AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
▬▬▬▬▬▬▬
Invité
Invité
avatar



MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 20 Nov - 0:13

    Ca a a l'air sympathoche, j’espère que les invalidés sont autorisés :3

    Lex ;
    • Sid M.C. Salkanovic

    Je ferai de mon mieux What a Face
Revenir en haut Aller en bas
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 115
Date d'inscription : 12/07/2011
Age : 20


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans
Nationalité: Anglaise
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 20 Nov - 21:53

Je m'inscris ausssiiiii

Lisoun ;
  • Sheva Banphrionsa
  • Jeadly O'Jersley
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 255
Date d'inscription : 18/06/2011
Age : 22


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17
Nationalité: Islandaise
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 20 Nov - 21:58

J'en suis j'en suis j'en suiiiis, j'adore ces trucs là hehhh **, je met Temujin même si je l'ai pas encore terminééé (jetez-moi vos cailloux, je bute un peu, tiim tiim). ;;

Ludy ;
Ludvik A. Haraldson
• Temujin Tengis
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬
MODO | I SHIP US SO HARD
MODO | I SHIP US SO HARD
avatar

Messages : 637
Date d'inscription : 29/06/2011
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 18 ans
Nationalité: Irlandaise
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 20 Nov - 22:27

je piou voila x__x, je suis faible ( Eimer étant pas fini je le met entre parenthése \o\ )

Bhou.
- James Walter
- Callum I. Catburry
- Camélia Walter
- ( Eimer Dwayne )

_________________

Parce que capturé une Camélia sauvage, c'est plus compliqué qu'on pense

Spoiler:
 

icone Phy style par Leif et pokemon par Beli Et vava qui poutre sa maman par CapriBNDAMOUR
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬
Invité
Invité
avatar



MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 20 Nov - 22:51

    J'ai failli à ma tâche pour le dernier event parce que j'ai eu une absence involontaire >.< mais je ne raterai Noel pour rien au monde ! 8D. Donc en espérant que Swag soit validé d'ici là... Je m'inscris aussi !
    Et pardon d'avance à celui qui recevra mon cadeau gnihh.. :3
    Winter
      - Shanleigh M. Callaghan
      - Swag T. Johansson
Revenir en haut Aller en bas
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Just a curse. Have a nice day.
ADMIN | Just a curse. Have a nice day.
avatar

Messages : 2186
Date d'inscription : 11/02/2010
Age : 25


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 20 Nov - 22:54

miru ; lancot r. calleach, clyde a. buckley, yuui kjersti

_________________
Every great magic trick consists of three parts or acts. The first part is called "The Pledge". The magician shows you something ordinary: a deck of cards, a bird or a man. He shows you this object. Perhaps he asks you to inspect it to see if it is indeed real, unaltered, normal. But of course... it probably isn't. The second act is called "The Turn". The magician takes the ordinary something and makes it do something extraordinary. Now you're looking for the secret... but you won't find it, because of course you're not really looking. You don't really want to know. You want to be fooled. But you wouldn't clap yet. Because making something disappear isn't enough; you have to bring it back. That's why every magic trick has a third act, the hardest part, the part we call "The Prestige"."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://socialsuicidebytruth.wordpress.com/
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 807
Date d'inscription : 30/03/2011
Age : 28


It's a kind of magic.
Age du personnage : 19
Nationalité: Irish
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 20 Nov - 23:25

Code:
[b]▬ Bull[/b] ; Kyle MacNeil, Luka F. Eskola

Je m'inscris parce que c'est drôle /o/ même si ça le sera sûrement moins pour celui ou celle qui recevra mon cadeau. 8D
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬
Invité
Invité
avatar



MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 20 Nov - 23:26

    Code:
    [b]▬ Wocky[/b] ; Circée O'Scalp ; Chelsea N. Klein

    I do want.
Revenir en haut Aller en bas
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 575
Date d'inscription : 02/12/2010
Age : 22


It's a kind of magic.
Age du personnage : 18ans.
Nationalité: Semi-Allemande.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 20 Nov - 23:31

J'ai hésité MAIS TANT PIS JE ME LANCE.

Code:
[b]▬ Kath[/b] ; Katharina E. Heisenberg, Bella A. O'Gallagher, Azalée A. De Coligny
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Jeu 24 Nov - 0:38

Tout le monde a été ajouté, merci de vérifier que vous n'avez pas été oublié vu que je vais maintenant tirer au sort ♥

Lex • Malheureusement tu n'as pas terminé ta fiche, je ne peux donc pas accepter, vu que la personne qui tombera sur toi aura donc bien du mal à cerner le personnage. Vraiment désolée ;;
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Lun 28 Nov - 1:39

Tous les MPs ont été envoyés !

J'attends donc vos cadeaux avant le 25 Décembre quoi qu'il arrive. Vous pouvez bien entendu ajouter ce que vous souhaitez avec, que ce soit des dessins/avatars/kits/second texte/petits mots, etc. Tout sera copié/collé tel quel à la suite de ce topic dans la journée du 25 ~
Amusez-vous bien ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:37

I love all you kids, you know that.




Tout d'abord, un grand désolée aux personnes qui se retrouveront sans secret santa aujourd'hui, car Artemis, Nathanaël et Louchette ne les ont pas rendu (merci tout de même aux deux derniers de m'avoir prévenu) à temps, mais j'espère qu'ils pourront vous les donner avec quelques jours de retard tout de même ;; (juste, si ceux qui n'ont pas reçu de cadeau pouvez m'envoyer un petit mp, merci !)

Maintenant je vous laisse avec vos cadeaux au pied du sapin les enfants, en vous disant que comme l'année dernière, ça en met plein les mirettes. (ca y est Lenny, tu peux ranger cette poêle, merci) Et je vais arrêter de répéter des Joyeux Noël à foison, on a compris le message.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:39

De Kath à Rina



« Les livres n’étaient qu’un des nombreux types de réceptacles destinés à conserver ce que nous avions peur d’oublier. Ils n’ont absolument rien de magique. Il n’y a de magie que dans ce qu’ils disent, dans la façon dont ils cousent les pièces et les morceaux de l’univers pour nous en faire un vêtement.. »



Je pose mon regard sur la vitrine et fixe comme toujours ce même ouvrage que je voulais acquérir depuis déjà plusieurs semaines. Il était beau, mais il était cher. J'aurais pu me l'offrir, je ne manquais pas d'argent, mais, comme nous approchions de noël, je me disais que je pouvais l'acheter le 25 au matin pour me faire un « auto-cadeau ». Oui, parce que je sais que Léo, lui il me l'aurait offert. Alors, je le ferais à sa place, et je penserais à lui en m'immergeant dans cette histoire mêlant magie avec poésie.
Mais il y avait un problème.
Il ne restait plus qu'un exemplaire de ce livre semblant « souffrir » de son succès. Alors, je fulminais en silence, n'osant pas entrer dans le magasin pour le réserver, parce qu'en pleine période de noël, on allait sûrement me dire « que je ne pouvais pas » ou « que je ferais mieux de l'acheter d'ici les prochaines 24heures ». Et puis, c'est bien connu, je n'aime pas parler aux étrangers.

"La perversion c’est une affaire de goût, c’est comme la bouffe chinoise : on aime ou on n’aime pas. N’empêche que quand on est chinois on a pas le choix !"


Ah oui, quand même.
Je posais ma manette en osant enfin jeter un œil à l'heure. Il était tard, et je devais aller m'acheter de quoi manger, sinon j'allais sûrement devenir aussi grasse que Scarlett à force de ne rien donner à mon corps. Ainsi, je sortais dans le froid de décembre pour aller me diriger vers une petite épicerie non loin de là et me faire de provisions de pâtes pour ne plus avoir à interrompre une partie de Call of Duty de la semaine.

Oh, qui voilà.
Une âme égarée, une pauvre fantôme dans ce grand royaume qu'était Aisling. Je ne l'avais croisée que quelques fois et souvent l'avais-je toisée avant de partir m'occuper de personnes plus intéressantes, moins vides. Mais voilà que j'avais envie de l'entendre, ou du moins, connaître sa voix avant de ne plus jamais avoir à la revoir. Parce qu'elle me semblait peu intéressante et surtout trop insipide, sa personnalité inexistante ne m'attirait pas, tout comme ses tenues toujours bien trop sombres à mon goût.
On aurait dit une gothique avec ses cheveux ébènes et son regard se voulant dur mais pleurant la nostalgie.

« Nora, c'est ça .. ? Tu le veux ? » Sourire peut-être narquois, peut-être compatissant, qui sait.
-Qu'est-ce que ça peut bien te faire ?

Oh. Surprenant. Le corbeau venait de se braquer et elle reculait... irritée ? Je n'avais pourtant rien dit de mal, mais voilà qu'elle me regardait avec un faux air de dégoût mêlé à une indifférence originale je dois bien l'avouer. Je prend mon temps avant de lui répondre, regardant la demoiselle de la tête aux pieds :

« Oh, moi ça ne me fait rien. Mais, pourquoi tu ne rentres pas te l'acheter ? » Je fais la curieuse mais je ne le suis pas, je m'en moque complètement à vrai dire. Je pensais déjà à ce que j'allais me faire à manger en rentrant, Nora avait beau être surprenante, elle ne l'était pas assez pour que je focalise mon intention sur elle.
-Et toi, pourquoi tu ne rentres pas chez toi balancer ta fausse compassion à qui veut bien en avoir ?
Second sourire « Que de perspicacité ! » Belle ironie laissant paraître que ses pauvres mots ne m'atteignaient pas, qu'il ne viendraient jamais me déranger dans mon sommeil et que crier ainsi n'allait que me réjouir un peu plus. « Bon, c'est pas tout mais j'ai des pâtes à acheter moi. » Ton las, parce que tu m'ennuies Nora, parce que tu ne me donnes rien à grignoter à part ta personnalité un peu trop dérangée.

Et puis j'avais faim, moi.

"Il n’y a pas de certitudes, il n’y a que des opportunités."


Le professeur de Français nous prenait pour des machines à sous. Bien que l'argent ne soit pas un problème pour moi, devoir ainsi acheter un nombre de bouquins faramineux commençait légèrement à m'agacer. A force d'aller à la petite libraire d'en face, je croyais connaître par cœur la disposition de ses rayons ainsi que les horaires de ses vendeurs. D'ailleurs, il y avait un jeune blond qui n'arrêtait pas de me faire du gringue depuis le début de l'année. Encore un qui voulait m'envelopper dans ses draps albâtres le temps d'une nuit.
« Il me faudrait... Hm. Un Balzac. » Quel nom aux sonorités des plus laides. « Le père Goriot je crois... » Le blond glisse promptement entre les rayons pour me rapporter l'objet, je ne le regarde déjà plus, préférant m'intéresser à l'appel que passait un homme un peu plus âgé à ma droite. Sûrement celui qui devait tenir la boutique. « Oh ! Oui il m'en reste un ! Je pense qu'il sera encore là demain oui... Hrm hrm. » Sa voix était abîmée par le temps tout comme son visage qui tombait en ruine. Il saisit le livre que l'autre corbeau observait avec envie le jour d'avant. « A demain alors, oui oui... Hrm hrm. » Il raccroche, pose le livre sur le comptoir avant de me regarder de ses yeux azur : « Vous désirez quelque chose mademoiselle .. ? »

Et, je ne sus pourquoi, mais, je répondis cela, sur un ton des plus déterminés : « Oui, il me faudrait ce livre, là. » Je montrais d'un signe de tête l'objet de tous les désirs. L'homme semble quelque peu embêté de devoir vendre ce qu'il avait promis il y a quelques instants et ne répond pas.

« Je vous donne le double. Mais je le veux. »

Je ne vois vraiment pas pourquoi je faisais ça...


"Sa philosophie de la vie c’était qu’elle pouvait mourir à tout moment. Ce qu’il y avait de tragique selon elle c’est qu’elle ne mourrait pas."


Le jour J est enfin arrivé.


« Désolé mademoiselle mais nous n'avons plus d'exemplaires de ce livre. Il va falloir attendre une semaine pour en avoir un... »
Non... Non... Automatiquement, mon don semble s'activer. Je ne ressens rien, le monde ne s'écroule pas sous mes pieds, je n'ai pas de mal à répondre un simple « Merci. » avant de sortir du magasin, les pieds dans la neige. Mais ce contact glacial me rappel mes anciennes fêtes avec mes frères, avec Nathaniel, avec Léo... Ils me manquaient. Et je n'allais pas pouvoir m'offrir un noël digne des autres fêtes passées avec eux. Je n'allais pas sourire comme Léo l'aurait voulu, j'allais simplement penser encore et toujours à Nathaniel, à ce que j'aurais du faire, à ce que j'aurais mieux fait de ne pas lui dire...

Non... Non...
Mon don se fisse, mon don est fragile et cède en quelques minutes. Je ne peux pas tenir, je ne peux plus, c'est trop dur. Je ne sais pas me maîtriser lorsque ce genre de sentiments m'envahissent, c'est un trop grand chamboulement, la révolution même de mon être qui reprenait les reines de mon coeur. J'avais beau essayer d'afficher un air insensible, tout me touchait, tout venait piquer mon cœur et mouiller mes yeux lorsqu'il s'agissait de ma famille.
Voilà que mes joues étaient en un instant inondées et que mes genoux touchaient le sol. Je posais à la suite mes main sur le trottoir, ignorant le froid de la neige me traversant jusqu'aux poignets. Et je pleure... je pleure ma solitude et la disparition de mes deux frères.
Je suis vraiment conne...

Boum... Mon cœur contre ma poitrine ?
Non, le bord d'un objet frappant mon bras.

« C'est ça que tu cherches ? » Une voix familière... April ? Je lève la tête, essuyant promptement mes joues. « Arrêtes de me regarder comme ça et prends le. » Pourquoi ? Tu ne m'aimais pas et moi non plus. Alors pourquoi ? Mais je vois bien dans tes yeux, que personne ici n'avait la réponse... « -J-Je... -De rien, de rien. Hahaha. Mais va falloir me payer un verre pour celui là, il n'était pas donné. Bon, euh... Joyeux noël, Nora. »

Et elle partit.
Elle disparu, je serrais le bouquin contre mon cœur, fermant les yeux, rassurée. Et je sentis, le temps d'une soirée, un peu de joie dans mon cœur.
Un peu de joie dans cette incessante nostalgie qu'était ma vie.

Joyeux noël, April.





De Rina à Chupp




─ Salut, Lynn ! Où est-ce que tu vas ?

La jeune japonaise tourna la tête, et, d'un mouvement fluide, délogea les écouteurs de ses oreilles. Elle battit des paupières et demeura silencieuse quelques instants, le temps de reprendre contenance, de sortir définitivement de sa bulle de notes.

─ Bonjour, Jasmin. Je vais à la bibliothèque...
─ Quelle coïncidence, moi aussi ! Je peux t'accompagner, dis ?


Elle sourit devant le regard suppliant du garçon, lequel paraissait vraiment désireux de marcher à ces côtés. Elle hocha la tête doucement. Il sourit aussi, rayonnant, et lui emboîta le pas tout en lui jetant de temps en temps de petits regards curieux, légèrement rougissant. On sentait qu'il voulait entamer la conversation mais n'osait pas parler le premier. Lynn éteint son iPod, se racla la gorge, et dit sur un ton neutre :

─ Et, euh. Tu vas bien ?

Elle ne savait pas si c'était la bonne chose à dire, cependant, lui demander cela ne semblait pas trop déplacé. Il paru ravi et se mit joyeusement à lui raconter quelques évènements récent, demandant son avis régulièrement sur telle ou telle chose, ce à quoi elle tâchait de répondre avec pertinence sans toutefois risquer de le blesser. Il ne s'offusquait en aucun cas et accueillait systématiquement son avis avec une sorte de vénération. Le babillement de Jasmin n'était pas irritant, elle avait juste du mal à le suivre, à demi-noyée sous le flot de paroles enthousiaste du jeune psychique. Soudain, il demanda :

─ Alors, Lynn, tu as quelque chose de prévu pour demain ?

Elle s'arrêta brusquement, surprise.

─ Je... Pourquoi ?
─ Mais enfin, Lynn ! Ne me dis quand même pas que tu as oublié ! Demain, c'est Noël. J'ai hâte !
─ ... Oh. Oui, c'est vrai. Déjà...
─ Formidable, pas vrai ? Je n'aime pas l'hiver parce qu'il n'y a plus de fleurs, bien que demeurent les sapins, c'est beaux les sapins - mais ce n'est pas comparable, n'est-ce pas ? - en revanche, Noël, je l'attends avec impatience !


Sauf que le Jeudi suivant, à cause des vacances il devait rentrer chez lui, retrouver sa famille et surtout, ses soeurs qui l'effraient tant. Il n'était plus si réjoui à cette perspective.
Jasmin se tut, comme si il craignait d'en avoir dis trop. Il se décida toutefois à lâcher, du bout des lèvres un minuscule :

─ Et toi, Lynn, tu aimes Noël ?

Il eut brusquement peur d'être indiscret et leva les yeux vers elle, pour s'assurer qu'elle n'avait pas mal pris sa question. Elle n'avait pas l'air fâchée ; il se détendit, rassuré, et attendit sa réponse.

Lynn réfléchit. Elle se remémora de quelques Noëls heureux, petites étincelles de joie aux couleurs rouges et vertes. Ceux où son père était encore là, images presque effacées par le temps, lointaines, porteuses de mélancolie. Ceux d'après, où sa mère s'était efforcée d'organiser tout ce qu'il fallait alors qu'elle n'avait pas vraiment le coeur à la fête, des moments qui, grâce à elle, étaient devenus merveilleux. Dans les yeux de sa mère disparurent les traces de tristesse qui s'y accrochaient d'ordinaire, même lorsqu'elle souriait, et elle profitait elle aussi de ses instants de bonheur éphémères partagés avec sa fille. Puis, les Noëls où elle était avec Liza ou Arthur, dont un, particulièrement mémorable, où ils étaient tous les trois. Se les remémorer lui était douloureux ; la Liza souriante, affectueuse de ses souvenirs, l'amenait à douter qu'il s'agisse bien de la personne qui finit par la détester et lancer bon nombre de rumeurs sur son compte, certaines si tordues qu'elle s'était sentie désemparée, d'autres moins douteuses qu'elle s'était efforcée d'ignorer. Enfin, les derniers Noëls en date lui avaient paru très solitaires, comparés à ce qu'elle avait pu connaître. Sa mère était présente, évidemment, mais elle ne parvenait jamais à chasser complètement cette impression d'isolement. Quant aux Noëls passés à Aisling, ils ne furent pas désagréables, mais ils n'avaient simplement revêtu rien d'exceptionnel. Comme si la féérie, avec les années, s'était épuisée jusqu'à s'en être allée. Restait le plaisir de pouvoir admirer l'effervescence un peu folle qu'offrait la préparation d'un Noël au sein de l'école irlandaise, suivie de la célébration en elle-même. Chaque classe fêtait ça à sa manière, d'après ce qu'elle comprit, et on était libre de se joindre ou pas à la fête. Lynn avait décliné poliment les offres des psychiques, gênée à l'idée de côtoyer tant de gens d'un seul coup et de devoir s'amuser de manière spontanée aux côtés de personnes qu'elle ne connaissait pas ou peu, jugea que la tranquillité vallait mieux et qu'elle risquait de jeter un froid en se mêlant à des groupes d'amis déjà bien constitués.

─ Lynn ?

La concernée battit des paupières. Jasmin la fixait, curieux mais intimidé par son silence.
Elle fut tentée brièvement de répondre oui, afin que Jasmin ne se froisse pas et s'abstienne de lui demander de justifier son opinion, car tout le monde est supposé aimer Noël, non ?
Elle opta pour un franc :

─ Je ne sais pas.

Devant l'air désorienté de Jasmin, elle se reprit :

─ Probablement un peu... hasarda-t-elle.

Et lui jeta un regard d'excuse en voyant son air déconfit.

***

Lynn ouvrit les yeux, tourna la tête vers son réveil, se leva enfin, l'esprit embrumé. Nous sommes le 25 Décembre.
Un souvenir émergea lentement du fond de son esprit. Un jour, pour l'évènement, elle avait dessiné à l'un de ses bonhommes d'origami un bonnet de père Noël, cela lui revenait, à présent. Il s'était pavané avec et lui avait demandé un hotte, après que Lynn lui ai fait une bouche. Elle accepta, traça aussi le contour du manteau et colora les bottes de noir. Absolument ravi, il s'était mis à fourrer dans sa hotte le moindre petit objet qui lui tombait sous la main ; petite perle colorée, gomme, morceau de gâteau, bracelet... Et en fit cadeau, fièrement, à Lynn le soir venu. La jeune fille poussa un soupir amusé en y repensant. Elle revit des visages, des "joyeux Noëls" lancés à tout-va, quelques cadeaux offerts qu'elles n'osait attendre. Nora, par exemple, lui avait offert l'une de ses plus belles écharpes - non sans bafouiller et rougir un nombre incalculable de fois ; la comprendre ne fut pas aisé -, qu'elle avait rangée au fond de son placard précautionneusement. Elle songea à la perspective de refaire un père Noël en papier, allant jusqu'à, pourquoi pas, lui faire des rennes si elle y parvenait - ah, mieux, il se peut qu'elle tenter ensuite d'animer un bonhomme de neige... une figurine, à la rigueur - et à celle de remercier les personnes qui avaient pensé à elle l'an dernier.
Ce ne serait peut-être pas si mal, en fin de compte. Elle haussa les épaules, un léger sourire flottant sur ses lèvres.
On verra bien.
aaaw, je suis tellement contente d'être tombée sur toi et tes personnages si chouuus - que j'ai un peu massacrés, j'espère que tu ne m'en veux pas trop- ;; ♥ bref, Joyeux Noël Chuppinette, amour sur toi ! ♥♥♥





De Chupp à Lula






c'était un noël
tout à fait ordinaire



Endormie dans son lit aux draps soyeux, les yeux clos et le visage apaisé, elle ressemblait à une princesse tout droit sortie d’un Disney. Ses longs cheveux blonds s’éparpillaient en fines mèches rayonnantes autour de son oreiller où sa tête était encore enfouie.

Un tintillement se faisait entendre dans la salle. Un léger son vibrant de clochettes. Son visage grimaça, elle fronça les sourcils et souleva une de ses paupières dévoilant sa pupille azurée. La pièce était complètement décodrée de guirlandes rouges et dorées, un petit sapin avait été posé sur le coin d’un bureau dans les mêmes teintes que le reste de la décoration. Le lit de la princesse avait été entouré de petites lumières multicolores et clignotantes. Scarlett se leva d’un bond.

Ses colocataires avaient du passer la journée de la veille à parsemer la pièces de décorations au gôut de la festivité hivernale. Scarlett n’avait pas été là, trop occupée à sécher ses cours, et n’était rentrée que tard dans la nuit après une soirée surement un peu trop arrosé au vu du mal de crâne qui s’acharnait dans un coin de sa tête. Du coup, ce n’était qu’en ouvrant les yeux ce matin qu’elle remarque que la magie de Noël s’était tapée l’incruste dans sa chambre. Elle sourit sans grande surprise. Elle avait l’habitude de ce genre de déploiement de décorations variées pour les fêtes. A vrai dire, ces quelques guirlandes bon marché et ces boules de Noël déjà vieillies faisaient pâle figure à côté de la plus petite décoration qu’elle aurait pu trouver chez elle auojurd’hui.

Elle tourna la tête vers le petit sapin qui n’avait encore aucuns cadeaux à son pied. Scarlett soupira, se demandant si elle allait recevoir des cadeaux cette année. Bien sûr qu’elle allait en avoir ! Une nouvelle garde-robe, un coffret collector de Twilight, des trousses entières de maquillages, peut être même un poney… Elle obtiendrait tout cela grâce et uniquement grâce à ses parents, forcément. Elle sourit en se disant que la montagne de présents qu’elle recevra dépasserait surement la taille du petit arbre qui se trouvait là.

Elle alla se préparer et sortit de la chambre. Tout Aisling avait été décoré pour l’occasion. Des pins gigantesques aux couleurs des quatre classes, le plus beau étant le rouge mais y avait-il besoin de le préciser ? Des farandoles de guirlandes touffues et scintillantes longeaient tous les murs du bâtiment, des petits cristaux de neige flottaient dans les couloirs sans jamais tomber, évitant ainsi de se briser douloureusement sur le sol. Bien que loin des cuisines, on pouvait sentir une délicieuse odeur de chocolat chaud, de pain d’épices et autres sucreries qui se promenaient dans l’air. Malgré le froid de l’hiver irlandais, tout était particulièrement chaleureux, comme si dans chaque salle un petit feu de cheminée avait été allumé. Un Noël magique, quoi de plus normal à Aisling ? Seulement, c’est avec la mauvaise foi la plus sincère que Scarlkett se dit que non, tout cela ne valait pas les Noël de la famille Reems. Vraiment pas. Ils n’arriveraient pas à ne serait-ce qu’imiter la splendeur quand laquelle leur maison était plongée durant la période de Noël.

Elle finit par trouver ces éléments de plus en plus grotesques. Jusqu’à tomber sur un pauvre élève qui du haut de son échelle tentait d’accrocher une banderole avec écrit « Merry Christmas » en lettres d’or. Ce dernier en la voyant passer à côté lui sourit, surpris d’être observé dans sa tâche. Scarlett préféra le snober et ne lui répondit pas. Mais en continuant son chemin, la tête haute, elle se tapa le pied contre l’échelle du garçon. Celle-ci trébucha accomapgant dans sa chute les deux jeunes gens.

▬ Non mais tu pourrais pas faire attention ?
▬ Je suis désolé ! Est-ce que ton pied va bien ?
▬ Hein ?
▬ Oui ton pied, il va bien ? Je veux dire tu t’es pas fait mal en cognant mon échelle avec ?

Il venait de tomber de trois mètres de haut et il s’inquiétait juste pour les orteils de la miss. WTF ? Il ajouta avec le sourire :

▬ On sait jamais, la pantoufle de verre de la princesse aurait pu se briser.

Deux secondes mec. C’est quoi cette phrase ringarde ? En plus, c’est qui ce personnage complètement improbable ? Le cliché même du geek. Grosses lunettes rondes cachant totalement son visage, cheveux longs et hirsustes. La seule chose étrange dans son accoutrement était le costume qu’il portait. Ca aurait pu lui rapporter quelques points de charisme s’il n’avait pas cette tête de véritable intello.

▬ Tss, c’est quoi cette réplique ? s’exclama-t-elle en pouffant. T’es ridicule binoclard !

Elle se releva alors, et tourna les talons, s’éloignant du jeune homme. Ce dernier lui demandait pourtant d’attendre mais elle ne se retourna même pas. Il avait certainement eu un coup de foudre pour la belle mais manque de chance ce n’était pas le premier et elle avait bon nombre d’autres prétendants bien plus intéressants. Il devra se contenter du rôle de la Bête.

Alors elle continua son chemin et sa journée, comme si cette veille de Noël n’était qu’un jour comme un autre dans son petit monde de fille gâtée. La nuit, elle alla à la soirée organisée pour la veille de Noël. Comme toujours elle y dansa, bougea, dragua, fuma et bu un peu trop pour les bonnes mœurs. Un peu trop pour apparaître comme la gentille petite fille aux yeux du père Noël. Seulement pourquoi être sage quand on ne croit pas au père Noël ? Pourquoi se priver alors que l’on sait très bien qu’il ne vous offrira jamais plus de cadeaux. Elle pouvait compter sur ses parents pour ça. Eux ne souciaient guère de ce que leur fille pouvait bien faire en cette heure tardive. Elle finit par retourner dans son lit pour s’endormir sur son ilôt de douceur, la tête enfumée, un peu ailleurs.

Contrairement à tous les enfants du monde, ce matin-là elle se réveilla sans grande hâte. Elle savait qu’il n’y aurait rien sous le petit sapin, qu’elle ne recevrait ses cadeaux que plus tard lorsqu’elle retourna chez elle. Mais pourtant, elle avait toujours ce petit bout d’espoir qu’elle cachait dans un coin de son cœur. Le père Noël était peut être passée dans la chambre de cette fille frivole. Et elle jate un coup d’œil au sapin.

Elle se frotta les yeux, une fois, deux fois, trois fois. Puis resta béate devant la petite boite emballée de ruban et de papier argenté qui se trouvait bel et bien là. Elle se leva d’un bond et ouvrit le petit paquet. L’intérieur la surprit. Il n’y avait qu’une petite boucle d’oreille dorée incrusté de petits cristaux. Une seule. Bien qu’encore à moitié dans les vapes et l’autre moitié persuadée d’être encore dans un rêve, elle trouva ce bijou familier. Il ressemblait étrangement à celui que sa mère lui avait offert pour le Noël dernier. Soudain le doute la prit. Elle posa précipitamment ses mains sur ses deux oreilles. Il lui manquait une boucle. Elle ne s’en était même pas rendue compte.

Au fond de la boite, il y avait un petit mot assez joliment écrit. Elle le lut, curieuse de voir qui avait bien pu retrouver sa boucle d’oreille et la lui rendre de cette manière.


« Tu as fait tomber ta boucle de verre, Cendrillon.
Je te souhaite un joyeux Noël.

Le Binoclard.

Ps : l’an prochain je t’offrirais
quelque chose d’un peu plus préparé ♥ »





Spoiler:
 



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:42

De Lula à Bonnie




Il y avait comme une odeur de dépit dans l'air, comme un air de dégoût au fond de son verre.
Il n'est pas heureux. Ses poings féroces sur la table éclatent avec impuissance ; à quoi sert-il de frapper ce qui n'est plus là, de cogner l'invisible, dont rien ni personne ne reviendra ? Les contes de fées n'existent pas. C'est un grand gamin furieux qui lance un regard mauvais au gros bonhomme en plastique de l'autre côté du comptoir. Il voudrait lui faire ravaler son sourire débonnaire, foutre un uppercut dans sa poitrine obèse, pisser dans sa hotte pleine de merdes dont personne ne veut vraiment, enfin lui écraser le crâne directement sur le sol pavé de la cheminée. Pour qu'enfin on en finisse avec ses conneries. Le gosse mal coiffé, accoudé au bar, qui pue l'alcool et le vieux tabac froid alors qu'il n'est même pas 23h, il lui en veut sévère ; car tout d'un coup il a neuf ans à nouveau, dans une maison pas si grande et pas si chaleureuse, et pas si joyeuse que ça, au final ; mais il croit encore, il croit encore qu'en descendant le bonheur sera là sous l'arbre vert, emballé dans son papier qui craque. Et il voudrait se secouer lui-même, se gueuler à la face, à celle de son lui plus jeune : « T'es con petit, t'es con, chaque année c'est pareil, et en grandissant c'est pire, parce que plus t'y crois plus c'est affreux, la désillusion. Crois moi, arrête l'espoir maintenant, c'est plus tard que ça ira pas en s'arrangeant. »
C'est qu'il se sent franchement crétin, à espérer, à moitié saoul jusque dans les tréfonds de la conscience, l'arrivée surnaturelle d'une créature à moitié-nue, incandescente, une petite culotte rouge à dentelle blanche. Le bruit du verre brisé se reflète à peine dans son regard glacé et noyé.
Il n'est pas heureux, et plus que tout, il n'est pas calmé.

Il n'entend pas la chaise qui se tire, et ne jette aucun regard à celui qui vient de s'assoir. C'est à peine s'il voit son voisin faire glisser un Whisky vers lui. Il lui jette un regard soupçonneux, et incrédule. Mais peut-être, lui dit une petite voix enivrée, que c'est le soir ou jamais pour espérer une petite largesse de la fortune ; que celle ci aie la forme d'un verre à moitié plein et qui sait, d'un compagnon de beuverie et d'infortune. Il se racle la gorge, avale cul-sec, lâche un léger grognement pouvant passer pour un merci. Le type lui dit quelque chose ; dans le doute, il s'introduit.

▬ Perceval.
▬ Porthos, enchanté.

***

▬ Alors voilà, elle s'est barrée et je me suis retrouvé ici.
Il avala une gorgée, les sourcils froncés. Qu'est-ce qui a rendu ce type si spécial à ses yeux, pour lui lâcher comme ça, entre trois bulles et quelques shots de plus, sa vie, là, sa sale histoire à lui, ce vilain truc qu'il garde caché et que si peu peuvent se vanter de connaître ? Le grand blond regarde dans le vague, d'un air songeur, une vodka aux lèvres et une clope à la main.
▬ Je te comprends.
Il y a un silence entre les deux, qui se voudrait plein de doutes : pourtant, il ne peut pas nier que oui, il a l'impression d'être compris.
▬ Je connais une fille un peu du même genre que ta Lula. Elle est insupportable, elle n'est jamais contente, elle couche dans tous les sens, elle a toujours quelque chose à réclamer, et je ne sais pas ce qui l'empêcherait de se faire la malle un beau matin, si l'envie lui prenait. Un sourire béat passe sur son visage. Je la trouve fantastique.
Le brun pose sa main sur l'épaule de son compagnon.
▬ Bonne chance, vieux frère.
La scène se passe de commentaires, et en ce moment précis, d'absolue communion entre leurs âmes, les deux grands gaillards se lèvent et d'un commun accord échange une étreinte virile, fugacement interrompue d'un doux timbre féminin.
▬ BON LES FILLETTES, FINI DE FAIRE LES MARIOLES, JE DOIS FERMER MOI.
▬ … Mme Brightside, c'est vous ?
▬ Clydwyn, vous êtes un âne. Évidemment que ce n'est pas moi.
▬ On peut savoir ce que vous faites ici, un 25 décembre à minuit dix ?
▬ … C'est une longue histoire, le tenancier voulait son congé et moi je tiens à ma bière livrée directement à Aisling – ici, c'est le seul endroit où elle n'a pas un goût de pisse de chat. MAINTENANT, FOUTEZ MOI LE CAMP. DEHORS, J'AI DIT.
Hilares et encore incrédules, nous retrouvons nos fougueux héros dans le froid de décembre, à terre sur le pavé de la rue, contemplant, un peu embrouillés, le pub qui se ferme. Ils se relèvent, l'un s'acharne sur ses lunettes encore tordues tandis que l'autre réajuste sa cravate.
▬ Oui donc, ce que je voulais dire ; je trouve qu'on se ressemble beaucoup toi et moi.
▬ Quoi, le côté pédophile, grand dadais, tête à claque, humour naze, l'alcool et la fumette, ou simplement notre propension à choisir les mauvaises nanas ?
▬ Un peu de tout ça à la fois.
La neige commence à tomber, et pour la première fois nos deux protagonistes se demandent ce qu'ils vont bien pouvoir faire. D'un pas lent, ils avancent dans les rues de la bourgade, entre les sapins et les lumières des décorations.
▬ Écoute, mon vieux. On est d'accord qu'il serait con de continuer à nous lamenter sur nôtre sort ? En plus, c'est Noël. En l'honneur de notre amitié – ou franche camaraderie, comme tu veux, je t'invite à faire ce que je fais toujours quand le cœur n'y est pas.
▬ Et qu'est-ce que tu fais, dans ces cas là ?
Il prit un air solennel.
▬ Je bois jusqu'à ne plus reconnaître père et mère et je me mets à moitié à poil dans la rue tout en chantant des chansons ringardes.
▬ … Vendu.

***

▬ CE SOIR C'EST NOEL CE SOIR C'EST LA FETE CE SOIR C'EST PAILLETTEUUUUH
▬ I WAS MADE FOR LOVING YOUUUUUUUUUUUUUUUU
▬ ALL DAAAAY AND ALL OOOF THE NIIIIIIIIGHT
▬ CE RYTHME QUI T'ENTRAINE JUSQU'AU BOUT DE LA NUIIIIIIIT REVEILLE EN TOI LE TOURBILLON D'UN VENT DE FOLIIIIIIIIIIIIIIE
▬ Porthos, ça te dérangera de te rhabiller ? Il va bientôt être le lever du soleil et des enfants risquent d'être traum-
▬ ATHOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOS ! MON AMOUR FOU !
▬ … ATHOOOOOOOOOOOOOOS ! Je ne vous connais pas, mais je vous aime !
▬ Tg toi là, Athos est mon seul et unique. NOUS NOUS MARIONS EN MAI.
▬ QUOI ? TU ME TROMPES ? DÉJÀ ? Nous étions pourtant au tout début de notre idylle !
▬ C'EST FINI PERCY. TU AS DÉPASSÉ LES BORNES. PAS TOUCHE A ATHOS OK.
▬ Azy mais, mais fais pas ta pute !
▬ Bon, d'accord, mais c'est seulement parce que c'est toi. J'accepte le ménage à trois. Mais je fais la femme.
▬ Ça tombe bien j'ai toujours rêvé d'être hermaphrodite !
▬ Allez, les gars, on va commencer à y aller. Vous mettez un pied devant l'autre, c'est bien – non Perceval là c'est la garderie, Aisling est dans l'autre sens – et puis vous recommencez. On n'est qu'à une heure de marche, on va y arriver. Porthos, lâche ma chemise s'il-te-plait.
Et les voilà repartis vers le campus. Si jamais vous croisez un grand blond et un grand brun passablement éméchés à moitié déguisés en père noëls (le « à moitié » est très important), prière de contacter Athos Duroy, poste restante bateau des SPE. Merci de votre compréhension.

▬ D'ailleurs, les crustacés, c'est pas des hermaphrodite ?
▬ Je sais pas, j'aurais plutôt dit les ornithorynques moi.
▬ Ah ouais, c'est pas faux, t'as sûrement raison !
▬ Partant pour un strip-monopoly ?

À la santé des braves.










▬ Mais juste avant qu'on commence, est-ce que tu joues avec la règle où si tu arrives à tirer la carte erreur de la banque en votre faveur trois tours avant de passer la case prison en visiteur, tu peux réaliser une OPA et récupérer les propriétés de tes adversaires si elles sont en nombre impaire selon le classement par couleur ?

FEATURING:
 
don't shoot me santa:
 




De Bonnie à Cam





« And sometimes you close your eyes
and see the place where you used to live »

when you were young.


Jamais son col de chemise n'avait été autant de fois remis en place.
D'un geste sec, le tissu blanc fut nerveusement tiré en avant. Il tendit les bras rapidement, rabattit pour la énième fois ses manches et vérifia si les boutons les tenaient correctement. Ses doigts raides lissèrent avec une vigueur non contenue sa chemise, avant de tirer sur son pull qui allait finir par s'agrandir, comme lui répétait toujours sa mère lorsqu'elle le voyait faire.
Le miroir lui renvoya l'image qu'il exécrait au plus au point ; celle d'un jeune homme stressé, happé par l'appréhension et paradoxalement tenaillé par l'impatience. Bon Dieu qu'il haïssait perdre sa contenance habituelle.
Son reflet se permit même un sourire goguenard à son égard lorsqu'il s'en aperçut.

▬ C'est la venue de ta promise qui te fait cet effet ?

Les miroirs devenaient bien trop arrogants de nos jours.

▬ Oh, pitié, soupira-t-il une nouvelle fois.

Le miroir répondit par une courbette ironique.
John se demanda une nouvelle fois quelle idée saugrenue l'avait poussé à ramener chez lui ce miroir ensorcelé, qui peinait à trouver sa place au milieu d'un lieu si lisse, transpirant la normalité et la sobriété. Ce reflet narquois qui ne se souciait pas le moins du monde de suivre les mouvements ordonnés de sa petite personne n'avait absolument rien à faire au milieu de ce superbe appartement londonien de gens bien propres sur eux. Stupide erreur.

▬ Johny chériiiie, je te trouve ravissante ce soir. Tourne pour voir si ta robe flotte bien comme il faut ?
▬ Oh, pas toi aussi Harry.

Oh, il se souvenait maintenant. C'était Harry qui lui avait demandé. Fourbe petit lutin au regard mutin qui l'avait assez tanné par de fréquentes lettres larmoyantes pour obtenir un cadeau « spécial » pour Noël. Comprenez, magique, qui sort de l'ordinaire, qui lui permettrait de se distraire plus des trois minutes habituelles avant qu'elle ne se lasse. Le miroir avait correctement rempli son rôle de ce coté là : Harriet avait été tellement impatiente de découvrir ce qu'il lui avait finalement acheté comme cadeau de Noël qu'elle l'avait débusqué le matin même du 24, sans attendre l'heure du déballage officiel du 25. Une fois découvert, elle avait sauté partout -dont à à son cou, manquant de l'étrangler de très peu-, avant d'arracher le peu de papier cadeau qu'il restait. Parfaitement intenable.

▬ Ta braguette est ouverte.

John se demanda s'il devait se tuer tout de suite ou attendre d'avoir déjà strangulé sa sœur et son horripilant sourire en coin avant de le faire. Prenant sur lui, il se contenta d'arranger ce détail le plus dignement possible sur fond de ricanements féminins. Gentleman jusqu'au bout.

▬ Ne passons pas par quatre chemins, John. Tu repasses toujours ta tenue une bonne centaine de fois quand tu es nerveux, et j'ai arrêté de compter après la vingt-quatrième. Et je ne pense pas que ce soit la venue de Tante Becky qui te met dans cet état. A moins que tu ne me caches des choses ?

Battement de cils faussement innocent.
John secoua la tête, plissant les yeux dans l'espoir que son seul regard ferrait disparaître sa sœur de sa vue. Au moins pour la soirée. Même s'il savait pertinemment que durant les prochaines heures, il aurait droit à tous les petits coups d’œil moqueurs et les insinuations douteuses habillement placées dans une phrase lambda.

▬ Promets moi de ne pas lui imposer ton -il agita vaguement les mains en l'air- baragouinage pseudo-fraternel et inquisiteur.
▬ Tu as peur qu'il ne sache pas répliquer ? Qu'il est adorable.
▬ Non, justement, je sais qu'il y arrivera. Et c'est ça qui me fait peur.

Il pouvait d'ici imaginer la conversation -ou plutôt non-conversation- entre les deux, tous aussi bouchés et inflexibles l'un que l'autre, bien que de manière différente. Seconde idée stupide qui lui inspira un énième profond soupir de désespoir. Il fallait croire que le bon sens de John était plus que mis à mal à ce soir là. Ah, Noël, fête familiale maudite et source de tant de torture. Qui finirait très sûrement par avoir sa peau.
La sonnerie stridente de l'entrée lui hérissa les poils tel un chat pris au piège entre deux gamins prêts à lui tirer la queue, le caresser trop férocement avec leurs grosses paluches et lui hurler dans l'oreille jusqu'à ce qu'ils lui laissent une minuscule faille pour s'échapper de ce guêpier. Mais John n'avait déjà plus trop d'espoir quant à cette éventualité.
Dans un dernier coup d’œil à son reflet, qui ne manqua pas d'agiter niaisement un mouchoir blanc vers lui, il tourna la poignée de la porte en s’apprêtant à vivre des heures bien pénibles. Il se voyait déjà réciter les noms d'os de son corps, refrénant d'avance tous ses futurs soupirs excédés. Juste avant qu'une main gracile ne vienne attraper son avant-bras -bêtement, John pensa « Radius, ulna »- et le tirer un peu en arrière, juste assez pour qu'une voix mutine puisse lui chuchoter à l'oreille.

▬ Et ton propre fil rouge, c'est à lui qu'il se raccroche ?

Interdit, John ne put que regarder filer Harriet dans un rire entendu, sans avoir le moindre mot à répliquer.
Le prochain Noël, John Hans se promettait de le fêter à Aisling, au fond de son lit devant un film stupide, sous un couverture et un épais pull en laine, avec pour seule compagnie une boite de chocolat bien entamée. Et surtout pas de petite sœur.


.


▬ Alors ?
▬ Alors quoi ? Je déteste lorsque que les gens jettent ces « alors » d'un air inspiré, cela n'a aucun sens et pourtant tout le monde s'entête à les lancer à tout va comme si cela relevait d'un évidence même.
▬ Alors tu ne t'es pas trop ennuyé, tu n'as pas regretté de ne pas être avec ta propre famille, -non, mets ton frère de coté pour cette fois, merci- la soirée t'a plu ?

« La possibilité de revenir une autre année, qui sait, t'a-t-elle effleuré ? » fut ravalé au fond de sa gorge.
John s'attendait à tant de réponse. Peut-être allait-il siffler entre ses dents que sa mère l'avait bien trop tanné pour savoir si son petit John était bien à Aisling, s'il avait beaucoup d'amis, s'il mangeait correctement et s'il dormait comme il faut -ce à quoi il avait fait tout son possible pour paraître le plus poli et amical comme John lui avait demandé, tout en restant d'une sécheresse absolue. Peut-être encore allait-il renifler dédaigneusement en repensant à la manière si cavalière et orgueilleuse qu'avait eu son père lorsqu'il avait amené sur le tapis le sujet du futur et de la carrière de John avant de demander pompeusement ce que lui comptait faire après ses études. « Autre chose de bien trop élaboré pour la plupart des gens » n'avait pas été une réponse que papa Hans avait semblé totalement apprécier. C'était pourtant la seule qu'il avait soigneusement choisi pour tenter de ne pas blesser son ego et faire plaisir au fils.
Oui, John s'attendait à beaucoup de réponses possibles. Pourtant, la seule chose qui sortit de la bouche d'Holmes Zimmer le désarçonna.

▬ Ta sœur est. Intéressante, disons.

Il avait choisit ses mots avec parcimonie, n'ajoutant rien, comme s'il n'y avait pas à s'étendre plus sur le reste de la soirée. Le seul élément auquel John avait essayé de ne pas penser, ignorant tous les scénarios qu'il pouvait voir bouillonner au dessus de la tête d'Harry durant toute la soirée pour essayer de le pousser, lui et Holmes, dans leurs retranchements, évitant au mieux une conversation entre les deux trop frontale, le voilà qu'il était souligné par Sherlock lui même. Ce qui n'avait apparemment pas l'air de le déranger plus que ca, voir même, très peu probablement mais peut-être quand même, l'amuser.
Harriet savait indéniablement surprendre son frère dans tout ce qu'elle entreprenait. Mutine enfant rieuse.

▬ Du moins quand elle ne nous poursuivait pas en agitant furieusement sa branche de gui sous mon nez.

.
.


« But he talks like a gentleman »

like you imagined when you were young.

▬ Alors ?
▬ Alors quoi ?
▬ Où est-il ?
▬ De qui parles-tu, Harry ?
▬ Johny chérie, s'il te plaît, pas à moi.

Harriet lui sourit narquoisement, penchée sur la rampe des marches. Elle le scruta de haut en bas avant que son regard ne s'arrête sur un détail qui semblait la gêner. D'un bond gracieux, elle descendit le reste des marches et attrapa la cravate de son frère, faillit lui couper la respiration d'un geste élégant, et tordit le tissu entre ses doigts habiles bien trop rapidement pour que les yeux de John ne suivent ce qu'elle faisait, et le reproduisent par la suite. Vile petite chose.

▬ 28 ans et toujours incapable de nouer sa cravate. Tu es sûr d'être le brillant médecin de la famille au glorieux avenir à et à la carrière toute tracée ? Railla-t-elle en rangeant elle-même sa cravate sous son pull sans qu'il ne proteste, tel un enfant résigné.
▬ Ma carrière n'est pas toute tracée, grogna-t-il mollement en retour.
▬ Quel manque de répartie Johny, tu le désespérerais.
▬ Qu'est-ce que tu as à la fin avec lui, Harry ? Il te manque, ou quelque chose comme ca ? Je ne pensais pourtant pas que vous vous. Appréciez.
▬ Tout doux, je ne vais pas te le piquer, il n'est pas vraiment mon genre. Je te le laisse avec plaisir, ricana-t-elle en tapotant sa poitrine pour lisser la cravate-mais plus certainement pour le rendre plus puéril à ses propres yeux. Je voulais juste savoir à quelle heure il arrivait.
▬ Je ne t'ai jamais dit qu'il devait venir.
▬ Oh, pitié. Je pense qu'on a passé assez de Noël ensemble pour que tu comprennes que j'ai saisi que tu le vois tous les 25 au soir, et que tu puisses arrêter ce petit jeu stupide avec moi, ta petite sœur préférée.
▬ Tu es mon unique sœur.
▬ Qu'est-ce que je disais.

Il se passa quelques secondes dans le silence où le frère et la sœur échangèrent un long regard moqueur, à quelques centimètres l'un de l'autre.
Harriet et lui n'avaient jamais été des frères et sœurs très soudés. Les Noëls, anniversaires, et quelques autres fêtes de familles étaient en général la poignée d'événements qui les réunissait ; une invitation à dîner chez les parents quelques rares fois dans l'année histoire de faire semblant d'être encore une famille liée, rien de plus. Pourtant, John ne détestait pas sa sœur. Bien au contraire. Et ces quelques moments ou ses pics laissaient transparaître toute l'affection qu'elle lui portait toujours et qu'il avait du mal à lui rendre, sans trop savoir pourquoi, peut-être à cause de toutes les disputes sur son affreux comportement et son goût trop prononcé pour l'alcool fort sûrement, le poussait à se demander pourquoi Harriet et lui ne se voyait que si rarement. Peut-être parce qu'il avait peur de finir par perdre son flegme légendaire d'anglais typique qui se respecte à force de trop la côtoyer, elle et ses boutades qui étrangement, l'atteignaient toujours. Ou de devoir assumer ses défauts si bien gommés sous un tas d'ébauches de sourires qu'elle seule savait souligner au bon moment. Oui, sûrement pour tout cela, John ne voyait que rarement sa petite sœur.

▬ Oh, je connais ce regard faussement nostalgique et pseudo-tragique que tu me ressors à chaque Noël. Ne compte pas sur moi pour te faire un câlin et te réciter des liasses de proses larmoyantes sur le fait que tu sois le grand frère parfait pour moi qui ne suit qu'une risible sœur indigne dont tu t'offusques de toutes les frasques avant de te sentir coupable, parce que je ne ferais sûrement pas, c'est bien plus drôle de te voir t’auto-sermonner.
▬ J'ai déjà dit que tu n'étais qu'une petite garce égocentrique ?
▬ Quel langage dans ta bouche si pure, j'en suis toute retournée ! Tu sais ce que maman dirait, va vite chercher un savon pour te laver la bouche, malotru.

John s’empêcha de rire, mais ne put réprimer un sourire que lui rendit sa sœur.
Trêve annuelle de Noël. On oublie momentanément qu'on ne se parle quasiment pas de l'année, et on finit à la fin de la soirée par réellement se demander pourquoi tout ne pourrait pas être aussi simple que ces soirs là. Où ils redevenaient frères et sœurs, où papa et mamans les sermonnaient encore comme des enfants, où Daniel racontait ses derniers exploits pour les impressionner sans succès, où Tante Becky rabachait toujours les mêmes histoires entendues des milliers de fois sur Oncle Sam et elle, où Holmes semblait là sans trop savoir quoi y faire exactement et comment s'extirper de sa place sans que personne ne s'en aperçoive. Et où Harriet piquait dans l'assiette de son frère sans se gêner, glissant ici et là des commentaires discrets à son oreille qui le faisaient pouffer dans sa serviette, ou étrangler dans son verre d'eau.
Oui, Noël avait au moins le mérite de rendre les liens fraternels entre les Hans. Et c'était déjà beaucoup faire.

▬ Dites. Vous comptez vous regarder dans le blanc des yeux durant quelques heures encore, ou je peux vous rappeler que tout le monde vous attend en bas ?

John fut brutalement tiré de ses rêveries pour poser son regard sur un Holmes presque contrarié, appuyé dans l'encadrement de la porte. S'il y avait bien une personne qui ne semblait pas du tout comprendre le sens de la relation fraternelle qu'entretenait les deux Hans, c'était bien Sherlock. Il semblait tiraillé entre la curiosité anthropologique de comprendre ce rapprochement soudain durant le 24 au soir, et la frustration même de ne pas pouvoir saisir tout ce qu'il y avait à comprendre s'il n'était pas le concerné.

▬ Jaloux Zimmer ? Se contenta de répliquer Harry, se rapprochant de son interlocuteur d'un pas feutré.
▬ Ne commencez pas les enfants, coupa court le futur grand médecin, vous vous chamaillerez en bas, Mary doit nous attendre.
▬ Ah, Mary, oui. Ennuyeux détail que j'avais presque oublié.
▬ N'est-ce pas ? Je lui répète à chaque fois.
▬ Holmes, c'est de ma fiancée dont tu parles, tenta vainement John en ignorant sa sœur, alors un peu plus de-
▬ Tant qu'elle cuit correctement la dinde cette année, nous nous en contenterons, trancha Holmes en balayant d'un geste de main l'ébauche d'argumentation de John, disparaissant dans l'escalier pour rejoindre le salon.

Harry se retourna subitement vers John, lui bloquant le passage de justesse, et le dévisagea quelques secondes sans qu'il ne sache quoi faire, de ce regard bleu perçant qui semblait lire en lui comme si toutes ses émotions étaient inscrites en gras et clignottantes sur son front.

▬ C'est lui que tu aurais dû demander en mariage, Johny. Je l'ai toujours dit. Le fil rouge, Johny, le fil rouge.

Avant de tapoter sa joue d'un air assuré, et dévaler les escaliers vers le salon déjà trop bruyant.

Si un jour Harry lui déclarait, comme ca, au détour d'une conversation, qu'elle avait elle aussi toujours pu voir les âmes-sœurs des gens, John ne s'en étonnerait même pas.

Parce qu'elle était plus qu'un ami, qu'une fiancée, qu'un relation sans lien. Parce qu'Harriet était sa sœur. Et que jamais il n'y en aurait une deuxième comme elle pour lui.

He doesn't look a thing like Jesus
But more than you'll ever know.





« Thanks to you
I'm much obliged for such a pleasant stay»

But I know I've got one thing I got to do.


Joyeux Noël ma petite Cam ♥
J'espère que ce petit JohnHarry t'a plu un minimum, j'étais tellement dedans que je n'arrivais plus à terminer >D Je ne te raconte même pas ma tête quand j'ai vu que c'était toi que j'avais tiré au sort pour le secret santa. J'ai eu 20 idées différentes en tête pour un texte sur Adriel d'un seul coup, puis je me suis dis que ce serait trop facile avec un personnage que je connais aussi bien. Alors j'ai décidé de m'attaquer à ce héros que j'aime tellement qu'est Johny ♥
Pour finir par ne me concentrer que sur la relation avec Harry, avec pas mal de clin d’œil que tu repéreras très surement je pense. (oh, et désolée pour When you were young, le véritable sens de la chanson ne colle pas au thème, mais JE SAIS PAS ca me faisait tellement penser à John et Harry à certains passages que voilà, ca fait une semaine que je l'écoute 35 fois par jour en écrivant) Et puis tu devrais passer sur Slumberland aussi, uhuh, mes cadeaux ne s'arrêtent pas là. Et je n'oublie pas Little Love, ne t'inquiète pas, comment le pourrais-je ♥
Et comme je ne peux décidément pas te laisser vouloir supprimer Daire, cadeau, comme ca tu seras obligée de la garder encore, nyark. (et un Adriel pour la route, on dirait presque que je l'oublie celui-là. Avec Led Zep bien sur.)



Voilà, j'espère que tout ca t'aura plu, encore joyeux Noël et sur ce, je m'en vais finir les Ferrero Rocher ♥




De Cam à Nyhn


Avant-propos:
 



When I look at you, I see her staring through
A wink and smile, 'cause she's been inside of you


« YIRUMA ♫ A RIVER FLOWS IN YOU »
« COLLEGE ♫ A REAL HERO »

Les flocons cabriolent dans le vent.
Amusée, elle les suit des yeux un instant. Les petits bouts de coton dansent dans les airs, dodelinent sous les caresses de l'hiver. Elle les contemple, bien chaud derrière la vitre. Elle ouvre le battant de la fenêtre sur un coup de tête soudain. Une bourrasque gelée s'engouffre dans la pièce, lui griffe le visage, empourpre ses joues creusées. Elle sourit. Elle embrasse le vide, baise le vent, elle, la fille de l'air. Elle ferme les paupières, devine les morsures discrètes de quelque flocon sur sa peau. Elle frissonne ; et inhale une bouffée d'air glacé pour essayer d'endiguer le flot de souvenirs crus qui se déverse en elle. Mais il est trop tard. C'est noël aujourd'hui. Comme ce jour-là.
*
Leur amour gronde. Il suçote sa bouche. Elle suffoque. Oh non. Ça recommence. Son cœur s'affole. son cœur patauge dans la boue qu'Elle a laissée, les marécages de son Absence. Son amour s'embourbe, il se souille. C'est malsain. Quelques larmes perlent au ras des paupières. Il soupire quelque mot tout chaud. C'est son souffle tiède contre son oreille. Un haut-le-coeur de bonheur. Des nausées de douleur. Et le temps passe, et le temps s'amenuise. Une tâche rouge sous sa poitrine ; c'est son cœur qui bave. Il la sonde de ses grands yeux. Désir. Elle tourne la tête. Un frisson l'embrase. Elle a juste besoin de temps, juste besoin d'amour, juste besoin de lui, pour un tout petit instant. Elle embrasse son prénom, du bout des lèvres, du bout de la langue. Narcisse. Narcisse. Narcisse. Il est toute sa disgrâce, toute sa honte, toute sa mort. Il est ces mains au creux des reins, ces lèvres sur sa peau, ce corps contre le sien, ce rire sur sa bouche, cette douleur dans son cœur. Il est ce poids qui l'écrase, cette lame qui la dépèce. Et il y a Elle, leur chute, leur tourment. Leur agonie. Lys veut qu'Elle disparaisse. Juste pour une nuit. Juste pour une nuit, qu'Elle les laisse, tous les deux. Juste tous les deux. Cosmos, dégage. Fous-le-camp. Tu le tues, tu nous tues. Elle le contemple. Oh Narcisse, viens moi. Il est là, oh. Il sera toujours là. Mais jamais sien, oh non. Jamais sien. Il ne la voit pas, il ne la voit plus. Il n'y a jamais eu qu'Elle, il n'y aura toujours qu'Elle. L'émeraude de ses prunelles éclate. Elle frémit sous sa paume. Ses doigts sur son sein, son genou entre ses cuisses. Elle s'enivre de sa frange blonde, lâche un baiser entre ses sourcils. Elle devine son sourire. Il n'est pas pour elle, non. Non, il est pour Elle. L'Absence. L'omniprésence de l'Envolée. Elle est là, elle est partout. Cosmos. La sueur sur son torse, la passion de leurs étreintes, l'humidité de leurs baisers. Je ne serai jamais Elle. Je ne serai jamais aussi bien qu'Elle. Ama plaque une main sur sa bouche, elle réprime un sanglot. Il plonge ses doigts dans la jungle de ses cheveux, il la cajole, lui souffle des mots d'amour, des mots doux, des mots tout chauds. Elle se rebiffe. Ses lèvres caressent sa joue gracile, puis elles dérapent, se pressent sur les siennes. Son cœur implose. C'est la course à l’échafaud.

Elle ouvre les yeux. Le froid la dévore. Elle hoquète. Elle referme maladroitement la fenêtre, engourdie par l'hiver et les souvenirs.

Narcisse. Narcisse.
C'est fini.

Puisqu'Il est là.
*
Une porte claque. Des pas dans son dos. Un drôle de sourire.
Il parle. Une méchanceté, sans doute. Elle ne l'écoute pas. Assez les mots, fini les paroles en l'air. C'est noël aujourd'hui, elle veut plus. Aujourd'hui, elle ose vouloir plus. Lui aussi. Il s'approche, se penche, plonge son visage dans le brun de ses cheveux. Son odeur. Un frisson. Elle claque une remarque acerbe, mais ne le repousse pas. Pas aujourd'hui. Elle n'en a pas la force. Lui non plus. Il réplique, mais ne se recule pas. Il glisse ses bras autour de sa nuque. Ses doigts effleurent quelques mèches sombres, jouent dans son cou. Elle ferme les paupières. Elle lui tourne toujours le dos. Il presse sa joue contre la sienne. Il a la peau douce, Arthur. Un léger sourire tressaille sur ses lèvres. Il ouvre la bouche. Une bêtise. Elle soupire. Il se tait. Il embrasse sa tempe. Tu sais, on est le 25 décembre. Il chuchote. Un silence. C'est Noël. Il ajoute. Waouh. Quelle déduction, Arthur chéri. Elle rétorque. Il grogne, l'empoigne par les épaules, et la retourne, brusquement. Elle se laisse faire, docile. Il fulmine. Elle sourit. Un regard. Une éternité. Une ébauche de baiser.

Ses bras sur sa nuque, sa main sous ses cuisses. Ses lèvres sur les siennes, son cœur contre le sien. Le blond mêlé au brun. Il la soulève, elle l'embrasse. Il esquisse un pas, puis deux, il vacille, titube, puis ils s'effondrent, ensemble. Ils roulent sur le tapis. Elle éclate d'un petit rire, le nez dans les mèches blondes. Il rit avec elle. Un silence. Souffles chauds. Leurs cœurs s'emballent. La tête leur tourne. Une œillade. Passion. Leurs bouches se retrouvent. Leurs corps se dévêtissent. Frissons. Baisers. Et soudain, il n'y a plus rien au monde que ces deux-là. On ne voit plus qu'eux. Indissociables. Inséparables. Les deux faces d'un même désir. Je t'aime. Je t'aime.

*
Et dans ta quête, n'oublie pas ton sourire, n'oublie pas mon cœur, Arthur. Je serai celle que tu voudras, celle qui t'aimera. Oh oui, mon bon roi. Si tu le veux bien, je serai ta Guenièvre, je serai ton Graal.
Ou non, mieux.

Je serai ton Amaryllis.

Is she all the things you, tried to change me into ?
Is she everything to you ?

BUT IN MY WORLD, THERE IS ONLY YOU.




De Nyhn à Belisaria



La neige tapissait le bitume silencieusement, glissant sur le ciment froid à la façon d'un sucre glace gelé. Au milieu du blanc, sans ciller, il regardait le ciel, une feuille un peu froissée entre les doigts. Luca était peut-être un peu bizarre au fond, un peu différent. Les mains grandes ouvertes, paumes tendues vers le ciel, il regardait ses gants devenir blancs peu à peu. Noël était dans trois jours, réalisa-t-il brusquement alors qu'une église sonnait minuit au loin. Aujourd'hui, c'était son anniversaire. Sans un bruit, il avait resserré son manteau autour de lui, faisant choir sur le sol les flocons accrochés à ses vêtements. Il avait eu dans la tête les vieux refrains de l’enfance alors qu’il s’imaginait souffler sur les flammèches vacillantes de ses seize bougies. Dans sa tête, maman disait « Fais un vœu » et il s’était un instant demandé sur ce qu’il pourrait souhaiter cette année, alors qu’autour de lui la neige se remettait à tomber sur les ombres acérés des dortoirs d’Aisling. Les yeux fermés, il avait tenté de penser. Silence. Frissons. Son sourire avait vacillé sur ses lèvres bleuies par le froid alors que ses doigts s'étaient enfouis dans ses poches. Ce n'est que lorsque la chaleur se diffusa dans ses membres qu'il s'en rendit compte ; dans la nuit, flottait une odeur de marrons chauds. Un rire se perdit dans l'air nocturne.

La vérité, c'était que Luca aurait pu souhaiter beaucoup de choses. Ce n'était pas nécessairement un mal ni même franchement un problème, le seul souci c'est qu'il fallait faire un choix. Petit, il avait rêvé à la paix dans le monde comme à une chimère auquel il n'avait bientôt plus accordé que des regards absents. Évidemment, ça ne s'était pas réalisé, évidemment, avait-il compris, il fallait choisir plus petit, choisir quelque chose de plus à sa mesure, quelque chose de réalisable, quelque chose de possible. Il n'avait pas su, au début, il n'avait pas eu d'idée du tout, comme si elles s'étaient échappées en rang serré hors de sa tête, petits moutons colorés en forme de nuages, des rêveries pensives qui se seraient éteintes avant de naître. Elles étaient là, il le savait, mais il ne savait qu'en faire. Il y avait ensuite eu la mort de sa mère et même s'il ne l'évoquait pas aussi crûment, les vœux s'étaient éteints avec elle ce jour-là, comme une tradition ancestrale enterrée sous la neige de l'hiver. Ils s'étaient rallumés depuis, fébrilement, comme des bougies qui lutteraient contre le vent, petites flammèches de chaleur dans le cœur. Elle s'appelait Aria. Entre ses doigts naissaient ces vœux silencieux, ces flammes de vie qui recommençait à l'envahir avec douceur. Elle s'appelait Aria et elle faisait revivre les gens. C'était un souffle d'oxygène, une bouffée de vitalité. Elle s'appelait Aria et elle avait pris sa main. Petit à petit, il avait refait des vœux. Le premier avait été pour elle et puis il avait continué chaque année, furtivement et silencieusement, sans que personne ne le lui demande, sans que personne ne le sache. C'était comme une liste pour le Père Noël qu'on tiendrait soigneusement secrète, des cadeaux éthérés qu'on ne pouvait se voir offrir. Des souhaits muets que personne n'avait demandé.

Et puis il y avait eu aujourd'hui et Luca avait frémi en entendant la neige tomber, sourde, des branches fragiles d'un vieil arbre. Il y avait eu aujourd'hui et les mots tracés à la hâte, comme pressés d'être écrits, avides d'être lus. Il y avait cette lettre un peu tâchée, ce papier plein d'odeur d'Italie, plein de sourires tombés dans l'enveloppe. Il y avait cette lettre et ces mots-là, gravés en noir sur la délicatesse de la lettre, comme les vieilles cantiques sur les bibles antiques. Fais un vœu, disait Aria toute en lettres, en pleins et en déliées. Fais un vœu, Luca, à ton anniversaire, à ton Noël. Fais un vœu tous les jours si tu le veux. Sois heureux. J'ai hâte de te voir. Ses doigts avaient tremblé sur le papier mouillé des flocons de neige qui s'étaient remis à tomber alors qu'à pas légers il remontait vers les dortoirs. Il avait bien un vœu à faire, un vœu un peu égoïste, un vœu un peu stupide.

Luca aurait voulu être avec elle. Même loin, il pensait à Aria. C'était bientôt Noël et sur sa table de chevet attendait ses billets d'avion pour l'Italie. Dans sa valise déjà dormait les présents soigneusement emballés. Plus que quelques jours à attendre.

La neige pourrait bien tomber, ça ne changerait plus rien, dans le cœur de Luca brûlait la chaleur des retours. Le temps des fêtes était arrivé.

[right]Et par ici, deux petits plus. Passe de bonnes fêtes Beli ! ♥[/url]



De Belisaria à Lenny




WHY IS IT, HOW IS IT, WHY IS IT HAPPY?
EMPTY EYES, FOUR IN THE MORNING, WALKING SANS DIRECTION
WHEREVER I END UP - IS THAT PLACE HAPPY?
THAT JUST DOESN'T FIT WITH HOW THIS WEARS ME OUT.


« Dis, qu’est-ce qu’il y a de l’autre côté de ce putain de rideau ? »
Si elle le savait, ça serait tellement mieux.

Adossée contre un mur, elle ne savait absolument pas ce qu’elle faisait là, ni ce qu’elle avait fait avant, à l’exception d’en avoir à nouveau pris. En fait, elle sentait juste son corps. Lourd. Son esprit, en revanche, était ailleurs. Loin, bien loin de la pièce où elle se trouvait. Merci l’amie héroïne, magnifique sauveuse de ses jours et de ses nuits. Celle à qui elle devait tout. Celle qui la perdrait, un jour où un autre. Celle qui, pour le moment, la maintenait de justesse sur le bord du ravin. Celle grâce à qui elle était tout. Ou était-elle vraiment quelque chose ? Les yeux plongés dans le vague, elle regardait. Attendait. Elle ne savait pas vraiment quoi. Juste son regard restait, éternellement glacial, incessamment fixe, vide. Perdu. Dépendant. Réclamant encore plus, toujours plus, pour subsister. La marque de l’aiguille récemment enfoncée dans la peau pâle le prouve. Elle ressentait encore la douleur de l’injection. Lancinante et si brève. Et elle aussi, elle crie.
« Nourris-moi. Nourris-moi, nourris-toi et perds-toi. »

Elle n’avait plus aucune notion du temps. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’il faisait froid, trop froid d’ailleurs. L’école était peinte de touches de blanc, chose rare en Irlande, même en Décembre. Quelle heure était-il déjà ? Dix, onze heures, peut-être…non, dans son esprit embrumé s’agitait la faible image d’un réveil indiquant quinze heures, d’une lumière rouge écarlate se brisant en chiffres informes, puis s’éparpillant, fragments, lucioles à peine palpables. Lady Héro est à nouveau passée par là, faisant tournoyer les pans de sa robe tissée d’illusion et semant ses graines de discorde dans les esprits. Dame Héroïne qui lui tend la main, seule échappatoire d’une réalité morne et décolorée. Elle qui la regarde, de ses yeux éteints, aux cristaux réduits en miettes. Lorsqu’elle lui tend la main, c’est comme une illumination. Un ouragan de couleurs qui soudain ravive le monde, une tempête de sons et d’images diffuses. Dame Héroïne a des effets merveilleux. Dame Héroïne est si bonne. Et ouvre le chemin à une splendide décadence.

Derrière ses paupières mi-closes, des vipères étincelantes s’agitent, des soleils s’embrasent, seuls restes tordus de la réalité qu’elle a quittée plus tôt. Les lumières vibrent et résonnent, les sons sont amers. Et bientôt, les immondes serpentines s’arrêtent de sinuer, les astres s’arrêtent de brûler pour reprendre leur véritable forme. Le monde flou devient de plus en plus clair ; la Lady s’est envolée, évanouie. Peu à peu le corps se remet à trembler, privé de sa si chère et tendre compagne, et braille à nouveau. Mais elle s’accroche encore quelques temps au monde réel, ses membres étant trop engourdis pour faire quoique ce soit. Les contours aquarelle s’affinent, et elle peut enfin distinguer où elle se trouvait, parmi des bribes, des éclats de mémoire. Il s’agissait de la même pièce dans laquelle elle avait rejoint Reeta la veille. Reeta, qui était l’une des seules à pouvoir encore la faire vivre. D’ailleurs, ça l’étonnait qu’elle n’ait pas fini par l’emmener dans leur chambre, si elle avait dormi ici. Des limbes de ses souvenirs émergent des images monochromes, d’elle errant dans les couloirs, un sourire plus dérangeant que dérangé dessiné sur les lèvres, l’œil vitreux et la démarche divagante. Maintenant, ça devenait plus limpide : elle s’était levée tôt, s’était immédiatement isolée dans une pièce du cinquième étage, afin d’être au calme et, seringue fermement plantée dans le bras, avait plongé dans son monde en technicolor. Les reptiles d’un peu plus tôt n’étaient que de simples déformations de guirlandes de Noël et de boules placées sur le sapin dans le couloir.

Noël, hein.
Elle avait déjà abandonné la perspective d’un Noël comme les autres – après tout, que peut-on espérer en se terrant continuellement dans des songes incertains – quand les pièces d’un puzzle miteux et en ruines se réassemblent tant bien que mal sur le mur gris de sa mémoire. Décembre, de la neige. Un manteau blanc recouvrant l’extérieur, une pièce teintée par l’obscurité. Une femme au visage livide affalée sur un canapé, ses yeux terreux, voilés par la dépendance, rivés vers l’écran d’une télé. Des mots bruts, jetés en pleine figure, au goût acide, sans la moindre considération. Sans la moindre affection. Un monde décoloré dans des souvenirs noyés par la drogue. A quoi ça servait de s’y rattacher encore, hein ? Ce n’est pas comme si elle pouvait d’un claquement de doigts les ramener, ces jours-là – elle ne le voulait pas, de toute façon. Pas pour retomber dans la même galère.
Et sur ces débris de réminiscences, elle referme les yeux, et se laisse tomber. La dernière image lui apparaissant étant une paire de pupilles grises, aussi grises que les jours d’avant.

17 heures.
Demoiselle s’éveille, le corps grelottant dans le froid de la privation. Chancelante, elle lève les yeux au ciel, se heurtant au réel une fois de plus. D’une main tremblotante, elle saisit la seringue se reposant à ses côtés. Viens à moi, ma Lady Héroïne. Prends-moi dans tes bras et emmène-moi loin d’ici. L’aiguille somnolant dans sa paume, son regard s’attarde sur une boîte à semi-ouverte, remplie de chocolats. Ça n’était pas là tout à l’heure, ça. Sur l’écrin, un mot plié en deux.

« ..Tu avais l’air de ne pas aller bien, alors je me suis dit ça que aiderait peut-être… »

…eh.
« Joyeux Noël, Sandy. », susurre Lady au creux de son oreille.

Et l’aiguille se plante à nouveau dans son bras.

IN SIGHT PAST THE SCREEN, IN FREEFALL WAS SEEN;
A TOPSY-TURVY GIRL, AN ALL-TOO-ADULT WORLD.
AND IS THAT...?



Dernière édition par Aelys E. O'Brien le Sam 1 Déc - 0:03, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:43

De Lenny à Koko


.


.

Du haut de son royaume, soit l’école, le héros sans peur et sans reproche regardait les gens qui ressemblaient à des fourmis ici, vue du toit. Il songeait avec un intellect foudroyant que s’il tombait, par maladresse ou poussé par un méchant, il mourrait sûrement. Mais que pensait-il ! Bien sûr que non ! Il tendrait alors le poing en avant et volerait, tout simplement ! Car telle était la particularité de tous bons héros. Et il en était très fier. Grâce à cet avantage gravitationnel, bon nombre d’ennemis avaient trépasser, et les élèves sauvés de la menace obscure. Le héros se permit un fier sourire à ses pensées flatteuses ; sûr qu’il était un héros !

Il faisait froid, il neigeait, le héros fronça les sourcils, même cette poudre blanche qui l’a fait glisser ce matin dans la cour alors qu’il courrait comme une lièvre hyper-vitaminé - il s’était fait mal aux fesses, mais n’avait pipé mot, s’était juste redressé aussi vite que l’éclair, avait resserré son bandeau de héros avant de reprendre sa course contre le vent - ne lui faisait aucunement peur ! Qu’il neige, qu’il vente ou qu’il pleuve, un héros doit toujours être opérationnel pour une mission soudaine et imprévue ! Et puis, rien n’est impossible pour notre héros, tout le monde le sait.
Il était le sauveur de tous, le gentil, le bon, le malin, le rapide, le fort, l’incroyable et le parfait. Cependant, il y avait toujours un méchant qu’il n’arrivait jamais à vaincre. À cette seule pensée, le sang du héros se mit à bouillonner ; il ne supportait pas ce vaurien, ce méchant sans foi ni loi qui faisait régner malheur et crainte dans une partie de l’école. Malgré tous les efforts du monde, notre héros avait bien du mal à s’en défaire ; leurs combats se terminaient généralement en match nul où les deux finissaient bon gré mal gré à l’infirmerie, chambre à part, afin qu’ils ne reprennent pas leurs disputes interminables.

Le héros se demandait pour la énième fois pourquoi il n’arrivait pas à en venir à bout, malgré ses pouvoirs, sa force, son intelligence, sa rapidité et... sa beauté, évidemment. Le méchant, de son côté, se demandait souvent la même chose.
Étrangement, notre héros avait la sensation qu’aujourd’hui, cela allait changer. Oui, tout à l’heure il irait le voir, et ce sera leur dernier combat. Celui qui départagerait enfin le plus fort. Le bon et le mauvais. Le bien et le mal. Le héros était certain de remporter la victoire cette fois-ci, il le sentait dans toutes les cellules de son corps ; il en avait la certitude absolue, cela lui apparaissait comme une évidence.

Alors que perdu dans ses pensées, le héros n’avait pas entendu notre méchant - qui lui aussi avait eu l’idée d’aller sur le toit, admirer la neige qui tombait et les élèves qui menaient leur vie, beaucoup, beaucoup plus bas - jusqu’à ce que le méchant prenne la parole.

    Oh, mais qui vois-je ? Le héros connu et reconnu, adulé et aimé.

L’appelé se retourna d’un bond, les poings serrés par la colère, son regard empli de haine. Oui, tout se finira aujourd’hui... Mais, le méchant apparemment pas le moins du monde animé par un désir de vengeance et de combat, s’approcha, nonchalant et souriant, vers notre héros qui, méfiant, se braqua immédiatement.

    Détends-toi je ne viens pas chercher querelle. En vérité, j’en ai assez de me battre avec toi. Je suis ici pour faire la paix.

Notre héros, véritablement surprit, se détendit légèrement, alors que son antagoniste s’approchait de plus en plus jusqu’à ce qu’il puisse le toucher en tendant le bras.
Et c’est ce que le méchant fit. Rapidement, brusquement, avec force. Il poussa notre héros, trop proche du bord, trop proche du vide.

Et le héros chute.
Il tombe, il tombe. Non, tendre le poing ne sert à rien, il va s’écraser, comme un homme, pas comme un héros. Et puis il va mourir. Quel salaud de méchant ! Une morte si stupide pour un héros comme lui... Il a l’impression que la chute dure des années, il arrive encore à distinguer les traits amusés et vainqueurs du méchant, là-haut, tellement loin alors que lui est si proche du sol. Il va s’écraser, il va mourir. Il entend quelques cris en bas, des gens qui ont vu la scène, qui ne peuvent s’empêcher de regarder l’immonde mort qui dans quelques secondes va happer leur héros. Il tombe, il tombe, il va...


Minze s’éveilla en sursaut.
Trempé de sueurs, haletant, le regard paniqué, il tenta de reprendre sa respiration. Il déglutit, passa une main dans ses cheveux et soupira profondément. Un cauchemar. Il ferma les yeux, tentant de reprendre ses esprits et surtout de calmer son coeur furibond. Mais brusquement, quelqu’un entra dans la chambre, lui faisant rater un énième battement. « VOUS VOULEZ QUE JE CRÈVE D’UN INFARCTUS C’EST ÇA ? DITES-LE BANDE DE BORGNES ! »

    Ah, Cap’tain ! Enfin réveillé ? Descend vite ! On ouvre les cadeaux ! Tous les spéciaux se sont réunis sur le bateau, on attend plus que toi pour tout déballer !

Comme s’il avait déjà oublié ce cauchemar et son pauvre petit coeur qui hurlait à l’agonie, Minze éclata de rire, promettant d’arriver d’ici quelques secondes, le temps de se parer de son bandeau et d’au moins quatre pulls.

Car oui, héros ou pas, à Noël, il faisait froid.

The End ~
.


Et voilà tes - misérables, pardon, j'ai encore des progrès à faire ;; - cadeaux !
joyeux noël ♥

__




De Koko à Reika



I was geek before it was cool.

    « Putain Jérémy, il neige. »

C'est cool, la neige. Enfin, c'est froid, et du coup, tu ne sais pas si tu la préfères pas dans les jeux vidéos. Elle est relativement bien faite dans les jeux vidéos, en plus. Quoi que, en fait, ça dépend un peu des jeux vidéos, quand même.

Mais c'est pas dans les jeux vidéos que tu peux rester collé le nez à la fenêtre pour regarder les flocons tomber. C'est un peu niais mais. C'est joli.

    « Jeremy, tu m'écoutes ? »

Tu te décides finalement à lâcher la neige des yeux pour tourner la tête vers ton rouquin de meilleur ami et... remarquer que, non, il ne t'écoute pas. A vrai dire, il ne t'écoute tellement pas qu'il est à moitié en train de se dandiner sur sa chaise, casque sur les oreilles et livre dans les mains. Livre qu'il n'a pas l'air d'être en train de lire, d'ailleurs. Tu soupires et attrapes ton oreiller pour le lui balancer dessus. Effet garanti.

    « Jeremy je te parle ! »

La manifestation orale de sa surprise et légère douleur ─ c'est mou un oreiller, mais quand même, ça peut être vachement dangereux vous savez ─, à savoir une sorte de « Aie » à moité étouffé, te fais sourire, et le roux daigne enfin retirer à moitié son casque et se tourner vers toi.

    « Qu'est-ce qu'il y a ?
    … C'est toujours agréable de se faire ignorer.
    Oooooooh, fais pas la gueuuuuuule. ♥ »

Non mais non. Il peut toujours aller se faire voir, au moins pour l'instant. Il avait qu'à pas oublier ta présence c'est. C'est pas digne d'un meilleur ami, voilà. Et c'est pas parce qu'il daigne lever ses fesses de sa chaise pour venir vers toi que ça va changer quelque chose. Surtout si c'est pour te faire un câlin. Il veut t'acheter, c'est ça ? Ben il aura rien, na.

    « Me touche pas !
    Mais alleeeeeez, mon Sidounet. ♥
    … What the fuck qu- m'appelle pas comme ça.
    Mais chériii, tu- oh, il neige. »

… Des fois, tu le trouves un peu désespérant, quand même.

    « Oui, c'est ce que je te disais tout à l'heure, ducon. »

Tu en profites pour le repousser, un peu, parce qu'il avait profité de ton choc du surnom pour te prendre dans ces bras quand même, le vil. Et tu regardes, amusé, la tête qu'il fait : on dirait presque un « D8 ». On dirait que tu l'as un peu vexé, aussi, quand même.

    « Tu sais ce que je pourrais faire, pour te faire payer l'affront de m'avoir appelé comme ça ? »

Argh, non, pas les menaces.

    « … Sûrement la même chose que ce que je pourrais faire pour me venger de ton vent. Ou plutôt ouragan, à ce niveau.
    … Ok un partout, match nul. »

Tu souris, et il sourit aussi, et il retourne finalement se nicher sur sa chaise, son casque correctement remis sur ses oreilles. Tu fais à peine attention au site sur lequel il se balade, tu te contentes de t'appuyer sur le dossier de sa chaise en regardant vaguement son clavier.

    « T'écoutes quoi de si passionnant pour m'oublier à moitié ?
    Tu comptes m'offrir quoi, à Noël ? ♥ »

… Tu vas le renommer le fouteur de vents. C'est assez frustrant à force, quand même. Tu grognes et fronces les sourcils, sans bouger.

    « Ça serait pas une surprise, si je te le disais.
    Hmpf, certes. Tu vas m'en faire un, au moins ?
    … C'est une bonne question, tiens. Je sais pas, je verrais. ♥
    … Salaud. »

Pour toute réponse, tu ricanes et te redresses, pour aller squatter ta propre chaise et arrêter d'oublier ton pauvre petit ordinateur. Sans oublier...

    « MA PAGE INTERNET. Sidney, putain ! »

C'est vraiment trop drôle.

    « On ne m'insulte pas sans subir les conséquences, mon petit. Tu n'auras de cadeaux que si tu es sage voyons, c'est le principe même de Noël non ?
    … Et si je te bats à CoD ? »

Haussement de sourcil. Tu te tournes à moitié sur ta chaise, posant ton coude sur le dossier, pour le regarder et constater qu'il a pris exactement la même position que toi. Comme une symétrie. C'est marrant comme vous vous ressemblez.

    « Tu penses vraiment y arriver ?
    Avoir 1500 points avant toi ? Pfff, facile. Je propose que le perdant offre un cadeau de plus à l'autre. … Ce qui revient à dire que le gagnant offre au moins un cadeau, sinon c'est pas juste.
    Hm, ok. J'allume la 360. »

Parce qu'entre vous, la meilleure façon de régler les problèmes, aussi stupides soit-il, ça sera toujours une partie de Call Of. Quelles que soient les circonstances.

On est geek, ou on ne l'est pas.

De toute façon, ce qui compte, ça n'est pas le nombre de cadeaux. C'est que votre amitié à vous deux, elle est pas prête de se terminer. Et une amitié comme ça, c'est un cadeau de Noël toute l'année.


'cause it's never over.
Spoiler:
 



De Reika à Ireth




« you answer to my call when lost I cry. »





Robin ne jouait pas. Elle ne se serait pas amusée ce soir. Robin ne se serait pas mêlée aux autres élèves festoyant joyeusement ce jour sacré qu'était Noël. Le rhum coulait à flots sur le bateau des Spéciaux qui devaient accueillir déjà nombre de malades, tous en train de chanter des chansons plus paillardes les unes que les autres accompagnés par un guitariste défoncé. Leurs rires se mêlaient aux ronflements sonores de certains, aux délires bruyants d'autres, aux vomissements tonitruants de ceux-là. C'était comme d'habitude. Elle aurait pu les rejoindre et s'effondrer sur le sol comme eux : elle ne l'avait pas fait. Les Élémentaires organisaient un dîner doublé d'un bal au prix probablement onéreux ; où la règle stipulait que si ta cravate ou ton ruban n'étaient pas de couleur rouge ou au pire verte, tu pouvais aller te faire voir. Et puis les plats fumants disparaissaient dans les assiettes, le champagne fut versé dans les coupes, la fête battait son plein, animée par l'orchestre fraîchement accueilli, les discussions s'entamaient, les couples dansaient leur valse, les robes vaporeuses à mille balles virevoltaient. C'était comme d'habitude. Elle aurait pu y aller et profiter de cette soirée pour danse : elle ne l'avait pas fait. Les Physiques couraient dans tous les sens, riant, bousculant, dansant, se tortillant, se distribuant le coca, les chips et les bonbons, sautant dans tous les sens ; la musique urbaine en provenance des baffles installées était d'une telle ampleur que leur fête aurait pu rendre l'ouïe au plus sourd. Il y avait quelques accidents, quelques petites bastons. C'était comme d'habitude. Elle aurait pu venir avec eux et bondir partout, tout rieuse : elle ne l'avait pas fait.

Les Psychiques quant à eux passaient leur Noël le plus normalement possible : la majorité d'entre eux rentraient chez eux pour fêter avec leur famille, d'autres s'enfermaient dans leurs dortoirs pour ne pas se faire déranger par ces étourderies futiles et quelques uns se promenaient dans tout Aisling, en proie à une grande solitude. Néanmoins, sortons des stéréotypes : il n'y avait pas que ces petits bruns pâles et menteurs qui ne voulaient ou n'osaient pas se mélanger aux autres ; beaucoup d'élèves faisant partie des classes citées précédemment pouvaient s'autoriser ce petit moment d'isolement. Et il était fréquent de croiser au détour d'un couloir deux à trois élèves regardant par la fenêtre ou fumant une petite clope, ne voulant pas découvrir la magie de Noël.

Mais Robin était différente.

La jeune fille était à l'extérieur, malgré le vent glacé de cette soirée, emmitouflée dans un caban aux couleurs sombres. On aurait dit une tache au milieu d'une page vierge, un bouton planté sur un visage bien dessiné, une fourchette en plein milieu d'une armée de cuillères, la petite imperfection que l'on aimerait bien supprimer. Il faisait sombre, il devait être aux alentours de vingt heures et elle était encore dans la cour de l'école, sans bouger. Elle s'en fichait. Oui, elle s'en fichait éperdument. Elle ignorait le froid tranchant qui faisait effet de poignard sur son visage, qui lui arrachait l'épiderme de ses mains. Elle restait debout, ses pieds chaussés de bottes enfoncés dans dix centimètres de neige ; son souffle lent se transformant en nuage et ses paumes de mains tournées vers le ciel laiteux, recueillant petit à petit les flocons qui l'embrassaient. Ce n'était pas par caprice, ni par envie. C'était plus fort qu'elle. Combien de temps était-elle restée là ? Elle même ne le savait pas. Robin ne savait plus. Elle y était peut-être depuis le crépuscule ; y avait passé deux heures, trois heures, lorsque ses camarades commencèrent à se réunir dans telle ou telle salle en discutant d'un ton enjoué, se vantant des cadeaux qu'ils venaient de recevoir au petit matin. Tôt ou tard, elle aurait fini gelée, elle aurait fini évanouie dans la neige, les membres raidis, les lèvres bleuâtres et personne pour la sauver. Ses yeux bleus se fermaient et s'ouvraient avec lenteur, vides de tout sentiment, fixant un point invisible devant elle. Il y avait longtemps que son regard de cristal s'était noyé dans le paysage laiteux et que ses sens avaient quitté son corps, désormais anesthésié de toute douleur ou sensation. Oh, douce dame blanche qui tombait de la voûte céleste. Qui lui rappelait son enfance dont les souvenirs les plus récurrents étaient ceux d'un paysage immaculé. Ces instants qui lui faisaient revoir les étreintes et l'amour d'Aimone, son Papà maintenant si loin d'elle. Les sourires de sa chère Carmina qu'elle avait laissée. Et puis...

... inéluctablement, les regards glaçants de Judith, sa Mamma partie depuis bien longtemps.





Ses battements de paupières cessèrent brusquement.

Il y eut un long soupir transformé de nouveau en buée et elle détourna finalement les talons, les articulations légèrement endolories. Elle se remettait à vivre. Ses sens revenaient à elle pour de nouveau la torturer. Lentement, elle revint dans le bâtiment, laissant des traces de pas dans le sol enneigée qu'elle foulait. Tout était calme. Tout était silencieux. Ses bruits de pas résonnaient à travers les couloirs, rebondissant sur les murs. Le sol blanchissait à son passage, l'eau coulait de ses mains qui avaient auparavant emprisonné autant de flocons que possible, mais dont la chaleur progressive les avait réduits à l'état liquide. Et puis elle ralentit au fur et à mesure qu'elle progressait. Et puis elle se stoppa. Elle avait aperçu une silhouette assise contre le mur, tenant un livre entre ses mains gantées. Une silhouette inconnue dont la moitié du visage était caché par une épaisse écharpe, laissant tout juste apparaître ses joues teintées d'une rougeur provoquée par la température. Elle ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam, mais s'approcha tout en douceur, d'un pas léger. L'inconnu redressa la tête et croisa les pupilles translucides de la jeune fille, surpris que quelqu'un eût réussi à le trouver dans cet endroit pourtant vide depuis bien des heures. Robin s'arrêta à ses côtés, les mains derrière le dos et arborant un sourire rêveur sous un regard franchement interloqué. Elle s'assit à ses côtés pour poser avec tendresse sa tête sur son épaule, sans rien demander. La réaction fut immédiate : l'élève se raidit de tous ses membres et resta interdit, se retrouvant incapable de bouger ne serait-ce qu'un doigt. Robin ferma ses paupières, toujours le sourire aux lèvres. Peu importe. Oui. Peu importe qu'il fût scandalisé ou en colère. Ce soir, elle aurait passé Noël avec n'importe quelle âme esseulée qu'elle aurait vue. C'était dans sa nature. Donner son affection pour en recevoir à son tour. C'était comme d'habitude. Mortifié, l'élève esquissa un geste pour la repousser et alors... Robin remua les lèvres dans un murmure.

▬ Joyeux Noël.

Il y eut un silence de quelques secondes, uniquement perturbé par les bruits sourds en provenance de l'orgie des Physiques qui devait se dérouler au quatrième étage et cinquième étage. Dans un mouvement hésitant de la tête, l'élève déposa sa joue contre les cheveux de Robin.

Ils restèrent ainsi, en silence. L'un souriant d'un air doux, l'autre, des larmes invisibles perlant sur son visage. Eux, ils n'avaient personne ce soir. Elle ne savait pas qui il était. Il ne la connaissait pas non plus. Pourtant, ils continuèrent à rester ainsi, sans élever la voix.

Aujourd'hui, Noël était laid à souhait.

Et ce soir, leur seul cadeau de Noël était sans aucun doute la présence de l'autre.

▬ ... Merci...

Malgré son chagrin de se retrouver rongé par le froid et la solitude, Sidney avait le cœur plus léger en murmurant ce seul mot.





Petit plus:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:46

De Ireth à Wadoo



Joyeux Noël, Elfe de nuit. ♥
Noël. Un jour qui aurait pu être différent. Un jour où Leif aurait pu se réveiller avec un petit sourire au coin des lèvres, sincère. Un petit sourire furtif que personne n'aurait vu tandis qu'il aurait entendu l'effervescence de Noël dans les couloirs, amusé par tout cet enjouement alors que ce n'était qu'un 25 décembre... Un petit sourire furtif que personne n'aurait vu tandis qu'il n'aurait pu s'empêcher de penser à ses cadeaux, offerts par quelques admiratrices et ses parents.
Mais Leif ne se réveille pas avec le sourire. Ce matin-là, comme beaucoup de matins, il se réveille avec la même pensée en tête, accompagnée par le même souvenir. Et ces mots qui résonnent presque, alors que personne ne les a prononcés. Il se revoit encore quitter la chambre de Near d'un pas rapide, faisant mine d'être pressé, ignorant sa veste trainant vulgairement sur le sol alors que jamais il ne manquait de la mettre lorsque le mercure était suffisamment bas. Il revoit ce jour qui diffèrerait selon lui car il avait décidé de mettre fin à l'amitié, si l'on pouvait appeler ça ainsi, que les deux psy partageaient depuis trop longtemps. Ce jour où les tournures prirent un tout autre sens et changèrent les choses d'une façon presque diamétralement opposée. Et son arrêt, en arrivant dans le lycée, lorsqu'il s'aperçut que Discord avait affiché un nouveau message.

« Qui aurait cru que le souhait le plus cher du psychique était d'être aimé ? »

Ce jour fut le premier d'une longue absence durant laquelle il évita quiconque ne s'appelât pas Nearheart.
Et même aujourd'hui, alors qu'il a bien cessé cette comédie et qu'il s'est trouvé un nouvel objectif, une nouvelle raison de se lever le matin et de fouiner dans les affaires des autres, il garde une tendance à éviter certains regards et certaines confrontations. Discord l'a assez dénudé ainsi, inutile que quiconque en profite. Alors, faisant presque cavalier seul, il cherche, il fouille, il soupçonne, le tout avec calme et, parfois, sourire narquois. Il veut trouver Discord et le voir mis à nu à son tour.
Une fois levé, il va voir ses paquets, machinalement, sans faire attention à Near qui émerge tout juste de son sommeil. Il sait que ses parents lui ont envoyé un petit quelque chose, rien de bien glorieux mais bon. Il est donc quelque peu étonné de ne voir non pas un ou deux petits paquets mais bien davantage. Il semblerait que certaines admiratrices continuent de l'être malgré le message sur le tableau... À tous les coups il a donné de l'espoir à certaines d'entre elles, les plus naïves sans doute, les plus désintéressantes peut-être. Un des paquets vole jusqu'à lui et sa main qui la saisit d'un geste nonchalent. Il soupire, trouvant le papier de bien mauvais goût, et commence à le déchirer lorsqu'un mouvement attire son attention. Il s'immobilise et regarde ses paquets. Sur son visage se peint alors alors un léger air surpris tandis que se dépatouille des rubans un petit origami en forme d'oiseau. Il ressemble à un moineau, assez bien plié d'ailleurs... Il dépose son paquet à peine découvert et pousse les rubans pour attraper l'origami qui s'installe lui-même sur son index comme un petit oiseau, à la différence près que l'absence de serres solides lui profère un équilibre bien fragile. Leif se saisit du petit moineau de papier et le regarde quelques instants, surpris. Il n'a jamais vu un tel origami depuis son arrivée ici. Ce n'est pas le plus beau qui soit, mais les plis sont soignés si on ignore quelques petites hésitations çà et là qui ont laissé quelques belles traces de débutant... On y voit des mots qui dépassent, sûrement un message pour lui souhaiter un joyeux Noël, peut-être avec une déclaration d'amour en petit bonus de fin... Le moineau le regarde de ses yeux inexistants, avant que Leif le saisisse sans ménagement et le déplie rapidement. Il tourne la feuille pour la lire à l'endroit.

Bonjour Leif.
Je sais déjà que tu dois être un peu surpris par cet origami qui s'est faufilé entre tes cadeaux, comme un petit moineau miniature se dépêtrant entre de vieilles feuilles pour attraper ce petit bout de pain jeté par hasard par une quelconque personne... Je sais que tu n'attends rien de quiconque à part peut-être qu'on te laisse en paix, comme tu l'as souhaité et le souhaiteras encore. Je sais que, malgré cela, tu as trouvé quelques paquets soigneusement enveloppés. Tes parents, sans doute, peut-être Nearheart aussi ? Je ne sais pas, je ne sais pas trop ce que tout le monde pense de toi et je ne connais que trop peu celui d'Aisling... Je sais juste que tu n'as pas d'ami proche... seulement quelques fans qui te regardent parfois pas très discrètement.
Je ne sais comment te dire que je suis désolée pour toi. Que je n'aime pas Discord et son malin plaisir à détruire les petits rêves les uns après les autres en dévoilant des secrets. Je ne sais comment te dire que je suis désolée et que je... voudrais te soutenir. Ne serait-ce en déposant un petit bisou sur ta joue – grâce à ta petite taille, je peux au moins atteindre le bout de ton menton sur la pointe des pieds sans que tu aies à te baisser (ou presque) – le matin avant les cours ; ne serait-ce en te serrant doucement avec mes bras le soir, lorsque les cours sont finis et que tu ne souhaites que vaquer à tes occupations au plus vite ; ne serait-ce en t'offrant un regard chaleureux et plein d'affection. Mais je suis sûre que tu refuserais tout cela. Ce n'est pas grave, je tenterai un de ces jours – te voilà prévenu.
En attendant, c'est Noël, on est le 25 décembre, c'est une belle journée. Malgré les regards qu'on glisse vers toi, malgré Lancelot, malgré Discord, c'est Noël. Alors je t'envoie cet origami, même s'il n'augmentera pas ton humeur, je te l'envoie quand même en te souhaitant un heureux Noël. S'il-te-plaît, lève-toi et regarde par la fenêtre, regarde le ciel à travers lequel Dieu veuille sur toi comme sur nous tous, même si ce ciel est gris et ne laisse tomber que de la pluie ou de la neige grisâtre et fondue. Regarde-le, longtemps, pas juste quelques instants, et détache-toi du reste. Aujourd'hui est Noël et est une belle journée.

Alors que le message le fait d'abord sourire puis presque rire, ses lèvres retombent lorsqu'il lit le dernier paragraphe. Il hésite quelque peu à l'attitude à prendre, se demandant avant tout qui peut bien lui demander de ce ton de jouer son romantique et se lever pour regarder la fenêtre. Peut-être cette anonyme attend-elle aussi qu'il sourit niaisement et soupire tout bas en pensant qu'aujourd'hui est une radieuse journée ? Il froisse le mot et le laisse négligemment tomber à côté des paquets mais, presque par réflexe, se tourne vers la fenêtre pour regarder à l'extérieur. Tout ce qu'il y voit n'est que nuages gris surplombant des arbres nus et une herbe desséchée par le froid. Il se détourne et aperçoit Near qui s'est levé entre temps et le regarde avec un sourire familier. Leif sait presque à l'avance quel genre de commentaire il va faire.

Mais il ignore qui a bien pu lui envoyer ce mot. Une personne récemment arrivée ? Ou bien une admiratrice restée jusque là trop timide ? Il n'en sait rien, ce qui le frustrerait presque si cela avait son importance. Car, après tout, il n'a pas vu la petite personne qui l'observait au coin du couloir tandis qu'il découvrait le cadeau de Discord ce matin d'avril. Cette petite personne arrivée à peine quelques jours plus tôt à la recherche d'un peu de compagnie a tôt fait de savoir que ce jeune homme était le représentant de sa maison, ou son roi selon ce que certains disaient. Elle a tôt fait d'entendre les ragôts qui courraient sur lui, de les croire ou ne pas les croire, mais surtout comprendre qu'il n'avait au final pas vraiment d'ami proche, peut-être pas du tout. Cette petite personne est longtemps restée à l'écart, patiemment, un peu parce qu'elle aussi avait quelques affaires, comme un escalier féroce contre lequel se défendre ou quelques sombres ou impulsives gens à serrer dans ses bras, quitte à ce qu'elles s'en prennent à elle par la suite.
Mais, ce 25 décembre, elle s'est dit que peut-être elle pourrait venir vers lui, faisant comme si elle ne faisait que passer, et se faire suffisamment discrète et naturelle pour l'enlacer enfin contre elle. Et c'est bien ce qui arrive lorsque, voulant profiter de l'effevescence de Noël pour s'isoler dans le bureau de Dergnat et reprendre une fouille précédemment interrompue, il croise une petite personne qu'il connait vaguement, juste de loin. Il va passer à côté sans la regarder et continuer son chemin lorsqu'elle bifurque au dernier moment et le coince contre elle avec ses petits bras. Un peu surpris, il baisse la tête vers cette fillette dont il ne parvient même pas à se souvenir du nom. Celle-ci garde son visage contre lui, les mains liées derrière son dos pour bien l'enlacer, ne lui montrant que sa chevelure dévoilant légèrement un gros pansement sur le front. Alors qu'il s'apprête à lui demander poliment de se décoller de lui, elle lève des yeux d'un bleu plus clair encore que celui qui accompagne le regard de son valet, des yeux rieurs, emplis de joie et de malice.

— Je t'avais prévenu, Leif ! Joyeux Noël !



De Wadoo à Lisoun


between the drinks and subtle things
the holes in my apologies
i'm trying hard to take it back



La salle de musique était plongée dans l'obscurité, et lui dans un de ses fauteuils. Les yeux égarés sur le paysage enneigé qui se profilait derrière la fenêtre froide, dont il n'avait pas fermé le lourd rideau. Le froid, l'obscurité, un peu de calme apaisant, un silence seulement brisé par les quelques cordes qu'il touche doucement de ses doigts, et le noir atténué comme il faut par la lune et une lampe faiblarde. Juste lui et son violon. Le luxe.
Bien sûr tout ceci n'allait pas durer. Le portable qui avait vibré à côté de son verre de whisky par bien deux ou trois fois semblait le lui rappeler, mais il l'avait cherché, quoi qu'il puisse en dire. Il l'avait cherchée, même. Et elle viendrait. Elle viendrait toujours, même si l'écran allumé de son téléphone l'était sans doutes pour indiquer un message racontant le contraire. Alors de nouveau, il touche trois notes en pizzicato sur son violon, trop courtes et sans écho dans la pièce vide.

Lorsque Rosalie entra dans la pièce – du moins, étant dos à la porte, il le supposa ainsi, au son hésitant que produisaient ses petites ballerines sur les carreaux – Jeadly fut heureux dans son égo de pouvoir se dire que pour cette fois encore il avait eu raison. Tout en se cachant à la perfection que ça n'en était pas toujours le cas concernant certaines personnes.
Et pourtant, les heures passées à observer les gens, fussent-ils ridicules au possible, aurait du l'éloigner de toute erreur de jugement. À force de regarder passer les plus absurdes personnages entre les murs de cette école, il avait cru pouvoir lire en eux avec une certaine facilité. Rosalie la première. Rose, et sa bonté maladive, c'était le mot ; cette bêtise qui la perdrait. La voir ainsi ne faisait que rappeler au roux qu'il était sur la bonne voie en ne s'occupant que de lui-même.
Mais parfois, Rose essaie de sauver les apparences. Ça ne sert à rien, pour lui, rien du tout, ça entretient à peine la conversation.

▬ Il est deux heures du matin. Je... je t'ai envoyé un message. Disant que je ne viendrais pas. Tu l'as eu ?

Il haussa les épaules mais, camouflé derrière la causeuse, la jeune fille n'eut pas le loisir de le voir. Elle distingua cependant qu'il avait repris possession de son archet, et qu'il devait sans doutes en jouer sur son violon, sans encore en faire retentir les notes. Juste les cordes apposés aux autres, des notes placées mais encore secrètes. La situation la rendait impatiente.

▬ Et tu es là.
▬ Parce que tu ne répondais pas.

Une petite note s'échappe, un si, comme incontrôlé. Il sonnait comme un rire mal contenu et moqueur, assorti au petit sourire que Jeadly devait avoir eu à sa réponse, elle en était sûre.
Puis c'est le retour de silence, et Rosalie essaya de faire demi-tour devant cette mascarade. Peut-être que cette fois-ci, elle ne l'écouterait pas, serait sage, et retournerait tranquillement se coucher. Peu importe que la voix de l'Élémentaire s'élève et la coupe en plein mouvement, comme ça, immobile.

▬ Mais puisque tu es là.

Il se lève, s'appuie contre le dossier du fauteuil, une main dans la poche, celle qui tenait l'archet, et le violon dans l'autre. C'était le plus désinvolte qu'il eut pu faire avec ce dernier : il le traitait de manière générale bien mieux que n'importe quelle personne. Les gens étaient un peu tous comme des violons ; débutants, dissonants au possible, jusqu'à ce qu'il touche leurs cordes sensibles. Ils pouvaient alors être tous magnifiques, tant qu'ils ne dépendaient de lui.

▬ Tu n'as qu'à nous servir.


La brune se retourna. Donc, il avait réussi. Qui en doutait ?
▬ C'est trop bête.
▬ J'aurais plutôt dit que c'était un ordre.

Devant sa mine renfrognée, il sembla à Jeadly que la seule réaction à adopter était de retourner sur son violon, ce qu'il fit dans la minute pour montrer tout son intérêt devant cette réflexion – comprendre : aucun. Comme pour sauver les apparences, celles qui criaient qu'elle était incapable de lui refuser quoi que ce soit, Rosalie s'approcha du service avec un pas rapide, dur, censé transmettre un certain énervement. L'effet sur le roux fut proportionnel à l'intérêt qu'il portait à la susdite réflexion.

▬ Je suis sûre que ce n'est pas la première fois que tu fais ça qui plus est.
▬ C'est la première fois que tu me le demandes.
▬ C'est bien ça le problème.

L'archet avait cessé sa mélodie et remonta sur son épaule, fixé par les grands yeux de la jeune fille. Doucement, il atteint son menton, et l'obligea à soutenir son regard ; Dieu et lui-même savaient si elle détestait ça.

▬ Tu n'es pas gentille, Rosalie. Tu es faible. C'est disgracieux et je ne le permets pas.

Pas depuis quelques temps. Pas depuis qu'il en avait décidé ainsi, qu'elle était à elle s'il en fallait. Et lui, ô grand jamais n'irait s'encombrer de disgrâce. C'était ce qu'il s'était dit, en la voyant plier l'échine face à tant d'autres ; il s'était senti incommodé de voir qu'elle en était pitoyable. Tout ceci sans aucun rapport bien entendu avec la fait qu'elle n'aurait du s'abaisser à ce genre de choses qu'avec lui, ou sans rapport avec une quelconque envie de la sauver.
Bien entendu Jeadly. Hein, Jeadly ?

▬ Tu dois bien leur servir des verres, ceux avec qui tu joues du poker. Tous ces idiots de ton groupe, des physiques parfois. Je pensais qu'au moins les psychiques ne s'abaissaient pas à ça.

Que de déception, partout. Et que de crétin parmi nous. À les voir se prendre pour des rois, il avait bien envie de corser leur boisson par simple usage de son don ; un petit comas éthylique pour quelqu'un parti avec une limonade n'était qu'un jeu d'enfant pour quelqu'un comme lui.

▬ C'est seulement pour les aider...
▬ Oh, à leur façon de lorgner sur ta poitrine, tu les aides tout à fait.

Comme par réflexe, la main de Rose referma un peu son chandail.

▬ Je n'aime pas être pris pour un idiot. Ne m'appelle pas ton roi si n'importe qui peut l'être, je ne t'y autorise pas.

Voilà. En fin de compte, rien ne se rapportait réellement à elle, tout finissait comme naturellement par revenir à lui. Son petit centre du monde. Le jeune homme prit l'un des verres correctement rempli, et l'éleva jusqu'à Rosalie, en un ordre silencieux, qu'elle eut l'air de refuser elle-même sans un mot. Alors son geste se fit un peu insistant, pressant contre la main qui le refusait.

▬ Arrête ça !
▬ Ce n'est qu'un verre.
▬ Je n'aime pas ça !

Avec son don, l'idée lui faisait même un peu peur, quand bien même cela aurait aussi été le cas avec n'importe qui. L'ambiance l'oppressait, ses mots aussi, un peu comme toujours, en pire. Excédé, il renversa le verre à whisky, goûtant le liquide d'une traite sans prendre le temps de le savourer. Rose remarqua enfin, dans le manque de lumière de la pièce, qu'il ne devait pas en être à son tout premier, que ses joues, son air ou quoi que ce soit avait pu être caché par l'obscurité.
Il s'essuya les lèvres d'un revers de manche, du bras qui tenait l'archet. Pourquoi. Depuis quand Rose lui refusait quoi que ce soit, pourquoi ? Il tenta de nouveau de lui imposer un verre en lui tendant le deuxième, en vain.
Le violon fut posé un peu trop vite sur la causeuse, geste qui témoignait de la légère ébriété de l'adolescent : en toute conscience, il n'aurait pu manquer de tel soin envers son précieux instrument. À la place, il se saisit du poignet de la brune.

▬ Jeadly, Jeadly arrête !

C'était rare. Si rare qu'elle prononce son nom. Il y a eu quelques rois, et quelques rien du tout. Beaucoup de rien. La plupart du temps, Rosalie ne dit rien, silence. Elle n'ose pas tout à fait s'adresser à lui de la sorte, et pour cette fois, le nom lui échappe, et lui ne sait même plus quoi en penser. Pour l'instant, il est irrité ; irrité par tous ces idiots qui approchent sa propriété, par cette idiote-même qui se refuse à la moindre demande. Par cette idiote qui menace de s'éloigner pour des idiots.
Cette fois-ci, l'archet rejoint le sol sans qu'il n'y fasse attention. Et puis sa main se saisit de sa nuque, et c'est bien plus efficace encore que l'objet rejeté pour l'obliger à le regarder ; depuis quand tu le permets, Jeadley ? Depuis quand donnes-tu ton accord pour un contact si direct ? Tu ne penses plus à t'abaisser, à présent ? Quelques cheveux fins glissent contre la paume de sa main crispée.

▬ Est-ce que tu es bête, Rosalie, dis moi ? Ou alors, est-ce que tu es. Au contraire, si intelligente ?

Et est-ce que tu te joues de moi ? C'est impossible, n'est-ce pas ? Ils te connaissent tous comme ça, comme la mignonne, comme l'innocente, comme la dévouée bien sûr, mais pas comme sa Rosalie.
Le coin de ses lèvres se crispent, et celles de la brune sont entrouvertes, de stupeur.

▬ Pourquoi tu restes avec ces gens, Rose. Ils t'auront tu sais. Je le sais, je suis comme ça.

Silence.
Les yeux ronds de Rose se calment, quand vient enfin la fin des quelques vents dans les propos du garçon. Dans l'instant qui vient ils s'adoucissent, et, avec un peu de chance, la lumière insuffisante cacherait le petit sourire tendre qui se dessinait dans un coin. Elle retire le bras du roux, qui ne lutte pas un seul instant, et alors que ce n'est rien, que ce n'est même pas un coin de peau ou quoi que ce soit, c'était comme si elle pouvait ressentir un frisson quelque part. L'intimité avec Jeadley est si rare.
Et puis ses mains viennent avec des gestes calmes et calculés retirer le violon du fauteuil, pour rejoindre ensuite les épaules de l'adolescent pour le pousser dans ce dernier. Alors tout à coup, la situation est physiquement retournée ; lui en bas, elle en haut, penchée délicatement sur lui. Il avait presque envie d'un rapprochement pour le coup, n'importe quoi, que ses cheveux glissent contre sa joue. Mais elle reste à sa place, malgré tout, et avec un nouveau sourire, se recule d'abord un peu, d'un pas.

▬ Tu m'as déjà eue tu sais.

Et à la voir il se disait une chose. C'était drôle pour le mensonge incarné de croire au charme de la vérité pure.




Spoiler:
 


De Lisoun à Poppy




Existent d'innombrables histoires. Contes, légendes, vérités peuplent les livres et les esprits. Tous ont un fond bien précis, bonheur, malheur, dangers, connaissances, c'est la raison pour laquelle subsistent toutes ces rêveries. Chacune de ces idioties porte l'empreinte de tout le monde. Chacune a été modifiée et adaptée par tous les rapaces possibles. Plusieurs Cendrillon ont vu le jour, toutes ont une histoire différente alors je ne sais laquelle choisir pour affirmer que c'est la bonne, la vraie, la seule. Mais cette princesse ne m'intéresse pas, elle ne me plaît pas, elle n'est pas assez douce et jolie. Moi, je préfère Blanche-Neige. Non pas celle des contes, mais celle qui a vécu sa vie et qui a dû porter un sombre masque pour dissimuler sa jolie peau blanche et ses petites faiblesses. Celle-ci et ses cheveux d'ébène, celle-ci et sa peau vermeil, celle-ci est intéressante. Son prince charmant n'est pas parfait, il ne l'a pas sauvée sur un grand cheval blanc. Le mal qui la ronge n'a pas de couronne, il n'a pas la forme d'une vieille dame et de sortilèges superficiels. Elle n'est pas qu'une rêverie, juste un petit mensonge dans un monde de grandes vérités. Un mignon petit mensonge, sourire factice, petite Alix dans son grand château vide regardant la neige tomber par la fenêtre, voici ma Blanche-Neige, celle que je préfère.

Il était une fois, lors d'un hiver enneigé, une jeune demoiselle seule dans un grand château d'ivoire. Elle regardait tomber la neige par une fenêtre embuée, seule. Un feu de bois avait été allumé et il éclairait les yeux foncés de la petite princesse. Quel ennui, elle se tournait, elle se retournait, elle regardait les flammes danser. La dentelle de sa robe se mit à danser quand elle se dirigea vers une table où trônait un pauvre petit gobelet de plastique qui commença à se déformer. Un flocon de neige, un petit danseur qui s'amusait sur une musique inaudible, une petite marionnette et ses légers fils, un léger couteau qui vient se heurter au sol et cela lui suffit. Et puis, la porte s'ouvrit pour laisser partir une jolie Blanche Neige bien emmitouflée dans un petit manteau tout noir. Cet habit lui correspondait bien, doux à l'extérieur mais cruel et froid quand on le regarde bien. De jolis pompons blancs en fourrure le rendaient agréable et doux mais les boutons en forme de griffes rappelaient vite qu'il valait mieux ne pas se frotter à cette poupée. Un flocon de neige tombe sur le nez de la jeune fille et elle se met à s'agiter, à chanter, à danser. Sa douce berceuse passe entre les flocons et les entraîne sur son chemin, les emmenant à leur perte sur un sol trop froid.

Elle se sentait bien seule, le bal n'avait pas encore commencé et elle se trouvait déjà au lieu du rendez-vous. Bien sûr, il serait ponctuel et n'arriverait qu'à l'heure prévue donc il lui faudrait attendre. Certains étaient déjà arrivés, pour les derniers préparatifs. Les musiciens revoyaient leurs partitions pour le soir et il n'était que quatorze heures. Un moment, elle écouta les violons et les pianos, principaux instruments choisis pour le fond sonore mais elle se lassa rapidement même si elle ne pouvait s'empêcher d'admirer des musiques aussi douces. Entres autres, jouaient un garçon de sa classe et un autre dont la tête ne fut que trop peu familière ce qui lui parut étrange, comment ne pas remarquer ce jeune homme albinos qui jouait si bien du piano ? Certainement quelques musiciens étaient allés au salon d'où elle était partie. D'ailleurs, qui avait bien pu allumer le feu qui était déjà là quand elle s'y était rendue ? Que de questions sans importance rejetées par une main qui replaçait une mèche derrière son oreille. Étrangement, cette main n'était pas celle de la petite Blanche-Neige mais celle d'une horrible sorcière déguisée dont le masque ne tombera peut être jamais.

    « Pearl ? Que faites-vous ici ? »

    « Ma chère Alix, j'ai ouï dire que tu viendrais au bal ce soir alors, m'accorderas-tu une danse ? »

    « Oui … J'aimerais tant danser avec vous. »


Illusions, mensonges, ils ont toujours dansé leur vice ensemble alors, comme les musiciens recommençaient à jouer après une légère pause, il lui prit la main et ils dansèrent. Elle le savait que le bal serait réservé à ceux qui viendront en compagnie d'un élève de la classe soi-disant la plus noble. Elle le savait qu'il n'aurait pas pu venir même s'il l'avait voulu, elle n'aurait eu qu'une seule occasion. Eux n'auraient nul besoin de masques pour ne pas se reconnaître, eux ne se sont jamais reconnu et se sont toujours menti, eux ne savent pas où s'arrêtent mensonges et illusions, eux ne savent pas quelle est la vérité cachée dans leurs cœurs, eux ne savent danser que les fausses danses, celles où l'amour et l'indifférence se confondent en faux pas, celles où les corps mentent à leurs partenaires en ne suivant pas le rythme décidé par les musiciens. Personne n'a vu le bal masqué, personne n'a su qui eut le plus menti et la danse dura pendant longtemps au goût de ceux qui n'étaient pas intéressés par ces deux menteurs et elle dura pendant trop peu de temps pour ceux qui n'avaient pas besoin de masque pour tromper l'autre et pour se tromper eux-mêmes.

Sans mot, la danse étant terminée, il s'en alla et elle remit son manteau déposé sur une chaise juste pour la valse des illusions. Elle avait froid. Ce froid ne venait pas de l'extérieur, son manteau ne l'empêchait pas de trouver le monde glacial. S'en retournant au salon, elle pensait trouver une pièce vide et agréable grâce au feu de cheminée et à des fauteuils de première qualité. Des gens profitaient de la pièce quand elle passa la porte. Rapidement, elle enleva son manteau et le déposa sur une chaise avant de s'asseoir sur le fauteuil le plus proche du feu. Pendant quelques instants, elle écouta les conversations sans intérêt qui animaient l'air chaud de la pièce mais vite, elle s'endormit.

Vingt heures à sa montre, il était temps d'aller manger et de mettre une véritable robe de soirée, encore plus jolie que toutes celles qu'elle avait l'habitude de mettre en journée. Son dîner ne fut pas important, juste le temps de se changer et de se maquiller importa pour plaire à son aimé. Sur son lit, elle trouva un paquet décoré d'un petit « Pour Alix ». Elle ne se demanda pas d'où il provenait, c'était forcément lui et elle l'ouvrit pour découvrir la robe qu'il lui faudrait mettre. Elle la mit, se regarda dans un miroir. Dire qu'elle se plut aurait été trop mensonger alors elle pensa simplement que cette robe était jolie et qu'elle l'appréciait. Elle trouva quelqu'un pour la maquiller, quelqu'un de talent qu'il ne fut pas important d'énoncer et elle attrapa un petit paquet cadeau rouge et vert préparé à l'avance par ses soins. Ce fut l'heure d'aller au bal, réécouter la musique et danser à nouveau sur elle pour une valse de pureté et d'amour, une valse sincère et non mensongère.

Le château était éblouissant avec les décorations et les lumières installées pour les festivités. Il l'avait attendue à l'entrée car, sans elle, il n'y aurait pas eu de soirée. Et les sentiments s'envolèrent au son du violon d'un certain Jeadly et du piano de ce gentil Lucan. Leurs belles les attendaient alors ils seraient remplacés au cours de la soirée par d'autres musiciens aussi talentueux. Le temps passa vite, très vite, trop vite. Les danses n'eurent pas le temps de durer, les mots n'eurent pas le temps de toucher les cœurs, la mains n'eurent pas le temps de se joindre que ce fut déjà terminé. Les premiers pas se passèrent ainsi, trop vite et plus le temps avançait, plus il se ralentissait. Elle avait hâte qu'il soit minuit pour lui donner son cadeau, ils en avaient convenu de n'en parler qu'au moment du réveillon. Les contes se mélangèrent quelque peu, Blanche-Neige et Cendrillon se confondirent quelque peu, nous pouvons considérer que le prince avait sauvé sa belle de la pomme de la méchante sorcière et qu'Alix allait pouvoir remercier son cher Zaphaël.

La dernière danse se termina quand une grande horloge sonna les douze coups de minuit. Des vœux emplirent la salle de bal et deux amoureux sortirent sur le balcon pour plus d'intimité. Les sept nains avaient gardé le cadeau de Blanche-Neige et elle le tendit au beau prince charmant qu'elle aimait tant. Pensant lui faire plaisir, elle avait pris la suite d'un de ses jeux vidéos étranges en vérifiant bien qu'il ne l'avait pas encore. Il fut agréablement surpris de ce présent et lut rapidement les informations données au dos de l'emballage du jeu.

    « Joyeux Noël Zaphaël. »


Il regarda quelque peu la robe qu'avait mise Alix avant de demander :

    « Ta robe te plaît ? »

    « Énormément, merci. »


Il la prit dans ses bras. Le prince avait sauvé la princesse de la sorcière qui répandait doutes et mensonges dans son cœur. Blanche-Neige embrassa son prince.

Je ne puis certifier qu'il eurent beaucoup d'enfants mais je peux sans doute affirmer qu'ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps.





Dernière édition par Aelys E. O'Brien le Dim 25 Déc - 13:05, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:47

De Poppy à Bull



.


C’était un de ces moments où l’on ne sait plus trop qui l’on est, où l’on est, et ce que l’on fait. Conscient, mais tout juste sorti des bras de Morphée, les yeux encore à moitié clos, on essaie tant bien que mal de s’arracher aux étreintes du sommeil. On tente de se souvenir d’un des rêves qui a bercé notre nuit, c’est flou, c’est vague ; on ne se souvient uniquement de bribes, de lambeaux de songes, et de morceaux de rêverie. Mais jamais en entier.
Lui, il se souvenait d’un visage, vaguement d’un sourire, peut être même d’un regard. Ca l’avait déboussolé. Il l’avait sans doute croisée, au détour d’un couloir ; il l’avait probablement vue, à la sortie d’un cours ; il l’avait éventuellement entendue rire, à une blague maladroite d’un de ses camarades. Elle l’avait perdu.

Kyle se retourna, emportant sa grosse couette en plume avec lui. Emmitouflé jusqu’au visage dedans, se parant du froid, il plissa les yeux. Les petits chiffres rouges lumineux se dessinaient parfaitement dans la nuit. Les neuf heures allaient bientôt s’afficher sur le cadran du vieux radio réveil. Et comme d’habitude, McNeil râlerait. La radio se déclencherait, berçant toute la pièce d’une mélodie aléatoire. Il aurait ce même geste las, le même que tous les matins, pour assommer le petit appareil, ne désirant que le silence. Et il se roulerait de l’autre coté, tournant le dos à cet objet maléfique, qui ne voulait que le tirer de son doux et calme sommeil. Pathétique scénario matinal. Sauf que la, Kyle, il était temps de se réveiller. Il était l’heure de se lever.

Il n’y avait pas de cours aujourd’hui, qui attendaient la venue du King. Il n’avait pas de rendez vous urgent, qui lui demandait d’abréger son séjour au pays des songes. Rien ne l'aurait fait changer d'avis. Ce n'était pas la neige qui recouvrait entièrement Aisling qui l'aurait fait bouger. Ce n'était pas le dernier carreau de chocolat sur le calendrier de l'avent qui l'aurait fait réfléchir. Et ce n'était sûrement ces faibles mélodies de Noël qui résonnaient dans les couloirs qui l'auraient persuadé. Non. Ne lui parlez plus de Noël. Ne lui demandez plus de croire à ce vieux bonhomme rouge. Ne lui évoquez pas une quelconque magie des fêtes. Ça, c'était fini. Ça, c'était avant. C'était avant, quand tout allait bien. Quand il avait encore l'étoffe d'un roi. Car aujourd'hui, le King avait changé. Il n'était plus à l'image de ceux qu'il gouvernait. Il n'avait plus la tête à porter une couronne. À présent, tout ce qu'il désirait, c'était qu'on le laisse tranquille. Qu'on oublie ce qu'il a été. Qu'on efface ce qu'il a fait. Qu'on reparte à zéro, et qu'on lui laisse une seconde chance. Noël, après tout, ce n'était pas le moment où l'on pardonne ?

On frappa à la porte. Un léger grognement s'extirpa des lèvres de Kyle. Que lui voulait on, encore ? Sa voix s'éleva, et un soupire rauque et sonore résonna dans la pièce. Des bruits de pas s'en suivirent, dans le couloir. Il l'avait fait fuir.
Ce fut bon gré malgré que le Phy se décida enfin à se lever de son lit. Non sans mal. La tête bien sur les épaules, mais l'esprit encore dans les nuages, il vacilla, tangua dangereusement, se reprenant à chaque fois, de justesse. Et quelle déception, en ouvrant la porte. À ses pieds, un paquet, finement empaqueté, noué d'un ruban satiné. Non vraiment. Encore, s'il n'y avait rien eu, il aurait eu une bonne raison pour râler. Mais là, non. Même pas. Un nouveau soupire se dégagea de la bouche du rouquin, tandis qu'il se saisissait de son cadeau. Boîte en carton, papier blanc avec un ruban rouge, tout ce qu'il y avait de plus classique. Kyle, un instant, ne pût s'empêcher de martyriser le pauvre paquet. Le tournant dans tous les sens, le secouant, l'agitant. Un certain doute envahit le King. Qu'est ce que c'était? Retourner le cadeau et l'observer sous toutes ses coutures ne l'avait pas beaucoup aidé, à vrai dire. Et il n'avait surtout rien demandé à personne. Une petite moue se dessina sur son visage. Peut être était-ce une blague de jeunes premières années ? Les petits Phy, il faut le reconnaitre, ont à cet âge là une imaginations pour le moins débordante. Kyle était passé par là, il s'en souvenait parfaitement. Mais contrairement à eux, lui n'offrait point de présent. Il se contentait seulement de les briser.
Et ce fut, dans un geste à la fois délicat et anxieux, que le jeune homme tira sur le ruban.

Il s'était presque attendu à quelque chose de grand. D'explosif. De surprenant. Il s'attendait à être asperger d'eau, ou de recevoir une autre substance au visage. Mais rien. Il en était presque déçu.
Le cadeau était d'un tout autre genre. Plus soft. Plus classe. Quand il plongea ses mains dans la boite pour en sortir le contenu, il avait agrippé un large bout de tissus. ... Du tissu. Certes. Ce ne fut que lorsqu'il porta le cadeau au niveau de ses yeux qu'il comprit. C'était une chemise. Simple. À l'identique d'une des siennes, maintenant comte ment déchirée. Un nouveau soupire vint s'évanouir dans le silence de la pièce. Finalement, il n'avait pas besoin d'indication supplémentaire. Il n'y avait pas besoin de mot, ou de signature. Il n'y avait rien besoin de plus que ça. Ça voulait tout dire. Ça parlait pour elle.

Kyle tourna la chemise dans tous les sens, cherchant le moindre détail, le plus petit défaut qui aurait pu la discréditer. Pourtant rien. C'était elle et bien la même, parfaite, à l'identique. Cette fille l'exaspérait. Vraiment. Et elle ne cesserait de l'étonner, aussi. C'était peut être aussi ça, en partie, la magie de Noël.
Non mais vraiment, regardez le. Assis là, sur son lit, à penser à ce genre de pacotille. Non Kyle, ressaisis toi.
Il se laissa tomber une dernière fois sur son lit, grommelant des paroles incompréhensibles. Tout ça, très peu pour lui. Après tout, le 25, qu’est ce qui changeait ? Rien. C’était exactement la même chose que le 24, ou que le 26. Alors pourquoi changer ses habitudes ? Il ne dérogerait pas à la règle aujourd’hui ; non, personne, ni même le Père Noël, ne l’empêcherait de finir sa grasse matinée.

.

HRP : C'est court, désolée ;_; ! Mais j'ai été prise de court par le temps. J'essaierai de me rattraper en te faisant des jolis avatars, dès que j'ai le temps, promiiis ♥ Pardon encore. (Mais Joyeux Noël, j'espère que ça te plaira quand même ♥)

De Bull à Miru



5 bonnes raisons de croire au Père Noël


Depuis qu'on est tout petits, on nous parle du Père Noël.
On nous dit qu'il y a un mec, en manteau rouge et blanc, qui fait le tour de la Terre sur un traîneau, tiré par des rennes aux noms de fifilles (Danseur, Fringant, Cupidon... sérieusement ?), tout ça pour distribuer des cadeaux à tous les enfants du monde, et comme le traîneau est magique - il faut bien, pour voler et supporter le poids du vioc - il le fait en une nuit, pouf ! Et le lendemain, on retrouve nos cadeaux sous le sapin, et le verre de lait et les biscuits laissés à son intention ont disparus pendant la nuit. Personne ne se demande pourquoi le Père Noël se tape tout le boulot en une nuit alors qu'il a 364 autres jours pour le faire, personne ne remarque que papa a encore des miettes de biscuits sur son pyjama et personne ne trouve ça louche qu'un vieux monsieur en manteau se glisse par la cheminée pour entrer chez nous. Par la cheminée. Donc illégalement. En même temps on le comprend, si c'est pour rendre visite à des gosses durant la nuit...
Je vais vous dire, moi. Depuis qu'on est petits, on nous prend pour des cons.

Il porte le filtre à ses lèvres et laisse filer une longue traînée de fumée grise. Quelqu'un toussote. Lancelot tire à nouveau sur la cigarette.

Moi, je trouvais l'idée sympa.

Quelqu'un d'autre toussote.

C'est parce que tu es le seul à croire encore au Père Noël, Adrien.
Y'a Verdun aussi...

L'intéressé est trop occupé à jouer sur sa GameBoy pour répondre. Tous les regards se tournent alors vers l'écossais. Il se contente de hausser les épaules, agacé que tous semblent attendre son approbation. Il s'en fiche. Qu'ils le fassent, si ça les amuse ! Il a autre chose à faire que compléter le devoir du père Lipovsky. Déjà que leur professeur d'EPS se pointe rarement en cours... il faut en plus qu'il le fasse avec des idées à la con.

Il a juste trouvé une bonne raison de ne pas donner cours... encore, ricane un élève en s'en allant.

Les autres le suivent, discutant de ce qu'ils vont bien pouvoir écrire. Ne restent que Preben, Tyler et lui. Après une grande conversation d’exactement une minute trente-six, Tyler décrète que faire razzia dans les cuisines s’avérera plus passionnant que le cours d’histoire, Lance décrète que c’est trop chiant pour lui et Preben décrète qu’il a des choses à faire à la bibliothèque. « Tu crois qu’il sait qu’on lit un livre de gauche à droite ? » sont les dernières paroles qu’ils échangent. Lance déambule dans les couloirs sans grande conviction, une clope à la main. Il est encore en train de penser à ce fichu devoir quand quelque chose d’encore plus déplaisant s’incruste dans son champ de vision.

Tiens, mais qui voilà ?
Leif.

Ô joie. Décidément, cette journée est pourrie, songe Lance alors que le Psy s’approche tranquillement, les mains dans les poches.

On ne t’a jamais dit qu’il ne fallait pas fumer à l’intérieur du bâtiment ?

Lancelot fronce les sourcils, estime la distance qui le sépare du balcon et celle qui sépare son poing du visage du blanc-bec, en conclu qu’il lui faudra moins de temps pour lui casser la gueule que pour aller fumer dehors, et se jette sur lui en vociférant les habituelles menaces. Bien sûr, Leif a appris à courir, depuis le temps. Et il court sacrément vite, le représentant Psy. Si le don de vitesse sur-développée n’appartenait pas à son homologue Phy, Lancelot l’aurait accusé de triche. Alors tant qu’à faire, et comme il n’arrive pas à le rattraper, il arrache une porte et la lance dans sa direction, sous les yeux médusés de la vingtaine d’élèves dont la salle de classe est à présent dotée d'une large vue sur le couloir du deuxième étage.
CREEEEEEEEVEEEEEE !
Vous voulez peut-être prend une photo ? vocifère le professeur Brightside avant de détourner ses élèves de la scène à coups de manettes Wii.

Son collègue Lipovsky, qui passe par là au même moment au prix du hasard le plus grand – il ne se montre en effet pas beaucoup pendant les heures de cours – note mentalement que des manettes en elle-même feraient sûrement de bons cadeaux de Noël pour sa collègue. Il regarde sa montre et se demande combien de ses élèves exécuteront leur devoir. Il sourit en se disant que l’idée d’Haakon est vraiment à mourir de rire. Il faudra qu’il lui raconte quelle tête les élèves ont fait lorsqu’il leur a annoncé joyeusement qu’ils allaient tous écrire une lettre au Père Noël. Une guirlande d’expressions qui n’avaient pas de prix. C’était un peu ça, le Noël de monsieur Lipovsky.


Dans la soirée, Lancelot retrouve ses camarades de classe affalés dans la salle Dalach. Il s’affale lui aussi sur un canapé, franchement fatigué. Il vient de passer une bonne heure à courir après le représentant Psy, sans rien lui arracher de plus qu’un rire moqueur quand il l’avait semé en plein réfectoire bondé à l’heure de pointe. Autant vous dire que voir ses amis consciencieusement penchés sur leur liste n’est pas pour améliorer son humeur déjà massacrante.

Merde, j'ai plus de papier.
MacNeil, t'as un stylo ?
Et une feuille ?
Eh, c'est pas marqué 'économat' sur mon front !
Vous comptez vraiment écrire vos lettres au Père Noël ?

Les trois autres le regardent comme si c'était l'évidence même.

Ed’ m’a dit qu'il baisserait ma moyenne de trois points. Et je suis à trois.
Il m’a dit que je serai de corvée ménage la veille des vacances.
Il m’a dit qu'on aurait des chocolats !
Verdun..
Quoi ? C'est bon les chocolats... et les biscuits aussi. Oh, je vais faire des biscuits de Noël ! Vous croyez que Catharina sera d'accord de m'aider ? Je vais...
Oui, bon vas-y et ferme-la !

Silence. Lancelot inspire à fond pour se calmer et Verdun file sans demander son reste. Les autres laissent passer quelques minutes avant de s’inquiéter un peu :

Qu’est-ce qui t’énerve autant ? C’est qu’une lettre.
Nan, c’est pas qu’une lettre ! Lipovsky nous prend pour des cons.
Il a couru après Karlstrøm, précisa Kyle, comme si cela expliquait tout.
Oh, fit Tyler en reportant son attention sur sa feuille.

Lancelot se relève, agacé :

Donnez-moi une seule bonne raison de croire que le Père Noël existe !

Ses amis s’entre-regardent.

Raison numéro un : le coca est moins cher en période de fêtes.
Raison numéro deux : les gens sont plus gentils. Tiens, ce matin je me suis fait virer en allemand, mais Brightside ne m’a même pas collé ! Noël, c’est la générosité.
Elles sont nulles, vos raisons.
On s’en fout, c’est la magie de Noël ! Raison numéro trois.
Ouais ! Croire à un truc trop gros pour exister.
Genre un papi obèse sur un traîneau magique.
Genre Kyle va réussir son examen de fin d’études, cette fois.
Genre Preben a un cerveau.
Ta gueule !
Enfin bon t’as compris, commente Tyler en se levant pour éviter une chaise volante.

Lancelot lève les yeux au ciel. C’est vraiment n’importe quoi. Personne n’est en mesure de prouver l’existence du papi obèse sur son traîneau magique, et pourtant tout le monde fait semblant d’y croire. Quand on a cinq ans, ça passe encore. Mais forcer ses élèves à écrire une foutue liste de vœux au-dit papi, c’est vraiment du foutage de gueule ! « Bah, Lipovksy a tellement peu donné de cours qu’il ne sait plus ce que c’est ! » avait commenté quelqu’un. « Ça nous change des dissertations littéraires » avait dit un autre. « C’est bientôt les vacances » avait chantonné un énième abruti. Lancelot se demande s’il ne va pas tout simplement sécher le dernier cours d’EPS.


Vous avez écrit quoi, vous ?
J’ai demandé un pack de bières ahah.
Un ballon de rugby.
Un oreiller. Et toi ?

Lancelot comptait vraiment sécher le jour fatidique, mais il avait fallu qu’il croise Leif au dernier moment, et leur course-poursuite l’avait mené droit sur le professeur d’EPS. Évidemment. Il avait alors griffonné sur sa lettre comme si chaque mot était un coup porté à la face du représentant des PSY.

Que Karlstrøm parte skier. Qu’il se perdre sur une piste non balisée par moins dix degrés, qu’il se mange un arbre en essayant d’échapper à un ours enragé et qu’il finisse sa course dans un chalet rempli de bûcherons armés de haches. Qu’il reste coincé là-bas à cause d’une tempête de neige et qu’il ne revienne pas. Jamais.

Quelqu’un laisse échapper un petit rire nerveux puis se tait, comprenant que Lancelot est à moitié sérieux.

Je crois pas que Leif rentre chez lui pour les vacances...
Évidemment ! C’est pour ça que le Père Noël n’existe pas.
Bon très bien, leur dit Lipovski après un temps. Puisque vous m'avez tous rendu vos lettres à temps je vous libère pour la journée. Passez de bonnes vacances !

Preben et Tyler se jettent sur la porte en poussant des cris de joie :

Raison numéro quatre : c'est l'occasion de faire la fêteeeee !
Wouhou !
'Tain comptez pas sur moi pour ramassez derrière vous !
C'est ça, à l'année prochaine...


Depuis qu'on est tout petits, on nous parle du Père Noël. On nous dit que ce mec traverse toute la Terre pour amener des cadeaux aux enfants, sauf s'ils n'ont pas été sages. Les mauvais enfants, c'est le Père Fouettard qui s'en occupe. Le Père Fouettard. Qui a un fouet. Qui puni les enfants. Ça aussi, ça semble normal à tout le monde ?? Bref. On ne m'avait plus demandé d'écrire une lettre au Père Noël depuis des années, quand j'avais encore des étoiles dans les yeux le soir de Noël, comme tous les autres gosses à cet âge-là. Là j'ai pas des étoiles, j'ai les yeux rouges parce que j'ai mal dormi, oh ! je t'en pose, des questions ? Vire-toi de là ! Je sais pas si le Père Noël existe, et j'en ai rien à foutre. Cette putain de lettre m'a bien saoulée. Mais je vais te dire un truc. En retournant à Aisling cette année, j'ai croisé Karlstrøm. Il avait un œil au beurre noir. Quand je lui ai demandé qui avait réalisé mon vœu le plus cher, il a répondu 'les sports d'hiver'. J'ai pas compris. Il était resté à l'école pendant les fêtes. C'est en croisant Kyle qui râlait devant les portes que j'ai compris.

Putain ! Ils ont foutu de la neige partout dans les couloirs ! Pour faire de la luge dans les escaliers !! Je te jure si c'est la faute des PHY je...

Merci Père Noël. Je sais pas si tu existes vraiment, je sais pas si t’es qu’une invention à la con pour commercialiser le coca, ou si t’es juste un mec comme nous, avec un don à la con genre téléportation ou super vitesse, je sais pas si tes rennes sont à moitié PHY et à moitié SPE, ce qui expliquerait le traîneau qui vole et le renne au nez rouge, là. Danseur, Comète, Fringant et Tapette ont une force surnaturelle et ils carburent au rhum. Quoi, c’est possible… On en sait rien, au fond. On nous raconte que le Père Noël vient de Finlande, mais c'est faux. D'ailleurs on ne sait jamais vraiment le situer. Y'en a qui disent qu'il vient du Pôle Nord, d'autres qu'il habite dans les nuages, alors pff ! Si ça se trouve, le vrai Père Noël vient d'Aisling. Ça pourrait être n'importe quel élève, peut-être même un prof ? Lipovski passe à côté de moi au même moment, et il sourit. Ouais, tiens. Ça pourrait être lui. Au fond, on ne connaît pas son âge… Enfin peu importe, on s’en fiche. Le plus important, c’est que Père Noël ou pas, les miracles existent.

Alors, vous avez passé de bonnes vacances ? Tant mieux parce qu'on commence avec un examen pratique dans une heure.

D'accord. Qui a souhaité de vrais cours d'EPS ?
La production tient à signaler qu'aucun représentant PSY n'a été blessé durant le tournage. What a Face

De Miru à Ludy



Just a curse, Have a nice day.


Ses noëls n'avaient pas toujours été bien roses, il fallait l'avouer. Mais sa famille ne pouvait pas faire comme tout le monde, ce n'était pas permit. Il fallait dire que ce n'était pas le genre de famille à fêter Noël. Elle était soudée, certes, il valait mieux dans les temps qui courent, mais on apprenait plus la cruauté que la bonté, là-bas chez eux. Et s'offrir ces tendresses, c'était plutôt signe de faiblesse et d'amour. Pourtant certes, la famille ne manquait pas d'argent, mais on allait pas engrosser la gamine à coup de rêve Barbie. Allez, soyons gentils, peut-être un couteau papillon, et cela si elle était sage. Non, chez les Haraldson, les Noëls n'étaient pas de sapin vert, de grande fête familiale, et autre joyeuseté comme les contes et les chants lancinants qu'il ne pouvait déjà plus supporter au bout de sa huitième année – alors pourquoi diable Aisling, en sachant pertinemment que ça foutait l'islandais dans une rage folle, continuait à tonitruer dans les couloirs ces foutus Jingle Bells, jingle all the ways ?

Non, Ludvik se souvenait plutôt de la peur même. Son père disparut dans les landes islandaise, des comptes à rendre qui tournent mal et sa mère qui lui dit d'arrêter de pleurer comme une filette, bon dieu ça fait mauvais genre. Ouais, voilà, chez les Haraldson, les Noël, c'est la peur, et si t'es chanceux, t'a un clampin mal en point qu'on ramène dans ta cave et parfois t'entends des cris, c'est peut-être ça le vrai Jingle Bells, ma foi ? Enfin, le monde pour lui c'était plutôt peur et cri de désespoir, pas félicité éternelle, amour et bonté, câlin, oh je t'aime oublions nos soucis pour Noël veux-tu, m'voyez ?

Non, Ludvik n'aimait pas Noël. Ces bons sentiments lui donnait envie de dégueuler non pas de l'arc-en-ciel mais une licorne découpée en morceaux – par ses soins, de préférences, enfin, vous voyez le genre... Alors il s'arrangeait souvent, un petit peu pour pimenter la fête à sa manière. Pas simplement mettre du rhum dans le punch, ce serait trop facile. Plutôt siffloter à l'oreille de la jeune fille qui embrasse son mec sous le gui son propre chant de Noël « Tu seras maudite, ma jolie, condamnée, comme tu préfère... Ton petit corps de catin, tu le vendra à qui voudra bien de toi, mais y'aura jamais grand monde, on te trouve trop moche, non mais regarde moi ces seins qui pendent... Tu ne peux pas être aimée pour ça n'est-ce pas ? » Et il glissait subtilement une barette dans ses cheveux blonds, comme présent de noël. Qui oserait le refuser de toute manière ?*

Alors vu la mauvaise humeur que se coltinait Ludvik durant ces périodes de fête, inutile de vous préciser qu'on formait un périmètre de sécurité de minimum trois mètre autour de lui dans les couloirs. Un accord tacite entre tous les élèves, déjà qu'on l'approchait pas beaucoup, en période de fête, on le fuyait comme la peste bubonnique ou une invasion zombie. Mais vous êtes tous parfaitement au courant qu'en cas d'invasion zombie, il subiste toujours un téméraire, un fou, un mec qui se dresse contre l'envahisseur, et qui va foncer dans le tas pour détruire le virus à sa souche. A Aisling, généralement, ce genre de type se caractérisait sous la forme d'un blond, baraqué, et qui effectivement n'avait pas grand chose à craindre avec son don. Généralement, on le fuyait de la même manière qu'on fuyait Ludvik, bien qu'il paraissait plus sympathique. Cette personnalité donc avait un prénom, Lancelot.

Et Lancelot n'était pas d'excellente humeur là maintenant tout de suite. On était le 25 Décembre. La matinée avait été parfaite, pour tout enfant d'Aisling, Des cadeaux, de la part des parents, des autres élèves, parfois des blagues, un déjeuner de roi. Seul quelques absents, comme Clyde qui préférait attendre sa surprise rousse dans un bateau SPE, d'autre isolé qui joue à la console, et Ludvik qui sifflotait dans son coin, attendant de voir la tête des élèves en découvrant les présents qu'il avaient soigneusement dissimulé dans les autres, les vrais, les plus doux et tendre offerts avec amour.

Bref, maintenant que je suppose que vos têtes blondes ont imprimé la situation, revenons à l'action précédente s'il vous plaît.

« LUDVIK ! » tempêta une voix puissante, et nul doute que toute âme alentour décida de prendre la poudre d'escampette en entendant cette voix tonitruante. Toutes ? Non, une âme irréductible résistait encore et toujours a la trouille panique qui saisissait pourtant tout Aisling quand le Berserker était dans les parages. Ludvik et son foutu sourire de merde, et ses yeux vicieux, et il avait l'air content de son chef-d'oeuvre, l'enfoiré. Faut dire qu'il l'avait préparé depuis un bail, son coup, depuis début novembre, easy, Pourrir le noël des autres, c'était tout un art, pourrir le noël de Lancelot, c'était sa plus belle œuvre.

Mais c'était trop tard, le blond s'était fait avoir, il avait eu le joli nœud papillon, l'avait noué autour de son coup, comme un condamné à mort qu'on obligerait à tresser sa propre corde, et il avait senti soudainement. Cette sensation bizarre, pas quelque chose de normal. Un truc qu'il avait toujours eu du mal à ressentir avant. Puis seulement après il avait reegardé la carte.

« Quel sortilège tu m'a lancé, Saruman de mes deux ?! »


Il allait lui exploser la tête avec un putain de marteau. Le brun se rapprocha de lui pour lui glisser quelque mot à l'oreille. Il n'avait plus peur des bras cassé, maintenant.

« Tu as peur, Lance ?
▬ Jamais.
▬ Tu devrais. Il faut que tu ai peur.
▬ Ta gueule enfoiré.
»

Sa voix vipérine lui faisait un drôle d'effet.

« Joyeux noël, mon chéri. »
lâcha l'islandais dans un petit rire caustique.

D'un certain côté, cette malédiction là, c'était un peu son cadeau de noël de lui à lui. Il avait maudit Lance oui, avec la pire des malédiction, un truc tout con, que beaucoup trouverait peut-être même mignon. Ludvik le voulait, il l'aurait, quitte à user des pires coups, à l'amour, comme à la guerre, tous les coups sont permis.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:48

De Ludy à Winter



and the superstars sucked in the supermassive

Ils se tiennent devant l'incommensurable chaos qu'ils viennent de causer. Le champ de ruines, les vastes vestiges ; le bordel complet dans son plus bel appareil. Et une fumée rosâtre qui sort de quelques brèches.

▬ Oh putain. On est dans la meeeeerde, j'ai pas raison ?

La voix déphasée de Swag se détache de la débâcle. Elle résonne à peine contre les restes de murs qui tiennent encore debout, contre les bureaux et les chaises éventrés, les placards blessés et les carcasses de mobilier jetés par terre au fond de l'abîme. Le plafond est crevé, le ciel presque entré, et des objets curieux sont déposés partout entre les éclats de meubles, avec un soin irrationnel. Des fioritures, des babioles, du baroque. Un presse-agrumes. Une barbie chauve. Une savonnette grenouille. Un porte-lunettes. Un concombre repeint. Des porte-clés moches. Un éléphant en polystyrène. Il se baisse pour l'ajuster, manque de tomber, replace le petit rubiks cube sans gommettes tombé d'un pupitre. Des graffitis étranges, ésotériques peut-être, couvrent le sol, les parois, les portiques dévastés. Des lettres capitales démesurées en plusieurs langues enchevêtrées jalonnent le décor ; et au cœur de ce désastre substantifique, plus rien ne veut rien dire. Ni les mots agencés ni les bidules écrasés. Plus de syntaxe, de fond ou de forme. Rien de rien, c'est une débandade désintégrée qu'aucun terme ne peut pleinement décrire. Désacralisation, peut-être. Et pourtant ça leur va très bien. Swag contemple. Swag est hagard.

Et il rit. Dans les cordes vocales, rien ne dénote, aucune peur aucune honte. Pas d'inquiétude. Simplement une hilarité complète, une désinhibition naissante, quelque chose de joyeux dans son âme perdue qui vient cribler ses paroles et qui cingle sur les murs zébrés de signes indescriptibles. Et pas de regret ; pas de regret surtout. Il étend ses bras comme pour enlacer la salle. Qui n'est plus une salle. Qui n'est plus tout court. Des ganaches de poussière de soulèvent sous son geste. Les montres ice watch passées à ses poignets cliquètent.

▬ Ah oui là c'est sûr on est mal barrés. La nuit va être LONGUE !
▬ Au moins on est des artistes.


Il est pas seul devant l'holocauste miniature ; évidemment, sans un soutien physique un peu stable, une présence humaine, le garçon s'écroule direct face contre terre moulé dans ses dunks roses. Un bruit raboteux explose, à quelques pas quelque chose s'est cassé la gueule dans ce vertigineux déséquilibre. Bang. Ça l'étourdit comme une balle en pleine tête. Il chancelle, il fléchit mais on le retient derrière, au bord du gouffre, pour ne pas qu'il tombe encore. Une silhouette imposante lui sert d'appui, une ombre rocailleuse, un truc anguleux découpé dans les méandres de la nuit. Enfin c'est surtout qu'ils avaient éteint la lumière. Pour préparer l'exposition, et le vernissage ; laisser libre cours à la pulsion créative, tout ça quoi. L'instant T.

▬ Potoooo, je peux sentir les ondes destructrices qui s'émanent de cette fantasmagorie. Alors ne te casse pas la figure dessus.
▬ J'appelle ça de la déstructuration par la désintégration. Swaggy.
▬ On va faire du dripping dans les caves ?


Un instant de silence, un morceau de suspension raisonnée passe entre les deux figures impériales plantées bien droites sur le parquet. Un moment de « je ne suis pas sûr que ta proposition soit tout à fait inhérente au minimum de tenue demandé par le lycée » qui s'installe lourdement. ...Avant de se briser comme un éclat de rire. De rire, ouais ; Ils rient en se tenant les cotes, les têtes, les membres et les voix mêlées comme s'ils n'étaient qu'une seule entité. Une seule chose folle et barrée, un seul artiste cinglé qui se prend pour le nouveau Duchamp. Et puis ils portent des tenues déchirées qui jurent singulièrement avec le décor, ils portent de ces trucs ! Ils portent de tout en fait, du n'importe quoi, et c'est pour ça qu'ils sont méconnaissables dans ce ramassis. ...Ou tout au contraire qu'on identifie monsieur Johansson et son bestoh du jour à des kilomètres. Des plumes, des tatouages à la gouache, au henné, au marqueur, des sweats et des chapeaux et des foulards de tulle, et des caleçons et des capes et des tissus improbables. C'était des arc-en-ciel décousus qui les habillaient, des purs lambeaux de couleurs déglingués. Un cirque loufoque.

▬ Allons dans les caves, allons dans les caves.
▬ Je suis un astronaute, un pilote de ligne, un ostréiculteur, un pirate, un roi mage, un gangster de l'Ouest sauvage, un clochard amérindien, un chevaucheur masqué, un coureur de fond, un exorciste vaudou, un rwandais en cavale, un condamné à mort, une ombre de chien qui meurt. MEC, JE SUIS LE SAINT NIRVANA.
▬ Non, tu es toi.


Il lui tape gentiment sur l'épaule tandis qu'ils quittent la pièce tunée au maximum du swag. Ils ont le matériel, calé entre les deux omoplates, ils ont le talent - ou du moins les pupilles vitreuses -. Ça suffisait pour lancer cette petite mascarade. Des seaux d'acrylique vacillent dans leur dos, des camaïeux colorés et des bombes de peintures s'agitent en s'entrechoquant, enfilés sur leurs bras par des câbles comme des guirlandes. Et ils cavalent. La casquette OBEY de Swag est posée comme une fleur sur son crâne. Et son pote le talonne avec un masque Tsam décalqué sur la face.

Soit ils sont géniaux, soit complètement stupides.
Ou bien il sont jeunes, tout simplement.

Quels cassos. Et de tout ça, aucune conscience, bien sûr. Ils sont bien trop lancés dans leur voyage aux confins des sens humains. Alors ce soir ce n'est que du vent, du superflu flou et mou, en filigrane derrière eux, de la blague irrationnelle ; c'est pas de leur faute ils se rendent pas compte. Rien ne sera pire demain, rien n'aura vraiment changé, la sanction sera cuisante et la soirée sera la même, avec le goût de fond de verre distillé sur le palais. Pour l'heure ils n'en ont cure. Ils déambulent. Ils sont juste là à se tenir, se soutenir, se bousculer et s'acculer, et se traiter d'artistes comme un Van Gogh et un Gauguin dératés, à péter leurs durites pour de faux et à s'exploser poings et tympans sous les décibels trop puissants - ou les toiles trop grandes pour leurs petits pinceaux. Et il n'y a pas de bout à ça dans leurs cerveaux enfumés, pas d'issue. Rien que cette œuvre sans fin, sans empreinte, sans signature non plus, dont ils ne prendront conscience que le lendemain à la même heure. C'est souvent comme ça, songeait Swag ; enfin, s'il pouvait encore songer de façon saine avec les nombreux grammes de substances illicites qui circulent dans ses veines. Bof, ils en reparleraient autour d'un bon vieux big mac.

Et là, il est vingt-trois heures cinquante. Ils descendent les escaliers qui mènent aux abysses lycéennes, ils sont engloutis par les brumes des douves qui glacent l'alcool et la drogue dans leurs veines. Les moindres bruissements qui passent dans ses oreilles déchirent le crâne du rouquin ; il s'appuie un peu partout, tâtonne autant qu'il peut, essaye de ne pas trop céder sous les milliers de flux. C'est tout un univers à la Technicolor qui lui passe sous les yeux, comme un vieux film. Il remue ses grandes paupières cireuses.

▬ Au fait Temujin, pourquoi quand t'es técla tu perds ton accent ?
▬ Effet d'optique. Attention à la marche.
▬ On dirait presque que t'es civilisé ? Ou alors je suis tellement high que je te vois comme quelqu'un de normal. Ce qui est carrément pas normal.
▬ Tu parles trop. Tu devrais pas trop parler. C'est bruyant. ET MAINTENANT DRIPPIIIING !


Il ne perçoit pas l'absence, l'illusion, le contrebalencement de la logique au milieu des battements de cœur, en rafales. Tout est inversé, déversé. Allez, tout ça c'est surfait. On attend la chute, la suite de la soirée underground, mais qu'est-ce qu'on veut maintenant ?

Temujin et Swag arpentent les entrailles d'Aisling, dévalent les colimaçons et les marches traitres leur matos en main, des cris plein la bouche et des râles qui engorgent leurs poumons illuminés. Des remugles de dinde aux marrons commencent à s'infiltrer, partout, dans le labyrinthe souterrain. C'est Noël.

▬ JOYEUX NOËL, AISLING.

Ils accrochent des câbles, ils dressent des poulies, un peu partout, là où c'est possible, là où ça l'est pas, là où leurs mains tremblantes enrobées de feutre indélébile peuvent porter ces éphémères traces. Tout est à la fois sombre et clair, moite et chaleureux. Ils sont contents. Ils se sourient de toutes leurs dents - colorées en fuchsia -, highfivent allègrement avec leurs mains - colorées en cyan brut -. Et c'est parti pour la séance artistique.

Ils sautent, ils bondissent, dansent et rugissent, la symphonie bat son plein, les couleurs mugissent, et bien qu'ils soient deux c'est comme s'ils étaient mille ; avec la résonance sempiternelle des sous-sols, et puis l'écho décuplé par leurs sens détraqués. Et là la cave a des allures d'oubliettes. Bariolées, les oubliettes. Égayées par ces éclaboussures, par ces taches et ces déluges de peinture qui s'écrase de toute sa matière jusqu'au fond des angles. Ils chantent des trucs de camés qu'on ne fredonne plus qu'au stade de non-retour. Et ils s'étalent comme des loques en bas. Tout en bas, contre le sol froid et dur qui vous colle au torse et au poitrail déjà couvert par les sueurs psychédéliques du trip.

▬ Ça donnerait mieux avec un blob vert, juste à côté. Un joli blob. BLOBLOBLOBL. Blblblbl...

Swag se contorsionne un peu à côté du barbare. Temujin éreinté brandit fièrement une pompe à vélo piochée dans le fatras.

▬ T'aime trop les blobs. Un bison ajouterait une touche champêtre à ne pas négliger.
▬ Trop rupeeeeeestre, troooooop 2010.


Le kid au swag lui arrache l'objet des mains, avec une prodigieuse énergie pour l'état trouble où il de trouve. Il combat la gravité, repousse la fatigue ; pivote sur ses chaussures bicolores à quelques degrés, plonge la pompe dans un seau d'aquarelle bleue d'une façon (si) aérienne. Il cadre sur l'autre garçon en fermant un œil, verrouille bien la cible. Avant même que le mongol n'aie pu de dresser sur ses jambes poilues et quitter le secteur, il a tiré la décharge de peinture dans un élan virtuose. SHPLARF. Ou plouf comme on dit dans le jargon ? À Noël, quand on est fonscar, les mots sont un peu déformés.

▬ HEY GENGHIS, tu dégoulines !

Il l'insulte en russe et en swalihi, le traite de colibri, gesticule et répand du bleu Klein partout dans le sombre cachot. Il attrape Swag par le bras, déverse quelques traces ici et là, et là encore, l'envoie sur le mur avec un moonwalk maîtrisé, secoue ses cheveux comme un chien juste sous son nez - SHAKE SHAKE SHAKE. - et transforme son comparse en schtroumpf. Temujin est détrempé.

▬ Je me suis fait avoir comme un bleu. Sur ces mots il tambourine son torse de ses larges poings, à la Tarzan. Puis tombe à nouveau par terre, les quatre fers en l'air. Normal.

Swag tarde pas non plus à fléchir, à laisser ses rotules agonisantes récupérer un peu. Ses yeux sont aussi écarlates que la couche de gouache dont ils ont recouvert la tuyauterie. Il est secoué d'un nouveau rire, qui s'envole et se répercute sur tous les murs de la vaste cave fraichement repeinte. Quelque chose lui coule depuis le visage jusqu'à la nuque ; il sait plus si c'est de l'eau, de l'acrylique ou du champagne. On s'en fout un peu, au fond : ce soir le gros dodu en moumoute débarque du Pôle nord spécialement pour sa pomme. C'est ça, d'avoir le Swag.

▬ Hééééé, Temujin. T'as été sage cette année ? T'as été un gentil garçon ? Sous la cheminée tu as mis tes petits chaussons ?
▬ ...Non. BWAHAHAHAHA.
▬ C'est pas grave. Swag a quelque chose dans sa hotte pour toi.


Timster roule au sol comme un ver, complètement désarticulé, intégralement démanché dans son habit de lumière burlesque. Tout son corps est aérien, aéré, éthéré, intangible en cette nuit de fête. Qui viendrait l'empêcher de grimper jusqu'au ciel, plus haut que le sapin, décrocher une ou deux étoiles ? C'est qu'il sentirait presque comme sa chair qui se déglingue et fout le camp de son esprit perché. Il n'y a plus que Dope, que Junk, qui fait grimper sa carcasse embrumée contre celle de Temujin, qui enroule ses longs bras d'Occidental autour de l'asiat' sous acide. Un grand sourire lui met les lèvres sans dessus dessous, et il lève son bras en l'air, les doigts en signe peace.

▬ Merry Christmaaaaas, mec, et il sombre pour de bon dans les pénibles courants qui se disputent sa tête. Son nuage de cheveux roux se mêle à la tignasse brune du mongol. Sa casquette oscille et tombe. Et, comme surréaliste, au-dessus de la scène, un sonore POP ! explose.

Un trou noir immense se matérialise dans la zone, un espèce de puits, de vortex d'infini qui bouffe goulument les choses. Il a une forme d'étoile. Il englobe la salle. Et tout disparaît.
we rock this christmas at the maximum swag.



De Winter à Suzu


L'histoire peu véridique des petits lutins bleu ciel

For Suzu alias Danny & Happy. From Winter alias Shan, Pollux & Swag.
Je précise, comme tu t'en doutes, que l'histoire est totalement fictive.
Et mal écrite. Et pour ça, tu peux me taper dessus.
Si on jour on avait dit aux élèves d'Aisling que leur directrice avait décidé d'instaurer une nouvelle tradition, ils auraient été incrédules tant cela semblait improbable. Mais rien ne les préparait à l'annonce que le petit bout de femme allait faire et qui pourrait se résumer ainsi : Une grande fête aurait lieu la veille de Noël avec des portes ouvertes pour les parents, et serait entièrement organisée par les-dits élèves. Il y eut des cris de joie, des hurlements d'excitation mais également des soupirs d'exaspération parmi l'assemblée. Perdue au milieu de la foule, une jeune fille blonde comme les blés aux doux yeux turquoise semblait ravie sous un air agacé. Peut-être avait-t-elle hâte, même si elle ne voulait pas le laisser voir comme tous les gosses émerveillés qui sautaient dans tous les sens autour d'elle ? Elle est ravissante. Elle est hypnotisante. Danny mignonnette, pourquoi ne me souris-tu pas ? M'as-tu déjà remarqué ? Moi qui t'apprécie tant.
Les jours passent, l'école s'active et les cerveaux sont en ébullition alors que Noël s'approche pas à pas. La joie emplit l'air, les salles de classes empestent le bonheur. Et, contrairement au flegme qu'ils arborent concernant leurs études, les SPE s'occupent et s'impliquent a fond : leur navire a été choisi pour être le lieu d'une grande attraction taille réelle et chacun y mettra son don à contribution. Le temps de s'entraîner, leur lieu de détente était alors emplit de dragons, gremlins et autres ondines d'Omaha, on entendait les explosions d'Hadrian et des dessins se promenaient dans les couloirs. Rien de bien inhabituel ceci-dit. Et toi ma jolie poupée, tu déambules dans ce capharnaüm, portant des cartons pour aider à décorer les pièces, tu te rends utile tout en faisant mine de ne pas y prendre goût. Je porte les guirlandes que tu accroches au mur, je déplace la petite échelle puis t'aide à y grimper. Tu ne me remarques pas. As-tu si peur de t'attacher aux gens, petite Danny, adorable Danny ? Pourquoi ne me laisses-tu pas approcher ton coeur ?
La veille de Noël est enfin arrivée. Nous avons enfilé notre uniforme, avons tous avalé un bon petit déjeuner entre SPE, en famille, comme pour nous souhaiter bonne chance. Et les portes d'Aisling se sont ouvertes. Courage, petite poupée, ange de mes rêves. Tu es sublime dans ta petite jupe bleue ciel aux bordures de fourrure, avec ta veste cintrée et ton bonnet assortis. J'ai envie de te peindre sur tous les murs, sur tous les cieux. Mais je t'observe simplement du coin de l'oeil, de la salle d'en face. Tu ne me vois pas, tu t'occupes avec zèle des parents épatés et ébahis qui dansent et virevoltent d'un stand à l'autre en riant. De temps à autre IL passe te voir. Ce garçon blond un peu perdu, un peu froid, qui s'éclaire à ton contact. Tu es une reine, Danny, t'en rend tu seulement compte ? J'en suis jaloux mais il te rend heureuse, toi aussi, à sa façon. Que peut donc faire un pauvre coeur qui n'a rien à t'offrir si ce n'est un peu d'amour ? L'accepterais-tu ?

La nuit est tombée. Nous sommes tous exténués. Les derniers parents quittent Aisling des paillettes dans les yeux, ce qu'ils y ont vu les a littéralement enchantés. Ils ont été soufflés de voir la diversité des dons présents et surtout la bonne ambiance qui règne dans l'école car avant de partir, ils ont eu le temps de voir tous les élèves se réunir et se féliciter en riant aux éclats. La jeunesse est splendide. Tant de camaraderie la veille de Noël, la directrice a vraiment eu un éclair de génie avec cette idée. Surtout que mon rêve s'est réalisé, comme un cadeau avant l'heure. Tu m'as enfin souris, Danny jolie. Par habitude, j'ai sauté dans tes bras une fois la journée finie mais contrairement à l'ordinaire, tu ne m'as pas ignoré, tu m'as fixé dans les yeux et dans cet océan si pur et si limpide, j'ai pu entrevoir cet amas de fatigue et de satisfaction personnelle après une dure journée qui a libéré ton coeur et fait fuir tes peurs. Et tes lèvres se sont étirées en un enivrant sourire. Tu es un ange tombé du ciel, Danny. Je prends alors ta main, y pose mes lèvres tandis qu'en riant je glisse une bague de pain d'épice autour de ton auriculaire. Dis, ma muse, passons le reste de la soirée ensemble, tu veux bien ?
Minuit passé, tu es endormie sur mes genoux tandis que j'observe les flocons de neige tomber délicatement sur le sol. Je caresse doucement ta joue, tes yeux papillonnent sous tes paupières, fais-tu de beaux rêves, Danny ? On est déjà demain, donc aujourd'hui c'est Noël. Je me penche en avant, dépose un baiser sur ton front avant de murmurer.
    « Danny, c'est Noël, enfin. »

Comme pour exaucer mes souhaits, la neige se met à tomber, le paysage alentour se couvre progressivement d'un manteau blanc immaculé. J'y trouve un peu de courage, un peu de force alors que mon coeur tremble tandis que tu dors toujours a poings fermés. Si tu te réveillais, je ne sais pas ce que je ferais. S'il te plait, jolie poupée, écoute moi.
    « Danny, si tu savais comme je t'aime. Si tu savais comme tu comptes pour moi. »

Je me penche à ton oreille, comme si je voulais te dévoiler le secret du monde. Mon coeur bat la chamade alors que ton souffle est régulier et continu. Tu dors profondément ma belle. Et je ne te chuchote que deux mots, deux magnifiques mots. Ces deux mots qui rendent une journée de Décembre si spéciale au yeux de tous.
* * *

Bruissement d'ailes à la fenêtre, une colombe d'un blanc éclatant s'envole, une bague en pain d'épice au bec. Danny ouvre alors les yeux sur le baldaquin bleu ciel où sont disséminées de toutes petites étoiles dorées, de son lit, un grand sourire sur les lèvres. Elle replace une mèche de cheveux derrière son oreille et se redresse. Le rêve s'efface peu à peu de sa mémoire, comme un songe évanescent qu'elle aura oublié dans quelques instants, et n'en subsiste qu'un doux apaisement, le genre de sérénité qui vous met d'un coup de bonne humeur pour toute la journée. Seuls deux mots, murmurés par une voix familière, flottent encore dans l'air comme un dernier soupir : « Joyeux Noël ».


Les cadeaux tombés du traineau

For Suzu alias Danny & Happy. From Winter alias Shan, Pollux & Swag.


De Suzu à Nathanaël


Très cher frère,



Voilà une nouvelle année qui se prépare, et celle-ci se termine par une note plutôt haute en couleur. La famille s’est mise en tête de redoubler d’efforts pour les décorations de Noël. C’est à ne plus en voir le mobilier en dessous de toutes ces guirlandes… Si tu voyais l’état de la maison… On est véritablement ancrés dans l’ambiance festive de ces jours joyeux. Ou plutôt une forte impression d’avoir été plantés dans le décor de la maison du père Noël.
Cette année, comme tu as pu le constater, Maman a décidé de faire les choses en grand afin de faire comme les « autres ». Elle a sorti son tablier des grands jours et extrait le livre de recettes de Noël qui trainait dans la bibliothèque. Celui que lui avait offert Tante Beth il y a bien quelques années. Et oui, le même qu’elle disait ne jamais vouloir utiliser car il ne contenait que des imbécilités commerciales et chimiques… Bien qu’étrangement le contenu n’ait pas pour autant changé, elle a plutôt l’air de bien s’amuser en cuisine et on se retrouve tous les soirs devant un repas plutôt inhabituel. Un aperçu de Noël pour ces chers cobayes certainement. Papa aussi a décidé de s’y mettre et de desserrer légèrement sa cravate en m’offrant à l’avance mon cadeau de Noël. Je t’avoue bien que ce n’est pas une tenue que je porterai tous les jours. Je me doutais bien qu’il avait une idée comme cela derrière la tête, mais pas au point qu’il m’oblige à la porter sous prétexte que c’est un présent. Rose, avec des froufrous partout et des rubans à n’en plus finir… Comme quoi, bien qu’ayant atteint l’âge de quinze ans, je ne suis encore qu’à ses yeux, l’objet de son gagatisme… C’est assez amusant de voir toute notre belle famille tourbillonner ainsi dans une joie autant partagée. Un peu comme si la pression qu’elle avait porté tout le reste de l’année s’évaporait avec les fêtes. Peut-être la magie de Noël. Le gros barbu vêtu de rouge nous aurait-il offert le droit de souffler un peu ?

Au plaisir de te revoir parmi nous.
Ta sœur qui t’aime fort.




Doucement, le âcre nuage de nicotine vint à contaminer le ciel grisâtre de cette journée d’hiver tandis qu’un tendre sourire habilla ces lèvres. Enfin, ce n’était pas vraiment une journée si anodine que cela. Noël paraissait-il. En même temps, dur de passer à côté vu l’agitation qui régnait à Aisling, les guirlandes qui s’échauffaient gaiement, et la douce neige qui entourait la belle école de son manteau blanc. Une raison de plus de faire la fête en somme. Tirant une énième fois dans son poison attitré, il le consuma avant de refermer avec bienveillance la lettre de son adorable sœur. Et s’il allait passer Noël en famille plutôt qu’à boire ? C’était à négocier.
Merry X-Mas.
Hop! Un petit cadeau pour Noël, principalement à travers la soeur de Nathaniel... Oui je triche. Mais bon, on fait ce qu'on peut... Je te souhaite de bonnes fêtes de fin d'année! o/

Suzu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:49

De Bhou à Craze



    Et toi tu souris Nikola, tu souris face à tout ça.

    T’as trainé dans les rues Nikola, t’as trainé parce que t’avais rien d’autre à faire, alors tu t’es dis, pourquoi pas. C’est pas que t’aimais pas le calme, nan toi ça te connaissait Nikola. C’était juste que la période était à la fête, et que toi, tu y étais pas. Nan toi tu regardais les gens s’agiter, parler sans se concerter, de choses pourtant si similaires. C’est presque les mêmes phrases, construites des mêmes mots, et on mélange le tout pour créer le thème de cette période de l’année. On parle noël, on parle cadeaux, sapin et soirées organisées. On parle de joie de famille et d’autres trucs comme ça. Et toi t’as les oreilles qui trainent sans l’avoir vraiment voulu, s’accrochant à ces morceaux de vie qui ne te concernent pas. S’accrochant à ces morceaux de vie qui se dérouleront sans toi. Tant mieux, c’est peut- être pas pour toi, les grandes cérémonies autour d’un arbre décapité. Alors c’est pour ça que tu marches Nikola, enfoui dans ton manteau chaud, et que tu regardes cette vie qui passe en accéléré, animée de tout ces gens pressés car rien n’est encore parfait. Mais toi t’es pas con, tu sais, t’as pas de rêve de perfection, même pour une simple journée, surtout pour une stupide journée. Parce que c’est ça Niko, c’est rien qu’une journée. Une de plus sur le calendrier. Ce jour là il ferra pas plus beau, il ferra pas plus froid, les camions seront pas plus agréables à regarder. La seule chose peut-être notable c’est la dinde farcie en plus, au dîner. C’est pour ça Nikola, que tes pas à toi sont calmes, que toi tu défiles pas comme ces fourmis trop agitées. Toi t’es calme, pour pas changer. Tu croises les gamins, les lueurs dans les yeux, les croyances qui contrairement aux tiennes n’ont pas encore avortées. C’est bête un gosse, ça absorbe les mensonges, et ça y croit si fort, qu’un instant tu te demandes si t’as pas trop ouvert les yeux, si t’aurais pas du les laisser fermés. De toute façon, ça aurait servit à quoi que tu y crois toi, à ce bonhomme un peu trop gros, victime d’une image stéréotypé. Ca aurait servit à quoi, dans ta famille le père Noel, il existe pas. T’aurais surement fait pleurer des gosses Nikola, en balançant ça, comme ça. T’y crois pas Nikola, ouais t’y crois pas. Mais tu souris quand t’entend les « moi j’ai été sage » les « moi j’ai commandé ça ». Parce que c’est encore un peu bête à cet âge là. Mais que le plus bête c’est peut être toi.

Spoiler:
 


De Craze à Sheina


et demain je t'apprendrai à faire de la bicyclette par la fenêtre
Qu'est-ce qu'il reste de toi, de ton coeur qui bat, lorsque l'orage s'en va ?
Tous ces mots susurrés, ces cris, plaqués là, sur tes lèvres, les gémissements d'un autre, un brin de chaleur qui te colle à la peau. Toutes ces longues phrases, alambiquées, torturées, déphasées. Beaucoup trop jouent avec les mots - sans même parfois s'en rendre compte, tu sais ?
Les voix, toujours, dans ta tête, les restes des leurs, et la sienne ; Lili, si belle Lili, et ce « faible, faible » entre deux champs de son, sur ses joues, lorsque tu pleures, tordu par leurs abandons. Tu sais, les mots qui crachotent, crépitent, et ceux-là, qui brûlent, et ceux-ci, qui caressent. Ceux, aussi, qui te plantent juste là, au coin du mur, parlant au rien ; pour toi, c'est tout, pas vrai ?
Ou peut-être que ... Pas vraiment ?
Laisse-les tomber ; comme ils t'ont tous jeté. Pour nombre tu n'as été que l'amant destiné à jarter. Alors, toi aussi, abandonne, brave petit ange. Tu ne voudrais pas ?

Alors, tu sais très bien ce qu'il resterait de toi ; un sourire enfantin, jeté sur ton visage, à l'infini, trop blanche ta figure, tes cheveux décolorés où passent parfois les mains de Reeta, tes bras, là, épars dans l'air, ou là, autour de Catharina, tes lèvres rosées, autre fois barbouillées de rouge ; les jeux, aussi, et le monde, il est beau, tu ne trouves pas, Lucis ? Regarde, ils rient tous. Ils sont heureux, tu ne crois pas ?
Dis, est-ce que tu crois qu'on peut recoller les ailes d'un ange ?
Tu penses qu'on pourrait rafistoler les tiennes ?

Tu n'es beau que comme ça, heureux - peut-être pas -, chérubin aux ailes brisées, et, dans ta bouche, ce goût amer de pomme pourrie.
Est-ce que tu te déciderais à abdiquer, toi, petit roi des songes perdus ?

Ils sont magnifiques, pourtant, tes princes, tous, pas vraiment charmants ; ils sourient, quand tu finis à eux. Si cela les rend heureux, pourquoi est-ce que tu finis parfois ce pieu fiché dans le coeur ; en cendres, ramassé contre ton lit ?
Les mots, soleil de tes jours, et l'orage sur tes joues.

Tu n'es qu'un enfant perdu.
... Est-ce que tu sais, ce qu'on leur donne, aujourd'hui, aux poupins égarés ?
L'espoir. As-tu déjà entendu dire que « l'espoir ne meurt jamais » ? Ce n'est peut-être pas si vrai ; en tout cas, chose certaine, l'espoir est un phénix, qui sans cesse renaît de ses cendres, et s'en va voler à la face des gamins paumés.
Juste pour aujourd'hui, tu pourrais croire à tout ; au prince charmant, aux « je t'aime » murmurés, à tes ailes, toi, le cupidon déchu, à l'amour, entre tous, envers toi, aux contes que les mamans racontent pour te border au lit, aux étoiles qui descendent bercer les enfants orphelins. Continue de croire qu'ils sont tous heureux, lorsqu'ils se fichent de toi, ou lorsqu'ils rient trop fort de ce gamin qui trébuche, et s'étale joliment par terre. N'oublie pas : le monde est merveilleux.

Aujourd'hui, prémice au grand jour, tu sais, celui des fronts sans bataille, des amours sans mensonge, des yeux sans peur, des rires sans moquerie, des sourires sans artifices.

♠♠


Au milieu des beaux livres, des nez écrasés sur la douce odeur de vieux papiers, des sourires immenses, des visages hypocrites, des cris de joie, des douces folies, des amitiés amères, des amours étranges, des mains l'une dans l'autre, des billes dans les escaliers, des crissements d'instruments, des batailles de musique, des bouches tartinées de chocolat, des escaliers mutants, des bateaux pirates, des jungles équatoriales, des aquariums imposants, des jardins pédants, des courses dans les couloirs, des déjantés ; au milieu de l'école, c'est Noël qui se fait sa place. Aucun endroit n'en réchappe, partout, il y a toutes ces belles décorations, ces couleurs qui s'écrasent, contagieuses, sur les joues de tes camarades. ...
Dis-moi, reste-il ces éclats de voix qui te creusent les joues et s'abattent sur tes tempes ? Oubliées un instant, alors que le monde n'est plus que ce sourire de la part d'un blondinet au visage couvert de peintures guerrières, que cette amie qui se glisse dans tes bras, que son « je t'aime » d'enfant gâté, que tout ça, la folie en grande pompe qui éclate en feux d'artifices. Tu ne les as - presque - jamais vus plus heureux que ça, pas vrai, petit ange ?
Tu sais, c'est en partie grâce à toi, s'ils sont si heureux.
Parce que toi aussi, tu l'es, pas vrai ? Il est si beau, le monde, comme ça. Tu y crois, toi, à la magie des fêtes, à ces contes de vieil homme bourru, avec son gros ventre dans ses habits bien fourrés, aux odeurs d'orange-cannelle, aux bruits des boules qui cliquettent, aux lumières qui clignotent sur les guirlandes, aux grands sapins fièrement dressés, aux baisers sous le gui ; aux marchés dans les rues, à la neige qui scintille sous les étoiles, aux rennes volants, aux paix bien tendues. Tu connaîtras tout ça, les bruits de papier cadeau qui se déchire et puis se froisse, l'impact des boules de neige sur tes joues rouges, les flammes crépitants dans l'âtre, les délices de la bûche doucement glacée, le vin chaud.
Après tout, dans une école pareille, la magie, tu ne peux même pas oser prétendre ne pas y croire. Et, toi, en dépit de tout, tu es cet enfant grandi un peu trop vite, qui croit, tout ça, le soir, quand par la fenêtre il jette un de ces doux regards aux étoiles, aimantes dans le ciel, par delà les horizons. Alors, quoi de plus beau que la magie des fêtes, pour un garnement qui s'est perdu dans ses rêves trop grands ?
Et, tendrement, tu te rappelles de ce sapin dans ta chambre, que t'as décoré joliment. Ce n'est pas n'importe où qu'ils feraient ça, mais eux, ils le font - et donc, toi. Tu ne vas pas t'en plaindre ; bien sûr que ça t'a plu, que tu aimes, en te réveillant, tous les matins, le voir fièrement planté là, qui te rappelle qu'après tout la vie n'est que magnifique ; rien d'autre.
Une phrase désormais, nominale, bien trop belle : effusions de joie.

♠♠


Regarde, pauvre ange, ce beau spectacle de vie qui s'offre à toi. Ils sont tous si heureux - plus ou moins, oh, forcément, il y en a qui détestent ça, il y en a toujours ; une minorité, tu sais ? Ce n'est pas grave. D'autres jours leur fichent des étoiles dans les yeux.
Tu vois, il y a cette petite reine, avec ses couettes, au bras de son roi, venu d'un pays perdu, lointain ; il y a ce monsieur blond qui travaille à la bibliothèque, qui court partout après les élèves, grand sourire aux lèvres - il a l'air gentil, tu ne trouves pas ? Tu le connais ? - ; ce monsieur avec ses longs cheveux violets que tu croises parfois au coin d'un couloir, cambré pour ramasser les épines qui tombent des sapins et les débris de boules fracassées par des turbulents ; cet adolescent déchaîné, qui grimpe là, piétine les jolis nappes de fête, se met à crier des choses, cet « ange » comme l'ont appelé ses parents - au fond, c'est toi, l'ange, ne le vois-tu pas ? Tu ne vois peut-être plus cela, depuis que tu es tombé du ciel, là, dans une rue sale, une voiture laide.
Et bien d'autres, toutes ces têtes rousses, comme Lili qui est un peu heureuse, tout simplement, sur le moment ; c'est comme si tout le monde laissait tout tomber ; au diable, livres qui te perdent, formules de chiffres que tu finis par ne plus comprendre, bombes de peintures, marqueurs fleurant le désuet, sarcasmes douteux, sourires narquois aux portes des labyrinthes ; pourtant, personne n'abdique, tu sais, ils sont tous juste là, et ils vivent le jour un peu différemment.
Aujourd'hui, il ne restera pas de toi l'amant éperdu ; juste l'enfant aux joues rosées, des étoiles brillant au fond de ses yeux clairs, ses lèvres relevées, plissées entre des mignonnes pommettes, et le visage éclairé, baignant de tous les reflets colorées des lumières en grenades.
Une main glisse dans la tienne, un « je t'aime » s'enfuit, hurlé - sincère, les mots, les mots. Plus qu'une farandole, et l'étreinte de cet ami à qui tu manqueras, le sourire de celui-ci que tu reverras peut-être, et cette jolie princesse qui vient te dire « bonjour ». Ce sont tous des soleils, tu ne trouves pas, Lucis ? Ils sont tous un peu ce trésor, qu'on te promet au pied de l'arc-en-ciel.
Et le prince aux grands sourires se réveille comme le petit enfant braillant dans la paille ; retrouvées, les clés égarées de son royaume perdu au creux du cœur.
Merveilleux.
Les mots, tu n'en connais pas tant, ils viennent tous à l'assaut. Tous un peu plus beaux.
Il y en a un que tu retiens, tu ne sais plus vraiment de qui il vient ; peu importe, il est joli, « beau comme un coeur », il se pare de toutes les senteurs de fruits doucement sucrés, tous les éclats froids de l'hiver. Fantabuleux ; le monde, les gens, les rires, la joie ; fantabuleux.

♠♠


Tous ces chants qui éclatent - pas forcément trop juste - dans des bouches souriantes, c'est beau, n'est-ce pas ? Tu pourrais te joindre à eux, pas vrai ?
Qu'est-ce que tu fais, toi, au final, sinon, te promener là, au milieu de l'agitation - t'arrêter parfois ; reprendre sans cesse - ; tu frottes ta joue glacée qui s'est prise une boule de neige bien tassée, tu ripostes en relançant les restes, trop tard, l'enfant qui te l'a lancée est reparti là-haut, dans son monde onirique ; toi, tu vis dans le tien, pas vrai ?
Et si l'ange avait à nouveau des ailes ?
Si cet amour que tu t'appliques à donner, à créer, illusoire, cet amour entre tes mains, celui que tu voudrais tellement recevoir - pour toujours. Ce serait le plus beau des cadeaux, n'est-ce pas ? Tu t'accroches à ce petit espoir, mince bouée de sauvetage dans l'océan déchaîné des baisers et caresses factices. L'espoir, pour une fois pas seulement pour un soir, pour une galipette, une roulade sous le couvertures.
Des cadeaux, tu en auras, tu sais ?
Il y a tous ces gens que tu aimes, ce avec qui tu cours partout, ceux que tu suis dans leurs aventures ; vos jeux, les batailles d'eau, les arc-en-ciel de crayons, les sourires, les comptines, reliques de vos enfances respectives - rares sont ceux qui jamais n'ont été ce gamin qui clôt ses yeux la veille du grand jour, espérant si fort qu'au matin, le bon vieux monsieur aura mangé les bons vieux cookies que sa mère a fait mine de lui laisser faire, et que ce gentil vieillard aura laissé quelques présents rutilants pour la bonne grâce des « cette année, j'ai été gentil ».
Ils sont tous un peu tes cadeaux au pied du sapin ; de véritables trésors.

Et, ce joli dernier jour, avant que tous partent faire leur chemin vers où ils daigneront avoir envie, alors que tu te réfugies dans ta chambre, tout doucement, on toque à ta porte. Trois coups, brefs, mesurés, presque timides, comme s'ils avaient peur de te troubler dans ta quiétude ; tu n'y reconnais pas un de tes doux princes aux arabesques cruelles. Il y a pourtant derrière la porte, dans le couloir, quelqu'un que tu connais, tu sais, le genre de personne qui ne se risque d'habitude pas à aller frapper chez les gens pour les voir - peut-être parce qu'elle n'a pas vraiment besoin de les voir, d'habitude, la fillette.
Tu as une jolie voix, lorsque celle-ci s'élève sobrement.

    Entrez ?


Et tu appuies sur la poignée.
Elle a ce visage de poupée, cet uniforme tout neuf, bien soigné, typique des premières années, ces yeux un peu fatigués qui proclament en silence « je passe des heures à lire », cette odeur d'enfant plus trop enfant bien propre ; tu la connais : c'est Amande.
De derrière son dos, elle brandit doucement ses mains, dans l'une, une petite tasse thermos remplie de bon chocolat chaud, qu'a fait à sa demande un adorable petit cuisinier - elle croit naïvement encore, que les boissons chaudes réconfortent les gens tristes ; en partie au moins - ; dans l'autre une douce fleur que tu reconnais tout de suite. Une belle rose, tout rouge, demoiselle épineuse. Normalement, elle ne devrait pas tirer sa révérence au jour ; ici elle pousse nonobstant les règles de bienséance traditionnelles. Douce, aimante.
Et la fillette a glissé ses doigts entre les épines, pour ne pas se piquer aux défenses de cette belle dame de cour offensée.
Offensée pour toi, petit Lucis ; parce que la gamine aime à te poser de ces questions innocentes - « dis, est-ce que tu crois à toutes ces belles légendes qu'on nous conte ? » ; y croit-elle, elle ? - ; parce que c'est sa tournée, pour une fois, avant de partir main dans la main avec son père pour les vacances.

Amande te tend la rose, vois-tu, cher enfant, la belle dame fleur qui rit en silence ?

    Joyeux Noël !



De Sheina à Crystal



There’s only now
There’s only here
Give in to love


Il aurait fallut lui dire que le monde il tournait pas rond à Cherry.

Elle avait toujours aimé Noël. Plus que le temps des colombes et des cerises au parfum doux-amer, plus que le printemps aux milles saveurs à peine étreintes, que l’été à la joie tout aussi éclatante que le futur deuil porté par l’automne, plus que les délices cachés de Pâques, que les artifices du nouvel an, que les rires criards d’Halloween. C’est qu’elle rayonne face à chaque guirlande, sous chaque flocon annonciateur d’un temps de partage et de joie, de sourires sur tous les visages, un temps pour offrir comme elle s’efforçait de donner à pleines brassées, des petites poignées de joie, distillées dans un geste, comme un sourire timide qu’elle n’osera adresser à ceux qui de loin, ne remarqueront son regard attendri. Et savourer chaque jour, chaque utopie de cette tendresse à venir, des sourires d’êtres aimés à profusion, et le reste importait bien peu.
A vrai dire, elle n’avait rien compris.

De loin elle observe le grand monsieur ; ou était-ce une dame, peut-être, elle ne savait plus vraiment avec sa jupe et sa longue chevelure ; c’est qu’elle se sent un peu triste pour cette grande personne silencieuse, lorsqu’il passe et repasse dans les couloirs avec pour seule compagnie ses balais et ses serpillères. Triste pour cet être qu’elle n’ose approcher, pour les sourires qu’elle ne sait lui offrir, à ne savoir quelles peines se cachent derrière la froideur de son visage et la solitude qu’il récure sur les sols. Et le voilà qui se tient justement là dans le parc glacé par ce beau matin d’hiver, emmitouflé dans son manteau comme dans un énième silence. Et tristement se dit-elle que pour une fois, elle aimerait bien voir un sourire sur le visage de l’étrange monsieur aux cheveux violets. Ce serait bien pour elle un cadeau suffisant. Alors elle s’approche timidement, cela fait déjà plusieurs jours que le petit paquet attend dans un coin de sa chambre, et tandis qu’aujourd’hui résonnent les cloches et les rires du grand jour, et que retentissent déjà les exclamations émerveillées sous les sapins, elle s’avance, mais Cherry tant chérie, range donc tes gueules d’amour, et tes égéries, oh Cherry, Chérie, c’est que t’en as oublié la vie. Pour les anges, il n’y a même plus de place au Paradis.

Un pas, et puis un autre, un « monsieur … » murmuré timidement tandis que le bras se tend, l’autre se retourne, jette un long regard au paquet emballé de kraft rose qu’il lui tend, détaille son visage plein d’espoir et l’éclat de ses cheveux, mais c’est qu’elle s’obstine, Cherry et ses pensées obsolètes, Cherry et ses rêves un peu bêtes. Mais c’est qu’elle oublie un peu vite, Cherry. Comme elle lui crachera dessus, la vie.

Un sourire un peu timide, au fond du paquet, emballé avec tendresse, un bout d’été et de soleil pour illuminer les papilles des matins mornes, des cuillérées de vie en boîte, évidemment, un pot de cette confiture qu’elle aimait tant, au nom connut de tous. Celle qui ferait peut être autant sourire le grand monsieur qu’elle, lorsque la douceur poisseuse glisserait le long de sa gorge.

-Je voulais juste, vous … vous souhaiter joyeux Noël. Murmure-t-elle de sous ses yeux baissés.

En silence l’autre prend le présent qu’elle lui tend.
Un silence encore tandis qu’il la regarde encore, mais Cherry, oh Cherry. Aimable folie. Stupides utopies. Mais Cherry, dit, dit, dit. Et toi, qu’est-ce que tu fuis, à travers tous ceux que tu bénis ? C’est qu’elle avait vite oublié Cherry, que Noël n’était pas que tendresse aisée et joies illuminée, c’est qu’elle avait si bien su s’aveugler, du haut de ses cages dorées. Alors regarde donc tendre gamine, regarde, ouvres donc tes yeux aux paupières si soigneusement closes, vois donc la misère qui te tend les bras, les familles brisées, papier cadeaux déchirés avant d’avoir pu quoi que ce soit emballer, la solitude crasse de ceux qui n’ont pas grand-chose à aimer, dis, Cherry, dis. C’est pas les yeux fermés que tu sauras quoi que soit donner.
Regard incrédule de l’autre tandis qu’il soupèse le présent. Soupir.

-Le premier cadeau que l’on m’offre …

Regard de la gamine qui chavire, tandis qu’en un battement peut être, c’est un petit bout de temps qui s’arrête. Mais vois, Cherry, vois. A trop donner il n’y a qu’à soi que l’on sait offrir. Car c’était bien ce dont elle se berçait, lorsqu’elle avalait les sourires, la joie sur les visages, celle qu’elle savait si bien distiller lorsque ses doigts frôlaient les âmes en peine, c’est qu’elle ne semblait guetter que ça Cherry, un sourire pour exister, leur joie sans reddition, comme autant de déclarations. Vois, donc, Cherry, vois, lorsque n’éclateront tes bulles de générosités si bien montées. Plus que leur bonheur à pouvoir contempler, ce que tu recherchais tant, n’était-ce pas plutôt, le privilège si flatteur, de pouvoir être celle capable de leur le … donner ?

-… et il fallait que cela soit de la part d’une rousse.

Et sur cette conclusion, qui ne claquera guère dans l’air comme un coup de revolver, tandis que les mots, comme le paquet chutent sur le sol enneigé, l’autre se retourne et s’en va.
Alors, ce sera des larmes au coin du regard qu’elle contemplera le paquet relargué aux bassesses enneigées, à se dire que le monsieur, avait bien ses raisons d’avoir ainsi agit. Qu’elle est bête, Cherry à se gorger ainsi d’excuses, dans son rêve obstiné aux raisons oubliées. Ce n’est pas l’autre joue à tendre que ton regard triste s’attardant sur sa silhouette qui s’éloigne, viens quémander. Juste le désir de pouvoir encore un peu égoïstement tirer à elle, dans la cruauté des histoires que content les sourires de Jade au pied du berceau les tendres soirs, les voiles de ce petit bout de délicieuse piété dans lequel elle avait su se réfugier. Elle n’avait rien d’une sorcière, Cherry, oh non. Rien de magique, de mirifique, lorsqu’elle tentait de prendre le place d’un Dieu, en lequel elle ne croyait pas.
Mais que s’il y avait bien quelque chose qui tournait moins rond encore, c’était sans doute elle.

Or live in fear.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:50

De Crystal à Mel'



Crystal a écrit:
W A R N I N G /!\ Cette fiction contient de gros OoC, inspiré d'un conte de Noël, en plus des personnages de Mel' je me suis permise d'utiliser d'autres personnages pour animer un peu plus la fiction, veuillez me pardonner, les cailloux sont sur la rangée à gauche, veuillez en disposer après avoir lu.
PS: Prenez ceci comme une parodie.


    -Tonton Leif, tonton Leif !!!

    Le dénommé "tonton" redressa les yeux vers les mines potelés des enfants qui couraient vers eux, combien étaient ils ? Et surtout, pourquoi étaient tous partit vers lui ? Il ferma les yeux, laissant échapper un léger soupir.

    -Oui ?

    -Racontes nous une histoire, tonton Leif ! Une histoire !

    Ils sautillent, leur joues rougies par les flammes de la cheminée. Le jeune homme s'interroge un court instant sur la raison pour laquelle on l'avait laissé seul ici (et aussi pourquoi il devait apparaitre dans cette fiction. Certainement car l'auteur aimait bien l'emmerder ou manquait terriblement d'imagination. Chut.). Il tourna les yeux, un sourire doucereux aux lèvres, ah les enfants. On attendait certainement de lui une voix digne de papi, qui allait faire des câlins aux enfants, allait raconter le mythe du Père Noël, histoire d'être original et de se tenir à la saison. Mais voyez vous, il avait autre chose à faire, les marrons chaud l'appelaient.

    -Vous n'avez qu'à demander à tonton Pearl, je suis sûr qu'il adoreraaaa vous raconter une histoire, c'est sa spécialité !

    -Non ! Non ! On veut une histoire de tonton Leif !

    Auteur, tu étais bien cruelle avec lui. Lui qui attendait avec tant de joie ses marrons achetés à petit prix sur le marché ! Le voila encerclé de bambins qui bavaient partout et qui tiraient sur son malheureux et innocent slim noir ! Pourquoi, pourquoi ?

    -Cela ne peut pas attendre ?

    Il pria l'arrivé d'un Ange, enfin de Ange tout court.

    -Non ! Non !

    -Laissez moi réfléchir...

    Il cherche un coin de fuite, mais rien à faire, il avait été piégé. Il n'eut pas d'autres choix que s'asseoir, réfléchissant à toute vitesse d'une histoire qui pourrait vite les faire dormir ou au moins les éloigner de lui.

    -Eh bien, pourquoi pas une histoire de princesse ?

    Un sourire confiant apparait sur son visage légèrement éclairé.

    -Non ! Non ! Kalvin en raconte tout le temps !

    Et mince.

    -Nous, on veut une histoire digne de tonton Leif !

    Oula, sa réputation était en jeu. Mais. Depuis quand il avait la réputation de raconter des histoires à des gosses ? ( Laisses béton c'est moi qui décide de la réputation de chacun ici. Oh dur.)

    -Hmmm.

    Leif toussota pour avoir un peu plus de voix, il devrait bien trouver quelque chose pour les occuper ces morveux... Pourquoi pas... Oh oui. Pourquoi pas.
    -Bon, soyez attentif, "tonton Leif" va vous raconter une histoire.

    -Ouaiiiis !!!

    Et c'est ainsi que le charisme de Leif partit en ruine le conte commença.

    Spoiler:
     

    Doonc, l'histoire commence à Aisling. Tristement connu pour ses cas sociaux, fort heureusement il y avait les élémentaires qui s'occupaient de remonter le niveau de l'école, les psychiques qui tenaient compagnie aux élémentaires, les spéciaux pour s'occuper d'eux même et les physique pour s'occuper des adultes. Ah, c'est beau le cercle de la vie.
    C'était quatre jours avant Noël, date tant attendu par les petits et les grands et surtout les commerçants, par tous ? Nooon. Dans cette école, il existait bien des gens qui se fichaient totalement de Noël (au hasard je dirai m- chut., oui pardon je m'emporte.), passons sur Ludvik qui devaient s'amuser à trafiquer des cadeaux, Adriel qui devait attendre une nouvelle mère Noël dans ses petits souliers, et d'autres personnes que nous éviterons de citer ici sinon je risque de manger froid on y sera encore en Août.
    Attardons nous plutôt sur quelqu'un de totalement insignifiant, qui était en train de boire son thé vert le petit doigt en l'air, il s'appelle Lysander E. Ransom, SPE, qui contrôle la matière, qui pâlit à la simple vu d'un grain poussière sur un fond blanc et qui est amoureux de Mme Bovary en plus d'avoir une réputation de g- d'homosexuel refoulé. ♥ (Pourquoi vous me regardez ?)

    Bref, il était donc là, à regarder la couleur de son thé.
    Et voyez vous, cet individu n'aime pas Noël.
    Oh mon dieu, le méchant ! Percevez l'ironie.

    Et oui, je vous vois choqué petits enfants qui vous demandez bien ce qu'a bu l'auteur avant d'écrire pourquoi Lysander n'aime pas Noël ! Fête des cadeaux, fête pour les enfants, fête chrétienne, fête du Père Noël !
    Eh bien, tout simplement qu'il trouvait plus intéressant de s'enfermer dans sa chambre à lire des livres, il se montrait d'ailleurs encore plus sec que d'habitude, rigolait plus fort quand vous glissiez sur de la neige, critiquait encore plus.
    Noël, il neigeait, c'était froid. Il préférait être au chaud dans son dortoir chauffé bien comme il faut, avec son thé, ses lectures annuelles et surtout qu'on l'oublie à tout prix.
    Noël, c'était pour les hypocrites, elle ne méritait pas d'être fêtée.
    Il plissa d'ailleurs les yeux quand une voix fluette lui souhaitait un Joyeux Noël, ou même des voix plus viriles qui décidaient de crier "vive le vent" dans les couloirs. Mais qu'on le laisse en paix, enfin ! Il avait rien demandé au vent lui !
    Voyant bientôt que sa chambre calme n'était plus, ayant bien vite retrouvé ses collègues de chambre, il s'exila loin, très loin. Tiens, pourquoi n'irait il pas faire du ménage ? Eh oui, il s'occupe comme ça lui. Alors il ouvrit la porte d'une poignée familière, tombant nez à nez avec un Adrien et un Minze qui ont dû faire exploser une bombe dans leur chambre pour qu'elle soit dans un tel état, du moins c'est ce que supposa Lysander à la vue d'un tel bordel.

    -Mon dieu.

    Il recula de quelques pas, portant une main à son crâne.

    -Qu'est ce que c'est que ça ?

    Il désigna d'un doigt tremblant la chambre.

    -Ben. C'est mon nounours !

    Le garçon aux cheveux bleus montra la peluche qui avait eut le malheur de se retrouver face au doigt accusateur du jeune homme. Lysander entrouvrit les yeux d'un air las, mais palissant bien vite à la vue d'une guirlande de Noël entourant les mezzanines, les boules de sapin cassées par terre et les Père Noël en peluche qui font "Hohoho" quand tu appuies dessus.

    -Comment pouvez vous dormir dans un tel endroit...?

    Les deux garçons le regardent sans comprendre vraiment. Lysander trembla, il refusait de voir une telle chambre à quelques mètres de la sienne !

    -Vous allez me ranger tout ça ! Et tout de suite !

    -Mais. Lys', on va louper le repas de la cantine !

    -C'est votre problème ! Je... Si vous ne rangez pas tout dans la minute qui suit, je... Je crie !

    Oh mon dieu !
    Autant dire que les deux durent se mettre bien vite aux tâches ménagères, Lysander regardant tout d'un œil sévère, criant parfois quand il voyait un crayon noir mélangé avec des crayons rouges, un plis d'un drap ou pire encore : une Père Noël poussiéreux sous son pied !

    -AAAH QUELLE HORREUR.

    Lysander se cacha bien vite derrière le mur.

    -Dépêchez vous, dépêchez vous, je peine déjà à faire battre mon pauvre cœur...

    Eh oui, il existait bien pire comme enfers pour Lysander qu'une chambre en désordre. Il y avait le Père Noël poussiéreux sous la semelle !

    Bref, faisons une ellipse.

    Lysander regarda la chambre propre, ignorant les deux cadavres adolescents dans le couloir.

    -C'est déjà mieux !

    Un gargouillement venant de l'estomac peu discret d'Adrien le crispa.

    -Beuuuh... On a faiiiim...

    Lysander haussa les épaules.

    -Eh bien qu'attendez vous maintenant ?

    Ils exagéraient, ils semblaient épuisés alors que Lysander considérait le ménage comme une force ! Un sport ! LES FEMMES DE MENAGE DEVRAIENT PARTICIPER A DES JEUX OLYMPIQUES ! (Et là, je vous ai mis l'image de Charlie grec dans la tête.)

    Donc, après avoir bien casser les pieds de ces jeunes gens, il repartit dans sa chambre de nouveau vide. Là, il était tranquille, il ne voulait pas aller à la cantine tant qu'il y avait cette ambiance malsaine digne d'une peste. Noël l'énervait, Noël il ne voulait pas en entendre parler, Noël devait l'oublier.
    Oh, ce ne fut pas rare qu'on lui pose la question, même si chez certains la réponse coule de source, ce n'était pas le cas de Lysander. Ses seuls arguments contre Noël étaient la commercialisation, les feignants, les tâches de dinde sur la serviette, les cadeaux dont il ne savait jamais quoi faire et... Et tout simplement qu'il avait mieux à faire et sous cette conclusion foudroyante, il partait comme un Roi dans sa chambre, s'enfermant à double tour jusqu'au 26.

    Et c'est dans ce même schéma d'action qu'il alla faire coucouche panier dans le but que Noël passe beaucoup plus vite quand il fermera les yeux.


    Timtim. Minuit sonna, une fois, deux fois, trois fois. Lysander se retourne, baille, puis se réveilla en sursaut. Eh oui, en plus d'être maniaque il a l'oreille fragile et il avait bien cru entendre un bruit de sonnerie. Il redressa la tête, clignant des yeux. Une ombre blanche se tenait devant lui, droite comme un saule-pleureur.

    -Qui est là ?

    Lysander ramena la couverture contre son visage, son cœur serré d'angoisse à la vue de cette personne. Il ne croyait pas aux fantômes du tout, oui, du tout...
    Un sourire s'agrandit sur les lèvres de l'inconnu blanc.

    -Oh, Lysander...

    Le dénommé sursauta, il reconnaissait cette fois, ce regard si concentré dans le vide, cette démarche qui lui rappelait un somnambule.

    -V-Vladimir....?!

    Oui, c'était lui. Habillé d'une robe blanche, des chaînes à ses pieds reliés à des réveils qui sonnaient sans répit.

    -Oui c'est moi... Comment vas tu ?

    Le SPE se redressa, peinant à y croire, déjà de un il voyait Vladimir en robe blanche, de deux il le voyait avec des réveils qui sonnaient, et de trois il le voyait debout ! Pas allongé dans un coin à roupiller !

    -B-Bien mais... Et toi ? Tu es sûr que ca va ?

    Le jeune homme baissa la tête.

    -Non... Je n'arrive pas à trouver le sommeil...

    Lysander indiqua logiquement.

    -Tu devrais peut être jeter ces réveils, non ?

    -Je ne peux pas.

    Vladimir tendit les bras d'un air dramatique, comme s'il venait de se piquer à un cactus.

    -Je ne peux pas !

    Lysander recula contre le mur.

    -Oui, oui j'ai compris...

    Le PHY rabaissa les bras, prit soudain d'une envie de pleurer.

    -Tout a commencé quand j'ai eu le malheur de faire des siestes, de me cacher, de rallonger mes nuits et mes journées, le temps passait, les années aussi. Un jour, ou peut être une nuit je ne sais plus, je me suis réveillé avec ces chaînes, au début j'ai cru à une blague, j'ai cru que c'était quelqu'un qui voulait me faire une farce et qui voulait que je me fasse mal en tombant des escaliers. J'ai trouvé ça méchant alors je suis partit de ma chambre pour tenter de retrouver réconfort ailleurs, mais j'ai glissé et traversé un mur. J'ai fais crié une fille de treize ans, elle est devenu pâle comme un fantôme et j'ai pris peur, alors je me suis transformé en arbuste dans un geste de survie. Elle est partit en courant en criant que des fantômes plantes l'attaquaient en vengeance de tous les pissenlits qu'elle avait écrasé. Puis j'ai attendu, personne n'est venu, je me suis ennuyé et j'ai repris finalement forme au bout de quelques semaines. J'ai donc repris mon chemin, j'ai alors apprit que j'étais devenu un fantôme et que j'étais condamné à me balader avec ces chaînes pour toute l'éternité !

    -Comment tu as deviné ça ?

    Le garçon fondit en larmes.

    -J'ai jamais pu dormir et personne n'a jamais pu retirer mes chaînes, snif, buhuhuhu.

    -Mais non, ne pleures pas enfin !

    Lysander se rapprocha de lui, tout anxieux de voir un ancien camarade de sieste dans cet état.

    -C'est trop tard maintenant ! Je suis damné ! Damné !

    Et il donna un triste coup dans un réveil qui tomba.

    -Et tu vas le devenir si tu continues de t'en ficher des autres et de te préoccuper que de tes petites affaires.

    Lysander eut un ricanement.

    -Tu plaisantes j'espère ? Voyons, si on devait damné quelqu'un ce serait pas moi, regarde Silas, regarde Ludvik, regarde...

    -La vie est injuste ! Tu le sais tout aussi bien que moi ! Regarde moi !

    Des larmes débordaient des pupilles dilatées de Vladimir, triste fin pour quelqu'un qui n'avait jamais rien demandé à personne.

    -Ne fais pas la même erreur que moi ! Changes !

    -Mais pourquoi moi...?

    -Car cette histoire n'a aucun sens voyons !

    L'ancien Boris voulut le secouer mais il s'écroula au sol dans un marmonnement de douleur.

    -D'accord...

    -Snif... Trois esprits vont venir te rendre visite...

    Il se redressa tant bien que mal, frottant ses yeux.

    -Sois poli avec eux.

    Lys' secoua les bras.

    -Mais qu'est ce que tu racontes enfin ? Des esprits ? Comme toi ? Juste car j'aime pas Noël ? C'est n'importe quoi !

    -Je sais, snif... Mais tu n'as pas le choix, sinon tu subiras la même punition que moi ! Snif... Je ne peux rester plus longtemps, les enfers m'appellent, adieu !

    Et il disparut dans un bruit d'alarme d'incendie.


    Tant bien que mal, Lysander referma les yeux, se calant un peu plus profondément contre son oreiller. Il tentait de retrouver le sommeil, essayant de se faire à l'idée que tout ce qu'il venait de voir n'était que fruit de son imagination, que Vladimir n'était pas fantôme mais bien vivant en train de prendre racine dans le jardin de l'école, pas en train de traîner sa carcasse en enfers. C'était juste son esprit qui divaguait, rien d'autre...

    -Hey ! Réveilles toi !

    Oui, rien d'autre.

    -Qu'est ce que c'est...?

    Lysander redressa les yeux avant de les cligner de stupeur, une adolescente penchée vers lui, portant une robe rose et une jolie couronne sur la tête. Elle était jolie, elle aurait pu du moins.

    -Vivienne ! Vous êtes vous donner le mot pour troubler mon sommeil ?!

    La demoiselle mit les mains sur ses hanches, une lèvre pincée, faisant la moue.

    -C'est ainsi que tu me reçois ? Même pas de bisou ? De câlin ? Venant d'un gentleman comme toi, c'est vraiment méchant !

    Elle tapa du pied, l'ayant mauvaise.

    -Pff, à cette heure ci les enfants dorment.

    La blonde cligna des yeux, ses lèvres formant un sourire malicieux.

    -Eh bien, dans ce cas...

    Elle se glissa dans son lit, prenant soin de coller ses pieds nus à ceux de Lysander qui devint rouge pivoine.

    -Je viens partager une nuit avec toi.

    -Co-comment ?!

    Un mouvement de baguette venant de sa main, le lit se souleva, un cri s'échappa de la gorge de Lysander.

    -Allons à la salle d'Anachronisme ! Je me suis toujours demandé quel a pu être le passé d'un garçon frigide comme toi !

    -ATTENDS UNE SECONDE, JE REFUSE DE-

    Et le lit partit.

    Il pouvait reconnaitre une musique, entraînante. Il ne savait pas trop comment il avait atterrit dans une boite de nuit, surtout aussi bondée. Ses yeux mirent un temps avant de s'habituer aux lumières épileptiques, il pouvait reconnaitre au loin une silhouette familière, recluse dans son coin.

    -Ah je te retrouve !

    La blonde grommela en s'accrochant à son bras, un sourire mielleux aux lèvres.

    -Joli souvenir, et si on allait danser ?

    Lysander s'écarta, s'approchant curieusement de la silhouette.

    -Attends... C'est... C'est moi.

    Oui, c'était lui, cela devait être à ses débuts d'Aisling. Tout seul, dans son coin, sans ami, certainement. Sans envie de faire la fête, sûrement.

    -...J'ai une tâche sur ma chemise.

    L'esprit en robe grommela.

    -C'est tout ce qui te préoccupe ? T'es plutôt à croqué dans ce souvenir.

    Et son sourire s'agrandit un peu plus.

    -Tu as l'air déjà beaucoup plus ouvert à t'amuser... Oh, c'est qui elle ?

    Une demoiselle s'était rapproché, certainement nouvelle aussi, regardant avec curiosité le jeune Lysander qui avait craintivement reculé à son approche.

    -...Je ne sais pas.

    La jeune fille lui tendit un verre, le garçon hésita avant de refuser, s'éloignant.

    -Beuh, j'ai parlé trop vite, en fait t'as toujours été frigide.

    Lysander baissa les yeux quand la jeune fille était partit, certainement déçue par le comportement trop craintif du garçon, elle avait rejoint des amies, l'abandonnant seul.

    -C'était mon premier Noël à Aisling... Tout le monde s'amusait bien.

    -Mais tu faisais aucun effort ! Enfin, tu n'en fais toujours pas.

    L'esprit ricana, attrapant soudain le bras de Lysander.

    -Et si on profitait de ce souvenir pour faire plus connaissance ? Pourquoi pas devenir ami ? Voir plus si infinité... Pourquoi pas rendre plus joyeux ce souvenir ?

    Le jeune homme s'écarta brusquement d'un coup de bras, faisant tomber sur les fesses l'esprit qui eut un petit cri.

    -NON, LAISSES MOI ! J'AI MIEUX A FAIRE QUE...

    Ses yeux s'écarquillèrent à la vue du pamplemousse qui sauta de la robe avant de tomber au sol, Vivienne croisa les bras sur sa poitrine (?) d'un air outré.

    -...A-AAAH MES SEINS ! GOUJAT !

    Une gifle, Lysander se réveilla en sursaut.


    -Je... Cette histoire devient n'importe quoi.

    Il se redressa, une main sur son front, haletant. Il peinait à retrouver ses pensées, il peinait à penser tout court, il repensait à Ce sourire, à Ces gens, à Leur rires. Ils s'amusaient sauf Lui, sauf Lui, tout ça car il n'avait fait aucun effort... Même après le départ de la fille, il avait continué. Encore. Encore. Il aurait peut être dû... Non, quelle idée.

    -Mec, c'pas bon de se prendre ainsi la têteee.

    Il sursauta. Un homme était adossé au mur, une main sur sa hanche, le teint noir, un sourire béat aux lèvres.

    -Faut pas se prendre la tête comme ça.

    Lysander se redressa d'un bond, fou de rage.

    -MA CHAMBRE N'EST PAS UN MOULIN !

    Il écarquilla les yeux en voyant la cigarette que le nouvel esprit secouait, la cendre tombant peu à peu comme de la neige sur le plancher.

    -Et tes cochonneries tu te les gardes...

    -Quelles cochonneries ?

    Le jeune homme avait froncé les sourcils sous l'incompréhension.

    -NE FAIS PAS CELUI QUI VOIT PAS ! C'est bien assez gros marqué sur les boites !

    Et il poussa le dos de l'inconnu vers la sortie.

    -J'ignore qui t'envoie mais dis lui que pour quelqu'un qui semble avoir un truc avec Noël, il respecte pas beaucoup l'idée de "paix" pour les autres !

    -C'est toi qui respecte pas l'idée, man. Regardes toi un peu, tu vis comme un mort, tu te shoot au produit de vaisselle ou quoi ?

    -SORS D'ICI !

    -Du calme, man, relax, cool, flagelle un peu, ca ira mieux.

    Lysander sortit dans le couloir, continuant de pousser le garçon, cillant cependant à la vue d'une pièce éclairée plus loin.

    -Des gens dorment pas encore à cette heure ci ?

    -Bah ouais, c'est Noël ! Ils jouent, discutent...

    -Bande d'inconscients, ne savent ils pas qu'ils peuvent réveiller des honnêtes gens ?

    -Ils sont ptête pas honnêtes mais au moins eux, ils vivent d'une manière plus riche que toi qui vit pire qu'un SDF.

    Lysander rougit sous la rage, pour qui se prenait il ?

    -Qu'est ce que tu veux ?

    L'inconnu s'écarta et lui tendit une carte avec marqué en gros "Esprit des Noël présent, take that bitch.".

    -Mais tu peux m'appeler Wayne, man.

    Il eut un grand sourire tandis que Lysander manqua de s'étrangler.

    -Tu... Vous... jkfkgfkjgngffr

    -Regardes toi mon pote, on dirait que tu t'es étranglé en mangeant une roue de vélo. C'est la première fois que jte vois avec de si belles couleurs !

    -TOI ET TA BANDE, ALLEZ VOUS EN !

    -Man, tu te rends compte que toi t'es tout seul dans ton coin un jour de Noël ? Ce serait criminel de te laisser pourrir plus longtemps !

    -Ca vous a pas gêné avant que je sache, grmmmmf.

    -Tu crois ça ?

    Wayne l'attrapa par le bras et se pencha vers une porte entrouverte.

    -Regardes avant de dire.

    Lysander cilla et dû se pencher à contre cœur, cillant à la vue de quelques personnes en cercle, écoutant Matt jouait de la guitare tandis que d'autres faisaient une partie de carte, rigolaient, discutaient, leur yeux brillant de bonheur.
    Lui, il n'avait jamais sourit comme ça.
    Ses yeux sombres se baissèrent de mélancolie.

    -C'est dommage que Lysander soit pas avec nous.

    -Il doit s'ennuyeeeer.

    L'adolescent redressa la tête avec surprise, on pensait à lui ? Quoi ?

    -Mais on dirait qu'on le dérange tout le temps...

    -Peut être qu'il ose pas ?

    -Jcrois qu'il aime pas Noël, c'est triste.

    -Pourtant Noël c'est la période où on est entre amis, non ?

    -On devrait l'inviter un jour.

    Le garçon fixa soudain le petit garçon à tête ébouriffé, c'était Mist et ses yeux brillaient de bonheur à l'idée qu'il venait d'émettre, prêt à la mettre en place. Lysander dévisagea chaque personne approuvant l'idée, de plus en plus troublé.

    -Je... Je ne savais pas qu'on... Qu'on s'inquiétait pour moi.

    -Mon cœur jusqu’à présent a-il-aimé ?
    Jurez que non, mes yeux,
    Car jamais avant cette nuit je n’avais vu la vraie beauté.


    -Hein...?

    Lysander se retourna, Wayne avait disparu.


    Que s'était il passé ? Comment en était il arrivé là ? Il était dans sa chambre, puis dans le couloir, puis il était retourné dans sa chambre et...
    Juste de la fumée, une femme penchée à la fenêtre, le regard sombre, les cheveux aussi. Elle était belle Estelle dans sa robe de soirée.

    -Ma...

    Une demande murmurée, elle voulait du silence. Elle lui intime juste l'ordre de s'approcher, de se pencher aussi vers la fenêtre.
    Il obéit, ce n'est pas comme ci il avait le choix, il cille d'ailleurs légèrement à la vue d'une ambulance.

    -Que... Qu'est ce qui s'est passé ?

    -Un accident.

    Elle parle calmement, le regard posé, les doigts élégamment repliés.

    -De qui...?

    Il avait hésité avant de demander, son cœur s'étant étranglé sous une inquiétude qui lui était jusqu'ici inconnu.

    -Est ce vraiment important ?

    Il se mordit la lèvre, ses yeux s'agrandissant en reconnaissant un visage pâle levé vers le ciel, allongé sur un brancard.

    -M-Mist...?

    Il l'avait murmuré, encore plus tremblant.

    -Il a quoi...?

    -...

    Les mains de Lysander se refermèrent sur l'encadrement de la fenêtre.

    -C'est pas grave, n'est ce pas...?

    -Qui sait ?

    Il se mordit la lèvre, des gens avaient suivit du regard l'ambulance qui s'éloignait.

    -Il va revenir hein...?

    -Peut être.

    Estelle s'éloigne, impassible, seulement le claquement de ses talons se faisant entendre.

    -Mais au final, seule ta vie est importante, non ?

    Jusqu'ici, il n'avait jamais fait attention à la vie des autres, pourtant les autres y faisaient attention.
    Et là, pour la première fois, il était anxieux de la vie de quelqu'un, lui qui était si égoïste d'habitude.
    Lysander s'assit, peinant à y croire, peinant à se remettre des émotions qui avaient pu le traverser cette nuit. Il pouvait reconnaitre sans peine Ludvik qui ricanait au loin, jetant un regard à Lys avant de refermer la fenêtre, le laissant dans ce profond mutisme, ce profond mutisme qui le replongea dans des pensées morbides.
    Pouvait il continuer de vivre ainsi ? En négligeant si peu la vie des autres ? Pourtant certains ne le méritaient pas, certains ne...
    Eux, avaient pu profiter de la vie en étant heureux, lui... S'il en advenait à mourir, que lui arriverait il ?

    Il sursauta en voyant une ombre trainait au sol, des ricanements autour. Il avait cru se reconnaitre à travers la pâle lumière de la lune.

    -Pff, de toute façon le temps qu'on le trouve il aura eut le temps de pourrir trois fois. Qui pourrait s'inquiéter de l'absence de quelqu'un comme lui ?

    Son cœur se figea.


    Il frotta ses yeux, c'était réellement un rêve, cette fois. Il se redressa, un peu trop perdu dans ses pensées et ses nombreux réveils, mais ses prunelles se posèrent nette sur le calendrier au mur, un nombre en feutre indélébile rouge : 25 Décembre, date maudite de l'année. Ses mèches cachèrent ses yeux, lentement il se rhabilla, prenant soin de ne pas réveiller ses camarades de chambre. Comme à chaque Noël, il y aura une fête, comme à chaque Noël, on devra compter sur son absence.

    Enfin, c'est ce qui était prévu.

    Quelques uns avaient cillés à sa présence, il se tenait adossé à un mur, silencieux, ignorant les remarques sur sa présence, se satisfaisant juste d'un très léger sourire ravi. Il se leva au bout de quelques minutes et ébouriffa la tête de Mist, étrangement affectueux. Il partit ensuite gronder d'autres PHY sur l'état des chambres qu'il avait pu entrapercevoir ce matin. Sans compter son dévisagement envers Vladimir, son rire nerveux quand Vivienne voulu s'accrocher à sa veste et une distance respectable entre Wayne et la professeur Estelle. Quelque chose avait changé chez lui, ce n'était pas grand chose, c'était des sourires, des gestes d'affection maladroit et aussi son "Joyeux Noël" murmuré quand Matt ramena les bières pour la fête. Il croisa nerveusement ses doigts, baissant la tête, ayant un rire étouffé quand Adrien l'enlaça.

    -Ca fait plaisir de te voir parmi nous !

    -Vraiment ? Je ne vous embête pas assez comme ça ?

    -Nooon, on est content de passer Noël tous ensemble !

    -... Moi aussi... Je suis content.

    D'être parmi eux. Un sourire timide s'agrandit sur ses lèvres bien qu'il fit mine de s'écarter de leur étreinte trop étouffante.


    -Et voila.

    -Tu finis bien vite, Tonton Leif !

    Les sourcils du représentant PSY se froncèrent de mécontentement à cette remarque, il était très fière de mon histoire et voila qu'on continuait de le critiquer !

    -Je n'ai jamais dis qu'elle était fini !

    Il se redressa en reposant un enfant, ayant un léger geste au niveau de son pantalon pour en retirer les plis.

    -A vous d'imaginer la suite.

    Les enfants sautillèrent, ne tenant plus en place.

    -Pourquoi tu nous la racontes pas toi mêmeuuuuh ?

    Un sourire mystérieux réapparut sur ses lèvres.

    -Car ce n'est pas à moi de la dire.

    Et il s'éloigna en sifflotant, bien content de ne plus tenir ce rôle de narrateur et d'enfin déguster son repas qui l'avait attendu, sagement posé sur la table, enfin jusqu'à qu'il vit que ses marrons étaient glacés.
    Et merde, c'est qui qui allait les réchauffer ?

    -...Mission d'urgence les enfants, j'appelle vos parents.

    END.


De Mel' à Tam



J'aime bien la deuxième ça fait un peu genre seigneur viking mdr ok je sors.
POUR HADRIAAAAAN FUTUR EMPEREUR VIKING.


Citation :
SPECTACLE DE NOEL ; Spéciaux — Peter Pan
Distribution :
Peter Pan — Strombolino Bolívar
Wendy — Hadrian Grimsson
Capitaine Crochet — Jackson Campbell
La fée Clochette — Peter Rjevski


A LIRE PETITS LUTINS:
 



Sous les applaudissements, il s'inclina en avant, tenant dans sa petite main celle de Lino et de l'autre le bout des doigts de Jackson, mal à l'aise. C'était le soir de Noël, et pour l'occasion, les plus jeunes élèves de chaque classe avaient donné un spectacle. En ce qui concernait les spéciaux, il s'agissait d'une adaptation de Peter Pan, qui avait rencontré un grand succès, à en juger par la réaction du public. Puis il se retira, suivi par les autres comédiens, afin de se changer, et d'ôter cette tenue ridicule. Dans un soupir, il enleva sa robe, honteux d'avoir du jouer le rôle de Wendy - bien qu'il aie fortement protesté contre cette distribution des rôles. Lorsque il eut fini, il se hâta de retourner dans sa chambre, ignorant délibérément les "Oh, c'était vraiment super !" comme les "Mais c'est que t'étais mignon en jupette !". Se montrer ainsi, devant tout Aisling, alors qu'il se battait pour entretenir sa réputation d'homme viril et conquérant ! Quelle honte ! Il ne s'en remettrait sans doute jamais. C'était un coup bien trop dur porté à son amour propre. Se cachant derrière ses cheveux blonds, Hadrian ruminait ce qu'il venait de se passer, fulminait de par cette atteinte à son orgueil. La tête baissée, il ne vit pas l'homme qui se tenait à quelques mètres de la porte de sa chambre, et lui rentra dedans. Il releva la tête rapidement, le visage empreint de colère, puis il le vit. Et cela l'enfonça encore plus dans cet état.


    — La moindre des choses, lorsque on percute quelqu'un, est de s'excuser. A moins que mademoiselle ne préfère que je le fasse d'abord ?
    — Dégagez, Pearl.



L'homme eut un rire, ne prenant manifestement pas l'agacement du blond au sérieux. Et il ne bougea pas d'un pouce.


    — Elle t'allait très bien, cette robe. Tu n'as pas à te mettre dans de tels états pour ça.



Oh, comme tu aimerais effacer ce sourire moqueur de son visage, ces lèvres constamment étirées, comme tu voudrais exploser sa face d'ange, Hadrian. Tu voudrais lui faire péter ta haine à la gueule, que ça le déforme, qu'il soit méconnaissable, qu'il n'arrive même plus à se retrouver dans un miroir, et qu'il sorte de ta vie, avec son rire léger que tu ne supportes pas. Oh, exploser, là, juste un peu, juste pour lui. N'était ce pas un doux cadeau, la preuve de ton attention pour lui ? Et tu partirais en murmurant "Joyeux Noel" sur un ton sarcastique, comme lui le faisait toujours. Ce serait parfait, pour l'occasion. Dommage que ce bracelet soit là. Tu pourrais le tenter, lui dire de te l'enlever comme il pourrait t'enlever le reste, vicieux qu'il était, il se laisserait certainement prendre au jeu, il se ferait duper, lui, le bateleur, le comédien derrière son masque vénitien. Agréable attention.
Ce serait parfait, pour lui, un cadeau à son image.


    — Ne vous foutez pas de moi. C'est plutôt vous qui portez ce genre de trucs, non ?
    — Ah, ne me confonds pas avec Paris, je te prie.



Et encore une fois, il rit. Tu te renfrognes. Puis tu fous tes poings serrés dans tes poches crevées, petit blond, incompris de tous mais aspirant à de grands rêves, une destinée glorieuse. Lorsque tu auras le pouvoir, lui, tu le mettras au cachot, avec les rats. Ne serait ce que pour l'offense qu'il t'a faite ce soir.
D'ordinaire, tu l'aimes bien, Pearl, tu te méfies de lui, mais ça pourrait être pire. Mais là, ce soir, tu n'avais pas envie de le voir, tu n'avais pas envie d'affronter son regard malicieux, plein de rire, tu voulais juste être seul, t'enfermer, et ruminer cette haine bouillonnante.


    — Qu'est ce que vous voulez ? Vous voyez pas que j'ai pas envie de vous parler là ?
    — Je venais simplement te souhaiter un Joyeux Noel. J'ai même pris un présent pour toi. Ça ne te fait rien ?



Et de sa poche, il tira une boite enveloppée dans du papier cadeau. Magicien menteur, qui savait se produire n'importe où, un vrai professionnel de l'illusion.
Le plus jeune lui prit la boite des mains, dans un geste sec, et baissa les yeux. Il ne dit rien, se retenant de se vider sur ce cadeau de pacotille, avec comme seule valeur le pécule, et rien de plus. Les sentiments ? Pourquoi y en aurait il, puisque il semblait en être incapable ? Quoi que cela puisse être, c'était de mauvais gout. La seule chose pour laquelle il était venu le voir ce soir, c'était pour rire de son costume, rien de plus.
Puis, Pearl se pencha en avant, vers son visage ; avant qu'il ne puisse avoir un mouvement de recul, il prit doucement son menton entre ses doigts trop grands, trop fins, comme les pattes d'une araignée. Il a tissé sa toile, et s’apprête à t'y enfermer dedans avec un grand sourire. Oh, ce serait dans un piège de soie très douce, ce serait subtil, une douce capture, en somme.
Il ne se dérobe pas, la respiration saccadée, ne comprenant pas tout, simplement que cela n'avait aucun sens et que ça n'allait pas durer. L'homme rapprocha ses lèvres de celles de son cadet, minces, fines comme celles d'une femme ; leurs souffles se confondaient à présent, c'était une mascarade à laquelle il n'avait aucune envie de prendre part, il devinait ses intentions, pareilles que celles des autres, lui montrant une fois de plus cet aspect vicieux qui leur était propre. Et pourtant.


    — Promets moi que tu ouvriras le cadeau. Que tu ne le jetteras pas sans savoir. J'ai mis du temps à le trouver, juste pour toi. D'accord ?



Il ne répondit pas immédiatement, défiant son regard.


    — Laissez moi. Je veux retourner dans ma chambre. Et pour votre cadeau, je verrais. Je ne te promets rien. J'ai besoin d'être seul.



Alors l'homme le lâcha, et ça s'arrêta là.
Hadrian recula de quelques pas, puis se tourna vers la porte de sa chambre, et, cadeau en main, il attendit, avant de faire volte face et de lancer un "Joyeux Noel" - mais Pearl avait déjà disparu. Comme s'il était déçu, il se retourna, rentra, s'asseya, et prit la boite entre ses mains. Drôle de forme. Un peu grand. Comment cela avait il pu rentrer dans sa poche ? Oh, et puis, tellement de choses étaient étranges ici que ce n'était qu'un détail... Il tira au loin le papier cadeau, et découvrit une bordure noire. Son coeur battait de plus en plus vite, sous l'effet de la surprise.
Enfin, il souleva le couvercle. Un petit mot était accompagné par un tissu noir, dont la forme ne laissait en rien deviner de quoi il s'agissait. Il posa le papier à côté de lui, tira le vêtement de la boite et le déplia.

Evidemment.
Quelle ne fut pas son horreur lorsque il vit la robe noire tendue sous son nez. Il eut une expression indescriptible - puis jeta la robe à l'autre bout de la pièce, et s'empressa d'attraper le mot.
Il aurait dû s'en douter.


"Parce que elle t'ira certainement mieux que ton costume de Wendy. Joyeux Noel ! ♥"


Sous mon empire, tu finiras au cachot.



ET UN AUTRE SPOILER PARCE QUE J'AIME BIEN LES SPOILER MAIS LUI C'EST POUR HADRIAN:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:50

De Tam à Wocky


Câline, Chelsea se rabat sur le torse de Seed et souffle sur ses lèvres d'une voix si claire qu'elle aurait très bien pu passer pour un sublime miaulement :

« Tu sais c'que j'aimerais pour Noël ? »
« Le nouveau sac Vivienne Westwood ? Cui avec les chaînes, et tout ? »

Elle haussa un sourcil blond, promenant ses doigts séparés en duo sur son cou blanc :

« Aussi. Nan, sérieusement, je voudrais que nous allions tous les deux, rien que tous les deux, à Londres. »

Les ongles rouge cerise écrasé grimpèrent le long de la carotide et menacèrent de s'échouer sur les commissures du rictus qu'esquissait silencieusement Seed. Chelsea s'installa plus confortablement sur son bassin osseux, et attrapa son sac à main qui traînait au pied du lit :

« Il faut qu'on y retourne, quoi. Il fera froid, ce s'ra bien. »

Sourire rouge cerise. Elle replia ses doigts pâles et se leva, fouillant dans son sac :

« Comme je savais que t'allais dire oui – Non, attends, laisse moi finir – j'ai déjà pris des billets. Ça n'a rien à voir avec une virée... romantique. J'ai juste envie de replonger en plein fanatisme. »

Quand elle parlait de fanatisme, elle devait sûrement parler de son fantôme personnel, de Nancy. Chelsea sortit fièrement de son sac deux billets pour traverser la Manche en ferry. Seed se redressa sur ses coudes, le regard très moyennement intéressé par ces bouts de papier jaunâtres. Brittany Ferries avait décidément mauvais goût en matière de couleur :

« On part quand ? »
« Dans deux heures. »

Seed sourit et attrapa sa main pour l'embrasser, partant des longs doigts vernis d'un rouge craquelé vers le poignet délicat.

Lorsqu'ils descendirent du ferry – les descriptions longues et hasardeuses n'ont jamais été la spécialité du narrateur. Faisons concis -, quelques heures plus tard, fuyant Aisling en toute impunité, Chelsea était niché dans une chaude pelisse rouge qui nimbait ses longues jambes de douceur. Elle s'accrochait au bras de Seed, le regard tourné vers la Tamise :

« On va prendre un starbuck ? Celui de Piccadilly doit être encore ouvert. »

Le grand brun suivait du regard les bateaux lourdement illuminés qui glissait sur la Tamise. Sa main se crispa brièvement sur celle de la jeune fille, et il tourna vers elle ses lèvres ourlé d'un rictus nonchalant :

« Je préférerais un bon shoot. Mais si t'insistes... »
« Déconne pas. J'te laisserai pas te défoncer le 24. »

Elle referma ses longs doigts sur la paume tiède du punk :

« C'est sacré. »

Ils passèrent à Soho, traînant dans les rues toujours animées d'un Londres en pleine effervescence. Des adolescents aux cheveux bariolés, vêtus de jeans déchirés ou difficilement raccommodés, vidaient des pintes de guiness devant les pubs. Une mélodie des Cure flotta jusqu'à Chelsea lorsqu'ils passèrent devant l'un des bars. Mélodie que la blonde trouva niaise, mais qui lui donna envie de se nicher au plus près de son petit ami. Sa main remonta jusqu'à son épaule et elle l'attira vers elle, tournant ses lèvres rouges vers son oreille percée :

« I don't care if Monday's blue. Tuesday's gray and Wednesday too. Thursday I don't care about you. It's Friday, I'm in love. »
« Euh. On est pas dimanche, aujourd'hui ? »
« Ta gueule. »

Elle déposa un léger baiser sur sa carotide et l'entraîna vers le starbuck qui, dans un monde aussi irréel que celui d'un Christmas Santa, est ouvert jusqu'à 3h du mat' – tout à fait utopique, je te l'accorde - ; tandis que Seed prenait un café serré, Chelsea se jetta sur l'offre spéciale de noël : un merveilleux chocolat chaud avec un léger goût de noisette, recouvert d'une légère couche de chantilly sur laquelle pétillent des grains de caramel de beurre salé. Elle attaqua immédiatement la crème, les yeux brillants, si terriblement gamine qu'elle arracha un sourire niais à Seed :

« J'te payerai plus souvent des latte caramel. » Annonça-t-il en sortant un billet de 20£ qu'il tendit au serveur qui tirait, légèrement, la gueule

Les lèvres humides d'une mince couche de chocolat, Chelsea leva ses yeux clairs vers lui :

« Pourquoi ? »
« Parce que t'es adorable quand t'as du blanc sur la bouche. »
« Pourquoi ta remarque sonne porno ? »
« C'était fait exprès, j'ai secrètement envie que tu me suces. »

« ... »

Elle happa une nouvelle cuillère de crème, et la remplit encore :

« Ouvre la bouche. »

Seed ouvrit naïvement ses lèvres, sans cacher la lueur satisfaite qui agrandissait ses yeux sombres :

« Et j'fais Aaah, aussi, tant qu'à faire ? »
« Nan, ouvre juste. Tu vas voir, c'est cool. »
« J'peux aussi fermer les yeux, s'tu veux. »
« Excellente idée. »

Lorsqu'il eut les yeux fermés, Chelsea engloutit la cuillère de crème qu'elle lui destinait, et se pencha au dessus de la table, frôlant de ses lèvres salées par le caramel celles de Seed. Ce dernier, autant alléché par le goût excitant du chocolat que par l'haleine chaude qu'il sentait sur sa bouche, ne put s'empêcher de happer les lèvres de Chelsea, lorsqu'elle l'embrassa :

« Pas mauvais, Starbuck. Même si c'est mainstream. C'est dégueulasse, normalement, c'qui est mainstream. »
« Fais pas chier. »

Elle sourit, et l'embrassa encore, avant de murmurer, d'une voix câline et presque tendre :

« Joyeux noël, Seed. »

Il ouvrit les yeux et passa une main dans les longues mèches blondes, les emmêlant légèrement entre ses phalanges pâles :

« C'est pas un peu con de me le dire ici ? »
« Tout ce que je te dis depuis quelques heures est d'ja suffisament con. Tu pourras t'vanter de m'avoir vu dire les pires conneries. Le pire, c'est que c'est sincère. »

Le serveur, littéralement collé au comptoir, jetait vers eux des regards blasés, du genre « si vous voulez vous bisouiller, y'a Soho. Ici, on accueille des gens sérieux, pas des punks sobres en vacances ». Il haussa néanmoins les épaules, sans rien dire, et se détourna, comme si laisser ces deux créatures s'embrasser au milieu du Starbuck pouvait faire de la pub pour l'équilibre parfait du caramel et du café dans le latté macchiato. Et puis, ce n'était pas comme si le café pouvait être moins vide qu'à minuit moins cinq minutes, un soir de noël.
Chelsea colla ses lèvres rouges à celles de son bf et l'embrassa tranquillement, penchée au dessus de la table qui tanguait légèrement sous son poids. Le goût sucré de la chantilly, et celui, si paradoxal, du café, se mêlaient entre leurs bouches avides. Ce noël là n'était pas particulièrement merveilleux, ou enchanteur, mais, lorsque Chelsea releva la tête pour regarder la rue, elle vit que la neige s'était mise à tomber. Elle faillit dire un truc bidon, une banalité, du genre « oh, il neige. ». Mais sa main se nicha seulement dans celle de Seed, de nouveau, et elle retourna l'embrasser avec avidité :

« Bon, ca manque un peu de The Clash, ici. Ils peuvent pas nous virer the jazz bidon et nous foutre un truc cool ? »

Elle rit.

« Tu fais chier, Seed, tu fais putain de chier. »

Mais déjà elle se nichait contre lui, réchauffé par le saveur sucrée du lait dans sa gorge.

Je mise que cette aventure n'aura changé ni ses sentiments pour Seed, ni son caractère. Seulement le goût du punk pour le latte caramel. La chantilly aura maintenant pour lui un goût de neige brassé par la chaleur du poids de Chelsea sur ses hanches osseuses qui glissaient dans son jean élimé.

C'est toujours ça de gagné, pour un jour aussi sacré.




De Wocky à Louchette




ANDY IN WONDERLAND.

.

Merry Christmas


L’éditeur décline toutes responsabilités quand à l’absurdité des dires de l’auteur.


Il était une fois une jeune fille surnommée Arsène. Elle était mignonne comme le soleil et ses yeux verts rappelaient les plumes d’un perroquet. Bref, Andy était à croquer, mais là n’est pas la question. En effet, alors que la jeune fille trainait du côté du Quatrième étage, elle cru voir, perché sur des talons, Santa Claus. Bien sûr, lorsque j’emploie le terme « trainer », il n’est point, pour ledit cas présent, péjoratif ; c’est bien connu, les filles ne « trainent » pas – sauf peut-être Harley, dans son pov’ survet’ Lacoste - et Andy encore moins. Andy vogue, navigue, guide, mais ne traine pas. Bref, la n’est pas la question.

Clignant des yeux, la jeune fille tentait de reprendre ses esprits (je vous rappelle qu’elle venait d’apercevoir Santa Claus en talons dans l’entrebâillement d’une porte). Bien sûr, Andy avait, il y a longtemps, cru au père Noël. Mais cette période était révolue depuis plusieurs années. Néanmoins, chaque milliseconde qui s’écoulait, aiguisait sa curiosité et elle finit par emprunter le même trajet que ce Secret Santa, mais soudain, résonna dans son dos une voix familière :
    - MATELOT LUPAIN, AU RAPPORT !
    - SIR DODO, YES SIR—
    - Canaille d’Andouille de mollasson à la broche. Ne vous ai-je pas déjà dit de m’appeler CAPITAINE PADRAIG ? Gardez le sobriquet pour les fêtes arrosées matelot ! Vous ne souhaiteriez pas que je brule vos cheveux citron de mon attaque Plasma. Hein ? HEIN ? HEIIIIIIN ? Au rapport Matelot !
    - Eh bien Si— CAPTAIN… Il se trouve que je viens de croiser un Santa à Talon et—
    - TERRE ! TERRE A TRIBORD MATELOT ! Arthur se tut un instant puis ajouta : Le rivage est encore loin. Que disiez-vous moussaillon ?

Et alors qu’Andy s’apprêtait à répéter son histoire, elle aperçût de nouveau Santa Claus se faufiler au fond du couloir.
    - LA, LA ! Regardez Capitaine ! Le père Noël !

Malheureusement, le temps que prit le Dodo à se retourner, suffit à Santa pour disparaître.
    - C’est c’là, oui… Et moi je suis Dieu. Que diriez vous de recommencer cette conversation demain chère Matelot. Nous finirons hier matin.

Andy était bien aise de pouvoir prendre ainsi congé du Capitaine qui, elle le savait bien, pouvait parler de ses amours infructueux pendant des heures sans qu’il n’y fût vraiment invité. Bref, là n’est pas la question. Elle se précipita donc dans le couloir où elle avait aperçu Santa et, se retrouvant dans les escaliers, monta instinctivement au cinquième. Mais alors qu’elle n’était pas arrivée sur le palier, la jeune fille fut prise d’un sursaut.
    - Qui crois-tu que ce soit ?
    - Je n’en sais pas plus que toi.
    - On devrait lui demander.
    - Quelle pertinente idée.

Face à elle, petite lilliputienne, se dressaient deux chevelures flamboyantes, agrémentées en ces temps de Pole Nord extrême, de—
    - Blanc Bonnet et Bonnet Blanc ! s’écria-t-elle. Bonjours Jude, bonjour William.
    - Comment connaît-elle nos noms ?
    - Je dirais même plus, Nomment nos nez tel cocons ?
    - Excusez-moi, auriez-vous l’amabilité de me laisser passer ?

Il n’était pas dans les habitudes d’Arsène de faire dans la dentelle. Mais ces deux là semblaient si bornés qu’il valait mieux tenter l’approche directe.
    - Et pourquoi—
    - —ferions nous ça ?
    - C’est que, voyez-vous, je poursuis un—
    - UN LAPIN BLANC ? JUDE, JUDE, ELLE POURSUIT LE LAPIN BLANC, BLANC COMME NOS BONNETS !
    - Mais non, bien sûr que non, pourquoi poursuivrais-je un lapin blanc ? C’est absolument absurde !
    - Pas vraiment plus que de poursuivre Santa Claus…
    - Eh bien, je. Mais. Oooh, s’il vous plait, laisser moi passer !
    - Très bien, mais avant, répond à cet énigme !

Ils prirent un air solennel :
    - Quand je marche, je ne dois pas avancer.
    - Bien que je ne descende jamais, il faut toujours me remonter.
    - Qui suis-je?

La main sur le menton, Andy se mit donc à réfléchir et marmonner dans son coin. Les petits farceurs en profitèrent pour l’imiter gaiment, se concertant, chuchotant, se grattant la tempe et derrière l’oreille. Et bien sûr, alors que la jeune fille avait la réponse sur le bout de la langue, elle entendit résonner dans tout l’étage le Clac Clac affirmé d’un Santa bien pressé.
    - Tous ces cadeaux à préparer… Et moi qui n’ai pas encore commencé ! En retard, en retard, je suis toujours en retard ! Où est donc cette putain de montre ?
    - BOOOOOONNE REPONSE ! s’exclamèrent les jumeaux avant de se dégager du passage.
    - Une montre, c’est ça la réponse ? demanda Andy, mais à peine s’eut-elle retournée que Bonnet Blanc et Blanc Bonnet s’en étaient allés.
Elle continua donc sa route à travers le Cinquième étage, fit un tour en été, sur le balcon, dans les années 50, et atterrît finalement dans le grenier. La pièce était sombre, un nuage de fumée s’en dégageait. Andy crut d’abord à un incendie mais décida néanmoins, poussée par la curiosité, de franchir la brume. J’ai toujours su que ce genre d’attitude était plutôt risqué mais que voulez-vous, n’est pas pirate n’importe qui. Bref, là n’est pas la question.
    - Bonsoir petit scarabée.
    - Je m’appelle Andy.
    - Je sais. Approche.

La jeune fille dépassa le nuage et se trouva face à Harley, qui, affalée sur des cousins, un spliff à la main et les yeux dans le vague, faisait des ronds de fumée.
    - Qu’est-ce qui t’amène ici, petite ?
    - Eh bien, je…

Mais soudain, Andy se rendit compte qu’encore une fois, elle perdrait juste son temps à vouloir justifier son comportement. Elle poursuivait un Santa Claus à talon qui galérait avec ses cadeaux. Mais pourquoi donc le poursuivait-elle ?
    - En fait je ne sais pas.
    - Alors réfléchis.
    - C’est ce que je fais mais…
    - Enfin, comment peux-tu ne pas savoir ce pourquoi tu en es ici ? Aller, va-t-en, ne me pollue pas plus, oust, casse-toi !

Prise au dépourvu mais cependant, fière de ne pas avoir perdu plus de temps, Andy retournait vers la porte quand on l’appela de nouveau :
    - PETIT ÊTRE, PETIT ÊTRE, REVIENT UN INSTANT.
    - Quoi ?
    - Quoi « quoi ? » ?
    - Pourquoi m’avez-vous rappelé ?
    - Je n’ai rien fait.
La moutarde commençait à picoter le nez d’Andy. Cette fumée l’empêchait de respirer, lui donnant l’impression insolite de flotter lourdement, comme dans un rêve, et elle n’avait plus aucune idée de la direction prise par Santa. Bref, là n’est pas la question.
    - Quelle est la question ?

Ainsi, Andy remarqua pour la première fois qu’une troisième personne se trouvait dans un coin de la pièce. Ses yeux et son grand sourire étaient les seuls à ressortir dans la pénombre. Andy plissa ses paupières et le type s’avança à pas de velours. Il était plutôt petit et fin, l’air perché et fouinasse.
    - Quelle est la question ?
    - Voyons, où en étais-je… Je me demande quel chemin je dois prendre.
    - Vous avez perdu quelque chose ?
    - Je me posais juste une question.
    - Elle n’est pas là. Santa.
    - Vous l’avez vu ?
    - Qui donc ?
    - Santa.
    - Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

L’idée de lui foutre son poing dans la gueule traversa environ un million de fois l’esprit d’Andy sans qu’elle n’en fit rien. S’apprêtant à interroger la Chenille, elle fut coupée dans son élan par le Chat.
    - Oh, à propos, si vous tenez vraiment à le savoir, c’est là, qu’il est passé !
    - Qui donc ? demanda Harley d’un air interloqué.
    - Un certain Santa, lui répondit-il.
    - Vous en êtes sûre ?
    - Sûr de quoi ?
    - Qu’il est passé par là !
    - Mais qui donc ???
    - Le lapin ?
    - Oh, c’est agaçant.
    - Savez-vous faire voler les objets ?
    - Ooooooooh !

Voyant que la jeune fille était à bout de nerf, Leif reprit :
    - Toute fois. Si moi, je cherchais un mignon petit Santa, j’interrogerais le Chapelier Toqué.
    - Mais je ne veux pas parler à quelqu’un de complètement fou !
    - Ou alors, le lièvre de Mars en allant… Dans ceeeeeeette direction.

Andy interrogea Harley du regard et cette dernière, les yeux fermés, approuva le Chat du Cheshire. Elle les remercia et emprunta le chemin conseillé par Leif.
Au bout du couloir se trouvait un autre couloir.
Au bout du couloir se trouvait un autre couloir. Au bout de cet autre couloir se trouvait un troisième couloir et au bout de ce troisième couloir se trouver une porte, de la hauteur d’un tonneau de rhum. Arsène s’accroupit, tourna la toute petite poignée et passa la porte à quatre pattes. Aussitôt, elle tomba dans une sorte de cheminée. Sa chute, lente et agréable, dura près de 2 minutes, 25 secondes et 49 centièmes. A 2 minutes et 04 secondes, elle aperçut de la lumière et entendit plusieurs personnes rirent aux éclats. Elle atterrît, tête la première dans la cour de l’Ecole, face à l’entrée du Labyrinthe. A peine y pénétra-t-elle que les haies se recousirent derrière elle. Guidée par les rires, elle arriva au centre du Labyrinthe, où goutaient deux personnages farfelus, O’Scapl, un chapeau sur la tête, et O’Malley, qui tripotait ses oreilles de lapin.
    - JE SUIS UN LIEVRE ENFOIRE, UN PUTAIN DE LIEVRE.
    Que dalle. T’es-t’es-t’es un lapin meuf.
    - MAIS TA GAAAUUUULE !
    - Hum… Excusez moi…
    - Kesselle veut Mary Poppins ?
    - Alice, Camo. C’est une, une, une, une, une, une—
    - DEUX !!!! MOUHAHAHAHAHA
    - —une reprise d’Alice au Pays des Merveilles.

Vous ai-je déjà dit que je déclinais toutes responsabilités quand à l’absurdité de cette histoire ? Mais la question n’est pas là.
    - Auriez-vous vu passer un Père Noël par hasard ?
    - Pas vu.
    - Pas pris.
    - Une mère Noël par contre…
    - C’est une toute autre histoire.
    - Prend à-à-à-à boire, elle va a-a-a-a-arriver.
    - Prend un buvaAard, elle va débaAarquer.

Et en effet, à l’instant même où Andy posa ses fesses sur une chaise, surgit d’entre les haies une mère Noël légèrement habillée. Chelsea Klein, dans la collection Hiver Pole Nord de chez Bonnie&Clyde, vêtue d’un caraco rouge à fourrure blanche, ainsi que d’une jupe assortie et montée sur des talons rouges claquant au vent, tînt à peu près ce langage :
    - Bon, c’est pas tout ça les cocos, mais faudrait vous magner le cul, on doit encore foutre Aisling à feu et à sang.
    - Je pourrais violer Salem ????? HEIN HEIN HEIN ?
    - Hell yeah !
    - Attendez, attendez, les mecs. Est-ce que c’est réel ou est-ce que ça se passe dans ma tête ?
    - Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Andy… mais pourquoi faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel ?




De Louchette à Azure


Hum hum hum.
* raclement de gorge *
* tambourin *

BEA LE TEMPS EST CONTRE TOI. Han. Je suis sincèrement désolé, mais au vu d'un changement de programme de dernière minute, je n'ai pas pu envoyé mon SS. d'ailleurs je ne peux même pas squatter Aisling pendant 6 jours, je suis blazey. Cependant, je rentre Mercredi 28. Alors si tu veux bien me pardonner oh grande déesse aux cheveux violets, je te fais un Noêl en retard ( tu vois ces loosers avec leurs cadeaux en même temps là ? YOU WILL BE UNIQUE. ) Quand je rentres, tu pourras me flageller, me griffer, me mordre. MAIS TU AURAS TON CADEAU CROIX DE BOIS CROIX DE FER SI JE MENS, BONNIE VA AUX ENFERS. Edit B : WAIT POURQUOI C'EST MOI QUI VAIS EN ENFER JE REFUSE VA MOURIR.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:51

D'Azure à Kath






Oooh Christmas ♫
Oooh Vampire ♪
Oooh Pasta ♪♫

C'était bientôt noël. Noël et sa magie, sa gaieté, son insouciance et surtout un retour en enfance pour tous, y comprit pour Bella. Elle était heureuse de voir des décorations partout, des guirlandes, des choses lumineuses. Et quand les gens faisaient leur sapin elle venait les aider chaleureusement en mettant une boule par-ci, par-là puis un truc bizarre juste ici. Sous l'air effaré, consterné, des personnes qu'elle jugeait ravis elle leur disait une fois terminé « tu obli ps mn cado h1 ? ». Puis sous cet ordre elle s'en allait ravie. Tout était beau à noël, tout était féerique. Elle voulait chanter, danser, faire la cuisine ! Mais d'ailleurs, c'est ce qu'elle fit. Du moins, pour la cuisine. Elle enfila un tablier puis se rendit à l'endroit propice pour cuisiner puis une immense question envahit son esprit : que faire ? Dans ses souvenirs, sa mémoire, très profondément elle se souvenait que Bella dans Twilight faisait souvent des spaghettis. Alors c'est ce qu'elle ferait ! Ça ne devait pas être mauvais pour un vampire. Alors elle se mit à cuire des pattes dans l'eau ébouillantée. Quelle chef cette Bella ! Une fois les pâtes cuites elle les renversa dans un plat.

Une fois le plat avec les pattes entre ses mains elle se rendit dans une chambre de fille, au hasard.

« tu ve ps me doné tn cent ? C just pr ms pat, tkt. C pr la soss d spaghettis !!!! »

La jeune femme aux cheveux noirs lança un « euh. Non, désolé. » ce à quoi Bella lui lança « tepu !!! ». Lynn soupira en regardant Nora qui rigolait de la question de la jeune blonde. Bella s'en alla puis frappa à une autre porte.

« tu ve me doné tn cent ? Stp. C pr la soss d pat!!!! G sui 1 vampir koi »

Victoria lui claqua la porte au nez et voilà que à l'instant même Azalée A. De Coligny débarqua dans le couloir totalement essoufflée. Elle agrippa par les épaules la blondasse kikoolol en lui disant précipitamment « Tu as vu tout ces pères noëls aux fenêtres, hein ? Ils essayent de nous envahir. Je vais nous sortir de là. Ne t'inquiètes pas, petite. Mais comment faire. Hein ? Hein ? Je vais trouvé ! » Azalée baissa alors les yeux sur le plat que tenait la jeune.

« Tu fais parti des leurs ? C'est ça ? Tu veux m'empoisonner ?
vs voulez b1 me doné vtr cent ? C pr ms pât. G sui 1 vampr.
UN VAMPIRE ?
1 vampr, ui. »

La prof quitta la vampire les jambes à son cou. Celle-ci restait attristée que personne ne voulait donner son sang pour ses pâtes. Allez quoi, juste un peu de sang pour sa sauce. Des pâtes sans sang pour un vampire c'est pas bon ! Elle ne demandait pas la lune ! Alors elle se posa dans un fauteuil, juste à côté de Katharina E. Heisenberg qui restait là à regarder le magnifique sapin. Cette dernière n'aimait pas particulièrement noël, ces jours de fête où tout le monde devenait niais avec un sourire béat sur leur visage. Noël inaugurait une vague de joie, de chaleur et provoquait chez tout le monde un comportement le plus souvent inexplicable. Kath s'amusait à regarder les gens, dans ce fauteuil moelleux. Jusqu'à ce qu'une femme aux cheveux violets que Bella reconnu immédiatement, vienne lui demander s'il était possible qu'elle vienne l'aider à décorer son sapin dans sa chambre. Katharina accepta, laissant seule la vampire. La vampire leva doucement la tête pour admirer l'imposant sapin. Elle l'admira comme elle l'avait admiré le sapin chez elle dans son enfance, avec des yeux intenses et émerveillés. Une forte émotion qui provoqua en elle... un vomis. Un vomis arc-en-ciel directement déposé sur ses belles pâtes.

Elle resta là, heureuse, en priant le père noël ou quelqu'un de lui acheter encore un goodie de Twilight ou que Edward vienne la chercher, l'embrasser. Joyeux Noël à tous, sous les coups de tirs de pistolet à eau de Azalée - ayant oublié de prendre ses pilules ce jour-là - sur les pères noëls essayant d'envahir Aisling.





Spoiler:
 


De Batman à Artemis





« Are you an angel ? »
« What, are you dense ? Are you retarded or something ? Who the hell do you think I am ?
I'm the goddamn Batman. »
- Moira.
Elle tourne la tête dans ma direction. Je sens son regard qui bafouille, ses paupières qui clignent un peu plus vite que d'habitude, ses pupilles à la recherche d'un élément connu. Je crois qu'elle est un petit peu effrayée. Pire encore, je crois qu'elle a raison. Moi non plus, je n'aimerais pas être seul avec moi-même dans un endroit aussi sombre. Personne n'aimerait. Personne n'aimerait car dans le noir, qu'il y ait promiscuité ou distance absolue, dialogue ou silence, mouvement ou pétrification, dans le noir, quoiqu'il se passe, dès qu'on a les yeux handicapés, tous les sens se réveille, tous, les cinq jusqu'au sixième et même plus encore ; et quand tous les sens s'éveillent de la sorte, les apparences s'envolent et laissent leur place au ressenti - et je crois bien que le seul ressenti que puisse laisser ma présence en bouche, oreilles, nez, épiderme, conscience et multivers, lorsqu'elle est privée de mes airs timide, niais et trop gentil, c'est cet amour bien trop fort pour qu'il passe véritablement par autre chose que des orifices. Je crois qu'elle a bien raison, d'être effrayée, Moira. Moi aussi, je le serais à sa place. C'est bête, comme situation. J'aimerais bien lui éviter ça, à ma Moira.
C'est que j'aime bien l'observer, Moira. J'aime bien le mouvement de ses longs cheveux écarlates quand elle marche, j'aime son trait fin et pourtant précis, j'aime placer discrètement un oreiller sous sa tête quand elle s'endort, j'aime quand elle joue de la harpe, j'aime la forme de ses ongles rongés, j'aime lever la tête vers le ciel et la voir dans un arbre, j'aime son sourire quand elle respire la chaude odeur du cacao. Et mieux encore, qu'est-ce que j'aime la voir amoureuse... Je me verrais presque dans ses deux yeux violacés, lorsqu'elle fixe tendrement la personne qu'elle aime...
Mais peut-être devrais-je cesser de digresser et remonter un peu dans le temps afin de vous expliquer comment on en est arrivés là.

C'était le premier décembre. Le début de l'Avent. Inévitablement, quelques italiens dans la classe des physiques ont proposé de le fêter, puisqu'ils faisaient de même chez eux - et quel genre de physique aurait pu refuser une nouvelle excuse pour faire la fête comme des petits fous toute une nuit ? Sans vouloir verser dans le préjugé - si vous voulez, j'ai des études de statistiques qui prouvent mes propos -, très peu, ça va de soi. Bref, fête il devait y avoir, et fête il y eut. Ainsi qu'alcools, diverses substances de diverses natures fournies par diverses personnes ( il parait que c'est incorrect de citer les noms des gens que l'on a vu se rouler sur trois ou quatre billets alignés dans une flaque de vomi ? ), musique bien trop forte au goût de ceux qui étaient en train de travailler, élèves déchaînés, et autres merveilles du monde de la jeunesse actuelle. Le tout avec quelques boîtes de chocolat ici ou là, un sapin en plastique, deux ou trois feuilles de houx égarées entre deux bouteilles de whisky et quelques branches de gui sous lesquelles quelques amours s'embrassaient fougueusement - et autour desquelles je tournais discrètement, avouons-le - histoire de rappeler, au passage, le pourquoi du comment de ladite fête.
Ne tournons pas autour du pot : cette fête fut un véritable carnage, et une bonne partie de l'établissement en pâtit. Vomi étalé sur les murs des couloirs, vin chaud renversé un peu partout, enceintes éventrées au sécateur, partout régnait une terrible odeur de tabac froid, de cannabis bon marché, d'urine et d'alcools divers mal mélangés. Évidemment, tous les participants attrapés furent sommés d'aider à nettoyer tout ce carnage, mais quelle ne fut la déception de certains qui, ayant préféré s'abstenir d'aller à ladite fête, se sont réveillés en découvrant un tel bazar...
Moira était de ceux-là.
Oh, comme je me sentis coupable à la place de tous, en la voyant chercher ses pinceaux le regard triste pour finir par les apercevoir dans divers orifices corporels de camarades en état de décomposition post-fête ! Et ses tubes de peinture, ses grandes feuilles de papier, ses toiles, tout ça, gâché par divers abus d'alcools répréhensibles et punissables par la loi ! Je vous rassure, toutes les fêtes ne finissaient pas toujours comme ça - seulement, quelques éléments perturbateurs aux cheveux pointus et aux sourires narquois avaient jugé bon de s'en mêler, alors comprenez-bien que tout cela ait dégénéré...
Et la culpabilité me dévora et fur et à mesure que je la voyais se renfrogner, dire que les gens étaient stupides, inutiles, que j'entendais sa tendre voix avec ce petit timbre pointu exprimer une plainte face à ses amis parlant de son matériel gâché, de ses peintures de ce fait abandonnées, et voir ses mouvements se faire plus las et ample tandis que le spleen et le blasement le plus total gagnaient son petit corps trop grand.

C'est ainsi qu'aujourd'hui, profitant de diverses aides extérieures pour m'infiltrer dans le dortoir des filles, présent dans sa chambre quand personne d'autre que nous deux ne l'était, je prononçai son nom, et suscitai chez elle une réaction quelque peu paniquée.
Voilà donc où nous en étions.
Elle était en pyjama, devant son lit, prête à aller se coucher. Les yeux à demi-ouverts, comptant sur mon bracelet de protection pour ne pas me lâcher dans cette terrible pénombre, je déposai doucement les présents que j'avais apporté au sol et m'approchai doucement d'elle.

- ... Je... On se connaît ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu as le droit d'être là ?
Lança-t-elle à tout hasard, la voix tremblante, alors que je passais doucement mes bras autour de son corps, effleurant son front du bout des lèvres pour déposer tendrement un baiser sur une de ses joues. Son corps aussi tremblait un petit peu. Toujours cette histoire d'aura, sûrement... Je déposai un autre baiser sur son autre joue, effleurant cette fois ses lèvres sans pour autant m'attarder dessus - je n'aurais pas voulu m'accorder l'audace de lui voler son premier baiser... Je sentis une de ses mains, la gauche sûrement, se poser sur mon épaule, probablement pour me faire comprendre que je devais m'arrêter là. Mais elle sentait trop bon, et son pyjama était bien trop doux...
J'embrassai maintenant son cou, la serrant un peu plus fort contre moi, respirant un peu plus fort également aussi, motivant tant et tellement de mauvais plaisirs en mon âme qu'un long serpent en bas se réveilla d'un hivernal sommeil réparateur...

... Déchaînant l'alarme du dortoir. Mince, j'avais mal calculé mon coup. Je mordillai rapidement l'oreille de ma cadette, et d'une voix suave - mais prompte - lui murmurai que j'étais celui qui lui apportait son cadeau, avant de m'enfuir en courant dans le couloir pour me jeter à la porte et me tapir dans l'ombre en attendant que tout se calme.

Je souris doucement en repensant à l'odeur sucrée de mon tendre amour.
Oh, Moira.
Dis-moi que je t'ai fait croire au père Noël à nouveau.


... Oui, je sais, tu disais avoir une préférence pour Nell et Nemo, et moi, direct, je me déchaîne sur Moira. MAIS J'Y PEUX RIEN ELLE EST TROP CHOUE J'AI EU UN COUP DE COEUR ET PUIS bouhouhou c'est pas de ma faute, ne me flagelle paaas.
Anyway, j'en ai pas fini avec toi !

Donc tout d'abord, j'ai sorti du tiroir mes plus beaux crayons de couleur pour les donner à Camomille qui a a-bso-lu-ment tenu à te faire des dessins ( cherche pas, elle était foncedé ), ce qui a fini en roman graphique de première gamme !
Page 1
Page 2
Page 3 et fin
Pour ce qui est de l'éléphant à plein de pieds, je, heu... disons que les voies des droguées sont impénétrables ( tout du moins en majeure partie )
Et oui, si tu tournes la tête à 90° sur la gauche tu verras un visage sur la troisième page, c'est normal, c'est magique. ( non en fait je sais même plus pourquoi il est là mais euh bon on va pas le jeter dehors, c'est noël, quand même ! )


Puis sinon quelques merdouilles, puisque t'as l'air de bien aimer les avatars :3 ♥
Spoiler:
 

J'espère que ça t'aura fait un peu plaisir et/ou sourire, jeune homme.
LIVE LONG AND PROSPER. ( et Joyeux Noël, tout ça )

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
ADMIN | Give me the chocolate and nobody gets hurt.
avatar

Messages : 2669
Date d'inscription : 07/08/2009
Age : 24


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Irlandaise.
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 12:55

Merci à tous ceux qui m'ont souhaité de bonnes fêtes en passant, qui m'ont bisouté, remercié, ca m'a fait très plaisir ;w;
Et j'ai modifié les textes de ceux qui me les ont renvoyés, et voilàààà.

A VOS COMMENTAIRES MAINTENANT. Que ce soit votre cadeau ou pas, c'est Noël pour tout le monde.

Et moi je commence parce que j'ai lu le mien à trois heures du matin, hinhin (vous avez la haine, avouez). Et je dois dire que.
PUTAIN LULA MAIS PUTAIN QUOI. Je sais pas si tu te rends compte à quel point j'ai eu du mal à pas me pisser dessus tellement j'ai ris UN TRUC DE MALADE. Déjà merci de souligner que mes mâles sont toujours construit sur la même base (MERCI SALE TEPU) (mais le "Quoi, le côté pédophile, grand dadais, tête à claque, humour naze, l'alcool et la fumette, ou simplement notre propension à choisir les mauvaises nanas ?" m'a tué, j'ai mourru à ce moment) mais les conversations entre Percy et Porthos sont. Mythiques ? Légendaires ? A pleurer de rire ? d'une débilité absolue mais totalement en accord avec les personnages ?
Et le fait que tu ais géré tous les persos, sérieux je peux te les laisser en garderie tu les joues mieux que moi. Et l'apparition inexpliquée de Roxanne. (son alcool on y touche pas bande de tapettes) ET ATHOS. ET.
Enfin je ne pourrais pas choisir, TOUS les passages m'ont fait rire et facepalmer. Et les images. ET LES RÈGLES A LA GALLOISE DU STRIP-MONOPOLY. On devrait y jouer putain. (et sale sale, tu as fait des avatars à Rox et Storm, je te hais)
Bref, mon Noël est fait, MERCI. Maintenant je retourne le lire pour pleurer de rire.


Dernière édition par Aelys E. O'Brien le Dim 25 Déc - 13:16, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://aisling.forumactif.com
▬▬▬▬▬▬▬
Invité
Invité
avatar



MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 13:02

J'entame les commentaires (et ça hurle en bas) pour te dire juste merci Camie ♥ C'est magnifique, c'est. Woh. Je pensais pas que quelqu'un utiliserait Mary (parce qu'elle est chiante) et juste c'est magique sous tes doigts et gnih Narcisse est adorable et Cosmos et. Et enfin voilà. Je pensais pas pleurer le jour de Noël mais ça y est c'est fait (mon maquillage D: ) Alors j'espère que tu as passé un très joyeux noël et voilà. J'ai juste envie de dire marry meeeee. *sort en lançant des paillettes*
Revenir en haut Aller en bas
▬▬▬▬▬▬▬
MODO | Magic Mirror, who is the fairest one of all?
MODO | Magic Mirror, who is the fairest one of all?
avatar

Messages : 1145
Date d'inscription : 14/12/2010
Age : 21


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans.
Nationalité: Américano-britannique. (MARYSUE)
Relationship:

MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   Dim 25 Déc - 13:10

CHUUUUUPP C'EST TROP CHOU. JE KYATTE.
** j'adore. c'est epic le JasminScarlett (osef si tu la massacres elle, c't'une gueuse de toute façon)
Ça m'a vraiment fait sourire, et l'avatar est sublime. Merci. Joyeux noël à toi ♥

L'OS DE CRYS. VLADIMIIIIIR /meurt dans d'atroces souffrances

_________________
    BABY ALONE IN BABYLONE.
That's not a skirt girl, that's a sawn-off shotgun
and I can only hope you've got it aimed at me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2   

Revenir en haut Aller en bas
 

I’ve been a clean living boy • Secret Santa V2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: « AT THE END OF THE DAY. :: «The gallery.-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit