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 We are wild and young • MacNeil.

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MessageSujet: We are wild and young • MacNeil.   Mar 24 Jan - 3:41



WE ARE WILD AND YOUNG



KING • 14 ANS ▬ ARSENIC • 12½ ANS.

C'était un de ces beaux après-midis de juin dont on rêve tout l'hiver : un jour éclairé par un soleil incandescent et un ciel torride ; un de ces jours-là où il semblait que l'Irlande se décidait enfin à goûter aux saveurs de l'été.

Les écouteurs de son tout nouvel iPod vissés dans les oreilles, Adriel chantonnait gaiement. Il avait l'œil brillant, ce petit charme des gens heureux, et un sourire naïf pendu aux lèvres ; et tandis qu'il déambulait dans les couloirs, ses pas joyeux éclaboussaient le silence impotent du château. Le jeune héritier avait abandonné la veille, dans un coin reculé de sa chambre, son dernier mp4 quasi-neuf à l'instant même où il avait déballé l'élégant paquet de son tout nouveau présent. Il ne s'en doutait pas vraiment, mais à cet instant Adriel était heureux. Il brûlait tout entier de la joie crépitante de l'innocence, ce petit bonheur tout simple qu'on retrouvait si communément chez la plupart des enfants, et qu'on recherchait à cœur perdu à l'âge adulte. Un petit quelque chose qu'on perdait on ne sait où, puis qu'on cherchait partout.
Dans un accès de bonne humeur, le gamin esquissa deux ou trois pas dansants. Ses doigts fins, endiablés, semblaient s'agripper à des baguettes illusoires qui s'illuminaient, tapaient dans le vide au rythme entraînant de la musique. Le tempo était presque parfait. L'espace d'un instant, il devenait John Bonham. Et il fredonnait, paupières mi-closes, tandis que le ton de sa mélodie s'évaporait dans les airs ; toujours les mêmes paroles, le même refrain qu'il reprenait en cœur avec Robert Plant. A ramble on, and now's the time, the time is now. Sing my song, I'm goin' 'round the world, I gotta find my girl. On my way !...

Adriel avait encore cette voix aiguë, enfantine, qu'on retrouvait chez chaque petit garçon ; et si les cicatrices de l'adolescence commençaient à émailler sa patine angélique, Adriel disposait toujours des quelques charmes de l'enfance : la frange blonde qui ne le quitterait jamais, les joues imberbes, et un cœur insouciant. Il avait quelques mois devant de lui avant déclore en ce chéri de ses dames, à la voix grave et chaude, qui briserait une ribambelle de cœurs fragiles. Pourtant, ce jeune Adriel n'était pas si différent de l'Arsenic qu'il allait devenir : l'hypocrisie était leur compagne de chambrée préférée, et Led Zeppelin leur groupe favori. (En vérité, aucun des deux Adriel n'avaient vraiment réussi à trancher quelle chanson il préférait. Un mix entre Ramble On et Travelling Riverside Blues, très sûrement)

De sa démarche sautillante, le gallois sortit de l'immense bâtisse et se rendit dans un coin ensoleillé du grand parc. Il décocha un clin d’œil complice aux quelques demoiselles rougissantes qui passaient par-là, et tandis qu'elles disparaissaient de sa vue, il prit la peine d'ôter l'un de ses écouteurs pour entendre avec satisfaction les petits gloussements féminins qui ricochaient entre les frondaisons des grands arbres. Une brise légère agita ses mèches blondes, et des pas se dessinèrent dans son dos.

Hey Stratford.

Adriel se retourna aussitôt, et se débarrassa de ses oreillettes d'un geste brusque. Bélial, un demi sourire aux lèvres, jeta un petit paquet rouge et blanc vers lui. Par réflexe, le blond rattrapa l'objet au vol. Un paquet de cigarettes.

T'avais demandé ça, je crois. Oh et tu auras besoin de ça aussi.

Et Business lui tendit un briquet bon marché.

Si tu en veux un ... de ta condition, il faudra payer.

Aucune ironie dans le ton, mais ses yeux pétillaient de malice. Adriel ne prêta aucune attention à cette dernière remarque, et prostré dans un silence fasciné, il faisait tourner la boîte de Marlboro entre ses doigts.

Je te l'offre pour cette fois. La prochaine fois, viens sur le bateau on règlera nos comptes là-bas.

Et Bélial disparut. Un drôle de sourire s'étira sur les traits juvéniles d'Adriel. Un vrai sourire, comme il n'en referait plus. C'était cette époque révolue, ces temps passés où il n'était alors qu'un fils de riche un peu trop fier, encore trop candide pour imaginer les plans perfides qui allaient devenir son quotidien. S'il était déjà un sale gosse hypocrite, un petit garçon brisé par un mélodrame familial, il n'en était pas moins un môme bercé par d'innocents espoirs. Il était à ce moment si particulier de la vie où l'on imagine que tout est encore possible.

Le mains frémissant d'impatience, il ouvrit maladroitement le paquet, et glissa l'une des blondes entre ses lèvres. Sa première cigarette. Il se saisit alors de son briquet, et l'actionna.
Adriel ne le savait pas encore, mais cette gitane fut la première d'une longue série.

▬ ▬ ▬

Il avait continué à s'enfoncer dans le parc, la clope fumante aux lèvres, s'étouffant à moitié, jusqu'à distinguer un peu plus loin sur sa droite, une silhouette qu'il connaissait bien. Une ébauche de sourire frémit aux coins de sa bouche. Adriel accéléra le pas. Quand il rejoignit MacNeil, Adriel leva les yeux vers lui, dévisageant d'un air rieur cette impressionnante montagne de muscles que le roux était encore. Il y avait alors quelque chose chez Kyle d'assez indescriptible. Quelque chose d'intangible, d'un peu magique, qui allait disparaître avec les ans. Quelque chose d'effrayant et d'attirant, tout en même temps. Cet espèce de charisme indéfinissable, intimidant qui lui avait valut son surnom. Tout le monde connaissait Kyle, et tout le monde avait peur de lui.
Du haut de ses treize ans, Adriel n'était alors pas capable d'apposer un mot sur le sentiment que lui inspirait le King. Il était trop jeune, pas mûr tout à fait, trop impulsif, pour y réfléchir avec tout le sérieux que cela exigeait. Aujourd'hui, s'il avait la force d'admettre qu'il avait un jour apprécié l'irlandais, Stratford aurait certainement penché pour respect, même si ce n'était pas tout à fait juste. Autrefois, au plus profond des iris d'Adriel lorsqu'il contemplait Kyle, on ne pouvait rien lire d'autre que Admiration.

Adriel était l'incarnation du fils à papa, le visage du jeune aristocrate pistonné. Kyle était l'allégorie de l'arriviste, le dur à cuir trop musclé. Et pourtant, ils étaient les deux faces d'un même pouvoir, d'une même suprématie. Leur alliance était alors l'une des plus grandes fiertés d'Adriel. Ils étaient l'héritier et le caïd.

Il sortit son paquet flambant neuf de Marlboro, et le tendit vers Kyle, l’œil pétillant.

T'en veux une ?

Un sourire.
Oui, il en était sûr à présent. King était le roi, et correspondait, à quelques détails près, à sa meilleure définition de l'amitié.

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MessageSujet: Re: We are wild and young • MacNeil.   Jeu 1 Mar - 18:27

We won't hesitate to break down the guarding gate, there's not much time left today ♪

    “And I find myself alone when each day is through.


« Ça m’est égal, abruti. Fais comme tu veux. »

Adossé à un arbre, les mains dans les poches, il les fixe à tour de rôle. Les deux autres échangent un regard, le premier donne un coup de coude, le deuxième sort un billet de sa poche et lui tend l’argent sans le regarder. Il le prend, le plie en deux, le range et tapote la poche arrière de son jean d’un air impatient.

« Il m’en doit encore dix, mais tu lui en prendras quinze. Tu peux garder la monnaie. »

Le King est trop bon. Non, vraiment. Il est de bonne humeur, aujourd’hui. C’est une belle journée. Et s’il récupère ses trente euros dans l’après-midi, il sera encore plus heureux.

Le premier reste en retrait, mais l’autre semble indécis et baisse les yeux.

« Je m’en occupe seul ? »

Un petit rire. C’était donc ça. Ne t’en fait pas, va. Le King comprend. Ce sera toujours plus facile à deux. Après tout, ce deuxième année ne t’arrive qu’à l’épaule. Mais bon. Le King est également conscient qu’il vaut toujours mieux envoyer deux ou trois gars pour racketter un gamin dans la cour de récré, même si les deux autres ne font que regarder bêtement le spectacle.

« Demande à Visconti. »

Je suis sûr qu’il se fera un plaisir de t’aider. Et puis, il me doit un service. Il fait signe au deuxième gars de l’accompagner. À vrai dire, Teodor est tout à fait capable de récupérer cet argent sans ces deux boulets aux basques, mais le King a envie d’être seul, tu vois. Et puis, il déteste jouer les nounous. Hypocrites.

*

Kyle MacNeil croisa les bras et suivit les deux autres du regard tandis qu’ils traversaient à grands pas le parc en sens inverse. Il était dans une période où tout, tout lui souriait, et pourtant il les trouvait de plus en plus insupportables, tous. Hypocrites, menteurs, lâcheurs… capables de tout plutôt que de subir ses foudres. Pas un seul ne s’était jamais rebellé. Enfin, pas cette année, et elle touchait à sa fin. Savoir qu’ils subiraient personnellement la colère du King suffisait à étouffer leurs espoirs dans l’œuf. Hypocrites. Ils seraient tous ravis d’oublier sa présence, les ennuis qu’il leur attirait quotidiennement, d’oublier jusqu’à son existence s’il disparaissait… et pourtant, il était encore là. Chaque jour.
Pour leur rappeler qui était le chef. Et qui ne valait rien.
Nous étions en juin. Kyle l’ignorait encore, mais son règne touchait à sa fin.

Bien sûr, il n’y pensait pas. Il comptait emmerder son petit monde pendant encore de longues, longues années. À Aisling et plus tard, peut-être. Qui sait ? Il passa une main dans ses cheveux un peu trop longs, se détacha de son arbre et fit quelques pas dans l’herbe. Non, vraiment. C’était tout de même une très belle journée. Kyle en profitait plus que les autres puisqu’il séchait toujours la moitié de ses cours, mais ça ne l’empêchait pas d’apprécier le beau temps quand il se montrait. Le temps au moins, n’était pas hypocrite. Il regarda sa montre – une montre trop chère au bras d’un délinquant comme lui, volée à un petit PSY prétentieux – il avait encore une bonne heure devant lui avant d’aller régler deux ou trois affaires qui méritaient son attention. Comme ce surveillant qui avait confisqué de l’alcool à un de ses associé ou ce crétin de représentant qui n’arrêtait pas de lui demander « d’arrêter de déshonorer leur classe », comme si Kyle allait respecter un type qui passait son temps à fumer des joints dans la jungle, tss ! Et puis, qui respectait le représentant, de toute façon ? Il n’était rien de plus qu’un pantin. Un « porte-parole » que personne n’écoutait. Normal, puisque son rôle était d’écouter ce que la classe avait à dire et de parler ensuite en son nom. Personne ne lui demandait d’avoir une opinion entre-temps. Hum, ça faisait une bonne argumentation, ça. Il faudrait qu’il s’en rappelle pour plus tard. Et il finirait sur un « Cqfd, ta gueule ! ». Même s’il n’avait pas suivi assez de cours de maths pour savoir ce que signifiait exactement « cqfd », il savait que cela ferait forte impression – avec un crochet du gauche. Ouais. Qui avait dit qu’il fallait être intelligent pour régner ? Kyle ricana intérieurement. Il suffisait d’avoir des sujets plus bêtes que soi. Et des acolytes encore plus bêtes. Quelques pas attirèrent son attention et il se retourna.

Tiens, Stratford… Adriel. Arsenic. Kyle le regarda approcher et hocha la tête en guise de salut. Dans la même situation, la majorité de ses acolytes auraient à peine le droit à un regard. S’il avait dû se préoccuper de l’ego de tous ceux qui le suivaient comme de bons petits chiens, il n’irait pas loin. Et puis, il avait bien assez à faire avec le sien, d’ego. Mais Adriel Stratford n’était pas un acolyte, Adriel Stratford était un associé. Et ça changeait tout. C’était peut-être ce qui se rapprochait le plus d’un ami dans la tête du King, même si ce dernier ne l’aurait jamais désigné ainsi. C’était une alliance, voilà tout. Une alliance très professionnelle. Chacun avait quelque chose à apporter à l’autre. Adriel était un Stratford, lui était le King. Ça suffisait amplement comme explication, non ? C’était une bonne idée. Une brillante idée, même. Kyle n’en était pas peu fier. Arsenic lui permettait d’étendre son influence, et lui… et bien, il s’assurait que personne ne marche sur ses plates bandes, et il le faisait personnellement. Ils ne seraient pas les premiers à s’associer pour ces raisons, pas vrai ? On aurait dit les héros d’un film. Le jeune criminel plein au as et son garde du corps champion de kung-fu. Même si Arsenic n’était pas un criminel, et que le King n’avait pas besoin de faire du kung-fu pour latter tout le monde. D’ailleurs, leur relation n’avait rien à voir avec celle d’un riche patron et de son homme de main. Ils étaient égaux. Kyle sourit au jeune héritier quand il lui proposa une cigarette. L’avait-il déjà vu une clope à la main ? Quelque chose lui disait que non. Peut-être son sourire ou son regard un peu malicieux. Lui aussi, il était passé par là. Lui aussi, il s’était étouffé en aspirant la première bouffée, et pas que. Il hocha la tête et tira délicatement une clope du paquet.

« Pourquoi pas ? »

Il sortit de sa poche un zippo en piteux état, piqué on ne savait où. Kyle ne fumait qu’occasionnellement, pour les grandes occasions, nouvelle alliance, nouvelle victime, réunion de ses associés, démonstration de force, tout ça… ça faisait très mafieux. Bref, il ne fumait pas régulièrement, mais il avait toujours un briquet sur lui. C’était très utile. Déjà, ça permettait de montrer aux ELEM qu’ils n’étaient pas les seuls à savoir faire du feu – même les hommes des cavernes l’avaient compris, mais allez donc expliquer à ces crétins de richards qu’ils la ramenaient pour rien ! – ensuite, ça permettait de brûler des tas de choses, comme une mauvaise note en histoire sous les yeux d’un prof d’histoire, les devoirs du premier de la classe qui avait commis l’erreur de les rédiger avant de s’occuper de ceux du King – grosse erreur – ou d’autres trucs, comme les convocations que la directrice adressait encore bêtement à sa mère, sans comprendre que Kyle était plus rapide que le facteur. Le zippo servait aussi de lampe torche quand on n’avait pas de lampe torche et, occasionnellement, il le prêtait à Rocket pour lui faire plaisir. Elle était toujours ravie de brûler les cheveux des autres filles avec LE briquet du grand Kyle MacNeil, autant dire que ce dernier ne comprenait pas les lubies de cette fille mais que son ego appréciait autant de dévotion. Aujourd’hui, c’était au tour d’Adriel de profiter de ce zippo qui avait torturé des professeurs, des premiers de la classe et des filles aux cheveux trop longs et trop beaux. Un grand honneur, à la hauteur de la relation et de cette cigarette qu’ils partageaient. Il tendit le bras en direction de son associé pour allumer la sienne.

« Nouvel i-pod ? » ajouta-t-il en repérant les écouteurs.

Il clipa le zippo, alluma sa propre cigarette et aspira profondément, calmement. Peut-être devrait-il fumer plus souvent. Mais il préférait évacuer son stress en frappant, et les deux entrainaient une accoutumance, paraît-il. Aha. À chacun ses raisons. Il scruta Arsenic. Il avait tout ce qu’il souhaitait, n'est-ce pas ? Son père devait le gâter, songeait Kyle avec un petit sourire. Il n’était pas jaloux. Pas spécialement. Lui aussi, il obtenait tous les jouets qu’il voulait, et sans même demander. Il n’avait pas de i-pod dernier cri par contre, il faudrait qu’il y songe.

« Quoi de neuf dans le monde de Stratford ? »

Pas de sourire ironique, rien. Ce n’était pas une plaisanterie, c’était très sérieux. Quand on a un associé, il est normal de se soucier de son bien-être, non ? C’était une façon de s’assurer que personne ne le gênait dans sa petite bulle. Car s’attaquer à un associé du King, c’était s’attaquer au King. Ce n’était pas comme voler de l’alcool à un de ces acolytes ; Kyle les laissait régler leurs affaires entre eux. Mais s’en prendre à ceux qu’il considérait comme ses égaux – Adriel, Teodor et même cette peste de Rocket en étaient des exemples – était une provocation trop énorme pour être ignorée. Kyle aurait cassé la figure de n’importe quel plouc assez stupide pour les emmerder, même s’il pensait faire ça pour lui avant tout. Et même s’il les traitait en amis sans le savoir. Mais bien sûr, il n’avait pas besoin d'une raison pour casser des figures.
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