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 Storm is coming upon us » Jeadly

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MessageSujet: Storm is coming upon us » Jeadly   Mer 29 Aoû - 15:48


“Why not before?”

Le hasard frappe toujours quand on ne s’y attend pas.

Il peut venir d’un endroit connu, d’une personne si chère à nos yeux, d’un évènement sans récence qui ressurgit tout à coup pour chambouler un présent absolument calme et mené à bon train. De là où l’on s’y attend le moins, évidemment, et en général.

Ruby était assise en tailleur sur un coin de sa couette, depuis suffisamment longtemps et sans plus de mesure pour l’état dans lequel allait ressortir les nombreuses couches de tissu fragile de sa jupe après un tel traitement. A vrai dire, elle avait fini par s’asseoir tant bien que mal au vu de ce qu’il lui arrivait progressivement et des nouvelles qui lui avaient fait ressentir le besoin d’un appui –une épaule solide aurait été préférable, bien sûr- ou du moins de quelque chose de ferme pour ne pas s’écrouler sous le choc des informations apportées dans une écriture très serrée, apparemment couchée par une main tremblante sur les lignes du papier à lettres.

Aurait-elle pu penser qu’en voulant simplement ranger un peu plus que d’habitude dans sa nouvelle chambre de colocation, elle aurait pu s’éviter de passer plusieurs mois à côté d’un élément déposé sciemment plus tôt dans ses affaires pour lui souhaiter ironiquement bon voyage ? En cherchant une simple pièce de vêtement un peu chaude pour affronter l’après-midi pluvieuse parmi ceux d’hiver que sa mère avait scrupuleusement rangé dans ses bagages (par ordre de taille et d’épaisseurs), elle avait mis la main sur un paquet de feuillets, papiers soigneusement pliés, voire lettres déjà fermées, liées par un ruban. Le summum même de la découverte hallucinante après des années de secret, la mise en scène qui l’aurait fait sourire de naïveté reconnaissante pour sa chère mère qui finalement, lui manquait plus qu’elle ne l’aurait avoué à ses camarades. Laissant là sa quête du châle qu’elle soupçonnait absent de sa valise par le simple fait que ladite génitrice ne l’ai jamais apprécié, l’ancienne brune retira le paquet et entreprit de déchiffrer les différentes paraphrases, étalant au fur et à mesure les papiers sur le sol de la chambre commune.

L’ampleur de la teneur du contenu de toutes les feuilles la stupéfia : la plupart étaient des des brouillons, des essais ratés ou avortés d’apparemment plusieurs lettres qu’Elaine Montaigue avait écrit ces dernières années –la date n’étant pas toujours précisée- en les adressant à une Ruby en pension. Certaines achevées, pour lui dire à quel point elle lui manquait, à quel point elle priait pour que sa fille retrouve le droit chemin. D’autres plus.. brouillon. Des mots cherchés, une façon alambiquée de révéler quelque chose, des gants pris pour dévoiler une information capitale, et toujours, toujours cette façon de préciser qu’elle l’aimait quoi qu’il arrive. Du sourire un peu incompréhensif face à une telle mise en scène, la mine de Ruby s’était faite un peu plus soucieuse au fil des lignes. L’aimer autant qu’Effie ? Qu’est-ce que sa sœur avait à voir de si grave ? La pile diminuait pour se répartir en papiers épars autour d’elle. Finalement, quand vint la dernière, la jeune fille décacheta l’enveloppe avec plus de précipitation, envieuse de savoir si celle-ci allait aller au bout de ses aveux.

Plus récente, datée de quelques semaines avant son départ. Presque la date où ses parents lui avait annoncé l’envoyer dans cette école loin d’eux, ce jour où sa mère avait pleuré –comme toutes les fois où elle était repartie après les vacances- et celui où elle avait reconnu que sa fille avait un Don et devait apprendre à le maîtriser pour ne pas se servir d’un tel cadeau du Malin. Une seule feuille calligraphiée tout petit, accompagnée d’une autre qui avait l’air d’une photocopie d’un document un peu plus officiel. N’y accordant peu d’importance, elle l’avait posé à côté d’elle, s’attachant à déchiffrer le premier ; des regrets. De l’amour. Des excuses. L’assurance de l’aimer (encore), quoi qu’il (puisse) arrive(r), de la chérir autant que sa plus jeune sœur. De ne jamais l’abandonner.

De ne jamais abandonner sa fille, même si elles n’étaient pas du même sang.

Elle faillit en rire à ce moment, arrêtant sa lecture. Passa à deux doigts de s’esclaffer d’une telle absurdité, avant de réaliser qu’elle refusait juste le contenu d’une misérable lettre que sa mère n’avait pas eu le courage de lui donner en mains propres, préférant la cacher pour qu’elle puisse la trouver plus tard et ne pas l’en blâmer. L’élémentaire se rua avidement sur ce qui se révéla être un acte de naissance. Le sien, plus particulièrement. Le lisant en diagonale pour essayer de se persuader de l’authenticité du document, elle ne reconnut aucun des noms des prétendus géniteurs, pas plus que le lieu ni la date de naissance, qui ne correspondaient même pas aux siens, et de très loin. La lettre se terminait sur la recommandation douloureuse de contacter ce qui semblait être sa génitrice ou tout autre personne proche du même nom. Impossible de l’appeler autrement quand elle venait d’apprendre que sa mère, ses parents, sa sœur n’étaient pas les siens. Mais le nom.. Pourquoi insister sur le nom de famille ? Un clampin du coin devait sûrement le porter, vu la consonance et le pays où ils se trouvaient, mais après ?

Sur un coup de tête brusque, qui envoya valser la masse de papiers dans un coup de vent additionné des particules brillantes qui trahissaient une Ruby anxieuse, elle se rua hors de sa chambre pour remonter les couloirs du Château. Le nom était dans sa classe, dans son année, avec de la chance et beaucoup de relations consanguines (idées reçues, quand elles vous tiennent), le représentant présent des O’Jersley allait pouvoir éclairer la tornade bleue qui allait débarquer dans son antre à toutes vitesse pour lui demander une furieuse explication de cette supercherie. Elle refoulait ses impressions, ses sentiments, tout ce qu’elle venait d’apprendre quand elle somma ledit camarade de lui ouvrir en tambourinant à sa porte sans retenue, le papier toujours serré dans sa main crispée, les émotions autant à fleur de peau sur son visage que les minuscules paillettes illuminaient ses joues.
Signe extérieur de panique d’exsuder autant de cristaux.

Le hasard frappait toujours quand on ne s’y attendait pas, après tout.

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MessageSujet: Re: Storm is coming upon us » Jeadly   Jeu 30 Aoû - 0:03

  Que serait un roi sans son château ? Que serais-je sans mon château ? Simplement un roi déchu, un pauvre type qui aurait perdu un peu plus que lui-même. Et je suis là, toujours au même endroit à toujours penser. Toujours cette main pendante et ce regard dans le vide sans comprendre cet amas de lettres et de mots qu'on m'a laissé sans explications. Juste deux noms, juste du sang partagé. Ce n'est rien ça, deux noms, et un peu de sang partagé. Mon père et moi aussi avons deux noms et un peu de sang partagé et pourtant je ne suis pas comme lui, jamais je ne serai comme lui. Un léger regard se dirigeant vers une tasse préparée par un de ces gens dont je n'ai pas retenu le nom et je soupire. Je soupire parce que ce chocolat chaud ne me fait même pas envie. Je soupire parce que les mots me tuent et les gens aussi.

  Ruby. Juste ce prénom laissé à l'encre à côté du mien, juste ce mot vulgaire qui traîne sur un acte de naissance qui aurait dû m'être exclusif. J'y pense encore souvent à cette lettre, cette lettre signée par ma mère, cette letre avec de l'encre dilluée dans des larmes, cette lettre tachée par le regret et la culpabilité. Juste ce papier qui me donne envie de le brûler avec tous ces bons sentiments en lui. Mais bien sûr, un malheur n'arrive jamais seul. Une autre feuille a accompagné ce message, une feuille étrange où figuraient deux prénoms au lieu d'un seul. Cette feuille qui me disait que je n'étais pas seul au début et qui me faisait haïr d'autant plus mon père. Une soeur. Une soeur jumelle qu'il m'avait retirée, un peu d'amour dont j'aurais eu besoin et il a juste fallu qu'il l'abandonne.

  Cela fait des semaines que ces phrases sont gravées dans ma peau, cela fait des semaines qu'elles m'empêchent de respirer paisiblement. Une soeur ? Qu'en faire ? Il est trop tard. Nous avons vécu séparément, nous avons nos vies. Ruby, Ruby. Pourquoi es-tu aussi à Aisling ? Pourquoi as-tu ce don ? Cet horrible don, il te l'a refilé. Le contrôle des cristaux, ce don dégoûtant qui lui a fait gagner de l'argent à certaines reprises. Et moi, pourquoi n'ai-je pas le don de Père ? Pourquoi n'ai-je pas cette poussière d'étoiles qui flotte autour de moi ? Pourquoi n'ai-je pas du diamant dans les doigts ? Ce n'est pas juste. Et ce poing, pourquoi frappe-t-il le mur ? Et cette boule dans mon ventre, est-ce de la haine ? Est-ce de la jalousie ? Je ne sais pas. C'est juste un peu plus de noirceur en moi, comme si j'en manquais. C'est juste ces mots, ces sentiments, ces souvenirs, ce manque que je voudrais vomir.

  Je voudrais boire. Boire pour oublier. Il me suffirait de ce chocolat chaud, il me suffirait de me servir de ce don sorti de nulle part, ce don qui n'est pas celui de père. Et j'oublierais. J'oublierais les ennuis, j'oublierais cette lettre, j'oublierais ce que j'ai perdu avant même de l'avoir. c'est idiot d'oublier. C'est idiot de chanceler, de se retrouver assis sur le sol adossé à un mur. Un roi ne devrait pas chanceler, un roi ne devrait pas avoir cette boule dans sa gorge. Je ne devrais pas être dégoûté de mon chocolat chaud et vouloir hurler au monde comme je suis mauvais des fois et aussi comme je suis bon. Niko ne viendra pas. Personne ne viendra de toute façon. Je ne verrai pas d'artiste étrange aux yeux rouges, je ne verrai pas de jeune fille arrogante sachant tout, je ne verrai pas de blond toujours un peut trop informé. Personne. Juste personne.

  Et ces pas, ces pas agacés qui résonnent dans le château, ces pas de chaussures de fille bien trop peu étouffés, serait-ce quelqu'un ? Non. Je dois être en train de délirer avec tous ces mots autour de moi. Ce sont sûrement des pas imaginaires que j'aimerais tant entendre qu'ils viennent jusqu'à mes oreilles. Je ne m'en soucie pas, je soupire fermant les yeux avant de les rouvrir pour regarder le plafond et tout ce rien dont il est composé. Cette lettre me hante, ce nom me hante. Même quand je ferme les yeux c'est tout ce que je vois. Je ne vois que Ruby et cette lettre, je ne vois que ces mots écrits partout sur les murs, je ne vois que cette haine et cette colère en moi. Chaque pas fait bondir mon coeur, ils ne sont pas réels, ils ne peuvent pas l'être, ils ne doivent pas l'être. Surtout, ils ne doivent pas être ceux de cette fille aux cheveux bleus, cette fille qui partage mon sang et qui a eu le don de Père.

  Pourtant, c'est bien elle. C'est bien elle qui frappe la porte. C'est bien elle qui ne doit pas voir les papiers que j'ai. Ils glissent simplement sous un fauteuil. Ils dépassent un peu mais en fait, je ne veux pas vraiment qu'elle ne les trouve pas. Mes pieds traînent sur le sol comme s'ils laissaient des marques indélébiles de ma présence et de ma noirceur. Sans un mot, j'ouvre la porte pour me retrouver face à Ruby. Et tous cette poussière colorée, ces petits particules dans l'air qui me le rappellent trop bien. Ma main qui tremble comme mon coeur, tout me trahit. Je n'ai pas envie de cacher. Ruby, quelle ironie. La seule personne que je ne voulais pas voir venir, la seule personne qui ne devait pas venir se tient juste devant moi avec un papier à la main. Je ne lis pas très bien sur ton visage Ruby, est-ce de la fureur ou de la tristesse ? Es-tu désespérée Ruby ? Et moi, que suis-je ? Moi aussi je suis désespéré, je suis triste, je suis furieux. Et cette tristesse dans ma voix, cette profonde peur qui ne la fait pas trembler, tant de choses me trahissent Ruby face à toi.

    "Bonjour, Ruby. Vois-tu, le fait de venir frapper à ma porte ne te dispense pas de contrôler ton don."

  Des pas lents, pas assez lents pour être las, trop lents pour ne pas être anxieux glissent jusqu'à un fauteuil pour m'y déposer. Je fuis Ruby, je fuis ses yeux, je fuis sa couleur. Mon pied cache la feuille mal dissimulée, ma main ne sait plus où se poser. Je sais tellement Ruby, sais-tu toi aussi ? Cette lettre, de qui est-elle ? T'aurait-on raconté à toi aussi l'histoire du frère et de la soeur qui ont été séparés à leur naissance ? Seul mon soupir répond à mes questions. Oui. Certainement est-ce la raison de ta présence Ruby. Petit joyau qui vient voir son frère, que veux-tu qu'on te dise ? C'est faux. Non, c'est vrai. Ce n'est pas normal. Mais si tu veux Ruby, nous pouvons nous mentir. Je ne sais pas faire grand chose d'autre de toute façon.

    "Que préfères-tu ? Penser que c'est un mensonge ou penser que c'est vrai ?"

  Le papier se dissimule un peu mieux sous le fauteuil, me laissant me lever pour la regarder un peu. On se ressemble, hein Ruby ? Non.

    "Mère a bien choisi ce prénom. Ruby. Un prénom parfait pour le don que tu as. A ton avis Ruby, je mens ? Ou bien est-ce l'encre qui ment ? La raison de ta venue ne mérite même pas de question. Tant de fureur et d'émotion, tu me ressembles peut être un peu au fond. Un chocolat chaud te ferait-il plaisir ? Je peux t'offrir mon épaule pour pleurer aussi, si cela te chante. Renie moi aussi. Je te demande juste de ne pas me frapper avec cette violence enfermée dans tes yeux."

  Mon regard est triste, Ruby. Mon regard est vide, Ruby. Mon regard ne peut que se poser sur toi. Toi dont j'ai toujours eu besoin, toi qui m'as toujours manqué sans que je m'en aperçoive. Les couronnes ne sont plus entre nous, Ruby. Il ne reste que toi et moi et ces informations dérangeantes. Je n'ai pas beaucoup d'arrogance tu sais, le sol me suffit comme fauteuil, le mur me suffit comme dossier. Je t'ai peut être toujours attendue, Ruby. Et maintenant, tu es là.
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MessageSujet: Re: Storm is coming upon us » Jeadly   Ven 31 Aoû - 12:44


“I'll refuse this unfair choice”



"Que préfères-tu ? Penser que c'est un mensonge ou penser que c'est vrai ?"

Elle ne savait pas. Elle ne saura pas dans l’instant. Trop de sentiments tourbillonnent sous cette masse de cheveux artificiellement bleutés, trop d’émotions d’un coup qui auraient du la laisser pantelante, désorientée et sans souffle à se retenir à un mur pour essayer de remettre de l’ordre dans ses idées. D’un claquement de doigts et par la lecture d’un monceau de papier, apprendre que dix-sept années de votre vie sont basées sur un mensonge qui, finalement, après coup et si on y pense, expliquent bien trop de choses. En lisant ces lignes honteuses, suintantes de mauvaises excuses et de fausse pitié, l’aînée des Montaigue aurait voulu rire d’une mise en scène si ridicule, d’un canular si gros qui ne pouvait arriver que dans les films, pas dans la vraie vie. Qui aurait pu marcher si elle n’avait pas ressemblé à sa mère, sa sœur, son père, les gens qu’elle savait être sa famille et qui l’avaient toujours entourée. Qui aurait pu marcher si, en se souvenant brusquement de ce moment précis, sa mère n’avait pas eu de crises de larmes plus régulières les temps avant son départ, n’avait pas semblé essayer de lui dire quelque chose, quelque chose à la Ruby trop habituée aux efforts de sa mère pour avouer quoi que ce soit de crucial à sa fille ; elle la pensait trop timide et trop engoncée dans sa foi pour dire les choses clairement ou juste avoir une vraie relation mère-fille basée sur la confiance mutuelle.

Elle ne voulait pas savoir. Un papier, une feuille vaguement officielle remise par lâcheté à plus tard et non dite en face ne voulait rien dire. C’aurait très bien pu être un mensonge, un vieux jeu pour la destabiliser de la part d’un Capulet par exemple, ou juste même de son père pour ne pas qu’elle remette les pieds à la maison sans s’être repentie et purifiée de cette souillure de Don. A ce stade là, et connaissant les Montaigue, tout était possible. Tout. Comme la véracité de ces informations. Après tout.. elle était la seule à avoir les yeux de cette couleur. Effie était aussi blonde qu’Elaine, Ruby aussi brune qu’on puisse l’être. Aussi rebelle et anticonformiste que sa mère ne l’avait pas élevée. Aussi plausible que de ne pas être issue de ces gens qui avaient prétendu être toutes ces années ses vrais parents, après tout. La lettre ne ressemblait plus à grand-chose, dans sa main crispée ; ses jointures étaient blanches, impossible à decrisper de cette seule preuve qu’elle pouvait arborer au nez du seul membre O’Jersley chez qui elle s’était ruée pour en avoir le cœur net.

Le même cœur qui s’agitait comme un oiseau furieux dans une cage entre ses côtes. Personne n’aurait pu arrêter sa course furieuse, talons claquant à toute allure sur le parquet toujours immaculé du couloir de l’immense Château. Une tornade de bleu et de voiles blancs qui essayait de se calmer face à l’individu qui lui avait ouvert, qui essayait d’offrir un visage neutre trahi par son Don qui faisait scintiller ses pores avec ostentation quand elle aurait du garder son calme face à ce manant. Jeadly O’Jersley. Son prénom lui était revenu à la seconde où il la tançait d’apprendre à maîtriser ce Don qui la séparait tant de son foyer. Surprise par la réponse si prompte, par le visage avenant qui ne semblait pas si étonné de la voir, elle avait ravalé la réplique cinglante qui aurait du être son usage face à si peu de manière de la part de la gent masculine. Mais pas face à ces yeux, pas face à cette personne vers laquelle elle devait si peu lever les yeux pour être à la même hauteur. Pas face à ce regard qui portait cette couleur si semblable au sien, au contraire du regard d’eau dont tous les autres Montaigue pouvaient s’enorgueillir.

Penser que c’était un mensonge. Oui. Ce serait tellement plus confortable d’oublier toute cette histoire stupide, pensa-t-elle en entrant à sa suite. Un autre jour, elle n’aurait pas franchi le seuil d’une autre chambre masculine que celle de Jude, mais actuellement, elle n’était pas en position de réfléchir convenablement. Les questions et les sentiments occupaient tout l’espace de méfiance habituelle, et le discours l’avait bien trop prise au dépourvu. Restant debout au milieu de la pièce, son regard engloba la chambre rapidement, notant des détails, des particularités de rangement. Des feuilles éparpillées, tout comme certaines devaient l’être dans sa propre chambre. Avant de revenir vers le propriétaire des lieux, de l’examiner, de le scruter pour chercher le détail. La ressemblance. Non, il ne fallait pas qu’elle commence, c’était sûrement faux, mais à chercher, elle allait arriver à s’en convaincre. Jeadly O’Jersley. Ruby O'Jersley.

« Ca me paraît un peu trop gros pour être vrai.. j’ai déjà une famille, merci. »

Sa voix s’était fait bien moins ferme qu’elle l’avait voulu. Les mots avait presque résonné à ses oreilles, tellement faux, tellement peu convaincants. Ruby regardait un point derrière l’adolescent qui lui faisait face, n’osant trop le regarder dans les yeux. Ne pas lui accorder de l’importance. Jeadly. Non. Faux. Elle déplia les doigts lentement, rapporta le papier à sa vue. L’officiel. Le même nom. Jeadly. C’en faisait, quoi. Son frère ? Sa date de naissance ne correspondait pas. Non. Elle secoua la tête, soulevant un nuage pailleté. Tendant le papier chiffonné d’une main, avant d’arrêter son geste. Non, c’était Elaine qui avait choisi ce prénom. Ce Don n’était qu’une monstruosité qui avait fait irruption dans leur vie. Rien d’autre. Pas un héritage. Non, non, surtout pas ça. Mais les paroles du rouquin sonnaient avec tant de justesse, avec tant de conviction. Son esprit voulait qu’il est faux quand sa conscience savait qu’il avait vrai. Bien trop vrai. D’un geste nerveux et tremblant, elle remis des mèches derrière chacune de ses oreilles, croisa et décroisa la mains plusieurs fois. Avant d’asséner avec une voix qu’elle voulait courageuse à sa nouvelle fratrie. Les yeux dans les yeux. Le même regard aux éclats dorés, noyé dans celui de son frère.

« Je. J’ai déjà une mère. Un père. Une petite sœur.. et ce Don. Je n’en veux pas, je je ne sais pas d’où il vient, je te le laisse, je ne connais pas ce nom. Je ne te connais même pas, je ne connais même pas les gens sur ce papier ! Je m’appelle… Ruby Montaigue. Oui. Montaigue. Rien d’autre.. pas.. O’Jersley. Ca ne peut pas être vrai. Je veux dire.. tu y crois ? Tu n’y crois pas, hein ? C'est ma mère qui a choisi ce prénom. Tu as déjà une famille, pas vrai, hein ? Ne me regarde pas comme ça, c’est pas vrai, hein ?! »

Il n’avait pas lâché son regard en se glissant contre le mur. Elle s’était rapprochée, avait nerveusement serré les poings, ses cheveux, tiré sur ses manches. S’était prise la tête, avait ri nerveusement en proférant ses paroles. Avait piétiné. Montré tous les signes de nervosité grandissante. Non, sérieusement. L’attitude de Jeadly avait fini de le la déstabiliser. De commencer à la paniquer. Assez pour allumer de la peur dans ses yeux, assez pour faire se briser sa voix sur un éclat aigu. Assez pour la faire se retenir au mur en face. Ruby attendait qu'il en rit et lui assène que ce n'était qu'une blague. Réponds-lui, Jead , rassure-la. Dis-lui que tout ça n’est pas vrai. Ne lui montre pas la lettre qui vous prouverait que c'est douloureusement vrai. Arrête de la regarder comme ça.

« Jeadly… Jeadly, dis moi quelque chose…. !. »

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MessageSujet: Re: Storm is coming upon us » Jeadly   Dim 2 Sep - 21:25

  Ruby. Pourquoi ? Pourquoi toi ? Tu aurais pu aller à Aurore, tu aurais pu aller ailleurs mais non. T'es juste là dans la pièce avec ton coeur tremblant de rage et ton corps tremblant d'impuissance. Il faut accepter pour que ça fasse moins mal, Ruby. Ruby, Ruby, petit joyau perdu dans un grand château avec un pauvre mec, moi. Ruby, Ruby, ce nom coupe toutes mes phrases. Je n'arrive plus trop à penser, plus de verbes, plus de noms, plus de sens, juste Ruby. Et je regarde, je te cherche dans mon corps, je me cherche dans le tien. Impossible. Je refuse d'accepter que tu es ma soeur. Peut être que je t'en voudrais trop si tu l'étais pour être partie avant que j'aie besoin de toi. Même si ce n'est pas de ta faute, même si c'est de sa faute, je ne peux porter de la haine qu'à quelqu'un de proche, je ne peux que cracher ma haine sur quelqu'un de proche et qu'il se le prenne en pleine face. T'aurais pas dû venir Ruby, avec tes cheveux trop colorés. T'aurais pas dû venir Ruby, avec tes yeux trop clairs. T'aurais pas dû venir Ruby, avec tes sentiments trop forts.

    "Ca me paraît un peu trop gros pour être vrai.. j’ai déjà une famille, merci."

  T'as eu de la chance Ruby d'être sauvée finalement. Je t'envie un peu. Toi au moins t'en as une de famille même si c'est pas la vraie, même si c'est un mensonge. Certains mensonges sont si bien faits qu'ils sont plus vrais que la réalité qu'ils remplacent Ruby. Et puis ce n'est pas grave tu sais, t'as eu des parents toi au moins. Ils t'ont aimée j'imagine, ils t'ont soutenue peut être. Ils ont peut être été là pour toi. Je sais pas trop Ruby, je connais pas ta vie. Je connais ni la vérité ni les mensonges à ton sujet. Je sais juste ton nom qui est omniprésent. Ruby, Ruby, joli joyau perdu dans un océan noir, t'as juste échoué sur le pas de la porte d'un pauvre Jeadly avec un papier toujours un peu trop vrai que tu portes à tes yeux encore, encore, encore, tu lis ces informations sur lesquelles tu voudrais cracher, encore, encore, encore, tu replaces d'un geste nerveux une mèche de cheveux rebelle. Encore, tu trahis ton état d'esprit, encore, tu montres ta faiblesse, encore, tu me ressembles trop.

    "Je. J’ai déjà une mère. Un père. Une petite sœur.. et ce Don. Je n’en veux pas, je je ne sais pas d’où il vient, je te le laisse, je ne connais pas ce nom. Je ne te connais même pas, je ne connais même pas les gens sur ce papier ! Je m’appelle… Ruby Montaigue. Oui. Montaigue. Rien d’autre.. pas.. O’Jersley. Ca ne peut pas être vrai. Je veux dire.. tu y crois ? Tu n’y crois pas, hein ? C'est ma mère qui a choisi ce prénom. Tu as déjà une famille, pas vrai, hein ? Ne me regarde pas comme ça, c’est pas vrai, hein ?!"


  Et je te regarde un peu plus, Ruby. Tu doutes Ruby, tu sombres et tu m'emportes avec toi. Je voudrais te hurler de te taire, que tu ne sais rien, rien, rien. Je ne sais pas comment faire. Je voudrais te sauter à la gorge même si tu trembles de peur. Je voudrais pouvoir te tuer rien qu'avec cette colère qui nous fait trembler. Et Ruby, ça me fait un peu mal au coeur de te voir ainsi, triste, désespérée parce que je me vois au fond de tes yeux triste et désespéré. Ruby, t'es un peu folle avec ton rire nerveux, t'es un peu folle avec toute cette peur au fond de tes jolis yeux, t'es un peu folle avec ce regard qui me craint un peu trop. T'es un peu folle Ruby d'être comme moi avec tes manières absentes et tes mots trop forts. Ruby, t'as juste l'air d'une pauvre petite fille qui a besoin de mots rassurants de sa mère, c'est dégoûtant tu sais. Tu crois que ta vie n'est qu'un mensonge non ? Il t'en faut peu, Ruby. Tu tombes vite, Ruby. Tu dépends un peu de moi Ruby. Ne trouves-tu pas cela déplaisant de te retrouver ainsi, pendue à mes lèvres, ne sachant que faire ? Tu me tues encore un peu plus Ruby, tu me tues, petite soeur.

    "Jeadly… Jeadly, dis moi quelque chose… !"

  Ruby. Tu es responsable de mes yeux tristes, tu es responsable de ce regard empli de désespoir qui se pose sur tes fragiles épaules. C'est ta faute Ruby. Et ce soupir qui rompt le silence, et ces bras qui t'enlacent en pensant être repoussés, c'est ta faute Ruby. Et cette main qui caresse doucement tes cheveux en espérant te rassurer quelque peu. Normalement, c'est moi le grand frère alors normalement, je devrais te consoler Ruby. Je devrais te dire que tout va bien, que ça va bien se passer, que c'est pas grave, que tes parents t'aiment quand même, que ta famille reste ta famille qu'elle soit d'adoption ou pas. Mais tu sais Ruby, j'suis pas fait pour être un grand frère aimant comme ça, j'suis pas fait pour rassurer les autres alors que je ne sais même pas me rassurer moi-même. Je sais pas trop quoi faire Ruby face à tes yeux trop expressifs et ton petit corps tremblant. Je sais pas trop quoi faire Ruby face à ton coeur trop perturbé. Je sais pas trop quoi faire Ruby face à toi et face à ce moi qui t'habite.

    "Tu sais Ruby. Moi je n'ai rien. Je t'envie un peu d'avoir évité de vivre le même sort que moi. Père et mère ne sont jamais à la maison, je n'ai jamais su ce que c'est que d'avoir une famille. Et tu sais Ruby, le fait que les parents que tu as toujours considéré comme tes parents ne sont pas tes parents biologiques ne change rien."

  Quelques pas en arrière suffisent pour me laisser tomber sur un fauteuil. Tu me fatigues Ruby. Tu me fais soupirer Ruby. Tu sais Ruby, je vois ton nom quand je ne regarde rien. Je regrette déjà ce qui vient de se passer et reste à ne rien regarder, assis sur mon fauteuil.

    "Il t'en faut peu, pauvre Ruby. J'imagine que ce ne doit pas être facile à accepter mais bon, tu dois être idiote pour penser que le fait que tu aies une famille change quoique ce soit. Oh soit dit en passant, ton don est un direct héritage de notre père. Tu dois être déçue. Je ne t'ai pas dit que ce que tu sais est faux."

  Un léger sourire triste s'affiche doucement alors que ma tête se penche en arrière pour que je puisse observer le plafond.

    "Ce n'est pas ta mère qui a choisi ton prénom, accepte la vérité. Tu es ancrée dans tes idées, c'est bien faible. Fais donc comme les enfants qui n'ont que le choix d'accepter ce qui leur arrive sans rien dire. De toute façon, ni toi ni moi n'y pouvons rien changer, Ruby."
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MessageSujet: Re: Storm is coming upon us » Jeadly   Lun 3 Sep - 14:21


“No way.”



C’était trop tard, la panique l’avait déjà eue. La terreur l’avait déjà étreinte dans ses longs bras, et avait déclenché ce frisson le long de sa colonne, qui faisait s’entrechoquer ses dents comme du verre. Ces tremblements de rage, de peur, d’impuissance qui la secouait mieux qu’elle n’avait jamais pu trembler dans toutes ces situations de crise auparavant. Car Ruby était forte, Ruby était celle sur qui compter, celle qu’on croyait, celle sur qui on se reposait, celle qui ne pouvait pas flancher. Reine en son précédent royaume à qui tout lui était du, princesse de haut rang aimée mais crainte par ses parents, adorée par sa sœur, adulée par Jude auquel elle le rendait si bien. Ruby ne montrait pas ses faiblesses, restait une forte tête confiante qui ne ployait pas sous la menace et ne cédait en rien aux aléas de la vie, qu’ils soient tristes à pleurer ou assez sanglants et menaçant pour que sa prétendue famille l’envoie ici avec la recommandation de se débarrasser d’un Don étranger. Ruby ne pouvait pas céder, de toute façon, non ? Elle était forte, elle s’en sortirait, comme elle l’avait toujours fait. Comme elle l’avait toujours fait sans l’aide de personne.

Mais c’était trop tard, elle s’était déjà fait avoir. Le barrage avait cédé, les documents, la lettre, ces mots couchés d’une main tremblante sur un pauvre morceau de papier avaient déjà trouvé leur écho de vérité dans ces prunelles consœurs qui ne lui mentait pas. Qui ne pouvaient pas lui mentir. Ce regard si semblable au sien, ces manières posées, ce langage travaillé, cette attitude qui lui rappelait bien trop ses propres gestes toute cette vie de mensonge. Le mot l’ensevelissait petit à petit, lui faisant perdre pied comme si elle avait pu le mettre dans une tourbe de sable mouvant. Mensonges. Invention. Mais elle les aimait, ces gens qui avait fait toute sa vie, ces personnes finalement étrangères qui lui avait tout appris, le bien, le mal, Dieu, la haine des gens différents. La valeur de la famille. Mensonges. Elle s’enlisait de minutes en minutes. Sitôt la porte refermée, aussitôt les cartes posées. L’étranger qui lui faisait face devenu d’un claquement le meilleur ami qu’elle a toujours cherché, le soutien qu’elle avait toujours voulu et jamais trouvé. Vérité ? Elle avait l’impression de la voir partout, de l’entendre comme un cri, un cri à déchirer ses tympans, à lui casser les genoux, à la laisser à terre après l’avoir brisée. Elle était partout dans cette pièce, cette sale vérité, cette déclaration de fratrie retrouvée, elle éclaboussait les murs comme une traînée sanguinolente, elle les souillait tous les deux. Ses mains en tremblaient. Ses yeux peinait à se fixer, avant de rattraper le regard de Jeadly, le seul point d’ancrage solide de ce mensonge éhonté.

Ruby, Jeadly, Jeadly, Ruby, les voilà trouvés. Noce funèbre quand la vérité éclate, comme une tache d’encre qui gâche le bas de ces lettres. Elle voudrait refuser. Elle pourrait tourner les talons, se dire que ce n’est qu’une farce grotesque, un canular monté de toute pièce par quelqu’un qui lui en veut une fois de plus. Ce serait si facile, Ruby, pour qu’elle y croie. Elle a déjà bien cru à tant de choses. Lui aussi a du croire à toutes ces choses qu’on lui dit comme vérité. Ca devait être plus facile pour lui, ses parents sont les vrais, après tout. L’adolescente aux cheveux d’azur pourrait le planter là, claquer la porte dans un bruissement de tissu, s’essuyer les joues de tous ces cristaux si précieux, et jeter à la poubelle comme elle chiffonnerait et renierait une partie de sa vie toute cette histoire. Oublier d’un haussement d’épaule, aller retrouver Jude et se perdre dans ses bras en omettant de lui raconter ces détails. Et puis, prétendre, comme elle l’avait toujours fait sans se poser de questions, qu’elle est issue du ventre d’Elaine, et qu’elle aime son père malgré tout. Continuer à prétendre. Ce serait si facile. Abandonner Jead, l’ignorer, le repousser, ne pas le croire. Ne pas répondre à son étreinte. Ne pas céder à ses sentiments et dévoiler la Ruby finalement fragile. Celle qui en avait besoin, de cette étreinte, de ses bras pour tenir le choc. Ceux qu’elle n’a pas pu retenir dans cette étreinte si brève d’un frère et d’une sœur retrouvés, d’un frère qui console enfin sa petite sœur. SI court ce moment, Jeadly, quand il lâchait déjà Ruby pour retourner s’asseoir, quand sa petite menotte se refermait sur du vide au lieu d’agripper enfin son frère. Il ne lui en avait pas laissé le temps. La porte est déjà refermée derrière eux, les voilà seuls, seuls à se confronter à leurs vies, seuls à se rendre compte de la séparation qui n’a pas dépendu d’eux. Seuls à recoller les morceaux écaillés d’une vie qu’on a pu leur imposer. Ruby n’avait pas eu le temps de le repousser, ni même de le retenir avant qu’il retourne se percher loin d’elle. Elle l’aurait voulu, retenir un coin de chemise, ne pas le lâcher. Trouver une épaule, celle qu’elle avait toujours attendue.

« Notre père … ? »

Le fil rouge qui la reliait à ces gens ne tenait plus qu’à une fibre si fine qu’une tension le romprait. Si solide il y avait quelques années, si effiloché et rongé par la haine de cette autre famille et le dégoût d’une engeance mutante au sein des Montaigue. Sur le point de se rompre du poids de cette nouvelle vérité quand les tensions qui avait précédé son départ fissurait déjà leur belle petite vie de famille, sur le point de casser à cause de cette fille rebelle qui menait tout de front. Si facile à casser par ses nouveaux parents, si facile à trancher par ce frère qu’elle avait toujours voulu. Qu’est-ce qui la retenait, déjà ? Et qui la retiendrait quand le rouge cèderait ? Le mur la retint quand elle s’y laissa tomber, pour mieux atteindre le sol. Le regard perdu dans le vide, dans les murs barrés d’une autre vie si liée à la sienne. Barbouillés de cette encre vive qui ouvrait des plaies de doute. Sa main se tendit vers Jeadly, un geste lent, soupesé d’incertitude. Alourdi par ces révélations. Regarde-là, Jeadly, ne la laisse pas, pas maintenant que tu l’as, maintenant que tu peux l’avoir pour toi, maintenant qu’elle est venue à toi. Jeadly. Ruby.

« Je. On a quelque chose à dire. J’ai quelque chose à y redire ! Je ne connais pas ces gens ! Je ne te connais même pas encore… Et pourtant tu as une famille, Jeadly. On peut y changer.. quelque chose, je crois. Nous avons une famille.. Jead.»

Comme sa voix fragile qui trancha le silence, ravalant un sanglot qui voulait s’exprimer. Parlant sans construction, sans certitude, d’une voix ténue et incertaine. Qui n’essuya pas des larmes bien trop salées qui pointaient sans prévenir, comme cette nouvelle famille.

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MessageSujet: Re: Storm is coming upon us » Jeadly   Sam 15 Sep - 23:04

  Dis moi Ruby, qu'as-tu ressenti quand je me suis éloigné de toi ? Je n'y pense que maintenant. J'ai dû te décevoir un peu avec une étreinte si courte. J'ai dû te décevoir un peu en t'abandonnant alors que tu avais beosin de moi. Mais de toute façon, tu as encore besoin de moi, hein Ruby ? Tu aurais voulu me retenir, je l'ai vu cette petite main qui aurait voulu m'atteindre et qui n'a su attraper que du vent. Cela sonne un peu comme une scène triste d'un film étrange, une soeur qui voudrait retenir son frère retrouvé après une longue séparation. Ce genre de clichés me dégoûte avec toute cette niaiserie qui dégouline des répliques des personnes, ces gestes toujours horriblement prévisibles, la réalité n'est pas prévisible comme toutes ces scènes de films. Ta réalité n'est pas prévisible. Tes mots ne le sont pas, tes actes ne le sont pas. Ou du moins, j'aimerais qu'ils ne le soient pas.

    "Notre père … ?"

  Des mauvais souvenirs remontent. Il faut essayer de les chasser avec des bons souvenirs liés à cet homme mais je n'en trouve pas. Tous ces souvenirs sont mauvais, celui où il n'était pas venu pour mon anniversaire, celui où je l'ai retrouvé ivre dans son bureau et tous ces jours où il n'était jamais présent alors que je voulais le voir. Je me demande Ruby quels parents tu as eu. Tu as peut être échappé à tes vrais parents mais il se peut que tu te sois retrouvée dans une famille pire. Je ne sais pas trop Ruby, j'espère que tes parents étaient là pour toi, j'espère qu'ils t'ont aimée suffisamment. Ne t'en fais pas si ce n'a pas été le cas, je pourrai être un grand frère aimant si tu en as besoin. Je saurai prendre le bon visage si tu le nécessites, je le ferai pour toi. J'ai beau penser tout ceci, je suis toujours un peu trop impuissant face à ta main qui m'appelle.

    "Je. On a quelque chose à dire. J’ai quelque chose à y redire ! Je ne connais pas ces gens ! Je ne te connais même pas encore… Et pourtant tu as une famille, Jeadly. On peut y changer.. quelque chose, je crois. Nous avons une famille.. Jead."

  Oui Ruby, ça fait mal. Ne t'en fais pas, je partage ta douleur. Ces larmes sur tes jolies joues n'ont pas leur place. Je me lève faiblement, mes jambes tremblent un peu sous mon poids. Ma nervosité commence à paraître un peu trop, mes gestes sont désordonnés, ma respiration se fait difficilement calme, mes mains tremblent un peu. Mes pas me mènent jusqu'à toi alors que tu es un peu trop bas pour moi. Je m'accroupis devant toi et, d'un mouchoir, essuie doucement ces horribles larmes qui souillent tes joues. J'aimerais que tu arrêtes de pleurer Ruby et je sais pas comment faire. Je pourrais te prendre dans mes bras peut être. Cela te plairait j'imagine, ta main m'appelait, tu as voulu me retenir tout à l'heure. Et je finis par prendre ta main et t'attirer à moi afin de t'étreindre, gentille Ruby.

    "Tu ne devrais pas pleurer Ruby. cela ne te va pas très bien."


  Je caresse doucement tes cheveux Ruby. J'aimerais bien être un bon grand frère pour toi. J'aimerais bien savoir te réconforter mais je ne sais que t'enlacer sans savoir quoi faire d'autre. Tu me rends un peu triste quand tu plueres comme ça mais si tu veux pleurer, je préfère que tu pleures sur mon épaule. Au moins tu as la chance d'avoir quelqu'un devant qui tu peux pleurer et qui est là pour t'écouter même s'il ne sait pas réconforter les gens.

    "Tu sais Ruby, moi, je n'ai pas de famille. Tout ce que j'ai, si tu veux bien l'accepter, c'est toi. Il ne me reste qu'une soeur dont je n'ai aucun souvenir et à laquelle je ne suis lié que par un maudit papier. Tu veux changer ça, Ruby ?"

  Et je te serre un peu plus dans mes bras pour ne plus trop sentir ma gorge qui se serre et cette boule dans mon estomac. Je suis encore un peu trop égoïste dans mes paroles et dans mes désirs. Je suis encore un peu trop moi même quand je suis avec toi, Ruby.
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MessageSujet: Re: Storm is coming upon us » Jeadly   Mer 26 Sep - 22:39


“The future doesn't scare me at all.”

Et cette main qui attrapa enfin la sienne, qui relança le fil pour l’attraper au vol et ne pas la laisser choir comme une marionnette désarticulée et esseulée. Laissée pour anonyme de ces gens qu’elle a appelé parents dix-sept années de sa vie, de ces gens qui l’ont vu grandir et s’épanouir, sortir de leur joug et se rebeller contre leurs principes et le moule de petite fille sage et dorée où ils l’enfermaient de force et de sourires. Lui coupant les ailes insidieusement pour la garder comme leur fille, la leur, la seule, l’héritière, au sein du cocon familial. Si Ruby avait pu voir à cet instant la sempiternelle photo de famille qui accueillait les visiteurs dans ce qu’elle garderait dans son esprit comme foyer, elle aurait vu l’éclat du faux sur ces sourires, l’emprise des mensonges que la lettre avait insidieusement allumée et suggérée. Elle leur devait tout, la vie, pas vraiment, la jeunesse, oui, l’adolescence mouvementée, pour sûr, les restrictions et les interdits sans aucun doute. Le reni de Jude et de ses pairs, le déni de la différence, les idées arrêtées sur une société d’un autre temps bien faite, à mille lieues de celle dont elle gagnait les us et les coutumes depuis son parachutage dans les terres d’Irlande.

Et si c’avait été pour se débarrasser enfin d’elle, après tout ? Pour rompre le dernier lieu qui l’unissait aux Montaigues, comme si l’on relâchait dans la nature un oiseau mis en cage que l’on n’avait jamais vraiment réussi à domestiquer ? L’élémentaire avait vu la peur dans les yeux d’Elaine, voire le dégout dans ceux de celui qu’elle reverrait comme pair. Si loin de l’incrédulité et de cette étincelle de compassion dans les yeux si semblables et jumeaux au sien qui l’enveloppaient depuis le seuil franchi. Exilée de ses terres, excommuniée vers le pays de ses racines, envoyée comme un paquet estampillé de quelques papiers officiels et d’excuses noyées de larme, c’était ça ? La rage, la peur, le regret, l’incompréhension se succédaient dans ses pensées décousues et filées, brouillaient la parfaite broderie de son ancienne utopie familiale pour la noyer dans l’oubli et les nouvelles données. Une autre mère, un nouveau père, un frère retrouvé. Echangés et liés à nouveau contre une vie d’obstacles et de rébellion envers l’autorité ? Son esprit tanguait, petite Ruby, et l’extérieur ne pouvait que ruisseler de larmes, de ces traînées d’azur qui ruinaient ses joues de maquillage fondu et inutile.

Cela ne seyait guère au titre de princesse qui lui collait à la peau comme un mauvais surnom de primaire. Evidemment, que cela ne lui allait pas bien. Des larmes, des stupeurs, tremblement, tout un roman pour une héroïne de mauvaise légende, avachie dans des jupons de contes de fées, dans les bras d’un prince retrouvé qu’elle noyait de paillettes et de sel pour redevenir une gamine éplorée dans ses bras. Douce Swarovski, si loin de son image royale et d’une attitude altière et dédaigneuse. Seule au monde dans un royaume où la seule ancre pour garder la raison et plus de deux pensées ou perspectives d’avenir cohérentes se nommait Jeadly et lui offrait un nouveau nom de famille. Aucune raison de le lâcher, même si devait exsuder une fortune de cristaux plus que précieux, aussi précieux que ses émotions qu’elle n’osait jamais relâcher de peur de faillir et ne plus se relever. La tristesse amenait les diamants, l’incompréhension le cristal le plus pur et le plus translucide.

Oh, ses sanglots étouffaient sa voix de moineau chiffonné, une parole de pourquois, d’assentiments, d’acceptation faute de pouvoir l’exprimer clairement. Elle perdait tout. Voyait et trouvait un moyen bien trop radical d’émancipation, d’amour vrai et possible loin d’un joug familial, retrouvait une sorte de famille qu’elle allait devoir connaître. Fou était celui qui l’avait déstabilisé d’une telle missive qui jetait à terre avec fracas une vie de miroir parentale dont elle pouvait enfin sortir. Impossible de ravaler tant de sanglots, tant de frustration, tant d’émotions, quand la personne qui aurait du être la plus proche d’elle répondait enfin à un appel qu’elle avait du lancer en détresse depuis tant de temps.

« On est une famille.. toi et moi. Soyons une famille. »

Comment rattraper autant de temps et de frustrations vaines perdues ? Ruby et Jeadly. Elle aurait besoin de lui pour la vérité, pour la suite, pour se relever, pour continuer, pour savoir. Pour tout. Ruby allait avoir besoin de quelqu’un pour la retenir. Allait-il avoir besoin d’elle ? Jeadly et Ruby retrouvée. D’une fratrie à son image, d’un rappel persistant de ce qu’il avait connu -et peut-être haï comme famille? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus rien.

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