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 Que résonnent les douze coups de midi ! ► Dante

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Date d'inscription : 26/06/2011
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It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans
Nationalité: Ecossaise
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MessageSujet: Que résonnent les douze coups de midi ! ► Dante   Mar 8 Mai - 0:06




    “He had need have a long spoon,
    That sups kail with the de'el.”

    (Qui mange à la gamelle du diable,
    A besoin d'une longue cuillère.)

    Proverbe écossais


Il est parfois inquiétant de se représenter combien certaines choses sont vicieuses, pour peu que vous leur laissiez une infime marge de liberté. Vicieuses ou tout du moins ingrates ; vengeresses peut-être. Terrence était pourtant un bon maître en cela, quoi que le mot « maître » eut de quoi l’embarrasser : il ne forçait jamais aucun de ses objets à se soumettre contre son gré, quitte à laisser sa règle au sol en plein contrôle de maths – les feuilles permettent après tout de tracer des droites tout à fait honorables -, ou ses paires de chaussette faire leur vie indépendamment les unes des autres – de vraies libertines. Mais. Pourquoi diable fallait-il que cette armoire s’acharne sur lui de la sorte ? Il avait déjà songé au fait que son orientation dans la chambre ait pu lui déplaire, ou qu’elle se sentît trop surchargée. Alors, il avait tâché de gentiment lui expliquer combien il en était navré, mais que, voyait-elle, la déplacer était pour ainsi dire impossible – non pas que son poids fut trop élevé, elle était tout à fait charmante pour un placard ! -, mais que la chambrette n’offrait pas un champ très large de possibles réorganisations :
1- Car l’espace était réduit.
2- Car il était encombré.
3- Car il fallait laisser à Elwyn le sien (ou tout du moins, ce qu’il en restait).
4- Car cela risquait d’indisposer à leur tour ses petits camarades lits, chaises et autres meubles, qui s’accommodaient jusque-là très bien de leur situation actuelle – un peu d’altruisme, bon sang.

Une fois de plus, il avait ainsi quitté la pièce l’air sombre et le petit orteil endolori, envisageant de plus en plus sérieusement de se résigner et de se débarrasser d’elle, non pas en la jetant à la décharge bien sûr (il n’en était pas encore là), mais en songeant à ce que leurs chemins pussent bien finir par se séparer dans la caverne d’Ali Baba. Plongé dans ses pensées maussades, tenant à la main le carnet qu’il avait ramassé un peu plus tôt et qu’il avait décidé de convertir en pense-bête, il errait donc au gré des couloirs, sa phalange s’abîmant un peu contre le mur de pierre qu’il longeait, sans qu’il s’en inquiétât outre mesure. Il tourna à droite ; il avait bien d’autres problèmes pour le moment, et tout le temps de suçoter plus tard son doigt égratigné… Il prit à gauche. Et, sans qu’il comprit comment ni pourquoi du fait de son regard posé sur ses pieds, il percuta quelque chose. Non. Quelqu’un. Le temps de relever les yeux et de battre des paupières, il distingua une masse de cheveux fauve, visiblement pressée, qui s’éloignait d’un pas rapide ; il avait en revanche parfaitement perçu le chapelet d’injures qui lui avait été adressé, en plus du tintement métallique qui, s’il ne se méprenait pas, n’y prenait manifestement pas part. Il s’en convainquit tout à fait quand il vit devant lui la petite clé qui avait vraisemblablement échappée à son camarade ; s’en saisissant, il hésita un moment à la garder pour lui, en guise de dommages et intérêts. Puis il se ravisa, considérant qu’il eut été cruel de priver l’objet de sa serrure – et accessoirement son maître de ses entrées -, d’autant qu’il était lui-même relativement impliqué dans la faute. Bref, il s’engagea à la suite du roux dans le labyrinthe des corridors, attendant avant de le rattraper, l’étudiant d’abord de loin.

Enfin, étudiant surtout sa crinière flamboyante qu’il ne risquait pas de perdre de vue. A ce stade, pouvait-on vraiment appeler cette couleur du roux ? Lui aurait plutôt penché pour un orange pur et simple, de ceux qui vous tapent à l’œil, un peu comme les vraies oranges en fait, celles qu’on mange quand on a le courage de s’enduire les doigts de jus collant, ou plutôt la marmelade qu’on en fait, parce que c’est tout de même plus propre, et meilleur surtout, en particulier sur ses tartines du matin avec de la marmite. Oui, exactement, couleur marmelade, tellement que ç’en était presque perturbant… Il se demanda un moment s’il était possible de posséder un tel don. Rendre ses cheveux comestibles. Ce qui, disons-le, pouvait se montrer très pratique… Sur une île déserte, par exemple. Ou même à 4h, bien que la situation fut évidemment moins extrême. Peut-être même était-il capable de faire varier les goûts et la couleur ? Bruns pour le chocolat, blonds pour la vanille, noirs pour le réglisse, châtains pour le caramel… Et même violets pour le cassis, rouges pour la cerise, verts pour la menthe, roses pour la fraise ? Il tâcha alors de l’imaginer avec, concluant que ça ne lui irait pas si mal, et que définitivement, il était tant qu’il se lance dans une collection. De cheveux. Parfaitement. Et cet élève-là en serait incontestablement le clou.

Puis, à l’évocation de toutes ces saveurs, son estomac finit par le rappeler à l’ordre ; il fallait dire qu’il était quasiment midi, et qu’il venait de se souvenir qu’il avait faim. Il enjamba alors quelques marches dans l’escalier afin de réduire la distance, histoire que la filature se finisse et qu’il puisse tranquillement redescendre manger. Sur le palier, il chercha quelques secondes sa cible des yeux, réalisant seulement qu’il les en avait un bref instant détourné ; avisant le Phy devant la porte d’une salle à laquelle il n’attribua d’abord aucune fonction, il le regarda un moment s’affairer sur la poignée et pester. Le pauvre, il semblait bien avoir oublié ses cl… Ah mais oui, évidemment. L’éclair de génie qui venait de traverser l’esprit de l’animiste le poussa même à s’avancer d’un pas décidé dans le couloir, soudain plus confiant, ravi à l’idée d’accomplir une si bonne action. Nul doute qu’il serait pour le roux une sorte de sauveur, peut-être même pourrait-il de ce fait aborder la question de sa tignasse le plus naturellement qu’il soit…

Alors, une fois parvenu à sa hauteur, il brandit fièrement la petite pièce de métal argentée sous le nez du rouquin et l’aborda d’un ton enjoué, en profitant au passage pour renifler d’assez près les appétissantes mèches.

« C’est ça que tu cherches, pas vrai ? »

Dommage, l’odeur lui rappelait plus une lotion après-shampoing qu’un pot de confiture… Ceci dit, cela ne signifiait rien, il en avait bien conscience. Si de toute évidence il n’était pas question de parfum, sa thèse de l’arôme tenait encore la route. Il se promit donc d’y goûter dans le courant de la demi-heure à venir, afin d’en avoir une fois pour toute le cœur net.

« Ne panique pas, va… Tu as de la chance que j’ai été là. »

Oh, ça va, hein. Pour une fois qu’il osait s’envoyer quelques fleurs… Il fit pivoter la clé dans l’ouverture et poussa la porte devant lui, satisfait tout de même que son analyse se soit bel et bien avérée exacte, et ce depuis le début. Dans la lancée, il jeta même un coup d’œil à l’intérieur… Et se retourna vers le jeune homme, les yeux écarquillés, le visage enthousiaste.

« Attends… C’est une cuisine, ici ? »

Il passa de nouveau la tête par l’entrebâillure pour s’en assurer.

« Ca veut dire que tu es cuisinier ? Mais c’est formidable, ça ! Tu sais faire du laverbread ? Ou des œufs écossais ? Allez, ce serait la moindre des choses ! »

Sans attendre l’avis de son interlocuteur, il avait déjà posé un pied sur le carrelage, contemplant d’un air émerveillé les fourneaux et les ustensiles, autant d’instruments susceptibles de recréer entre ces murs les saveurs de chez lui. Tournant une dernière fois la tête, il lança au marmiton un regard plein d’espoir.

« S’il te plaît ? »



Notes du jour :

- Envisager collection de cheveux

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