste une simple habitude. Il fallait dire que le village au nom incompréhensible n’était pas touché par la société de consommation, ils n’étaient donc aucunement tentés par toutes ces vanités. Puis, s’ils avaient vraiment besoin de quelque chose, ils devaient simplement se rendre au magnifique château qui surplombait toute la ville pour rencontrer le roi et faire une demande. Leur Roi, M. KIKURUROAOALECOQ, était un excellent monarque ! Personne n’avait à se plaindre de son règne, ni de ses mesures – les impôts étaient tout à fait respectables.

Et puis, comme toute bonne histoire qui se respecte, cette tranquillité fût un jour brisée ! Eclatée ! Explosée ! Le ciel était devenu entièrement noir, la neige qui était tombée récemment s’était elle aussi noircie et le village qui était autrefois si radieux était littéralement sombre, faisant perdre aux gens leur sourire. Alors que noël se rapprochait, avec toute la joie qui s’en accompagnait, un drame leur tombait dessus ! Comme ça ! Pouf ! Les villageois étaient dépités, et surtout malheureux. Cette pénombre continuelle qui s’abattait non seulement sur leur lieu de vie, mais aussi sur tout le royaume, ne leur donnait pas envie de fêter Noël chaleureusement. De plus, ils ne pouvaient plus vivre de leurs habituelles ressources ! La famine s’approchait à grand pas.

Ils allèrent ainsi tous voir le Roi pour lui demander de faire quelque chose. Car, oui, c’était à lui de régler ce foutu problème. Ils n’avaient pas envie de crever, eux. Et le Roi il avait bien besoin du travail des petits villageois hein. Il en était bien content. Oh, puis, le noir ne devait pas spécialement lui plaire à lui aussi.

« Ô Majesté, faîtes quelque chose !

Assis sur son trône, il se leva devant la foule. Devant son peuple.

- Cette noirceur qui s’abat sur le royaume me trouble moi aussi, mon cher peuple ! Ohhh. Que je suis malheureux de ce qui arrive ! Ohhh. Des temps troubles se présagent. Ohhhh.
- Ca suffit de se lamenter là ! On veut des solutions nous !
- Ouais on veut des solutions !
- Ouais, on est pas au théâtre ici !
- Ouais on est pas au théâtre, on veut des SOLUTIONS !
- Ouais moi aussi je veux des solutions !
- Moi aussi !
- Moi aussi !
- Moi aussi !
- Mon bébé est mort !
- Ton bébé est mort ? dit un villageois à sa voisine.
- Non, c’était pour me foutre de ta gueule.
- Ton bébé est pas mort alors ?
- J’sais pas, il est resté à la maison.
- T’es ti po folle !!!!
- On veut des solutions !!!
- Oh, mes chers amis, j’ai vu nombre de chevaliers venant de tout le royaume défilés devant moi mais ce sont tous des lopettes qui ne veulent pas relever le défi. Ils ne savent ni où aller ni comment faire pour briser cette malédiction qui s’abat sur notre monde !
- C’est pas une solution, ça.
- Je suis trop vieux pour me mesurer à cette aventure hors du commun. Et puis j’aimerai bien fêter noël tranquillement, avec un peu de soleil.

C’est vrai qu’il était vieux.

- Mon peuple, je dois alors vous demandez si l’un d’entre vous veut se risquer à cette terrible aventure où peut-être vous risquerez votre vie – et vous la perdrez (c’est pas de bol hein).
-
Un grand silence s’installa dans l’assemblée.

- C'est-à-dire que nous, on est que simple villageois heuuu.
- Ouais, on est pas censé se battre et tout.
- Oué normalement y’a des chevaliers qui se castagnent.
- Y’a vraiment plus de chevaliers pour défendre le royaume, hein ? Non parce que là ça craint sévère quand même.
- Ouais on est villageois, ON SE BAT PAS NOUS.
- Oh ! Malheur ! Notre monde tel que nous le connaissions est donc désormais fini ! Qu’une force nous vienne en aide... Nous sommes fichus !
- Ah ouais mais ça nous arrange pas trop ça aussi d’être fichus. C’est pas trop dans notre intérêt.
- Y’a vraiment pas de solutions ?
- Si, il y en a bien une. Mais elle est si inimaginable !
- On vous écoute, cher Roi !
- Charlie !

Sur l’appel du Roi, une jeune femme arriva toute chancelante devant la foule. Souriante. Simple.

- Voici ma fille ! Charlie G. Rogea !
- Elle n’a pas le même nom que vous ?
- …….. les mystères de la vie !
- Surtout erreur dans le scénario…

LES VILLAGEOIS SE REBELLENT CONTRE LE NARRATEUR ? AH OUAIS ? EH BAH PFFF. JE DEMISSIONNE HEIN. FAITES GAFFE !!!! Bon, je reprends. Mais faut faire gaffe héé.

- Charlie, voudrais-tu risquer ta vie pour sauver notre royaume ?
- Non merci !
- Toi, ma gentille fille qui a toujours été d’un naturel gentil et bienveillant, tu es notre seul espoir !
- Oui mais non.
- Oh princesse, on vous en supplie !
- C’est toujours non !
- Et pour un paquet de bonbons, ça vous tente ?
- Non !
- Du poisson frais gratos ? ça se refuse pas !
- Toujours pas !
- Putain mais elle est conne ma parole, on va tous crever !!!
- MOI JE SUIS CONNE ? MOI, CHARLIE ? NON MAIS ON ME TRAITE PAS COMME CA !!! C’EST LA GOUTTE D’EAU QUI FAIT DEBORDER LE VASE LA HEIN. Père, je relève le défi ! Je vais sauver le monde !
- Hourraaaaa !!!!!! VIVE CHARLIE ! »

Et Charlie devint le héros de tout le village, de tout le royaume ! L’histoire aurait pu s’arrêter ici, mais Charlie allait devoir affronter de nombreuses péripéties pour ramener le soleil aux habitants, et leur donner un noël digne de ce nom !

On donna à Charlie G. Rogea une énorme armure, qu’elle dût endosser avec grand mal – elle était trop lourde pour elle – et son père, ému jusqu’aux larmes, posa un genou au sol en tendant une épée à sa magnifique fille. « Sauve nous, mon enfant. » lui dit-il d’une voix grave, lorsque Charlie prit en main l’épée qu’elle regarda avec admiration. « Je vous sauverai, père. C’est dangereux, quand même, non ? ». Son père se releva avec une certaine difficulté et lui répondit « Je ne pense pas te revoir, ma chère fille. Adieu ! ». Le Roi partit, laissant seul sa fille qui regarda dans le vide. « Ah oui, quand même, à ce point là… » se fit-elle la réflexion. L’histoire ne faisait que commencer.


Charlie sortit triomphalement du village, et, sur son cheval blanc, elle admira l’horizon bien trop sombre. Le jour reviendra, se promit-elle à elle-même. Et sur cette promesse, son cheval galopa à vive allure pour aller on ne sait où, peut-être là où le vent la mènera.


Deux jours passèrent. Charlie se trouvait justement contre un énorme dragon d’un rouge éclatant !

« Tu vas mourir saloperie !!!! »

Elle se jeta dessus en brandissant son épée devant elle ! Le dragon, d’un simple mouvement de queue, la balança quelques mètres plus loin.

Un jour passa le temps que Charlie se réveille et se remette sur ses deux pieds, avec toute la force nécessaire pour vaincre ce monstre sanguinaire ! « Tu m’as fait mal !! Mais j’ai bien dormi. » lui lança-t-elle.

Elle se jeta à nouveau sur le dragon en criant comme une guerrière des temps anciens. Une autre Charlie venait de naître, une Charlie qui n’avait peur de rien, qui allait sauver Noël, qui allait rendre les gens heureux grâce à un simple acte héroïque. Cette Charlie là allait devenir un mythe ! Cette Charlie là serait le parangon de l’héroïsme ! Charlie G. Rogea évita cette fois-ci la queue du dragon et tout en lançant un mauvais regard qui effraya la grande bête elle transperça sa chair de son fer. La chose tomba à terre, agonisant. Charlie guetta le ciel d’une noirceur à en faire frémir plus d'un, attendant le soleil avec impatience et puis elle entendit un « Hohohoho ». Elle se retourna vers là d’où provenait la voix et vit un homme en surcharge pondérale, habillé bizarrement. Elle reconnut alors LE PERE NOËL.

« Tu as tué une bête sans défense ! Hohoho !
- C’est toi la cause de tous ces malheurs, Père Noël ?!
- Oui, Charlie ! Hohoho. Viens me battre, si tu l’oses !
- Comment battre un ennemi aussi fort que toi ?
- Personne ne le peut hohoho ! »


La lutte entre le père noël et Charlie commença dés lors. Le Père Noël renversa une pluie de bouteilles de Coca sur Charlie qui se releva parfaitement bien. Mais la jeune fille eût du mal à résister trois fois à la même attaque. Le Père Noël, ce capitaliste, qui n’aimait ni Saint Nicolas, ni le Père Fouettard, voulait tuer Charlie et amener le noir sur ce monde pour « s’amuser » selon ses propres dires. Puis il n’avait pas spécialement besoin de raison pour faire ça, expliqua-t-il.

« La même attaque ne marche pas trois fois sur un chevalier ! »

Tel un chevalier du zodiaque, Charlie se reprit en pleine figure la même attaque sans pour autant la contrer.

« Tu es fini, ma pauvre fille ! Tu es MI-NA-BLE ! Hohohoho ! »

Riant à gorge déployée, Charlie qui pissait le sang (c’est vraiment dégueu à voir hein) (il y a des flaques de SANG AUTOUR D’ELLE ahalalala) (et de longues trainées de sang comme ça par terre) (beuhhh) (avec du coca partout par terre en plus c’est saaaaale) s’énerva un petit peu face à l’insulte du Père Noël à son égard. Il fallait pas la faire chier la Charlie. Déjà que ce rôle là elle ne l’avait pas choisi et qu’elle ressemblait pas à ce qu’elle était d’habitude (ouais parce qu’en fait le narrateur il avait changé), c’était LA GOUTTE D’EAU QUI FAISAIT DEBORDER LE VASE.

« Je dois utiliser ma technique secrète pour sauver noël !
- MEURS CHARLIE ! UNE DERNIERE ATTAQUE TE SERA FATALE !
- Dracofeu ! Go ! »
Sortant une pokeball d’on-ne-sait-où qu’elle balança en l’air, un Dracaufeu gigantesque en sortit.

« Attaque lance-flamme ! »

Sous l’ordre de Charlie, Dracaufeu exécuta l’attaque et le Père Noël se fit immolé par le feu d’un seul coup ! Boum ! Bam ! Paf ! Et puis ça puait un peu le cramé. Ohlalala.


Charlie avait sauvé Noël ! Le noir se dissipa sous ses yeux, et celui de son Draceufeu, puis de son cheval blanc qui n’était pas mort (malheureusement) (il n’y a aucun mort dans cette mort take that bitches !!!). Les rayons du soleil réchauffèrent alors le corps de Charlie G. Rogea, la sauveteuse de Noël. La seule et unique femme plus courageuse que n’importe quel chevalier ou villageois ! Elle sourit, comme elle avait l’habitude de le faire. Charlie était heureuse de ce qu’elle venait d’accomplir. Elle venait de sauver une fête commerciale, et religieuse alors qu'elle n'était même pas croyante. Un rire passa entre ses douces lèvres. Elle s'en foutait, après tout.

Grâce à Charlie G. Rogea, cette année, vous pouvez fêter noël en toute sérénité !






De Lëla à Alcyone


.



Tu marchais doucement, tes lèvres gercées saignaient et l’appréciable goût du sang se mélangeai à l’air gelé dans ta bouche. Tes pieds s’enfonçaient en faisant crisser les jardins d’Aisling et l’on aurait aisément pus te suivre puisque la neige tombait calmement dans une sombre lumière grisante recouvrant à peine tes empreintes. Tu marchais doucement. Nous étions le 24 décembre et tu ne voulais voir personne. Tu voulais de la tranquillité, du repos, du calme et de la douceur. La neige t’apportait tout cela. Cette neige qui semblait suspendre le temps. Tu souris à cette idée. Tu t’arrêtes et observe doucement l’immensité de cette blanche mer envahissant, comme un doux cataclysme, ton refuge. Tu étais le seul point de couleur et tu te sentais entacher le paysage. Tu glissais un peu plus tes cheveux trop orange pour cette blanche neige sous ton bonnet gris en point de riz. Aisling était silencieux. Aucun bruit ne résonnait au loin. Aucun cri. Rien. En temps normal cela t’aurais semblé suspect, voir même inquiétant mais en ce jour tu trouvais cela agréable. Cela te rappelais les éternelles balades en solitaires que l’on faisait enfant, en espérant découvrir un trésor, l’espoir du cœur entre les mains. Tu reprends ta route sans but, ta marche sans destination. Sans destination autre que la solitude. Tu erres ne voulant que continuer cette douce transe de pensées que tu te sais néfastes. Tu sais que faire cela te rends toute chose, te fait revenir à tes habituelles et insupportables questions existentielles sans réponse fixe. Mais tu en a besoins. Une fois encore tu t’arrêtes. Fixant le mur d’enceinte d’Aisling, que milles fois en rêves tu escaladais. Tu aimerais que cette foutue peur du vide ne te prennes pas dès que tu montes debout sur une chaise, que cette foutue peur du vide ne te paralyse pas, rien qu’une fois tu aimerais escalader des montagnes.
Un bruit. Des pas. Des pas plus crissant que les tiens, plus rapide aussi, mais qui ralentissent lorsqu’il s’approche, qui ralentissent encore, pour enfin devenir calme comme tu l’es. Tu ne te retourne pas immédiatement. Tu ne veux voir personne. Mais tu ne peux pas ignorer les gens. Tu es comme ça. Les pas ce sont arrêtés et tu sais la personne figée à quelques mètres de toi, dans ton dos. Lentement, calmement, tu pivotes.
Dans l’immense manteau de neige une Haraldson peu reconnaissable tâche, elle aussi, le paysage. Fourrées dans son écharpe, fondue dans son uniforme, d’un sourire que tu sais mauvais. Lisandra est face à toi. En temps normal la rencontre aurait tacheté de rouge le sol. Mais pour une fois Lysandra n’est pas là pour ça puisque tu la sens aussi surprise que toi de cette fortuite rencontre. Tu la regardes doucement. Dans une autre vie, vous auriez pu être amie. Elle te connait mieux que tu ne le penses. Tu la connais plus que tu ne le sais. Ton corps est las. Tes envies inexistantes. Tu resterais là sans doute longtemps, les yeux plongés dans les siens, à l’observer en détails. Depuis qu’elle t’a aperçue La Haraldson n’a pas quitté son sourire carnassier. Ses immobiles cheveux paraitraient presque faux, aussi lisses que brillants. Son teint est clair mais sans être pâle, net, sans tâches, aussi lisse que son officielle réputation, et aussi faux que celle-ci. Lysandra n’est pas une gentille fille. Mais aujourd’hui tu sais qu’elle ne ferait rien. Puisqu’elle n’est pas là pour ça. Puisque tu n’affiches rien de menaçant, tu sais qu’elle ne fera rien.
Tu marches doucement en sa direction. Elle, immobile te regarde faire, comme d’habitude, le rapace attend son heure. Tu lui frôles l’épaules sans agressivités aucune, t’arrêtes à sa gauche et la regarde. Les yeux dans les yeux, le sourire aux lèvres, les ennemies se contemplent. Tu souries. D’un sourire vrai. D’un sourire qui n’aurait jamais dû être destinée à un Haraldson. D’un sourire qu’aucun Haraldson n’avait jamais dû recevoir. D’un sourire amical. Et sans qu’elle ne bouge, sans savoir pourquoi tu la prends dans tes bras. Embrassant ton ennemie, un corps à corps aussi inoffensif qu’unique. Figée la Haraldson ne peut répliquer. Tu lui glisses alors dans l’oreille un :
« Joyeux Noël, Lysandra. »
Et tu reprends ta douce marche et la devine te jeter un dernier regard par-dessus son épaule. Tu te demandes ce qu’elle pense, ce qu’elle aurait pu faire. Tu la sais en train de marcher, et elle s’efface peux a peu de ton esprit comme s’estompe le bruit de ses pas dans la neige.
Lysandra est le gout du sang dans ta bouche. Léthal est le passager noir de ton âme. Haraldson est la haine de ton corps.
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D'Alcyone à Tae


Snow is falling on Christmas Day

Le premier truc qu’elle avait senti, c’était la douleur. Ce genre de douleur sourde, diffuse, un simple picotement dans ses membres encore engourdis de sommeil. Elle avait pas fait attention, au début, elle avait serré les dents dans un demi-sommeil, froncé les sourcils. Elle savait pas trop comment, elle avait fini par ouvrir les yeux, par chasser l’obscurité qui voilait ses paupières par quelques battements de cils. La lumière vive l’avait faite grimacer. Merde, elle avait encore oublié de tirer les rideaux. Alors la douleur était revenue, un peu plus vive. Tous ses muscles semblaient gémir, quelques plaies criaient. Elle avait même une coupure sur la joue. Mince, qu’est-ce qu’il s’était passé encore ?

Portant la main à son front, la jeune fille soupira, tandis qu’elle essayait d’attraper des images confuses, des fragments de mémoire qui passaient dans son esprit en la narguant. Rappelle-toi, Layla. On était quel jour, déjà ? Dans quel merdier t’étais encore allée te fourrer ? Elle avait ce goût amer dans la bouche, cette impression de déjà-vu. C’était pas la première fois qu’elle se réveillait dans cet état. Et fallait croire que ce serait pas la dernière.

Ça lui revenait doucement. Ah oui, c’est vrai, c’était le matin de Noël. Joyeux Noël, Layla. Paye ta petite fête de la veille au soir. Tout s’était bien passé, jusqu’à cette fameuse soirée. Elle le savait bien, pourtant, elle était pas toujours très clean dans ce genre de soirées qui s’éternisaient. Elle était désolée, petit Jésus. Elle n’avait rien d’un roi mage chargé de cadeaux, ni même d’une pauvre petite bergère. Quant aux anges, elle pouvait même plus supporter d’en entendre parler. Sa misère à elle, elle était loin d’être pieuse. La preuve est que quand Jackson buvait un peu trop pour oublier la gueule de l’ange Gabriel, avec des potes pas forcément beaucoup plus raisonnables qu’elle, il suffisait d’un rien pour que ça tourne mal, un peu trop vite, un peu trop fort. Encore une fois.

On pouvait faire beaucoup de conneries avec Layla. On pouvait faire des conneries, et on pouvait même en rire. On pouvait se marrer avec des faux flingues en plastique, elle en avait vu assez de vrais pour que ça la plie en deux. On pouvait la chercher un peu, on s’en sortait toujours avec quelques coups et une accolade. On pouvait se moquer de ce monde un peu trop vrai, un peu trop mal fait, et dire qu’on s’en fichait. On pouvait même se moquer de l’amour, elle serait la première à faire la peau à Cupidon si elle l’attrapait. Mais quand elle n’y voyait plus très clair, Layla, c’était un vrai champ de mine. Quelques remarques un peu trop justes, des mots un peu trop vrais, et un peu trop de colère dans son cœur. C’était toujours « un peu trop » avec Layla. À peu de choses près, c’était pas grand chose. Ça finissait par faire beaucoup.

Et encore, si elle s’était contentée de se mettre en rogne, d’envoyer balader sa chaise et d’aller prendre l’air, on aurait vite oublié toute cette histoire. Mais il avait fallu que cette tarée s’invite à sa promenade au clair de lune. Comment elle faisait pour toujours la retrouver aux pires moments ? La jeune fille grimaça en se remémorant la scène, elle avait vraiment gagné le jackpot. Lethal avait vraiment le chic pour la faire sortir de ses gonds. Qui sait dans quel état son salaud de frère l’aurait trouvée ce matin, si ce pion, alerté par leur raffut, n’était pas venu les arrêter ? Évidemment, cette peste avait été traitée en victime, et Layla, à qui l’on avait collé l’étiquette du bourreau, avait en plus écopé d’une suspension pour la rentrée. Au moins, même si ça la frustrait que sa némésis ait obtenu ce qu’elle cherchait, l’idée de l’avoir bien amochée procurait une maigre consolation à la physique.


Quand on a l’impression que le monde entier nous en veut, le bonheur des autres est une chose à laquelle on a du mal à adhérer. Et Layla éprouvait la justesse de cette affirmation tandis qu’elle déambulait dans les couloirs d’Aisling qui, au matin du 25 décembre, baignaient dans une bonne humeur festive. Elle passait au milieu de ces visages joyeux sans y prêter attention, quand une voix se distingua de tout ce brouhaha :

▬ Lay ! Hey, Lay !

La jeune fille se retourna pour voir débarquer une jeunot de quatorze ans aux cheveux décolorés qui agitait frénétiquement la main en appelant son prénom. La jeune fille laissa échapper un soupir. C’était pas le bon jour, Nico.

▬ T’as vu, Lay, il neige ! C’est sympa, hein ? C’est beau la neige.
▬ Nico...
▬ Tu sais que chacun de ces flocons de neige est constitué de tout un tas de cristaux environ dix millions de fois plus petits que lui ? C’est dingue, hein.
▬ Nico...
▬ Et ils ont tous une structure presque unique ! Mais ils présentent tous une symétrie hexagonale. C’est Kepler qui a publié le premier traité scientifique, de 24 pages, sur les cristaux de neige, en 1611. Et puis il y a eu Descartes qui...
▬ Nico.

Le jeune garçon finit par interrompre son exposé et croisa le regard fatigué de son amie. Elle sentit ses yeux bleus parcourir sa silhouette, glisser sur les ecchymoses, s’arrêter un bref instant sur la coupure de sa joue. Elle s’attendait à un commentaire idiot et enthousiaste, à des questions sur sa vie de délinquante. Elle se mordilla la lèvre, nerveuse, déjà prête à l’envoyer balader d’un ton réprobateur. Mais, encore une fois, Nikolaï Timofeï Lysander se devait de démontrer son caractère imprédictible.

▬ Tiens, on a dîné en famille à l’appart de maman, hier soir. Elle a fait du lapin à la moutarde, mon plat préféré.

Layla se surprit à essayer d’imaginer Mme Lysander en tablier, apportant le plat préféré de son fils chéri lors d’un chaleureux dîner de réveillon, dans une pièce décorée pour l’occasion. C’était tellement surréaliste que la jeune fille ne put s’empêcher de pouffer de rire, sous les exclamations faussement indignées de son ami.

▬ Eh ? Je vois pas pourquoi tu te moques. Maman fait le meilleur lapin à la moutarde du monde, tu sais.

À la vue de son air sérieux, la physique redoubla d’éclats de rire. Elle essuya une larme au coin de l’oeil tout en se tenant les côtes et en essayant de calmer ses hoquets.

▬ T’es vraiment pas croyable, Nico. J’arrive jamais à savoir ce qui se passe dans ta tête.
▬ Là, tout de suite, je me demande ce que ça donnerait d’échanger les personnalités de Sally et d’Edward.

Nouveau fou-rire. Cette fois, la garçon se joignit à elle, et quelques élèves se retournèrent sur leur passage en se demandant ce qui leur prenait. Layla et Nikolaï échangèrent un regard amusé avant de se faire un check, complices.

À vrai dire, la jeune fille ne savait pas ce qui la surprenait le plus : d’imaginer la prof de russe aux fourneaux, en bonne mère de famille, que Nico ait appris par cœur la page de la wikipedia sur les flocons de neige, ou qu’il ait réussi à la faire rire comme ça. Elle lui ébouriffa les cheveux avec un sourire.

▬ Joyeux Noël, Nico.

Finalement, il était peut-être pas si mal fichu que ça, ce monde.


I found a warm place.


JOYEUX NOËL TAE ♥

Quand Bonnie m'a envoyé ton nom pour le Secret Santa, j'ai pas pu m'empêcher de vouloir faire du LaylaNico pour l'occasion. J'espère que j'ai pas trop amoché la personnalité de Layla ni trop forcé le trait orz. En tout cas c'était génial à écrire, ils sont juste trop choupinets tous les deux. Nico est un peu un handicapé question vie sociale, tact, relations saines et équilibrées basées sur la confiance et l'honnêteté (et l'absence d'expérimentations cheloues pratiquées sur les-dites relations), mais c'est pas non plus un imbécile fini, quand il finit par s'attacher sincèrement à quelqu'un, il peut avoir ses moments de cute. Alors bien sûr que Layla, oui il profite de son influence, mais il va aussi lui remonter le moral tsé. C'EST PAS SA BESTAH POUR RIEN, namého. Sèche tes larmes (fais pas genre tu pleures pas, tu pleures dans ton coeur), brofist et on va coller une raclée à Ludvik ok ? Enfin tu lui colles une raclée et moi je t'encourage. Et puis voilà, la vie est belle. Bon je vais arrêter parce que ces deux-là me rendent gaga et je vais jamais en finir sinon fghjkd. Donc joyeux Noël choupicute, tiens bon pour tes études, on est des warriors, on va gérer, on se soutient, et tu vas voir que tu vas passer une merveilleuse année ! Love on you ♥♥♥


De Tae à Lisoun




Cours Sheva, cours autant que tu peux, cours aussi loin que possible, aussi vite que tes jambes te le permettent. Air moqueur sur le visage tu rigole à en étouffer. T'aime ça toi, aller plus vite que les lois, sauter par dessus les barrières, foncer sans jamais t'arrêter.

« Tu vas t'arrêter oui ?
-Jamais ! »


Et tu le gratifie d'un magnifique doigts relevé . Enfoiré. Tu le sens encore derrière toi, qui tente de te rattraper du mieux qu'il peut mais déjà il s'essouffle, pitoyable. Encore un peu, quelques mètres et il abandonnera. Ah non il a déjà fait demi tour. Tu continu un peu, juste pour le plaisir du sang battant dans les tempes.
Et puis soudain stop. Tu t'arrête au milieu de nul part, une place illuminée, le froid de décembre t’agresse tout d'un coup et tu regrette d'avoir oublié ton écharpe. Silence. T'inspire, expire, doucement, lentement, force ton cœur à ralentir, le sang à redescendre et ta poitrine se soulève un peu trop rapidement. Tu t'assoies sur un banc, la tête de tourne, les lumières sans doute, ou bien l'ambiance mièvre du noël qui approche. Noël mes fesses, y avait pas eu un flocon de neige, rien, juste de la pluie encore et toujours sur cette foutue Irlande.

« Aaaaah..... »

Un cris, d'exaspération. Autour de toi on te regarde, surpris par ce bruit inhabituel, on pouffe, on te montre du doigts, on doit te prendre pour une nana paumée, abandonnée par son copain la veille de noël. C'est vrai que t'es seule. Tellement seule. Et ça fait mal cette solitude pas vrai Sheva ? Ca fait mal hein ? De voir tous ces gens autour de toi, collés serrés, qui rigolent pour une blague innocente, un fait rappelé, une anecdote vécut. Mais toi t'as jamais eu ça hein ? Juste des larbins à tes pieds, un peu trop manipulables et tellement pitoyables , juste des gens pour éponger un peu ta solitude.
Arrivée à Aisling t'avais changé, un peu, noué des liens sans doutes, mais leur solidité hein ? Si jamais ils découvraient du jour au lendemain ce que tu vaux, resteraient-ils toujours avec toi ? A cette idée ton cœur se sert. Comme pour détourner tes pensées de cette éventualité tu sors une sucette de ton sac que tu fourre dans ta bouche avec hargne. Et puis mince à la fin, t'avais otujours vécut comme ça, à l'avance, loin devant les autres, t'avais pu t'en sortir sans quelqu'un pour te tendre la main.
Tu frissonne et doucement une larme coule, unique. Tu déteste noël, cette fête pourrie et commerciale, cette fête qui te rappel que t'auras jamais personne à qui offrir ton cœur pour lui prouver ta sincérité. Tu hais cette fête qui te rappelle que niveau famille t'as pas les meilleurs parents du monde qui viendront déposer un poney fringuant sous ta cheminée, que tout ce que tu recevra ce sera une carte signée et de fausses recommandations.

« ….Pourtant cette journée avait bien commencé....Haaa.... »

Tu t'étire, regarde le ciel étoilé. Il est dix huit heures et pourtant la nuit est déjà là, bien là. Peut être qu'il serait temps de rentrer ? Peut être...Tu reverra l'autre débile qui t'avais coursé,pas ta faute si tu lui as renversé ton verre de jus à la figure...Il parlait juste trop fort et de façon insupportable...Il méritait juste un bon rafraîchissement pour redescendre sur terre. A ce souvenir tu rigole un bon coup et le son cristallin de ta voix se perds dans le brouhaha de la foule.

« Oh. Sheva. »

Tu lève la tête, et ton cœur se met à battre un peu plus vite. Elle est là, dans la lumière, plus brillante que jamais. Doucement le cœur, doucement. Et ça fait mal, et c'est frustrant. Et pourtant tu ne peux t'empêcher de sourire. Tu l'aime pas vrai ? Et pourtant tu ne veux pas te l'avouer, pas encore, pas tout de suite. Mais elle est là, bien là devant toi et sa main enveloppe la tienne. Chaleur. Présence. T'as envie de la serrer fort mais tu te contente de resserrer ta prise.

« Joyeux noël Sine. »

Une prière silencieuse pour ne jamais avoir à lâcher sa main, pour ne jamais être abandonnée, laissée en arrière.


De Lisoun à Luca


Merry Christmas
Luca, c'est cette petite ombre qui passe dans les couloirs sombres. Une écharpe autour du cou, il se dirige vers le balcon. Il aime bien regarder les étoiles, elles sont jolies, elles sont brillantes, un peu comme le sourire de Zora. Une fois arrivé, il reste immobile dans le soir hivernal, le regard tourné vers le ciel. Peut-être regarde-t-il les étoiles, peut-être ne regarde-t-il rien, même lui ne le sait pas trop. Ce n'est pas ce dont les gens normaux rêvent pour un soir de Noël, regarder les étoiles en étant seul dans le froid. Peut-être se dit-il qu'il aimerait bien que Zora soit là, qu'elle lui sourie, qu'elle illumine la nuit. Certainement adorerait-il la voir, lui prendre la main et voir son visage plus doux que la neige qui a oublié de tomber ce soir.

▬ Lucaaaa ! Je t'ai trouvééééé !

Dans son dos, elle apparaît. Il se retourne, la voit. Elle brille dans le noir, son sourire est si pur et si sincère qu'il l'émeut un peu. Il devrait en avoir l'habitude depuis le temps mais ce sourire est trop beau pour laisser Luca impassible. Son coeur se réchauffe, malgré le froid de l'hiver. La main de Zora attrape la sienne et elle l'entraîne doucement. Il se laisse faire, un peu heureux de suivre une telle lumière dans l'obscurité de la nuit.

▬ J'ai quelque chose à te montrer !

Il ne demande rien, il ne répond rien. Il se contente de marcher derrière elle dans les couloirs. Il lève les yeux vers elle. Elle sourit, elle semble contente. Elle paraît même flotter dans les airs mais ce doit être une illusion. Sa main est douce, il aimerait bien la serrer toujours. Beaucoup demanderaient à Zora ce qu'elle veut. Luca, lui, préfère préserver la surprise en essayant d'imaginer mille et une chose. N'y arrivant pas, il finit par se dire qu'il est au moins content de ne pas passer la soirée tout seul. Il est surtout heureux de la passer avec Zora parce que Zora, elle brille dans la nuit, elle sauve les rêves. Zora, elle est douceur et gentillesse et affection, elle lui tendrait toujours la mais. Zora, elle viendrait le voir s'il était obligé de garder le lit pendant les semaines, elle viendrait toujours le voir pour lui amener des coquelicots, pour lui sourire sans rien lui dire de particulier mais ses mots seront toujours spéciaux. Tout ça parce que Zora est elle-même, un peu originale, un peu bizarre mais toujours aussi belle.

Finalement, elle s'arrête. Luca a dû perdre la notion du temps, il a oublié depuis combien de temps ils marchent. Il devait être perdu dans une contrée lointaine pendant leur marche. La main de Zora se pose sur la poignée et elle pousse la porte pour laisser des lumières multicolores s'échapper de la pièce. Elle l'emmène à l'intérieur. Il y découvre un sapin de Noël décoré de guirlandes multicolores dont une électrique. Des boules colorées flottent, accrochées aux branches du sapin. Du rouge, du bleu, du jaune, toutes les couleurs illuminent le sapin soigneusement disposé au centre de la pièce. Un matelas est disposé à proximité, juste à côté d'une petite assiette de biscuits accompagnée d'un verre de lait. Trois lits sont aussi disposés dans la chambre.

▬ Tadaaaaa ! Nikolo m'a aidé à l'amener et à le décorer !

▬ Il est si joli ...

Et Luca regarde la mine réjouie de Zora, et il regarde le sapin. Il n'arrive pas à déterminer ce qui lui réchauffe le plus le coeur. Ce n'est pas bien grave. Elle le regarde avec ces grands yeux qui vaincraient n'importe quelle glace. Elle s'assied sur un des lits, balançant un peu ses jambes, faisant flotter ses cheveux pas coiffés. Elle a toujours le sourire aux lèvres, ses yeux pétillants, cachés derrière les verres de ses grandes lunettes, fixent le pied du sapin.

▬ Hé Luca, t'as demandé quoi dans ta lettre au père Noël ?

▬ Moi ? J'ai demandé des livres.

▬ Ah oui ? Lesquels ?

▬ .. J'ai oublié.

▬ Oh ... Moi j'ai demandé que tous les gens que j'aime soient heureux pour toujours ! J'espère que le père Noël va réaliser mon voeu.

Ce sourire doux suspendu à ses lèvres empêche Luca de penser. Il le sait que Zora croit encore au père Noël et quel beau sourire elle a quand elle parle doucement de son souhait. Il aimerait bien lui offrir un merveilleux cadeau mais il sait pas quoi. Il se rappelle jamais de ce qu'elle aime malgré tous ses efforts pour s'en souvenir. Souvent, il le marque sur un papier mais oublie qu'il l'a fait et oublie d'ailleurs l'existence même du papier. Du coup, il sait jamais quoi offrir à Zora. Mais elle semble ne pas se soucier de cet énorme problème. Alors on fait avec et on fredonne doucement un air de Noël. Un peu comme ce que fait Zora et elle tourbillonne dans la pièce, on dirait un flocon de neige. Luca aimerait bien chanter lui aussi et tourbillonner, donner la main à Zora et s'envoler avec elle mais il paraîtrait bizarre. Alors il laisse ses yeux emplis de tendresses sur la jeune fille. Et il oublie un peu le temps qui passe. Il oublie qu'il se fait tard, tout s'évapore avec les chants et les danses de Zora, tout s'évapore avec le sourire de Zora, tout s'évapore avec Zora. Elle finit par s'allonger sur le matelas, à côté de la nourriture, fatiguée.

▬ Je vais dormir là ! J'espère que je verrai le père Noël cette année ! Tu veux bien rester avec moi cette nuit Luca ?

Silencieux, il hoche la tête et pense finalement qu'il devrait enlever son écharpe. Il s'allonge sur le lit qu'il pense être celui de Zora et la regarde tandis que, allongée sur le côté, elle observe attentivement les biscuits dans leur assiette. Malheureusement pour elle, danses et chants l'ont épuisée et elle finit par s'endormir sans pouvoir voir ce cher père Noël. Luca pense à ce qu'il pourrait bien offrir à Zora. Il se lève, regarde les biscuits. Zora les a préparés exprès pour le père Noël mais malheureusement, il n'existe pas. Zora est tellement lumineuse quand elle s'extasie devant tous ces mystères. A petits pas, il fait le tour du matelas et se retrouve devant l'assiette. Attrapant un biscuit, il le croque le plus discrètement possible, le mâche et l'avale. Ils sont délicieux. Lentement, il finit l'assiette et boit le lait qui se trouve dans le verre. Reposant lentement le verre, il s'assure que Zora dort encore. Elle est si belle quand elle dort qu'elle arrête même de bouger pour observer son doux visage endormi. S'endormant un peu, il enlève les lunettes de Zora pour les déposer à côté du matelas. Il retourne se coucher et murmure doucement :

▬ Joyeux Noël Zora.

▬ Joyeux Noël Luca.

Surpris, il se redresse. Elle semble dormir encore. Sans trop réfléchir, il ferme les yeux. Généralement, les gens n'apparaissent pas quand on souhaite les voir. Mais Zora, elle est différente. Zora est apparue quand il voulait la voir et grâce à elle, sa soirée a été illuminée.



De Luca à Apolline



walking in a winter wonderland

Une vision un peu floutée, un peu embrumée. Des lumières blanches, diffuses se balançant sur un rythme saccadé. Des frissons parsemant son corps. L’air hagard, elle ouvre les yeux. La pièce était plongée dans une pénombre presque complète, une obscurité typique d’une soirée d’hiver, où seules la ville et quelques rares étoiles émettaient encore un tant soit peu de lumière. Là-haut, Bételgeuse veillait de son paisible éclat, veillait sur celle qui était encore délicatement logée dans les bras de Morphée. Qui était en vérité plus emmitouflée dans ses couvertures qu’autre, en vérité. La demoiselle releva la tête, l’air encore hagard, une mèche de ses cheveux blonds paille plaquée contre le visage. Tout aurait pu sembler parfaitement normal, si l’endroit où elle se trouvait ne lui semblait pas aussi...non-familier. Où était censé se trouver son lit n’était qu’un sol froid et dur – si l’on omettait les quelques couvertures drapées autour d’elle, par-dessus sa robe qu’elle avait soigneusement choisie le matin même. Allons bon, qu’est-ce qui avait pu se passer encore ? Une myriade d’idée lui avait traversé la tête : quelqu’un lui aurait-il fait une mauvaise blague, ou l’aurait téléportée ici ?

Téléportée ?

Oh non. Non, non, non. Tout sauf ça. Elle savait pertinemment qu’elle avait tendance à commettre des erreurs lorsqu’elle était épuisée, et que ce n’était pas la première fois qu’elle activait son don sans s’en rendre compte. Mais ce qui l’effrayait pour le moment était le simple fait qu’elle ne se rappelait absolument plus sur quel livre elle s’était endormie la veille. Et rien dans la pièce ne pouvait l’aider : il n’y avait pas le moindre petit indice sur sa localisation potentielle. Hormis le sapin de Noël trônant dans le coin de la pièce, et le bureau couvert de documents illisibles qui se trouvait juste derrière elle. Probablement le bureau de quelqu’un d’important. D’un homme d’affaires, ou d’un patron peut-être.

...attendez. Un homme d’affaires, à Noël ? La jeune fille posa son doigt sur sa lèvre inférieure, réfléchissant un moment. Jusqu’à ce qu’un petit mot timide soit glissé à ses oreilles.

▬ B-Boo...

Elle sursauta légèrement, plus surprise par l’action que terrifiée. Ayant repris son souffle, elle se tourna vers la source de cette voix à peine audible, pour remarquer…un gosse. Un gosse vêtu de blanc, un peu transparent, mais pas suffisamment pour occulter le rouge flamboyant de sa tignasse. De son visage aussi, qui avait viré immédiatement à une espèce de couleur rougeâtre, et qu’il avait essayé de dissimuler en plaçant aussitôt ses mains tremblantes en face, perdant un peu plus de sa visibilité. « Boo » avait probablement le meilleur mot à dire pour se présenter.

▬ A-ah, ç-ça a marché… ? Je…je suis désolé, je…il fallait que je capte votre attention et...
▬ Ce n’est rien, mais il va sérieusement falloir songer à revoir ta tactique d’attaque. C’était un peu faible, comme « bouh ».
▬ J-je suis désolé ! Je…je ferai mieux la prochaine fois.

Il fallait quand même lui expliquer une chose : pourquoi était-elle actuellement en train de discuter avec un fantôme ? Si on était bien dans le conte auquel elle pensait, pourquoi n’était-t-il pas déjà en train de se présenter ?

▬ Je...je suis l-le fantôme des N-Noëls p-passés. Je...je suis venu pour...t-t’aver- v-vous avertir de...

Un fantôme qui bégaye et incapable d’aligner deux mots : il ne manquait plus que ça. Et qui ne faisait même pas peur, avec ça. Elle devait l’admettre, il lui faisait un peu pitié. Elle aurait cependant pu continuer à le regarder balbutier, confus, si la porte ne s’était pas ouverte dans un grand fracas, faisant aussitôt fuir le spectre derrière le bureau. Dans l’encadrement se tenait une autre personne vêtue de l’exacte même toge albâtre que le gamin, à l’exception qu’il s’agissait cette fois-ci d’une jeune femme blonde, un peu plus âgée qu’elle, un air furieux moulant ses traits. Elle entra dans la pièce en trombe, un livre énorme sous le bras. Ça devait sûrement être le fantôme suivant. C’est ce qu’elle se serait dit si jamais la fille ne s’était pas ruée vers son camarade pour se mettre à le réprimander.

▬ Aldena, est-ce que te cacher pour pleurer sont les consignes qui t’ont été données? Je ne crois pas. Tu es une honte pour la communauté spectrale. Il va falloir réparer cette erreur, très cher. Tu vas me relire toutes les modalités d’admission depuis le début.
▬ Mais je…
▬ Je croyais que tu aimais bien lire ? Je ne me trompe pas, pas vrai ? Ça ne devrait pas te gêner.

Le cadet partit se réfugier dans un coin, traînant le pavé apporté par la demoiselle avec lui, l’air dépité, alors que la madame fantôme posa ses poings sur ses hanches, toussota légèrement, et se lança dans un discours qui s’annonçait être interminable.

▬ Eugénie Miller, votre comportement est inacceptable. Mettre du colorant dans les shampoings des élèves est une chose déjà assez grave, mais repeindre l’intégralité des dortoirs des garçons en est une autre ! Et comme si cela ne suffisait pas, vous n’aimez pas Noël ! C’est inconcevable ! En plus de cela, vous...

Nous allons bien évidemment vous épargner le reste de cette très longue tirade, vous risqueriez de vous endormir devant, ce qui est quelque chose que nous aimerions éviter. Encore désolés du désagrément.
Ce n’est donc que lorsque notre héroïne réussit enfin à placer un mot que son interlocuteur se stoppa.

▬ Je vais t’interrompre dans ton monologue mais...enfin, j’aime Noël.
▬ ...plait-il ?
▬ Tu fais erreur sur la personne, je pense. Enfin je veux dire j’ai toujours bien aimé Noël.
▬ ...certaine ?
▬ On ne peut plus certaine.
▬ Et pour le reste des accusations envers votre personne ?
▬ ...ça dépend de...
▬ GEEHAAHEEHEE.
▬ Cela dépend de « Geehaaheehee » ? C’est une bien curieuse façon de...
▬ Astrée...je crois que c'est...
▬ Aldena s'il te plait n’ose même pas prononcer le nom de celle folle furieuse s’il te plait.
▬ Une folle furieuse?
▬ C'est une de nos collègues. Le fantôme des Noëls futurs, en vérité. Mais il est préférable que vous ne la rencontriez pas. Je pense qu'il est temps de mettre un terme à tout ceci. Bonne soirée et joyeux Noël, Miller, fit Griggs en tournant les talons.
▬ J-Joyeux Noël...

Les deux spectres disparurent, avant que l'entièreté de la salle ne vire au noir complet. Cette fois-ci, ni les lumières de la ville, ni l'étoile ne purent dissiper l'obscurité.
En revanche, la sonnerie du réveil mit bien vite fin aux ténèbres, et à ce rêve peut-être un peu trop bizarre.

Morale: plus jamais de Dickens avant de dormir.

PS: Joyeux Noël, Apolline! Je m'excuse d'avance si quelque chose ne va pas,mais j'espère que cette modeste petite chose te plaira, fufu :33


Dernière édition par Aelys E. O'Brien le Mar 25 Déc - 14:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:13

D'Apolline à Nynh


Pas de participation reçue, pardon Nynh ;;

De Nynh à Gun


Bon ben je fais pas de codage sympa ni rien et même qu’il y a pas d’avatars et je suis désolée mais je t’en ferais, je le jure, main sur le cœur, tout ça tout ça. Tomber sur toi, le stress, l’angoisse, etc etc j’adore tes personnages, j’adore ta façon d’écrire, j’étais juste toute gnih. Et puis bon voilà, j’espère que ça te plaira, mieux que ça te fera plaisir, et j’espère que ton Noël sera bon, que tu auras une année prochaine mega classe et que tu continueras de faire des supers personnages qui envoient grave du rêve. D’abord.

Et puis joyeux noël. Et puis bonnes fêtes. Et puis tout ça.

(Et puis j’aimerais m’excuser auprès de Lenny d’avoir fort potentiellement bousillé son personnage gratuitement. Et je vous envoie des ondes de love.)

***


Il avait écouté d’une oreille distraite la musique qui s’échappait du tourne-disque. Il s’était allumé une cigarette. La cubaine l’avait allumé, lui. Il avait détourné la tête mais pas les yeux. Ses doigts avaient gratté les cordes de sa guitare.

« Le Père Noël n’existe pas, tu sais, Harley » qu’il avait lâché d’une voix volontairement nonchalante.

Les fossettes de la basanée lui avait juré que si.
Il n’avait pas cherché à nier.

Il avait observé d’un œil délirant le piercing qu’elle avait au nombril onduler, avait humé l’odeur d’herbe qu’elle semblait exsuder par chaque pore de la peau alors qu’elle recrachait la lourde fumée blanche dans le bureau clos, déjà saturé des vapeurs de tabac. Il ne savait pas ce qu’elle foutait là. Elle n’était pas en colle, pas cette fois. Ça l’avait déconcerté un instant mais eh, Richard Strummer ne se faisait pas avoir. Il s’était contenté de lui lancer un demi-sourire lorsqu’elle était entrée. Il aimait ses entrées fracassantes, son débit de parole incessant, son imprévisibilité et ses coups de sang. Il fit un rond de fumée.

Elle était habillée bizarrement, allez, Davidson. Dans son costume de Mère Noël, elle l’invitait à loucher dans son décolleté avec un talent propre aux belles femmes, cette assurance vénale qu’on avait en soi-même. Il avait reniflé, avait joué trente secondes le rôle de professeur méprisant ; il n’avait pas tenu plus longtemps : elle s’était penchée en avant pour rattraper son joint qui s’était échoué au sol alors qu’elle virevoltait sur elle-même avec son énergie habituelle, mélange subtil quoi qu’enivrant d’énergie atomique et de bombe nucléaire. Lorsqu’elle s’était pointée avec son déguisement étrange, il réfléchissait très franchement à la façon dont un prof célibataire et coincé dans son bureau était censé fêter le réveillon. Il aurait pu, évidemment, aller faire trainer ses yeux dans les seins de Madame ou dans ceux de Freyja, distribuer des bombes lacrymogènes empaquetées à toutes ces filles trop jolies, ces séductrices trop jeunes en robes trop courtes ou regarder les PHY faire la fête en buvant trop, se droguant trop, écoutant trop fort une musique trop récente. Au lieu de quoi, il était resté dans son bureau et c’était Noël dans son habit cubain qui était venu rouler des hanches sous son nez.

Richard n’était pas homme à refuser ce genre de spectacle. Il avait servi un verre à la jeune femme, avait regardé ses doigts peinturlurés — rouges et blancs — s’en saisir, avait trinqué, avait ri, souri à s’en crever les joues. Il était comme ça, Richard : heureux. Connement, bêtement, c’était pas le prof méchant, pas le vieux con, plus le vieux cool. Du haut de sa quarantaine, les cheveux trop bleus pour être net, il distribuait des sourires comme d’autres distribuent des sales notes. Il mettait en confiance, on l’aimait bien, on l’appréciait.

Au final, pourtant, ça ne changeait rien. C’était Noël et il était seul.
Enfin avant.

Elle avait joué les tornades et il avait su pourquoi les tempêtes portaient des noms de femme. Affublée de sa tenue trop courte, elle débitait un chant de noël à la vitesse d’un rap et s’il avait bu un verre de plus peut-être aurait-il eu mal à la tête. Heureusement pour lui, il n’en était pas au verre de trop et il tenait de toute façon bien l’alcool, pas un petit joueur, Strummer, eh.

À minuit, ils avaient trinqué pour la quinzième fois.
Elle riait bêtement.
Il aimait ça.

À une heure, allez, une vingtième fois.

Elle avait fini par s’endormir en ronflant sur son bureau, le bide à l’air et l’air connement contente. Il l’avait trouvé belle. Il avait relevé d’un geste hasardeux l’aiguille de son tourne-disque, avait mis les Ramones. Il avait fredonné un instant en regardant la Mère Noël bourrée affalée sur les copies qu’il aurait du corriger.

Il avait souri de plus belle.
Harley avait beau nier, Richard Strummer n’en démordrait pas : le Père Noël n’existait pas.
Ça ne rendait pas Noël moins sympathique.

Loin de là.

De Gun à Chupp


un noël très banal à aisling.
Jasmin était très embêté.

L'an passé, il avait tiré Sully. Il lui avait été relativement simple et instinctif de lui trouver un bon cadeau. Il lui avait même fallu trier l'océan d'idées qui le submergeait tant il avait de cadeaux à lui offrir ; mais il savait que le plus humble des sucres d'orge aurait fait sauter de joie son cadet. L'important dans les cadeaux était de faire plaisir, certes, mais aussi le bonheur d'offrir.

Cette année-ci, on ne pouvait pas vraiment dire qu'il était content de devoir offrir quelque chose à quelqu'un qu'il ne connaissait pas, premièrement, et à quelqu'un qui ne méritait pas de recevoir quoi que ce soit, surtout. Jasmin n'avait rien du père Fouettard, mais il y avait des limites. Il aurait pu tomber pire. Ludvik, par exemple : il plaignait la personne qui devait lui acheter un cadeau de Noël, elle devrait investir dans le marché de la magie noire ou d'organes humains en vente. Vegas, aussi, elle n'avait pas une bonne réputation. Hazel, sinon, ce ne devait pas être facile de trouver quelque chose pour une diva pareille.
Finalement, ce n'était pas si horrible que cela. Cependant, il emballa son cadeau avec beaucoup de réticence, se demandant encore si Wolle était capable de recevoir un cadeau sans l'assommer de rage. Il avait un peu peur pour sa vie : à Aisling, rien ne se passe normalement.

Tout le monde s'était échangé les cadeaux pendant le dîner. Il eut beau longer les tables de psychiques plusieurs fois, il ne la voyait pas. Il pensa que c'était bizarre et qu'il fallait mener une enquête. Jasmin mit plus discret de ses nœuds papillon et un bonnet noir sur sa tête - dans les films, ils font toujours comme ça pour faire des filatures ou braquer des banques. Il espérait qu'il ne croiserait pas McAllistair, ç'aurait été idiot qu'il soit collé pour tentative de hold-up scolaire. Jasmin avait demandé à Sully auparavant par où commencer son enquête : il lui répondit qu'elle comptait passer sa soirée dans l'aquarium souterrain. Jasmin sortit du bâtiment principal pour rejoindre les laboratoires à l'autre bout du campus ; il eut d'ailleurs du mal à imposer son gabarit de malabar dans la foule d'élèves qui allaient gaiment en sens inverse. Le chemin ensuite était désert, même si les physiques, pensant que la période de Noël était propice à l'aventure, avaient lâché l'intégralité du bestiaire de leur jungle dans le parc de l'école. Jasmin dut quasiment se battre contre un gryffon en furie et protéger son cadeau contre un paon mutant visiblement affamé, sans parler de Berlioz qui lui causa une crise cardiaque, ou Morrigan avec un bonnet rouge, ou encore le père Noël qu'on avait réussi à convaincre de passer à l'école tenir un discours aux élèves et montrer la success story que l'on pouvait suivre en tant que Détenteur. Jasmin pensait plutôt qu'on avait esclavagisé ce brave homme et lui indiqua le chemin jusqu'au dortoir des plus jeunes en essayant d'ignorer son haleine imbibée de vodka.

On ne sait pas trop qui avait eu l'idée d'organiser le Noël secret des psychiques. D'où venait le cliché comme quoi les verts étaient froids et peu solidaires ? L'aquarium souterrain était gaiement décoré avec des guirlandes volantes et certains des livres disposés çà et là entonnaient leurs chants de Noël avec des voix joyeuses. Un exemplaire des contes d'Andersen lui cria un tonitruant « Passe de bonnes fêtes ! » Il avait participé, lui aussi, à la décoration des grands sapins qu'on avait amené là. La bibliothèque secrète des psychiques avait une ambiance toute autre le mois de décembre. Des angelots en meringue accrochés dans les rayons sifflaient et proposaient leur aide aux élèves qui n'arrivaient pas à trouver leur livre. A part ces braves gardiens sucrés, personne en vue. Une lumière jaune crémeuse déversait une odeur de chocolat et une aura chaude dans le lieu habituellement éclairé d'un bleu froid. Quand il se dirigea vers le kiosque des bibliothécaires, il sentit un parfum de pain d'épice. Des bols d'oranges confites et de chocolats emballés étaient offerts aux studieux visiteurs tardifs. Il n'y avait aucun bibliothécaire. Il fut plutôt soulagé – ça l'aurait embêté aussi de devoir demander à madame Nageel quoi que ce soit.

Il n'entendait personne à part les cantiques des grimoires et les fredonnements des biscuits tièdes. Il avait beau chercher des poufs de détente jusqu'à la littérature brésilienne, aucun psychique n'était présent au repaire à part lui. Ils étaient tous au réfectoire, et toujours aucune trace de sa cible.
Il demanda à un chérubin suspendu dans le rayon des magazines philosophiques : il avait une petite voix sucrée et une toge si rose qu'elle donnait des caries rien qu'à la regarder.
« Tu cherches le dernier exemplaire de Tangente Magazine ? »
« Non, mais est-ce que tu as vu quelqu'un ici ? »
« Oui mon petit monsieur. »
« Où est-elle ? »
« Qui ça, elle ? »
L'angelot avait une voix plutôt criarde, des cheveux en fils de fraise et des chaussures en tagada.
« La personne que je cherche. »
« Ah mais je n'ai vu personne en dehors de vous. » Il joua une note sur sa harpe de nougat.
Cet ange commençait à lui taper sur les nerfs. Un peu.
« Tu n'as pas vu une fille, petite, brune, avec un club de golf ? »
« Vous voulez dire qu'elle avait avec elle un groupe de gens qui jouent au golf ? »
Ces petits machins en sucre ne servaient qu'à chanter Jingle Bells et voleter jusqu'aux bouquins demandés. Jasmin comprit pourquoi on ne les gardait pas.
« Tu n'as vu personne ? »
« Si. »
Le chérubin pointa son petit doigt vers la vitre de l'aquarium et Jasmin regarda dans sa direction.
Il ne vit que son reflet, et celui du petit bonhomme rondelet en marshmallow.
Il était vraiment stupide.
« On laisse tomber. »
Il s'assit par terre. Comme il ne sut pas quoi faire, il posa le paquet cadeau à côté de lui et commença à lire le début de Hamlet.
Il était arrivé au monologue d'Ophélie quand il entendit des pas. Cela devait être elle, se dit-il. Il se retourna quatre fois et ne vit personne. Il regarda en haut : l'ange s'était endormi. Les pas n'avaient pas cessé. On aurait dit des talons hauts, ça ne pouvait pas être elle. C'était peut-être Reeta qui avait oublié son boa rouge. Les pas continuaient toujours et ne s'approchaient pas. Ils était séparés par des intervalles de silence inquiétants et provenaient toujours du même endroit.
Il regarda l'aquarium et son cœur manqua un battement.
À la place de son reflet se détachait une silhouette noire dans le fond vert de l'eau. Tous les poissons avaient disparu : la silhouette tapait de son poing contre la paroi vitrée avec une régularité effrayante.
En se rapprochant, il vit que c'était quelqu'un en combinaison de plongée et que cette personne avait l'air de vouloir rentrer à tout prix. Il fut pris de panique : peut-être que la personne manquait d'oxygène. Ou alors c'était un cambrioleur. Il fut partagé entre l'envie de l'aider, la peur, et l'incapacité de faire quoi que ce soit, parce qu'il ne pouvait actuellement pas faire grand chose.
Puis il comprit que Sully avait voulu dire que Wolle était dans l'aquarium et que le chérubin avait effectivement vu quelqu'un derrière la vitre. Wolle avait visiblement besoin d'aide - elle frappait maintenant du poing. Il ne se demanda même pas ce qu'elle faisait là : il ne vaut mieux pas se poser trop de questions en général dans cette école tout court.
« Je monte à la surface t'aider ! »
Et alors que Jasmin tournait le dos pour s'apprêter à courir, il entendit un bruit de craquements puis l'immense flot d'eau qui se déversait dans l'aquarium. Il sentit aussi qu'une immense éponge vivante se collait contre sa tête et que son paquet cadeau dérivait au loin.

Il n'y eut plus rien, puis le bureau de monsieur McAllistair.
On avait quasiment l'habitude de catastrophes aux quatre coins de l'école : il avait suffi moins d'une heure à réparer la vitre, vider la bibliothèque de l'océan qui s'y était formé et rassurer les recueils de cantiques qui en gardaient encore une voix mouillée. Ce n'était pas la première fois que l'on cassait la vitre de ce satané aquarium, entendait-il.
On les engueula longtemps, comme c'était la coutume, et puis on les laissa filer parce que c'était Noël.

« Ça va aller ? »
Ce n'était pas la première question qui lui était venu en tête, mais elle avait l'air fâché.
« Je voulais écrire sur la vitre, en gros : JOYEUX NOËL. »
Elle semblait vraiment fâchée.
« Je voulais que les psychiques aient la meilleure décoration. »
Il ne sut pas quoi dire. Il repensa à quelqu'un dans la couloir qui disait qu'il n'avait jamais vu le château des élémentaires aussi beau avec ses lutins en smoking importés de Laponie et les rennes gardant l'éntrée.
Il pensa qu'elle aurait pu l'écrire de l'intérieur, mais elle se serait probablement encore plus fâchée. Il valait mieux ne pas contredire les gens comme ça.
« Mince ! »
Elle le regarda.
« Ton cadeau, il est resté à l'aquarium. »
Elle ne parut pas comprendre, puis elle eut une illumination.
« Le cactus emballé, c'était pour moi ! »
Elle tendit ses bras.
Elle tenait une espèce d'algue enveloppée d'aluminium.
« Ce sera le plus beau cactus de ma collection. »
De l'eau tombait encore du papier cadeau.
« Merci beaucoup Jasmin. »
Elle prononçait mal son prénom : elle disait Yasmine.
Il sourit enfin et essora son noeud papillon. Non seulement il était content que son cadeau lui plaise, mais il lui sembla alors aussi qu'elle le méritait amplement.
Lui aussi, au fond, il voulait que les psychiques aient la meilleure décoration de Noël.
« On peut aller manger ce repas ? »
« Oui ! Je vais pouvoir moi aussi donner mon cadeau. »
Elle sortit une sorte de pigeon mort de son sac, et Jasmin se dit qu'il fallait vraiment avoir énormément de compréhension et de patience pour pouvoir profiter de Noël à Aisling, ne serait-ce qu'un peu. Et il plaignit aussi beaucoup la personne qu'elle avait tirée au sort.


bonus:
 

De Chupp à Alice





BETHSABEE
joyeux noël, bonnes fêtes et pleins de bonnes choses ♥


c pождеством xристовом


Décembre. Il y avait le froid. Il y avait l’hiver et il y avait la neige. Noël, les cadeaux, la dinde et ses marrons. Et puis il y avait toi, jolie Bethsabée. Un hiver, dans le froid russe. Malgré ton petit bonnet de laine enfoncé jusqu’à tes oreilles, les flocons blancs tombaient sur tes mèches blondes qui en sortaient. Peut être aussi désireuses que toi de découvrir le monde extérieur. Tu avais cette envie de connaitre, cette envie de tout savoir. Tu aimais Noël et sa magie. Tes grands yeux émerveillés comme ceux de tous les enfants de ton âge par cette merveilleuse saison et ses couleurs chaleureuses, ne cessaient cependant pas de se demander. Comment les guirlandes clignotent-elles ? Pourquoi tous ces sapins tiennent-ils si longtemps coupé, sans leurs racines, sans leur terre natale ? De quelle couleur serait la chaussette que tu allais accrocher au coin de la cheminée ? Laquelle a-t-elle le plus de chance de se trouver remplie de cadeaux et de sucreries le lendemain matin ? Tu aimais cette période. Tu l’aimes toujours. Mais les choses ont changé. Tout ne tourne plus de la même façon. Ta curiosité insatiable a bien finit par en trouver la raison. Sans vraiment chercher à vrai dire.

La raison était évidente.

Maintenant, il n’y a plus de Russie à Noël. Ni de sucreries. Ni même la belle neige blanche qui recouvre tout, routes comme chemins. Non, non, il n’y plus que toi, Bethsabée. L’Irlande, Aisling, ton diabète et cette pluie imitant faiblement les beaux flocons que tu as pu voir dans ton enfance.

Tu attends seule sur ton banc, tes yeux rivés vers le ciel. Ils y ont perdu cette petite étincelle de magie, il ne reste plus que la curiosité, toujours présente. Toujours, toujours tu te demandes. Tu te poses ces questions inlassablement. Tu en cherches les réponses. Tu les trouve souvent, tu t’y perds quelques fois. C’est une avalanche, une tempête de neige. Tu pourrais y perdre tous tes repères. La toundra hivernale, la vraie. Celle que tu as connue, celle qui t’évoques ta terre natale. Tu souris. Tes mains emmitouflées dans de grosses moufles bien chaudes ne craignent pas ce pâle froid. D’un bond tu décides de te lever et d’avancer au hasard dans la cour de l’école. Sans but, tu flânes, tu recherches une raison à cet instant d’égarement.

Et tu finis par la trouver, comme une évidence.

Comme si ça t’attendait là. Tu ne sais plus penser, tu oublies soudain toutes questions. Tu sais ce que tu dois faire. Ce que tu as envie. Tu saisis les patins posés à l’entrée de la barrière en vieux bois givré par le froid, les enfiles comme par réflexe et t’élances sur ce petit bassin gelé, aménagé pour l’occasion en patinoire improvisée. Tu tournes et t’envoles, sentant le vent glacial te fouetter les joues à chaque élan de vitesse que tu oses prendre. Tu glisses comme si tu étais née sur la glace. Tu n’as même pas envie de penser à ta sœur et ses talents provoquant de patineuse. C’est l’instant. Il ne s’agit que de toi. De ces quelques flocons aguicheurs et du son de l’hiver.

Et tu te réveilles. Allongée dans la neige qui a fini par tout recouvrir autour de toi. Tu n’y as d’ailleurs pas échappé. Tu te relèves, secoues tes cheveux d’un coup de tête, époussettes la couche de neige qui est tombée sur tes vêtements. Il fait désormais nuit. Le ciel est noir, étincelant de ses milliers d’étoiles. Au loin tu entends des chants de Noël provenant du bâtiment central, la chorale probablement. Si tu t’en rapprochais un peu tu sentirais probablement la douce odeur du repas de Noël, surement le seul de l’année préparé avec soin. Et tu regardes en face de toi, ce petit étang de glace, ses barrières l’entourant décorées de guirlandes lumineuses multicolores qui clignotent faiblement, doucement, comme pour ne pas perturber le calme doux qui règne dans cet endroit.

Et soudain, tu la retrouves.
La magie de Noël.



Spoiler:
 


D'Alice à Bane


SANTA CLAUS IS COMING TO TOWN MOTHERFUCKERS


    Une fumée grise s'échappait des cheminées ; une fumée naturelle, sans produits chimiques, une fumée vaporeuse qui ne ferait aucun trou dans la couche d'ozone et se contentait de tourbillonner, d'entourer la lune de cette brume mystérieuse qui la rendait si belle aux yeux des mortelles. Loin des effluves toxiques des cigarettes, de l'horreur des pots d'échappement qui montaient au nez des automobilistes immobilisés par milliers sur des routes ternes de goudrons, l'usine délivrait des nuages de fumées qui paraissaient biens anodines parmi cette débauche d'extraordinaire.
    Car il n'y avait pas d'yeux pour observer le ciel dans cette fabrique agitée d'est en ouest, du sous-sol au toit, il n'y avait pas de mains libre pour pointer la lune du doigt et dire que ceci était l'astre qui permettait au Père Noël de se réorienter lorsqu'il amorçait sa tournée. Et cela n'était pas pour dire que les travailleurs étaient malheureux de confectionner tout ces jouets - seulement, cette agitation était devenue une routine pour les lutins, les rennes, et même pour les machines pensantes qui sortaient ces jouets fragiles, périssables, dont le destin était d'émerveiller une seconde, et d'être oubliés pour le reste d'une vie. Noël se répétait ; on disait que les traditions se perdaient là-bas, dans les villes des humains, que personne ne savait plus ce qu'était une famille, ou plutôt pourquoi les familles étaient. Les ancêtres de cette Terre s'étonnaient de voir disparaitre les différences, les costumes bariolés, les repas locaux - tout le monde avait fini par s'accorder sur la meilleure façon de fête Noël et cela était fort, fort triste.
    Est-ce qu'ils s'étaient demandés, au juste, pourquoi ils se ruaient dans ces supermarchés - pourquoi ils achetaient, adhéraient à ce concept de cadeaux? Est-ce qu'ils se seraient arrêté au milieu de ces rues illuminées à grand frais pour se dire, tiens, mince, merde, quel est le but?
    Noël était une vieille fête qu'on avait rélegué en maison de retraite pour ne plus l'entendre déballer ses histoires, pour ne pas supporter son constant radotage - soyez gentil et aimez vous. Et on l'avait remplacé par une version édulcorée et pourtant si rouge, si clinquante, clignotante, pour que les cerveaux lessivés par cette alternances de petites lumières ne bafouent pas la "tradition".
    - Tu sais que le père Noël reçoit de la visite, ce soir? demanda un lutin à un de ses nombreux jumeaux, en finissant d'emballer un action man flambant neuf - il avait cessé de trouver les désirs des enfants de bizarres.
    - Non... C'est encore une petite fille, je parie, répondit-il laconiquement.
    La perversion du Père Noël était un sujet de plaisanterie parfaitement acceptable, parfois sa femme elle-même lançait les rumeurs. Ils avaient adopté l'échangisme et les pratiques innovantes au fur et à mesure que les humains les avaient inventés. Après tout, cette joyeuse bande de profiteurs leurs étaient redevables pour le temps qu'ils passaient à les gater. On avait pris l'habitude d'utiliser le traineau et les rennes pour kidnapper deux ou trois jeunes ou très jeunes femmes dans l'année.
    C'est dur, d'être Père Noël, et les étendues blanches du Pole Nord n'aident pas.
    - Pas du tout ! Il a reçu une lettre un peu particulière y'a pas longtemps.
    - Il passe sa vie à recevoir des lettres un peu particulières et a les prendre au sérieux - c'est un peu son job tu sais.
    Les écoles de détenteurs de don étaient si spéciales qu'on leur dédiait un service entier ou des ninjas protégés par des gilets pare-balles maitrisaient les missives/missiles (la différence était pour le moins ténue) avant de les lire et de les classer dans trois piles : réalisables, dangereux, et sains d'esprit. Et la colonne des sains d'esprits faisait pale figures face aux tours jumelles que représentaient les deux autres.
    Une fois, un petit malin avait cru "rigolo" de s'envoyer sous forme de sable par la poste et de faire sa danse tsam face à des ninjas remontés - le Père Noël lui avait offert de se racheter en devenant son caillou presse-papier d'honneur mais le guerrier avait refusé pour des raisons qui n'appartenaient qu'à lui et à la descendance de la lignée.
    - C'est Ludvik Haraldson qui lui a envoyé.
    - Haraldson? Le Haraldson des colis piégés? s'étonna son collègue.
    Il avait choisi les colis piégés parmi une autre longue liste de méfaits signés L. H. qui depuis une vingtaine d'année corsaient sérieusement la distribution de cadeau.
    Car malgré son air de s'en foutre, dans le magma de pétrole qui lui servait de conscience, Ludvik Haraldson avait adopté la tradition de Noël comme un moyen pratique et peu cher, bref, un investissement très rentable pour métamorphoser les espoirs naïfs de l'ensemble de la planète en cruelles déceptions. Aucun de ses condisciples ne songerait à l'accuser - il ne s'agissait pas là de remplacer, sous le sapin, la console de jeu par des menaces de mort. Il réservait ça au petit cousin qu'il avait réduit en esclavage lorsqu'il habitait encore chez ses parents.
    Petit cousin qu'il avait oublié depuis longtemps et qui continuait à se rendre fou à composer ces courriers pour les "privilégiés" qui avaient été sur la blacklist de Ludvik quand il était encore un enfant.
    La blacklist de Ludvik Haraldson, à l'heure actuelle, se résumait à l'humanité entière moins quelques nouveau "privilégiés" qui ne le restaient jamais longtemps.
    - Et qu'est-ce qu'il nous veut, Haraldson?
    - Il veut racheter la boite.


    Cette année là, la nuit de Noël, tout le monde leva les yeux aux ciels - certains de désespoir devant le grand paquet vide, grognant ou pleurant qu'ils n'osaient pas le déballer de peur de voir arriver la personnification de leurs pires cauchemars dans leurs bras, et d'autres, plus lucides et plus pessimistes peut-être, levèrent les yeux pour voir la lune exploser en mille petites morceaux - mais l'explosion ne vint pas.
    Le cauchemar de Noël ne venait que de commencer.



        - Bien dormi ?
        - Tu sais que j'ai rêvé de toi, batard.
        - Comme tout le monde, petite conne.




Alors Ludy d'une JOYEUX NOEL (MOTHERFUCKER) de deux, tu peux pas imaginer comment j'étais ravie de tomber sur toi UN PSY MECHANT, une ICONE DE LA VILENIE, et puis après je me suis souvenue.
Que tu étais trop badass pour moi.
Du coup je me suis sorti les doigts des orifices pour essayer de t'offrir quelque chose qui te fera plaisir quand même (en étant out of character n'en demande pas trop à une petite libanaise à capuche comme moi) donc taaaadaa.
avec AMOUR et EXCUSES SINCERES POUR LA QUALITE, bethsabée.



De Bane à Ireth


the streets were open and empty
no more passion play
on saint nicholas avenue


J'ai cette étrange impression de tomber chaque fois que mes deux yeux entrent en collision avec le bleu sans fond des tiens.
J'ai cet étrange tic-tac qui bangue bangue au bout de la cervelle chaque fois que je me penche sur ton reflet, dans les ondes, et que je vois le tien.
J'ai ce coup dans la poitrine chaque fois, chaque petite fois.
Tu te balances au bout d'une conscience, et tu sais le pire, Jolicoeur ? Je crois que c'est la mienne.
Et puis la tienne aussi.
Ou les deux.

    T'as la peau toute froide, Ludvik, dans un murmure, la voix d'enfant, le rideau mi-long de cheveux qui tombe devant l'azur des yeux. Il a huit ans. Et Robin neuf.

T'as la peau froide, terrible et froide.
Dans l'agitation des os, on peut sentir un cœur se battre.
Il ne pompe pas, il rugit, il se démène pour ne pas crever entre deux artères. Je dirais que c'est plus une valve qu'un organe et une chose morte plutôt que chaude.

Ludvik serre les petits doigts de fille. Cache ses joues qui rient. Lui envoie une main blanche. Effleure le front.
Ignore si du liquide coule encore dans les filins de ton corps.

    Et t'as l'air toute malade.

Tout est rompu et usé et en morceaux, et se balade au centre de toi, tout est terriblement mobile et des éons entiers de pierres grossières ont poussé à la place. T'es rude, terrible et rude.

Ton crâne c'est une lithographie. C'est comme si ton cerveau n'était pas un cerveau, mais un grand vide, et des gravures millénaires s'y meuvent ensemble, à l'encre, doucement ; un troupeau d'animaux de l'ère secondaire au fond de l'encéphale inexistant. Pas de synapses mais des hiéroglyphes et des fresques murales effrayantes de gravité.
Gravité.

Ludvik lève gravement les yeux vers le brouillard dans ceux de Robin.
Et avec un sourire égarélui attrape la main dans une pluie d'étincelles.
Devant, par-dessus, et puis au loin, une foule de gens qui errent. Leurs regards traînent sur les enfants perdus.

Comme ça, t'auras pas peur.

Ils connaissent pas toutes tes frasques. Ils savent rien ces regards. Ils lardent de millions de petites aiguilles ces regards. Il encornent comme de grands rhinocéros, et laissent retomber tout dans le silence de poussière.
Ludvik serre plus fort. Il avance sur le sentier, le chemin, le lopin de terre en lui pressant la main.
Les phalanges blêmissent et disent au sang vif de s'arrêter. Deux mèches voilées de nuit ondulent sur le visage d'enfant. Robin regarde en arrière.
Elle veut plus courir.
Veut plus parler.

    Parle-moi un peu, Robin.

Parler ? Jamais. Ouvrir la bouche, briser le mutisme, oui, pour lui dire de se taire. Et d'avancer. Ou d'attendre un peu. Sinon, le silence.
Le silence, pierre par pierre. Percluse d'angoisse elle s'est emmurée, effacée, résignée avec une discipline d'enfant ; c'est ça, la liberté, la liberté d'être une prisonnière du silence.

    Je t'emmène dans un endroit très beau.

L'éclat de voix fuse.
Il marche assurément.
Il lorgne sur tes lèvres.
Chrysalide dans la gorge.
Tes mots, ils sont comme toi. Engourdis par les affres. Alors tu les avorte, pauvres bébés, tu les suicides. Tu comprimes tout ce que tu as au bord de la bouche blanche juste avant la dernière seconde.
Implosion.

T'as plus de conscience ; c'est triste. T'es morte comme un parfum passé. Une petite fresque sans nom.
Toi, t'es délavée, t'es une aquarelle qui a gondolé la feuille. T'as les couleurs qui sèchent.
Bleu vert parme lilas. Terre de sienne terre de feu rose malheureux. Brun. Cendre. Anthracite.
Blanc cassé.

T'es une petite fille vide.
Où tu l'as foutue ton âme ? Où ils sont tes rêves ? Ils sont passés par les trous d'air au bout de ton crâne.
Robin-coquille vide.

T'as du les laisser crever sur ton sol, grisée par une ivresse de te désincarner. C'est eux, les autres, les gens, qui te remplissent. C'est eux et rien d'autre. Quand on te dit peut-être, tu frémis. Quand on te dit je sais pas, alors toi non plus. Joli paradoxe de te voir un jour la tête chez les anges et l'autre au fond du gouffre.
Abysse abysse.

Lui, il arrête de te sourire. Il arrête de te forcer. Il te ferme les yeux avec le bout des doigts que rien n'a encore voulu souiller.
Lui, il te porte dans ses bras. Si tu savais comme t'es légère. L'âme, ça pèse pas vingt et un grammes.
T'as les tympans qui cognent contre son buste et y'a son cœur, au loin dans une contrée de sang, qui bat pour deux. Hé Robin, tu l'entends ?
Derrière l'oreille qui ne sent pas, il replace une mèche de tes cheveux.

Et pourquoi t'es comme ça ? Tu sais pas. T'as jamais su. T'es déglinguée. Joli petit pantin.

    C'est le plus bel endroit du monde.

Quelque chose de trop doux dans la voix. Un déclin. Un brin de ciguë. Des piques trempées dans du réalgar qui gentiment, gentiment poinçonnent.
Ça ne change rien.
Il t'offre à nouveau ses plus beaux sourires. Et tu les revêt parce que c'est tout ce qu'il y a. Avec bien sûr les peaux des autres, tièdes, tièdes par-dessus ta chair froide. Miroir, mon beau miroir.

T'es une actrice au top Robin, la vedette tragicomique d'un théâtre qui crève. Et seule dans ta roulotte, après les ovations, après les fleurs, t'es ce petit trouvère hypocrite qui se démaquille en pleurnichant. Et comme une boule de nerfs pourris, tu fanes.

Mais lui est toujours là et il t'emmène. Et là où il t'emmène, où que ce soit, nulle part où ailleurs, au fond d'une chapelle où sur des berges glacées; qu'il neige ou pas, tu pourras ressusciter tranquille.
On appelle ça nativité.

    T'es jolie Robin.

Robin est si mignonne. Robin s'appartient pas. Robin s'est dépossédée il y a très longtemps. Robin est chancelante, Robin c'est un ponte livré aux mains des autres, Robin c'est un caprice. Robin c'est une brisée-en-deux et une semée-aux-quatre-vents, Robin elle détale, toujours, à perdre un peu haleine. Robin elle court, elle plonge, se noie, Robin est une morte au fond des eaux. Robin elle est sur le fil, funambule, et si elle tombe elle se casse toute.

Avant que bébé Jolicœur grandisse, que petit Ludvik devienne Lie, allons fêter quelque chose, quelque part, avec des mots blancs au fond du cœur et dans la main, celle, encore chaude, de l'autre.
Joyeux Noël.



D'Ireth à Wind





Up above aliens hover
Making home movies
For the folks back home
Of all of these weird creatures
Who lock up their spirits
Drill holes in themselves
And live for their secrets.



Il paraît qu'on va pas passer Noël.

Avachie sur son lit, elle jette un coup d'œil vers la fenêtre. Le ciel est noir et totalement immaculé. Pas de météorite, pas de fumée éclairée par sa source explosive et, surtout, pas de soucoupe volante. Elle se demande bien pourquoi tout le monde est sûr que le monde va s'arrêter demain. Depuis le temps qu'elle répète que les aliens vont venir d'un moment à l'autre... Enfin, elle est sûr que la plupart de ces gens ici sont de mèche avec eux. Elle ne sait pas, sinon, pourquoi ils ne se sont pas préparés à l'invasion. Elle, au moins, elle a travaillé son don. Elle a fait sa réserve de pizzas. C'est meilleur quand ça sort de la pizzeria mais elle a décidé de ne pas faire sa difficile pour cette fois, elle préfère avoir des pizzas tout juste passables – à savoir le classique jambon-fromage-champignon sorti du frigo – auquel elle rajoute le thon, le curry, le parmesan et le premier truc sucré et bon qui lui passe sous la main à défaut de savoir préparer de l'ananas – les pizzaïolos sont doués, quand même. Elle a soigneusement nettoyé ses lunettes et préparé des lingettes pour les maintenir propres, sait-on jamais qu'un alien lui crache dessus pour la rendre aveugle et l'empêcher de voir à travers ses vêtements la peau grise cachée par des tonnes d'artifices extraterrestres. Elle a pris soin de choisir un peu plus soigneusement les livres qu'elle lit pour mieux connaître ces criminels en puissance et ne pas tomber dans leur piège. Et elle a vérifié que toutes les filles de son couloir étaient bien humaines. Oui, toutes. Comme ça, elle sait qu'aucun alien n'est en avance et peut reposer son don jusqu'à minuit. Mais les aliens ont sûrement dû comprendre qu'elle était un danger pour eux, une menace sérieuse, et ils ont poussé des tas de microbes à visiter sa chambre pendant sa sieste pour qu'elle se réveille avec la plus belle coulée de morve de l'univers.

— Putain, t'as vu ce vent ?
— On dirait qu'il va y avoir un orage !
— C'est sûrement la fin du monde qui se prépare !

Mais non ! Ce sont les aliens qui vont tous vous assaillir, bandes de crétines en puissance. Et puis elle en profitera pour leur montrer qui est la plus forte ici, et elle dominera le monde avec eux. Ce sera un cool cadeau de Noël, ça. Elle sauvera quelques humains si besoin pour avoir quelques sbires. Un sourire satisfait étire ses lèvres. Elle est un peu étonnée, quand même, de ne pas être stressée par tout ça. Mais c'est tant mieux. De plus, cela lui permet de mieux apprécier la part de pizza tiédasse qu'elle vient de finir. Elle glisse une main dans le carton d'à côté pour se saisir de la dernière part. Long regard hésitant. Elle n'a plus faim... Mais ce serait tellement bête de laisser un si petit morceau... Certes, elle pourra très bien la manger demain... Mais si ce n'était pas le cas ? Et si les aliens défonçaient tout à minuit pile en se servant de l'hypothétique orage pour tout exploser en ajoutant un effet de surprise ? Et s'ils venaient voler ses pizzas ? À cette pensée, elle fourre la part jusqu'au fin fond de sa bouche pour attraper une monumentale bouchée. Elle regrette un peu son geste par la suite, peinant à la mâcher sans tirer au cœur, d'autant qu'elle doit en plus retenir un éternuement qui lui chatouille le nez. Au bout d'une longue minute, elle remporte sa victoire avec sa bouchée et termine sa déglutition... avant de cracher un mélange de postillons et de miettes mastiquées dans un bruyant éternuement. Attrapant une des serviettes en papier données avec la pizza, elle s'essuie le visage et se mouche un bon coup avant de se jeter sur ce qu'il reste de sa part. Ce n'est pas graaaave si elle n'a plus faim, cette part-là lui appartient, elle est à elle et à personne d'autre, et elle doit la finir ce soir sinon les aliens viendront sûrement la voler, et elle sera dégoûté de ne pas l'avoir terminée, elle s'en voudra toute sa vie, surtout si les aliens tuent tout le monde car personne ne pourra la réconforter en lui faisant des câlins, et... et elle finit sa pizza. Par flemme de lever son popotin, elle jette la boîte vers la corbeille à papier plein de boulettes et de d'emballages en carton. Évidemment, la boîte rebondit misérablement sur un des bords avant de se jeter sur le bureau en contournant habilement la chaise pour aller se cacher dans l'ombre, bien au fond vers le mur. Râlant, Skyler fait l'effort de descendre de son lit, de pousser cette chaise gênante et de plonger sous le bureau à quatre pattes pour aller chercher cette boîte idiote qui a refusé d'aller se nicher confortablement sur le papier qui culmine la surface de la corbeille. En reculant, elle cogne bien sûr la tête sur le bureau, ce qui lui tire des jurons. Depuis quand un bureau se doit d'être aussi violent, hein ? Elle a certes déjà connu des accidents semblables, mais ce soir le bois est particulièrement agressif avec son crâne. Sûrement un coup des aliens. Si bien que lorsqu'elle ressort enfin de sous le bureau, ses cheveux sont en bataille – disons plus qu'à l'accoutumée – et le rouge lui monte aux joues et picote ses yeux et la morve qui s'échappe de son nez macule ses lèvres de façon absolument adorable. N'allez pas croire n'importe quoi, elle a juste jeté un carton d'emballage de pizza à la poubelle. Après s'être essayé de nouveau le visage, elle se brosse rapidement les dents avant de retourner s'enterrer sous son tas de draps et de couettes. Lumière éteinte, air bougon, elle se promet qu'elle ne bougera plus d'ici jusqu'à demain matin. Sales aliens.

****


Elle n'a même pas le temps de réaliser qu'elle s'est endormie en cinq minutes qu'un coup violent contre la porte de sa chambre la réveille en sursaut. Balançant précipitamment sa main vers sa table de chevet, elle attrape ses lunettes et les enfile sur son nez qui dépasse à peine de sous la couette. Un regard vers le radio-réveil lui indique qu'il est, comme par hasard, minuit et une minute. Un deuxième coup tout aussi brutal contre le battant l'incite à allumer la lampe de chevet.
— FICHE-MOI LE CAMP ! ATTENTION, JE SUIS ARMÉE ! crie-t-elle en sortant de sous son oreiller l'arme ultime anti-aliens.
Brandissant le canon vers la porte, elle presse la détente pour provoquer le son électronique de la décharge laser invisible qui traverse la pièce. Même avec ses lunettes, elle ne la voit pas, mais ce n'est pas grave. Elle voit les lumières qui s'allument tout autant que son arme, notamment à l'extrémité du canon, et le son du coup est bien assez fort pour réveiller les filles des chambres adjacentes si les tambourinements ne s'en sont pas déjà chargés. Silence – y a pas d'orage ni de météorite dehors. Il est mort ? Elle ne sait pas si le laser peut passer à travers les surfaces... Elle hésite longuement, la respiration haletante, tenant son arme d'un geste tremblant légèrement. Elle n'a pas le choix, elle doit vérifier... Alors elle saute de son lit, avance d'un pas hâtif vers la porte et l'ouvre à la volée en brandissant de nouveau son arme. À droite, rien. À gauche, rien. En face, juste la porte de la voisine. Elle recule lentement, prête à refermer le battant, quand elle remarque un avion en papier sur le sol. Elle le ramasse et le déplie pour lire... DE L'ALIEN ! Oui, c'est de l'alien, c'est sûr, ils sont là ! Elle reconnaîtrait les lignes entre mille ! Bon, elle ne sait pas les déchiffrer, mais elle est sûre qu'il y a écrit quelque chose du genre « Prenez garde ! On arrive ! ».
Une lueur au coin de son champ de vision lui fait tourner la tête vers l'extrémité du couloir. Elle y aperçoit alors un ombre difforme qu'elle associe aussitôt. Elle est pieds nus, en chemise de nuit, mais elle s'en fiche. Au pas de course, elle se précipite jusqu'au bout et, d'un souple mouvement de cheville, prend le virage en pleine vitesse tandis qu'elle brandit de nouveau son arme en pressant la détente. Merde, il s'est engagé dans l'escalier ! Elle le pourchasse alors, courant à toute vitesse jusqu'au rez-de-chaussée, avant de... avant de s'arrêter souffler un peu. Pfiou, toute cette course l'a épuisée, elle retournerait bien au lit, là. Et ses pizzas qu'elle a laissées sans surveillance... Ah mais... SES PIZZAS ! Comprenant le piège, elle fait demi-tour et remonte quatre à quatre les marches en soufflant comme un buffle et reniflant sa morve le plus loin possible dans ses cavités nasales pour ne pas en être gênée. Arrivée à son étage, elle vérifie d'abord qu'il n'y a personne... Non, il fait noir et parfaitement noir. À tâtons, le pas anxieux, elle s'engage dans le couloir, l'armée pointée en avant. Elle halète encore, mélange de fatigue et d'angoisse. Au bout d'une vingtaine de pas et d'une demi-dizaine de reniflements tout en manières, elle s'arrête à cinquante centimètres du chambranle de la porte. Allez. On respire. Y a un interrupteur juste à l'entrée, elle n'aura qu'à l'actionner... Mais ça pue l'alien ! Et elle en entend un manipuler du carton, il est sûrement en train d'ouvrir une boîte, là. Elle avance toooouuuut doucement et glisse silencieusement une main sur le côté intérieur du mur. Elle rencontre le plastique un peu froid de l'interrupteur. À trois. Un....Deux... Trois !
— Touchez pas mes pizzaaaAAAAAARGH !

****


Tout juste remise de ce mauvais rhume, elle remonte son écharpe sur le nez en s'enfonçant dans la neige molle. Objectif : ne pas se casser la figure. Les aliens seraient trop contents. La neige molle et épaisse glisse moins que la dure dont la surface est déjà finement verglacée. La boîte est chaude sous son bras, promesse d'une délicieuse pizza pour Noël. Les autres élèves sont trop occupés à se demander entre eux ce qu'ils ont eu comme cadeau, et s'ils ont bien apprécié leurs petits présents, et blablabla. Skyler, elle, a eu une nouvelle arme anti-alien plus puissante et plus efficace que la précédente. Alors qu'elle passe l'entrée du couloir d'un regard touche-moi-pas-où-je-te-bouffe-tout-cru témoignant de sa mauvaise nuit à entendre les voisines fêter le réveillon aussi bruyamment qu'il se doit, quelqu'un lui tapote l'épaule par derrière. Elle se retourne subitement avant de baisser les yeux vers une naine avec un pansement sur son œil. Aaaaah, mais c'est LA naine ! D'un regard hautement méprisant, elle lui demande sèchement ce qu'elle lui veut. Celle-ci lui tend encore un papier glacé format A5. Une photo où l'on voit une Skyler prise sans doute de la plus grande trouille de sa vie.
— Les aliens ont décidé d'attendre 2013. Méfie-toi, hein ? Surtout des vendredi 13.
La naine semble sérieuse. C'est une humaine à coup sûr – Skyler a vérifié quand... bref, cette nuit-là – mais elle se demande si elle n'est pas de mèche avec eux.
— N'importe quoi !
Mais elle fera attention. Il vaut mieux. Surtout les vendredi 13. À tous les coups, les mayas se sont gourés mais ont raison les mecs qui disent que le vendredi 13 porte malheur. Ils ont dû deviner que les aliens choisiraient un vendredi 13 pour sortir de l'ombre et envahir la planète. Oui, sûrement.
— Envoie-moi une carte postale quand tu seras dans ta cellule capitonnée, ok ?
Haussement de sourcil. De quoi ? Mais la naine est déjà partie, le visage sombre mais ce petit sourire en coin. Et Skyler reste plantée là, au pied de l'escalier, une pizza sous un bras et une photo dans l'autre main.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:14

De Wind à Vicky Venin


C'est un bien étrange paquet que trouve Victoria au pied de son lit, le 23 décembre au matin.

Étrange d'abord par sa date d'arrivée. N'est-ce pas le matin du 25 - au pire, le soir de 24 - que sont censés être déposés les cadeaux de Noël ? Étrange également par son contenu, se rend-elle compte une fois la petite boîte ouverte. A l'intérieur, une jolie somme d'argent, accompagnée d'une simple lettre, sans nom et sans signe distinctif particulier. Ces simples mots.



Le père Noël est parti. Besoin d'un remplaçant.


Il lui suffit de quelques secondes pour comprendre de quoi il s'agit. Elle s'en souvient bien, de ces quelques étudiants qui projetaient de monter un spectacle miniature à l'intention des élèves plus jeunes. Oh, rien de bien compliqué. Juste une sorte de pièce de théâtre organisée par quelques volontaires dont l'intérêt lui échappe un peu. Qui croit au père Noël de toute façon, même parmi les première année ? Ceux là ont déjà douze ans...

Ainsi donc, un des acteurs leur a fait défaut la veille de la représentation. Le temps manque. Pas étonnant qu'on fasse appel à elle. Elle n'a pas pour habitude d'accepter les requêtes anonymes. Mais le paiement est bon, le boulot plutôt simple. Nox se prépare prestement, et se met immédiatement au travail.

Elle arpente les couloirs lentement, d'un pas assuré, tel le prédateur cherchant la proie idéale. Son regard passe sur les uns et les autres, coule sur certains, s'attarde sur d'autres. Les lieux restent bien peuplés, malgré les quelques étudiants rentrés chez eux pour les fêtes. Cependant, aucun de ceux qu'elle croise ne correspondent à ce dont elle a besoin, elle le sent. Il y a les acteurs lamentables, ceux dont la mémoire fait défaut, et ceux à qui la tâche ne convient tout simplement pas. Mais l'heure tourne, et il lui faut trouver un candidat en vitesse.

Vient le coucher du soleil, et Nox doit bien admettre qu'elle n'a toujours personne. Que faire ? Renvoyer l'argent et refuser le contrat, une première pour elle ? Non, bien sûr que non. Le coup porté à sa fierté serait bien trop grand, et la somme est trop belle pour ne pas être gardée. Et puis, elle ne saurait pas où le réexpédier. Non, il lui faut trouver autre chose.

Mais bien sûr. Elle aurait dû y penser avant.

La voilà qui retourne à sa chambre en vitesse et fouille précipitamment dans ses affaires, pour en ressortir une tenue bien particulière. Les informations transmises par son don sont claires, sans erreur possible. Nox enfile tunique rouge, bonnet et barbe postiche. L'effet est étrange, se dit elle devant son miroir, mais c'est pour la bonne cause. Et surtout parce qu'on la paie.

Cette année, c'est le père Noxël qui offrira les cadeaux.
Okay, Wind here ! Déjà ben joyeux Noël, autant commencer par le commencement ha ha ha. En fait, j'avais prévu cette partie pour dire des trucs, mais je me rends compte que j'ai oublié les trois quarts de ce que je voulais dire ! Alors improvisons.

Hum déjà je suis désolée si c'est un brin OOC (ça l'est probablement ? j'imagine que ca l'est forcément si le perso est pas à soi hm), c'est pas le genre de perso dont j'ai vraiment l'habitude et. pourtant c'est celle des trois avec laquelle je galérais le moins je te laisse imaginer le reste mdr (bien que j'aime beaucoup les trois, hein, j'ai juste un mal de chien à les jouer visiblement xD). Et ça s'est d'ailleurs révélé étonnamment fun en fait ! Et le dessin qui sert de fond l'a été tout autant (d'ailleurs si la version géante de la chose t'intéresse, je peux t'envoyer ça aussi !)(1400*1400px euh oui c'est géant.)

Et euh voilà je vais me répéter mais joyeux Noël, paix et amour sur toi et ton chien et ton chat et tout ça ! Et euh voilà j'aime ce que tu fais j'aime tes persos et. je sais plus j'avais d'autres trucs à dire mais en fait je m'en souviens toujours pas, alors. Bonne journée ou soirée, j'imagine ? C:


De Vicky Venin à Isklive


L'Etrange Noël du petit Seth

Il se demande presque comment il a atterri là. Il se souvient avoir eu envie de prendre l'air, de se balader un peu. Et avant qu'il réalise, il était déjà au beau milieu d'une rue bondée par les grands retardataires de cette célébration miteuse.

Ça lui parle pas trop, au fond, ces choses-là. Les joujoux par milliers, l'arbuste piquant façon crève-œil, le barbu bravant le conduit du foyer en pyjama rouge... les niaiseries multicolores, ça et là... Et le plus irritant demeure qu'ils ont tous plus au moins conscience que la seule réelle raison d'être de tout ce tintouin est purement commerciale. Pourtant, ralentissant ce pas véloce dont le but premier tendait à l'éloigner au plus vite de tout ce cirque, une vitrine attire finalement son attention... Une ribambelle de petits squelettes, de toutes les formes, de toutes les tailles... ornés de rouge, garnis de fourrure. Pourquoi pas. Ça lui parle déjà davantage. Mais alors qu'un léger sourire découvre une de ses canines finement taillées, un petit garçon non loin l'interpelle.

▬ C'est Jack ! Maman regarde, c'est Jack !

Oh. Jack, manifestement, c'est le petit squelette dans la vitrine. Ah... Oui, il y a comme une vague ressemblance du coup. Sauf que le petit braille à pleins poumons, faisant retourner la foule qui emplie la rue commerçante. Il pointe vers lui un petit index tout agité, émerveillé par sa trouvaille -car après tout, si Jack existe, ça le conforte dans une panoplie d'autres mythes discutables comme le lapin de Pâques ou la petite souris. D'autres enfants commencent à se retourner, et là, le grand débat s'amorce... ''Mais oui, c'est Jack !'' , ''… Jack ne ressemble pas à ça !'' , ''Jack fait peur en vrai...'' , ''Papa, tu crois que c'est le vrai Jack ?''. Si on lui avait dit un jour qu'il deviendrait l'idole des enfants... Au moins, les fabricants de jouets remontaient légèrement dans son estime. Finalement, la mère se décide à réagir, un peu tard malgré tout.

▬ Calme toi, on ne montre pas le monsieur du doigt !

Ouais, sage conseil, on ne montre pas le monsieur du doigt. Enfin, cet avertissement aurait gagné en utilité à être prononcé quelques minutes plus tôt. Mais faudrait pas trop en demander. Reprenant contenance -c'est que ça donne un coup au cœur de devenir la célébrité des moins de douze ans- « Jack » regagne son chemin, sa longue veste de cuir claquant derrière lui, manquant même de claquer l'enfant au passage. Il avait déjà tout l'air du loup dans la bergerie, faire une halte au nez et à la barbe d'un berger, c'était pas la chose la plus intelligente qui lui avait traversé l'esprit en cette sainte journée. Décolérant progressivement, sa démarche habituelle le conduit bien vite en marge des commerces de saison, dans les ruelles vides de monde, et même vidées de toute leur substance par le capharnaüm de joyeusetés qui s'exprimait non loin.
Il n'aimait définitivement pas ça. Il n'aimait pas cette manière qu'on avait de tout magnifier dans le regard de ces enfants, pour un jour devoir leur lister la foultitude de mensonges dont on a bourré leurs petits crânes avides tant d'années durant. C'était d'une malhonnêteté totale. Ce n'est pas pas parce qu'on évitait de leur parler de mort, de sang, de souffrance, qu'il fallait remplacer le tout par une guimauve bien épaisse. Il ne voulait pas de ça pour son petit Seth. Il protègerait peut-être son innocence mais n'entretiendrait pas sa naïveté pour autant. « Un jour tu seras un homme, mon fils. Et tu seras pas plus cruel parce qu'on t'aura pas fait croire qu'un rat cleptomane chopait tes dents sous ton oreiller. »

Malgré tout, quelque chose le taraude. Il a déjà décidé de pas jouer le jeu de ces festivités commerciales religieusement justifiées. Néanmoins, il sait très bien que cette famille-là fêtera noël. Il sait très bien qu'entre minuit de ce jour et midi du prochain, des milliers d'enfants à travers le monde recevront de leurs parents aimants divers présents, témoins de leur affection. Ça n'a rien à voir avec un jour dit, ou même une religion. Personne ne se sent véritablement contraint. Cette occasion est celle des parents. C'est une pure démonstration d'amour parentale. Et ça, Seth devrait y avoir droit. Il n'hésitera qu'une seconde de plus avant d'y retourner à grandes enjambées...

Il toussote. Ça ne lui ressemble définitivement pas. Il n'est pas du genre à manquer d'assurance... Mais là, quand même, c'est à se demander si un éléphant n'aurait pas davantage sa place dans un magasin de porcelaine. La vendeuse le scrute d'un regard qu'elle croit discret, visiblement nerveuse. A vrai dire, il a eu droit à ce regard de la part de tous les vendeurs qu'il a croisé avant d'arriver là, sans compter les parents et les quelques « Jack ! » suraigus qui meurent dans son dos.

▬ Je... peux faire quelque chose pour vous ?

Pour commencer, arrête de le regarder en biais, c'est pénible. Aussi utile que de lever la main pour se protéger du soleil.

▬ Je suis intéressé par un jouet en vitrine.

Elle en aurait presque l'air perplexe. Sérieux, c'est un magasin de jouets là, tu croyais quoi, qu'il allait te demander une clope ?

▬ Euh... bien, entendu, allons jeter un œil.

Elle se lève et trotte jusqu'à ladite vitrine. Sa jupe est trop serrée pour marcher correctement, mais juste assez pour permettre d'admirer la marchandise. Si ça c'est pas pour aguicher les papas célibataires...

▬ Hm... celui-là.

Elle agrippe le jouet dans un léger sourire attendri qui ne la quitte pas jusqu'à la caisse. Il sait très bien ce qu'elle pense. « Oh, comme c'est mignon, malgré son apparence effrayante, il a un grand cœur ! » Ou pas. Il se charge d'ailleurs de remettre les choses à leur place à l'aide d'un regard bien haineux. Son sourire dégringole en une grimace effrayée. Voilà qui est mieux. Y'a pas marqué Santa Skeleton non plus.

▬ Je vous fais... un... paquet cadeau ?

Non, il en a besoin pour sa sieste en rentrant.

▬ S'il vous plait.

Elle dépose finalement le paquet devant elle et recule, histoire d'éviter tout contact avec l'individu.

▬ Merci à vous, et passez de joyeuses f...

La fin de la formule se liquéfie dans sa bouche. Définitivement, le regard de cet homme n'est ni joyeux, ni festif.

▬ Merci, vous de même.

Il aurait presque soupiré de soulagement en sortant, si son fanclub ne l'avait pas attendu devant la vitrine. Au son des « Jack ! » émerveillés, il s'éloigne définitivement de toute cette pantomime...

_______________________________

Elle est quand même belle, cette baraque. Ça a de la gueule. Ça le dérangerait pas d'en avoir une comme ça plus tard, quand il sera vieux et moisi. Il squatte le bout de l'allée de cailloux blancs, comme un Freddy Krueger au bout d'un arc-en-ciel. La chambre du gosse se trouve de l'autre côté de la maison. Mais un dilemme le maintient à l'entrée caillouteuse... Le temps qu'il arrive ici, la nuit a bien avancé. En réalité, il a renoncé deux fois. Il a jamais hésité pour grand chose dans sa vie, mais là, c'est plutôt... inhabituel. Puis la route un soir de noël, c'est pas folichon...
Entendons nous bien, il ne doutait pas du le bien fondé du présent ou même du fait de l'offrir à cette heure avancée, loin de là. Non, il était plutôt en train de se demander si ça valait le coup qu'il réveille la famille ou s'il n'était pas plus simple... d'éviter de passer par la case départ. Déjà, c'était pas sûr qu'ils apprécient la visite, et il se ferait peut-être même rabrouer. Vous savez ce qu'on dit : présenter ses excuses plutôt que demander la permission...
Finalement, il choisit la solution qui s'impose et fait le tour par le jardin. Objectif : chambre de Seth. Le premier obstacle s'appelle gouttière branlante. Okay. On maîtrise. Puis c'est pas très haut, et les rambardes des fenêtres sont un bon appui. Le second obstacle s'intitule grincement inopiné, le but de cette épreuve demeurant ''ne pas avoir l'air d'un voleur''. Mais il soulève le battant de la fenêtre dans un silence inquiétant, le tout avec une facilité déconcertante. « Non, sérieusement ? Mais tout le monde peut rentrer dans cette baraque ! A l'occasion je leur toucherais deux mots de la sécurité... » Peu importe ce soir, vu ce que ça lui permet, il ne se plaindra pas pour cette fois. Il se promet simplement de faire en sorte que tout ceci ne soit plus faisable avant le prochain noël... Pénétrant doucement la petite chambrée, il referme presque entièrement la fenêtre derrière lui, histoire de ne pas enrhumer son marmot. Puis lentement, il se dirige vers le petit lit où Seth dort à poings fermés. Se penchant sur l'enfant, il caresse tendrement sa joue, faisant de son mieux pour obtenir ce contact sans troubler son sommeil.

▬ Papa est juste venu déposer un cadeau...

Il chuchote, entamant le déballage du présent. Malheureusement, l'opération ne se déroule pas sans heurt et, après avoir réussi à pénétrer avec effraction dans le lieu, il manque être dénoncé par un fichu bout de scotch.

▬ Papa prend vraiment des risques stupides... vendeuse à la con... scotch à la con...

Il arrive finalement à bout de l'emballage récalcitrant et pose délicatement le jouet auprès du petit. Il lui traverse l'esprit que l'objet va susciter des questions au petit matin, mais il gèrera ça en temps voulu. Là il fait un cadeau à son gosse, venez pas le faire chier avec vos questions bassement matérialistes. En plus c'est carrément signé vu la tronche du cadeau, mais tan pis. Un dernier baiser déposé au coin de la tempe, et il laisse le petit Seth finir sa nuit auprès de son nouveau compagnon, le petit Jack, jouet emblématique de son papa, qui restera auprès de lui à sa place...

L'intrus repart comme il est venu, sans bruit, et file à travers la nuit...

Et c'est alors que, quelques minutes plus tard, Erez Salzmann, père de son état, s'étant introduit dans la chambre de son fils durant la nuit pour y déposer un cadeau, réalise qu'il vient de prouver à son gosse que le père noël existait bel et bien.

▬ Et merde !

Tadaaah ~ Donc voilà mon petit cadeau, en espérant ne pas avoir trop massacré ton perso, puisque j'ai carrément pris des libertés sur ses idéaux o/ (si ça se trouve il adore se déguiser en Papa Nowel pour distribuer des cadeaux et rendre les n'enfants n'heureux. ou pas.) Merci du coup de m'avoir prêté Erez, ça me change de mes gamines capricieuses, c'est dépaysant xD Puis je trouvais le côté papa poule so cute alors pour une fête familiale, j'ai eu envie de partir là-dessus ~ Noyeux Joël et comme on dit par ici, amour sur toi ♥ (et sur Erez et Seth aussi ♥)

D'Isklive à Wadoo


Je ne sais ni coder ni grapher, en espérant que ce maigre texte te comblera :3 Je m'excuse si mon SS est complètement OOC, c'est un peu quitte ou double ... disons que c'est mon interprétation du personnage, enfin bref, Joyeux Noël Wadoo <3



    Noël n’avait jamais été qu’une fête sans goût aux yeux de Leif. Ou peut-être avait-elle la saveur d’un vieux bonbon retrouvé dans le fond d’un tiroir, déjà vu et pourtant si insipide. Exactement comme sa mère. Noël signifiait retourner chez lui, voir sa mère, les mêmes décorations qu’elle aura dispersées à l’entrée et dans le hall de la maison, avec cet intemporel faux sapin d’où la neige factice commençait à déserter, elle lui demanderait avec un sourire si la décoration lui plaît, s’il avait remarqué les nouvelles guirlandes, les nouvelles boules, et elle lui dirait à quel point elle était contente qu’il soit rentré et que son plat préféré attendait sagement dans le four. Leif enfonça ses mains dans ses poches ; sa mère ne pourrait pas lui donner son assiette ce soir. Les aéroports de Suède étaient tous paralysés par d’allègres tempêtes de neige et elles ne semblaient pas encore prêtes de cesser d’ennuyer le trafic aérien. Etrangement, le brun n’en tira aucune tristesse, il ne savait pas vraiment s’il avait tellement hâte de rejoindre la vieille causeuse du salon.

    Au fond, ce qui te dérange le plus, Leif, c’est de te retrouver seul. Parce que sous le regard de ta mère, tu n’es plus rien si ce n’est un fils qu’on aime malgré tout. Tu n’auras plus personne à impressionner et puis, maintenant, qui pourras-tu éblouir alors qu’Aisling sait ce que tu es réellement ? Pauvre garçon qui voudrait être aimé, peut-être aurais-tu dû l’inscrire sur ta liste de souhaits.
    Le psychique ferma les yeux et renversa la tête en arrière, mais la brise glaciale ne parvint pas à le fouetter suffisamment fort pour lui faire oublier ses travers. Ses joues rougies de froid lui firent mal, il quitta le balcon, la douce chaleur des couloirs traversant sa nuque hérissée. Ses jambes lui semblaient engourdies, si bien qu’il marchait encore plus lentement que d’habitude, ce qui en soit était un exploit quand on connaissait la vitesse de marche moyenne de Leif par vents arrières. Les marches se succédaient, son épaule effleurait le mur de temps à autre, trop flemmard pour sortir sa main de son manteau et s’appuyer sur la rambarde métallique, certainement froide de plus. Des jeunes années passèrent près de lui, animées d’une folle excitation qui le laissait de marbre, le temps s’était comme figé et ses pas le guidaient vers quelque chose d’incertain. Le sol paraissait meuble, des crépitements noirs agressèrent ses rétines ; le suédois s’arrêta quelques instants, plaquant son dos contre le mur, la barre de fer s’enfonçant dans ses reins. Qu’est-ce qu’il lui arrivait ? Pourquoi, maintenant ? Pourquoi son cœur voulait sortir par toutes ses artères battantes ?

    Tu le connais ce sentiment, ce parfum amer qui emplit ta bouche et salit ta langue. Les douces effluves des remords. Malgré toi, la mélancolie te submerge, tu chancèles sur les dernière marches et trembles. Il faut que tu partes.

    Leif se redressa, sa colonne vertébrale craqua, lui rappelant ô combien il était un sportif invétéré. Il vérifia que personne ne le regardait et fila vers les dortoirs.
    Fuis. Tu n’as jamais su faire que ça de ta misérable existence, Karlstrøm.
    Nikolaï n’était plus là, son lit fait, son armoire vidée. La valise de Leif patientait encore dans son coin de chambre, il n’avait franchement pas envie de l’ouvrir pour prendre des vêtements de nuit. Il se délesta de son manteau et l’accrocha sur le crochet de la porte, mais son mouvement se suspendit lorsque, du coin de l’œil, il remarqua un paquet multicolore sur son lit. Comment avait-il fait pour ne pas le remarquer plus tôt ? Trônant là, son emballage criard n’attendant que lui pour être déchiqueté. Leif pensa d’abord à une erreur, il lâcha sa veste, qu’elle retombe sur le crochet ou par terre, et avala les mètres qui le séparaient du présent. Plus que curieux, plutôt interloqué par cette apparition soudaine, il s’empara de la carte blanche qui l’accompagnait et la lut.
    Même les connards dans ton genre ont droit à un cadeau, Leif.

    Le dit connard pensa automatiquement à Adriel. Il n’y avait que lui pour faire quelque chose d’aussi vicieux et méprisant. Mais Leif eut un instant de réflexion, comme cela lui arrivait rarement, quoi que plus souvent depuis son humiliation savamment organisée par Discord. Stratford n’aurait jamais pris le temps de faire ça. L’emballage était parfait, quoi qu’il aurait pu demander à quelqu’un de le faire pour lui, mais quelque chose l’obligeait à rayer l’hypothèse que le fils à papa d’Aisling ait quoi que ça soit à voir avec la présence incongrue de ce cadeau sur son matelas. Il ne l’avait même pas encore touché qu’un sentiment de malaise serra ses entrailles. Leif considéra l’offrande de toute sa hauteur et pourtant il se sentait ridiculement petit face au poids qu’engendrait l’objet sur son estomac. Ses doigts étaient agités de spasmes, cependant il savait très bien qu’il allait ouvrir ce cadeau. Retenant son souffle, Leif s’agenouilla devant sa couchette, comme pour concentrer l’énergie de ses jambes dans le haut de son corps et se donner du courage. Le visage du suédois s’était fait sombre, il arracha sèchement le nœud rouge et retira le couvercle ; ses gestes étaient saccadés, trahissant la nervosité qui courait en lui d’un nerf à un autre. Le brun mordit sa lippe et pencha sa tête sur l’intérieur de la boîte ; plusieurs morceaux de papiers bulles s’empilaient, opacifiant les objets qu’ils protégeaient. Il tira le premier et une seringue tomba sur ses draps. Il sursauta ; la sordidité du cadeau le décontenança et presque aussitôt, des flashs douloureux l’assaillirent. Ne pars pas là où je pourrai pas venir te chercher. Ses doigts s’enfoncèrent au niveau de sa poitrine, un triste souvenir enferma son corps dans un étau de regrets et il n’expira qu’au terme de longues secondes figées. Non. Ce n’était définitivement Adriel qui avait pu lui faire une surprise aussi infecte.
    Nearheart.

    Et puis, ses pensées se tournèrent vers Discord. Mais là non plus, jamais il n’en aurait la certitude. Refoulant un grondement mécontent, il pressa ses dents dans une de ses mains, frotta son visage. Il n’arrivait pas à savoir si la situation penchait plutôt vers le ridicule, avec ses réactions disproportionnées, ou vers le glauque. La haine viscérale qu’il vouait envers l’auteur de cet affront lui était singulière, pourtant elle n’étouffait pas sa curiosité malsaine. Leif plongea sa main dans la boîte et tira le second papier, un cœur blanc orné d’un chérubin roula jusqu’à lui, il le prit entre ses doigts, le portant au-devant de ses yeux dubitatifs. Soudain, une odeur forte, chimique, le saisit au nez et il lâcha l’objet dans une expiration écoeurée. A mieux analyser le parfum, sans s’intoxiquer, il crut reconnaître celui d’une personne. Mais oui. C’était celui de la reine des Elem. Il le reconnaissait, pour l’avoir connu en des circonstances plus intimes. L’image de deux corps entrelacés lui apparut, mais il la chassa très vite, refusant de marcher dans ce jeu finement orchestré, il devait bien l’avouer.

    Alors, une tenaillante angoisse succéda à l’irritation. Il n’y avait plus aucun doute que celui qui lui avait envoyé ça devait bien le connaître, et ses connaissances aussi. Tout sentiment de sécurité s’était effondré, il se sentait épié, décrypté, violé. Il s’était levé pour verrouiller sa porte, dans un réflexe inutile mais nécessaire. La seringue était encore sur son lit, le chérubin aux pieds. Mais il restait des choses dans le cadeau, il s’approcha presque avec rage. Qu’est-ce qu’il lui réservait encore ? Sa paume se referma sur quelque chose de rigide et long, un dragon rouge à la patte levée et langue fourchue sortie. Cette fois, Leif ne réfléchit pas, car le doux visage de la galloise April s’insinua en lui, collant à sa peau. En serrant un peu trop le dragon, il se piqua au chardon scotché sur son ventre. Le brun jura entre ses dents serrées et lâcha le reptile, entrevoyant le visage colérique de Lancelot. Tout ça n’allait strictement pas. Pourquoi lui rappeler toutes ces personnes ? L’auteur souhaitait-il qu’il se ronge les doigts de remords et de nostalgie ? Leif eut un relent de fierté, tout cela appartenait au passé. Ou du moins essayait-il de se persuader que toutes ces reliques n’étaient plus que des sombres tâches dans le sillon de sa barque. Un rictus méprisant ourla sa lèvre supérieure, et il sortit le dernier objet avec dédain, alors, quelle est ta dernière surprise, bourreau du dimanche ? Un sourire hautain qu’il abandonna lorsqu’il croisa son propre reflet dans le miroir. Croisant son regard de petit con prétentieux lui fit un choc, il ne put s’empêcher de s’observer, un certain dégoût naissant pour son image.

    Ta vanité, ta répugnante vanité en pleine figure, Leif. Parce que tu n’es rien, rien sinon une pourriture comme le monde en façonne souvent et que personne ne regrette. Est-ce que c’est comme ça que les autres te voient ? Est-ce qu’ils ont vu, tout le désespoir révulsant qui constitue ton être ? Tu ne peux pas vivre sans les autres. Sache qu’ils peuvent vivre sans toi. En fait, tu n’es pas si différent de ta mère. Peut-être qu’elle aussi rêvait d’être aimée, malgré toute la fadeur de son existence, comme toi. Il n’y a aucune saveur à aller chercher au coin de tes lèvres, aucune odeur à dénicher dans tes mèches sombres, aucune caresse à recevoir de tes mains. Tout cela ne compte pas. Tu n’es que Leif. Tout s’emmêle, se déchire, se dévore et se détruit. Ces larmes salées que tu ne pensais pas un jour redécouvrir, qui brûlent ta peau blafarde. Combien de personnes tu as laissées derrière toi ? Combien de relations tu as gâchées ? Combien de mots tu as regrettés ? Et malgré la colère qui se déchaîne, cette boîte que tu envoies voltiger par la seule force de ton psychisme, tu sais qu’en fait, tu as tout foiré. Le sang dégoutte de ta main, les morceaux de verre on incisé ta chair tant tu as serré le miroir. Et toutes ces perles d’eau et d’hémoglobine ne suffiront jamais à apaiser la peine insatiable qui régit ta vie depuis que tu es né. Des hommes viennent au monde bénis d’amour et s’éteignent avec. La seule chose qui t’a entouré ce jour était la certitude qu’on ne voulait pas de toi.

    On ne veut pas de toi, Leif.
    Comme on n’avait pas voulu de Meursault.
    Toi, l’étranger.
    On t’approche mais on te quitte très vite.
    On te goûte et te recrache.
    Toi, l’indésirable.
    On t’aime un peu, mais on s’éloigne très vite.
    On te respire et t’expire.
    .
    .
    .

    Son regard se posa sur la seringue. L’ange le contemplait tout autant que le dragon le toisait. Leif ouvrit sa paume, admirant les débris brisés et ensanglantés, percevant encore un reflet entrecoupé, monstrueux. Tout à fait ressemblant.
    Alors, pourquoi pas ?
    La morsure froide d’une aiguille te soulagera peut-être du fardeau de la vie.
    Oui.
    La mort sublime toujours les gens.
    In Nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti.


De Wadoo à Albator


Bon alors. HE OUI COUCOU C'EST MOI TON SECRET SANTA TU AS PEUR HEIN ? Eh bien honnêtement tu peux, parce que contrairement à l'esprit qui traine en ces périodes fastes, ce Secret Santa a été composée avec toute ma haine. Sérieusement. J'exige que l'année prochaine on rajoute une règle : toute personne qui s'inscrit doit au moins avoir un foutu caractère pour son personnage. Une fiche rs. N'IMPORTE QUOI. Je me suis faite TROLLER à chaque fois que je recherchais une minuscule description de Vivienne parce que tout a été remplacé par des "lol".
Sur ce, enjoy ce magnifique OOC, mais ceci dit, tu l'as mérité. Joyeux Noël, truie. (aussi, pas de dessin de suite, j'ai pas de scanner ici, mais amour sur toi) (et rien que pour la peine, je t'ai fait une mise en page qui fait mal au yeux et avec des bouledogues. CA TE PLAIT HEIN.)


MERRY CHRISTMAS ALBATOR




Ça avait commencé par un baiser. À peine un bisou. Ça avait commencé par des traditions de Noël, ces joies de l'hiver qu'on se coltine. À vrai dire, ça avait commencé tout bêtement. Mais ça avait commencé avec Vivienne, alors il n'avait pas pu en être autrement.
Pourtant hein, disons le, les traditions et les fêtes, Vivienne n'était pas le premier à sauter dessus ; si vous le croisiez à la St Valentin, ce n'était pas dans le camp des miévreux mais plus de ceux qui vous vomissaient sur les genoux – car bien sûr, un tel camp existe, et si ce n'était pas le cas, Wilde était capable de réunir le nombre suffisant de signatures. Les célébrations au goût dégueulasse de chocolat à la liqueur et où le but du jeu était d'assister de force à tous ces couples se rouler des patins au détour de couloirs, très peu pour lui. Par contre, il aurait bien léché la joue du quelconque créateur de tradition soûl qui avait décidé un beau jour que sous prétexte que deux personnes x se trouvant sous une branche de guy y avaient pour obligation de s'embrasser. Subir les affections des autres était hors de question, les imposer à ces dits autres, en ce joli soir de décembre, était l'occupation follement amusante du blond pour la soirée.

Il gambadait d'un coin à l'autre de la pièce, après avoir chapardé sa propre branche sur un des murs joliment décoré du réfectoire. L'ambiance festive le lui permettait, tout le monde riait et chouinait de devoir se quitter pour les vacances d'hiver, on dansait, mangeait et jetait de la nourriture sur le club de chorale, bref, une fête de Noël en bonne et due forme. Dans ses ballerines à paillettes dorées, Vivienne valsait entre les gens, interrompait leurs conversations pour leur agiter les baies sur le nez et leur dérober un baiser, ou, cas échéant, au moins leur en plaquer un sur la joue avant de repartir en claironnant des chants de Noël – personne n'osait lui dire que les trois quarts des paroles n'étaient pas les bonnes. Personne ne le repoussait non plus. On lui accordait gentiment son du avant de le laisser repartir dans sa petite robe de soirée, un bête sourire et en haussant les épaules comme on aurait pu le faire après qu'un labrador soit venu jouer entre vos pattes et puis que vous l'ayez gentiment envoyé ailleurs en envoyant une baballe. Vivienne était chou, qu'on disait. On lui en voulait pas.

Alors le travesti gambadait d'un groupe à l'autre, détruisant verbalement Santa Baby, quand ce fut le drame. Ses quatre petits ongles – dorés aussi – tapotent l'épaule d'un costume dont le possesseur se retourne, et sans qu'il ait eu le temps de dire ouf, voilà le blond qui lui colle un baiser comme tous les autres. Ça dure ridiculement peu de temps, pas même le temps de faire goûter son gloss barbe-à-papa choisie minutieusement pour l'occasion, parce que dans la seconde qui suit, la reine de la soirée est repoussée à deux bons mètres derrière elle.
Ce qui fit ça le fit même sans la toucher, comme une force inconnue qui le fait reculer comme ça, alors pas besoin d'être Sherlock pour savoir qui il venait d'embrasser sans même avoir à relever la tête. Pourtant, quand il le fit évidemment, c'était pour découvrir Leif Karlstrøm se tenant devant lui, les mains en effet occupées, une tenant un verre et une posée sur sa bouche, cachant la moitié de son visage. Mais pour ce qu'on en voyait sur la deuxième moitié, Leif n'était pas content.
La musique semble s'être arrêtée pour l'ensemble du petit groupe + Vivienne, et tous les regards convergent vers lui. Superbe. Comble, les doigts du brun frotte machinalement ses lèvres pour en retirer l'éventuelle trace de maquillage. Ou même de goût. Ou même d'existence. Le blond n'a pas le temps de demander à ce qu'on lui apporte de quoi retirer le balais de son cul qu'une des filles à son bras s'adresse à lui.

▬ Je peux savoir ce qui te prend ?

Ah, la v'la l'attaque de psychique par excellence. Le commun des mortels aurait haussé le ton et fait la grimace, aurait poussé son épaule et sorti les lignes clichées sur son état mental, mais non, quand on est psychique, on croise les bras et d'un air dédaigneux on s'écrit au marqueur sur le front « TU N'EN VAUX MÊME PAS LA PEINE ».

▬ Roooh mais je le touche pas ton copain ça va faut se calmer c'est bon c'est okay prends un rocher quoi moi je sais pas ? Vous voulez un bisou vous aussi ? FAUT ÊTRE PEACE LA JE SAIS PAS C'EST NOËL. Tu as un problème Liffy, tu veux en parler sans l'intermédiaire de ta daronne ?
▬ A vrai dire -
▬ Bien ce que je pensais JOYEUX FÊTES MOI JE M'EN VAIS.

Et il s'en va.

Bien entendu, le gui fait son effet un instant, mais le champagne le remplace vite, et pour être tout à fait honnête, le jeu de la plante finit par faire son temps. Surtout que maintenant, il reste les géants comme Clydwin, et qu'il pourrait se mettre sur la pointe des pieds ou aller enfiler ses talons rouges mais la vérité c'est que ses ballerines collent beaucoup plus avec sa robe – et confidence pour confidence, ses sous-vêtements – et que c'est donc hors de question. La tournée c'était fini. À présent, une autre occupation le passionnait, et elle consistait globalement en 1) embrasser Leif Karlstrøm. 2) Observer et jouir de la réaction des personnes environnantes et de la sienne. 3) S'octroyer une une gorgée de champagne. Et ainsi, recommencer jusqu'à épuisement d'un des protagonistes – à savoir lui, le psychique, ou le champagne. Mais considérant son don, il y avait peu à s'en faire pour le restant de la soirée.

Au début, le pauvre Liffy n'avait rien vu venir, trop occupé à maintes choses très importantes sans doutes, et s'était fait piéger comme un bleu par déjà deux ou trois fois. Bien conscient après ça qu'une tornade blonde s'apprêtait à ruiner sa soirée juste parce qu'elle le pouvait et parce qu'elle était nettement plus imbibée à chaque heure qui passait, il s'était ensuite posté sur ses gardes pour ne pas se laisser surprendre de nouveau et essuyer les réactions des autres. Petit résultat des comptes : ce n'était pas très efficace. Pour un petit travesti blond et précieux, il avait une sacré façon d'agripper les gens par le col. Et pour une gamine portant une fichu robe dorée, Vivienne avançait dans l'ombre comme un putain de ninja.
Après à peu près trois quarts d'heures, Leif ne se cachait plus de peur des réactions, mais tout à fait pour sa propre survie. Même son don était inutile contre cet amazone. L'unique solution de rester planqué paraissait la meilleure, en attendant la fin de la soirée voire, s'il avait un peu plus de chance, que Wilde ne fasse un comas éthylique.

Ça avait commencé avec un baiser. Comme en était-il arrivé à se planquer dans un des escaliers ?

D'ici, on entendait parfaitement les échos des basses qui résonnaient à travers les murs. Si on pouvait compter sur une seule chose à propos des élèves d'Aisling, c'était bien de faire durer une soirée. Alors qu'il pensait être finalement un peu tranquille et lorsqu'il estimait même pouvoir bientôt rejoindre la fête, deux bras entourèrent son cou depuis derrière sans qu'il n'ait entendu venir la personne.

▬ GOTCHA !

Mais dans quel cauchemar avait-il atterri. Il y a deux heures encore, c'était à peine si Vivienne considérait son existence, pourquoi avait-il choisi ce soir précisément pour rendre sa vie un enfer ? Pourquoi de cette façon ? Pourquoi ce soir où les filles étaient festives, soûles, et facilement serrables ? Le brun hésita à tout bonnement fuir mais laissa à la place mollement tomber sa tête en soupirant.

▬ Wilde.
▬ Appelle-moi Vivienne, on est devenus plutôt intimes ces derniers temps.
▬ Qu'est-ce que tu me veux ?
▬ Ça se voit pas ? Je veux t'embrasser.
▬ Bien. Bien. Tu pourras constater que pas moi.
▬ Rrrroh mais quel prude, c'est Noël, la joie, le partage, la dinde, c'est qui la fille ici ?
▬ Pas toi.

Et puis tout à coup, tout prend sens. Oh. Oh, c'est pas vrai. Oh non, c'est ça en fait. Oh, le grand Leif avait peur d'une – très petite la plupart du temps – jupe. D'autant que ce petit bout de tissu cachait quelque chose qu'il était censé très bien connaître à moi de prendre sa douche chaque jour dans le noir. Bref. Il était vrai que ce genre de réflexion n'avait rien de logique, mais la réaction du brun ne l'était pas plus aux yeux du blond. Pour autant, elle ne l'empêcha pas de rire de toutes ses belles dents blanches en attrapant ses joues entre ses doigts.

▬ Ooooh mais Liffy. Ne t'inquiète pas, je suis tout à fait une fille, une vraie blonde comme tu les aimes. À vrai dire je suis plus une nana que tu ne seras jamais un mec.

Ah ! Bim ! Na. Et dans les dents. Ce n'était même pas méchant en plus, juste assez vrai. Être une fille ne se résumait pas à un vagin, comme un garçon à porter un costume avec une cravate ou un noeud-pap' ridicule. Quand on s'enfuyait devant les petites blondes pour faire bonne figure, on en avait pas plus dans la culotte que cette dernière, fut-elle trans' ou tout autre. La remarque ne fut pas bien accueillie chez le psychique en tout, malgré toute sa philosophie. Il fronça les sourcils et attrapa les mains qui tiraient sur sa peau.

▬ Et en quel honneur ?
▬ Tu as passé ta soirée à t'enfuir dans tous les sens, c'était ridicuuule mon petit (et puis tu me sous-estimes, aussi).
▬ J'ai pas de leçon à recevoir de toi.
▬ Très bien, chantonna Vivienne.
▬ Très bien, répéta-t-il bien plus neutre.
▬ Prouve le. Là maintenant. Comme dans les films, avec une musique de fond, une révélation, prends tes couilles à deux mains et-

Pour une révélation, voilà une révélation : Vivienne causait trop. C'était ce que jugea Leif en décidant brusquement de l'interrompre en lui donnant ce qu'il réclamait depuis le début de cette soirée maudite. Oui, voilà, vous étiez contents, il en était à embrasser un travesti. Appelons un chien un chien. Bon Dieu mais qu'est-ce qu'on lui faisait pas faire dans cette école.
On devait bien accorder à Wilde une chose : le soin qu'il accordait à se transformer en jolie fille rendait la chose plutôt convaincante, le goût acidulé de son rouge à lèvres en témoignait quand on avait les yeux fermés. Les mimiques, aussi. Les doigts qui attrapent tout ce qu'il fallait de gentiment et fermement le nœud de sa cravate dans le prolongement du geste. Même les longs cils qui suivent le mouvement des paupières fardées quand elles s'ouvrent lentement. En prenant leur temps. Et puis elle sourit – il, peut-être, mais pour être tout à fait honnête, pendant les dix prochaines secondes, autant avouer qu'on s'en fiche.

▬ Eh bien. C'était pas si mal ?
▬ Vraiment ? Tu as l'air autant que moi sur le point de –

Dans la seconde, Vivienne lui vomit sur les chaussures.


Nous sommes en période de fête, alors vous vous attendez peut-être à trouver une morale à cette histoire. Une morale qui vous dirait qu'il faut accepter vos amis, que ce soit pour leur travestissement, pour leur comportement bizarre ou pour leur alcoolémie. Ou bien, une morale plus centrée, la petite anecdote personnelle pour prouver que Leif n'était pas qu'un gros con qui jugeait à l'habit. Voire même, vous appeler à boire raisonnablement pendant ces fêtes, même si vous ne conduisez pas. Mais à vrai dire, rien de tout ça. On sait bien que vos amis pour peu qu'ils soient à Aisling sont bourrés de tares, Leif était d'ailleurs bien souvent celui qu'il paraissait la plupart du temps et quant à vous, nous vous invitons à boire comme des trous pour faire passer le repas de Noël avec grand-mère plus vite.
Nonobstant, voilà votre morale : donnez tout ce que vous voulez à Vivienne Wilde un soir de réveillon. Elle ne se souviendra de rien ou presque au petit matin. Ou presque. En tout cas, suffisamment, si vous êtes un certain psychique, pour vous inonder de gui multiplié pendant les prochains mois.

Joyeux Noël, vous.





D'Albator à Bhou



J'AI SUR LE BOUT DE LA LANGUE
TON PETIT COEUR QUI TANGUE

NE ME MONTRE PAS DU DOIGT
SI JE VEUX TES MAINS D'ABORD
SI JE TE DEMANDE ENCORE
____________________________________________

______C'était un cadeau grossièrement emballé. Certes, tu t'étais appliquée, donnant tout ce que tu avais pour qu'il paraisse bien. Seulement, on ne pouvait en dire de même du résultat. Ainsi, résignée, tu lui avais envoyé un coursier afin de lui demander de te rejoindre dans la salle des saisons dans la soirée, le coeur battant, peut être un peu trop fort. Tu étais belle, ce soir là, Camélia, avec tes fleurs dans les cheveux et des étoiles dans les yeux, tu étais belle, à redouter avec plaisir cet instant, où vos regards se croiseraient et qu'il fermerait la porte derrière ses pas, tu étais belle avec tes rêves au bout des doigts, au bout de la langue, et pourtant, il fallait, tu le sentais, que c'était pour ce soir là.

______Savais tu que les camélias sont des fleurs d'hiver ? Tu savais, qu'elles étaient des fleurs sans parfum. Bien souvent, tu trouvais que cela n'était pas si faux que ça, lorsque tu contemplais ton reflet que tu trouvais dénué de saveur, dans un soupir, avant de tourner le dos à ton visage triste.
______Tu en avais volé une, accrochée à tes cheveux, tu avançais, sans faire la distinction entre le bruit de tes pas et les battements de ton coeur. Ils pouvaient presque t'arracher la poitrine, la cage de bois qui le retenait, comme un coucou qui essayait désespérément de s'échapper pour le rejoindre. Tes pas s'accélèrent, sous l'adrénaline, sous le désir de le voir, d'être à ses côtés. Ton souffle se faisait plus fort. Enfin, au bout de ta course, ta main glissa le long de la porte, la repoussa ; l'odeur des roses t'envahit toute entière. Une inspiration. Il ne restait plus qu'à attendre que le sable entre tes doigts finisse de s'écouler.

______Ton coeur en bombe à retardement sur ta bouche. Le présent était dans un sac. Tu attendais. L'horloge de ton coeur battait la mesure d'une symphonie magnifique, romantique. Un léger tremblement. Au fond de toi même se jouait un tango effréné.
______Et puis, sans crier gare, la porte claqua. Tu te retournes. Tes cheveux forment un voile autour de toi. Il était là, se tenant derrière l'embrasure, de sa majestueuse personne déchue. Kyle. Ses lèvres forment quelques mots. "Tu voulais me voir ?" - tu déglutis difficilement. Tu réponds dans un murmure.


    ─ Oui, je... Je voulais te donner quelque chose.



______Elle hésita.


    ─ Pour Noel, tu sais.



______Puis elle soupira.
______Elle lui tendit son cadeau, un tee shirt, customisé par ses soins, avec une grande photo d'elle - pensant que ainsi tout Aisling saurait que c'était sa propriété -, mais au final, alors qu'il lui prit doucement des doigts, elle le regretta. Elle aurait voulu lui donner quelque chose de plus, quelque chose de personnel, significatif, quelque chose qui venait du plus profond d'elle même. Après quelques instants de doutes, elle fit un pas vers lui. Une goupille qu'il détenait dans ses yeux. Qui sait, autant allait elle en crever, de se faire exploser ainsi, entre ses doigts, le sable était balancé au quatre vents, et au diable tout, au diable le reste, la bienséance et ce qu'il pouvait penser, ce que tous pouvaient penser, c'était comme si le reste s'effaçait autour d'eux, autour de sa réalité, de leur réalité.
______Tes lèvres se posèrent contre les siennes. Plus rien ne comptait. Ne serait ce que ses mains qui te prirent par les hanches pour te serrer un peu plus fort contre lui. Rien ne comptait. Si ce n'était lui.

______C'était le soir de Noel.


Spoiler:
 



De Bhou à Crystal



Dear Santa I just want be happy.



    Adrien, ouvre les yeux. Adrien, ouvre les yeux, s'il te plait. Tu sais quel jour nous sommes, n'est ce pas ? Tu as mangé tout ton calendrier. Tu papillonnes et tes yeux s'illuminent. Tu ne traineras pas aujourd'hui, tu n'auras pas ce mal habituel a émerger de ton lit. Non Adrien, a peine as tu quitté tes draps et tes songes que déjà ton cœur ne réclamais que leur présence pour partager l'effervescence de ce jour. Tu as cette force, celle d'ignorer comment marche le monde, mais de savourer tout ses bien fait. C'était simple comme bonheur Adrien. C'était simple le bonheur avec toi, Adrien. Il suffisait de sourire, de s'accrocher. Il y avait cette odeur d'hiver et ces sensations de froid. Puis ta chaleur en un éclat de joie. Tu courais un peu partout, Adrien, tu parlait trop fort, tu répétais ton refrain. Tu leurs disais, c'est noël, avec un bisous sur la joue, et un supplément câlin. Adrien, ça pénètres tes veines comme une énergie nouvelle, tu t'attachais encore, tu restais là, sur les dos, et tu partais comme une fusée pour profiter d'une personne de plus. Tu sais Adrien, peut être que ça en agace certain, peut être qu'ils râlent lorsque tu viens parasiter leurs vis, lorsque tu viens comme ça, accrocher des perfusions d'amour a leur corps de désillusionné. Mais tu agis sur eux, dans un sens positif, tu sauves un peu les gens à ta façon. Ils n'en ont pas conscience. Ils comprendront un jour, cette sensation trop douce que tu leur as procuré. Il leur faut du temps Adrien, mais continues. Continues les programmes et les idées farfelus. Entraine les. Bataille de boule de neige, rêves au bord de la cheminé, cadeau a échanger. Parce qu'il y a tes mains dans cette étendu blanche, cette envie de créer quelque chose a partir de rien, mais avec tous. Tu les appelles et tu cries leurs noms pour qui l'entendent de loin. Tu souris, encore, encore Adrien, tu leurs montres ce bonhomme avec ce sourire un peu de travers, avec ses bras de fortune et son existence éphémère. Tu avais mit ton écharpe sur ses fausses épaules, tu avais couvert le nouveau venue pour ne pas qu'il attrape froid, pour qu'il soit un peu plus vrai, aussi. Mais c'était toi qui avait éternué. C'était pas grave. Parce que peut importe le reste, parce que peut importe les conséquences tant les moments sont bons lorsque tout ce passe comme aujourd'hui. C'est Noel Adrien et les lumières du sapin se reflètent dans tes yeux d'enfant. C'est beau tu ne trouves pas ? Comme décor, comme ambiance. C'est beau, oui c'est certain, et tu es un peu fier de toi cette fois. Pour avoir accroché avec vigueur un grand nombre de guirlande. Tu voulais faire ça bien. Que tout soit parfait. Pour eux, pour toi. Tu voulais que la magie soit un peu différente ce soir. Quelle réchauffe a l'intérieur comme lorsque l'on fait un câlin. C'était un peu ça ton rôle, t'accrocher pour que les autres ne lâchent pas prise. T'accrocher pour que leur cœur soit un peu plus chaud, et que le tiens ne gèle pas.


    Joyeux noël Crystal ~J'espère que ce petit texte te ferra plaisir et que je n'aurais pas trop déformé Adrien fufufu. J'ai aussi fait trois vava moche mais je suis pas contente de moi u.u Si j'ai le temps je te ferra un truc un peu plus potable. Bref, je te souhaite plein d'amour et de bonne fête. Bsous tout plein sur toi ♥

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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:15

De Crystal à Evance


« WE WISH YOU A MERRY CHRISTMAS,
WE WISH YOU A MARRY CHRISTMAS,
WE WISH YOU A MARRY CHRISTMAS AND A HAPPY NEW YEAR ! »


Une sorte d'incompréhension avait serré le cœur d'Edward.

Aujourd'hui était différent des autres jours, il y avait plus du monde que d'habitude, d'abord.
Le jeune Hopekins qui avait déjà une sainte horreur d'un nombre restreint d'individus de type adolescent du 21ème siècle, avec tous les défauts que cela implique, cru avoir une syncope en voyant le couloir débordant de ces individus, criant comme des fous furieux tout en se poussant les uns des autres histoire d'avancer un peu plus dans ce qui semblait être, pour Edward, sans fond.

Il essaya de s'éloigner de ce typhon de grossièretés et de musiques bruyantes venant de quelques écouteurs (qui en vérité, ne servaient pas à grand chose pour leur utilisateur). Il avait déjà oublié les raisons pour lesquelles il avait eu envie de prendre cette direction, cela semblait être la plus mauvaise idée qu'il ait eu cette année. Mais trop tard, il se voyait déjà englouti à une vitesse inimaginable, se retrouvant sans trop le vouloir dans une salle, un grand sapin au milieu de la pièce, des cadeaux sous ses branches avec des adolescents littéralement scotchés dessus. Ils criaient de bonheur (?) déchirant avec frénésie le papier cadeau, semblant tous être en transe. Bon, il fallait bien l'avouer, Edward aussi était curieux et avait bien de s'approcher de ces cadeaux. Dessus, il pouvait apercevoir quelques étiquettes avec un nom clairement écrit dessus, il en reconnaissait certains, pas tous et dans le doute il n'avait qu'à voir la personne s'étant jeté dessus pour deviner à qui le cadeau était destiné.

Se libérant avec peine de la foule, il réussit à s'enfoncer dans un coin un peu plus dégagé. Le "Merry Christmas" clignotant sur un mur confirma ses pensées: ces élèves étaient totalement fous. On aurait dit une troupe d'animaux, Edward cru même apercevoir un élève (un PHY sûrement) arrachait le ruban du paquet avec les dents et le brun grimaça avec dégout devant ce spectacle. Il valait mieux qu'il attende sagement son tour, hors de question de se mêler à ces sauvages qui ne valaient pas mieux que... Comment s'appelait il déjà ? Son cri caractéristique ("KHOROSOOOOOO") lui fit revenir en mémoire son nom : "Ah oui, lui."

S'adossant au mur, il ne pu s'empêcher de regarder d'un air un peu inquiet si d'autres personnes avaient réagit comme lui, comme ci il recherchait les derniers survivants d'une espèce en voie de disparition. Heureusement, la présence de d'autres élèves à l'écart, en plus d'être calme, le rassura pleinement. Ce n'était pas encore la fin du monde et tout le monde n'était pas assez fou pour se jeter à plein ventre sous ce sapin, même si on était pas loin de la majorité de l'école dans cette situation. Le seul avantage que pouvait percevoir Hopekins était la vitesse où les individus partaient, le cadeau fièrement sous le bras. Avec un peu de chance, ça mettra moins d'une heure avant que cette salle soit vidée de tous ces phénomènes de foire.

Hopekins fixa d'un air songeur sa montre, tapotant du pied, déjà qu'il était ici contre sa volonté, il ne voulait pas moisir devant ce sapin (dont les boules tombaient une à une par terre, sous les "HARR HARR" hilare d'un individu, certainement aussi intelligent que l'ELEM nommé plus haut). Il regarda d'un air ennuyé les autres personnes qui attendaient, Noël était limite devenu une épreuve à passer, un peu comme un contrôle. Dès qu'on réussissait à avoir son cadeau, il fallait après très vite partir avant qu'une bande d'abrutis s'adresse à toi en criant "T'AS EU QUOI ???". Cela faisait quoi... Deux ans qu'il subissait ce genre de situation ? Sans compter ceux qui ramenaient de la neige de l'extérieur, qui te mettait des rubans dans tes cheveux, te menaçait quand tu avais un cadeau d'une meilleure qualité que le sien ? Edward pouvait se vanter de ne pas avoir subit entièrement ce bizutage, mais il connaissait, hélas, des gens qui le subissaient chaque année (il accorda un petit regard de pitié aux concernés, qui dura bien deux secondes).

D'un air songeur, il se dit que la société pourrissait on-ne-peut-plus. Comment est ce que certains sociologues pouvaient reléguer leur espoirs à la jeunesse de maintenant ? En quoi cette jeunesse allait sauver le monde de l'uniformisation occidentale ? Etaient ils capables de telles prouesses ? Les sous-estimait-il ? Edward jeta un regard vide à un jeune qui s'était mis à courir autour de l'arbre de Noël, des guirlandes dans les cheveux, criant des "YOUPPI YOUPPI" aigues.

...Non vraiment, qui sont les idiots qui pensent laisser ? Sûrement des Sans Don. Si ce que subit le monde est soi disant un fléau, Edward n'ose point imaginer quelle société peut construire les élèves d'Aisling si on leur laissait la Terre d'un air "tenez, cadeau, faites ce que vous en voulez". Une dictature sûrement, avec des lamas comme conseillers. Passant des musiques stupides pour nettoyer le cerveau des derniers survivants, provoquer la guerre dans les pays voisins pour un poster d'Albator volé, revenir à l'Âge de Pierre pour certains. Non non, Edward n'osait pas imaginer tout ça, ce serait bien pire qu'une troisième Guerre Mondiale à ce stade. Peut être que les Mayas avaient raison dans le fond.


-...On... On dirait qu'il commence à y avoir moins de monde.

Le garçon baissa les yeux vers sa camarade, observant ces yeux verts levés vers lui, Cherry ayant dû hésité avant de le couper dans ses pensées, s'en voulant déjà peut être. Edward lui sourit très légèrement, elle venait de le sauver d'une vision cauchemardesque. Le PSY releva les yeux vers le sapin, de plus en plus dépeuplé de cadeaux.

-Il semblerait, je ne serais même pas surpris que nos cadeaux manquent à l'appel.

La rousse écarquilla légèrement les yeux.

-Tu-Tu crois ? Je suis sûre qu'ils ont fait un minimum attention !

D'un air perplexe, Edward désigna le comportement de quelques PHY. C'était une bonne argumentation, rien qu'en les observant.

-...On devrait peut être vérifier tant qu'il en est encore temps alors, non ?

Le garçon haussa un sourcil, presque avec admiration. Elle comptait y aller si tôt ? C'était un peu comme se jeter dans la cage aux lions en plein repas. Pourtant, la jeune fille s'était bien approché du sapin, prudemment mais sûrement, d'autres avaient tentés aussi, ça devait lui donner du courage. Lisant minutieusement chaque étiquette, elle finit par prendre un cadeau, ni trop gros, ni trop petit, fait d'un papier vert rayé rouge.

-J'ai trouvé le tiens Edward !

Edward s'approcha à son tour, intrigué. Il prit le cadeau tendu, puis le soupesa d'une main avant de soupirer.

Noël est fêté si différemment ici. Dans son manoir, c'était la bonne vieille fête traditionnelle comme dans les cartes postales, qui commençait beaucoup plus tôt, avec la messe de minuit, sans compter le repas et les chants de Noël qui ont bercés l'enfance d'Edward. Les cadeaux étaient aussi pratiquement inexistants, bien sûr qu'il avait parfois droit à une sucrerie ou bien un ballon de baudruche quand il était tout petit. Mais souvent les vrais cadeaux étaient les étrennes du Jour de l'An. Alors qu'ici, voila qu'on nous obsède avec cette histoire dès le 24, qu'on nous amène un Père Noël plus commercial qu'autre chose pendant qu'on dort, voila que tout le monde va réclamer ce que tout le monde a déjà. Des choses inutiles souvent et qu'on peut s'offrir à n'importe quel moment de l'année. Vraiment, les Vrais Noëls de sa famille lui manquaient.

Ses doigts se resserrant autour du paquet, il fixa Cherry qui était revenu vers lui, un cadeau plus petit dans ses mains. Edward tendit son cadeau vers elle, le regard sombre par ses pensées.


-Tu penses qu'il y a quoi dedans ?

La jeune fille pencha la tête sur le côté.

-J'en ai aucune idée, il a l'air plutôt plat en vérité... Une tablette ?

Edward émit une grimace, il n'en voulait pas si c'était le cas ! Cependant, il avait cru comprendre que le Père Noël trouvait toujours le bon cadeau.

-J'espère que non... Sûrement que l'homme en rouge s'est trompé.

C'est vrai que cela avait quelque chose d'agaçant. Comment un inconnu peut savoir ? Comment un mythe américain Coca-Cola peut le connaître ? Il finit par commencer à déballer le paquet, délassant le nœud, déchirant sans soin le papier. Il ouvrit la boite, son visage s'assombrissant d'autant plus à la vue du contenu tandis que Cherry répondit spontanément.

-Mais non, je suis sûr qu'il a trouvé quelque chose de bien ! Il a un vrai Don pour ça !

Edward eut un petit rire jaune, refermant sèchement le paquet.

-...Si tu le dis.



« GOOD TIDINGS WE BRING TO YOU AND YOUR KIN,
WE WISH YOUR A MERRY CHRISTMAS AND A HAPPY NEW YEAR ! »



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Huhu c'est pas terrible, je suis tellement désolé Evance D: J'adore tellement tes persos, surtout Edward, j'aurais aimé faire quelque chose à sa hauteur ;__; Alors du coup voila quatre bêtes icons (dont un, un peu spécial en l'honneur de ce SS, héhéhéhé.) qui m'ont fait rire, histoire que je me rattrape un peu. snif snif. JOYEUX NOËL DARLING !



D'Evance à Sheina


Queen avait perdu son vernis, et c’était le drame.
Un vernis bleu électrique qui allait de pair avec sa chevelure, son vernis préféré dont elle ne se séparait qu’en de rares occasions pour s’accoutumer d’un rouge vif aveuglant le moindre PHY cent mètres aux alentours. Bien sûr, tout le monde savait que Queen avait largement les moyens pour se payer une centaine de vernis de la même marque et même couleur. Il n’avait qu’à jeter un coup d’œil à sa garde-robe –bien que cela ne soit pas autorisé- pour comprendre que la représentante ELEM était pourrie-gâtée jusqu’à la moelle. Il n’y avait donc, semble-t-il, aucune raison de s’affoler.
C’est pourquoi la colère noire dans laquelle Queen entra lorsqu’elle prit connaissance de cette disparation surprit tous ces humbles lèches-bot sujets. Son regard glacial et meurtrier, ses intonations sèches et agacées, et ses gestes frénétiques gardaient toute personne de bon sens de s’exprimer. Et tandis qu’elle exprimait sa rage à la manière d’une enfant de cinq ans à qui son frère avait arraché sa sucette, ceux qui lui étaient fidèles se mirent à chercher activement le vernis bleu.
Une vague de panique s’insinua lentement chez les PHY, tenus premiers responsables de cette mauvaise plaisanterie. Etrangement, Queen prit la tête du peloton de terreur ELEM pour s’assurer que la mission soit menée à bien. Elle pointait du doigt, de manière assez arbitraire, les PHY assez inconscients qui n’avaient pas eu vent de la rumeur, et n’avaient pas cru bon de se terrer dans leur chambre. Quelques-uns d’entre eux furent donc attrapés et enfermés dans une salle de classe délaissée. Attachés à des chaises, ils furent soumis à un interrogatoire féroce où Queen et ses subalternes n’hésitèrent pas à utiliser leur pouvoir –avec retenue, tout de même, la princesse n’allait pas salir sa jolie manucure pourpre pour eux- pour leur soutirer des informations.
Cependant, aucun ne sut, ou du moins ne parla. La représentante ELEM fut bien obligée de les relâcher, et passa le reste de sa journée à chercher son vernis, sans aucun succès. Tout le monde avait entendu parler de cette malencontreuse disparation, mais personne ne semblait posséder le moindre indice sur le voleur.
Le soir, Queen rentra dépitée dans sa chambre. Elle avait porté ce masque de gamine capricieuse et colérique toute la journée, remuant ciel et terre pour chercher son bien précieux, sans aucun résultat. Et si elle avait fait passer ce vol pour un de ces nombreux caprices excessifs, la vérité était tout autre. Ce vernis bleu était un cadeau d’Albert, son grand frère, et c’était le seul exemplaire qu’elle possédait. Le savoir aux mains d’êtres hautement inférieurs lui était insupportable. D’un geste rageur, elle envoya valser la lampe présente sur la commode, qui vint s’écraser sur le sol. C’est à cet instant qu’elle aperçut le vernis bleu, lui aussi posé sur le meuble. La princesse haussa les sourcils, étonnée, et ses yeux passèrent sur le petit sac blanc et l’enveloppe à côté.
Elle ouvrit le sac et découvrit plusieurs autres dispositifs de maquillage, comme un mascara, un rouge à lèvres, et un fard à paupières, tous de la même couleur bleu électrique. Et dans l’enveloppe, ce simple mot
« Je ne voulais pas me tromper de couleur. Joyeux Noël. A. »

De Sheina à Mirmoz





Spoiler:
 

Et l'autre fois je te croise dans la rue
Et tu me dis même pas bonjour
Et je sais je fume trop au café je meurs tous les jours
Et tous les jours de l'année
C'est la nuit qui vous prend


    -Bonjour, joli coeur.


    Il ne lui avait pas dit je t’aime.

    Dans un presque soupir ses yeux s’ouvrent sur la demoiselle à ses côtés. L’esprit encore un peu embué par l’alcool et les peaux écorchées il se demande ce qu’il fout là, entre ses draps au propre usé commun aux motels de bas étage, dans cette atmosphère suintante à l’odeur de corps presque cruelle. Attrapant une sucette à l’orange posée nonchalamment sur la table de chevet, il la porta à sa bouche en se disant qu’on en oublierait presque la date du jour.
    S’il n’y avait eu elle.

    -Tu veux que je me charge du petit déjeuner ? Susurre la donzelle dont il ignore jusqu’au nom et à la provenance. A croire qu’il s’était perdu entre les rues enneigées, les bars aux fêtards solitaires, comme noyé autrefois dans ses avalanches médicamenteuses, comme pour oublier ce qu’il fuyait et se jetait en plein dans la figure. Loin d’Aisling, loin de chez eux, d’une vie trop réelle et d’une autre brisée de souvenirs suintants. Oui, ce serait bien plus simple de la retrouver ici, loin de tout ce qui les écorchait, dans ce lieu vide aux amours faciles, et aux nuits un peu courtes. Comme pour les briser juste un peu plus fort.

    -Ce ne sera pas nécessaire.

    Soudainement, trois coups à la porte qui retentissent comme pour confirmer ses dires, et qu’ils auraient reconnus entre mille. Trois coups qui sonnent comme la trace de ses pas dans la neige, comme sa voix qui claque en un reproche par un clair jour d’hiver, comme un murmure inquiet au bout d’un combiné, comme elle, comme lui, comme cet être entier qu’ils n’avaient jamais été, trop fascinés par toutes ces choses que l’on racle jusqu’à ce qu’elles se brisent, de peur de les aimer trop fort. Elle était si simple, la mécanique de la destruction.

    Seulement vêtu d’un caleçon, il se lève après avoir nonchalamment reposé la sucette suintante de sucre sur la table de chevet. Tourne la poignée, et c’était juste cela, un simple sms, un jour, un lieu, un rendez-vous en une poignée de mots qui ne diraient jamais tous, oh tous les autres. A vrai dire tandis que la porte s’entrouvre il ne sait plus même vraiment … pourquoi.
    Et pourtant, elle est là.

    Ses grands yeux bleus posés comme une interrogation dans le sombre des siens, ses cheveux dépassant de son bonnet de laine, et derrière elle, toute une myriade de souvenirs en bousculade, des bonhommes de neige et de pain d’épice, des bottes en caoutchouc roses et des averses tardives, des trahisons douloureuses et des départs précipités, des souvenirs jusqu’au petit soir et aux derniers flacons vidés, des éclats et de voix et de cœur, mais surtout, surtout …

    -Nathyyyy, je … mais. C’est qui elle ?

    … Ses grands yeux qui tanguent.

    Et en silence ses yeux se tournent vers sa dernière compagne de nuitée à quelques pas de la porte, puis de nouveau vers elle. Il ne savait plus vraiment pourquoi.

    -Bonjour …. Alice.

    -Je. Devrais peut-être y aller.

    Dit l’autre en ramassant à la va-vite des vêtements qu’elle enfile presque au hasard, comme soudainement consciente de la tâche immense qu’elle jette au tableau, de ces intruses égards qui n’ont pas vraiment décidé, ni tout à fait fauté, jetées dans des marées de draps et d’incertitudes par un simple claquement de lèvres. Il y a des silences qui ne trompent pas. Et lorsque celle-ci se glisse à travers la porte, c’est toujours le mur des yeux de Nathanaël qui se fige face à celui d’Alice. Qui n’avait pipé mot. Renfermé dans ses grands yeux d’eau la scène qu’elle aurait dû laisser éclater, renfermés, piétinés les flammes qu’elle aurait dû laisser flamber, oubliés les mots qu’ils auraient dû jeter, les peaux déchirées, les baisers arrachées, les étreintes, leurs être démantelés. Et caresser son visage, lui dire qu’elle lui avait manqué, qu’il en voulait d’avantage, de nouveaux instants, une nouvelle existence, une nouvelle raison, qu’il était fatigué des miroirs qui reflétaient son ombre dans l’éclat de sa propre âme brisée, et que surtout, surtout, qu’il l’aim-…

    Mais au fond du silence qui passe comme un tourbillon glacial, il n’y a que son cœur mutilé qui s’effondre un peu plus.
    Alors il sourit.

    Un peu doucement, comme pour s’excuser sans pardon.
    Et dans le même sourire c’est soudainement son poignet qu’il tend, tandis qu’il détache ce fétiche qu’ils connaissent trop bien tous les deux. Figé dans un instant qui se meurt le sablier se balance au bout de sa chaîne tendit qu’il le tend vers la jeune fille. Yeux écarquillés qui ne comprennent pas, tandis que sa main se tend en retour doucement vers cette rédemption, comme deux bouts de corde usées qui se rejoignent, comme leurs visages autrefois proches d’un souffle, comme un passé que l’on oublie, comme, comme …
    Comme la main de Nathanaël qui se referme soudainement, ramenant le sablier à lui.

    -Vraiment, tu y as cru ? Tu vas continuer à être aussi stupide toute ta vie Alice ?

    Et dans un dernier regard, il lance en claquant la porte.

    -Et joyeux Noël surtout.

    Tu m’en briseras les os, mon amour.


Est-ce que tu sens le vide sous nos pieds
Est-ce que ce vide là tu le sens?




Et bonus:
 

De Mirmoz à Cam


Ma petite Cam ici Bonnie, je suis désolée de dire que tu n'auras pas ton Secret Santa tout de suite, Mirmoz étant indisposée pour le moment, elle m'a prévenu et s'en excuse, sois sûre que tu l'auras plus tard dès qu'elle ira mieux ♥ Je suis désolée ;;

De Cam à Bull


hrpg; POUSSEZ-VOUS MOI MON SECRET SANTA C'EST BULL, SKDLKZLKF. Non, je. Vraiment, j'étais comme une gamine cinq ans quand j'ai vu que j'aurais droit de jouer ton Kyle (mon héros, mon bébé, mon -/out) cette année miih. C'EST UN RÊVE DE PETITE FILLE QUI SE RÉALISE. J'avais tout plein d'idées sans jamais vraiment réussir à me décider. Finalement, j'ai essayé de faire au mieux malgré mon manque de temps, j'ai terminé ça très vite, j'en suis désolée ;; j'espère ne pas avoir trop réduit Kyle à de la pâtée pour chat périmée bouhouhou. Je te souhaite malgré tout un très joyeux noël et tout plein de belles choses encore ♥ PLEIN D'AMOUR SUR TOI.
oh et for the record, la scène se passe à Poudlard hihi. (et c'est complètement WTF, tu es prévenue >D) (et ouioui la citation c'est du George Michael mais chut vous n'avez rien lu) (♥)




WELCOME TO HOGWARTS



Last Christmas, I gave you my heart but the very next day, you gave it away ; this year, to save me from tears I'll give it to someone special. Once bitten and twice shy I keep my distance but you still catch my eye. Tell me baby do you recognize me ? Well it's been a year, it doesn't surprise me

Assis sur un énorme fauteuil en chêne au centre de la grande salle, coincé dans un abominable costume vieillot - qui soit dit en passant lui irritait l'entre-jambe - et assailli par une armée de mômes qui lui sautaient sur les genoux en braillant, Kyle maudissait le monde entier. L'adolescent ignorait ce qui l'avait poussé à accepter cette besogne suicidaire. Bon certes, il n'avait pas vraiment accepté. Disons plutôt qu'il n'avait pas exactement eu le choix. Quand la directrice lui avait demandé ce qu'il pensait de son "petit projet" ça avait plus tenu de la rhétorique faussement polie que de la véritable quête de son avis. Il n'avait pas clairement formulé de réponse négative mais - pour sa défense - pas de positive non plus. Ça avait plus tendu vers le "Errrh" ; aussitôt Aliénor et son très dévoué McAllistair, prenant cette onomatopée ramollie pour un Oui enthousiaste, lui avaient refilé l'affreux costume sans plus tarder. Kyle s'était alors retrouvé avec une montagne de satin cramoisi - moisi tout court aussi, soupçonna-t-il à l'arôme de renfermé et de pourriture qui se dégageait, hypothèse confirmée par les tâches noirâtres éparses qui égaillaient l'horreur satinée ; la chose devait avoisiner la centaine d'années au moins. Kyle lui aurait même volontiers ajouté un bon millénaire -

Dergnat partie, McAllistair avait alors donné un léger coup de baguette au tissu qui pris sans attendre la forme assignée. Dans un accès de décence, Lawrence avait même retiré les moisissures. Kyle le remercia chaudement par la pensée mais au regard que lui jeta McAllistair, il se demanda en déglutissant difficilement si le professeur savait lire dans l'esprit de ses voisins. Ça ne l'aurait pas surpris si tel avait été le cas, la télépathie étant devenue monnaie courante.

Vous avez bien compris votre rôle, MacNeil ? Ça doit être compréhensible même pour vous, j'imagine ?

interrogea la voix sèche du directeur adjoint. Kyle regarda le professeur d'un oeil torve, avant de centrer son attention sur l'habit hideux qui semblait le scruter d'un petit air sarcastique. Même cette horreur se payait sa tête. L'irlandais se dit que la vie lui en voulait personnellement.

Ouioui...

Du coin de l'oeil le rouquin vit la mâchoire de Lawrence se crisper un peu. De toute évidence, la léthargie de l'adolescent l'horripilait au plus haut point. Kyle ne pouvait que le comprendre et compatir au stress intense auquel était soumis le professeur en cette période festive. Avec une directrice qui fuyait toute responsabilité administrative, Lawrence devait avoir une charge de travail colossale.

Ce sera juste le temps de quelques jours, ne vous inquiétez pas.
Ouioui.

répéta machinalement le jeune homme, alors que ses pensées vagabondaient à la recherche d'une vague idée qui pourrait sauver cette petite boule fragile et délicate, terrorisée et meurtrie qui lui servait d'amour propre. Il réalisa qu'il n'y en avait pas. Il songea alors à abandonner ses études, quitter Poudlard pour préserver d'une mort certaine son orgueil squelettique et bafoué, et partir élever des hiboux Grands-ducs en Irlande du Nord. Les hiboux Grands-Ducs avaient beaucoup de succès auprès des sorciers fortunés, il pourrait vite se faire un peu de sous et...

MacNeil ! Concentrez-vous !
Ouioui !

Réitéra une nouvelle fois Kyle, toute ouïe cette fois-ci. Lawrence semblait vraiment lire chacune de ses pensées, ugh.

Vous êtes préfet MacNeil, ça induit d'importantes responsabilités !

Le roux grinça légèrement des dents, agacé malgré lui. Il y avait quatre maisons à Poudlard, donc par simple soustraction on comptait trois autres préfets masculins qui auraient pu se charger de cette tache ingrate. Il avait fallu que ça tombe sur lui. Pourquoi tout tombait toujours sur lui ? C'était quoi cette poisse légendaire ? Qu'avait-il fait au bon Dieu ? Était-ce parce qu'il était roux ? Non, non ! Enfin, ça ne pouvait pas être ça. Il était censé être le protégé de Godric Gryffondor tout de même ! Où était passée l'âme miséricordieuse du grand Godric, réconfortante et protectrice censée le sauver de tou-

MacNeil !
Oui m'sieur.
Pensez aux premières années moldus ! Ils ont besoin de soutien !

Oui, les premières années, pense aux premières années Kyle, se dit l'adolescent. Pense aux premières années moldus qui passent Noël loin de chez eux, pense aux premières années moldus qui ont besoin d'un Père Noël.

▬ ▬ ▬

Et le voilà donc aujourd'hui, notre cher MacNeil en ce matin de vingt-trois décembre, harcelé par une marmaille moldue indisciplinée qui hurlait aux cadeaux. Malgré sa barbe blanche - fausse merci bien, il avait bataillé corps et âme pour ne pas prendre la potion qui développait la pilosité. Il ne faut pas pousser mamie Kyle dans les orties non plus - son bonnet écarlate, les polochons qui lui dessinaient un ventre bedonnant sous son habit abominable, son identité secrète avait été découverte bien trop vite à son goût. Il soupçonnait les autres préfets d'avoir laisser filtrer quelques informations classées secret défense. Décidément, la vie le détestait.

Seulement il était désormais de notoriété publique que Kyle MacNeil était le Père Noël, et il se faisait poursuivre dans les couloirs par tous les bambins de onze ans qui cherchaient le cadeau parfait ou, quand par bonheur il arrivait à les semer, il attirait tous les rires goguenards des étudiants plus âgés qui voyaient en lui la risée des Gryffondors. Finalement, l'élevage de Grands-Ducs à Dublin n'était pas une si mauvaise idée...

Excédé, l'adolescent s'arracha aux gamins qui, à force de se taper dessus pour savoir lequel recevrait ses cadeaux en premier le ving-cinq, ne réalisèrent pas de suite que l'objet de leur discorde s'était échappé. Ravi de sa petite escapade, Kyle disparut en courant dans le dédale de couloirs du château, mais ce ne fut que pour se retrouver coincé au premier étage par une horreur à ailes qui lui fonça droit dessus. Avant que l'irlandais ne puisse reprendre son souffle, ce qu'il découvrit être un gnome ailé affublé d'une harpe ridicule se mit à chanter - crier serait un terme plus exact -

Dans un éclair d'effroi, Kyle réalisa qu'il s'agissait d'un gnome de saint valentin. Un WHAT THE FUCK se dessina au stabilo dans son cerveau.

Kyle ne sent pas l'ail, il est beau comme un amiraaal-al-al, il est génial-al-al, c'est notre héros nationaaaal ! Kyle est trop magnifique-ique-ique, c'est problématique, elle l'aime très fort, comme un château fort-fort-fort !

...

MacNeil est notre roi, il fera la loi-loi-loi ! Elle l'aime comme ça-ça-ça, il est trop magnifique-ique-ique, c'est problématiiique !!

Le gnome recommença sa comptine par trois fois sans que Kyle ne puisse l'arrêter. L'irlandais tenta une fuite mal assurée mais fut intercepté par son bourreau ailé. Oh non.
En un rien de temps, des curieux s'étaient approchés comme attirés par la mélodie de casserole de la bestiole. On entendit des rires moqueurs éclater un peu partout. Des hordes d'élèves de toutes maisons riaient aux éclats - mais soyons honnêtes, l'hilarité narquoise provenait essentiellement des verts et argent ; Kyle devina la silhouette de Karlstrom ricaner dans un coin, génial -

Woooh. Père MacNeil c'est qui ta mère Noël ?
Hey Pépé, tu devrais dire à ton fanclub qu'on est pas en février !
On est juste le 23décembre, ta meuf a que 2mois d'avance papi !

Kyle inspira un grand coup par le nez et ignora les remarques.
Finalement, quand tout le monde eut bien ri, le gnome se tut. Il avait une tête absolument horrible. Complètement déformée, au teint verdâtre, des dents qui partaient dans tous les sens, une face à vomir. La chose leva ses petits yeux de crapaud vers le gryffondor.

C'est miss Camélia qui a demandé ça. Je fais que mon job moi. J'ai autre chose à faire !!

Il avait une voix aussi affreuse que le reste de son corps - au moins ils étaient coordonnés. Son ton était rocailleux et agressif comme s'il blâmait tacitement Kyle de lui faire perdre son temps. Mais l'irlandais ne pensait déjà plus au petit être. Il se lassa doucement aller à une sorte de rage qui montait en lui. Il n'avait plus qu'un nom en tête. Camélia.

Il la repéra presque aussitôt dans la foule. Avec la distance, il ne put distinguer l'expression qui se dessinait sur son visage. Alors il s'élança vers elle sans plus attendre, bousculant ici et là. Il ne fit pas attention aux blagues narquoises, aux bouches moqueuses sur les visages. Il n'en pouvait plus. Elle était préfète avec lui chez les rouge et or. Il pouvait dire presque sans mentir qu'elle avait fait de sa vie un drôle d'enfer mais il était incapable de définir ce qu'il pensait réellement d'elle. Ça faisait des années, pourtant il n'avait pas vraiment de mot quand il s'agissait de cette fille-là. Il n'en avait jamais vraiment eu. Il aurait aimé dire qu'il la détestait, qu'elle était la pire garce du monde, qu'elle était bonne à baffer, bonne à expulser. Mais. Mais... Quand il arriva à sa hauteur, leurs yeux s'accrochèrent. Il y eut une demi seconde - même pas, moins sûrement - Un instant, l'infini. Puis ses doigts attrapèrent sa paume. Kyle reprit sa course, entraînant l'adolescente avec lui.

Ils coururent longtemps, MacNeil ne savait pas combien exactement. Aussi longtemps qu'il fallait pour semer les rires acerbes dans leurs dos. Il se dit simplement que ce n'était pas aussi facile que ça en avait l'air de courir en tenant quelqu'un par la main. Les doigts de Camélia s'étaient mêlés aux siens, il n'avait rien fait pour l'arrêter. Il ne savait pas trop pourquoi d'ailleurs. Même avec le vent de la course folle dans les escaliers, le souffle court qui lui brûlait les poumons, son pouls dément aux tempes, il se surprit à sourire. Il ne savait pas pourquoi, il souriait, c'est tout.

Il s'arrêtèrent pourtant. Il restèrent silencieux comme pour savourer encore un peu le moment - ou rattraper leurs souffles décalés, un peu des deux sûrement. Il se tourna vers elle soudain. Sourcils froncés, il lui demanda à quoi ça rimait tout ça. Le gnome, la chanson, un peu tout. Elle sourit alors. Elle avait un joli sourire cette fille. Trop joli d'ailleurs. C'était agaçant. Mais il n'aimait pas ce sourire, il le connaissait depuis le temps, c'était le rictus d'un beau mensonge.

Me mens pas Camélia. Juste... Non. Pas cette fois.

La bouche pulpeuse de l'adolescente qui avait commencé à s'étirer, se referma. Son sourire disparut. Elle baissa la tête une seconde, faisant tomber quelques mèches de sa frange sur ses paupières. Kyle se surprit à penser qu'elle était belle comme ça. C'était la première fois qu'il s'autorisait à penser une telle chose. Mais il était obligé de l'admettre. Elle était belle, un peu trop. Il déglutit. Elle releva les yeux.

Kyle...

Elle avait prononcé son prénom avec une telle douceur qu'il ne savait plus quoi faire. Il sentit son cœur battre un peu trop fort, comme s'il y avait des mots cachés derrière ces battements affolés. Il se pencha pour repousser du bout des doigts les cheveux de son front. Il pouvait presque sentir ses phalanges trembloter contre la peau pâle. Toute une guirlande de sentiments traversa le visage de Camélia. Il y en avait tellement, de toute part et de toute sorte, qui s'entremêlaient et se déliaient sous ses mèches émeraude. Kyle n'arrivait pas à attraper toutes ces émotions qui cavalaient, ça allait trop vite, dégringolait ces pommettes rosies, ces yeux humides, ces lèvres rondes, ce front un peu grand. On la sentait fragile, indécise, bouleversante.

Kyle avala difficilement sa salive. Il fit un pas puis un autre. Il se rapprocha encore. Il sentit son souffle tiède sur son menton. Il se pencha et lui prit un baiser. Juste comme ça. Il n'avait pas fermé les yeux, elle non plus. Leurs bouches se quittèrent. Une minute passa peut être. Ils échangèrent un long regard puis un autre baiser fut volé. Kyle ferma les paupières cette fois. Il pensa soudain que Camélia devait sentir son sourire sur ses lèvres mouillées.

Peut être que le grand Godric veillait sur lui finalement. Peut être que la vie ne lui en voulait pas tant que ça.
Sûrement que son Noël à lui s'appelait Camélia.
Merry Christmas, I wrapped it up and sent it with a note saying "I Love You" I meant it Now I know what a fool I've been But if you kissed me now I know you'd fool me again



De Bull à Jinx


I wish we were butterflies .
Voler, ce devait être comme nager. Ce sentiment de légèreté quand vos pieds quittent le sol, ou quand ils s'enfoncent dans l'eau... Certaines personnes avaient peur de nager, et pourtant, tout le monde rêvait de voler. Il se hissa sur le rebord du bassin et profita d'un dernier instant de calme avant d'aller en cours. La piscine était un endroit bruyant, rempli de cris, de rires, d'éclaboussements, et une fois dans l'eau tout s'atténuait. Il se demandait si le silence était le même, quand on volait dans le ciel. Seul, au milieu des oiseaux. Et puis haut, des avions. Et plus haut... rien. Le néant. L'espace d'un instant, l'adolescent s'imagina dériver dans l'infini, attiré par les étoiles, comme une bulle d'eau qui remonte et...

▬ Hé, Ariel ! Tu vas être en retard !
▬ Laisse tomber, il rêve au prince charmant. Y'a pas d'poissons dans l'coin, Townsend !

Richard sortit de sa rêverie pour voir passer deux élèves de sa classe, plus âgés, qui se dirigeaient en ricanant vers les vestiaires. Il les ignora mais se releva rapidement ; la moquerie avait au moins servi à lui faire réaliser qu'il n'avait pas vu le temps passer. C'est avec regrets qu'il quitta la piscine, si calme le matin, avant de s'enfoncer dans le froid hivernal. Pas de neige en cette fin d'années, mais un sacré vent, qui vous glaçait jusqu'à l'os en vous poussant jusqu'au bâtiment principal, comme pour vous dissuader de rester flâner dans le parc pour sécher les cours. De toute manière, les adeptes de l'école buissonnière trouvaient toujours une bonne planque, et Dick n'était pas l'un d'eux. Bon élève, c'est d'une marche rapide qu'il rejoignit sa classe pour arriver à l'heure. L'ambiance du cours était légère, les fêtes approchaient et, avec elle, Noël, les cadeaux, la famille. Sa famille. Richard songeait aux retrouvailles, l'esprit ailleurs et silencieux comme toujours au milieu des caquets des autres élèves, tout excités.

▬ Qu'est-ce que tu as demandé pour Noël ?
▬ Haan j'sais pas. J'aimerais bien le même collier que Montaigue, tu sais ? Avec les diamants et tout...
Ruby Montaigue ?
▬ Chuut j'ai pas envie que cette espèce de pimbêche le sache, déjà qu'elle me prend de haut là, tss...
▬ Haha, ouais je vois. Bah t'en fais pas, t'auras jamais les moyens de te payer ça, de toute façon.
▬ Pff ! Et toi, y'a un truc que tu voudrais en particulier ?
▬ Ah nan j'peux pas dire, c'est personnel !
▬ C'est bon, tu peux le dire, on sait tous que tu fantasmes sur Stratford, comme la moitié de ce bahut.
▬ Je préfère fantasmer sur un mec plutôt que sur un bijou, ma pauvre fille.

Dick profita de la sonnerie annonçant la fin du cours pour se glisser hors de la classe, loin d'une conversation aussi bruyante qu'insignifiante, entre deux filles PHY apparemment très concernées par les fantasmes cachés de chaque élève. Les deux commères le suivirent jusque dans le couloir et il rentra la tête lorsqu'une tignasse blonde se retourna vers lui pour foncer sur elles :

▬ VOUS ALLEZ LA FERMER ?
▬ Han ça va Charlie, t'énerve pas.
▬ T'AS CRU J’ÉTAIS TON POTE ?

Richard se décala en crabe pour laisser passer fuir les filles avant de continuer sa route. Il aurait voulu faire le vide dans sa tête, mais ces bavardages incessants lui rappelaient qu'il n'avait pas trouvé de cadeau pour Robin. En fait, il était trop timide pour lui demander ce qui lui ferait plaisir. Il pensait à un livre, mais lequel ? Il fallait pourtant qu'il se bouge s'il voulait pouvoir le lui offrir à temps. Enfin... le déposer devant sa porte pour le 25 décembre. Ce serait déjà un grand pas.
Il décida de faire un tour à la bibliothèque, afin de trouver un peu l'inspiration. L'ambiance était presque aussi calme qu'au fond de la piscine, et les deux lieux se prêtaient bien à la réflexion. Mais le deuxième était piège. Trop calme, si bien qu'il avait tendance à ne plus penser du tout. Il ressortait de l'eau apaisé, mais pas plus avancé. Ses pas le guidèrent donc vers l'antre livresque, dans lequel il se perdit quelque peu entre la poussière, les rayonnages et le silence entrecoupé de toussotements et de chuchotements.

Et puis, il l'aperçut. Ses cheveux châtains, une mèche ondulée au-dessus d'un livre, et sa main qui tournait la page alors qu'absorbée dans sa lecture, elle ne l'avait pas remarqué. La main un peu tremblante, le cœur battant, Richard prit son ardoise et écrivit. Il la tourna en direction de Robin, inspira à fond en rassemblant tout son courage, bien décidé à aller de l'avant. Il fit un pas. On lui arracha l'ardoise des mains avant qu'il ait pu en faire un deuxième.

▬ Quel est ton vœu ? lut-on à voix haute.

Il se retourna et reconnut ces deux idiots de PHY plus grands que lui...

▬ T'as fait ta liste au Père Noël, Ariel ? ricana le premier.
▬ Si, même qu'il a demandé un prince charmant, renchérit l'autre, qui n'avait apparemment qu'une blague dans son répertoire.
▬ Pauvres crétins.

Aussi soudainement qu'elle avait disparu de ses mains, l'ardoise s'envola de celles du gros lourd et s'écrasa sur sa tête, puis sur celle de son copain. Ruby Montaigue apparut derrière eux lorsqu'ils se plièrent en deux à grands cris outrés, en se massant le crâne. Une ribambelle de "chuuuuut" non moins révoltés fusèrent de partout, les intimant au silence. Ruby fit un petit signe vers la sortie, comme pour les défier de s'y jeter en courant avec qu'elle ne les y conduise personnellement. Et sans délicatesse. Richard ouvrit de grands yeux devant cette fille qui portait le même prénom que sa sœur, mais qui était habituellement trop occupée à l'ignorer. Machinalement, il jeta un coup d’œil derrière elle mais ne vit pas Jude. Il reporta son attention sur l'ELEM et esquissa un sourire timide, reconnaissant, mais ce qu'elle ajouta effaça bien vite son expression :

▬ À votre âge, vous devriez savoir que le Père Noël n'existe pas, dit-elle aux deux PHY, avant de se tourner brièvement vers Dickie, qui baissa les yeux. Tu ne devrais pas les laisser te marcher sur les pieds comme ça.

Elle jeta un petit coup d’œil vers les tables les plus proches, d'où Robin s'était retournée, sourit mais n'ajouta rien et lui rendit son ardoise en silence. Lorsqu'elle s'éloigna, Richard se demanda s'il n'avait pas rêvé. Mais en se tournant vers Robin, il vit que celle-ci était à nouveau penchée sur son livre, et il ne sut pas si elle avait échangé plus qu'un regard avec l'ELEM. Savoir qu'elle ne croyait pas au Père Noël le chagrinait un peu. Lui-même y avait cru pendant longtemps, et maintenant encore, une petite partie de lui espérait toujours un petit miracle avant de s'endormir la veille de Noël. Ne serait-ce qu'un tapis blanc au matin. L'important n'était pas "en qui", ou "pouquoi". L'important, c'était d'y croire. Il ignorait bien sûr que Ruby aurait massacré le premier qui aurait osé répéter ses propres paroles à Jude Capulet.



Dick était assis en cours, le menton dans la main, les yeux rivés sur les flocons qui voletaient dans le ciel. Ce vœu informulé, celui que tout le monde espérait encore en silence, sans oser le dire tout haut, parce que la neige, c'est bon pour les enfants. C'est moche la neige, sur les routes c'est moche, dans les villes c'est moche, ça vire au brun après deux jours. Ou alors ça gèle et là, c'est pire. Mais un Noël blanc, ça fait rêver même les grands. Et ce vœu-là, oui, risquait bien de se réaliser cette année. Mais pas le mien, songeait Dickie, dépité. Manque de courage ou mauvais timing, la sonnerie avait retentit alors que Ruby Montaigue le laissait seul en bibliothèque, seul face à Robin. Si on pouvait dire cela, puisque la demoiselle lui tournait le dos. Mais il n'avait que quelques pas à faire, quelques pas et, son ardoise bien en vue, il aurait su. Au lieu de cela, il s'était retourné quand elle s'était levée et, à toute allure, il avait rejoint sa salle de cours. Pour ne pas arriver en retard, parce que Dick était bon élève. Tellement bon élève qu'il n'écoutait rien, trop occupé à se morfondre sur un cadeau qu'il ne trouverait peut-être jamais, suivant des yeux un flocon léger, tout léger et qui, porté par le vent, montait plus haut, toujours plus haut... à se perdre dans le gris infini du ciel. La sonnerie retentit deux fois plus fort, lui semblait-il, lorsqu'il sortit de sa rêverie. Déjà la fin de la journée, et plus que quelques heures pour trouver un cadeau ! Dick se laissa porter jusqu'au parc par un flot d'élèves joyeux, heureux d'être libres. Bon. La bibliothèque, ça n'avait pas marché. La piscine serait son plan B. Tout en sachant pertinemment que là ne se trouvait pas la réponse à sa question, Dick s'y rendit avec un optimisme renouvelé. La seule perspective de s'immerger dans son ciel à lui le rassurait. Son ardoise sous le bras, il poussa la porte du bâtiment annexe et se faufila jusqu'aux vestiaires. En laissant ses affaires dans un coin, il posa un regard un peu attristé sur les mots toujours écrits, mais presque effacés. N'y pense pas maintenant, se dit-il. Il savait qu'il retrouverait bientôt le sourire.



Le sac de Richard Townsend resta seul un long moment. Trois bonnes heures, au moins. Les vestiaires étaient quasiment vides. La piscine aussi, car tout le monde était pressé de rentrer. Cela faisait le bonheur de l'adolescent sirène. Parfois, on se contentait d'un petit rien. Un simple geste, même inconscient, faisait parfois sourire les gens. Ainsi, elle souriait lorsqu'il plongea dans l'eau, et elle souriait encore lorsque sa nageoire dorsale fila à une vitesse folle jusqu'à l'autre bout du bassin. Pendant un moment, le sac de Richard Townsend se sentit un peu moins seul. Et toujours souriante, elle repartit. Il se sécha et récupéra ses affaires là où il les avaient laissées, l'ardoise toujours posée sur son sac. Lorsqu'il le souleva pour le mettre sur son épaule, un petit mot tomba.


Et Dick sourit.

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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:17

Okay tout est là, à vos commentaires pendant que je rectifie quelques codes pas contents ~


Dernière édition par Aelys E. O'Brien le Mar 25 Déc - 14:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:23

et je mais preeeuuuuumms... Béa je tu. j'étais juste morte de rire du début a la fin... je je veux un livre entier comme ça !!!! je te love coeur bave caline . pouet.

maitre. /genoux/ /baise pied.
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:31

...asdfghjklej merci beaucoup Jinx j'ai adoré ♡ c'est du Sandy tout craché, c'est parfait, c'est exactement ça (parfois je me dis que les gens arrivent mieux à cerner mes persos que moi, c'est un comble sans déconner) joyeux noël et merci encore je vais relire ton secret santa tout de suuuuite /o/

NYNH TU VEUX MA MORT ?! limite j'ai l'impression d'avoir eu DEUX secret santa !!!!!
kyaaaaaah, merci aussi du coup parce que je suis trop contente du lire du Richarley (je suis toujours contente de lire du Richarley) (le Richarley c'est ma vie 'comprenez) (c'est le Richarley qui me fait lever le matin) (qui me fait vivre) (qui m'endort) (qui-BRRRREF). encore merci merci merci beaucoup ♡♡♡

Joyeux Noël à tous bandes de bébés phoques !!!
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:47

(Hiihogfihsldg je suis contente que ça te plaise j'avais peur de défigurer à l'acide la jolie jeune Sandy ; __ Wink

Bull, je. Putain, putain je. Aaaaah.





comment dire que tu as secoué tous mes petits feelings déjà massacrés par Noël Very Happy et puis le caméo de rage!Charlie omg. OMG. ET RUBY GRANDE SOEUR J'ADHERE DIX FOIS ET COMMENT TE DIRE QUE C'EST EXACTEMENT CE QUE E VOULAIS FAIRE AVEC DICKIIIIE AAAHAHAM/AJEGMKLAIGHK/F.µ%ZF§KQSF



LET ME LOVE YOU FO EVAH CLEAR?
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:51

Ah. Du ShevSine. Je. TU M'AS PRESQUE FAIT PLEURER D8
Non mais t'es awesome. J'te confierais Shev si je devais l'abandonner (j'ai l'impression que tu la joues mieux que moi LOL)
JE T'AIME TAE ! Dire qu'à la base je te connais presque pas en fait JE VAIS ME PENCHER SUR TON CAS JE PEUX PAS NE PAS AVOIR DE LIENS AVEC LES PERSOS D'UNE FILLE QUI ECRIT SI BIEN. AMOUR SUR TES JOUEEEES ♥♥♥

EDIT : COMBO PHY ! 8D
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 14:54

Harley A. Jordan a écrit:
(parfois je me dis que les gens arrivent mieux à cerner mes persos que moi, c'est un comble sans déconner)

......pile ce que je me disais alors que je lisais mon magnifique cadeau.
NYNH. tu abuses ma chirie. c'est toi qui écris divinement bien, je t'offre tout l'or du monde, c'est beau et c'est bon, j'en redemande (on dirait un verdict de Master Chef dit comme ça.) JOYEUX NOEL A TOI. rien que le petit message du début a fait fondre mon petit coeur de faon aux sabots tendres (les faons ont ils des sabots ?) OK alors tu te dénigres pas comme ça c'est moi qui te regarde briller tel l'étoile de Bethléem (pour être un peu plus dans le contexte.) c'est moi qui ferai ton secret santa hé je commence déjà plein d'avatars pour Amachou je te fais des bisous de partout.

les gens ce que vous faites est beau et je lirai tout VKT. je lève les pouces tel un Paul Defès trop content.

(bon Chupp si tu m'entends bb ne prends pas trop garde à la randomité TOTALE de mon truc. voilà. joyeux noël <3)
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 15:19

Gniiiih vous êtes merveilleux les gens, les secret santa vendent du rêve. GGKFDLNJ LËLA, DU CHARLISANDRA. DU CHARLISANDRA. gniiiih. En plus trop mignon daaw je. oui je suis guimauve je suis heureuse ok désolée si ça dégouline sur vos écrans, là. merciiii.

ilu ♥♥♥
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 15:35

je. j'adore apres lecture. ils sont tous juste trop gniii.

et je dois arrétez d'écrire Lysandra aussi bordel. j'avais pas fait gaffe. désolée alcyone. 8D
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 16:28

Chupp I love you
c'est tellement parfait que j'en ai le coeur tout blanc. comme je ne suis pas douée pour les avalanches de compliment je vais me contenter de te dire que tu m'as fait énormément plaisir et que j'ai interrompu la dégustation de mon repas de noel pour TON TALENT (en plus tu es plus in character que moi).
donc JOYEUX NOEL CHUPPS tu le mérites tellement.

(du coup mon machin fait vraiment rabougri en dessous) (sérieux Ludy tu peux me balancer deux trois boules de neiges vengeresse pour ce ss xD)
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 16:50

Oh Gun, Lenny, je suis mega contente de pas avoir pourri le Richarley j'avais la trouille de passer à côté huhuhu.

Et encore cette année tous les textes sont trop beaux c'est la classe ;w;
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MessageSujet: Re: Believe me, Santa • Secret Santa V3   Mar 25 Déc - 17:20

Sweet Arceus tous ces beaux trucs pff guys stahp.

Bref en tout cas merci Lisoun, c'était tout choupi iiih <3 (iiihihi du ZoraLuca ihihihiii /dies) (oui je. suis pas douée pour les remerciements) (et je suis un peu trop défoncée pour m'étaler en kyattage) (ahaha pardon orz)
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