AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Game over ✘ Mist

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 110
Date d'inscription : 10/08/2010
Age : 22


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans
Nationalité: Irlandaise
Relationship:

MessageSujet: Game over ✘ Mist   Dim 9 Oct - 14:43

ERREUR 404 : GAME OVER

.

Il ne sait plus. Quand est-ce que ça a commencé. Quand est-ce qu’ils ont dévissés la bouteille, puis la suivante. Quand est-ce qu’il a bu ce rhum. Tout cet alcool. Il ne sait plus s’il la vraiment fait et pourtant. Il ne sait plus s’il doit vomir ses sentiments, ou au contraire les englués dans sa peau. Il ne sait pas, il ne sait plus et ça c’est pire, ça fait mal.

Son dos glisse encore contre le mur. Il tient la bouteille de rhum dans une main, sa tête repose entre ses bras croisés. Le froid lui mord la peau, il frisonne, se sent vivre. Il essaie d’exister, de comprendre. Il a le mal de vivre et on s’en fout. Il attire le corps inerte de Mist contre son torse.              Il tente de ne pas penser à  Alice, de ne pas se demander où elle est, avec qui elle est mais, c’est impossible, c’est plus fort que lui. Il se demande si elle s’allonge toujours par terre, le bijou de son téléphone portable rose roulant entre ses doigts alors qu’elle discute, ses devoirs et ses livres de cours sous son nez et si elle croque toujours le capuchon de ses stylos en réfléchissant, si elle se rappelle de cette nuit où elle avait fait un scandale parce que Emillie Storbs avaient osés lui faire des avances et d’une autre encore où elle avait débarqué dans sa chambre en trombe parce qu’il avait encore fait une connerie. Il avale les dernière gorgée de rhum et envoie valser la bouteille vide contre un mur.

C’était peut-être bien sa dernière bouteille à la mer, son dernier message à la grande ours. Il restait assez de verre pour jeter un quelconque message, un quelconque appel au secours, un seule sos, suffisamment pour que quelqu’un le trouve. Il saisit un fragment de verre avec précaution, le regarde danser entre ses doigts. Il scrute avec intention son avant bras, son cœur chavire sous sa peau. Il hésite, se décide à glisser le morceau de verre contre sa chair, il appuie encore. Il s’arrête, fait tomber son arme. L’objet a cisaillé son âme, à décortiqué son cœur. Nathy sombre, ne sait pas contre quoi il se débat.  Et si, supposons, qu’il envoie un dernier message, un alice ? Il appuie sur le combiné vert, la sélection sur son nom. La tonalité se fait oppressante. Il compte lentement les secondes. Le sang viole ses vêtements, glisse sur sa peau. Il se s’en défaillir, le cœur en suspend.

▬ Nathy, c’est toi ? Est-ce que tu vas bien ?

L’envie de vomir lui monte aux lèvres. Ça se bouscule dans sa tête.

▬ Nathy. Qu’est-ce qui se passe ? Où est-ce que tu es ?

Il s’était noyé dans d’autre iris, des bleues, des vertes, des rouges, des turquoises, dans d’autre visage, dans d’autre corps pour oublier ses iris saphir, sa peau et sa manière de le taquiner. Il voudrait oublier tellement d’elle, il voudrait oublier qu’elle existe, oublier combien elle compte pour lui. Il voudrait oublier tout ça mais, il en est incapable.
.


Dernière édition par Nathanaël Knowles le Ven 23 Aoû - 21:23, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 907
Date d'inscription : 16/03/2011
Age : 25


It's a kind of magic.
Age du personnage : 16 ans
Nationalité: Anglaise
Relationship:

MessageSujet: Re: Game over ✘ Mist   Mar 15 Nov - 3:48

T'as le nez trop prêt de la bouche ; Ca attire les mouches
Tu pues, pochtrone ; T'es vraiment trop conne


Une odeur fétide la tire de ses vapeurs. Il s'agit manifestement de sa propre haleine. Nostalgie du parfum de putréfaction... Ses paupières battent prestement, papillons aveugles. Elle entraperçoit le carrelage. Les carreaux dansent devant ses yeux. Un son l'interpelle. Ploc, ploc. Régulier. Comme le tic tac d'une horloge égrène les secondes que le temps vient d'arracher à sa vie. Elle tente vainement de se redresser et constate qu'elle est appuyée contre quelque chose de mou et tiède. C'est lui. C'est donc lui... C'est toujours lui. Et, lentement, quelques faits, flash troublants, s'imposent à sa mémoire confuse. Elle l'a trouvé ici-même. Encore en train de penser à Elle. Cette fille-là. Il pensait à Elle sur une quelconque elle. Pour oublier la véritable Elle. Alice. Égaré dans son Pays des Merveilles, il butine toutes les fleurs du jardin, pensant oublier l'héroïne de son conte. Il affabule toujours autant. Il se retrouve imbriqué dans n'importe quoi juste pour essayer de se prouver quelque chose. Il est vraiment trop con...

C'est là qu'elle l'entend. Faible voix... Elle tente de redresser la tête mais son cou ploie sous le poids des litres de rhum dans lesquels baigne son cerveaux. Elle écoute de son mieux, et perçoit cette déformation caractéristique aux appareils électroniques. « Nathy. Qu’est-ce qui se passe ? Où est-ce que tu es ? ». Oh non...

Pas elle.

Dans un effort surhumain, elle se redresse finalement et, d'un geste maladroit, éjecte l'appareil traitre aussi loin que son maigre poignet le lui permet. Son propriétaire ne réagit pas. Un mètre plus loin, la voix inquiète continue d'appeler, désespérément... Il ne se précipite toujours pas. La branche d'un arbre toc à la fenêtre, leurs respirations sont faibles, pesantes, la voix dans le combiné insiste et... ploc, ploc. Oui, toujours ce bruit. Un bruit mate, épais, un bruit lourd de conséquence. Elle tend l'oreille, promène ses yeux. Son regard tombe enfin sur le rouge. Les étoffes s'imprègnent, foncent. Bordeaux. Lie-de-vin. Pourpre. Ce jus d'âme qui se balade teint tout sur son passage, tyran des fibres de coton. Elle remonte le courant. Elle sait bien, au fond, ce qui en est à l'origine. Il y a peu d'endroits qui rendent autant de sang. Elle sait bien, au fond, mais elle espère se tromper. Toutes ces fois où on vendrait son âme rien que pour avoir tort... Puis elle y arrive, finalement. Le torrent à l'origine de la rivière. Une source naturelle qui ne demande qu'à être tarie, au plus vite, au plus fort, et si ça fait mal, c'est encore mieux... Machinalement, elle plaque sa main contre l'entaille. Un soupir de désespoir et sa tête retombe sur l'épaule du masochiste. T'as voulu mourir avec Sa voix dans l'oreille, Nath, t'es trop glauque. T'as voulu mourir avec mon corps dans les bras. Comme pour lui opposer une nouvelle pute, à ta princesse. Tu m'aurais jamais fait ça, avant. T'as toujours pris soin de moi...

« Dis, Nath, tu ne m'aimes plus alors... ? »

Dis, Nath, tu l'aurais jamais fait avant. Il s'est passé quelque chose, Nath ? Tu le sais, Nath, tu sais que tu peux tout me dire. Je suis un peu simple, je ne comprends pas tout, mais je sais écouter, quand même. Je sais ce que c'est de cracher sur son reflet chaque matin. Je sais ce que c'est de penser à une Elle ou à un Lui. Tu sais bien que je pleure souvent, vu tout le mal que tu te donnes pour me faire rire. Tu sais que je suis une personne malheureuse. Et moi je croyais que me consoler te consolait aussi. J'ai cru que tu en avais autant besoin que moi, Nath. Pourquoi tu ne me dis rien ? Tu me fais du mal. Tu le voulais ? Je ne te comprends plus. Tu pensais trop à moi et maintenant tu penses trop à toi. Si j'enlève ma main, tu seras vide avant que j'ai le temps de ramper jusqu'à quelqu'un qui puisse t'aider. Alors je ne vais pas bouger, Nath. Je préfère attendre qu'on nous trouve. Attendre qu'on nous sauve. Je ne saurais pas te rendre ce que tu m'as offert, finalement. Je ne peux pas te sauver. Je ne peux déjà rien pour moi. Mais je sais bien à quoi tu penses, dans les replis crasseux de ton esprit tordu. Tu attends qu'Elle te sauve. Mais Elle ne viendra pas, Nath. Même si Elle savait quoi faire, cette fille ne pourrait pas te faire de bien, j'en suis persuadée. Tu as trop salis son image. Tu l'as abimé en essayant de la gommer. Tu ne te supporteras plus à ses côtés. Tu ne seras jamais heureux avec elle. Mais moi, j'aurais peut-être pu. J'aurais pu puiser dans ton soutient pour t'apporter le mien. Échange de bons procédés. On ne s'aimera pas comme on les aime Eux, mais au moins on pourra compter l'un sur l'autre. On arrêtera de penser qu'on ne les vaut pas, on arrêtera de cracher sur nos reflets. On fera ce qu'on peut pour être heureux, juste avec ce que Dieu nous a laissé. Je sais que tu n'y crois pas, que tu te moques quand je dis ces choses là, mais ne t'en fais pas, Nath, j'y croirais pour deux. Je ne suis peut-être pas très forte, mais si c'est pour toi, je jure que j'aurais assez de foi pour deux. Tu le sais, pourtant...

« Tu sais comme je t'aime, pourtant, Nath... »


un peu plus tôt...


Une porte s'entrouvre, timide. Elle aimerait entrer mais croit avoir entendu des bruits significatifs. Puis elle entre, discrètement. Tous les cabinets sont ouverts, sauf un. Le dernier. Elle regarde sous la porte et reconnaît ses chaussures. Non loin, une culotte à motif floral gît au sol dans la plus grande indifférence. Des halètements disgracieux, bestiaux. La porte tremble. Ce sont ses coups de rein. Elle en reconnaît le rythme. Il accélère toujours de la même manière. Parce qu'il s'en fout, en fait. Ces filles sont toutes les mêmes, alors il les baise toutes de la même façon. Lasse, Weather soupire, lève le bras et toc à la porte.

« Nath, je sais que t'es là-dedans. Arrête ça, tu veux. »

La fille semble abasourdie, chuchote un ''non mais c'est qui celle-là ?!'' empressé et récupère prestement sa lingerie au son du ''t'occupes, dégages'' peu amen de son partenaire. La porte s'ouvre et une furie mal rhabillée fuse hors des toilettes. La porte claque. Weather soupire de nouveau, secoue la tête de gauche à droite, paupières closes. Sans un mot ni un regard, elle part tranquillement s'installer au fond, s'adosse au mur et se laisse glisser au sol.

« Tu ne devrais pas me forcer à faire ça. Je ne devrais pas avoir besoin de te le dire. On ne devrait même pas en parler. »

Finalement, elle se décide à lever les yeux, le toise d'un regard accusateur.

« Mais on peut parler d'autres choses, si tu veux. »


Dernière édition par Weather Time le Jeu 23 Fév - 2:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 110
Date d'inscription : 10/08/2010
Age : 22


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans
Nationalité: Irlandaise
Relationship:

MessageSujet: Re: Game over ✘ Mist   Sam 31 Déc - 1:18

ERREUR 306.

.
On peut être mal dans sa peau, avoir le mal de vivre.
On peut être a m o u r e u x, faire des c o n n e r i e s.
On peut avoir peur d u m o n d e, et s e faire du m a l.
On peut ne p l u s comprendre, avoir envie de vomir.
On peut faire la révolution, être capable d e dire non.
On peut a r r ê t e r de v i v r e, d e faire s e m b l a n t.


Il entend sa voix se multiplier sur le mur du son, fragile papillon dévastateur. Jolie Alice emmurée dans son Murderland, elle n’en peut plus. Comment se sortir de la tête une elle, un peu trop ancré, trop là encore? Il lui avait semblé avoir trouvé comment, une illusion comme souvent trompeuse, un rêve qu’on aimerait pouvoir toucher sans se faire mal. Il s’était amusé à faire semblant. Il s’était inventé qu’à travers d’autres yeux, d’autres visages, il serait capable de voyager au centre de la terre, d’un instant succombé au désir d’elle et de ses yeux si bleus. On s’était bien retenu de lui dire qu’on n’oublie pas vraiment, qu’on fait seulement semblant de s’en foutre, et qu’on continue de vivre, comme on peut, que quand ça commence à être insupportable, que le manque et la douleur nous submerge à en être fou, on appuie sur la détente, le flingue contre le cœur.

L u i.
Il s’était fait la guerre, tout seul comme un grand.

▬ Tais-toi, idiote.

Mist, tu sais je n’avais pas envie de te faire du mal, encore, comme toujours. Je ne mérite pas de te voir sourire. Je suis trop stupide. Je t’imbrique dans mes conneries. Tu mérites d’être une princesse. Mist, pourquoi est-ce que je te fais autant de mal ? Tu vois, je me sens seule sans elle. Je ne sais pas dire son nom, je ne connais pas ses yeux. Tu sais j’ai essayé de les retenir, de les apprendre par cœur, et c’est ça qui fait le plus mal : je ne peux pas. Mist. Qu’est-ce que je vais faire sans elle dis-moi ? Qu’est-ce que je fais de tout ça maintenant ?

Il aurait voulu lui dire, lui faire comprendre combien ça l’emmerdait d’avoir mal. Il aurait voulu crier au monde que la jolie Alice dans son Murderland était la seule responsable de la folie de son Chapelier Fou. Il aurait voulu déverser un océan de colère, mais il en est incapable.

Il bouscule sa co-capitaine, brusquant son cadavre dans les décombres de verre, tâchant ses vêtement de rouge. Il essaie de se redresser d’un geste maladroit. Le monde semble moins beau d’en haut. Il titube comme il peut vers le lavabo, manquant de s’écrouler. Il trébuche, se retient à la surface glacé du lavabo, ses pupilles se figent dans la glace, lui imposant cette image trop glauque d’un adolescent en manque. Il se sent tomber à terre. Il est vilain avec sa tignasse trop en bataille, ses yeux trop vert d’eau marqué de noire, son blouson déchiré et éclaboussé de pourpre. Mist est plus jolie avec ses grands yeux cramoisis cerné d’encre bleue et ses mèches framboise retombant sur son visage de poupée. Mist a toujours été la plus jolie.

.
J’aurais voulu que ça soit toi plutôt qu’elles

Ils cavalent à travers les couloirs, lui sait où ils vont, elle sait où elle espère qu’ils iront ; elle rêve d’une vue sur les balcons, et son parfum encore virevoltant sur son oreiller, de ses vêtements gisant sur le sol, d’un moment entre lui et elle et lui rêve d’un endroit que le monde ferait mieux d’oublier. Il actionne la poignée et se glisse à l’intérieur. Il n’y a personne. Son dos heurte une des cabines avec violence, son corps prit d’assaut entre les griffes d’une quelconque elle. Ses doigts papillonnent sur sa peau, elle le bouscule contre une porte et ses baisers lui brûlent aux corps, et dans un tango endiablé il la retient contre le mur. Puis, les coups de reins se font de plus en plus pressants, et perché au septième ciel l’adolescente murmure le nom de son démon.

▬ Nath, je sais que t'es là-dedans. Arrête ça, tu veux.

Il relâche son étreinte autour de sa taille, et la laisse glisser au sol. Nathanaël bascule la tête contre la cabine attendant que la porte claque comme toujours. Il s’appuie contre l’encadrement et adresse un regard empreint de colère à la jolie rousse qui lui tient tête devant son royaume.

▬ Tu ne devrais pas me forcer à faire ça. Je ne devrais pas avoir besoin de te le dire. On ne devrait même pas en parler. Mais on peut parler d’autres choses, si tu veux.

▬ Tu ne devrais pas être ici. Je ne devrais pas avoir besoin de dire quoique ce soit. On ne devrait même pas être là toi et moi. Mais, non on ne peut pas parler d’autres choses. Tu te trompes.
.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 907
Date d'inscription : 16/03/2011
Age : 25


It's a kind of magic.
Age du personnage : 16 ans
Nationalité: Anglaise
Relationship:

MessageSujet: Re: Game over ✘ Mist   Jeu 9 Fév - 3:39

J'l'ai pas voulu, j'l'ai pas cherché, tu sais,
c'est pas c'que j'voulais.

Je l'avais même pas vu
J'm'étais pas aperçu
J't'aurais conduit au bout
Même éloigné du trou

J'l'ai pas voulu, j'l'ai pas cherché, tu sais,
c'est pas c'que j'voulais.

Si j'avais vu Alice
Les yeux pleins de malice
Deviné l'lapin blanc
J'aurais pas fait semblant


Putain con. Trop de vulgarité dans ce ton. Elle l'aurait supporté pour personne, pour toi elle a détesté. Elle est pas idiote. Elle t'aime plus, d'abord. Juste quand tu dis ces mots, la partie de son cœur qui ne bat que pour toi s'arrête un instant. La seconde d'après, quand tu te tais, il repart, parce que tant que tu la fermes, il peut faire semblant de ne pas t'avoir entendu. C'est comme ça qu'elle t'en veut, Mist. Elle t'en veut quand tes lèvres bougent encore, puis après, elle choisit l'oubli. Sinon tu penses bien, elle t'aurais lâché, depuis le temps. L'espace-temps la juge rancunière, et toi tu crois qu'elle pardonne tout. Mais elle ne sait rien. Dans ton dos, elle se bouche les oreilles et chantonne. Si tu pouvais voir son cœur, c'est ce que tu verrais. Les yeux plissés fort sous l'effort de l’ignorance. Si elle ne sait pas, ce n'est pas grave. Tant qu'elle ne sait plus, la vie continue. Elle ne t'en veut pas Nath, elle est si gentille Nath, elle te supporte Nath, juste parce qu'elle ne se rappelle que de tout ce qu'il y a de bon en toi. Tant qu'on ne lui met pas sous les yeux, elle ne sait rien de cette partie de toi qui ne voit qu'Alice. L'Alice, la seule. L'Alice de tous tes délices. L'Alice de ta morbidité contenue. L'Alice des souffrances que tu t'imposes tout seul, parce que t'es trop con, Nath. Putain con. Y'en aurait presque de la vulgarité dans son ton.

▬ Je ne suis pas idiote. Et toi, tu es cruel.

Ses membres débiles le soutiennent si mal. Rien en lui ne semble à la hauteur de ce qu'il pourrait être. Il se retient à la faïence providentielle, scrute son reflet émacié. Il n'aime pas ce qu'il voit. S'effondre. Il s'effondre, mais il ne t’oublie pas pour autant. Il s'effondre dans un regard, un regard qui t'est destiné. Il te regarde Mist. Il te regarde, et toi, tu ne sais pas trop ce que tu y vois. Douleur et douceur. Il y a des choses derrière, juste dans sa tête, des choses que tu ne veux pas savoir. C'est un regard qui parle, mais tu ne saisi pas les mots. Peut-être parce que tu n'écoutes plus, Mist, lasse de ces battements manqués déterminés à occulter le meilleur du pire. Tu ne l'entends plus tout à fait correctement, à force. Des choses sourdes grondent en toi, un brin de rancune, peut-être. Mais juste un brin. Tu sais la laideur d'un bouquet, cette entité collective dont chaque individu tend au but commun : l'harmonie. Non, toi tu préfères les choses simples. Pas de bouquet nuancé, pas de multiplicité, le soliflore est un esprit révélateur de la beauté. Et ce brin, cette once de rancune est tellement plus criante, si bien mise en valeur dans tes prunelles carmin que tu préfères l'y soustraire, que tu détournes les yeux. Si limite il pouvait y avoir, l'aurait-il franchit par une énième démonstration de stupidité ?


si t'avais su, est-ce que tu s'rais v'nu ?


▬ Tu ne devrais pas être ici. Je ne devrais pas avoir besoin de dire quoique ce soit. On ne devrait même pas être là toi et moi. Mais, non on ne peut pas parler d’autres choses. Tu te trompes.

Accusatrice, ce regard par en dessous exprime la virulence de sa désapprobation. Il est pas gêné, définitivement. C'est elle, alors il se permet trop de choses. Il hésite jamais à pousser plus loin, à en rajouter, à lui imposer davantage. Il fait ça dans un sourire, et son visage reste sombre. Il ne sourit pas, ça ne s'entend pas, il n'y met aucune ironie, mais elle voit un sourire. Dans sa tête, il sourit toujours. Ca l'aide à croire qu'il est pas si malheureux. Parce qu'il était pas le seul à fuir dans un Murderland. Elle avait déjà du malheur dans sa vie. Elle voulait pas du sien, au fond. Elle était quand même égoïste. Elle voulait que le meilleur. Mais au final, elle se laissait toujours faire. Et elle prenait le pire avec. Comme un pack. Sa vie avec lui, c'était des soupirs et des élans de renonciation. Et malgré ça, elle voulait encore donner l'impression de se débattre.

▬ A qui la faute ? Tu forces ma présence. Et tu veux encore me soutirer une conversation désagréable. Comment je devrais le prendre ?

Profond soupire. Tanpis, après tout. Elle capitule. Elle capitule toujours. Et elle déplace quatre carreaux de faïence au pied du mur. Et elle sort la bouteille à peine entamée planquée là. Et elle la pose à côté d'elle, lui indiquant clairement que sa place est de l'autre côté. Lui et elle, et la bouteille entre les deux. Parce qu'ils ont besoin d'un arbitre. Un arbitre impartiale.

▬ Tu veux qu'on parle, on va parler. Mais si tu penses que je vais te laisser me faire du mal sans m'en faire aussi, tu me connais bien mal.

Elle dévisse le bouchon.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 110
Date d'inscription : 10/08/2010
Age : 22


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans
Nationalité: Irlandaise
Relationship:

MessageSujet: Re: Game over ✘ Mist   Lun 27 Fév - 22:02

WHY IT HURTS SO BAD ?

.
Ça a toujours été comme ça au fond – Mist d’un côté, lui de l’autre côté de la bouteille à s’amuser de ses conneries, ses accès de folie, à rigoler de ses yeux carmins trop claires. Il se moque de leurs idioties, d’eux ensemble, deux idiots, deux frères d’armes ; il se moque d’elle et de sa triste guerre, ses tranchées creusées en vain contre elle. On aurait pu réciter des poèmes, des monologues, inventer des valses, mais ça aurait été con, inutiles. Nathy est incapable de gommer ça mais, si la morsure brûle dans ses organes, si ça fait trop mal alors il commence à agiter sa gomme sur le papier, tente d’arracher tout ce qu’il lui reste. Le bleu pour ses yeux. Le noir pour ses traits. Le pourpre pour sa bouche. Le rose pour sa peau. Ça brûle, ça s’embrase mais il continue toujours parce que c’est mieux, pas vrai ?

Quand tout est ravagé, que sa silhouette est encrée dans les trames du papier, il décide de repeindre ses traits au feutre indélébile, collant sur son image déjà trop abimée un voile cramoisi marquant son amertume, sa colère, ses espoirs et il l’abîme toujours plus. Ce n’est plus vraiment elle, pas vrai Nathy ? Ce fantôme stupide collé à ta peau, te suivant à travers ta vie. Tu ne le reconnais. Tu ne sais plus vraiment pourquoi tu l’aimes mais tu continues à avoir mal. T’es trop con. T’es trop bête. T’aurais voulu tomber amoureux d’une personne, de ses yeux carmin, de sa bouche débiles, de sa peau marqué de rouge. T’aurais voulu pourvoir être avec elle, lui raconter des histoires, la faire sourire un peu. Mais c’est impossible. Tu l’aimes trop.

▬ Tu sais pourquoi je suis amoureux de cette conne ?

Il avait cessé de dire son nom, de prononcer ces syllabes avec un sourire niais dans la voix, de l’appeler pas son surnom parce que si il en avait été capable il aurait voulu tout gommé, ne plus avoir mal. Mais ce n’est pas si simple. Il regarde la marionnette brisée au sol à travers le miroir, ignorant ses yeux, sa bouche tordu dans un sourire triste, ses morsure ouverte sur son âme trop vivante, trop lui. Il n’aimait pas discuter. Il n’aimait pas parler. Mais il se sentait trop seule aujourd’hui.

▬ Avant ça, ma vie était chiante. Je m’emmerdais. Même si j’étais pas malheureux. Puis elle a traversé mon ciel comme un météore. Tout brûlait, j’étais bien. Je ne sais même plus ce que sais. J’ai du lui dire au revoir pour je ne sais quoi et tu sais quoi je m’en foutais. Mais quand elle a vraiment disparu, je me suis demandé ce que j’allais faire maintenant.

Il regarde par terre, trompe le regard vert qui le scrute. Il est un peu perdu sans elle, un peu désorienté. Il ne sait plus trop quoi faire. Il essaye de répondre à tout en même temps. Il est stupide, Il est idiot. Il est trop con pour voir cette fille aux yeux brûlant qu’il lui en veut. T’es trop égoïste. Tu en as trop pour elle. Tu vas mourir en voulant tout redessiner. Tu vas trop l’abîmée pour l’aimer encore. Tu es stupide si tu savais.
.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 907
Date d'inscription : 16/03/2011
Age : 25


It's a kind of magic.
Age du personnage : 16 ans
Nationalité: Anglaise
Relationship:

MessageSujet: Re: Game over ✘ Mist   Dim 29 Avr - 5:36


Mist acquiesce. Elle acquiesce toujours. Bêtement, au premier regard. Sagement, au second. Mais c'est tout des conneries. Elle opine du chef juste comme on marque le rythme. T'as pas son assentiment, même si t'as son attention. Elle t'écoute, elle t'écoute toujours. Elle écoute tout le monde, en règle général. Et dans sa tête, ton discours, il fait comme une longue phrase ininterrompue, sans ponctuation, et elle choisie d'y réfléchir d'une traite, parce que c'est plus rapide et parce que, quand on y regarde de près, quand on enlève les mots là juste pour l'être, ceux qui donnent du sens à la langue sans clarifier la pensée pour autant, le contenu peut en être résumé par si peu.
Elle regarde dans le vide, longtemps. Puis elle tourne les yeux vers toi. Et c'est le moment que tu choisis pour avoir du mal à soutenir son regard. Ce que tu dis, au fond, t'y crois qu'à moitié. Tu parles juste pour parler, parce qu'il faut bien extérioriser un peu, mais au fond, ce sont toujours les mêmes miasmes que tu ressasses, les mêmes moignons sanglants que tu agites sous son nez, à la petite fée rousse. Si c'était pas toi, elle décollerait ses deux jolies fesses du sol et irait voir ailleurs si la solitude l'attend pas quelque part.
Elle te regarde, toi qui dis aimer, et elle en est encore à se demander ce que c'est que l'amour. Elle sait pas vraiment, mais déjà, c'est pas l'idée qu'elle s'en faisait. Ca ressemble à tout sauf à de l'amour. C'est plein d'obscurité, plein de viscosités, c'est lourd, épais, et ça encrasse le cœur. Elle veut pas croire que l'amour ressemble à ça, parce qu'elle pense bien qu'au fond, on est tous condamnés à l'amour. Dieu nous aime, il nous a créé pour aimer, à son image. Elle y croira pas même si tu lui mets sous le nez, car elle veut garder de l'espoir, au moins un peu. Puis, avec le temps, elle se rend quand même un peu compte que t'es presque un menteur, Nath. Mais ça elle se le dit même pas à elle-même...
Parce qu'en vrai, Nath, il n'y a qu'une seule personne qui sache aimer comme il faut, dans cette pièce, et ce n'est pas toi. Elle te dévisage d'un œil rendu vitreux déjà par le contenu de la bouteille, et on y lit rien, mais quand on entend ce que tu dis et quand on sait ce qu'elle en pense vraiment, Nath, on peut deviner l'amour. Un sentiment naïf, inconsolé, le genre qui ne demande pas de réciprocité, en ayant pourtant besoin plus que tout autre. Un amour de petite fée.
Et elle, ce qui la désoriente, c'est qu'elle ne sait pas ce qui lui est destiné. Il y a en toi, Nath, des mouvements d'humeur, comme des élans, du bon et du mauvais, des attentions parfois, et elle ne sait rien de ce qui motive ton cœur, elle ne comprend pas ce qui t'inspire, elle se demande encore si elle a une quelconque importance dans tout ça. Ce regard qu'elle tourne vers toi, en réalité, ce n'est pas une réponse, Nath, c'est une nouvelle question qui t'est adressée : « et moi dans tout ça ? »

Jamais, jamais on ne lui reprochera. Elle est centrée sur elle comme on entend les pensées de son propre esprit, jamais davantage. Alors jamais on ne lui reprochera d'être égoïste, égocentrique, et tous ces autres traits qui caractérisent les solitaires parmi les foules. Elle est seule en s'oubliant, c'est tout. Tu pourrais lui reprocher, toi, de penser ça, de le penser sincèrement ? Sois honnête, pour changer. Arrête de lui faire du mal, ce n'est pas ton rôle. Tu devrais prendre soin d'elle. Tu en avais l'air capable, pourtant, tu l'as fait jusque là, plus ou moins bien...
Elle t'a écouté te dire « amoureux », et son cœur a grimacé. Et elle a écouté le reste, cette intrusion dans ton ciel, cette belle métaphore où elle ne joue aucun rôle. Elle a entendu ton ennui passé, et elle ressent ton ennui présent. Un ennui né de l'oubli et du souvenir à la fois. Tu as oublié ce qui te poussait vraiment, mais tu sais ce qui en est la cause, au moins. Ce n'était pas l'amour, ça ne pouvait être l'amour. L'amour, ça ne peut définitivement pas être comme ça...

▬ Et puis alors ? Tu veux qu'on fasse quoi ?

Elle t'accompagnerait encore, inflexible. A ta droite, comme un i, jamais ne sourie, cette poupée qui comme ton ombre, accompagne avec volupté chaque reflue de tes sombres pensées. Et elle aurait fait bien pire.

▬ Tu veux qu'on fasse quoi, maintenant ? Dis le moi.

Elle resterait jusqu'au bout, Nath. Jusqu'à ce que tout s'écroule. Elle serait là pour ce qu'il y avait eu de bien, mais au fond, un peu par addiction au mal, aussi. En souvenir des bons moments et en prévision des délicieux bas fonds. Elle t'aimait aussi un peu pour ça, en vrai. Parce que vous étiez pareils. Parce que tu savais aussi te laisser couler au fond du trou, et qu'elle aime partager ses centres d'intérêts. Sans qu'elle aimât ça de façon démesurée, elle ne pouvait nier le plaisir de cette contemplation.
Elle resterait jusqu'au bout et elle t'obéirait même un peu. Juste un peu, parce qu'elle n'est docile que lorsque le rideau tombe, Mist. Elle te tend la main comme on donne une gifle, mais tu la connais, alors tu ne t'en formaliseras pas. Ce menton volontaire levé vers toi se plisse dans la moue boudeuse de ses lèvres, qui accompagnent un froncement de sourcils destiné à te regarder de façon plus acide, plus grave. C'est parce que son regard est vide et qu'elle le sent. Tu vois, comme elle se concentre sur toi, Nath... pourquoi tu ne sais pas en faire autant ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 110
Date d'inscription : 10/08/2010
Age : 22


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans
Nationalité: Irlandaise
Relationship:

MessageSujet: Re: Game over ✘ Mist   Sam 6 Oct - 18:32

the other night, you wouldn't believe the dream

À ton avis, il t’avait craché à la figure en t’arrachant le Rhum des lèvres. À ton avis, Weather – il aimerait avoir le cran de se brûler les doigts à jouer une putain de mélancolie sur un piano en désaccord à n’en plus pouvoir, à dessiner sur du papiers de verres ses rêves sanglants qui nécrosent ses chairs, bousculent son organisme de toute part. À ton avis, Weather. Est-ce un mensonge ? Qu’il se dévore. Qu’il s’immole de rage. Qu’il se pâme d’amour pour Alice. Qu’en un sens elle lui manque comme une habitude, une putain d’habitude qu’on souhaiterait perdre à n’importe quel sacrifice. À ton avis, Weather : est-ce que ce n’est pas encore trop tard pour tout recommencer ?

Il sent le liquide alcoolisé empreint dans sa langue, les effluves d’un vice encore bien en vie qui chatouille son œsophage, faisant vomir dans sa bouche son estomac. Il ne sait plus vraiment, ne se rappel pas dans les moindres détails. Quand est-ce que tout ça a commencé ? Quand est-ce que les bouteilles ont commencé à se succéder ? Il s’accroche à des éclats de consciences, des amas de réalité. Il n’a plus la notion du temps, ni de l’espace. Les mots trop agiles se détachent de sa bouche dans des bavures imprécises et imparfaites, vomissures dégeulasse de mots sincères et de métaphores abruties. Il sent son corps se désarticulé, se découdre de la réalité avec une simplicité affreuse. Ses doigts se confondent sur le rebord du lavabo comme si son émail avait été fait de pâtes fimo. Il clos les paupières ; les images abîmées par l’astéroïde cassé dans son horizon s’imposent à lui dans un amalgame de pixels gerbant. Il n’en dissocie plus les contours euphoriques. Alice lui a dérobé tout ce qu’elle a pu, elle lui a capricieusement arraché des mains les bons moments, lui léguant les mauvais sans regret.

Le verre du sablier à son poignet cogne contre l’émail ; elle lui a laissé leurs jeux dans la foulée ; elle lui a laissé les grains de sables, ceux de folies ; le symbole de leurs jeux dysfonctionnant au poignet. Il serre les dents dans un craquement de mâchoires. Il déteste ce qu’il voit en ré-ouvrant les paupières. Le sang qui s’embourbe dans le tissu de sa chemise, les langues visqueuse sur son avant bras, les marques noirs comme des coups sur la peau. Son poing heurte le miroir faisant voler en éclat le reflet qu’elle lui renvoie. Il se laisse glisser sur le sol, met ses mains devant ses yeux comme pour cacher l’horreur qui se dresse autour de lui, ses doigts encore ouverts, parce que Nathanaël ne sait pas faire autrement. C’est comme si son instinct l’incitait à garder un œil ouvert sur le monde, dans une crainte marbré d’une curiosité malsaine de rater une observation, un phénomène inexpliquée, un atome transparent dans l’atmosphère. Il ne laisse jamais les yeux fermés bien longtemps dans l’angoisse de ne pas voir, de ne pas comprendre. Il croise ses mains derrière sa nuque, le sang palpitant dans ses veines à un rythme effréné. Il saisit impatiemment une bouteille d’alcool qui traîne encore et imbibe ses lèvres du liquide amer en grimaçant, réveillant les épines dans son crâne. Le taux d’alcoolémie grimpe en furie dans son sang. Il languit son regard sur Weather, ressasses encore et encore les mêmes détails sur son corps. Les boucles rouges rebondies sur ses épaules ; le regard carmin affreusement pâle ; le sang qui encrasse la paume de ses mains. Il se décarcasse jusqu’à ses côtés, sa tête percutant son bras. Il fait courir ses doigts sur son épiderme, remonte à sa clavicule maladroitement. Il se redresse dans une convulsion qui lui déchire les entrailles.

- Je devrais être là plus souvent pour toi, que toi pour moi.

Il appuie ses lèvres contre sa mâchoire brûlantes au contact de sa peau. Ce n’était pas un geste qu’il avait calculé d’avance comme tant d’autre, un geste plein d’espoir d’avoir une intention particulière en retour, seulement un de ces gestes qui comptent vraiment, et pas pour de faux. Il a la nausée, l’estomac un peu nouée dans son abdomen, une sensation étrange remonte doucement dans son ventre. Le cœur suspendu par un fil entre ses côtes.

- Tu es ce qui m’est arrivé de mieux ici.

Il sent les papillons vengeurs gratter dans sa gorge.

- Là. Je vais aller vomir ; excuse-moi.
i just had about you and me


Dernière édition par Nathanaël Knowles le Mar 20 Aoû - 20:18, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 907
Date d'inscription : 16/03/2011
Age : 25


It's a kind of magic.
Age du personnage : 16 ans
Nationalité: Anglaise
Relationship:

MessageSujet: Re: Game over ✘ Mist   Sam 6 Oct - 23:11


Elle en avait même pas marre. Elle en avait même pas marre de poser des questions sans réponses, des questions rhétoriques, des questions cons, des formalités et des rappels à la réalité. Elle se disait, sans doute, que tant qu'elle parlait, tant qu'elle articulait des mots pour combler le silence, ça t'empêcherait de te laisser aller à tes répétitions. Play again. Elle voulait pas rejouer cette scène, revoir le malheur dans tes yeux, la frustration et les poings serrés. Elle avait rarement envie de pleurer, et elle voulait pas chercher une bonne raison d'y renoncer. Tu voudrais, toi, Nath, renoncer à la force ? Elle si docile avec toi, tellement à ta portée. Elle était presque jamais comme ça, en dehors de ce genre de tanière où vous buviez comme on fête l'indifférence, comme on célèbre le passé qui nous entrave. Vous buviez toujours de la même façon. Elle avait pas envie de poser la question parce qu'elle attendait pas la réponse. Ou bien qu'elle la connaissait trop. Mais elle voyait pas quoi faire d'autre, au fond. Tu lui aurais bien crié des trucs, et elle aurait toujours pas pleuré. Elle est imperméable, Mist, au moins un peu. Au moins à ça. Si elle avait pleuré, ç'aurait été pour te parler d'espoir. Pour te dire que c'était possible, qu'elle y croyait, qu'elle y croyait toujours, qu'elle y croyait encore. Qu'elle y croirait pour deux... Elle aurait voulu que tu rases les landes abominables de ton Murderland. Que tu tranches toutes les têtes, que tous les postiches, que toutes les potiches, que tous les semblants de quelque chose ou quelqu'un soient anéantis. Elle aurait voulu pouvoir juste fermer les yeux et effacer ça en toi. Elle aurait bien pleuré pour ça. Plus elle y pensait, plus elle le savait. Elle pouvait pas te sauver, au fond. Elle pouvait rien. Elle pouvait boire.

Et maintenant, il est cassé. Cette chose qui s'accroche à la faïence, ce n'est plus vraiment lui. Tu n'as pas pu l'aider, parce que rien ne le pouvait vraiment. Tu lui en veux un temps, puis ça s'enfuit. Tu ne sais pas en vouloir longtemps. Tu ne regrettes pas, tu as déjà oublié. Il n'est plus vraiment beau, mais cette noblesse du désespoir s'accroche à ses traits. Il ne le voit pas. Il ne supporte pas ça. Il y met fin. Les éclats du miroir rebondissent et s'arrêtent non loin de toi. Un air de déjà vu. Tu les ignores. Tu n'es pas seule. Tu ne te laisseras pas aller à ta propre morbidité, tu as trop à faire de la sienne. Il tombe. Tout en lui s'effondre et ses genoux ploient. Tu vois ses yeux, son regard égaré entre ses doigts. Tu voudrais les guider. Mais toi-même, tu ne connais guère le chemin... Il s'est perdu, de nouveau, rattrapé par le lapin de son conte. Il a regardé sa montre. Etait-il en retard, lui aussi ? En retard pour vivre sa vie, tout pris qu'il est par son passé. Ah, Weather. Devrais-tu y retourner aussi ? Tu tends la main tout au bord de la rive. Et pourtant, plus tu le regardes, plus tu sens que la seule façon de lui garder la tête hors de l'eau, c'est de plonger toi-même. Tu es trop loin. Ta main n'atteint pas la sienne. Tu n'es même pas sûre qu'il la tende. Il ne pouvait pas être sauvé, au fond. Peut-être bien parce qu'il ne le voulait pas...

Mais il revient vers toi, finalement. Il revient en rampant, comme on cherche l'absolution. Vague, torturé, parcouru de spasmes. Il n'est plus que l'ombre de lui-même. Et tu n'arrives toujours pas à le trouver laid. Plus tu regardes ses yeux, plus tu sens que tu t'y noies. Tu ne te rappelles pas avoir plongé, et pourtant la rive est loin. Tu le regardes approcher, songeuse. Si c'est lui, ça ira. Si c'est lui, ce n'est pas grave. Si c'est lui, tu peux bien te mouiller un peu. Si c'est lui, tu n'as plus si peur...
Il s'appuie de nouveau sur toi, au propre comme au figuré. Après avoir laissé ses yeux s'accrocher où ils le pouvaient, s'abîmer le long de ta silhouette, ce sont ses doigts que tu laisses courir. Il produit alors cet effort douloureux qui consiste à redresser sa carcasse. Tu l'encourages en empoignant son coude. Tu es contente qu'il soit si près. Tu n'aurais jamais trouvé le courage de plonger s'il n'avait attrapé ta main pour te tirer dans l'eau. L'idée de pouvoir le réconforter te réconforte aussi. Au moins un peu. Tu aimerais tenter de glisser ton autre bras quelque part autour de son dos, de sa taille, n'importe où. Mais toi non plus, tu n'as plus beaucoup de force. Il est si près. Tu aimerais le retenir. Peut-être pas pour toujours, mais au moins juste pour un petit moment. Un tout petit moment. Comme s'il pouvait, dans son grand malheur, être la réponse à tous les manques de ta triste existence. Il peut te consoler. Il faudrait juste qu'il le veuille.
Et alors même que tu pries en silence, comme à chaque fois que la lumière t'approche sans jamais vouloir se braquer sur toi, il lâche des mots. Des mots plaisants, réalistes, douloureux. Il embrasse ta mâchoire et tes paupières capitulent. Tu sens l'eau monter derrière et tu te résous à les maintenir closent le temps qu'il faudra. Oui, il devrait. Et s'il le sait, au moins, alors tu lui pardonnes tout, pour toujours et à jamais. Tu lui pardonnes les maladresses de toutes sortes, les oublies, les ennuis, les passe-temps. Tu lui pardonnes son absence. Et il récidive, avec encore des mots. Et ça, ça ressemble beaucoup plus à des mots d'amour.

C'est à ça que l'amour devrait ressembler, elle le sait, maintenant. C'est comme ça que Dieu l'a voulu. C'est comme ça qu'elle l'avait espéré tout ce temps. C'est tout ce qu'elle avait espéré. Elle ne demandait pas mieux. Son bras tremble et tente finalement de t'enlacer, mais tu t'écartes alors, chancelant. Il t'en aura fallu, de l'alcool, pour pouvoir lui confier tout ça. Tu n'as pas trouvé le courage seul. Ou même l'occasion. Mais il y a un prix à payer. Cette aide n'est pas gratuite. Tu aurais pu chercher le courage, mais les fonds de bouteilles étaient plus près. Tu as préféré te cramer l'estomac, incendier tes entrailles, les forcer à se vider. Tu as voulu ne plus te laisser le choix au lieu de continuer à la voir sans la regarder, la considérer sans en avoir l'air, alors même qu'elle méritait beaucoup mieux.
Et elle te regarde comme on regarde s'éloigner le prince charmant. Ses yeux ce sont rouverts et des larmes ont coulé. Elle ne pleure pas. Elle ne sanglotera pas. Les larmes sont là, et puis c'est tout. Tu la quittes et elle semble plus fragile que jamais. Son regard est triste et un rien semble pouvoir la briser. Mais cette sensation nauséeuse ne te permet pas le luxe de revenir à elle. Il faut que tu t'en débarrasses. Elle le sait aussi. Elle retient des mots et se mord la lèvre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬

avatar

Messages : 110
Date d'inscription : 10/08/2010
Age : 22


It's a kind of magic.
Age du personnage : 17 ans
Nationalité: Irlandaise
Relationship:

MessageSujet: Re: Game over ✘ Mist   Mar 20 Aoû - 20:19

mais je n'ai nulle envie d'aller chez les fous, fit remarquer alice.

La saveur sucrée de sa peau coule encore sur sa langue, glisse au fond de son estomac mais, c’est pourtant toujours le bleu de ses iris qui martyrise dans son abdomen, éclate derrière ses paupières, fait vibrer des papillons dans son œsophage. Les vagues suturées de rouges pourtant moussent, recrachent de leurs entrailles de l’écume-poison dans une jalousie médusée de faire taire les flammes dorées de bleus. Le vertige se fait dans son abdomen. Le cœur un peu moins lourd entre ses poumons. Nate se relève, passe une main sur ses lèvres et s’appuie dos à la porte, paupières close. Il sent les vagues creusées un géant ras-de-marrée dans ses poumons, défaire les nœuds de cordes dressés en rempart et le sable qui s’égrène dans ses veines comme dans un sablier.

Il pose ses doigts autour de la poignée ; hésite une minute à se faire oublier, à se laisser happer par les cartels qui s’ouvrent sous ses pieds. Nathanaël pousse finalement la porte, attend une minute indécis sur le seuil regardant son cellulaire au milieu des débris de verre─ le saut pour le bleu ; le tremplin vers l’outre-mer. L’écume rouge remue dans sa chair, lui remémorant à quel point le bleu est manipulateur. Il ferme les paupières, soupire. Il avance vers la silhouette qui se découpe sanguinaire sur les carreaux blancs et saisit sa main dans la sienne la mettant maladroitement sur ses pieds. Il la tire dans ses bras, sa main posé sur ses reins. Il la maintient contre son buste. Il glisse une de ses mèches derrière son  oreille ; son souffle humide tape sur sa peau, transperce son épiderme d’aiguillons venimeux. Ses lèvres se pressent d’un baiser sur les siennes, ses doigts glissant jusqu’à sa nuque. L’électricité passe à travers son corps ; une vague d’électricité carmin et brûlant. Nathanaël la traine dans sa folie meurtrière, lui fait goûter aux cadavres et à la putréfaction.

Il ré-ouvre finalement les paupières, sa main demeure encore sur la poignée.

( - aime-moi, je sais. 8)c’était prévvuu pour ton anniversaire alors ; happy birthday to you! ouais, trèèèès en retard c’est vrai, je te l’accorde, mais rien ne peut perturbé notre rythme de croisière. 8DD on a fait un léger naufrage tu me diras. uhuh.)

Il ne la ferait pas asseoir à son côté, une tasse de thé dans une coupelle poisseuse en argent posé devant ses bras cisaillé à attendre que les montres et les horloges se mettent à glapir. Il n’est pas en retards, ni le lapin de son pays des meurtres. Il est le chapelier fou qui ne sait plus quoi faire de ses horloges et de ses montres à gousset. Il oublie de vivre obnubilé par ses tasses de verveine et ses cuillères en argents.

Il n’avait pas tranché les têtes de ses invités même fou qu’il était. Il avait préféré oublier sa hache dans son placard à sucre et boire du thés dans ses tasses en plastique assis sur son minable trône drapé de bleu et d’or. Il avait préférer oublier les guerres qui éclataient dans les champs. Il ne serait pas l’assassin, le couperet de la reine. Il aurait fallu sûrement faire tomber les têtes, mais il n’avait fait que boire et regarder le temps se figer dans ses cadrans fixant muets son sésame près des morceaux de sucre et des gobelets de miel.

Il ouvre la porte et récupère son cellulaire dans les débris de sa dernière bouteille à la mer. Il affiche sur l’écran un éclat de sa mémoire, un brin de blé et de lumière qui lui fait un souffle au cœur ; elle est accrochée à lui, son sourire de monstre ouvert sur un nuage d’outre-mer dans ses pupilles et leurs bible accroché mutine autour de son cou, fragile, presque innocente. Il effleure de son pouce sa silhouette, un sourire triste se dessine sur ses lèvres. Il abîme son regard sur Weather, son corps comme précipité dans ses ténèbres qui inspire son horreur. Elle disparaît avalée dans son obscurité poisseuse. Nathanaël regarde le sablier autour de ses doigts.

Il la traînerait de ses ténèbres exorcisant les monstres et les démons pour la laisser passer, mais il resterait à coup sûr à jouer avec ses cuillères en argent.

- Il est tard, souffle-t-il.

Il ranges son cellulaire dans la poche arrière de son jeans et détache le pendentif de son poignet le faisant tomber dans sa paume. Il le glisse à son tour dans une crainte voilée de le voir englouti avec les piécettes de monnaie en étain et les cannes de sucres d’orges rouge et blanc dans sa poche.

L’heure du thé avait pourtant passé, mais il continuait d’en boire.
oh! vous ne sauriez faire autrement, dit le chat : ici, tout le monde est fou.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
▬▬▬▬▬▬▬
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Game over ✘ Mist   

Revenir en haut Aller en bas
 

Game over ✘ Mist

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: « COLLEGE/LYCEE | RPG. :: « Premier & Deuxième étage. :: « Toilettes.-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit