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 The less I do control ; Mohsen.

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MessageSujet: The less I do control ; Mohsen.   Dim 2 Mai - 0:15



    Things are gonna change
    And not for better
    Don't know what it means to me
    But it's hopeless, hopeless.

    Everything is Everything - Phoenix

    Elle cogna son épaule douloureuse contre le mur. Merde. Elle essaie de se redresser, et de marcher droit. Elle colle alors son autre épaule contre le mur opposé et se laisse glisser en marchant. Contrairement à d'habitude, elle ne parcourt pas les escaliers et couloirs avec gaieté et rapidité. Au contraire. Ses pas sont lourds. Ses pieds peinent à décoller. La nuit tombe. A travers les fenêtres, de rares lueurs éclairent Juvénile. On ne peut apercevoir son visage – trop sombre. Mais on devine son état par sa façon de bouger. Wolle est quelqu'un d'assez spontané, on l'aura remarqué. Si elle se déplace, c'est avec la pêche, sinon, elle ne se déplace pas. Elle reste sur un fauteuil confortable se régénérer un peu.
    Là, elle n'avait ni l'envie, ni le temps de se prélasser devant des programmes télévisés aussi bêtes qu'inutiles. Certes, retrouver Isaac aurait été bénéfique. Mais malgré sa démarche alambiquée et gênée, on sentait de l'impatience. Elle voulait rejoindre sa destination le plus vite possible. Le plus vite.

    Elle n'en pouvait plus. De ce sang qui s'écrasait sur son chemin, qu'elle aurait voulu nettoyer, de cette douleur horrible, partout. Elle avait l'impression de brûler, de se fondre, même. Mais elle continuait. Voyant des lueurs, elle se détournait de son chemin, quitte à en parcourir un plus long encore. Elle ne voulait pas qu'on la voie.
    Elle ne voulait pas qu'on la voie, ainsi, dégoulinante de sang et de boue. Elle ne voulait pas qu'on la voie ainsi, les vêtements amochés, la mine déconfite.
    Elle ne voulait surtout pas qu'on la voie hoqueter, le visage inondé de larmes.

    Parce qu'en plus de la vision de la marche, il y avait le son. Certes le plus silencieux possible, mais les reniflements trahissaient une jeune fille emo en détresse.

    Elle faisait n'importe quoi pour qu'on ne la voie pas comme ça. Ni Maximilian, l'infirmier, ni ses amis qu'elle adorait pourtant. Elle aurait pu aller voir Kirsten pour qu'elle la soulage un peu. Elle aurait pu aller voir Shubha, Lancelot, Isaac, pour qu'ils montent une vengeance. Elle aurait pu aller voir beaucoup d'autres gens, pour qu'ils se plaignent sur elle, et la rassurent.
    Mais elle savait que cela n'avancerait à rien. Mais surtout, cela aurait été très humiliant. Elle ne voulait pas qu'on la voie faible comme ça, elle qui a a essayé de monter une réputation sulfureuse. Cela lui rappelait ses premières années, à Aisling, quand on lui demandait de filer tout l'argent et la nourriture qu'elle avait, quand on la giflait sans qu'elle ne dise rien, quand on lui donnait des coups de pieds alors qu'elle écrivait les devoirs d'un autre. Le côté sombre et emo de Wolle n'avait rien de plaisant. Elle se mettait dans un de ces tels états qui faisaient que personne ne lui rappelait son passé.

    Puis elle reconnut les bruits du couloir des dortoirs. Elle accéléra la cadence pour passer discrètement. Et voyant la porte de sa chambre, elle l'ouvrit violemment, la referma plus violemment encore et... s'immobilisa. Merde. Mohsen.

    Elle ne savait pourquoi, voir Mohsen la déstabilisa plus que ce qu'elle n'imaginait. Car elle a beau avoir évité autant de monde que possible, elle se sentait confiante, à regagner sa chambre.

    Elle ne sut que faire. Elle ravala ce qu'elle avait, ne pensa pas à s'essuyer le visage, ni à s'arrêter de pleurer niaisement.

    Merde merde merde.

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MessageSujet: Re: The less I do control ; Mohsen.   Sam 8 Mai - 18:46

What took you so long ?



It's up in my heart when it skips a beat
Can't feel no pavement right under my feet
Up in my lonely room
When I'm dreaming of you
Oh what can I do ?
Dreaming of you - The Coral

« Putain de merde. Je sais pas c’qu’il se passe dans ma tête, mais vazy quoi, y’a un flot de … de choses inconnues qui s’y bousculent. J’pige pas c’qu’il se passe, j’ai pas vraiment envie, faut dire. Moi, j’veux rien comprendre, j’préfère rester bête. Je devrais avoir honte de vouloir rester la tête vide. Mais quand j’vois tout ces autres gens, si beaux, si intelligents, bouffés par leur propre pensées et en plein dans leur trip d’emo kikoolol… bah moi j’me dit que d’être prise pour une véritable crétine, c’est mieux et cool. Au moins, j’ai pas trop d’emmerdes. Enfin, si, toujours mais moins. Bref, j’sais plus c’que j’veux dire. Putain, l’intelligence ; la substantifique moelle. Mon cul ouais. Dans la vie, on a besoin que d’une chose : l’instinct. Genre t’es dans la merde, savoir que, euh, que Rousseau était un enculé, ça va te sauver ? Te nourrir ? Mouarf, j’y crois pas trop. C’est plutôt en utilisant ton putain d’instinct que tu vas t’en sortir, chais pas moi, ça va te forcer, genre à voler d’la bouffe, plumer les passants. Des trucs comme ça quoi. Enfin bref. Je sais plus ce que je voulais dire. Ah ouais ! L’instinct ! Bah en ce moment, mon instinct joue avec mon fragile petit cœur d’adolescente lol. Chais pas moi, j’ai l’impression qu’un truc pas net s’est passé. Un mec a dû s’étouffer avec une banane sûrement… Ouais mais non. J’ai l’impression que c’est autre chose. Quelque chose de plus grave mec ! En plus, j’ai pas vu Wollie d’la journée. Elle était pas en cours. Ouais nan mais ça en fait, j’en sais rien parce que moi non plus, j’y étais pas, mais y’a une meuf qu’est venue m’voir en m’disant, avec sa voix de conne : « Bah alors t’es pas avec Pix lol ? ». Bon okay, elle a pas dit « lol » mais j’aurais juré l’entendre. ‘Fin laisse tomber mec, j’ai pas vu Wollie. Quand j’me suis levée, la seule chose que j’ai découvert, c’est les deux 95 C que j’avais à la place de ma platitude habituelle. J’te dis pas la galère pour trouver un soutif et un t-shirt adéquat. Évidemment, c’était un coup de Pix, hier soir elle a dû utiliser son don de merde et me forcer à modifier mon corps ! C’est pt’être pour ça qu’elle est pas revenue, parce qu’elle sait qu’elle va s’en prendre plein la gueule d’ma part… Ouais mais non quoi ! Chuis pas méchante, pas avec Wollie. Et puis elle s’rait revenue pour bouffer. Bah ouais, le ventre de Wollie, c’est sacré mec. Enfin chais pas. Elle est pas là. Et ça, j’dois avouer que… que ça me plaît pas trop trop. Merde. »

Un flot de pensées continues assaillait la pauvre tête de Mohsen, qui n’était pas habituée à ce genre de choses, et des sentiments encore inconnus se bousculaient dans son ridicule cœur, aux capacités bien médiocres ! Mais diable, que lui arrivait-il donc ? Serait-ce un virus extraterrestre venant des goyaves ?! Ah ah, pauvre enfant, elle découvrait seulement les joies de l’adolescence. Les terribles joies de l’adolescence. Cruelles et destructrices. Mais arrêtons nous là, nous virons emo, mes amis.
La raison de cet état fort embêtant était bien évidemment sa chère et tendre Wolle. Ou plutôt l’absence de cette dernière. Effectivement, Mohsen se retrouvait en pauvre orpheline du désert, sans sa comparse de toujours. Elle ne l’avait pas vue de la journée et Pix lui avait laissé comme seul souvenir une belle paire de seins : un truc dont elle se serait volontairement passé en bref. Non parce qu’à cause de ces deux jolies rondeurs, notre pauvre brebis égarée sans sa bergère s’était retrouvée confrontée aux hormones virulentes d’un certain blond dont nous tairons le nom, afin de pas encore plus briser la santé mentale de cette pauvre Mohsen. Enfin bref, elle ne l’avait guère vue aux repas, ni aux pauses et quand les cours furent finis, la pucelle ne put constater que le vide abyssal que laissait Pix quand elle n’était pas là. C’était fou comme elle s’ennuyait, quand son double négatif n’était pas là… Que pouvait-elle bien faire quand elle n’était pas là ? Seulement regarder le temps s’écouler.
Allongée sur son lit, les bras croisés derrière sa tête blonde et vêtue d’un large t-shirt vert fluo appartenant à Wolle - il avait son odeur, voyez-vous -, la minorité nationale attendait patiemment le retour de l’allemande. Pour faire passer le temps, elle comptait les papillons de nuit venus de la fenêtre ouverte pour se brûler les ailes à l’ampoule de la lampe de chevet. Il y en avait quatre, en tout. Quatre crétins aux envies suicidaires. Rien de passionnant. Mohsen bailla bruyamment et se releva doucement de son lit puis attrapa la cartouche de cigarettes et son briquet rose fluo à fleurs jaunes qui prônaient sur sa table. Elle s’accouda au rebord de la fenêtre et alluma une cigarette, observant la nuit qui tombait peu à peu. Elle s’ennuyait comme un rat mort, tiens. Et Wolle ne revenait toujours pas. Mais bordel de putes à frange, où était-elle passée ?!

Soudainement, la porte s’ouvrit et se referma aussi violement qu’elle fut ouverte. Ô joie ! Le regard de Mohsen s’illumina et elle se retourna vivement, sachant pertinemment que cela ne pouvait être que Wolle. Mais la cigarette qui trônait au coin de la bouche de la blonde vint s’écraser sur le sol, fumante. Et le regard de Mohsen s’éteignit aussi vite qu’il fut allumé.


    « Ju-Juvénile … ? » articula-t-elle difficilement.


Qu’il était rare que Mohsen l’appelle de cette façon ! C’était bien Wolle qui se tenait là, face à elle, mais dans quel état elle était ! Cassée. Brisée. Les larmes ravageant ses joues rouges. Le corps maculé de sang, tatoué d’ultimatums et rongé par les égratignures. Une boule s’installa dans la gorge de Mohsen, en même temps qu’elle fermait ses poings si fort que la jointure de ses doigts devint blanche. Et la cadence de son cœur qui s’accélérait dangereusement, affolé d’une telle vision. La rage qui naissait dans son ventre n’était pas des moindres ; qui était l’enfant de salaud qui avait abîmé sa si jolie poupée ? Mohsen ne comprenait pas réellement ce qui se passait en elle, toute cette tumulte de sentiments qui tourbillonnaient en elle. Il était vrai qu’elle aimait Wolle, sa tendre et chère meilleure amie. Mais les relations étaient si futiles pour elle, si superficielles qu’elle ne s’attachait jamais sérieusement. Tout ces gens n’avaient été jusque là pour elle qu’un jeu idiot, un amusement de plus dans cette morne vie, qu’au fond, elle ne maîtrisait pas. Et la voilà prise au piège de son propre jeu, son pion ne répondant plus aux appels qu’elle lui lançait. On avait touché à Wolle, et elle avait la désagréable impression qu’on avait touché une petite partie de son cœur de pierre, de son propre cœur coffre-fort. Mohsen n’avait jamais ressenti cela. Même lorsqu’ Andrew avait des problèmes, et qu’elle intervenait, elle n’avait pas ressenti ça, elle n’avait pas eu aussi mal. C’était drôle d'habitude, mais là c’était… c’était juste triste. Et elle se sentit bête à en pleurer, plantée là, désemparée, face à Wolle en pleurs. Elle avait déjà vu les larmes de la jeune fille, mais pour des chagrins d’amour. Or, les larmes auxquelles elle faisait face étaient sûrement d’un autre genre. Un genre qu’elle n’avait jamais confronté avant. Ou alors, elle avait oublié…

Mohsen ravala sa salive ; il était temps qu’elle agisse au lieu de la regarder. Doucement, elle s’approcha de Wolle, craignant de l’apeurer, comme si elle n’était qu’un fragile animal prêt à s’enfuir au moindre geste brusque. Elle ne savait pas pourquoi elle agissait comme ça, avec cette attitude si douce, si contrastante avec la violence des sentiments qui s’emparaient d’elle. Rien de ce qui se passait en elle était logique - de tout manière, Mohsen était-elle réellement quelqu’un de rationnel ?-, non, non, elle fonctionnait à l’instinct. Et là, son instinct, il ne lui disait pas de se foutre de sa gueule, de ramasser sa cigarette qui se consumait ; rien de tout ça. Il lui murmurait de s’occuper de Wolle, tout bêtement. De s’inquiéter. Et une fois arrivée à la hauteur de la blessée, il lui souffla doucement de la prendre dans ses bras. Délicatement.

    « Putain, Pix, j’m’inquiétais pour toi, merde ! Dis moi qu't'es tombée dans les escaliers ou quoi ! »


Et j’avais pas totalement tort, tiens
… pensa-t-elle alors qu’elle caressait doucement les cheveux de Wolle, ayant niché la tête de cette dernière dans son cou.

Instinct de merde.
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MessageSujet: Re: The less I do control ; Mohsen.   Sam 5 Juin - 21:42


HJ : ça va pas fort en icons en ce moment. xD
HJ 2 : han c'est plat. je rattraperai avec de moments forts dramatiques.



    Cette chambre, c'était sa vie. Ca fait un peu Harry Potter, quand on dit ça comme ça. Du genre, ahaha, mes parents sont morts, je suis maudit, mon école est mon seul refuge. Mais ce n'était pas ça. Cette chambre aux posters débiles, allant de Kuzco à AC/DC, au bazar monstrueux et aux vêtements dignes de policiers qui font la circulation (c'est à dire très voyants). Bref, cette chambre. Cette chambre. C'était presque la deuxième bestah de Pix. Mais bon, c'était un peu craignos de dire sur son blog qu'on avait un peu de ciment pour meilleur ami.
    Cette chambre, c'était en fait plutôt comme sa mère. C'était celle qui avait vu pousser et grandir Pix, plus que n'importe qui au monde. Mais on va oublier le côté mélanco métaphore parce que je déteste ça (et que j'y suis nulle.)

    Dans cette chambre, les premières années, la petite Juvénile pleurait parce qu'elle se faisait taper dessus. Alors Mohsen, elle venait, la secouait, et lui disait comment se venger. C'est vrai, c'était drôle, cette première nuit dans la même chambre. La brune avait peur de l'autre, l'agressive; la PHY. Il fallait se demander ce qu'il a pu se passer pour que deux personnalités aussi distantes soient casées dans le même cube. En tout cas, Mohsen a beaucoup aidé l'Allemande à grandir et à se défendre.
    Puis est venue l'époque où Pix pleurait parce qu'elle se recevait divers râteaux. Parce qu'on lui disait qu'elle était moche, qu'elle était petite et inutile. Elle a commencé à sécher les cours et à oublier son journal intime dans lequel elle se défoulait. Cet idiot de journal intime.

    Et là, pourquoi elle pleurait ? Parce qu'elle s'était faite piquer son stylo préféré, parce qu'à la cantine, on l'a provoquée ?
    Elle laissa couler ses sanglots, son (grand) front sur l'épaule de Mohsen. C'était assez honteux, mais qu'est-ce que tu avais à faire quand tu chialais comme un malade après t'être fait choper ? Tu n'allais pas commencer à dire oui mais non, évite de faire ça, ça salit les vêtements, et puis c'est mon t-shirt que tu as l'as, alors tout est d'accord, on peut continuer, etc.
    Qu'est-ce qu'elle avait ? On ne peut pas dire qu'elle était à moitié morte dans la mesure où elle se tenait encore debout. Dans un tel état, Wolle aurait défoncé la porte et hurlé OUTRAAGE ! VENGEONS MOI ! Enfin, oui, elle était en mesure de le faire. Wolle était quelqu'un d'impétueux, et ce ne sont pas des hématomes ou des bleus qui l'auraient arrêtée. Dans son état normal, oui, elle aurait entraîné son amie dans une aventure heroic fantasy pour se venger.

    Mais elle se rendait compte à quel point elle était quelqu'un de faible.
    Vous allez me dire, lecteurs et lectrices féministes HAN mais j'aimais Pix, elle était forte et courageuse, elle combattait le sexisme, la faiblesse de la femme ! Mais voilà, on vous déçoit, marchandise erronée. La brunette n'est pas de ces Wonderwomans qui crachent du feu quand un machiste hurle dans un supermarché – disons que Pix admirait Carmen pour cette raison là.
    Voilà, erreur de livraison, ce n'est pas mini Supergirl qui habitait avec Tornade, mais une nullarde qui pleurait.

    Elle renifla avec peine et toussa. Pas de scène gore où elle crachait du sang par terre en suffoquant, mais elle sentit quand même un goût amer dans le fond de sa gorge.
    Amer... était-ce un peu de sang, c'était plausible, où était-ce juste ce goût désagréable de la défaite pour l'orgueilleuse Juvénile ?

    Elle avait envie de quoi ? De laisser couler son amertume sur sa moitié, où de la repousser, pour pas qu'elle ne la voie pas dans un état pitoyable ? Elle pourrait dire « je ne sais pas qui m'a fait ça... » mais ce n'était pas très constructif; « j'ai mal » mais ce n'était pas très utile ou un simple...

      « Merci... »

    Mais peut-être Mohsen la prenait-elle pour une masochiste. On sait pas. Après tout, hein.

      « Merci, Mohsen. »

    Et … ?

      « Mohsen, merci de... »

    Mais la suite fut inaudible avec l'avalanche de hoquets et de secousses qui suivirent. Eh, une fille qui pleure, c'est pas comme une pute qui se drogue. (Ou si ?) Elle toussa encore, puis se détacha, avec un faible sourire de GI qui vient d'essuyer de blessures inqualifiables mais qui sourit quand même parce que c'est un Américain et qu'il est filmé.
    Elle voulait dire aussi « excuse-moi, mais ça me pique » ou « tu pourrais m'aider à me panser ? » Mais elle eut un espèce de flash.

      « Quoi, dans mon désespoir trouvez vous tant de charmes ?
      Craignez vous que mes yeux versent trop peu de larmes ?
       »

    Eh, Bérénice, dans un des premiers cours de littérature que l'on suit normalement depuis des années, ça marque. Pix trouvait tant à dire sur cette pièce où rien ne se passait. Mais le déchirement de Bérénice qui se voit repoussée par son amant Titus, empereur romain, l'a touchée sans qu'elle ne comprenne. Enfin bon, cette histoire lui avait donnée envie de venir à tous les cours de littérature suivants, et même de racketter un exemplaire pour qu'elle puisse le lire intégralement.
    Enfin, c'était un de ses flashs qu'elle avait. Bien sûr, elle n'avait pas récité les deux alexandrins de Racine avec la fougue que Bérénice aurait dû avoir, mais plutôt avec une voix basse et monotone.
    Ce n'était pas forcément ce qu'elle pensait -genre, qui aurait affirmé à son meilleur ami qu'il était un profond sadique ? Peut-être celui de Seth, mais non non.-

    Elle fit un autre sourire sénile et s'allongea sur le lit en soupirant comme une mamie.
    Qu'elle ait été tabassée ou pas, Pix se comportait souvent en mamie, ces derniers temps.

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MessageSujet: Re: The less I do control ; Mohsen.   Ven 3 Sep - 0:58

Et un, deux, trois Alice est tombée dans un trou noir
Je pourrais peut-être la sauver ?

C’était quoi, finalement, l’amitié ?
C’était soutenir l’autre quoi qu’il arrivait ? Lui jurer fidélité jusqu’à la mort ? L’aider à dissimuler un cadavre à quatre heures du matin ? Ne pas baiser sa femme ? Lui prêter du fric lorsqu’il avait des dettes ? Lui tendre la main lorsqu’il se cassait la gueule ? Lui arranger ses plans cul ? Appeler sa copine pour lui dire qu’il cassait ? Ne jamais lui mentir ? Lui apporter son soutien ? Ou des oranges s’il finit en prison ? Ne pas voler ses affaires et les revendre ? Casser la gueules aux connards qui le faisaient chier ? Ne jamais le frapper ? Garder ses secrets ? Lui prêter son épaule pour qu’il puisse pleurer dessus ? Écouter sans un mot toutes ses peines de cœur ? Lui tenir les cheveux lorsqu’il vomissait ? Ou alors le filmer ? Se laisser embarquer dans tout ses plans tordus ?

Mohsen avait toujours su que ses épaules étaient bien trop frêles pour supporter de tels fardeaux. Que ses mains n’étaient pas assez puissantes pour relever l’autre. Que son cœur était imperméable au chagrin des autres. Oui, Mohsen avait toujours su qu’elle était bien trop fragile pour ce genre de choses. Qu’elle n’arriverait pas à être honnête. Sincère. Aimante. Elle ne savait pas aimer, apprécier, toucher, caresser, embrasser, chérir, comprendre. Elle savait juste frapper, blesser, saigner parce que c’est comme ça qu’elle avait été élevée. Dans la haine et la violence dont elle faisait preuve face à sa mère. A ses camarades de classe. A son cousin, Avery. Elle n’avait jamais appris à aimer, il ne restait de ses amours déchus que de vieux souvenirs…

Mais.
Mais pour Wolle, elle était prête à apprendre. Elle qui chérissait tant de personnes, pourquoi Mohsen ne pourrait-elle pas faire la même chose ? Juste pour Wolle. Lui montrer qu’elle l’aimait un peu. Un peu plus que les autres. Un peu plus qu’il ne le fallait.
Pour Wolle, elle était prête à les faire, ces choses si chiantes et lourdes à porter. Parce qu’elle en valait la peine. Parce qu’elle le méritait mieux que les autres. Samaël. Adriel. Et Richard…Peut-être un jour pourra-t-elle lui montrer la douceur qui se cachait dans ce cœur arride. Si douceur il y avait, bien entendu.

C’était quoi, finalement, l’amitié ?

- Hein ?

Non, Mohsen ne comprenait rien au charabia de Wolle. La littérature n’avait jamais été une chose à laquelle elle s’intéressait particulièrement. Elle faisait partie de ces gens bêtes comme leurs pieds qui pensaient les livres inintéressants et ennuyeux, une flopé de pages lourdes d‘encre qui n‘avait pas de sens. Elle préférait les bandes dessinées ; parce qu’il y avait des images et des couleurs, parce que c‘était plus subtil et facile à suivre. Mohsen n’était qu’une grande gamine, finalement, qui ne comprenait pas encore ni la beauté, ni la puissance des mots. Pauvre chose.

Elle essaya, tant bien que mal, d’analyser rapidement la phrase de sa chère Wolle, cherchant un sens à cette tirade qui comportait à son goût trop de mots. D’ailleurs, d’où elle sortait ça, la gueuse ? Elle l’avait rarement entendu s’exprimer aussi… bien ? De manière aussi soutenue ? Mohsen était habituée aux « LOLOLOL » s’échappant grossièrement de la bouche de Wolle. Pas aux phrases contenant plus de 4 mots - et c’est avec amertume qu‘elle constata qu‘elle ne savait pas grand-chose sur ce qui était « la seule » personne qu‘elle aimait. Elle réfléchit quelques secondes, adaptant les paroles de Bérénice à un vocabulaire qu’elle pourrait éventuellement comprendre. Les si belles et poignantes paroles de l’impératrice déchue se transformèrent alors en un vulgaire « Tu kiffes quand je pleure, you fuckin’ fatherfucker !? ». Tout de suite, cela parut plus clair pour Mohsen - langage de gueux, hein - et un air sceptique vint balayer son visage, dans lequel on pouvait très bien lire ses pensées qui auraient pu se traduire par un élégant « WHAT THE FOOOOOCK ?! LOLOLOL ARE U CRAZY, BITCH ? » ( le visage de Mohsen dit pleins de choses, ouiouioui ). Quoi. Pardon. Plaît-il ? Avait-elle loupé un épisode ?

- Mais. Mais non ! Les filles quand ça pleurent, c’est moche.

Mohsen et son légendaire tact.
C’est vrai quoi. Les filles, quand elles pleuraient, elles devenaient toutes rouges. Y’avait de la morve qui dégoulinait de leur petit nez mutin, leur maquillage coulait et souillait leur joli visage au teint de pêche par d‘affreux sillons noirs. Et on ne comprenait rien quand elles parlaient - ça ressemblait plus à un chien qui essayait de parler en fait. C’était franchement moche et chiant. Un jour, elle avait entendu - sûrement dans une série débile à l’eau de rose -, que les larmes des filles étaient belles. Quelle connerie. Quel était le crétin qui avait inventé ce script ? Il n’avait jamais vu de filles chialer comme une madeleine dans ses bras et pourrir tout son t-shirt ? Pff. Les larmes, c’était que de l’eau avec du sel, pas des petits diamants qui s‘échappaient d‘une paire d‘yeux de biche lolilol. Les larmes de Wolle n’étaient pas belles. Elles étaient moches. Vulgaires. Douloureuses.

Ah, Wolle ! ne comprenais-tu donc pas que tes larmes torturaient le pauvre cœur en bois de Mohsen ? Ne voyais-tu pas que toutes ses attentions, aussi maigres soient-elles, t’étaient destinées ? Tu ne remarquais pas, Wolle ? Que tes faits et gestes en cet instant même bouleversaient de parts et d’autres le corps entier de Mohsen.
Mais non. Tu peux pas savoir. Parce qu’elle-même ne sait pas ce qui transcende ainsi son être. On va aller loin, avec cette moule en sentiment.

Elle soupira bruyamment, agacée par cette situation qui lui échappait totalement. C’était chose fréquente de ne pas comprendre Wolle, notamment au niveau de ses « amoureux lolilol » mais là… Elle ne comprenait rien. Vraiment rien. Ça aussi, c’était habituel, chez la blonde. Mais. Mais quand même ! Le monde entier s’était allié contre elle ? Un crétin avait décidé « Hey les gars, si on faisait passer Momo pour une teubé lol ? ». C’ETAIT UNE CONSPIRATION DES BANANES ?!

En fait, Mohsen ne pensait même pas à la conspiration des bananes. Elle ne pensait pas non plus que Jésus Lama avait décidé qu’elle ne saisirait jamais ce qui se passerait dans sa vie, celle des autres. Elle ne pensait à rien. Mis à part le fait qu’elle n’aimait pas entendre les reniflements de Wolle. Ni la sensation de manque qu’elle lui laissait lorsqu’elle n’était pas là.

Et ni la morve étalée sur son t-shirt. C’était assez… répugnant. Elle grogna, puis retira le t-shirt, et on pouvait apercevoir sous ce vêtement un mini-short jaune canari. Elle constata avec perplexité que Wolle l’avait persuadé de se faire pousser des seins plus gros qu’elle ne l’avait imaginé. Elle regarda le t-shirt qu’elle tenait dans sa main. Tout ce bazar dans sa tête, c’était à cause de ses seins, c’est ça ?

- … Mohsen.

Elle marqua une pause, et eu l’air de réfléchir. Puis elle tourna son visage vers sa comparse, allongée sur le lit.

- C’est un nom de garçon, en fait.

Elle ne savait même pas pourquoi elle disait ça. Peut-être qu’au fond, en présence de Wolle, elle se sentait plus homme que femme. Peut-être que ce n’était que les divagations de son esprit insensé. Peut-être qu’elle ne savait pas quoi dire.

Elle jeta au loin son t-shirt - qui était en fait celui de Wolle -, et s’approcha vivement du lit sur lequel sa comparse était allongée, appuyant son genou sur le rebord, surplombant ainsi Wolle. Elle posa ses mains de part et d’autre du visage de la brune et planta son regard bleu dans les prunelles noires de son amie.

- Dis Wolle, je t’ai fais du mal ? Dis Wolle, c’est de ma faute ?

Et elle avait ce regard innocent d’enfant qui ne comprenait pas. Mais Mohsen n’était qu’une enfant. Et elle ne comprenait rien.

- Dis Wolle. Pourquoi tu pleures ?

Au fond, elle ne savait même pas ce qu’elle faisait. Pourquoi elle se tenait là, à demie nue et à quatre pattes au dessus de Wolle, quelques mèches de sa chevelure blonde caressant les joue de sa meilleure amie. Pourquoi les larmes de Wolle lui déchiraient tant le cœur. Pourquoi ses lèvres vinrent se poser sur celles meurtries de Wolle.

L’Amitié n’est qu’un pâle Amour déguisé.

L’instinct de Mohsen avait bien perdu de sa superbe.

Et si tu me bois je crois que tu grandiras…
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MessageSujet: Re: The less I do control ; Mohsen.   

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The less I do control ; Mohsen.

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