Messages: 138 Date d'inscription: 04/05/2011 Age: 17
It's a kind of magic. Age du personnage: 16 ans Nationalité: Anglaise Relationship:
Sujet: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Dim 15 Mai - 14:24
Whoever I am you won’t get me that easily
Un rêve, une illusion, une image, un espoir, un cauchemar, une désillusion, un trou noir, le désespoir. Des bruits de pas, des bruits d’âme, des bruits inquiétants, des bruits éphémères, des bruits lointains, des bruits transparents, des bruits vides, des bruits envahissants. Une âme vide, un cœur vide, un corps invisible. Qui es-tu ? Qu’es-tu ? Existes-tu ? Vis-tu ? Vois-tu ? Sens-tu ? Tu avances seule dans un couloir sans fin avec pour seul compagnon ta mélancolie. Les autres autour de toi tu ne les vois même pas. Un sentiment naissant, une peur incessante, un esprit tâché, une morale souillée. Reconnais-tu le monde dans lequel tu vis ? Les ombres seules dansent pour toi, tu les manipules, tu les ensorcelles. Le festival des enfers a débuté pour toi tu le sais ? La valse infinie des tâches sombres ne cesse de te hanter jours et nuits. Tu cours, tu t’enfermes, tu t’enfuis, tu tombes, tu sombres petit à petit.
Viens, allons danser avec les ombres ce soir Deviens peu à peu la reine du noir Le jeu en vaut la chandelle alors allons jouer Le grand méchant loup ne t’attrapera pas Seul ce mince fil d’araignée à ton cou restera lié pour l’éternité Les ombres sont cachées dans les coquilles vides de lumière mais tu le sais n’est-ce-pas ?
Le regard vide, le regard haineux, le regard désespéré, le regard brisé, tu recules contre le mur. Tu t’effondres. Tu te recroquevilles. La petite souris se terre dans son coin finalement. Le petit chaperon rouge s’est fait attraper. Le jeu est terminé, il n’aura pas duré longtemps.
Let me surrender myself by the devil
Donner ton âme au diable tu ne le feras pas n’est-ce-pas ? Tu as peur, bien trop peur de ce qui t’arriveras demain.
Look at me I can’t go back
« A notre chère Betty, Comment vas-tu ? Les mois passent et nous n’avons plus de tes nouvelles. Ma chérie tout se passe-t-il pour le mieux ? Nous nous inquiétons tous deux avec ton père. Seule l’école accepte de nous tenir au courant quant à ta scolarité. Nous ne doutons pas que tu t’en sors très bien mais recevoir une lettre de temps à autre nous rassurerait tu sais. With Love, Mum and Dad. »
Betty jeta sa lettre à l’autre bout de son lit et mit son bras sur ses yeux. Elle resta ainsi quelques instants, l’esprit dans le vague. Cela faisait déjà la cinquième à laquelle elle ne répondait plus. Que lui arrivait-elle ? Pourquoi couper les ponts tout à coup ?
Elle n’acceptait pas, non elle n’acceptait pas cela. Elle ne s’acceptait pas, non elle ne s’acceptait pas en cet instant. Elle ferma les yeux, tentant de chasser de son âme tout ce qui la tourmentait. Ses colocataires de chambre n’étant pas là, elle pouvait disposer de la pièce comme elle le souhaitait. Effondrée sur son lit, elle relut une dernière fois la lettre avant de se laisser sombrer. Le pays des songes vint s’emparer de son être entier avant de l’emmener avec lui dans les tréfonds des rêves. Il lui susurra quelques mots vengeurs avant de laisser son esprit devenir totalement blanc. Honte, elle avait honte…mais au fond c’était bien mieux ainsi…du moins…pour le moment…
*Oui, n’y pense pas tant que tu le peux…* « Tais-toi. » *Tu finiras bien par céder…* « Tais-toi… » ---------------------------------------------------------------------------------- Un jour je te dirai…
Perdue sous la voûte céleste, infime sous les nuages nomades, tu observes…le ciel. Tu te demandes ce qui cloche chez toi, ce qui cloche chez les autres, ce qui cloche dans ce monde de fou.
Once upon a time… Il était une fois…
C’est que des conneries tout ça. Tu fermes les yeux, tu veux t’échapper de ta prison corporelle. Tu voudrais déverser ton être entier dans l’étendue bleue intouchable. Tu tends le bras en l’air, tu fermes ta main dans le vide. La brise fraiche du matin vient s’immiscer dans ta longue chevelure. Tu te dis que tu verras plus tard. Tu oublies ce qui te ronge. Tu imagines ce que tu aurais voulu attraper avec cette main non ? Tu t’en fiches, tu n’en as rien à faire, tu t’en fous…tu préfères juste ne pas y penser. Trop de songe tue la vie mais trop de vie tue le songe. Tu hésites, tu chancèles, tu tâtonnes à l’aveuglette. Tu te perds, tu coules. Une main tendue ? Il n’y en a pas. Tu erres seule dans ta propre folie.
Once upon a time… « Tais-toi » …The little kitty was playing in… « Tais-toi, tais-toi » répètes-tu incessamment.
Pourquoi donc ? Cette petite voix qui te tirailles tu veux l’oublier elle aussi ? Viendra un jour où il te faudra l’accepter. Ma belle, fais-toi douce violence, tout ne tient qu’à toi de toute façon…Détruis-toi c’est cela. Poursuis ton triste chemin ainsi.
Hurle, crie, joue mais jamais ne pleure. Sombre, sourie, tombe mais jamais ne perds.
La vie n’est qu’une longue partie d’échec que tu te dois de gagner. Les petits pions se positionnent un à un et, dans l’ombre, tu calcules le moindre de leurs agissements. La reine à la couronne de verre ne doit pas tomber, elle ne doit pas déchoir de son piédestal invisible sinon plus rien n’aura d’intérêt. Mais tu le sais non ?
Betty se réveilla en sursaut cette nuit-là. Le cœur palpitant encore, de grosses gouttes de sueur perlant sur son front, elle réalisa que tout n’était que cauchemar. Elle s’assit dans son lit et passa doucement une main dans ses cheveux imprégnés par l’humidité des nuits Irlandaises. Elle soupira et se décida à se lever pour se changer les idées. Elle fit quelques pas dans la chambre et alla se poster à la fenêtre. La Lune était déjà haute dans le ciel, trônant en son sein en unique souveraine de la nuit qu’elle était. La jeune fille la contempla un instant. Astre de l’espoir, astre de la peur, astre de la mort, astre du masque et du mensonge, astre de la vie, enfin. Tant de significations différentes pour tout un chacun. De quoi en retournait-il finalement ? Betty haussa les épaules. La faux du temps s’emparerait de tout de toute façon, mensonge ou bien honnêteté, tout n’aurait plus grande importance à ce moment-là. Depuis quand était-elle devenue aussi pessimiste ? La nature humaine avait-elle donc si peu d’importance à ses yeux ? L’Homme est ingrat, l’Homme ne t’aime pas, l’Homme te ment, l’Homme te juge, l’Homme te trompe…Voilà tout ce qu’elle avait vu ces dernières années de sa longue existence qui n’en était qu’à son début. Le vent au-dehors venait doucement cogner contre la vitre hermétiquement fermée. Betty leva à nouveau les yeux au ciel afin de contempler les petits points lumineux qui le sillonnaient. L’air de la pièce était froid, elle alla chercher un châle et décida d’aller se balader dans le parc pour se vider la tête de ces tristes pensées. Elle descendit pas à pas les marches dans le plus grand des silences pour qu’on ne la repère pas avant d’arriver enfin au coin de verdure qui entourait tout l’établissement. Une douce sensation vint alors transcender son corps entier. Il faisait bon dehors et le vent cristallin venait déposer dans ses cheveux quelques éclats de rêves argentés. Elle laissa tomber son châle sur la pelouse et ôta ses pantoufles pour pouvoir marcher pieds nus. Elle inspira un bon coup et avança avec calme sans se soucier de rien, se contentant de scruter le ciel prometteur qui lui avait pourtant paru si déloyal à peine quelques instants plus tôt. Elle devait cesser de se voiler la face après tout. Elle sourit alors sans savoir pourquoi. Oui, d’un petit sourire triste face à sa réalité que lui renvoyait les étoiles muettes telle une rangée de petits miroirs incandescents qui la surveillaient.
Betty était seule, Betty était entourée, Betty existait, Betty vivait, Betty tremblait…Elle poursuivit sa ballade nocturne quelques instants, puis, effrayée par un bruissement de l’herbe, elle scruta les horizons mais ne vit personne. Avait-elle rêvé ? Ou était-elle tout bonnement en train de rêver de nouveau ? Il n’y avait vraiment personne aux alentours ? Elle décida tout de même de retourner au dortoir par mesure de précaution, et puis, si quelqu’un l’avait vu, elle n’aurait qu’à s’assurer qu’il n’aille pas le répéter. Elle partit toutefois en courant… Pourquoi si subitement ? Pourquoi alors que seulement deux lignes plus haut tout allait assez bien ?, me direz-vous. L’humeur de Betty avait changé en une fraction de seconde à peine. Une vague de terreur intense s’était emparée d’elle et l’avait poussée à s’enfuir. Cours, cours, oui, cours Betty, le loup rôde dans les parages. Il te tient, il est…derrière toi. Va, ne te retourne pas, ici vaut bien là-bas. La jeune fille courut ainsi à folle allure sans même prendre le temps de récupérer son châle et ses pantoufles au passage. Elle s’en fichait, personne ne pouvait savoir que ça lui appartenait. Ce qui importait était qu’elle se protège et c’était tout. Oui, se protéger pour vivre ou vivre pour se protéger. Les deux sens allaient dans son cas mais elle n’y pensait déjà plus, elle se contentait de fuir vers le grand établissement sombre où elle voulait se réfugier. Elle entendait des bruits de pas dans son dos. Hallucination ? Elle était terrifiée à l’idée qu’on la suive. Qui cela pouvait-il être ? Qui ? Vision, illusion, cauchemar, tout cela était-il bien réel ? Elle courait, elle courait sans pouvoir s’arrêter. Elle grimpa les marches d’escalier quatre à quatre et s’enferma dans la chambre avec ses colocataires. Haletante, apeurée, les pieds blessés par les cailloux se trouvant devant l’entrée, elle tentait de reprendre contenance. Les filles avec qui elle logeait ne s’étaient pas réveillées heureusement. Elle s’avança vers son lit et se laissa tomber dessus, exténuée, avant de sombrer une fois de plus.
--------------------------------------------------------------------- Un torrent incandescent dans ton âme, tu te poses des questions. Qui est-elle ? Comment est-elle ? ---------------------------------------------------------------------
Réveillée par le chant des oiseaux au-dehors, Betty ouvrit un œil puis l’autre. Elle s’assit à nouveau dans son lit et s’étira en baillant. Elle s’était endormie tel quel, les pieds presque en sang, et totalement frigorifiée. Elle descendit de son lit, pieds nus donc, sur le sol glacé de la chambre. Une petite grimace d’insatisfaction sur son visage pâle au contact du carrelage, elle s’empressa tout de même de rejoindre la salle de bain afin de se préparer rapidement. Elle prit une douche, se débarbouilla et enfila son uniforme. Elle avait mal noué son ruban mais cela, elle ne s’en était pas aperçue. Lorsqu’on a presque pas fermé l’œil de la nuit, c’est le genre de détail qu’on oublie non ? Betty s’en alla donc, après avoir soigneusement fermé la porte derrière elle. Elle descendit les escaliers dans le plus grand des silences. Calme, distinguée, elle rejoignit la salle de classe où devait se tenir le premier cours de la journée qui passa à vive allure comme les suivants. L’aiguille sur le cadran de sa montre avait tourné encore et encore sans s’arrêter.
-Tic Tac-Tic Tac-
Les secondes s’égrainaient une à une, les minutes s’ajoutaient peu à peu, les heures défilaient petit à petit…Le professeur leur accorda une courte pause, le temps pour lui d’aller boire un café. Betty poussa un soupir et s’enfonça dans son siège tout en balançant lentement sa tête en arrière de telle sorte que sa nuque se retrouve calée contre le haut du dossier de sa chaise. Elle croisa les bras et regarda le plafond quelques instants, repensant à la nuit dernière. Elle se rassit normalement et posa un coude sur son bureau avant de passer une main dans sa chevelure, l’air pensive.
*Cling* La couronne de verre finira par se briser sur le sol avec fracas*
Elle avait toujours la même sensation que la veille. Son cœur battait la chamade. En apparence calme, une peur incommensurable avait pourtant pris possession de la moindre parcelle de son corps. Elle ferma les yeux et soupira avant de susurrer ces quelques mots à sa propre intention :
« Raaah…c’est pas vrai… »
Elle ne dormait décidément pas bien en ce moment. Ses nuits étaient synonymes de cauchemars, ses cauchemars synonymes de peur qui, au réveil, ne s’estompait toujours pas. Elle revint toutefois dans le monde réel et émergea enfin véritablement. Elle parcourut rapidement sa classe du regard et observa un instant les personnes qui en faisaient partie. Parmi elles, une seule retenait son attention plus que les autres…Sixtine à ce qu’il paraissait. Elle ne lui avait pour ainsi dire jamais adressé la parole depuis qu’elle avait intégré la classe. Bon nombre de rumeurs circulaient sur cette fille aux cheveux couleur feu. Elle l’observa un instant. Intimidante de par sa carrure, un regard froid, une aura de « ne m’approche pas »…Bref, vous avez compris l’idée.
Betty sans s’en rendre compte venait de se faire… « griller » ? Pour jouer sur les mots. Elle croisa le regard de la demoiselle qui avait dû sentir peser sur elle un regard de plus. Notre brunette détourna aussitôt le regard (ô répétition…), visiblement gênée par cette incommodante situation. Elle se leva de sa chaise et s’apprêta à quitter la salle. Elle n’allait pas bien ou quoi ? On ne dévisageait pas les gens ainsi ! Surtout lorsqu’on déteste cela aussi ! Alors qu’elle allait ouvrir la porte, l’un de ses camarades l’interpella.
« Hé ! Tu vas où ? Le prof va pas tarder ! »
Betty lui décocha alors un regard excédé au possible. Elle qui avait voulu s’éclipser sans se faire remarquer, c’était râpé à cause de cet idiot.
« J‘vais prendre l’air, j’étouffe ici ! »
Et sans plus d’explications, elle disparut derrière une porte hermétiquement fermée par ses soins. Elle fit un tour par les toilettes pour aller se passer un peu d’eau sur le visage. Elle observa son reflet dans la glace. Il n’était rien d’autre que ce qu’elle était en surface. Oui, les apparences n’étaient que le miroir de ce que les gens voyaient en tout un chacun. Betty soupira et se focalisa sur ce qui l’avait poussée à quitter la classe un instant. Elle était effroyablement honteuse pour le coup…
Cela faisait un moment déjà qu’elle se sentait... «intriguée » par Sixtine ? Cette dernière ne semblait pas parler pour ne rien dire visiblement. En cours d’EPS c’était elle qui se distinguait le plus et la jeune fille aux ombres était admirative face à tant de prestance et de maîtrise. De toute façon, elle ne la connaissait pas alors autant faire comme à l’accoutumée et vivre ses jours dans la plus grande des indifférences. Les rares moments qui illuminaient un tant soit peu ses journées désormais se passaient souvent en la compagnie de Dan, le cuisinier de l’école. Pourtant, quelque chose chez Sixtine la rendait curieuse vis-à-vis d’elle. Elle se disait que derrière chaque masque quotidien se cachait en vérité une toute autre personne. Eh bien, pour une fois, elle voulait en avoir le cœur net avec la détentrice du contrôle du feu. Chose inhabituelle pour notre brunette non ? Elle qui d’ordinaire préférait feindre l’indifférence lorsqu’elle ne connaissait pas les gens…
Plongée dans ses pensées, Betty en avait complètement perdu la notion du temps. Elle était comme captivée par le reflet qui se dessinait dans la plaque face à elle. Elle n’était pas ça. Non, non, non, elle n’était pas ça…n’est-ce-pas ? Un visage dénué d’expression ou arborant un sourire narquois vengeur à l’encontre de quiconque s’en prenait un tant soit peu à sa personne…Elle n’était pas seulement ça non … ? Un voile protecteur, voilà tout ce que c’était…Oui, un mince drap transparent qui l’enveloppait dans son intégralité et c’était tout, oui, rien de plus que ça.
La demoiselle se résolut à quitter la pièce vide de sentiments et à finalement rejoindre sa classe. Elle avait honte intérieurement bien qu’elle ne laissât rien transparaître sur son visage. Ok elle avait fixé quelqu’un, ok ce quelqu’un s’en était aperçu et après ? Quel était le problème ? Tout…C’était une gêne tellement soudaine qu’elle n’avait même pas su comment réagir et avait préféré s’éclipser de la salle en vitesse histoire de laisser passer un peu de temps. Elle apparut finalement dans l’encadrement de la porte de la classe. Elle jeta un regard furtif à gauche et à droite pour voir si le prof n’était pas revenu et voyant qu’il n’était pas là, elle retourna à sa place sans rien dire. Elle sortit un livre de son sac et commença à le lire en silence. Autant faire comme si de rien n’était non ? Le regard droit er concentré, elle s’intéressait au maximum à ce qu’elle lisait. Son esprit était ailleurs, tentant d’enfouir sa gêne mais elle ne montrait rien, lisant simplement.
*Une douce princesse au regard angélique dansait dans la plus grande salle de son château Elle effectuait pour ses semblables les pas du diable Un sourire mauvais venait entacher son âme Mais personne ne semblait y prêter attention Roméo vint à sa rencontre et tout disparut Le sourire mauvais devint sadique La princesse abusa de la gentillesse de Roméo Et finit par le poignarder alors qu’il dormait Les roses tombèrent une à une Péché Mensonge Trahison This is a nameless story This is a nameless sin C’est simplement ce qui fit sombrer le royaume entier dans la décadence*
Betty, Betty, tu te méfies n’est-ce-pas ? Tu n’aimes pas que l’on soit trop proche de toi. Tu as peur de la réalité. Tu as peur que l’on te comprenne. Tu as tout simplement peur de toi non… ?
Le professeur revint finalement et Betty sentait un regard posé sur elle. Elle ne voulait pas savoir de qui cela venait pour une fois. Elle préférait l’ignorer plutôt que de se tourner vers la personne en question et de sortir soit un « Tu veux ma photo ? » ou bien rougir en fronçant les sourcils comme elle le faisait si bien. Elle se contenta donc de ranger son bouquin et d’écrire avec une grande rigueur tout ce qui fut dit pendant le cours. Appliquée, soignée, attentive, elle ne bronchait pas. Participant aux questions posées avec le plus grand des intérêts. Elle aimait étudier après tout et ce qui était au menu aujourd’hui semblait lui faire oublier sa gêne passée. La sonnerie retentit, elle rangea ses affaires comme si de rien n’était, salua le professeur et partit sans demander son reste. Elle marcha sans but dans les couloirs, déambulant par-ci par-là. Elle n’avait rien à faire alors autant s’occuper. Elle alla au dortoir et y déposa son sac. Il n’y avait pas de travail pour le lendemain aussi décida-t-elle d’aller faire un tour dans l’école.
Betty enfila donc une tenue décontractée histoire de quitter cet uniforme qui l’étouffait. Un short blanc, un débardeur vert pomme, ses converses d’été beiges, un bouquin à lire et hop ! Elle claqua la porte derrière elle et emprunta de nouveau les escaliers qu’elle avait descendus le matin même. Déambulant dans les couloirs à la recherche d’un endroit propice à la lecture, elle ne pensait plus à l’ «accident » du cours précédent. Quelle heure pouvait-il être ? Betty ne savait pas, Betty ne savait plus, le fait était qu’elle était là, arpentant les couloirs vides de Aisling. Son esprit était ailleurs, elle avançait sans vraiment regarder où elle allait. Mettant un pied après l’autre, elle se contentait de marcher droit devant elle, le regard dans le vague. Puis, soudain…sans crier gare…
/BOUM/
La jeune fille aux ombres n’avait rien compris à ce qui s’était passé et s’était retrouvée sur les fesses, son livre à côté d’elle. On pouvait y lire dessus « Le petit chaperon rouge » mais peu importait de toute façon. Le fait était qu’elle était tombée au sol après avoir percuté quelque chose. Elle avait bien un peu mal dans le bas du dos et sur le coup, sans penser que ce « quelque chose » pouvait être une personne, elle se permit de laisser sortir un :
« Aïe… », le plus timide du monde qui ne collait pas avec l’image qu’elle donnait.
Elle se frotta le bas du dos du revers de sa main afin de dissiper la douleur. Elle ramassa son livre et se leva. Qui avait eu la bonne idée de ficher un poteau au beau milieu du couloir ? (èwé). Soudain, l’improbable devint réalité. Le visage de Betty se décomposa en voyant que ce n’était pas un quelconque obstacle qui l’avait fait chuter. Elle fronça les sourcils, les joues rouges comme une tomate. Il avait fallu que ça tombe sur elle…ce n’était pas son jour aujourd’hui décidément. Car voyez-vous…la personne qu’elle avait le moins envie de croiser en ce soir d’été, c’était Sixtine. Si cette dernière n’avait pas croisé son regard plus tôt dans la journée, Betty n’aurait pas été si chamboulée. Mais là…c’était juste la honte quoi…en plus elle lui était rentrée dedans. Elle ne cherchait même pas à savoir si c’était elle-même ou bien la jeune fille aux cheveux couleur feu la fautive. La brunette serra le livre contre son cœur, regardant la grande qui lui faisait face. Gênée, elle débita quelques mots d’excuse.
Elle s’inclina rapidement et fit mine de partir en vitesse mais là, ce ne fut pas Sixtine qu’elle se prit en pleine face mais bien…le mur. Dans sa précipitation gênée, la demoiselle était partie sur un coup de tête qui termina dans un bloc dur. Betty en lâcha son livre et mit ses mains sur la tête. Aïe, aïe, aïe, elle allait avoir une bosse ça faisait mal. Heureusement qu’il n’y avait pers…onne ? La demoiselle tourna doucement la tête en direction de Sixtine qui était toujours là évidemment. Elle ne laissait personne la voir ainsi d’ordinaire, mais là, elle avait juste oublié quoi…oui, oublié que celle qui était son aînée était en sa présence. Son âme se décomposait peu à peu bien que son visage ne suive pas. Elle était effroyablement gênée. Les joues rouges au possible, elle se demandait ce que Sixtine allait bien pouvoir dire.
‘Cause the world around me went white
Dernière édition par Betty E. Allen le Jeu 2 Juin - 20:03, édité 2 fois
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Dim 15 Mai - 20:51
Il était une fois...la princesse déchue et le torrent rouge.. Featuring Betty Allen
« Bonne nuit, Sixtine ! »
Ainsi, une journée s’acheva. Toutefois, la journée qui suivait s’annonçait moins éprouvante et fatigante pour notre belle héroïne. En effet, la chaleur commençait à devenir de plus en plus étouffante et les étudiants se préparaient aux derniers examens de l’année scolaire. Les professeurs demandaient trop de leurs élèves qui n’osaient cependant pas s’en plaindre. Paradoxalement, l’atmosphère et l’humeur de ces derniers s’amélioraient de jours en jours en vue des vacances d’été qui approchaient à grand pas. Ce fut donc le bruit d’un réveil se fracassant contre le mur qui annonça le début de la journée pour Sixtine. En effet, elle dormait paisiblement, à moitié recouverte par les draps rouges de soie, typiques des élémentaires, dans sa chambre cossue, doucement éclairée par les premiers rayons matinaux, lui donnant ainsi une atmosphère douce et reposante. Le chant des oiseaux couraient tranquillement dans la chambre lorsque la sonnerie infernale du réveil déchira cette magnifique vision du paradis. Le bruit de ce dernier se fracassant contre le mur réveilla sa « colocataire » en sursaut. En effet, Sixtine avait l’attrapé et jeté sans plus de façon. Le silence reprit place mais les deux jeunes filles étaient désormais réveillées. Sa colocataire, qui se prénommait Eliana, n’osa pas répliquer face à ce manque flagrant d’ingratitude envers elle. Elle retint donc sa langue… Ce n’était pas la première fois que Sixtine faisait ce genre de chose. D’un tempérament trop colérique et impulsif, elle ne se contrôlait pas forcément souvent. Bref, les deux jeunes étudiantes se levèrent et se préparèrent comme à leurs habitudes et ce fut peu avant 8 heures que Sixtine et Eliana s’en allèrent en cours d’EPS. Cette fois-ci, la journée avait été aménagée de sorte que les élèves eussent un peu plus de temps libre. Du temps à consacrer à des activités plus relaxantes, voire parfois ludiques. Ainsi, Sixtine dû s’occuper du mieux qu’elle le put jusqu’au dernier cours de la journée. Ce cours là était cependant différent des autres puisque sa classe était mélangée avec une autre dont les élèves avaient une année de moins. Ainsi, les deux groupes d’Elémentaires formait un regroupement d’environ quarante élèves. Deux livres dans les bras, Sixtine prit son temps et déhambula dans les couloirs de l’école, s’arrêtant pour saluer plusieurs de ses camarades. Cette dernière arriva enfin au point de rendez-vous, à savoir : l’endroit où aurait bientôt lieu le dernier cours de la journée. A l’intérieur, la salle accueillait déjà un nombre conséquent d’élèves qui attendaient le professeur en bavardant. C’est donc avec sa prestance intimidante habituelle qu’elle entra dans la classe. Elle attira le regard de quelques un qui reprirent leur conversation quelques secondes après. Elle la parcourut rapidement du regard et n’y vit que des élèves n’appartenant guère à sa classe. Elle prit donc place au bout du deuxième rang sans plus se préoccuper d’eux. Sword détourna son regard vers la fenêtre et admira sa vue imprenable sur le parc de l’école. Elle pouvait y voir des élèves se prélassant au soleil, d'autres s'amusaient et se promenaient.. Des élèves détendus. Le fait de devoir assister à un cours barbant pendant deux longues heures la fit soupirer d'exaspération. Notre jeune demoiselle prit donc son mal en patience et attendit la venue de ses amis. Peu après, le flux d’élève entrant dans la classe augmenta et très vite, Sixtine fut entourée de toute sa classe. Le professeur fit enfin son entrée et le cours put enfin commencer. Lorsque l’horloge sonna cinq heures, c'est-à-dire une heure plus tard, il leur accorda une pause le temps qu’il aille chercher un café. Sixtine souffla de fatigue.
*Encore une heure et nous sommes libérés…* pensa-t-elle.
C’est alors qu’elle sentit pesé sur elle un regard. Elle fronça légèrement les sourcils et se scruta lentement la classe pour voir la personne en question. Elle s’arrêta sur une jeune fille aux cheveux châtains clairs qui détourna aussitôt son regard lorsqu'il croisa celui de Sixtine. Elle ne connaissait pas la prénom de cette jeune fille mais seulement son don : contrôle des ombres. Un don tout à fait remarquable.. Alors que Sword l’observait à son tour, la jeune fille en question se leva brusquement.
« Hé ! Tu vas où ? Le prof’ va pas tarder ! » s’exclama un jeune homme en sa direction. BETTY « J‘vais prendre l’air, j’étouffe ici ! » répondit la jeune fille.
Sixtine ne perdit rien de ce brève échange. Intriguée cependant par cette jeune demoiselle, elle la regarda partir et fermer la porte derrière elle. Sword détourna à son tour le regard, se promettant de s’intéresser davantage à son cas. Tandis qu’elle parlait avec une de ses camarades, la porte de la classe se rouvrit quelques instants plus tard et laissa place à la jeune fille qui avait attirée son attention précédemment. Tout en écoutant la personne qui lui parlait, elle observa discrètement du coin de l’œil cette personne qui s’installa à sa place et qui prit un livre. Le professeur revint enfin et le cour put reprendre. Une heure après, la sonnerie de six heures marqua sa fin. Le raclement des chaises et le froissement soudain des cahiers qu’on fourre prestement dans les sacs ainsi que les conversations animées des élèves heureux de terminer leur journée de dur labeur intellectuel, furent couvert par cette sonnerie interminable. Rangeant en hâte ses affaires, Sword fut rejoint par des amis.
« Il fait jour et encore chaud. Allons au parc ! » proposa une jeune fille. « Allez-y sans moi, je vous rejoins après. » « OK, à tout à l’heure Sword ! » lui fit un jeune homme. Sourire amical aux lèvres, Sixtine leur fit un signe de la main en les regardant s’en aller.
Elle se dirigea alors vers le dortoir des Elémentaires afin de se changer. Arrivée dans sa chambre, elle y délaissa son ruban rouge attaché en nœud autour du cou et ses livres de cours, puis ouvrit les deux premiers boutons sa chemise blanche. Elle se recoiffa brièvement et sortit de sa chambre aussi vite qu’elle en était rentrée. Elle marcha donc d’un pas assuré dans les couloirs, direction : le parc. Cependant, elle n’atteignit pas sa destination tout de suite. En effet, alors qu’elle s’apprêtait à tourner à l’angle d'un couloir, elle heurta brusquement quelque chose. Solide, elle manqua cependant d’atterrir au sol. Sword se rendit vite compte qu’une jeune fille lui été rentrée dedans. Une jeune fille ou elle.. Peu importe, elle fut surprise de voir que cette jeune étudiante n'était autre que celle qui avait partagée son cour et qui l’avait si intriguée. Sixtine, muette, regarda cette élève dont les pommettes devinrent rapidement rouges. Avant que notre jeune demoiselle puisse aligner deux mots, la jeune élementaire débita quelques mots d’excuses :
Sixtine fut surprise de l’avoir s’incliner devant elle, et aussi rapide que l’éclair, elle s’en alla. Pas bien loin cependant puisque à peine eut-elle le temps de se retourner que Betty se prit durement le mur. Sword ne put s'empêcher de laisser échapper une faible exclamation de surprise. La jeune fille maladroite tourna la tête vers celle-ci. Un silence embarrassant s’installa petit à petit. Soudain, Sixtine éclata d’un rire sonore. Certes, le fait de se moquer de quelqu’un dans une telle situation pouvait être plutôt déplacé ou vexant. Surtout si la personne en question le prenait mal. Mais que voulez-vous ? La situation était bien trop amusante pour que notre belle héroïne ne passe dessus. Et puis de toute manière, de nature très peu timide, voire pas du tout, elle aurait eut tôt fait de remettre à sa place la personne qui osait lui tenir tête. Tandis qu’elle essayait de se contenir en se mordant la lèvre supérieure, elle se pencha vers la jeune fille et lui tendit la main. Cette dernière se râcla la gorge.
« Allez, relève toi ! » déclara celle-ci, sourire amusé aux lèvres.
« Je me prénomme Sixtine Pénélope Brunnel, détentrice du contrôle du feu. Mais tu peux m’appeler Sword. N'aurais-tu par participé au cours précédent ? Ton visage m'est assez familier. » se présenta la demoiselle.
Etrangement, Sixtine parlait avec une voix inhabituellement... amicale. En effet, le fait que cette jeune fille dont elle ne connaissait toujours pas le prénom soit une élémentaire était un facteur pouvant expliquer cela. En temps normal, si cela avait été une personne appartenant à une autre classe, elle n’aurait pas eu ce même traitement de faveur. De plus, étant de bonne humeur, elle décida non seulement de connaître davantage cette jeune fille qui l’avait si intriguée durant le cours précédent, mais de se montrer un peu plus "amicale" qu'à son ordinaire. Elle jeta alors un coup d’œil au livre qui gisait encore au sol et le ramassa. Elle lut le titre à voix forte.
« Le petit chaperon rouge… Une histoire peut-être un peu enfantine, mais une belle histoire quand même. »
Fit-elle en lui tendant le bouquin.
« Quelle est ton nom, jeune fille ? Betty, c’est bien ça ? » Demanda-t-elle. « En tout cas, j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi maladroit ! » s’amusa-t-elle. « Tu ne t’es pas fais mal, au moins ? »
Au même moment, deux élèves du même âge que Sixtine passèrent devant Betty et ricanèrent entre eux. Sixtine en déduisit qu'ils avaient dû voir de loin ce qui c'était passé. Cependant, l'une des choses qu'elle ne supportait pas, c'était que l'on se moque des Elementaires. Alors, lorsque les deux personnes en question passèrent près d'elle, ils purent sentir l'air soudainement chaud qui se dégageait de son corps, ce qui indiquait le degrés de sa colère. C'est en perdant le sourire qui pressèrent le pas et disparurent à leur tour à l'angle d'un couloir. Sword les regarda ainsi s'en aller et détourna de nouveau son attention vers Betty.
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Mer 18 Mai - 14:14
Il était une fois, au royaume des anges, une petite princesse qui passait son temps à regarder le ciel sous les nuages Le regard toujours tourné vers le bas, elle observait en silence le monde de personnes qui lui ressemblaient plus que les êtres ailés du paradis Car voyez-vous, cette petite fille n’avait pas d’ailes, ce qui lui valait parfois les railleries de certains Elle ne ressemblait en rien à ses congénères qui, eux, n’hésitaient pas à déployer leur don hérité de la nature mère Un jour, alors qu’elle se promenait sagement sur un cumulus des plus blancs Elle rencontra une étrange personne vêtue d’une cape noire Rien à voir avec la pâleur blanchâtre des portes du paradis L’enfant, intriguée, s’en approcha Une magnifique chevelure rouge apparaissait sous la capuche de l’inconnue Curieuse, elle retira le tissu qui lui dissimulait la tête De grands yeux rouges, de longs cheveux rouges, un immense feu rouge sang La petite fille n’eut pas peur pour autant Elle plaça ses deux petites mains sur les joues chaudes de l’inconnue Et la regarda dans les yeux avant de lui sourire A compter de cet instant Il ne se passa pas un jour sans que l’enfant n’aille voir la jeune femme Parlant, s’amusant, celle aux cheveux aux couleurs de l’enfer prenait soin de la petite princesse Rien ne semblait venir entraver ce havre de paix Puis vint un jour Où le soleil vengeur devint lui aussi rouge Le ciel prit la même couleur et tout sombra dans le royaume des anges « Au traître ! Au traître ! », criait-on La petite fille ne s’étant aperçue de rien alla tout de même voir la jeune femme intimidante Pourtant, cette fois-ci fut différente des autres La princesse s’approcha et se retrouva face à un cercle formé autour de celle que l’on présumait être la responsable de ce spectacle macabre Elle cria, courut, se débattit pour finalement parvenir à la jeune femme qui lui afficha un sourire triste « Toi aussi tu as trahi le royaume ! Va donc avec elle ! Vous disparaîtrez toutes deux ! », criait la population angélique Celle aux cheveux couleur feu tendit alors la main à la princesse sans ailes qui avait chuté sur le sol dans tout ce tumulte L’enfant hésita un instant puis la saisit finalement … Arriva alors quelque chose que personne n’avait soupçonné Les ailes de la petite fille brune apparurent et se déployèrent Tous les anges regardaient cette étrange scène avec stupéfaction La princesse lâcha la main qu’on lui avait tendue et regarda ce qui se trouvait au-dessus d’elle cette fois Un éclair transcenda le ciel et l’enfant fut alors projetée vers le sol des humains qui lui ressemblaient autrefois Ses ailes se brisèrent, et un nouveau masque vint trôner sur son visage Tombant, chutant, sombrant, elle regardait les nuages qui défilaient à côté d’elle pendant sa lente décadence Elle arriva sur Terre, seule, dans une rue noire et dépourvue de monde Les ailes brisées, l’âme morcelée Le pêché d’avoir donné sa confiance trop facilement Elle se détruisit, se mura dans le silence, enfila un voile protecteur On la recueillit Elle avança sur sa propre voie, regardant le ciel d’un air vengeur Les êtres qui auparavant lui ressemblaient n’étaient que de vulgaires imposteurs Elle avait eu des ailes, peut-être en avait-elle toujours eu finalement ? Il n’en était pas moins qu’elle était de nouveau différente Marchant indifféremment dans ce monde injuste La petite princesse déchue se remémorait l’histoire sans cesse Celle que l’on surnomma alors le torrent rouge descendit elle aussi sur Terre sous une autre forme toutefois Elles se rencontrèrent encore et encore Dans le plus grand des secrets L’enfant se méfiant toutefois de celle qui avait avant toute sa confiance L’histoire se poursuivit ainsi Et devint au fil du temps Celle que l’on appelait alors « L’histoire de la princesse déchue et du torrent rouge »
Where are you ? You’re not like that aren’t you ? Okay...then let’s begin a new game…
Betty regardait Sixtine médusée. Cette dernière avait éclaté de rire en la voyant se vautrer royalement contre…un mur…le genre de chose minuscule que l’on est sûr de ne pas voir tellement c’est petit quoi…Horrifiée, la brunette était horrifiée. Elle était ridiculisée à vie pour le coup. Elle ne savait plus très bien où se mettre pour le moment. La grande, l’unique, la majestueuse Sixtine Brunnel se riait d’elle devant ses yeux. Pourtant, Betty ne trouvait pas que cette moquerie passagère était « méchante ». Son aînée paraissait seulement amusée par la catastrophe ambulante qu’elle avait été à l’instant. Elle resta ainsi quelques secondes, se demandant comment rattraper le coup. Et puis, elle ne voulait pas que cette histoire s’ébruite dans toute l’école. Si cela devait se passer ainsi, elle n’aurait pas hésité à aller parler franchement à la détentrice du contrôle du feu. Forte ou pas forte, elle ne se laisserait pas marcher sur les pieds si facilement. Mais au fond d’elle, Betty se disait que…oui, elle se disait que Sixtine n’était pas ce genre de personne, aussi se contenta-t-elle de froncer les sourcils en rougissant de plus belle.
« Allez, relève toi ! »
Betty attrapa la main qu’on lui tendait avec vigueur et se leva sans même laisser l’occasion à son aînée de la tracter. Elle n’était tout de même pas en sucre, elle n’était pas une gamine en somme, non, non loin de là. Elle ne supportait pas qu’on la considère ainsi. D’ailleurs ceux qui avaient fait les frais de ses « vengeances » n’auraient jamais pensé à elle en ce sens-ci. Elle n’était certes pas aussi connue que Sixtine, mais bon nombre de personnes évitaient de l’approcher de trop près, de peur d’avoir affaire à son côté obsessionnel. Elle était une ombre, elle était celle qui te suivait à tes heures perdues, elle était celle qui te faisait payer la moindre peccadille, elle était celle qui te regardait de haut pour te faire tomber, enfin, elle était celle dont tu ne t’approchais pas pour rien et toi tu le savais déjà très bien…du moins, il valait mieux pour toi que tu le saches…
« Je me prénomme Sixtine Pénélope Brunnel, détentrice du contrôle du feu. Mais tu peux m’appeler Sword. N'aurais-tu par participer au cours précédent ? Ton visage m'est assez familier. »
Betty le savait tout ça déjà. En même temps qui ne la connaissait pas, Sword ? Notre brunette favorite sembla oublier un instant sa gêne passée et se racla silencieusement la gorge avant de se présenter à son tour. Le regard sérieux mais les pommettes rouges comme le feu, la jeune fille devait donner une drôle d’impression non ?
« Oui, j’y étais… »
Sword ? Betty avait déjà entendu ça quelque part au détour d’un couloir. Elle haussa les épaules.
« Sixtine…Je préfère « Sixtine »…Je ne suis pas tellement branchée surnom. »
Elle ajouta aussitôt :
« Mais…mais si tu préfères je t’appellerai Sword ! »
Non pas qu’elle avait peur d’elle, juste qu’elle savait que certaines personnes ne voyaient pas d’inconvénient à ce qu’on les appelle par des surnoms. Elle, elle n’aimait pas tellement, cela la mettait mal à l’aise après tout… C’est alors que, sans crier gare, Sixtine ramassa le livre qui était tombé dans tout ce tumulte avant d’en lire le titre à voix haute. Betty n’eut même pas le temps de dire un mot que…
« Le petit chaperon rouge… Une histoire peut-être un peu enfantine, mais une belle histoire quand même.»
Que voulez-vous qu’elle réponde à cela dans l’état dans lequel elle était ? Elle avait bel et bien l’impression qu’on la prenait pour une gamine…La jeune fille ne dit cependant rien, se murant dans le silence le plus complet.
« Quelle est ton nom, jeune fille ? Betty, c’est bien ça ? En tout cas, j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi maladroit ! Tu ne t’es pas fais mal, au moins ? »
Elle en était sûre à présent ! Son image en avait pris un sacré coup ! Si cela était venu à se propager jusqu’aux oreilles des autres, la pauvre ombrettiste des élémentaires aurait dû faire face à…Ou quoique non…Cela l’amusait quelque part. Le premier qui se serait pointé devant elle pour se payer sa tête aurait eu à faire face à sa douce colère. La jeune fille revint soudain à elle et observa un instant Sixtine avant de sourire ni plus ni moins. Ce n’était pas le cri du cœur, ce n’était pas du mépris, c’était un sourire minuscule et banal qui ne signifiait rien pour Betty…peut-être se mentait-elle encore finalement ? Il n’en était pas moins que vu de l’extérieur c’était un sourire quand même.
« Oui, Betty…Je m’appelle Betty. Et pour ce qui est de… »
Deux garçons de la promotion de Sixtine passèrent à ce moment-là en riant. Betty s’était justement abstenue de dire son nom complet après les avoir vus arriver. Elle ne dit cependant rien sur le coup et les laissa rire dans leur coin.
*Riez tant que vous le pouvez encore*
Calme, silencieuse, bien trop calme même…La température aux côtés de Sixtine augmenta soudain. Betty se demandait ce qui se passait mais comprit bien vite le pourquoi de la chose. La jeune femme aux cheveux couleur feu en était la responsable. On aurait dit que si ses yeux avaient pu lancer des éclairs, ils se seraient exécutés sur le champ. Les deux garçons se turent soudain et poursuivirent leur chemin après avoir perdu le sourire. Betty n’avait pas demandé à être protégée ! Elle pouvait se débrouiller seule ! Bien que reconnaissante à son aînée quelque part, elle se disait qu’elle ne pouvait se reposer sur personne. Non, elle ne leur faisait pas confiance, non, ils n’étaient jamais là quand il le fallait, non, ils ne pouvaient pas la protéger…Non, non, non ! Elle ne se ferait plus avoir désormais ! Elle ne pouvait compter que sur elle-même. Encaissant, se vengeant…elle portait tout sur ses épaules depuis gamine et cela lui convenait très bien ainsi. Elle ne supportait pas que l’on ait pitié d’elle !
Elle soupira calmement et poursuivit sa phrase comme si de rien n’était.
« Betty…Betty Elizabeth Allen en classe élémentaire comme tu as pu le constater… »
Alors qu’elle parlait, un sourire se dessinant sur ses lèvres, une ombre de plus en plus grande naissait sur le sol glacé du couloir. Cette tâche extirpée du royaume des cauchemars s’épaississait, s’allongeait à vue d’œil tandis que la brunette parlait de la manière la plus posée du monde.
« …mon don est… »
L’ombre générée par Betty finit par atteindre celles des deux idiots qui avaient osé se rire d’elle d’une manière vulgaire, bien trop vulgaire à son goût. Un sourire narquois sur les lèvres, elle fit en sorte de parler pour qu’ils l’entendent.
« …la manipulation des ombres ! »
Figés sur place, stoppés dans leur mouvement, chacun une jambe en l’air, ils ne pouvaient plus avancer. Position grotesque pour des personnes grotesques, des gouttes de sueur grotesques dues à la peur pour des idiots grotesques, des tremblements grotesques pour des garçons grotesques. Puis, soudain, elle « lâcha » leurs ombres et les deux compères tombèrent avec fracas sur le sol, faute d’équilibre. Un sourire ironique sur les lèvres, Betty qui ne leur avait jusque-là, prêté aucune attention se résolut à faire un quart de tour avec sa tête de telle sorte qu’elle puisse les voir tous deux. Regard vide, regard haineux, ils comptaient réellement s’en sortir ainsi ? Les yeux plissés et un sourire sadique sur les lèvres, elle retint un petit rire de satisfaction. Ils avaient voulu jouer sur son propre terrain, manque de bol pour eux, elle le connaissait mieux que quiconque. Les ténèbres ensorcelantes étaient présentes dans le moindre recoin de la vie. Betty y tissait peu à peu sa toile d’araignée. Histoire qu’ils ne reviennent plus à la charge, elle s’était concentrée sur la forme de l’ombre générée.
Une image soignée, noire mais parfaitement nette. Qu’est-ce-que cela pouvait représenter ? Les deux jeunes gens précédemment moqueurs se regardèrent mutuellement bien que cloués au sol par leurs ombres respectives. Une immense toile d’araignée s’était dessinée sur le sol et trônaient en son centre…les proies de Betty qui leur afficha un sourire glacial.
«Eh bien ? », se contenta-t-elle de leur dire.
Les garçons se turent subitement. Oh bien sûr elle avait vu que le mécontentement de Sixtine avait porté ses fruits, mais cela ne suffisait pas à notre manipulatrice des ombres qui avait en plus de cela très mal dormi la nuit dernière. Alors vous pensez bien qu’une telle humiliation…elle s’en serait volontiers passé. Pauvres malheureux pris dans le piège immatériel. Pauvre petits pions tombés de l’échiquier. Pauvres de vous, vous avez perdu… La partie est finie mais vous le saviez n’est-ce-pas ? Cette douce sensation de savoir que tout est terminé, qu’il n’y a pas d’échappatoire, vous ne la ressentez que mieux désormais, non ? Oui, débattez-vous, tentez de vous extirper de ses ténèbres à elle, elle n’en sera que plus amusée. Terrifiés, tétanisés, comme le souffle coupé, brisés, apeurés, inquiets, ils regardaient l’ancien sujet de leur moquerie…mais tout d’un coup la farce devenait moins drôle non ? N’osant rien répliquer, ils se murèrent eux aussi dans le silence trompeur qui venait de sonner pour eux la fin du jeu. Deux petits couards qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez, Betty en avait rarement vu de semblables. On s’y croit, on regarde les gens de haut, on se rit d’eux, mais au fond on ne vaut pas mieux qu’eux…la preuve. Le jeu intéressait la jeune fille au plus haut point, attendant la réaction des petites souris tremblantes. Et ça se croyait plus âgé qu’elle…ça ? De petit chaperon rouge elle devenait loup, de souris elle devenait chat, de proie accessible elle devenait prédateur potentiel et eux…eux, ils termineraient dans les serres de l’aigle qui volait haut dans le ciel. Après ce petit intermède fort distrayant, elle se retourna vers Sixtine et poursuivit la conversation sans pour autant laisser s’échapper les petits chatons emmêlés dans la toile d’araignée traîtresse.
« Ne t’en fais pas pour moi…je ne ressens pas la douleur…c’est une bosse de rien du tout ! »
Un petit sourire triste passa furtivement sur les lèvres fines de Betty qui se reprit aussitôt, se concentrant sur cette partie d’elle qu’elle laissait entrevoir à tous. Oui, celle de la Betty forte qui ne se laissait pas marcher dessus et qui ne se gênait pas pour se venger de la moindre petite chose qu’on avait le malheur de lui faire subir.
« Et puis ce n’est pas comme si j’étais à la merci de quelqu’un excédé par mes moqueries futiles ! »
Sourire amusé, elle soupira, eux, ils déglutirent.
« Que devrais-je faire de vous ? », dit-elle à leur attention.
-Wanna come and play ?-
Les pions de verre tombèrent avec fracas sur la surface cristalline de l’eau noire. Le jeu était terminé, c’en était fini, elle ne s’amusait déjà plus, pire, elle s’ennuyait, elle était lassée de ces couards tremblant de tous les membres dont la nature les avait dotés. La toile immatérielle s’estompa peu à peu et libéra les petits chatons emberlificotés dans le fil indestructible. Dès qu’ils se furent aperçus de la chose, ils détalèrent ensemble sans demander leur reste avant de disparaître dans le tournant lointain du couloir.
Betty était exténuée bien qu’elle ne le montrât pas. Maintenir ainsi une forme si précise demandait une extrême concentration et d’énormes efforts physiques. On n’aurait pas dit de l’extérieur n’est-ce-pas ? Ajoutez à cela qu’elle n’avait presque pas dormi la nuit dernière et vous aviez une petite idée de la force qui restait à la jeune fille. Oui, c’était cela, tout juste assez pour tenir sur ses deux jambes sans flancher au bout de deux pas. Elle reprit son souffle le plus discrètement possible, et, sans rien laisser transparaître sur son visage, elle prit doucement son livre des mains de Sixtine. Luttant contre la fatigue, contre le pays des songes vengeurs qui voulait prendre son âme, contre elle-même peut-être même, elle reprit la conversation.
« Histoire enfantine ? »
Un sourire amusé sur les lèvres elle rit avec la plus grande tendresse qu’il était possible d’avoir. Etait-ce la fatigue ou bien avait-elle toujours été ainsi ?
« Tu as peut-être raison mais je trouve qu’elle cache quelque chose au-delà des simples mots. »
Elle serra le livre contre elle et sourit...oui, elle devait être bien fatiguée pour s’abandonner ainsi à la première venue. C’était mauvais…mauvais pour son image, mauvais pour elle…Elle était en situation de faiblesse et sans s’en rendre compte elle se jetait dans la gueule du grand méchant loup qu’elle ne connaissait pas. Trop près, Sixtine était trop près d’elle et c’était mauvais. Si l’idée de s’en prendre à elle lui était venue, Betty n’aurait rien pu répliquer, rien faire, juste se laisser sombrer dans les méandres de la folie sauvage des Hommes.
« Oh et…Enchantée de faire ta connaissance Sixtine ! »
Betty était exténuée, Betty n’était plus, Betty ne voyait plus, Betty ne sentait plus, Betty n’entendait plus, Betty disparaissait derrière un voile blanc. Le pays des songes l’assaillait de toute part pour l’emmener avec elle. S’il devait sombrer, elle le ferait avec lui, voilà ce qui semblait avoir été décidé. Plus rien. Plus un bruit. Plus un son. Le vide. Le néant. La mort. La peur. La peur d’être là, de ne plus l’être, de disparaître, de réapparaître ou simplement d’être. La princesse déchue sombra lentement dans le ravin de sentiments qui s’était accaparé d’elle et laissa le torrent rouge en solitaire. Evanouie, Betty s’était tout simplement évanouie sous le coup de la fatigue omniprésente en elle. Elle s’était trop dévoilée aussi, bien trop…Murmurant dans son tourment quelques mots, quelques noms, elle se remémorait l’histoire qu’elle avait lue dans l’un de ses livres d’enfant. Elle tremblait dans son sommeil, elle pleurait dans son sommeil, voyant sans cesse l’image de…
« Torrent…rouge… »
N’étant pas consciente de ce qui se passait autour d’elle, ni même de la situation dans laquelle elle se retrouvait, elle ne pouvait pas ressentir ce qu’elle avait ressenti auparavant lorsqu’elle s’était montrée sous un jour qu’elle aurait préféré garder dissimulé au plus profond d’elle. Quelques larmes éphémères perlèrent sur ses joues à son insu. Elle attrapa un bout de tissu dans son demi-sommeil et ne le lâcha plus. C’était chaud, c’était réconfortant, ça la protégeait et elle ne voulait pas s’en défaire…
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Mer 18 Mai - 20:18
« Oui, j’y étais… Sixtine…Je préfère « Sixtine »…Je ne suis pas tellement branchée surnom. Mais…mais si tu préfères je t’appellerai Sword ! »
« Non non, appelle moi comme tu le souhaites. C'est un surnom que l'on m'a donné en raison de ma première création enflammée. M'appelez par mon vraie prénom pour une fois, ne me déplaît pas, au contraire. » fit-elle en haussant les épaules.
Il était vrai qu'aux premiers abords, Betty pouvait paraître comme badine ou encore « petite fille ». Son physique pourtant, tout à fait adapté à son âge ne nous laissait point penser cela. Son comportement réservé et discret peut-être. Cependant, là était l'erreur puisque cette jeune demoiselle était tout sauf « gentille ». En effet, Sixtine découvrit rapidement son véritable tempérament. Bien qu'elle ne l'eusse pas jugée lors de son premier contact « visuel », elle ne s'attendait pas à trouver un tel comportement chez cette jeune fille, plus jeune qu'elle d'une année. Certes, les Élémentaires étaient connus à Aisling pour être égoïste, cruel, prétentieux, très hautain et assez orgueilleux. Mais rien en elle, ne pouvait laisser penser qu'elle faisait partie de la pire espèce lorsqu'on l'a provoquait.
BETTY « Oui, Betty…Je m’appelle Betty. Et pour ce qui est de… » répondit Betty à sa première question. Cependant, alors qu'elle s'apprêtait à répondre à la seconde, les deux camarades de classe de Sixtine passèrent à côtés d'elles en ricanant entre eux. Tandis que la température de l'air augmentait au fur et à mesure que la colère de Sword grimpait, les deux jeunes garçons pressèrent le pas en perdant rapidement leurs sourires. Cependant, Betty n'en avait pas terminait avec eux. Tandis que son attention se tourna de nouveau vers elle, la détentrice du contrôle du feu remarqua rapidement que quelque chose clochait en elle. Sixtine la fixa alors du regard.
* Elle est beaucoup trop calme et sereine... * songe-t-elle.
En effet, comment cette jeune étudiante pouvait rester impassible sans faire payer à ces idiots leur affront ? Certes, si Sixtine avait été à sa place, ils auraient déjà été « grillés » à l'heure qu'il est, étant une jeune femme au tempérament colérique, impulsif et parfois un peu trop cruel. Cette dernière fronça les sourcils. Alors qu'elle s'apprêtait à prendre la parole, elle fut spectatrice de quelque chose d'assez surprenant.
BETTY « Betty…Betty Elizabeth Allen en classe élémentaire comme tu as pu le constater… » continua t-elle comme si de rien n'était. Cependant, au fur et à mesure de ses paroles, Sixtine aperçut au sol, une ombre qui s'étirait jusqu'à bientôt atteindre les deux garçons. Et tandis que Betty continuer à parler, cette ombre continua son ascension vers ces deux étudiants. Elle finit par atteindre ses proies lorsque Betty déclara, d'une voix forte :
« …la manipulation des ombres ! »
Au même moment, ils s'immobilisèrent dans une posture fort délicate. Ce qu'elle vit à ce moment là sur le visage de Betty, l'a rendit interdite. Elle pencha légèrement la tête de côté et l'observa intensément. Cette jeune fille avait retenue son attention durant le cours précédent pour une raison qu'elle n'avait pas réussi à expliquer. A présent, elle comprenait davantage le pourquoi du comment. Betty était l'une de ces filles appartenant à la classe Elémentaire, qui possédait «une double facette». Non pas de l'ordre de la schizophrénie, mais à un point tel que pour des personnes hors de leur cercle d'amis ou familial, cela pouvait donner quelque chose d'assez déroutant. Sourire sadique aux lèvres, elle arrêta finalement ce petit jeu. Les deux jeunes garçons s'écroulèrent au sol immédiatement. Toutefois, à peine eu-t-il le temps de toucher le sol qu'une toile d'araignée grandeur nature s'était formée à partir de leurs ombres. Ainsi, ils étaient victimes d'un prédateur invisible. La suite se passa assez rapidement. Après avoir prit un malin plaisir à se rassasier de l'humiliation et de la frayeur des deux garçons, Betty les lâcha. Libres, ils détalèrent comme de véritables lapins. Sixtine les regarda partir et tourna son attention vers sa camarade, toujours surprise d'un tel comportement. Mais bien que cela puisse être difficile à remarquer au même moment, Sword sentit la fatigue envahir Betty. Rien de plus normal après ce qu'elle venait d'exécuter.
BETTY « Histoire enfantine ? » Elle rit avec tendresse et continua. « Tu as peut-être raison mais je trouve qu’elle cache quelque chose au-delà des simples mots. »
Sixtine fut déroutée par ce changement soudain d'émotion. Ainsi, elle bredouilla les quelques mots suivants.
« Si tu le dis... »
BETTY « Oh et…Enchantée de faire ta connaissance Sixtine ! » « Moi de même. »
Avant même que Sixtine puisse revenir sur ce qui venait de se passer, Betty tomba à terre, exténuée. Cependant, Pénélope n'eut point le temps de la rattraper. Elle lui agrippa le bras ce qui ne fit qu'amortir sa chute. Ne sachant pas trop quoi faire, elle s'accroupit à ses côtés. Elle l'a secoua frénétiquement, sans paraître trop brusque en espérant qu'elle se réveille.
*Torrent rouge... Mais qu'est-ce que cela signifie ?* se demanda silencieusement Sword.
Quelques minutes après, Betty ouvrit enfin les yeux au milieu de plusieurs élèves, penchés sur elle, visiblement inquiets. Sixtine quant à elle, était toujours accroupis à ses côtés, tenant cette fois-ci un verre d'eau à la main. Soulagée à présent de la voir enfin réveillée, elle s'exclama aussitôt :
« Te voilà enfin réveillée ! J'ai cru que tu n'ouvrirais plus les yeux ! Allez, bois ça, avant que tu ne repartes au pays des songes ! » fit-elle avec une autorité que personne ne pouvait contester. Elle lui tendit le verre et l'aida à se lever une seconde fois. Sixtine chassa tous les élèves qui s'étaient agglutinés autour de Betty. Personne n'osa répliquer après elle et tous se dispersèrent. Les deux étudiantes se dirigèrent lentement vers le banc que Sword avait repérait précédemment. Elle l'aida légèrement ainsi à marcher puisqu'elle venait tout juste de réveiller et qu'elle ne tenait pas très bien debout. Arrivées enfin à la hauteur du banc, Sixtine s'assit et laissa Betty reprendre ses esprits tranquillement. Elle ne perdit cependant pas de temps et reparla de ce qui c'était produit entre Betty et les deux garçons.
« Ce que tu as fais tout à l'heure, était tout a fait époustouflant. Je connais des personnes de même année que toi qui n'ont pas encore cette maîtrise. Tu n'es pas une Élémentaire pour rien ! Cependant, si je devais avoir un conseil à te donner, pense à surveiller ta réserve d'énergie avant d'utiliser ton don avec une telle intensité ! Crois-moi, je sais de quoi je parle...» fit-elle à son adresse, le regard subitement ailleurs.
Elle soupira de fatigue et cala son dos contre le banc. Elle ferma les yeux et les ouvrit presque immédiatement pour poser son regard ardent sur Betty. Sixtine resta silencieuse quelques instants et prit la parole.
« Dis moi, tout à l'heure, tu as murmuré des mots alors que tu sombrais dans le sommeil.. C'était.. Torrent rouge je crois. Pourrais-tu me dire ce que cela signifie ? »
Sixtine mit une jambe sur l'autre de façon féminine. Elle croisa les bras, et remit d'un bref coup de tête, une mèche de son front. Sword tourna toute son attention vers sa camarade qui reprenait petit à petit ses esprits.
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Ven 20 Mai - 19:21
-Où te crois-tu ma chère ? Tu espères avoir la vie sauve ? Bienvenue dans mon antre Le pays des songes vengeurs, en parfait gentleman qu’il est t’ouvre ses portes sans hésiter-
Le soupir des sentiments qui inonde lentement ton cœur entier en un véritable torrent argenté, tes larmes qui humidifient le sol en silence, ton esprit blanc comme si tu venais juste de renaître, tu ne sais pas comment réagir pas vrai? Tu te dis que tu aimerais que le vent blanc t’emporte alors que le temps ne cesse de couler entre tes dix doigts. Tu pleures de toute ton âme les mensonges des autres, tu trembles de tout ton corps la lâcheté de certains mais au fond tu sais que quelque part tu fais partie du même monde qu’eux. Des chaînes rouges autour de ton cou, ta haine t’aveugle et suffit à t’emprisonner à elle seule, des chaînes blanches autour de tes pieds, ton âme aux couleurs du paradis t’empêche de fuir, des chaînes bleues sur tes mains, l’immensité céleste se reflète dans tes actes. Tu songes, tu penses, tu réfléchis, tu observes, le regard dans le vague. Tu te recroquevilles sur toi-même pour disparaître. Tu voudrais que l’on te raye de la surface de la Terre. Tu ne peux réfréner ce sentiment de culpabilité qui te ronge depuis si longtemps.
-Vous paierez tous !- -Vous paierez tous !-, cries-tu inlassablement.
Le regard rouge, les habits tâchés de sang, les mains recouvertes par le liquide suave et chaud, tu détruis peu à peu ton âme. Tu en fais toi-même un puzzle impossible à reconstituer. Un sourire triste mais vengeur, tu halètes avant de rire de ta triste réalité.
-Ne regardez que moi !-, sanglotes-tu.
Tu te détestes peut-être au fond. Tu voudrais que l’on t’aime mais tu dresses toi-même tes propres barrières infranchissables pour les autres. Tu te dissimules dans le noir, seulement éclairée par la Lune rouge. Tu as gagné c’est vrai…
La petite reine à la couronne de verre a pris possession de l’échiquier vide désormais. L’amoncèlement de pions battus se dresse peu à peu sous tes pieds. Tu règnes en seule maîtresse. Reine peut-être mais seule quand même. Tu regrettes d’abord puis finalement tu te dis que c’est mieux ainsi. Plus personne ne viendra t’importuner à présent. Tu te protégeais, tu te protégeas, tu t’es protégée et maintenant tu ne le fais plus. C’est ce que tu désirais non ? Egoïste, égoïste, tu hurles que tu souhaites être aimée ! As-tu seulement vu le parcours que tu as réservé à la poignée de personnes qui souhaite atteindre ton cœur ? Tu te fonds dans le tapis nocturne, honteuse, ange déchu depuis longtemps, tu disparais dans le voile noir de la nuit. Seule, sans attache, tu comptes errer pendant les siècles à venir. Tu as obtenu ce que tu voulais mais maintenant que tu l’as, cela n’a plus grande importance. Tu es lassée, tu t’ennuies, tu l’as mérité après tout. La valse des ombres dans ton dos se déroule tel un bal de fantômes morbides que tu présides. Le cœur vide, le corps vide, tu ne représentes plus qu’une coquille dorée qui renferme en son sein quelques gouttes de sang. Tu es l’unique humain qui ait réchappé du massacre que tu as organisé. L’humanité injuste a disparu de ce monde sans foi en lequel tu ne croyais plus. Tes regrets se brisent au loin des côtes frappées par la violence de l’orage immatériel qui fait fureur dans ton petit cœur. Pauvre ère qui marche sur le sentier marqué par la couleur du pêché.
Disparaître encore et encore dans la pénombre de la nuit.
Disparaître pour survivre ou survivre pour disparaître, tu n’en as plus rien à faire. Le monde n’est plus et tu sièges à présent sur le trône d’un royaume déserté. Ta couronne n’a plus lieu d’être mais tu t’en fiches. Tu brandis ton sceptre de cristal et le laisses tomber sur la surface de l’eau noire parcourue par les faibles ondes blanches qui subsistent du jardin des âmes pures.
Ton cœur c’est l’enfer, ton âme c’est l’enfer, ton corps c’est l’enfer… Tu te laisses sombrer sur ton trône en te faisant peu à peu entourer par le noir qui te pousse dans tes derniers retranchements. Ton esprit devient noir, ta personnalité devient noire. Tu te laisses dévorer par le grand méchant loup. Mais au fond…c’était toi depuis le début. Oui, toi. Sous ton apparence se cachait la bête qui hantait autant tes jours que tes nuits.
-Tu avais peur de ta propre ombre-
Tu pleurais en silence toutes les perles transparentes de ton corps jusqu’à t’en vider totalement. Peureuse, lâche, tu refusais de faire face à celle que tu étais.
*Le bruit, la sensation de quelque chose qui se brise en toi*
Tu souris ironiquement, tu surgis des ténèbres qui t’avaient engloutie. Tu trônes sur l’échiquier. Ils ont tous payé après tout. Le véritable jeu s’annonce à présent. Tu revêtis la cape noire que tu avais délaissée pour finalement abandonner ton âme au diable. Tu remets ton masque et détruis tout ce qui reste de bon en toi. C’est amusant alors poursuivons. Tu ne supportais pas que l’on s’en prenne à ta personne, pourtant, sans le savoir tu ne te gênais pas pour le faire toi-même à leur place. Pour quelque chose d’insignifiant aux yeux des autres, tu laissais cette réalité te ronger avec une violente douceur. Regarde-moi, ne me regarde pas. Tu m’aimes, je ne t’aime pas alors laisse-moi. Tu danses seule dans le royaume des cauchemars toute de noir vêtue. Un regard vengeur, agrémenté d’un sourire sadique, tu aspires à jouer dans la cour des grands. Alors, tu continues à valser en solitaire dans l’immense pièce vide en espérant un jour meilleur.
[…]
L’histoire n’est pas achevée pour autant. Fille sans scrupules qui n’a rien regretté pour protéger son secret, tu fais peine à voir. Allons, personne n’est là pour te contredire. Tu joues dans le petit théâtre infernal, manipulée par le marionnettiste de l’ombre tu coules des jours translucides. Les valseurs de plume écrivent ton histoire, le conte s’achève ici, ici commence ta propre fin. Allons, il en fallait bien une, non ? Le joueur de flûte de Hamelin t’entraînera avec lui, hypnotisée par le doux son mélodieux, tu le suivras aveuglément tout comme tu as autrefois accordé ta confiance.
En garde Betty, en garde !
Bats-toi pour ta survie !
Le passé te poursuit, tes pensées aussi. Méfie-toi ta chute est peut-être proche. Tu t’enfonces encore et encore dans le pays des tourments, viendra un jour où il te sera impossible de t’en extirper.
En garde Betty, en garde !
Bats-toi pour ce en quoi tu crois !
-Je brûlerai mes livres un par un dans la détresse infinie de mon âme en ce cas-
Tu préfères abandonner n’est-ce-pas ? C’est bien plus facile pour toi de renoncer à ce à quoi tu tiens. Je n’y prêterai aucune attention cependant, moi, le rêve de ton songe, moi, ton secret…
-La valse morbide de ta douleur s’achève ici, aussi vais-je prendre congé. Ne m’en veux point ma chère Betty. Je m’en vais vers ton glorieux futur.-
Un éclair rouge transcenda l’esprit de Betty. Les serres dangereuses du pays des songes se desserrèrent enfin, laissant la brunette à la réalité. Mensonge, illusion, ironie, cauchemar ? Que devait-on croire ? Et puis, que pouvait-elle voir au beau milieu du noir ? Un sourire sadique sur les lèvres du songe inconnu, Betty se réveilla en sursaut. Elle ouvrit les yeux d’un coup et se mit immédiatement en position assise, tremblant comme une feuille. C’était pire que la veille…Elle avait le souffle coupé, difficile de respirer. Elle inspira par bouffées saccadées, tentant désespérément de se calmer.
Sixtine : « Te voilà enfin réveillée ! J'ai cru que tu n'ouvrirais plus les yeux ! Allez, bois ça, avant que tu ne repartes au pays des songes ! »
La jeune fille désorientée tourna brusquement la tête en direction de la voix mais se ravisa aussitôt en prenant son crâne douloureux entre ses mains. Ça tournait, ça tournait…Une vision floue, encore un peu dans les vapes, elle tentait d’identifier la personne face à elle ainsi que les paroles qu’elle avait prononcées. Une chevelure rouge…Un nœud se fit dans sa gorge. Sixtine ! Elle lui tendait quelque chose semblait-il. Betty l’attrapa tant bien que mal et finit par se rendre compte qu’il s’agissait en réalité d’un verre d’eau. Empoisonné ? (èwé) Elle le but par petites gorgées, le regard visiblement perdu dans le vague. Elle avala la fin du liquide sans goût ni saveur et posa le petit récipient à côté d’elle. Que s’était-il passé ? Grâce à une association d’idées elle en vint à la conclusion suivante : elle s’était évanouie dans le couloir ! Le couloir… ? Son visage se figea soudain et elle se frotta les yeux avant de réaliser qu’une foule d’élèves s’était agglutinée autour d’elle. L’une d’entre eux se baissa alors vers elle.
Fille lambda :« Tu vas mieux ? »
Betty ne répondit rien, se contentant de hausser les épaules.
Fille Lambda :« Tu veux de l’aide ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »
La jeune fille eut un mouvement de recul soudain, manquant de renverser le verre.
Foule : « Hé ça va aller ? », poussèrent tous les badauds du coin en cœur.
La brunette, fébrile au possible en avait déjà marre de leurs questions. Bien qu’épuisée elle les envoya sur les roses.
*Ai-je une tête qui vous pousse à m’encercler ainsi ? *
« Lâchez-moi de suite… »
Sa voix était si faible et si peu impressionnante, bien peu convaincante à cause du surmenage en somme.
Fille Lambda : « Hein quoi ? Tu disais… ? »
Betty sentait la colère l’envahir à nouveau. C’était décidé, elle effacerait définitivement ce jour de sa mémoire. Elle se racla la gorge, et, avec tout ce qui lui restait comme force, elle décocha à tous un de ces regards à vous glacer le sang.
« Hors de ma vue. J’ai une tête à aller mal ? Partez avec votre pseudo-générosité mal placée ! »
Tous se turent, finalement dispersés par les soins de Sixtine dont l’autorité n’était jamais remise en question. C’était impensable que l’on s’enquière de son état de santé, oui, tout bonnement impensable. La jeune fille se renferma une fois de plus. Elle avait effroyablement mal à la tête. La détentrice du contrôle du feu l’aida à se relever une fois de plus. Betty qui n’avait pas voulu de son aide avait essayé de se relever toute seule, mais, manquant de retomber au sol, elle s’agrippa fermement à la main chaude de son aînée. Ainsi, aidée par la jeune femme au regard de braise, elle avança en titubant jusqu’au banc le plus proche. Là, elle s’assit sans demander son reste et attendit la suite des évènements. Elle ne pouvait pas faire grand-chose dans l’étant dans lequel elle se trouvait de toute façon. Elle soupira et passa une main dans sa belle chevelure brune avant de s’adosser au mieux au banc et de fermer les yeux.
Sixtine :« Ce que tu as fais tout à l'heure, était tout a fait époustouflant. Je connais des personnes de même année que toi qui n'ont pas encore cette maîtrise. Tu n'es pas une Élémentaire pour rien ! Cependant, si je devais avoir un conseil à te donner, pense à surveiller ta réserve d'énergie avant d'utiliser ton don avec une telle intensité ! Crois-moi, je sais de quoi je parle...»
Betty se laissa porter émotionnellement par le peu de vie qui subsistait en elle depuis le dernier cauchemar. Les deux imbéciles moqueurs de tout à l’heure ? Elle rouvrit les yeux et observa le plafond, le regard perdu dans le flot incessant de sa vie.
« Ma maîtrise est ce qu’elle est. Il restera toujours aussi bien des personnes supérieures qu’inférieures dans l’art de manipuler le don. J’admire ceux qui travaillent avec force pour pouvoir découvrir les différentes manières de l’employer. Pour ma part, je ne relâche jamais mes efforts et je compte bien me hisser sur le podium. Elementaire ou pas, il reste en ce bas monde des personnes d’autres classes qui s’en sortent aussi bien que nous. Je ne me juge pas assez puissante pour dire que c’était « époustouflant » mais merci tout de même pour le compliment. »
Elle baissa ses yeux et regarda droit devant elle d’une manière indifférente.
« Juste que j’ai pas dormi de la nuit et que du coup j’étais pas en très grande forme. J’ai pas réalisé c’est tout. Malheureux concours de circonstances qui a tourné à mon désavantage. »
Elle soupira.
« Tu as raison, je ferai attention la prochaine fois… »
Elle balança sa tête en arrière et s’adossa de nouveau au banc.
« Pfff, pourquoi je te parle de ça moi ? »
Elle soupira une nouvelle fois, un sourire ironique sur les lèvres. Au point où elle en était…Non, non, non, ce n’était pas bon.
« Dis moi, tout à l'heure, tu as murmuré des mots alors que tu sombrais dans le sommeil…C'était…Torrent rouge je crois. Pourrais-tu me dire ce que cela signifie ? »
Betty écarquilla les yeux qu’elle avait tournés vers le plafond. Elle tourna la tête vers Sixtine, qui, dans un élan de grâce s’était arrangée un tant soit peu en remettant sa mèche de cheveu en place d’un geste élégant.
Elle avait parlé pendant son sommeil ? Torrent Rouge ?! Mais pourquoi ? Pourquoi il fallait que ça lui arrive à elle ? Et en l’espace de quelques instants en plus, juste le temps de se prendre le mur, de s’évanouir, et hop ! C’était l’horreur qui arrivait à grand pas au rendez-vous !
Puis finalement…Qu’avait-elle à perdre ? Elle était fatiguée, alors autant entretenir la conversation le temps qu’elle se rétablisse…
« Il était une fois une princesse qui donna sa confiance à une inconnue aux cheveux rouges et qui fut par la suite bannie du paradis pour avoir commis un tel pêché. Elle la rencontra cependant sur Terre après être tombée de son piédestal, méfiante toutefois vis-à-vis de celle que l’on surnomma alors le Torrent Rouge. C’est la légende de la princesse déchue et du Torrent Rouge. Pour avoir offert à quelqu’un son visage de petite fille gentille, la princesse en a pris pour sa vie angélique. »
Le regard droit et sérieux, elle mettait de la profondeur dans ses paroles sans trop savoir pourquoi. Puis, soudain, comme réveillée par la sonnette d’alarme…
Elle avait parlé, bien trop parlé à son goût à elle. Dans un mouvement de recul, elle se leva brusquement mais ne put aller bien loin. Ses jambes flanchèrent et elle se rattrapa de justesse au mur à proximité. Faible, elle était encore trop faible. Elle toussa et s’effondra à terre, s’arrachant presque les poumons sous sa toux saccadée. Bordel, c’était quoi ça ?!
« M’approche pas ! », cria-t-elle désespérée.
Elle s’accrocha au mur et se remit sur ses deux jambes. Le manque de sommeil et les cauchemars qu’elle faisait l’avaient mise dans un état pitoyable. Tellement pitoyable qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de se voir un jour ainsi. C’était une première et une dernière espérait-elle. C’était mauvais, elle voulait se protéger, il fallait qu’elle se protège, elle se devait de se protéger. Comme déchirée de se voir en proie à son propre corps, elle alla jusqu’à supplier la plus prestigieuse des élémentaires, le dos toujours tourné à cette dernière.
« Je t’en prie ! M’approche pas ! Je veux pas ! Regarde pas, regarde pas ! »
Elle pleurait…oui, elle pleurait…elle qui ne le faisait jamais, elle qui avait toujours le visage impassible, oui, elle pleurait encore et encore sans pouvoir s’arrêter. Ses larmes ne semblaient pas vouloir se tarir un jour. Elle était fatiguée, encore et toujours. Elle disait des choses insensées encore. Elle faisait tout pour se dissimuler mais l’état de faiblesse dans lequel elle se trouvait était trop dur à cacher. Depuis quand n’avait-elle pas pleuré ? Depuis combien de temps ? Elle fronça les sourcils, se mordit la lèvre, serra le poing qui ne lui servait pas à se retenir au mur pour ne pas s’effondrer et parvint enfin à stopper les gouttes salées qui avaient sali son image.
« Manquait plus que ça… », murmura-t-elle en frappant le mur avec son poing.
Elle faillit flancher de nouveau mais au lieu de cela, elle se força à utiliser à nouveau son pouvoir. Elle disparut subitement dans son ombre et sortit de celle du banc sur lequel elle se rassit aussitôt. Haletant, tremblant, elle ne se reconnaissait plus. Quelque chose se brisa à nouveau en elle comme lorsque l’on croit que l’on rêve et qu’au final il n’en est rien. Désillusion virtuelle qui vient entacher notre cœur peu à peu avant de nous remettre sur le chemin sur lequel on s’était autrefois avancé de manière téméraire, trop téméraire. Regard indifférent et vide, ses tremblements avaient cessé. Elle s’était encore donnée en spectacle et n’avait pas eu d’autre choix que de revenir se placer sur le banc pour ne pas s’écrouler quelques mètres plus loin. Elle en avait assez. Elle ne voulait plus quitter son masque protecteur, oui, celui de la fille qui s’en fout de toi et qui te le fait savoir, celui de la Betty puissante et forte, celui de la Betty vengeresse qui t’attendait dans l’ombre…Son corps était vidé de toute énergie mais elle ne laissa plus rien transparaître sur son visage pâle, livide, blême. Elle referma les portes de son cœur. Personne ne devait y accéder…
Ses doigts tremblaient encore un peu et ça se voyait qu’elle voulait réfréner l’épuisement maladif qui avait pris possession d’elle. Elle avait repris contenance mais trop tard. Sixtine avait eu le temps de la voir sous un jour qu’elle n’avait elle-même jamais entrevu.
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Sam 21 Mai - 11:59
FEATURING Betty Allen : maîtrise de l'ombre Sixtine Brunnel : maîtrise du feu
Cette fille était... étrange. Oui, étrange était un mot qui l'a définissait assez bien. Bien qu'elle laissait paraître une face d'elle peu flatteuse mais qui était digne d'une Elementaire, à savoir : froide et hautaine; Sixtine ne pouvait s'empêcher de se demander si cette jeune fille était vraiment celle qu'elle voulait et qu'elle essayer de faire croire à la face du monde. Perspicace, c'est en l'observant attentivement qu'elle sut immédiatement que c'était le cas. Toujours dans un état fébrile, Betty répondit à sa remarque.
BETTY « Ma maîtrise est ce qu’elle est. Il restera toujours aussi bien des personnes supérieures qu’inférieures dans l’art de manipuler le don. J’admire ceux qui travaillent avec force pour pouvoir découvrir les différentes manières de l’employer. Pour ma part, je ne relâche jamais mes efforts et je compte bien me hisser sur le podium. Élémentaire ou pas, il reste en ce bas monde des personnes d’autres classes qui s’en sortent aussi bien que nous. Je ne me juge pas assez puissante pour dire que c’était « époustouflant » mais merci tout de même pour le compliment. » « Juste que j’ai pas dormi de la nuit et que du coup j’étais pas en très grande forme. J’ai pas réalisé c’est tout. Malheureux concours de circonstances qui a tourné à mon désavantage. » « Tu as raison, je ferai attention la prochaine fois… Pfff, pourquoi je te parle de ça moi ? »
Sixtine, l'a regarda et finit par détourner la tête pour laisser vaquer son regard un peu partout dans le couloir. Comme une personne si jeune pouvait elle être si vide d'émotion ? Elle ne put, toutefois, s'empêcher de répliquer sans mâcher ses mots comme à son habitude.
« Je dois t'avouer que savoir pourquoi est-ce que l'on dit ce que l'on a dit est une chose futile. Si tu l'as dit, c'est uniquement parce que tu y attaches une certaine importance et que tu as éprouvé le besoin de le spécifier. Ne crois pas que le monde ne s'intéresse pas à toi. Je suis là et je t'écoute. Le principal, c'est que tu parles, après tout ! C'est ainsi que des gens se rencontrent, apprennent à se connaître et deviennent amis. »
Elle tourna la tête vers celle-ci et la regarda fixement. Lorsque notre belle héroïne revint sur les derniers mots que sa cadette d'un an avait formulé avant de s'évanouir, Sixtine perçut un élan de surprise. De plus en plus intéressée, elle attendit sa réponse.
BETTY « Il était une fois une princesse qui donna sa confiance à une inconnue aux cheveux rouges et qui fut par la suite bannie du paradis pour avoir commis un tel pêché. Elle la rencontra cependant sur Terre après être tombée de son piédestal, méfiante toutefois vis-à-vis de celle que l’on surnomma alors le Torrent Rouge. C’est la légende de la princesse déchue et du Torrent Rouge. Pour avoir offert à quelqu’un son visage de petite fille gentille, la princesse en a pris pour sa vie angélique. »
Sa voix était empreinte de solennité et de profondeur. Cependant, Sixtine ne s'en aperçut pas réellement car elle était déjà en train d'analyser ces paroles. Étrangement, elle se sentit comme « visée » dans cette histoire, tenant pour rôle la mystérieuse femme à la chevelure de feu. Tandis qu'elle s'apprêter à la questionner davantage, Betty se leva brusquement. Cependant, elle n'avait pas repris entièrement ses esprits et il s'en fallut de peu pour qu'elle ne retombe à terre. C'est avant qu'elle ne put émettre un moindre mot que Betty hurlait déjà en sa direction, la priant de ne pas l'approcher. Sixtine fronça immédiatement les sourcils. Jamais personne n'avait osé hausser le ton ainsi en sa direction, et le comportement de cette étudiante commencer légèrement à l'agacer.
BETTY « Je t’en prie ! M’approche pas ! Je veux pas ! Regarde pas, regarde pas ! » continuait-elle de crier. D'abord révolté de la voir encore dans cet état de désespoir et contrarié de la voir ainsi lui parler, la température ambiante grimpa rapidement de deux ou trois degrés. C'est alors que Sixtine s'aperçut qu'elle pleurait à chaude larme. Elle l'a regarda quelques instants et soupira en baissant la tête. Ce qui se passer la déroutait énormément. Elle ne savait pas quoi lui dire, elle ne savait pas comment s'y prendre dans ce genre de situation puisqu'elle n'en avait jamais été témointe jusqu'à ce jour. Cependant, une chose était sûre, Sixtine était décidée et voulait lui dire le fin fond de sa pensée. La jeune fille utilisa ses dernières forces pour revenir sur le banc, en utilisant une fois de plus son don. La maîtrise de l'ombre... un pouvoir qui ne cessait d'impressionner Sixtine, bien qu'elle ne soit pas le genre de fille à être impressionnée. Bien au contraire. Sword se tourna avec rapidité et alla la rejoindre, en essayant de garder son sang froid.
« Je vais te dire une chose, Betty. Ce n'est pas la première fois que je vois ça. Pour dire vrai, tu n'es pas la seule fille dans cette école qui essaye de se protéger des autres en faisant apparaître un masque qui n'est pas le sien. Certes, je veux bien admettre que tu possèdes un fort caractère, sinon ces deux idiots ne seraient partis sans être punis ainsi de leur affront. Mais si tu essayais, un tant soit peu, à t'ouvrir aux autres et à te forger de solides bases, tu verrais la vie sous un nouveau jour. Le monde ne te veut pas forcément que du mal. Tu es jeune et douée, ne perd pas ce temps si précieux à te torturer l'esprit. Aie confiance en toi et apprend à faire confiance à autrui. Et puis, arrête moi ses larmes qui salissent ton visage. Sois digne des Élémentaires qui sont réputé pour être une classe composé uniquement d'Élite. »
C'est en arborant un ton majestueux qu'elle finit par dire :
« Sache que tu peux désormais compter sur moi. En tant qu'aînée, mon devoir est de me comporter comme tel. Tu deviendras ainsi ma protégée si tu veux. Si tu as besoin de moi pour régler le compte à quelqu'un, il suffira de venir me voir. Même si je sais que tu es apte à t'en charger toute seule, la plupart du temps. En effet, comme tu l'as si bien dit tout à l'heure, il y a des personnes encore plus douées dans ce bas-monde, à qui il ne faut pas se mesurer. » Fit-elle cependant en affichant un demi-sourire amusé. « Aie confiance en moi. » Elle rit doucement et reprit : « De toute manière, si j'avais voulu te faire du mal ou te malmener, crois-tu que tu serais encore présente dans ce couloir, à mes côtés ? »
Sixtine était méconnaissable. En effet, elle n'accordait généralement pas son temps à des personnes plus petites qu'elles et, qui plus est, n'entretenait aucune relation amicale avec elle. De nature hautaîne et froide, elle n'hésitait pas à se montrer cruelle et méprisante, lorsqu'elle se trouvait notamment, d'une humeur massacrante. Betty arrêta ses larmes peu à peu et Sixtine put reprendre. Elle s'adossa confortablement et reprit sa position : jambe sur une autre. Elle leva sa main et écarta ses doigts. Soudain, une flamme apparut au bout de son pouce, puis une autre sur son index et une autre sur le doigt suivant. Bientôt, chaque doigt était surmonté d'une belle flamme rouge qui vacillait légèrement selon les courants d'air. Tout en jouant avec ses doigts, elle déclara ;
« Avant tout, cesse de demeurer ainsi indifférente face à tout ce qui t'entoure. Essaye de ne plus porter cet air si torturée sur ton visage que je ne cesse de voir et qui je t'avoue, m'agace un peu. Ne deviens pas comme notre représentante qui pense que le monde entier est à ses pieds et qui s'enfonce, jour après jour, dans un orgueil qui la perdra tôt ou tard. »
Sous l'effet de la colère, le feu s'intensifia. Elle ferma subitement la main où les flammes s'étouffèrent sur sa paume sans lui causer une quelconque douleur. Elle se retourna vers Betty, et la fixa impitoyablement. Un sourire indéchiffrable se dessina alors son beau visage.
« J'ai encore quelque chose à ajouter à ton propos, ma chère Betty : tu apprendras en me côtoyant qu'il y a des choses qu'il faut s'abstenir à faire en ma présence : comme hausser le ton sur moi, par exemple.. »
Le ton qu'elle prenait et l'expression de son visage ne précisait pas le "véritable" message qu'elle tenait à lui passer. Ce pouvait être autant une menace, un avertissement ou un conseil. C'était peut-être à elle de déchiffrer ce message si elle comprenait ce que la détentrice du feu essayait de lui expliquer depuis le début. Sixtine ne lui voulait aucun mal, mais même avec ses amis les plus proches, elle pouvait se montrer froide et dure. Cette dernière se tut et attendit une réponse ou une réaction de sa part, après qu'elle lui ait dévoilé toute sa pensée. Il fallait s'y habituer, Sixtine était quelqu'un de directe. Un silence oppressant s'installa. Sword avait dit le fin fond de sa pensée et peu importe si elle le prenait mal, la jeune femme à la chevelure de feu en aurait la conscience tranquille. Elle avait décidée de lui venir en aide. Et puis au fond, Betty avait l'air d'être une étudiante agréable et amusante, bien qu'elle n'ait pas forcément beaucoup parlé depuis le début et qu'elle ne la connaisse pas tellement. C'est en brisant ce silence écrasant que Sixtine dit d'une voix intéressée:
« Pourquoi pensais-tu à ce conte avant de t'évanouir ? Je me trompe peut-être, mais c'est plus fort que moi : je ne peux me sentir que visée dans cette histoire... »
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Dim 22 Mai - 14:54
Betty n’était peut-être pas celle qu’elle voulait après tout. Les doigts entrecroisés et le regard perdu elle tentait tant bien que mal de faire le point sur sa vie alors qu’elle savait pertinemment qu’elle n’y arriverait pas. Tu montes encore et encore dans cet ascenseur sans pouvoir t’arrêter, tu vois des images défiler sous tes yeux mais tu les laisses disparaître dans le chaos de ton cœur. Tu grimpes encore et encore sans regarder en arrière, tu avances en laissant les pions sur le côté tant que tu n’as pas perdu la partie. Il faut que tu gagnes à tout prix, si l’on ne vient pas te chercher tu poursuis ta route comme si de rien n’était, si l’on s’en prend à toi tu détruis le fou qui s’est avancé trop près de la reine et d’une pichenette tu le laisses sombrer dans le trou noir qui borde l’échiquier aux carreaux douteux. Pathétique ? Certainement pas. Betty, Betty, tu redeviens peu à peu toi-même peut-être. Tu te rends compte que tu as trop laissé entrevoir celle que tu étais et cela t’effraie au plus haut point. Tu ne sais pas comment t’y prendre avec les autres alors tu les laisses venir à toi s’ils le veulent mais toi jamais tu n’iras à leur rencontre si ta volonté n’est pas fondée. Tu voudrais certes apprendre à en connaître certains mais au fond tu as juste peur d’être déçue. Tu crois en toi mais plus en les autres. Tu sais que tu n’es pas parfaite, tu sais qu’en vérité tu es faible, tu sais que ce n’est que de la peur mal placée qui obstrue le peu de lumière qui tente de t’atteindre. Betty, Betty, tu n’es plus fatiguée n’est-ce-pas ? Betty, Betty, tu reprends contenance peu à peu non ? Betty, Betty, les larmes ont emporté avec elles tous tes doutes. Seuls tes doigts tremblants témoignent un tant soit peu de celle que tu étais à peine quelques secondes auparavant. Tu es Betty. Betty Elizabeth Allen, manipulatrice des ombres de la prestigieuse classe des Elémentaires et ton alter-ego se doit d’être élevé. Tu te dois de croire en toi pour te protéger en cas de coup dur. On te prend pour la vengeresse de service mais au fond tu ne le fais que lorsque l’on te fait subir une humiliation à nulle autre pareille. Tu ne vas pas te moquer des autres, tu ne vas pas chercher les embrouilles, au contraire tu restes neutre et tu ne t’engages dans la lutte que lorsque le jeu en vaut la chandelle. Betty, Betty, où es-tu ? Nulle part je ne te vois. Betty, Betty, entends-tu ce qui t’entoure ? Il semblerait que tu te sois murée dans ton propre corps. Tu veux que l’on t’aime quand même non ? Tu es seulement effrayée de les décevoir. Finalement, ce n’est pas de leur trahison dont tu as le plus peur, mais bel et bien de la déception qu’ils pourraient avoir s’ils te connaissaient.
« Je vais te dire une chose, Betty. Ce n'est pas la première fois que je vois ça. Pour dire vrai, tu n'es pas la seule fille dans cette école qui essaye de se protéger des autres en faisant apparaître un masque qui n'est pas le sien. Certes, je veux bien admettre que tu possèdes un fort caractère, sinon ces deux idiots ne seraient partis sans être punis ainsi de leur affront. Mais si tu essayais, un tant soit peu, à t'ouvrir aux autres et à te forger de solides bases, tu verrais la vie sous un nouveau jour. Le monde ne te veut pas forcément que du mal. Tu es jeune et douée, ne perd pas ce temps si précieux à te torturer l'esprit. Aie confiance en toi et apprend à faire confiance à autrui. Et puis, arrête-moi ses larmes qui salissent ton visage. Sois digne des Élémentaires qui sont réputé pour être une classe composé uniquement d'Élite. »
Betty se figea, ses larmes s’étaient taries à l’instant même où Sixtine avait terminé de parler. Etre digne des Elémentaires ? Mais qu’est-ce qu’elle en avait à faire de la dignité de sa classe ? L’élite ? Laissez-la rire. Les Psy étaient tout aussi excellents qu’eux. La dernière phrase de la fille aux cheveux couleur feu avait du mal à passer et était restée en travers de la gorge de Betty. Ce n’était pas de sa classe dont elle voulait être digne. Il existait parmi eux des personnes exécrables et ce n’était pas d’eux dont elle voulait être digne. Elle, elle voulait être digne de Sixtine et de ceux qu’elle appréciait. Elle, elle voulait être digne de ceux qui travaillaient d’arrache-pied pour exceller dans leur domaine. Elle, elle voulait être digne de ceux qui le méritaient, c’était tout.
« Haha…ils sont seulement réputés, comme tu le dis si bien. Ce n’est pas d’eux dont je veux être digne !»
Oui, Betty venait de hausser le ton une nouvelle fois. Sixtine l’agaçait avec son « élite ». Dan avait fait partie des Phy et il contrôlait son don à la perfection.
« Je serai digne de qui je veux. Ce n’est pas de ma classe dont je souhaite être digne mais des personnes que j’admire. Ce n’est pas parce que je suis une élémentaire que je n’ai pas le droit de pleurer. Non, c’est parce que je suis moi que je n’ai pas le droit de pleurer.»
Elle s’énervait, elle s’énervait.
« Si…si…si…s’il y a bien une personne dont je veux être digne c’est de TOI ! Mais pas lorsque tu dis que je me dois d’être digne des Elémentaires ! C’est comme si je faisais partie des Phy et que tu me disais d’être digne de ma classe en foutant le bordel !»
Les sourcils froncés, elle s’était levée pour se mettre face à Sixtine. Manquant de s’écrouler une fois de plus, elle eut alors la bonne idée de stopper sa propre ombre et d’éviter la catastrophe de justesse. De désespérée elle devenait furieuse, furieuse de ce qu’elle venait d’entendre. Pour une fois, eh oui, pour une fois elle disait vraiment ce qu’elle pensait. D’un revers de manche elle essuya la dernière larme qui était restée accrochée à sa joue lisse et pâle. Elle ne voulait pas autant s’énerver en vérité car elle savait que ce n’était pas dit à mal. Elle se serait volontiers excusée mais elle ne supportait pas qu’on lui dise quoi faire parce qu’elle appartenait à telle ou telle classe. Son visage arbora toutefois une expression désolée. Haletant d’avoir trop parlé, Betty tâchait de reprendre son souffle.
« Haaa...haa…haa… »
Elle serra les poings et baissa les yeux en signe d’excuse toutefois. Elle n’était pas en colère, pas véritablement…
«Sache que tu peux désormais compter sur moi. En tant qu'aînée, mon devoir est de me comporter comme tel. Tu deviendras ainsi ma protégée si tu veux. Si tu as besoin de moi pour régler le compte à quelqu'un, il suffira de venir me voir. Même si je sais que tu es apte à t'en charger toute seule, la plupart du temps. En effet, comme tu l'as si bien dit tout à l'heure, il y a des personnes encore plus douées dans ce bas-monde, à qui il ne faut pas se mesurer. Aie confiance en moi. De toute manière, si j'avais voulu te faire du mal ou te malmener, crois-tu que tu serais encore présente dans ce couloir, à mes côtés ? »
Betty écarquilla les yeux. Avoir confiance en…elle ? Betty eut soudain envie de pleurer. Avoir le droit de se reposer sur…elle ? C’était son aînée alors c’était l’unique raison pour laquelle cette dernière avait daigné lui accorder un tant soit peu de sa protection. C’était tout, rien de plus. Si seulement elle avait pu…oui, si seulement elle avait pu lui accorder sa confiance, elle la lui aurait donné sans hésiter. Mais voyez-vous, elle n’y arrivait pas. Elle lui afficha un sourire triste.
« Si seulement je pouvais… »
Elle laissa une nouvelle larme perler sur sa joue. Elle repensa à ce qu’elle avait dit quelques instants plus tôt. Être digne de Sixtine, cela faisait un moment que cela lui trottait dans la tête…
«Si seulement…M’en veux pas…Je peux pas Sixtine…Je peux pas…C’est pas de toi dont j’ai peur, c’est pas de toi…»
Trop honnête, elle devenait trop honnête. Pourquoi se dévoiler ainsi ? Peut-être tout simplement parce que depuis gosse elle se murait dans le silence et qu’elle ne voulait pas parler d’elle, oui, c’était sans doute pour cela…Elle mit sa main sur son cœur et l’écouta tambouriner dans sa poitrine. Elle était en vie après tout. Elle arbora un sourire un peu amusé et rit quelques secondes à peine. Un sourcil plus haut que l’autre, elle poursuivit sur le ton de la rigolade.
«Je sais que je n’aurais pas été à tes côtés si tu avais voulu t’en prendre à moi. Je serais déjà brûlée à l’heure qu’il est. »
Et puis au fond, elle n’avait pas grand-chose à perdre.
« Merci… »
La voix de Betty s’était considérablement adoucie, elle était parvenue à calmer son cœur palpitant qui avait bien failli déchirer sa poitrine sous ses battements saccadés. Elle resta ainsi, sans rien dire, debout devant la jeune femme intimidante. Elle avait l’impression que le conte qu’elle lisait autrefois étant enfant se réalisait quelque part, mais elle préférait ne pas y penser. Pourquoi tout était si différent avec son aînée ? Elle se sentait rassurée quelque part, allez savoir pourquoi. Son regard se perdit une fois de plus dans le vague comme si elle y cherchait désespérément quelque chose. Quelque chose qu’elle ne trouvait nulle part hormis dans le néant de son cœur orageux. Soudain, Betty fut extirpée de ses pensées par les flammes dansantes de celle aux cheveux rouges. Elle ne dit cependant rien et se contenta de l’observer.
« Avant tout, cesse de demeurer ainsi indifférente face à tout ce qui t'entoure. Essaye de ne plus porter cet air si torturée sur ton visage que je ne cesse de voir et qui je t'avoue, m'agace un peu. Ne deviens pas comme notre représentante qui pense que le monde entier est à ses pieds et qui s'enfonce, jour après jour, dans un orgueil qui la perdra tôt ou tard. »
Betty haussa un sourcil. Elle n’était indifférente à rien, mais vraiment à rien. Elle ne laissait rien transparaître c’était tout. Elle afficha un sourire indescriptible et regarda Sixtine de toute sa hauteur.
« Risque pas que je devienne comme elle. Risque pas que je perde à quoi que ce soit.»
L’expression de son visage était marquée par un rictus indéchiffrable. Elle se renfermait encore.
«Pour mon air « torturé », ne t’inquiète pas, jamais plus tu ne le verras. Je me dégoûte moi-même de me voir ainsi. »
Betty, Betty, la valse des sentiments qui t’oppressent s’estompe peu à peu. Betty, Betty, tu ne laisseras plus quiconque de mauvais t’approcher n’est-ce-pas ? Les flammes de Sixtine s’intensifièrent d’un coup ce qui surprit la jeune fille. Sixtine était en colère, excédée, énervée au possible. Elle ne lui voulait aucun mal ? La jeune élémentaire ne savait plus trop quoi en penser. Son visage demeura impassible, comme si de rien n’était. Elle ne se démonterait plus devant qui que ce soit, c’était décidé. Elle aurait peur en silence, elle pleurerait en silence, jamais plus personne n’aurait l’occasion de la voir accablée, jamais plus personne n’aurait à lui donner de conseils. Non, jamais plus, voilà ce qu’elle se disait. Ne plus montrer ses faiblesses, ne plus se montrer mal-à-l’aise, ne plus…ne plus…
« J'ai encore quelque chose à ajouter à ton propos, ma chère Betty : tu apprendras en me côtoyant qu'il y a des choses qu'il faut s'abstenir à faire en ma présence : comme hausser le ton sur moi, par exemple.. »
Bizarrement, la brunette n’avait peur pour le moins du monde. Elle était même amusée de voir son aînée ainsi. Elle approcha un peu son visage de celui de Sixtine, croisa les bras, la regarda dans les yeux et lança sur le ton de la plaisanterie.
« Je tiens bien trop à ma peau pour devoir finir en brochette.»
Un silence oppressant s’en suivit. Aucune des deux étudiantes ne parlait mais notre brunette fit mine de rien. Elle remit une mèche de cheveu derrière son oreille, mit les mains dans ses poches et fit quelques pas dans le grand couloir vide. Il ne faisait pas si chaud que cela lorsqu’on était à l’ombre. La demoiselle frissonna et se frictionna les bras, marchant au hasard sans ouvrir la bouche. Elle scruta le moindre recoin de l’endroit où elles se trouvaient et passa une main derrière sa tête pour se la frotter.
« Pourquoi pensais-tu à ce conte avant de t'évanouir ? Je me trompe peut-être, mais c'est plus fort que moi : je ne peux me sentir que visée dans cette histoire... »
Betty se stoppa dans son mouvement, et sans se retourner vers son interlocutrice, elle pouffa silencieusement, un sourcil plus haut que l’autre. Elle ramassa le bouquin qu’elle avait précédemment dans les mains, et, tout en regardant sa couverture, elle répondit à la question qu’on lui avait posée.
« Pourquoi ? Je ne sais pas trop moi-même tu sais. Je ne me connais pas si bien que ça. Les personnes qui comptent pour moi m’ont sans doute mieux cernée que je ne me suis cernée. »
Elle fit tourner quelques pages du livre, les observant furtivement avant de poursuivre.
« Je trouve juste que ce conte reflète bien ce que je suis. Un ange déchu tombé de son piédestal parce qu’il a cru en quelqu’un et que ce quelqu’un l’a fait sombrer sans le vouloir. Enfin, c’est plutôt des adultes dont je me méfie, ils font jamais rien, ils sont jamais là, ils te contemplent de loin et ils te laissent te démerder seul même si t’es qu’un gamin.»
Betty avait serré le poing qui ne tenait pas le livre en disant cela. Elle ferma les yeux et soupira, laissant sa colère retomber. Elle tourna la tête en direction de Sixtine, affichant un sourire.
« Mais si j’ai pensé à ce conte, c’est sans doute parce que tu me rappelles la mystérieuse inconnue en laquelle la petite princesse a placé toute sa confiance. « Torrent Rouge », c’est avant tout quelqu’un de fort sur qui on peut compter et qui est en vérité très douce. Ne m’en veux pas de t’avoir comparée à elle. Ce n’est qu’un personnage mais la couleur de tes cheveux m’a fait penser à elle aussi.»
Betty se tourna alors complètement en direction de Sixtine, lui afficha un sourire désolé et serra le conte du Petit Chaperon Rouge très fort contre son cœur.
« J’suis qu’une gamine je le sais bien, mais pour moi certains contes rendent la réalité telle qu’elle est de façon détournée. »
Elle regarda un instant dans le vide et continua à parler.
« Je ne vis pas dans les livres, loin de là. Je sais que le monde ne me veut pas forcément de mal mais je n’accorde pas ma confiance à n’importe qui c’est tout. Il existe des gens en qui je crois, il existe des gens que j’admire, il existe des gens en qui j’ai confiance, juste que je préfère qu’ils se comptent sur les doigts de la main pour ne pas tomber de trop haut.»
Elle retourna s’asseoir aux côtés de Sixtine et contre toute attente, elle mit sa tête sur l’épaule de son aînée. Elle était fatiguée, elle n’avait pas repris toutes ses forces encore. Sans s’en rendre compte, notre jolie brunette s’endormit ainsi dans une position fort inconfortable mais rassurante néanmoins.
-Un jour je te dirai qui véritablement je suis Un jour je te dirai ce que mes tourments me murmurent dans la plus profonde des nuits Un jour je te dirai la peur que je voue à autrui Un jour, enfin, je te dirai que je finirai par disparaître de ma vie sans un bruit-
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Sam 28 Mai - 22:53
BETTY « Haha…ils sont seulement réputés, comme tu le dis si bien. Ce n’est pas d’eux dont je veux être digne ! »
Son soudain éclat de voix la fit froncer une fois de plus les sourcils. Cette jeune fille avait du cran à s'entêter à faire cela, quand bien même Sixtine venait de lui « conseiller » d'arrêter ce genre de chose avec elle. Cette fois-ci, Sword se tut et décida de l'écouter tout en observant son soudain changement de comportement.
BETTY « Je serai digne de qui je veux. Ce n’est pas de ma classe dont je souhaite être digne mais des personnes que j’admire. Ce n’est pas parce que je suis une élémentaire que je n’ai pas le droit de pleurer. Non, c’est parce que je suis moi que je n’ai pas le droit de pleurer. »
Elle continua à se taire, d'une part parce qu'il n'y avait rien à répondre et parce que Betty ne lui laisser pas l'occasion de placer, ne serait-ce une phrase. Son ton de voix trahissait ses sentiments. En effet, Betty s'énervait de plus en plus.
BETTY « Si…si…si…s’il y a bien une personne dont je veux être digne c’est de TOI ! Mais pas lorsque tu dis que je me dois d’être digne des Elémentaires ! C’est comme si je faisais partie des Phy et que tu me disais d’être digne de ma classe en foutant le bordel ! »
Cette dernière réponse laissa Sixtine, interdite. Elle l'a regarda impitoyablement dans les yeux et baissa la tête en soupirant d'exaspération.
« Tu ne comprend donc rien... » dit-elle d'une voix à peine audible.
Toutefois, le visage de Betty contredisait son ton de voix. En effet, elle arborait une mine désolé tout en parlant, voire criant avec colère et agacement. Après avoir « éclatée au grand jour », la respiration de Betty se fit haletante. Elle utilisait le peu d'énergie qu'elle avait repris depuis son évanouissement. Sixtine remarqua ses excuses silencieuses lorsqu'elle baissa le regard.
Pourquoi refusait-t-elle de lui faire confiance ? Certes, donner sa confiance à autrui était une chose que l'on risquait de regretter mais, ici, c'était différent. Les deux jeunes étudiantes avaient plus de points communs qu'elles le pensaient. Si elles étaient dans la même classe, à savoir : les Élémentaires, cela prouvait déjà que leur caractère étaient plus ou moins similaires.
BETTY « Je sais que je n’aurais pas été à tes côtés si tu avais voulu t’en prendre à moi. Je serais déjà brûlée à l’heure qu’il est. » « Merci… » .
Elle rigola à son tour, en secouant la tête. Puis vint le moment où elle balança tout ce qu'elle pensait de son comportement lugubre qu'affichait constamment Betty.
BETTY « Pour mon air « torturé », ne t’inquiète pas, jamais plus tu ne le verras. Je me dégoûte moi-même de me voir ainsi. »
« Ce n'est pas ce que je voulais dire, Betty... Essaye simplement d'apprécier les différentes choses qui font que ta vie vaut la peine d'être vécue. »
Une Sixtine sage, voilà ce qu'elle était en présence de Betty. Elle avait éprouvait une envie de lui venir en aide et c'est ce qu'elle tentait de faire.
« J'ai encore quelque chose à ajouter à ton propos, ma chère Betty : tu apprendras en me côtoyant qu'il y a des choses qu'il faut s'abstenir à faire en ma présence : comme hausser le ton sur moi, par exemple.. » BETTY « Je tiens bien trop à ma peau pour devoir finir en brochette.»
Un sourire éclatant et amusé se dessinait progressivement sur les lèvres de la détentrice du contrôle de feu. Betty était une jeune fille amusante quand elle voulait bien laisser paraître sa véritable « nature », du moins en présence d'une personne amicale.
BETTY « Pourquoi ? Je ne sais pas trop moi-même tu sais. Je ne me connais pas si bien que ça. Les personnes qui comptent pour moi m’ont sans doute mieux cernée que je ne me suis cernée. » « Je trouve juste que ce conte reflète bien ce que je suis. Un ange déchu tombé de son piédestal parce qu’il a cru en quelqu’un et que ce quelqu’un l’a fait sombrer sans le vouloir. Enfin, c’est plutôt des adultes dont je me méfie, ils font jamais rien, ils sont jamais là, ils te contemplent de loin et ils te laissent te démerder seul même si t’es qu’un gamin.»
Avec un sourire, elle continua :
BETTY « Mais si j’ai pensé à ce conte, c’est sans doute parce que tu me rappelles la mystérieuse inconnue en laquelle la petite princesse a placé toute sa confiance. « Torrent Rouge », c’est avant tout quelqu’un de fort sur qui on peut compter et qui est en vérité très douce. Ne m’en veux pas de t’avoir comparée à elle. Ce n’est qu’un personnage mais la couleur de tes cheveux m’a fait penser à elle aussi.»
« Torrent rouge.. C'est un beau surnom, je trouve. » dit-elle avec amusement. « Quant à ce que je suis.. quelqu'un de fort ? Peut-être.. Quelqu'un de très doux ? Je ne pense pas.. »
Elle rit doucement et continua :
« Mais tu m'envoie flattée de ce compliment, ma chère Betty. Je n'oublierais pas. »
Sa voix était posée et chaleureuse, mélangée à une pointe d'amusement.
BETTY « J’suis qu’une gamine je le sais bien, mais pour moi certains contes rendent la réalité telle qu’elle est de façon détournée. » « Je ne vis pas dans les livres, loin de là. Je sais que le monde ne me veut pas forcément de mal mais je n’accorde pas ma confiance à n’importe qui c’est tout. Il existe des gens en qui je crois, il existe des gens que j’admire, il existe des gens en qui j’ai confiance, juste que je préfère qu’ils se comptent sur les doigts de la main pour ne pas tomber de trop haut.»
Sixtine l'écouta avec attention, se réjouissant intérieurement qu'elle se confie à elle. Qu'elle s'ouvre petit à petit. Sword l'observa. Betty regagna sa place auprès d'elle, et reposa sa tête sur son épaule. Bien qu'elle ne soit pas une femme très « tactile » disons simplement, Sixtine laissa faire. Réputée à Aisling pour être quelqu'un de froid, d'intimidant et mystérieux, cette image surprit une élève qui passait devant elles. Betty s'endormit et Sixtine en profita pour prendre le livre, emprisonné dans ses mains. Ainsi, elle lut pendant un petit moment pendant que la détentrice du contrôle des ombres sommeillait. Cette dernière ouvrit enfin les yeux et se releva. Sixtine ferma le livre et attendit qu'elle soit sortit entièrement de son petit nuage pour prendre la parole.
« Je dois t'avouer que je suis contente que tu te confie à moi, ainsi. C'est vrai, je n'en attendais pas mieux; mais je ne peux m'empêcher de revenir sur ce que tu m'as dis, tout à l'heure. Que veux-tu dire, par être digne de « moi » ? »
fit-elle en se retournant face à elle.
« Comment veux-tu être digne d'une personne que tu connais à peine ? Certes, nous sommes dans le même cours certains jours et dans la même classe. Mais que sais-tu de moi, à par que je détiens le don de manipuler et de générer le feu ? »
Sixtine était confuse, en effet. Elle comprenait parfaitement Betty lorsqu'elle disait ne pas arriver à faire confiance en des personnes qu'elles ne connaît pas vraiment. Sixtine avait en quelque sorte le même problème. Bien qu'elle soit assez sociale comme étudiante, elle se méfiait souvent des personnes et n'accordait sa confiance uniquement à des gens qui, selon elle, la méritait. Ainsi, entendre quelqu'un lui dire qu'elle voulait être digne d'elle.. était une chose assez curieux. Selon elle, elle ne méritait pas tout ces « éloges ».
« Tu devrais même te méfier de moi, d'après ce que l'on raconte à mon sujet. Des choses, je t'avoue, que je ne nie pas.. » fit-elle avec un léger sourire amusé.
Elle se leva et se posta près de la fenêtre qui donnait une vue imprenable sur le parc de l'école. C'est alors qu'elle eut une idée. Elle se retourna brusquement vers Betty, lueur malicieuse dans ses yeux et sans attendre sa réponse, elle se dirigea vers la fin du couloir.
« Suis-moi ! »
Sixtine se hâta jusqu'à la sortie, en descendant les escaliers de 4 en 4. Lorsqu'elle arriva enfin dehors, une bouffée d'air frais la fit frissonner. La nuit était quasi-tombée et le soleil céda sa place à la lune qui commençait à sortir de sa torpeur. Le parc, quant à lui brillait d'une lumière orangée et chaude, lui donnant ainsi un aspect chaleureux, tranquille et doux. Seul le bruissement des feuilles servait de bruit de fond. Elle ferma les yeux et attendit ainsi l'arrivée de Betty. Lorsque cette dernière fut à ses côtés, elle tourna sa tête vers celle-ci et la regarda, avec un sourire amical.
« Pour profiter pleinement du parc, il faut attendre que tout le monde soit partis et que l'air se rafraîchisse. »
Toutes deux prirent alors un chemin de terre où des parterres de fleurs multicolores étaient disposés sur les deux côtés. Après un doux silence, Sixtine prit la parole.
« Tu sais Betty, être digne de sa classe est un concept qui, pour moi, porte une certaine importance. Il est vrai malheureusement qu'avec une représentante comme Queen, les Elémentaires ont mauvaise réputation, Bien qu'elle ne soit qu'un tiers de la véritable raison. Nous possédons un caractère fort et bien trop orgueilleux souvent.. (elle avait dit ceci avec un sourire amusé). Cependant, quand je t'es dit d'être fière des Élémentaires, je ne parlais pas de ces idiots sans cervelles qui pensent être doués et qui pensent avoir tout acquis uniquement parce qu'ils se trouvent dans cette classe. Je te parle de ceux qui ont mérités d'être dans cette division pour avoir travaillés d'arrache-pied. »
Sword soupira, en secouant légèrement la main en face d'elle.
« Bien, de toute manière, peu importe. Ce ne sont que des conseils que je te donne ! »
Elle sourit avec une légère excitation et déclara en changeant soudainement de sujet.
« En fait, j'aimerai surtout que tu me parles de ton don. Je le trouve particulièmrent intéressant et très utile, surtout lorsque tu trouve en duel. »
Sixtine, combative et épéiste hors pair en raison de ses nombreuses années d'escrime, ne pouvait constater ce genre de chose.
« Je t'avoue que j'aurais aimé posséder ce don à la place du mien.. » fit-elle en souriant.
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Jeu 2 Juin - 18:31
…Climbing as fast as the regrets break away
Un doux rêve impossible, un pays imaginaire digne de Peter Pan lui-même, une chanson enchanteresse égale à celle du joueur de flûte de Hamelin, des supers-méchants au moins aussi crédules que le Capitaine Crochet, des pantoufles de verre trop grandes pour Cendrillon, un prince couard comme GusGus la petite souris effrayée par le chat des vilaines sœurs, une potion qui t’endort pour une centaine d’années jusqu’à ce que ton chevalier servant vienne déposer ses lèvres sur les tiennes, des sorcières qui se transforment en dragon comme dans Merlin l’Enchanteur, un Chaperon vert qui a balancé son aîné dans un fossé pour le laisser se faire manger par le grand méchant loup, une fillette à la même taille que le petit poucet, un renard avec le chapeau de Robin des bois, un lapin avec de grandes oreilles et une montre qui retarde, une princesse aux longs cheveux blonds…une nouvelle journée s’annonce au pays des rêves. Tu gambades, tu cours, tu souris, tu danses dans la grande prairie des contes inépuisables. Non, non, ce n’est pas la pile de nouvelles œuvres fantaisistes qui s’apprête à te tomber sur la tête qui te fera peur. Et si on essayait ?
/SBLAF/
Si, si, ça fait quand même un peu mal, même en rêve. Hahaha…blague à part, reprenons et laissons de côté le sadisme de l’auteure…Tu jettes tes draps sur le côté, tu t’habilles en vitesse, respirant l’air frais du matin à plein poumons. Que c’est bien d’être soi pour une fois, n’est-ce-pas ? Un sourire égal à celui de grande sœur la Lune sur le visage du Soleil, tu ne t’arrêtes plus, tu dévales les escaliers de marbre vaporeux. Demain sera un autre jour aussi et le jour qui suit aussi, et le jour qui suivra aussi…Allons, viens, prends ma main, je t’emmènerai loin de tous tes tourments crois-moi. Valsons sans fin au bal de Marraine la fée, nageons sans fin dans les profonds océans de la Petite Sirène, mangeons sans fin (ni faim !) toutes les pommes du panier de Blanche-Neige, piquons sans fin les cailloux du Petit Poucet pour lui faire une bonne farce, empruntons sans fin les bottes du Chat Botté sans jamais les lui rendre, plantons sans fin les haricots de Jack dans le jardin d’Adam pour envoyer le vilain serpent dans les étoiles comme la Team Rocket des Pokémon, apprenons sans fin la danse des Indiens à John Smith et parlons sans fin de tous ces contes qui nous font rêver avec Belle. La Bête ne viendra pas te chercher ne t’en fais pas, elle se contente de regarder les pétales de sa rose qui s’effeuillent lentement. Crois en autrui, vis ta vie comme tu l’entends et laisse le vent appelé liberté venir souffler dans tes cheveux. Si je te parle sans détour, tu te devras de fuir, si j’en viens à te parler de façon fantaisiste, tu te devras de m’écouter respectueusement, si la folie me prend de venir te parler déguisé en Arlequin, tu te devras d’admirer ma beauté immatérielle, et si jamais il m’arrivait de venir te parler sans mes vieilles frusques et mes rayons de soleil lunaire, console-moi comme on console un nouveau-né dont les petits poumons s’habituent peu à peu à l’air ambiant de madame la Terre. Welcome… Allons, viens, renaissons ensemble, je connais un endroit des plus amusants. Le monde dans lequel nous vivons est rose et l’éclat de vie qui subsiste en tout un chacun est noir. C’est à toi qu’incombe la tâche de rassembler et colorer ces fragments aux couleurs des corsaires. Allons, viens, nous nous en allons épurer le cœur des gens. Comment ? Tu ne veux pas ? Bah, ce n’est pas grave, continuons à avancer en nous fourvoyant. Laissons apparaître dans nos esprits ce sentiment languissant qui se glisse dans la brèche des âmes des êtres humains. Tiens, je t’offre ce bracelet, mets-le et brille haut dans le ciel. Allons, viens, demain ne sera plus aujourd’hui. Plaçons tous deux nos espoirs dans les tomates fraiches du jardin, elles au moins ne nous trahiront pas. Arrosons-les, faisons-les grandir et cultivons-les comme nous cultivons nos impressions. Nourrissons-nous de leur inertie et arpentons le danger de la falaise de notre vie. Le monde va de travers, entrouvrons-lui nos bras insondables et transvasons son existence dans l’océan aux reflets violets. Allons, viens, hissons les voiles et mettons le cap sur l’île des grands enfants. Observe, écoute, attentivement, silencieusement, sournoisement, on nous épie, on nous espionne, depuis les hautes falaises blanches des songes immatures. La roue du destin se stoppera selon nos désirs alors ne t’en fais pas, nous rencontrerons des alliés chemin faisant. Allons, viens, hisse la grand voile le vent souffle en notre faveur, ne le laissons pas s’enfuir. Que vois-je au loin ? Une bouteille, lentement, part à la dérive…est-ce-toi ? Tu ne le sais même pas n’est-il pas ? Rien ne viendra entraver mon chemin alors cramponne-toi, je t’extirpe de ces flots vengeurs qui semblent en vouloir à ton corps invisible. En mal d’inspiration, partons ensemble à la découverte de contrées inexplorées et ramenons à tous quelques fragments de poussière d’étoile pour leur faire parvenir les instructions de Peter Pan.
Notre voyage s’arrête ici, nous en avons bien assez fait ne crois-tu pas ? Allons, viens, reposons-nous sur le mérite de notre gloire passée. Idoles nous étions, souvenirs nous devenons. Ancrons notre vague de vogue dans l’esprit des gens et maudissons-les en silence. Rien ne sert de courir, il faut partir à point comme le dit un vieil adage. A moins que ce ne soit autre chose ? Bah, ne nous attardons pas en futilités omniprésentes qui dérogent à cette règle en toc et qui, du fait de leur place prépondérante au sein de notre monde ne valent pas la peine d’être traitées par notre pensée bien trop élevée. Ensemble, atteignons le paroxysme de notre âme et rêvons tous d’un réveil en douceur. A ton égard, à mon égard, il y a le silence. Je, nous, tu sais ce que cela signifie non ? Toi plus moi, indissociables te dis-je. Ton être c’est moi, ton secret c’est moi. Tu ne peux exister si je ne suis plus, sans toi, exister n’a plus de sens. Moi, moi, moi, vils égoïstes que nous sommes, il est temps de nous dire nos quatre vérités. Répétons l’histoire, réécrivons-la à notre sauce et changeons progressivement les écritures transparentes qui s’estompent dans le manteau nocturne. Tout est possible ici, tes personnalités dissociées se reflètent dans les ondes mélodieuses des bourrasques venteuses et dans ce que j’écris. Ton âme doit être bien blanche en cet instant pour que je parvienne à y imposer ma propre volonté. Tout ce que je viens de te raconter n’est que cauchemar sans doute à tes yeux, mais tu le sens n’est-ce-pas…qu’une infime partie de ce que tu représentes est en accord avec moi…Ecrire, effacer, retranscrire, gommer, recommencer, abandonner, reprendre, lâcher prise, barrer, rayer et s’essouffler à la même cadence que le rythme des pulsations de ton cœur qui envoie dans ton être entier le liquide rouge et chaud qui te permet de vivre. Continuons à arpenter l’ivresse que produit le doux danger qui nous est interdit en nous disant que demain il n’y paraîtra déjà plus. Hissons une dernière fois la voile de notre vie et partons à la dérive jusqu’à ton réveil.
-Cette nuit il a plu- -Et les gouttes de pluies venaient cogner contre la vitre de verre inerte- -Cette nuit tu as rêvé qu’il pleuvait- -Et la pluie dans ton cœur s’est transformée en gouttes de pluie qui venaient cogner la vitre inerte- -Cette nuit tu as rêvé que tu partais du parc en courant- -Et les pantoufles que tu avais laissées sur le bord du chemin se sont évanouies dans tes songes- -Cette nuit tu es partie du parc en courant- - Et sur le bord du chemin de terre, tes pantoufles tu as laissé –
…Retour à la réalité...Amuse-moi !...
Betty qui s’était involontairement endormie se laissait voguer sur les tréfonds de ses rêves. Elle finit toutefois par émerger et sortit donc de cette subite léthargie non désirée et indésirable. Tout avait une fin après tout…Notre brunette ouvrit donc ses yeux l’un après l’autre, découvrant peu à peu le monde dans lequel elle vivait réellement et qu’elle avait abandonné l’espace d’un rêve, d’un cauchemar, d’une illusion…ou tout du moins le temps pour elle de s’échapper de sa prison corporelle quelques instants…Et puis, qu’en savait-elle de ce qu’était censé représenter ce qui avait transcendé ses pensées ? Ce que cela pouvait bien être était trop subjectif et variait selon les sujets, les patients, les malades ?, les gens en somme. Le fait était que tout un chacun se laissait aller à la nuit tombée ou à un moment donné de la journée et se trouvait alors en proie à ce qu’il avait vécu récemment, bien que rendu de manière détourné, dans ses rêves. En fin de compte…c’était un peu comme un conte non ? Mais passons, là n’était pas la question. Il faut poursuivre l’histoire ne croyez-vous pas ? Bien, reprenons.
Un écran de brouillard devant ses yeux, la jeune élémentaire se frotta les yeux d’une main, la tête toujours sur l’épaule de son aînée. Chaud…c’était chaud et rassurant. Qu’est-ce-que cela pouvait-il être ? Une minute de silence, la brunette retira sa tête de la « chose » contre laquelle elle s’était assoupie et se frotta les yeux une nouvelle fois, visiblement à moitié endormie encore. L’image floue de ce qui l’entourait enfin dissipée, elle regarda à sa droite et se rendit compte que… eh bien oui, qu’elle s’était endormie sur l’épaule de la détentrice du contrôle du feu. Elle écarquilla les yeux et rougit sur le coup sans savoir quoi dire. Elle attendit un instant en silence, le temps que les sensations de ses membres encore engourdis par le sommeil reviennent.
« Je dois t'avouer que je suis contente que tu te confie à moi, ainsi. C'est vrai, je n'en attendais pas mieux; mais je ne peux m'empêcher de revenir sur ce que tu m'as dis, tout à l'heure. Que veux-tu dire, par être digne de « moi » ? »
Sixtine avait fait volte-face vers Betty et la regardait à présent. La brunette resta silencieuse à peine quelques secondes, le temps pour elle que les mots rentrent durement dans son crâne. Une fois cela fait, elle se rendit enfin compte de ce que celle aux cheveux rouges venait de lui dire. Être digne d’elle…Il était vrai qu’elle avait laissé échapper cela à un moment donné…Eh galèreeeuh, quand tu nous tiens euuh… Voilà ce qu’elle se disait intérieurement. Elle passa une main derrière sa nuque et avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit, Sixtine poursuivit sur sa lancée.
« Comment veux-tu être digne d'une personne que tu connais à peine ? Certes, nous sommes dans le même cours certains jours et dans la même classe. Mais que sais-tu de moi, à par que je détiens le don de manipuler et de générer le feu ? »
Pas faux. Bim ! En plein dans le mille ! Good game my dear ! Non, sérieusement…Betty regarda un instant au plafond et s’adossa mieux au banc. Elle croisa les bras pour finalement les décroiser, les recroiser à nouveau et finalement jouer avec une mèche de cheveu à l’aide de sa main gauche. Le regard un peu dans le vague, elle se ressaisit, réfléchissant, ou plutôt, laissant cette personne qu’elle aurait voulu être, parler en son nom. Car oui, il y avait bien des fois où Betty aurait volontiers aimé dire quelque chose alors que cela ne coïncidait absolument pas avec celle qu’elle était. Vous saisissez ? Non ? Laissez ce détail de côté en ce cas. La manipulatrice des ombres entama donc sa réponse, parlant posément, avec le plus grand calme.
« C’est vrai que je ne sais rien de toi. Je vais être franche, je ne te connais absolument pas comme tu me l’as fait remarquer. Digne de toi…Bah, une fois ne sera pas coutume tu sais. Je ne suis pas sûre de ce que je vais avancer, mais au point où j’en suis, je n’ai pas grand-chose à perdre. »
Elle sourit un instant et poursuivit.
« Les quelques fois où je t’ai aperçue, j’ai pu voir l’étendue de ta maîtrise et cela m’a grandement impressionnée. Comme certains pourraient le dire, j’avais des « étoiles argentées dans les yeux » en voyant ton aisance avec ton don. Une certaine admiration sur ce côté-ci ? Sans l’ombre d’un doute. »
Elle marqua une pause et reprit aussitôt.
« Je me suis dit que le jour où j’arriverais à accéder à une telle prestance en utilisant mon don je pourrais me considérer comme étant une personne considérablement accomplie de ce côté-là. On va dire que j’ai été bluffée lorsque je t’ai vu manipuler le feu de cette sorte pendant les cours. »
Betty n’eut pas l’occasion d’en dire plus car elle laissa la parole à son aînée, histoire de diluer un peu sa longue tirade.
« Tu devrais même te méfier de moi, d'après ce que l'on raconte à mon sujet. Des choses, je t'avoue, que je ne nie pas.. »
Léger sourire amusé sur les lèvres de Sixtine. Betty rit, quelque peu amusée aussi, et lui afficha alors le sourire le plus innocent qu’il était possible de voir un jour sur ce visage d’ordinaire si impassible.
« Je vais sans doute te paraître contradictoire par rapport à ce que j’ai pu te dire précédemment mais je ne me fie pas tellement à ce que l’on peut raconter sur telle ou telle personne, je préfère de loin me forger mon propre avis sans les impressions des autres. »
Elle reprit son souffle.
« Je ne sais pas trop ce que l’on a pu raconter sur toi, et même si tu ne le nies pas, je ne regrette pas de pouvoir te parler maintenant. »
Elle rit doucement.
« Disons que j’ai plutôt un bon feeling sur ce genre de choses. Oh ne t’inquiète pas, je ne m’y fie pas totalement mais bizarrement, pour les rares fois où j’ai eu l’occasion de t’apercevoir, ben, je me demandais un peu quel genre de personne tu pouvais être. »
Elle rougit et continua.
« Oui, c’est bizarre…Mais que suis-je en train de raconter moi ? »
Elle rit de nouveau. Sourire.
« Les choses inhabituelles ne sont pas inexistantes ! Comme quoi, parfois on se trouve face à quelque chose que l’on ne peut pas tellement expliquer. Mais de loin tu m’avais l’air d’être une bonne personne, va savoir pourquoi, mais c’est nouveau pour moi ! J’ai même été surprise d’en venir à penser cela de quelqu’un que je ne connaissais même pas. Mais je te le dis franchement maintenant, pour les quelques mots qu’on a échangés, je l’ai eue, ma confirmation vis-à-vis de ce que je pensais.»
Sixtine se leva et alla se poster à la fenêtre, regardant à travers cette dernière. Que pouvait-elle observer ainsi ? La brunette la regarda et la vit soudainement se retourner en sa direction, une leur malicieuse au fond des yeux avant de se dépêcher de rejoindre la fin du couloir.
« Suis-moi ! »
Qui ? Que ? Quoi ? Où ? Quand ? Pourquoi ? Disparue. Envolée. Evanouie dans la nature, oui, non, enfin dans un couloir, mais là n’était pas la question. Betty s’était levée précipitamment, manquant de s’embroncher dans ses propres jambes. Elle partit donc de manière très maladroite à la poursuite de l’oiseau de feu qui avait tracé sans elle.
« Eeeeeeh ! Mais…mais…mais attends !!! »
La jeune fille fronça les sourcils, puis laissa les traits de son visage s’adoucir paisiblement. Elle courut ainsi, respirant à plein poumons, haletant, ne s’arrêtant plus, dévalant, avalant les grandes marches de marbre de l’escalier, revivant petit à petit, laissant cette sensation grisante que procurait la douce vitesse venir emplir son corps entier, riant, transpirant, à grosses gouttes toute l’eau de son être, sautant des obstacles, manquant de glisser dans un virage, prenant ses jambes à son cou comme si elle était poursuivie par une quelconque force invisible, titubant au détour du dernier couloir à traverser, cherchant sans fin la trace d’une chevelure rouge qu’elle connaissait désormais on ne peut mieux. Arrivée enfin sur la grande pelouse qui bordait l’établissement, Betty sentit l’air frais et vivifiant du soir venir doucement frapper son visage. Elle s’était arrêtée de courir et reprenait son souffle en riant, ce qui lui valait de ne pas parvenir à respirer convenablement. La fuite subite de son aînée l’avait prise de court après tout, et maintenant elle avait presque le souffle coupé. Les mains sur ses genoux et à moitié pliée en deux, elle observait Sixtine qui se trouvait une dizaine de mètres devant elle. Elle soupira et rit, amusée par la situation.
« Haaa…haa…Pfff…tu m’as même pas attendue ! Je contrôle les ombres pas la vitesse de mes jambes !»
Une fois qu’elle eut repris son souffle, elle s’avança en silence de telle sorte à se trouver au même niveau que la détentrice du contrôle du feu qui se tourna aussitôt vers elle, arborant le plus amical des sourires.
« Pour profiter pleinement du parc, il faut attendre que tout le monde soit partis et que l'air se rafraîchisse. »
Betty sourit, une fois de plus, et cela ne lui déplaisait pas, enfin pas tellement, pour une fois qu’arborer une expression joyeuse la rendait heureuse, elle n’allait pas s’en priver. Peut-être se fourvoyait-elle ? Peut-être Sixtine n’était-elle pas celle qu’elle prétendait être ? Il n’en était pas moins que c’était trop tard, sans s’en rendre compte, son aînée s’était déjà accaparée une partie de sa confiance. Super-Méchante d’un conte ? Non. Pas le moins du monde. La brunette ne pouvait se résoudre à penser cela de la fille à la chevelure rouge. Elle n’allait certes pas abaisser totalement ses défenses face à cette jeune femme qui était encore une certaine inconnue pour elle, mais allez savoir pourquoi, elle se sentait en sécurité. Betty qui avait totalement repris ses esprits suivit donc Sixtine sur un petit chemin de terre sans présenter le moindre signe de réticence. Elle était juste heureuse, oui, heureuse d’être là.
« Tu sais Betty, être digne de sa classe est un concept qui, pour moi, porte une certaine importance. Il est vrai malheureusement qu'avec une représentante comme Queen, les Elémentaires ont mauvaise réputation, Bien qu'elle ne soit qu'un tiers de la véritable raison. Nous possédons un caractère fort et bien trop orgueilleux souvent…Cependant, quand je t'ai dit d'être fière des Élémentaires, je ne parlais pas de ces idiots sans cervelles qui pensent être doués et qui pensent avoir tout acquis uniquement parce qu'ils se trouvent dans cette classe. Je te parle de ceux qui ont mérités d'être dans cette division pour avoir travaillés d'arrache-pied. »
Son aînée poussa un soupir et agita sa main en face d’elle.
« Bien, de toute manière, peu importe. Ce ne sont que des conseils que je te donne ! »
Avec une ferveur qu’elle ne se connaissait pas encore, Betty avait écouté tout ce que Sixtine avait pu lui dire. D’ailleurs, et il fallait bien le dire (ô répétition te revoilà donc…), elle ressentait une grande admiration pour la détentrice du contrôle du feu. Oh, elle n’irait certainement pas le lui annoncer, elle n’irait certainement pas se l’avouer à elle-même mais que voulez-vous, c’était son aînée et le moindre conseil qu’elle pourrait lui donner, eh bien, elle le caserait dans un petit coin de sa mémoire pour pouvoir le réutiliser en cas de nécessité. Il faisait frais en ce début de soirée. La partie de cache-cache du Soleil et de la Lune s’éternisait sans fin et les deux jeunes filles marchaient en silence entourées par les parterres de fleurs multicolores. La douce brise qui annonçait la nuit venait pacifiquement à leur rencontre et laissait dans leurs cheveux quelques éclats de rêves dorés. Que dire ? Que penser ?, me direz-vous. Une incroyable vague de bien-être intense avait pris possession de notre brunette qui ferma les yeux une fraction de seconde avant de sourire à Sixtine.
« C’est moi qui me suis fourvoyée Sixtine. Je ne voulais pas m’énerver autant tout à l’heure. »
Elle rit avec douceur.
« Je devais être encore un peu dans les choux excuse-moi. »
Elle s’accroupit alors et observa les fleurs qui bordaient le chemin de terre de plus près. Tout en contemplant ces petits êtres colorés, elle poursuivit.
« J’avoue que ouais…on a à peu près tous un caractère qui en ferait pâlir plus d’un…Mais il faut bien de tout hahaha. Je sais que certains dans notre classe travaillent énormément pour pouvoir mériter leur « titre » d’élémentaire et c’est bien de ces personnes dont je veux être digne ! Ce sont eux que j’admire même s’ils ont un caractère plus ou moins prononcé car je ne peux pas leur retirer qu’ils manipulent leur don avec une aisance majestueuse. Après, selon comment ils se comportent ils perdent toute mon estime c’est clair mais ça, c’est trop subjectif et ça dépend de chacun. »
Betty se releva finalement et poursuivit sa route avec Sixtine qui se tourna vers elle, sourire aux lèvres, et changea subitement de sujet de conversation.
« En fait, j'aimerais surtout que tu me parles de ton don. Je le trouve particulièrement intéressant et très utile, surtout lorsque tu te trouves en duel. »
La brunette haussa un sourcil et rit doucement, mettant une main devant sa bouche pour étouffer un peu le son amusé.
« Volontiers Sixtine. Je vais t’en parler un peu si tu veux. »
Elle reprit contenance et entama donc ses explications. « Hmmm…alors que pourrais-je te dire ? En duel comme tu l’as si bien dit il est vraiment avantageux dans le sens où tu peux bloquer l’ombre de ton adversaire qui se retrouve immobilisé. Après, pendant ce laps de temps, tu as le temps de faire tout ce que tu veux. Et puis, c’est assez impressionnant pour celui contre qui tu te bats lorsqu’il voit la dimension et la forme de l’ombre. Disons que c’est un pouvoir assez intimidant. »
Elle fit une pause et regarda un instant le ciel.
« Je dirais qu’avant tout c’est un pouvoir de protection quand même parce que tu ne blesses pas vraiment l’adversaire avec. Mais je vais te dire une chose. Vu que je suis apte à générer moi-même les ombres, je suis sûre que je pourrais parvenir à lancer une offensive avec elles. »
Cela, elle l’avait dit avec une pointe d’excitation dans la voix. Elle voulait toujours en apprendre plus sur son pouvoir et sur ses limites. Oui, il fallait qu’elle voit jusqu’où elle puisse aller, toujours plus loin, toujours plus loin, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus rien tirer de plus de son don.
« Et puis, tu peux faire esquisser quelques mouvement à ton adversaire aussi. Si par exemple tu te fais agresser par quelqu’un dans la rue et que cette personne possède une arme blanche, il te suffit de stopper vite fait son ombre puis de lui faire lâcher rapidement le couteau pour pouvoir le récupérer, et là, crac c’est toi qui mène la danse. Après, plus tu parviens à être précis, et plus tu peux manipuler l’ombre de choses petites. Si on te tire dessus, tu pourrais même arrêter l’ombre de la balle qui ne pourrait plus t’atteindre.»
Betty se plaisait à parler ainsi d’une chose qui l’intéressait énormément, cela lui permettait d’approfondir sa réflexion sur toutes les possibilités qu’elle avait.
« Y’a aussi un autre aspect dont je t’ai pas encore parlé. Tu as dû le voir tout à l’heure d’ailleurs. Je peux passer d’une ombre à une autre, et même m’y dissimuler. Par exemple y’a mon ennemi qui se balade peinard dans un couloir à première vue vide et là…pouf, je sors dans son dos et je l’attrape en criant « bouh ! ». C’est assez marrant d’ailleurs de les voir sursauter. Le pouvoir des ombres c’est parfait pour espionner aussi. Si tu restes planqué dans l’ombre et que des personnes tiennent une conversation à proximité, tu peux les écouter sans qu’elles ne se doutent de rien. »
Betty reprit son souffle et poursuivit sur sa lancée.
«Je dis pas que je fais tout ça non plus hein hihi. J’écoute pas les gens sans qu’ils ne le sachent ! Par rapport à tout ce que j’ai pu te dire, ça paraît impressionnant comme ça, mais il faut voir aussi le travail et les efforts moraux et physiques que ça demande derrière. T’as pu le constater tout à l’heure. J’étais pas en grande forme au moment où j’ai employé mon pouvoir et après je n’ai que mieux ressenti la fatigue…enfin à ce point-là c’était pas normal…d’habitude je ne suis pas dans cet état après, mais quand tu manques de sommeil c’est sans doute ce qui arrive. »
Minute de silence, Sixtine reprit la parole.
« Je t'avoue que j'aurais aimé posséder ce don à la place du mien.. »
La jeune femme aux cheveux rouges avait dit cela en souriant, pourtant Betty ne pouvait s’empêcher de penser que cela cachait quelque chose. Il était vrai que le feu avait ses avantages comme…ses désavantages…Les flammes dansantes parfois réconfortantes pouvaient servir à se protéger et à protéger les autres…mais lorsqu’on y pensait ne serait-ce qu’un peu…on se rendait compte que le feu blessait. Feu de la colère, feu de la vengeance, feu de la haine…Cela devait être une sorte de fardeau constant à porter, constant et permanent. Pour tous c’était sans doute LE pouvoir le plus cool et le plus puissant mais plus un don en imposait et plus il était difficile de s’acquitter de toutes les conséquences qu’il apportait pour son utilisateur. Betty leva les yeux au ciel un instant, subitement pensive. Elle fit quelques pas en avant et se mit devant son aînée, marchant à reculons pour pouvoir lui parler.
« Tu sais, je suis consciente que lorsqu’on y pense on peut se dire que le feu est avant tout quelque chose qui blesse, qui brûle, qui détruit…C’est clair que c’est pas évident de se rendre compte de toute la responsabilité que ça entraîne mais je pense qu’il faut prendre les choses comme elles sont. »
Avançant toujours à reculons, elle afficha alors un sourire éclatant de petite fille à son aînée pour lui faire comprendre quelque chose.
« Quand les deux abrutis se sont moqués de moi tout à l’heure, tes flammes m’ont été bénéfiques tu sais. Ton pouvoir a ce bon côté de pouvoir protéger les personnes auxquelles on tient. Et ça, je ne l’ai pas autant en manipulant les ombres. Et puis…quand je dormais, ou mieux quand j’étais évanouie et que tu te tenais à côté de moi, eh bien…j’avais l’étrange sensation d’être en sécurité alors que je ne te connaissais pas plus que ça. Comment dire…c’était chaud et réconfortant. C’est un peu bizarre sans doute mais voilà comment il faut voir ton pouvoir aussi.»
A quoi pensez-vous ? là ? tout de suite ? Que croyez-vous qu’il va arriver ? là ? juste après ? Eh bien je vais vous le dire car c’est la dure tâche qui incombe à tout narrateur digne de ce nom. Notre Betty, occupée à papoter avec son aînée avait, semblait-il, oublié qu’elle marchait à reculons…la logique voulut donc qu’elle trébuche contre une pierre et tombe de nouveau à la renverse, sur le dos cette fois-ci. Eh oui, y’a des cailloux sur les chemins ma petite, et visiblement tu n’avais point les yeux en face des trous une fois de plus !
« Aïe… C’pas vrai...C’est pas mon jour dis-moi…»
Elle regarda à sa droite et se rendit compte d’une chose…oui…d’une chose dont elle aurait préféré oublier jusqu’à l’existence même…enfin, ce n’était pas un truc abominable non plus ! Juste qu’elle se trouvait nez à nez avec son châle et ses pantoufles qui, sans qu’elle ne sache comment, s’étaient retrouvés là…Il était vrai qu’elle était bel et bien partie en courant en les laissant derrière elle la nuit dernière mais ils n’étaient pas à cet endroit. Quelqu’un avait sans doute dû les amener là, allez savoir pourquoi. Et puis, elle pensa aussi à quelque chose d’autre…elle avait oublié son livre sur le banc du couloir. Eh mince…elle serait bonne pour aller le rechercher après. Mais bon, elle s’en fichait peut-être un peu, elle l’avait en double celui-là, enfin, ça l’énervait quand même un peu de perdre un si beau livre, oh et puis, y’avait pas un chat à cette heure-ci, on le lui piquerait pas non plus, et après tout, elle avait le temps de le prendre plus tard…raaaah ! Mais c’était surtout les pantoufles et le châle qui lui posaient problème là ! Elle réfléchit un instant…personne ne pouvait savoir que c’était à elle ! Non ? Si ? Le fait était qu’elle ne voulait pas que tout le monde apprenne qu’elle aimait à se balader seule dans le grand parc à la nuit tombée. On l’aurait prise pour une marginale. Enfin, elle s’en fichait, en fait non, enfin si un peu, bref, elle regarda Sixtine et afficha un grand sourire gêné du genre « non-non-non-ce-n’est-pas-à-moi-n’est-ce-pas-je-sais-pas-ce-que-ça-peut-faire-là ». Elle venait surtout de se faire griller là non ? Rien n’était moins sûr… Torrent Rouge…au secouuuuuuuurs !!!
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Ven 3 Juin - 21:26
BETTY « Eeeeeeh ! Mais…mais…mais attends !!! »
Sa voix parvint sourde jusqu'à Sixtine qui accéléra le pas en souriant, amusé. Lorsqu'elle fut enfin arrivée à destination, Sixtine attendit Betty en contemplant le paysage qui s'offrait à elle.
BETTY « Haaa…haa…Pfff…tu m’as même pas attendue ! Je contrôle les ombres pas la vitesse de mes jambes ! »
Elle esquissa un sourire amusé en entendant parler ainsi Betty. Cette nouvelle jeune fille dévoilait enfin plusieurs qualités, ce qui fit plaisir à Sword. Les deux jeunes filles bavardèrent; Sixtine en profita pour faire non pas un sermont, mais pour étoffer sa pensée car Betty n'avait visiblement pas compris le sens premier qu'elle avait tenté de lui véhiculer, précédemment. Elle ne put que sourire en l'entendant répondre.
BETTY « C’est moi qui me suis fourvoyée Sixtine. Je ne voulais pas m’énerver autant tout à l’heure. Je devais être encore un peu dans les choux excuse-moi. »
« Ne t'excuse pas, j'aurais surement réagis pareil. » s'amusa-t-elle.
Sixtine darda son regard sur celle-ci qui s'accroupit pour admirer les magnifiques fleurs de l'école.
BETTY « J’avoue que ouais…on a à peu près tous un caractère qui en ferait pâlir plus d’un…Mais il faut bien de tout hahaha. Je sais que certains dans notre classe travaillent énormément pour pouvoir mériter leur « titre » d’élémentaire et c’est bien de ces personnes dont je veux être digne ! Ce sont eux que j’admire même s’ils ont un caractère plus ou moins prononcé car je ne peux pas leur retirer qu’ils manipulent leur don avec une aisance majestueuse. Après, selon comment ils se comportent ils perdent toute mon estime c’est clair mais ça, c’est trop subjectif et ça dépend de chacun. »
« Je pense plutôt que c'est le cas de tout le monde. Personne ne pourrait supporter une personne se comportant de manière odieuse avec tout le monde. Tu ne peux qu'éprouver de la colère ou de l'amusement face à son attitude absurde. »
Les deux jeunes filles continuèrent le chemin jusqu'à que notre belle héroïne désire apprendre davantage sur les capacités et les avantages de posséder un pouvoir comme la manipulation des ombres.
BETTY « Hmmm…alors que pourrais-je te dire ? En duel comme tu l’as si bien dit il est vraiment avantageux dans le sens où tu peux bloquer l’ombre de ton adversaire qui se retrouve immobilisé. Après, pendant ce laps de temps, tu as le temps de faire tout ce que tu veux. Et puis, c’est assez impressionnant pour celui contre qui tu te bats lorsqu’il voit la dimension et la forme de l’ombre. Disons que c’est un pouvoir assez intimidant. Je dirais qu’avant tout c’est un pouvoir de protection quand même parce que tu ne blesses pas vraiment l’adversaire avec. Mais je vais te dire une chose. Vu que je suis apte à générer moi-même les ombres, je suis sûre que je pourrais parvenir à lancer une offensive avec elles. »
L'excitation qui se faisait sentir dans sa voix fit sourire Sixtine. Tout en l'écoutant attentivement, Betty continua.
BETTY « Et puis, tu peux faire esquisser quelques mouvement à ton adversaire aussi. Si par exemple tu te fais agresser par quelqu’un dans la rue et que cette personne possède une arme blanche, il te suffit de stopper vite fait son ombre puis de lui faire lâcher rapidement le couteau pour pouvoir le récupérer, et là, crac c’est toi qui mène la danse. Après, plus tu parviens à être précis, et plus tu peux manipuler l’ombre de choses petites. Si on te tire dessus, tu pourrais même arrêter l’ombre de la balle qui ne pourrait plus t’atteindre. Y’a aussi un autre aspect dont je t’ai pas encore parlé. Par rapport à tout ce que j’ai pu te dire, ça paraît impressionnant comme ça, mais il faut voir aussi le travail et les efforts moraux et physiques que ça demande derrière. T’as pu le constater tout à l’heure. J’étais pas en grande forme au moment où j’ai employé mon pouvoir et après je n’ai que mieux ressenti la fatigue…enfin à ce point-là c’était pas normal…d’habitude je ne suis pas dans cet état après, mais quand tu manques de sommeil c’est sans doute ce qui arrive. »
« Un don tout à effet, époustouflant ! »
Après avoir exprimer son désire de le posséder à la place du sien, Betty se mit subitement face à elle tout en marchant à reculons. Surprise, elle l'écouta parler.
BETTY « Tu sais, je suis consciente que lorsqu’on y pense on peut se dire que le feu est avant tout quelque chose qui blesse, qui brûle, qui détruit…C’est clair que c’est pas évident de se rendre compte de toute la responsabilité que ça entraîne mais je pense qu’il faut prendre les choses comme elles sont. « Quand les deux abrutis se sont moqués de moi tout à l’heure, tes flammes m’ont été bénéfiques tu sais. Ton pouvoir a ce bon côté de pouvoir protéger les personnes auxquelles on tient. Et ça, je ne l’ai pas autant en manipulant les ombres. Et puis…quand je dormais, ou mieux quand j’étais évanouie et que tu te tenais à côté de moi, eh bien…j’avais l’étrange sensation d’être en sécurité alors que je ne te connaissais pas plus que ça. Comment dire…c’était chaud et réconfortant. C’est un peu bizarre sans doute mais voilà comment il faut voir ton pouvoir aussi. »
Un silence doux s'installa entre les deux jeunes filles dès que Betty eut terminer de parler. Petit à petit, un sourire amusé et bienveillant se dessina sur les lèvres de Sixtine. Plus elle apprenait à connaître Betty, plus elle aimait se qu'elle découvrait. Betty était une fille en or malgré son tempérament habituellement froid. Sixtine baissa la tête le temps de quelques secondes et darda ensuite son regard sur la manipulatrice des ombres.
« En fait, lorsque j'ai découvert mon don, lors d'une situation bien délicate d'ailleurs, on m'a expliqué le pourquoi du comment. Cependant, tout comme toi et tous les étudiants de cette école, nous avions le devoir de découvrir tout à propose de notre don. Cependant, je dois t'avouer que la manipulation et la génération des flammes est un don conséquent. On m'a apposé ces fameux bracelets de protection pendant des lustres, ce qui me causait d'abominable maux de tête, en raison de sa puissance relative. Le temps que je maîtrise assez mon don pour ne blesser personne, moi avant tout. Ce que j'essaye de dire, c'est que d'un côté, je n'aurais pu rêver mieux pour un don. Il colle parfaitement à ma personnalité et c'est un don, qui lorsqu'il est bien manipulé peut s'avérer d'une puissance monstrueuse. Mais d'un autre côté, il est « lourd » à porter. Principalement, à cause de sa nature : le feu est un élément de la nature et donc toujours assez ardue à maîtriser même après une vingtaine année d'apprentissage. »
Elle marqua une courte pose et reprit avec un sourire amusé.
« Mais malgré tout ça, le feu me caractérise. C'est à ça que je recourt lorsque je me sens en danger, c'est à ça aussi que je recourt lorsque je veux payer à quelqu'un son affront envers moi... »
Elle rit doucement. Les oiseaux chantaient encore malgré l'heure plus ou moins tardive et le parc baignait toujours dans une atmosphère bienveillante. Les derniers rayons du soleil perçaient les quelques nuages qui erraient et prirent une teinte rose. Tandis que les deux jeunes étudiantes dialoguaient de leurs dons respectifs, la chose que Sixtine se doutait un peu, arriva. Betty qui ne se rendait même plus compte qu'elle marchait à reculons, trébucha sur une malheureuse petite pierre. Avant que Sword ne s'en rende compte et tente de l'aider, Betty était déjà au sol, étalée sur le dos.
BETTY « Aïe… C’pas vrai...C’est pas mon jour dis-moi…»
Sixtine la regarda ainsi, et éclata d'un rire sonore. C'était bien la troisième fois qu'elle tombait en l'espace d'un temps réduit. Sword se mordit la lèvre inférieure afin de s'arrêter de rire ainsi. Tant bien que mal, elle y parvint et darda son regard sur elle. C'est alors qu'elle remarqua la présence... d'un châle et d'une paire de pantoufles. Intriguée, Sixtine ramassa le châle et l'examina.
« Mais qui aurait bien pu oublié son châle et ses pantoufles ? » s'interrogea cette dernière, à voix haute.
Elle darda ensuite son regard sur Betty pour connaître son avis mais celle-ci l'a regardait avec des yeux penauds et un sourire dès plus gênée. Sword comprit aussitôt. Elle fronça des sourcils et lui fit, avec un ton suspicieux.
« Ne me dis pas que ces affaires t'appartiennent !? »
N'y tenant plus au bout de quelques temps, elle éclata à nouveau d'un rire sonore et se laissa même tomber en face de Betty. Sixtine continua à rigoler pendant plusieurs secondes. Cette jeune fille l'amusait décidément beaucoup. Sword se calma comme elle put, et lorsque son « fou-rire » fut enfin passé, elle planta son regard dans celui de la manipulatrice des ombres et prit finalement la parole.
« Je n'ose même pas imaginer comment ces pantoufles et ce châle sont arrivés dans le parc.. »
D'humeur détendue et farceuse, elle décida de la charrier gentiment.
« Peut-être aimes-tu te balader dans le parc pendant que tout le monde dort... Je veux bien croire que tu peux être maladroite : tu m'as assez montré aujourd'hui, ce que tu es capable de faire (elle faisait évidemment référence aux trois chutes invraisemblables), mais marginale, je t'avoue que je n'y pensais pas une seule seconde. »
Elle prit une pause et éclata de rire une nouvelle fois.
« Notre chère Betty est une marginale ! » s'exclama t-elle tout en se couchant sur le dos. Lorsqu'elle eut terminé de rire, elle prit son ton habituellement ironique et reprit :
« Mais où avais-tu la tête ? Laissez tes pantoufles et ton châle dans le parc... As-tu été surprise au point d'en oublier tes affaires ? »
Sixtine changea de position et se mit sur le ventre, de sorte à voir correctement Betty. Elle prit un ton faussement sérieux.
« Plus j'apprends à te connaître, plus j'y prends plaisir. Sache que tu es surement la seule personne qui me fait autant rire en si peu de temps. Cependant, tu m'interroges.. Que faisais-tu dans le parc ? »
Bien que Sixtine paraissait sérieuse, intérieurement, elle se retenait du mieux qu'elle le pouvait de rire. La raison, qu'elle qu'en soit elle, se montrait d'être amusante. Elle posa sa tête dans ses mains, tout en attendant la suite des évènements. Soudain, une idée lui vint en tête. Avant même que Betty lui réponde, elle prit un air soupçonneux et ironique.
« Peut-être n'étais-tu pas seule dans ce parc.. » Un sourire malicieux se dessina progressivement sur ses lèvres.
« Peut-être vouliez-vous être tranquilles, c'est donc la raison pour laquelle vous êtes sortis en pleine nuit.. Marginale et cachottière en plus.. »
Sixtine se mit de nouveau à rire, laissant Betty répondre à ces remarques..
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Mar 7 Juin - 21:48
{‘Cause deep down I wanted to run away} {Just to waste my time with you}
Restons éparpillés un peu partout dans ce monde qui, de toute façon, n’ira jamais comme nous le souhaitons…
Betty…t’es allongée…ok !
Betty…t’es à terre…ok !
Betty…Sixtine te regarde…ok !
Betty…tu t’es fait griller…ok !
Betty…t’es gênée…ok !
Betty t’arrêtes un peu de te persuader que tout va pour le mieux ?
Betty…debout !... roger !
Betty…élève-toi un peu dans les airs !... roger !
Betty…évite son regard !... roger !
Betty…échappe-toi !... roger !
Betty…arrête de rougir !... roger !
Betty t’arrives à réfléchir convenablement au moins ?
*Non…même pas, mon visage s’est pétrifié au moment où elle a éclaté de rire…* {Ce sont les idiots qui vivent le plus heureusement du monde} ---------------------------------------------------
« Ne me dis pas que ces affaires t'appartiennent !? » « Baaaah… »
*Malheureusement si…*
-Pauuuuuuuuuuuuuuuuuuuse ! On arrête tout ! Je reprends le flambeau !-
Bonjour à vous ! J’me présente je suis la conscience de la petite demoiselle que vous pouvez apercevoir là-bas ! Laissez-moi donc vous raconter une partie de cette amusante « story » comme l’aurait dit mon grand-père ! Il faut que je vous avoue que lorsque c’est arrivé tous mes collègues ont rigolé en entendant la dernière catastrophe de mon hôte. C’est vrai que c’est pas tous les jours qu’elle est comme ça la gamine. D’ordinaire elle est si froide que c’en devient flippant…ouais…très flippant, très très flippant…tellement flippant que je ne parviens pas à poser un mot pour définir ce que je pouvais ressentir en tant que conscience. Bref, tenez, je vous file mon journal de bord à l’une des rares pages où la miss était en mode « cataclysme ambulant ».
Identité : Jiminy Cricket à Journal de Bord Patiente : Betty Elizabeth Allen Sujet principal de la journée : Cataclysme ambulant Date : Le xxx de l’année xxx à xxx heures
Extrait n°5 du 15ème Journal
Ma petite Betty tu faisais peine à voir. Fallait dire les choses comme elles étaient après tout. T’étais là, et elle, elle était en face de toi pliée en deux. Ah non, pardon excuse-moi, effondrée sur le sol, écroulée de rire, bref, tu me suis quoi vu que t’étais toi-même l’auteure de cette pièce de théâtre des plus comiques. Et puis, je dois t’avouer que sur ce point-là t’avais rien à envier à Molière hein, d’ailleurs chez le rouge non plus y’avait plus rien à envier à en juger par la couleur écarlate qu’avaient prise tes pommettes. Jamais au cours de ma vie en toi je n’avais eu l’occasion de te voir ainsi, enfin peut-être oui une fois, ou peut-être pas, je ne me souviens pas, je ne me rappelle plus donc je ne m’avancerai pas trop non plus sur ce terrain fort glissant au risque que tu m’éjectes par colère. Souvenirs, souvenirs…celui-là t’aurais voulu le rayer de ta mémoire non ? Ou tout du moins une petite partie…ouais…juste celle où tu t’étais royalement vautrée à plusieurs reprises. Mais crois-moi, ta vie aurait sans doute perdu toute sa saveur, en plus, la fille aux cheveux rouges, elle, elle semblait bien se marrer à te voir ainsi. Bonne nouvelle non ? Tu passais peut-être pour une incompétente de première mais au moins tu distrayais l’oiseau de feu de l’école. C’était-y pas beau tout ça ? Non, non, je suis en train de m’égarer là moi…
*Soit tu fais ton boulot de conscience correctement, soit je te « kick » comme l’aurait dit ma grand-mère*
Oui, oui, j’ai très peur n’est-ce-pas…
*Me fais pas rire, t’as jamais servi à rien et c’est pas aujourd’hui que ça va changer*
Je dis ça, je dis rien, ok, ok, je continue c’est bon. Je disais donc que toi, tu t’étais quelque peu relevée sur les coudes, de telle sorte que tu puisses voir ton interlocutrice et que cette dernière s’était vue être prise d’un fou rire inébranlable semblait-il. Je ne me souviens plus des termes exacts qui avaient alors transcendé tes pensées à ce moment-là, mais tu sais, je vais te dire une bonne chose ma Betty…c’en était à tomber par terre ! Tout à fait le stéréotype de la demoiselle gênée ayant perdu tous ses moyens. Et ce n’était pas pour me déplaire tu le sais bien…Je n’aspire qu’à ton bonheur vu que je suis ta conscience et que je partage ton quotidien. Voir ton visage arborer ainsi une expression aussi humaine soit-elle ne pouvait que remplir d’avantage mon petit cœur de Jiminy Cricket. Tu sais Betty, t’en étais presque touchante et je ne pouvais réfréner un petit rire bienveillant en te voyant dans une telle situation. Tu es cent fois mieux lorsque tu souries, mais en as-tu seulement conscience ? Tu sais, j’espère qu’un jour quelqu’un sera capable d’ouvrir ton cœur d’un seul tour de clé dans la petite serrure invisible qui se trouve au fin fond de ton être. Je ne baisserai pas les bras pour toi alors si tu fais des efforts, à deux on y parviendra sûrement. Faut continuer à avancer ma chère, t’y arriveras, t’y arriveras alors jamais ne cesse de te répéter cela ok ? J’suis d’accord le monde ne sera jamais celui que nous voulons, les gens ne seront jamais ceux que nous voulons, notre être même ne sera jamais celui que nous voulons, nos sentiments ne seront jamais ceux que nous voulons, mais il va falloir prendre sur soi encore et toujours pour atteindre ce à quoi nous aspirons. Nos quelques années éphémères sur cette Terre ne resteront pas éternellement gravées dans les annales alors profites-en au maximum pour ne pas avoir de regrets et ainsi pouvoir avancer tout droit sans regarder en arrière. Et quoi que tu puisses dire, tu me sembles bien partie tu sais. Je vais te confier un secret ma petite. Tu ne te l’avoueras peut-être pas encore tout de suite mais, moi, il me semble que Sixtine tu la considères déjà comme une amie quelque part.
*Pfff, même pas vrai d’abord…*
J’étais sûr que tu dirais ça.
*Alors pourquoi tu poses la question ? *
Pour que tu prennes conscience de l’absurdité de ta réflexion sur ce que tu ressens véritablement.
*Je la connais à peine !*
L’amitié n’est-elle pas une surprise ?
*Je te dis que ça fait même pas deux heures que je lui parle !*
Je vous écoute, je vous écoute. Et vous dites que c’est la première fois que vous avez autant d’estime pour quelqu’un dont vous ignorez tout ?
*Tu m’écoutes au moins le criquet ? Et te la joues pas psychologue !*
Vous voulez que je fasse quelque chose contre vos colères excessives et injustifiées aussi ? Si, si, je vous jure que nous faisons des miracles en la matière !
*Mais, mais, mais, mais t’as fini ?!*
Vous voyez, j’adore la charrier cette petite ! Je n’arriverai jamais à me lasser de ce son mélodieux qui parvient chaque fois jusqu’à mes oreilles, et d’ailleurs, il me semble que je ne suis pas le seul dans ce cas. Car, voyez-vous mes enfants, Sixtine semble elle aussi prendre un malin plaisir à embarrasser notre brunette. Sur ce, je vous laisse mes chatons ! Le reste de l’histoire est un copyright de notre chère narratrice sans qui je n’existerais pas n’est-ce-pas ? A vous la suite !
Reprenons donc où Jiminy nous a laissés. Sixtine venait tout juste de comprendre que les affaires laissées en plan sur le petit chemin appartenaient en réalité à la manipulatrice des ombres et lui avait donc posé une question oratoire pour se rendre encore mieux compte de la chose. Betty, elle, elle était rouge…oui, au moins jusqu’aux oreilles et elle bredouillait toute seule, se mordant la lèvre inférieure et fronçant les sourcils. Comment en était-elle arrivée là ? Elle repassa rapidement les derniers évènements qu’elle avait en mémoire et se sentit encore plus mal à l’aise. La gêne. La honte ? Non, non, c’était juste une immense gêne qui s’immisçait jusque dans la moindre parcelle de son frêle petit corps en proie à sa maladresse soudaine (et passagère espérait-elle). Mais laissons-la donc parler à son tour, vous ne comprendrez que mieux l’état d’esprit dans lequel elle se trouvait.
--------------------------------- {Et si un jour on m’avait dit que j’y croirais…}
Qu’avais-je pensé à ce moment-là déjà? Moi qui m’étais doucement redressée en la voyant s’écrouler au sol, je devais avoir l’air bien bête.
« Je n'ose même pas imaginer comment ces pantoufles et ce châle sont arrivés dans le parc.. »
Elle avait soudainement planté son regard dans le mien après s’être quasiment étouffée de rire. Je n’osais rien répliquer et mes joues étaient en feu fallait le dire. Etait-ce l’œuvre des flammes de Sixtine ? è.é Bah non…depuis l’incident dans le couloir elle n’y avait aucunement eu recours. C’était moi l’unique responsable du bouillonnement intérieur qui rugissait dans mon corps à ce moment précis. La gêne. La gêne. La gêne, encore et toujours la gêne. Ah non…pas « toujours »…Je ne me souvenais plus de la dernière fois où j’avais ressenti cela à ce point et je ne m’en retrouvais que plus troublée. Je détestais perdre mes moyens, et là, j’étais une proie facile, ne pouvant rien rétorquer à mon interlocutrice. J’avais honte…ouais, terriblement honte de n’être plus qu’une catastrophe ambulante errant dans un parc avec une fille que je connaissais à peine. Enfin, non…j’avais le sentiment qu’elle n’était pas comme les autres et puis, pour une raison qui m’était jusqu’alors inconnue, j’avais envie de la connaître. Celle qui m’avait éblouie pendant les cours grâce à sa manipulation de don hors-pair se tenait juste en face de moi et je savais que je lui vouais une admiration sans bornes. *N’importe quoi, je l’admire pas !* Voilà ce que je ne cessais de me répéter. N’ayant jamais eu d’attache de cette sorte, je ne savais pas réellement ce que je devais en penser. Etait-ce une bonne chose que Sixtine monopolise ainsi une grande partie de l’estime que je pouvais avoir pour autrui ? Moi qui avais jusqu’alors soutenu le regard de la jeune femme à peine plus âgée que moi, je finis par le détourner quelque peu, les joues rouges et les sourcils froncés.
« Moi non plus je préfère pas me rappeler t’sais… »
J’avais dit cela avec une toute petite voix et cela devait sûrement inciter à m’embêter encore un peu plus, car voyez un peu ce qu’elle me lança par la suite…
« Peut-être aimes-tu te balader dans le parc pendant que tout le monde dort... Je veux bien croire que tu peux être maladroite : tu m'as assez montré aujourd'hui, ce que tu es capable de faire, mais marginale, je t'avoue que je n'y pensais pas une seule seconde. »
-------------------------------
Comme vous avez pu le constater, Betty était en proie à une immense gêne et ne savait absolument pas comment réagir face à ce que son interlocutrice lui avait sorti. Elle fronça encore les sourcils, rouge comme une tomate.
« Mais non ! C’est pas que j’… »
Elle n’eut même pas le temps de terminer sa phrase que Sixtine éclata de rire une fois de plus.
« Notre chère Betty est une marginale ! »
Sixtine riait encore et encore, se roulant presque sur le dos sous l’effet des soubresauts de son fou rire incontrôlé. Betty s’était rapidement redressée au mieux pour pouvoir se mettre à genoux, les mains accrochées à son short. Elle avait écarquillé les yeux en voyant l’état dans lequel son aînée se trouvait et n’arrivait absolument pas à en placer une.
« Mais, mais, mais, mais….c’est même pas vrai d’abord ! »
Gamine un jour, gamine touj…HEUM ! Je disais donc, notre brunette était complètement désorientée, comme perdue au beau milieu de nulle part avec pour seul ami monsieur le cactus des aventures de Woody dans Toy Story. Vous voyez le truc ? Non ? Laissez tomber en ce cas et n’y attachez que peu d’importance comme celle que vous accordez à votre première chaussette dûment acquise. C’était nul ? Rassurez-vous c’était l’effet voulu…ou pas…Bref ! Ne nous attardons point sur ce sujet des plus inintéressants et revenons-en à nos moutons, ou plutôt à notre demoiselle adorée.
« Mais où avais-tu la tête ? Laissez tes pantoufles et ton châle dans le parc... As-tu été surprise au point d'en oublier tes affaires ? »
Sixtine regardait Betty et Betty regardait Sixtine Sixtine avait posé une question et Betty devait lui répondre. Peut-être n’en avait-elle pas envie ? Oui, lui expliquer le pourquoi du comment revenait à lui dire qu’elle s’était enfuie en courant, cela revenait à lui dire qu’elle était venue dans le parc parce qu’elle ne parvenait pas à trouver le sommeil, cela revenait à lui dire que…Et puis, pourquoi lui raconter tout ça ? La demoiselle fronça les sourcils, plus rouge que jamais, à en juger par cette couleur écarlate qu’avaient prise ses joues, on aurait presque pu croire qu’elle avait de la fièvre.
« Non mais en fait je… »
Elle se mordit la lèvre et se frotta le derrière de la tête. Ses genoux commençaient à lui faire mal, le sol dur laissant peu à peu une marque sur la peau dénudée de la jeune fille qui au final s’en fichait un peu. Elle détourna le regard une nouvelle fois, tentant de se calmer. Elle commença à jouer avec une mèche de ses cheveux, visiblement gênée.
« Plus j'apprends à te connaître, plus j'y prends plaisir. Sache que tu es surement la seule personne qui me fait autant rire en si peu de temps. Cependant, tu m'interroges.. Que faisais-tu dans le parc ? »
L’aînée de Betty s’était mise sur le ventre et l’observait tout en disant cela. Alors que la brunette s’apprêtait à entamer un semblant de réponse, elle fut coupée dans son minuscule élan de courage.
« Peut-être n'étais-tu pas seule dans ce parc.. »
Betty écarquilla subitement les yeux et rougit de plus belle en fronçant les sourcils. Ça voulait dire quoi ça ? Toujours à genoux, elle s’appuya brusquement sur ses mains qu’elle avait posées à même le sol, prête à détromper Sixtine. Oui, bon, ses joues étant rouges au possible, elle ne convaincrait sans doute pas grand monde de cette façon mais elle n’allait pas laisser sous-entendre qu’elle avait été avec quelqu’un cette nuit.
« Peut-être vouliez-vous être tranquilles, c'est donc la raison pour laquelle vous êtes sortis en pleine nuit.. Marginale et cachottière en plus.. »
Rouge. Ecarlate. Bouillante. Effarée. Muette. Gênée. Désemparée. Et Sixtine qui riait à côté. On ne lui aurait rien épargné aujourd’hui.
« Mais…mais…mais…mais non ! J’étais pas avec… ! »
Voilà les seuls sons qu’elle parvenait à produire avec sa bouche. Sciée, Betty était sciée et elle ne savait absolument pas comment réagir face à toutes ces remarques. Elle rougissait, se calmait, fronçait les sourcils, rougissait encore, s’agitait dans tous les sens pour au final s’asseoir, entourer ses jambes avec ses bras et poser la tête sur ses genoux. Et tout cela…dos tourné à Sixtine bien sûr. Eh oui…elle faisait la moue la gami…HEUM, la demoiselle. Elle n’arrivait pas à croiser le regard de Sixtine car elle savait qu’elle se remettrait à rire. Elle préféra donc lui faire la tête comme une enf…HEUM, comme la jeune fille en fleur qu’elle était. Elle resta ainsi quelques secondes, aussi rouge qu’une tomate avant de se frotter le derrière de la tête et de reprendre la discussion.
« J’arrivais pas à dormir alors je suis juste venue faire un petit tour vu qu’il n’y avait personne… »
Elle colla son front contre ses genoux et resta ainsi quelques secondes le temps de laisser son cœur s’apaiser. Elle regarda ensuite le ciel et poursuivit.
« Et puis y’a quelque chose qui m’a … »
Elle ne termina pas sa phrase pour autant et se leva soudain. Non, elle n’avait pas tellement envie de s’en souvenir en fait…Elle ne fuyait pas, non ,elle ne fuyait pas, elle avait juste pas envie de se remémorer la sensation de frayeur intense qui avait emprisonné son corps entier le temps d’une nuit. Elle tremblait sans s’en rendre compte, il ne faisait pas si chaud en fait. Elle se claqua les joues entre ses deux mains et regarda Sixtine d’un air amusé avant de lui afficher un immense sourire empli de défi amusé.
« Si tu me rattrapes je veux bien te dire ce qui s’est passé ! Sinon tu sauras rien !»
Et elle partit en courant sans plus d’explications. Bon, au moins, elle aurait le temps de se changer les idées avant d’avoir à tout déballer à son aînée. Ses pantoufles et son châle encore laissés sur le bord du chemin, elle courut à en perdre haleine. Un nuage de buée sortait de sa bouche à chaque expiration, quelques gouttes de sueur perlèrent sur ses joues encore rouges et elle finit par s’arrêter, à bout de souffle en fin de compte. Elle regarda alors autour d’elle et se rendit compte que…qu’elle était au beau milieu d’une forêt. Elle écarquilla les yeux. Merde…elle était allée trop loin…où était-elle ? Elle réfléchit en vitesse, complètement paniquée. La forêt interdite…Mon dieu ! C’était vraiment ça ?! Elle s’en foutait pas mal de ce qu’on pouvait raconter dessus. Elle se força alors à rire pour se donner du courage.
« HAHAhahaa…. »
Elle se tut soudainement, n’osant plus parler. Sixtine, où était Sixtine ? En fait, elle était vraiment paniquée bien qu’elle ne laissât rien transparaître. Elle n’avait pas dû s’enfoncer énormément dans la forêt…alors qu’elle s’apprêtait à rebrousser chemin, elle entendit un craquement de branche dont l’écho se dispersa un peu partout à travers les rangées d’arbres. Et là contre toute attente, Betty fit un bond de plus de deux mètres, surprise par ce son inattendu. Son petit cœur ne tiendrait pas, pas ce soir en tout cas. Il avait fait un bond dans sa poitrine tout comme elle en avait fait un. Et pour le coup, elle retomba sur les fesses. Elle serra les poings, tentant de réfréner ses larmes. Elle avait peur, elle avait peur…Si seulement elle n’avait pas fait ce cauchemar la nuit dernière, elle n’aurait pas été ainsi…Elle plissa les yeux et laissa lentement les gouttes d’eau salée perler sur ses joues.
« J’ai pas peur…j’ai pas peur… »
Betty entendit soudainement des bruits de pas, elle tourna immédiatement la tête en direction de leur provenance, les yeux embués de larmes. C’était qu’une enfant, c’était qu’une enfant et elle en prenait conscience seulement maintenant. Elle avait 14 ans et c’était tout, pas assez grande peut-être…
« Six…Sixtine c’est toi ?... »
Toute petit voix, toute petite assurance, ou quoi que non, aucune assurance, elle avait juste envie de partir d’ici le plus vite possible.
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Dim 12 Juin - 18:06
Petit rappel : FEATURING : Betty Allen : maîtrise de l'ombre Sixtine Brunnel : maîtrise du feu
Les deux jeunes filles, après s'être croisées dans le couloir, apprennent à se connaître et sont partis dans le parc pour ensuite aboutir dans la forêt maudite, en pleine nuit. Que vont-elle faire ? La réponse dans le prochain épisode les prochains posts !
A chaque nouvelle supposition, Betty ne répondait que par de brèves phrases, non terminées à chaque fois. Les joues de la manipulatrice des ombres devenaient au fur et à mesure écarlates. Son ton de voix qui traduisait vivement sa gêne et son embrassement amusait beaucoup notre jeune demoiselle. Bien qu'elle ne se gênait pas pour rigoler à gorge déployée en présence de Betty, elle restait dans l'amusement et ne dépassait pas les limites de la moquerie. Le ciel s'assombrissait de plus en plus et les lampadaires postés à une même distance l'un de l'autre commençaient à s'allumer. La première brise fraîche vient caresser le visage de Sixtine.
BETTY« Mais…mais…mais…mais non ! J’étais pas avec… ! » « J’arrivais pas à dormir alors je suis juste venue faire un petit tour vu qu’il n’y avait personne...Et puis y’a quelque chose qui m’a … »
Sixtine s'était progressivement arrêter de rire pour écouter davantage ce que disait Betty. Sa dernière phrase attira l'attention de cette dernière. Betty se leva avant même d'avoir terminé sa phrase et s 'exclama soudain :
BETTY« Si tu me rattrapes je veux bien te dire ce qui s’est passé ! Sinon tu sauras rien ! »
Son changement de voix dérouta quelque peu notre détentrice du contrôle de feu mais très vite la surprise laissa place une nouvelle fois à l'amusement. Cependant, avant qu'elle ne soit debout, Betty détala comme un lapin et prit d'ailleurs une mauvaise direction. Avant que Sword ne put l'avertir de ne pas prendre ce chemin, elle était bien trop loin.
« Non, atten...! »
Sa voix s'évanouit progressivement, et d'un pas non très sûr, elle courut après Betty. Arrivée à la lisière de la forêt, Sixtine s'arrêta brusquement. Elle fronça les sourcils.
« C'est pas vrai... Il fallait qu'elle rentre dans cette forêt... »
Elle soupira en baissant la tête et la releva presque aussitôt. Elle parcourra du regard l'endroit où elle s'était arrêté. Elle se retourna pour voir si quelqu'un passait par là, bien qu'elle n'eut pas vraiment d'espoir à cela. Se tournant face à la forêt, elle appela;
« Betty ! » Quelques secondes de silence passèrent. « Betty ! » appela une seconde fois Sixtine.
Toujours aucun bruit. La situation qui, jusque là était joyeuse devint inquiétante. En effet, Betty avait pénétré dans la fameuse « forêt maudite ». Une forêt qui entourait Aisling, de sorte à empêcher les étudiants de s'enfuir. Une forêt dont l'accès était interdit, non seulement par l'administration de l'école mais elle inspirait également de la peur à ses occupants. En effet, beaucoup de rumeur circulaient à propos de cette forêt. Une légende disait que si l'on rencontré une dryade dans ces bois, ce serait la dernière chose que l'on verrait. Ou encore que si vous vous éloignez trop du sentier pendant un espace de temps important, vous serez dans l'incapacité de retrouver votre chemin, condamné ainsi à errer dans cette forêt maudite. Sixtine n'avait d'abord pas cru à ces sornettes et s'était même mise en colère face à autant de stupidité. Mais au fil du temps qu'elle passait dans cette école, cette forêt lui inspirait quelque chose de mauvais, et ne s'était pas aventurée à l'intérieur, de son plein grès. Toutefois, Sixtine y avait déjà posé le pied, enrôlée malgré elle dans une aventure aux côtés de Bonnie, Clyde et Kyle. Sword ne s'y approchait pas de trop près, bien qu'elle n'éprouve pas une peur excessive par rapport à cet endroit. Toujours sans nouvelle de sa cadette, Sixtine se résolut de tout de même à y rentrer malgré la nuit qui se faisait noire. Attentive et prudente, elle s'enfonça ainsi dans la forêt et bientôt disparut. « Betty, si jamais je te retrouve, tu vas m'entendre parler.. » fit-elle avec colère et un brin d'inquiétude, les sourcils froncés. La luminosité baissait à vue d'œil et malgré la présence d'une lune pleine, sa lueur ne parvenait pas à pénétrer entre les arbres. Aussitôt, une flamme apparut au creux de sa main. Cette flamme vacilla au sens du vent et lécha sa paume sans lui causer une quelconque douleur. A présent, Sixtine voyait davantage dans cette obscurité.
« Betty ! » cria-t-elle. « Bett.. » commença-t-elle. Elle n'acheva pas sa phrase et poussa un cri de surprise. En effet, trop occupée à regarder autour d'elle, elle ne vit pas la racine qui était sortit du sol, sur son chemin. Sixtine tomba ainsi, face contre terre. Elle resta quelques secondes sans bouger et finit par gémir faiblement. Elle se retourna et se leva vivement. En colère, elle poussa une exclamation d'agacement. Betty allait surement en prendre pour sa grade.. Sword épousseta par des gestes vifs s ses vêtements et continua sa route. Les bruissements de feuilles et les hululements des animaux nocturnes qui peuplait cette forêt, légèrement lui donnait la chair de poule. Soudain, elle crut entendre la voix d'une personne à sa droite. Aussitôt, elle obliqua dans cette direction et se trouva, assise par terre Betty.
« Je t'ai enfin retrouvée ! » fit-elle, les sourcils froncés, poings sur les hanches. « Qu'est-ce qui t'as pris de t'enfoncer dans cette forêt ? Ne connais-tu pas sa réputation ? »
Sixtine n'avait pas peur, mais restait assez méfiante quant à cette forêt. Soudain, elle entrevit dans la pénombre, les yeux embués de larme de Betty. Elle s'approcha d'elle à pas lents, la flamme toujours au creux de sa main. C'est en se radoucissant qu'elle déclara :
« Betty, quelque chose ne va pas ? »
Un craquement se fit soudain entendre à leur gauche. Aussitôt, Sixtine tourna le regard en cette direction. Légère position de combat, elle se mit instinctivement devant Betty. Immobile, elle resta ainsi pendant plusieurs secondes. Sword déclara soudain :
« Viens, ne restons pas là.. Cette forêt ne me dit rien qui vaille.. Regagnons le sentier » fit-elle sur un ton de commandement. « si nous le retrouvons... ».
Sixtine se retourna et tendit sa main à Betty pour l'aider à se relever. Après qu'elle se soit mise debout, les deux jeunes filles rebroussèrent chemin. Sur le chemin, Sixtine trouva un bon morceau de bois.
« Je pense que ça fera l'affaire pour le moment.. » Elle éteignit la flamme qui jusque là demeurait au creux de sa main. Toutefois, d'un mouvement rapide, elle enflamma le bout du bois. Ainsi, il fit office de torche. Leur chemin étant maintenant davantage éclairé, les étudiantes pouvaient continuer leur chemin;
« Tu es impossible.. » fit Sixtine, à l'intention de Betty. « Je veux croire que ce n'était pas intentionnelle, mais regarde où tu vas la prochaine fois.. » Son ton traduisait son agacement, bien qu'elle essayait de se contenir du mieux qu'elle le put.
« Mais où est ce sentier !? » éclata-t-elle sans le vouloir.
Sword finit par soupira et se laissa tomber au pied d'un arbre. Elle finit par esquisser un demi-sourire amusé et fit d'une voix faible.
« Pourquoi suis-je toujours impliquée dans des histoires pareilles ? »
Elle leva la tête vers Betty et déclara.
« Assied-toi près de moi.. De toute manière, on ne pourra pas trouver notre chemin avec une telle luminosité.. Le seul moyen serait que je flambe toute la forêt, mais je ne crois pas en avoir le droit ! »
Sixtine se tut et attendit qu'elle soit assise à ces côtés. Sword leva la tête et admira la parcelle du ciel qui pouvait s'offrir à elle malgré les arbres qui cachait une bonne partie du ciel.
« Tout à l'heure, tu disais avoir été surprise cette nuit, au point d'avoir oublié ton châle et tes pantoufles.. Disons que vu que je t'ai trouvée, j'ai mérité une réponse, non ? »
Sixtine avait tourné la tête vers Betty et la regardait à présent droit dans les yeux.
« Tu dis que tu n'étais pas accompagnée.. As-tu été suivie ? »
En effet, notre détentrice du contrôle et de la génération du feu parcourait toutes les possibilités possibles. De nature curieuse, elle ne lâcherait pas sa cadette jusqu'à ce qu'elle lui donne une explication plausible. Et puis, elle apprenait par la même occasion de nouvelles facettes d'elle et de sa vie, si l'on peut dire. Plus que la brise, la fraîcheur s'était levée. Alors, tout en écoutant Betty répondre à ses question, elle lui tendit la torche improvisée et rassembla un petit tas de branche mortes au centre. Elle pointa son doigt et soudain, une flamme jaillit et embrasa en très peu de temps, le petit tas de feuille que Sixtine avait regroupé. Elle reprit alors la torche à Betty et souffla prestement dessus pour éteindre le feu. Ainsi, les deux jeunes filles étaient assises autour d'un petit feu de camps, occupées à bavarder entre elles. A ce moment là, la forêt ne paraissait plus aussi menaçante qu'au début. La seule question est : cela va-t-il continuer ainsi ?
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Lun 13 Juin - 21:47
Il faisait noir. Encore. Et le vent venait siffler sournoisement dans les branches des arbres qui craquent en un grincement sonore. Il faisait froid. Depuis trop longtemps. Et le sol humidifié par ses larmes était en proie aux insectes qui grouillaient partout dans cette forêt sordide. La Lune. Haute dans le ciel. On ne la voyait même pas. L’écho des pleurs d’une jeune fille, habituée à l’obscurité pourtant, résonnait sans fin contre les troncs des arbres menaçants. Blanche-neige elle-même serait morte de peur sur le coup si les sept nains il n’y avait pas eu pour la secourir. Ici, il n’y avait personne. Pas même le loup du petit chaperon rouge tentait de se convaincre la demoiselle tremblante. Il ne l’avait pas suivie. Il ne l’avait pas suivie. Seul sa hantise la poursuivait et elle ne parvenait point à la freiner, ne serait-ce qu’un tant soit peu. Elle qui, d’ordinaire, orchestrait toutes sortes de traquenards divers et variés dans des lieux plus ou moins lugubres, elle se retrouvait totalement…terrifiée. Tétanisée. Paralysée. Et encore, ces mots étaient bien trop faibles par rapport à ce que son âme subissait. Elle pleurait. C’était tout. Muette. Dans la pénombre. Elle attendait. Il n’y avait plus que cela pour le moment. Son corps, lui, il refusait de lui obéir. Elle se morfondait. Seule, encore. Dans le vide du néant. Rentrer. Il fallait qu’elle rentre. Rester. Il fallait l’éviter. Elle tenta maintes fois de se relever. Impossible. Clouée au sol. Elle ne pouvait point bouger. Des bribes. Des morceaux de cauchemars. La veille. La nuit. Les craquements. Les grincements. Les hululements. Les hurlements déchirants de son âme. Elle ne tenait plus. Perdue. Désemparée. Dans une grande forêt. L’avait-elle mérité ? Non. Elle ne se résoudrait pas à penser cela. La terreur. La tétanie. La paralyse. Elle succombait aux ténèbres qu’elle connaissait si bien. Traîtresses. Vous voulez m’engloutir n’est-ce-pas ? Il n’en sera rien. Plutôt crever que de vous succomber ! Allons ! Disparaissez donc ! C’est moi qui vous contrôle et certainement pas le contraire ! Allons ! Disparaissez ! Disparaissez…Non. Non. Non. Non. Non. Toujours. Jamais. Elle perdait. Oui. Elle ne voulait pas. Il ne fallait pas. Elle pleurait. Encore.
Il faisait noir. Pour toujours. Et dans son cœur, le vent venait geler ses sentiments pour ne les pétrifier que mieux. Rester ainsi. A jamais. Car tel il en avait été décidé. Condamnée à errer dans cette sombre forêt. Des regrets. Qu’on prie pour son salut. Mille et une nuits sans lumière. Voilà ce qui s’annonçait pour la suite semblait-il. Comme une bouteille à la mer, elle lançait un S.O.S inaudible. Qu’on lui vienne en aide.
*S’il-vous-plaît quelqu’un !*
Voilà ce que le fond de son être hurlait à en perdre haleine. Peu importait le moyen, le fond de sa personne avait la rage de vivre. La demoiselle peut-être pas autant en ce soir de pleine lune. Elle survivrait sans doute. Elle ne savait. Elle sombrait. Lentement. Dans ses tourments.
*Sixtine…Sixtine…*
Elle ne pouvait se reposer ainsi sur une personne. Que croyait-elle ? Que croyait-elle ? Ce n’était pas un conte de fées ! Et pourtant. Elle pleurait. Elle espérait. Que sa plainte et sa peine atteignent les oreilles de son aînée. Des bruits de pas. Le salut. Enfin ? La mort. Peut-être ? Qu’était-ce ?
« Je t'ai enfin retrouvée ! Qu'est-ce qui t'as pris de t'enfoncer dans cette forêt ? Ne connais-tu pas sa réputation ? »
En colère. Agacée sans doute aussi. Mais Betty était ravie quelque part. On l’avait retrouvée bien qu’une forte pointe de mécontentement se dessinât sur le visage de la rouquine. La vision de la brunette était floue. Les larmes ne cessaient de couler. Elles ne se tarissaient pas. Sa fierté en avait pris une grande balafre mais elle était juste heureuse de ne plus être seule. Elle en avait besoin ce soir. Elle sanglota, ayant de plus en plus le goût salé de ses larmes dans la bouche. Sixtine s’approcha alors lentement d’elle avant de lui adresser la parole sur un ton plus doux.
« Betty, quelque chose ne va pas ? »
C’était bien Sixtine. C’était bien elle. A tâtons dans cette semi-obscurité, elle se mit à genoux et attrapa l’habit de la manipulatrice du feu tout en tremblant. C’était pas un mirage ? Elle serra le bout de tissu entre ses petites mimines et leva le visage vers celui de son interlocutrice.
« J’ai..huh… »
Elle sanglota, presque suppliante.
« Six…Sixtine c’est bien toi ? Tu…je me sens pas très à l’aise… »
Elle n’aurait jamais osé le dire à personne, elle qui, d’ordinaire, faisait flipper tout le monde, mais…
« J’ai…j’ai peur…c’pas normal…»
Impuissante. Elle était juste impuissante face à ce qui lui arrivait. Un craquement sonore se fit entendre. Elle sursauta et se figea aussitôt. Si pâle. Presque translucide. Implorante. Désespérée sans doute aussi. Elle se serait presque évanouie. Un corps imposant. Devant elle. Aux aguets. On la protégeait. Encore. Ses larmes argentées séchées, elle resta silencieuse dans l’ombre de Sixtine, n’entendant plus que les battements de son cœur affolé. Juste pour ce soir elle se reposerait un peu sur quelqu’un. Juste pour ce soir…Là…Non…elle était juste pas en état…
« Viens, ne restons pas là… Cette forêt ne me dit rien qui vaille... Regagnons le sentier. Si nous le retrouvons... ».
On lui tendit une main. Sans protester, Betty s’en saisit et suivit le chemin qu’on lui indiquait, avançant d’un pas pour le moins incertain. Grâce à une torche de fortune montée de toute pièce par Sixtine, les deux étudiantes poursuivirent leur route.
« Tu es impossible…Je veux croire que ce n'était pas intentionnelle, mais regarde où tu vas la prochaine fois…»
Silence.
« Mais où est ce sentier !? »
Silence encore. Betty marchait, le regard vide, les sourcils froncés. Un peu comme une âme en peine. Elle n’était pas habituée à être ainsi. Point. Celle que l’on surnommait Sword se laissa alors tomber au pied d’un arbre en soupirant, ce qui eut pour effet de stopper Betty dans sa marche.
« Pourquoi suis-je toujours impliquée dans des histoires pareilles ? »
La brunette ne répondit rien. Là, elle avait tout sauf envie de rire car elle se sentait fautive pour la première fois depuis longtemps. D’ordinaire, elle prenait ses responsabilités et elle arrangeait la situation dans la minute qui suivait, mais là, y’avait rien à faire et c’était tout. Bordel ! On n’allait pas aller bien loin ainsi...
« Assied-toi près de moi… De toute manière, on ne pourra pas trouver notre chemin avec une telle luminosité… Le seul moyen serait que je flambe toute la forêt, mais je ne crois pas en avoir le droit !»
Notre demoiselle aux ombres s’exécuta sans rechigner. Ordre ou pas, elle ne discuterait pas.
« T’as raison… »
Elle prit ses genoux dans ses bras et se tut aussi, laissant son regard se perdre dans le vague devant elle. Il faisait froid. Trop froid. Elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même pour le coup.
« Tout à l'heure, tu disais avoir été surprise cette nuit, au point d'avoir oublié ton châle et tes pantoufles… Disons que vu que je t'ai trouvée, j'ai mérité une réponse, non ? »
Betty tourna la tête en direction de Sword qui planta aussitôt son regard dans le sien.
« Tu dis que tu n'étais pas accompagnée... As-tu été suivie ? »
Elle haussa un sourcil et rit doucement avant de détourner lentement yeux pour caler son menton sur ses genoux repliés contre elle. Elle prit la torche qu’on lui tendait et attendit que le feu soit allumé avant de répondre.
« Haha…j’avais complètement oublié ça… »
Elle ferma les yeux.
« La nuit dernière…j’arrivais pas à dormir. J’ai pas fermé l’œil. »
Elle détendit son cou et s’adossa à l’arbre, les genoux toujours dans ses bras.
« Je suis allée dans le parc, seule. Il devait être aux environs de 2h du mat’… ? »
Elle soupira et regarda le peu de ciel qui apparaissait à travers les branches tordues des arbres inquiétants.
« J’ai enlevé mes pantoufles et mon châle et j’ai un peu marché jusqu’à ce que j’entende un craquement de branche. J’ai scruté tout le parc. Je me suis tue et vu que ça persistait, je suis partie en courant. »
Elle tremblait un peu en disant cela. Aussi reposa-t-elle sa tête sur ses genoux.
« J’sais pas qui c’était mais j’ai senti qu’on me suivait. En plus là où on a trouvé mes affaires c’était pas là où je les avais laissées. »
Son corps tremblait. Au moins autant que les flammes qui dansaient au gré du vent sur le tas de feuilles mortes amassées par Sixtine.
« J’ai juste eu un peu peur…juste un peu…»
Elle n’aimait pas ça, elle détestait cela même. Elle ? Avoir peur ? C’était le comble pour la vengeresse des Elémentaires ! Le comble ! Non. En fait. Elle était. Juste. Humaine comme tout le monde…Un nouveau craquement. Persistant. De plus en plus…Au-dessus ! Betty leva la tête et vit le moment où son aînée finirait assommée à vie. Elle se rua sur elle et la poussa avec autant de force qu’elle le put. Non seulement elles étaient là par sa faute mais en plus Sixtine allait être blessée ? Elle ne se le serait pas pardonné ! La branche céda.
« Gaaaare ! Sixtine…attentio… !!!! »
Et la branche tomba. De tout son poids. Sur la jambe de Betty qui n’avait pas eu le temps de se dégager à temps. Etalée sur le ventre. Ne bougeant plus. Le temps de quelques secondes. La douleur se réveilla. Sournoisement. Pour finalement se faire lancinante dans tout le corps de la jeune fille qui ouvrit les yeux et cria sur le coup.
« Ouaaaaaaaaah ! Huuuh…huuuh… »
Mal. Douleur. Souffrance. Appelez cela comme vous le voulez. Ça saignait. Pas énormément. Juste assez pour que l’on prenne conscience que ça ne faisait pas du bien. Elle serra les poings et se mordit la lèvre inférieure en fronçant les sourcils. Des larmes perlèrent à nouveau sur ses joues qui se creusaient un peu plus à chaque instant. Avec son pied valide elle flanqua un violent coup dans la branche pour s’en débarrasser. Elle roula sur le dos et s’assit péniblement dos à l’arbre en haletant. Le souffle coupé, elle voyait quelques minces filets de sang écarlate ruisseler sur sa jambe gauche. Elle serra les dents, attrapa le bas de son débardeur et le déchira avec toute la hargne qu’il était possible d’avoir sur cette Terre. Elle s’empressa ensuite de faire du bout de tissu un pansement de fortune bien serré. Elle desserra les dents, haletant avant de se permettre de gémir doucement de soulagement.
« Haaah…haaah… »
Elle regarda Sixtine, pantelante.
« T’as…haaah…t’as rien…su…super… »
Et elle sourit gentiment. Extrêmement docile ce soir, elle était bien fatiguée aussi. Quand Betty accordait sa confiance ce n’était pas pour rien et quand elle offrait son amitié elle savait être loyale et dévouée.
-Je te l’avais bien dit ma chère Betty…It’s not a dream anymore…-
Elle grimaça un instant avant de lever sa tête vers le ciel, le regard rongé par la haine cette fois-ci.
« Eh ! Toi ! La dryade ou je sais pas quoi ! J’sais pas où t’es ni même si t’existes…mais si tu te pointes devant moi tu vas payer ! J’te jure que tu vas payer ! Si tu te montres je te tue ! Pigé ?! Je te détruis ! Compris ?! Alors t’approches pas !!! Et si tu tentes quelque chose contre moi ou…Sixtine…je te massacre à coup de bâtons ! J’me laisserai pas faire !»
Son emportement était sans doute là pour masquer une part de sa peur, de son inquiétude et de sa douleur dans le bas du corps. Elle essuya une larme d’un revers de manche et se leva soudainement en s’agrippant à l’arbre. Pantelante, chancelante, elle manqua de tomber. Solidement accrochée au tronc rugueux, elle déclara alors :
« On va se tirer d’ici vite fait…haah...c’est de ma faute alors je vais trouver ce foutu sentier…»
Titubant, elle se rattrapa soudain à Sixtine qui s’était levée. Fichue jambe partiellement écorchée à vif qui se refusait à lui obéir. Elle grimaça. Des sueurs froides sur tout le corps et sa tête qui semblait peser une tonne. Fiévreuse ? C’était à cause de son accoutrement trop léger. Que faire ? Elle pleura à nouveau, la tête contre l’épaule de Sixtine qui l’empêchait de tomber.
« Pardon…pardon Sixtine… »
Cette forêt c’était l’enfer où vivait l’ombre du démon. Betty se rappela alors les paroles d’une chanson d’un groupe français. Elle tenta de se détacher de Sixtine.
« On va le retrouver coûte que coûte…t’en…t’en…t’en fais pas…je vais chercher… !»
La fièvre persistait, elle aurait presque entendu la voix de la chanteuse :
{Mille et un cris et des prières que tu n’entends pas}
Oui. C’était exactement cela.
{Et cette fois, ne chantons point face à l’adversité} {Contentons nous de n’être point les acteurs de notre propre décadence} {C’est cela qui importe quand l’orage fait fureur}
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Sam 18 Juin - 20:30
Il était une fois...la princesse déchue et le torrent rouge.. Featuring Betty Allen
« Tu dis que tu n'étais pas accompagnée... As-tu été suivie ? »
Après avoir rit doucement, et en prenant la torche, elle prit la parole.
BETTY « Haha…j’avais complètement oublié ça… La nuit dernière…j’arrivais pas à dormir. J’ai pas fermé l’œil. Je suis allée dans le parc, seule. Il devait être aux environs de 2h du mat’… ? J’ai enlevé mes pantoufles et mon châle et j’ai un peu marché jusqu’à ce que j’entende un craquement de branche. J’ai scruté tout le parc. Je me suis tue et vu que ça persistait, je suis partie en courant. »
Sixtine remarqua ses tremblements, autant dans sa voix que dans sa gestuel mais elle décida de ne pas l'interrompre et préféra écouter ce qu'elle avait à dire.
BETTY « J’ai enlevé mes pantoufles et mon châle et j’ai un peu marché jusqu’à ce que j’entende un craquement de branche. J’ai scruté tout le parc. Je me suis tue et vu que ça persistait, je suis partie en courant. J’ai juste eu un peu peur…juste un peu…»
« Juste un peu ? Rien qu'en te regardant, je pourrais t'affirmer le contraire. » Fit-elle avec ironie.
Un silence s'installa. Ce fut à ce moment qu'elle remarqua la présence d'inhabituels craquements de branches autour d'elles. Sixtine avait momentanément cesser d'être sur ses gardes. Mauvaise erreur, puisque les deux jeunes étudiantes, l'une âgée d'un an de plus, se trouvait dans la forêt dites de « maudite ». Forêt également interdite pour les élèves. Et même qu'elle inspirait une peur à une majorité des professeurs de l'école. Un nouveau craquement se fit entendre, cette fois-ci plus persistant. Tandis que Sixtine essayait de raviver le feu de camps improvisé par ses soins, Betty capta la présence anormalement proche du dernier craquement. Immédiatement, elle s'écria :
BETTY « Gaaaare ! Sixtine…attentio… !!!! »
Avant même qu'elle ait pu faire quoi que ce soit, Betty se rua sur elle-même et la bouscula d'une telle brutalité que Sixtine fut projetée à côté. La grosse branche tomba dans un bruit soudain et sourd, mais assez fort pour faire fuir les volatiles nocturnes. Un silence retomba cependant presque immédiatement et Sixtine découvrit en se retournant que Betty l'avait « sauvé » la vie. Si cette branche était tombé de tout son poids sur Sixtine, elle ne s'en serait surement pas sortit vivante, ou alors bien mal en point.
« Betty ! » s'écria-t-elle.
Sixtine se précipita sur elle et vit la plaie.
BETTY « Ouaaaaaaaaah ! Huuuh…huuuh… » Le visage crispé, Betty souffrait. Sixtine, ne sachant pas vraiment quoi faire en de telles circonstances, s'apprêta à déchirer un pan de sa chemise blanche pour arrêter le sang mais Betty s'exécuta avant elle. Elle analysa cependant sa meurtrissure. Bien qu'elle saignait, le flux sanguin n'était pas assez important pour considérer sa blessure de grave.
BETTY « T’as…haaah…t’as rien…su…super… » fit celle-ci, à l'adresse de Sixtine après s'être adosssée contre l'arbre. Sixtine fronça les sourcils et lui dit :
« Moi je vais bien mais on ne peut pas dire la même chose pour toi.. »
Malgré ses propos, Betty souffrait de sa blessure. Puis, c'est en levant les yeux au-dessus d'elle qu'elle s'écria d'une voix forte, empreinte de colère. Sixtine ne put s'empêcher d'y déceler une pointe de peur..
BETTY « Eh ! Toi ! La dryade ou je sais pas quoi ! J’sais pas où t’es ni même si t’existes…mais si tu te pointes devant moi tu vas payer ! J’te jure que tu vas payer ! Si tu te montres je te tue ! Pigé ?! Je te détruis ! Compris ?! Alors t’approches pas !!! Et si tu tentes quelque chose contre moi ou…Sixtine…je te massacre à coup de bâtons ! J’me laisserai pas faire !»
Dans une telle situation, Sixtine était d'abord ahuri. Pourtant, de nature froide et pas du tout impressionnable, les décisions fusaient dans sa tête lors d'un casse-tête ou d'un quelconque problème. Cependant, actuellement, la gravité du problème était bien plus grave. En effet, elles étaient seules, dans la soi-disante forêt maudite. Bien qu'elle savait amplement se défendre, Sixtine n'était pas seule. Pire encore, Betty était à présent blessée à la jambe. Elle détourna le regard vers le haut de l'arbre, elle attendit pour voir si quelque chose allait se passer. Rien.
« Allez viens, je crois que tu lui as assez fais peur comme ça.. » fit Sixtine ironique, pointe d'humour noir dans la voix.
BETTY « On va se tirer d’ici vite fait…haah...c’est de ma faute alors je vais trouver ce foutu sentier…»
Sword se leva à son tour mais lorsque Betty se releva également, elle manqua de tomber. Elle se rattrapa à la jeune fille à la chevelure chatoyante, mais elle éclata soudainement en sanglot.
BETTY « Pardon…pardon Sixtine… »
Cette dernière fronça et les sourcils et lui assena une légère petite tape derrière la tête.
« Ne t'excuse pas Betty. J'ai toujours pensé que s'excuser est une sorte de marque de faiblesse. Du moins lorsque nous n'avons pas de raison à nous excuser. »
Elle s'arrêta et tout en la maintenant debout, elle fit en sorte de se retrouver face à face avec elle.
« Ce n'est pas ta faute.. Enfin si, peut-être (elle esquissa un léger sourire) mais ce que je veux dire c'est que tu n'as pas à t'excuser. Mais si tu y tiens tant, tu as déjà été pardonné en me poussant pour éviter que la branche ne me tombe dessus. »
Elle arbora cette fois-ci un large sourire.
« Je devrais même m'excuser à mon tour pour ce que tu as à la jambe. Après tout, c'est à cause de moi que tu es blessée; si je n'avais pas été là, tu ne te serais pas jetée sur moi pour te branche cette maudite branche à ma place ! Mais je ne m'excuserai pas parce qu'il n'y a pas lieu pour que tu t'excuse ! »
Elle lui fit un clin d'œil amusé, et rit doucement. Ainsi les deux jeunes filles cherchèrent le chemin qui pourrait les ramener. C'est seulement après 20 minutes qu'elles finirent par le trouver. Cependant, dans la chance, les deux jeunes filles eurent (encore) de la malchance puisque elles s'étaient beaucoup éloignés et Betty et Sixtine se trouvaient maintenant à une importante distance d'Aisling. Elles commencèrent à entamer le sentier, un peu plus ragaillardie qu'au début de « l'exploration ». Après quelques minutes de silence, où seul leurs pas se faisait entendre et où la poussière se soulevait à chaque pas difficile de sa jambe meurtrie, Sixtine prit enfin la parole :
« Tu sais, je tiens quand même à te remercier pour ce que tu as fais tout à l'heure. Si j'avais reçu cette branche, je ne suis pas sûre que j'aurais survécu, sinon j'aurais été beaucoup plus mal en point que toi ! »
Reconnaissante était Sixtine. Elle baissa la tête en souriant, et continua cette fois-ci d'une intonation assez ironique :
« Que de chose se sont passés depuis notre première rencontre. Depuis la fin de l'après-midi en fait. Qui aurait cru que la jeune élémentaire dont j'avais croisé le regard au dernier cours de la journée se révèlerait être une chère amie ? Et qui plus est, ma partenaire d'exploration ! »
Sword aperçut dans la pénombre une forme indistincte sur le bas côté. Plus elles s'approchaient, plus cette forme se révélait être un gros rocher. Arrivés à sa hauteur, elle fit :
« Assied-toi là et repose-toi un peu. »
La détentrice du contrôle de feu la laissa s'assoir et se posta debout en face, les mains sur les hanches, regardant de chaque côté, les yeux scrutant les alentours, adoptant en même temps un air combatif. Sur ses gardes à présent, et même si elles étaient enfin sur le sentier, rien n'était moins sûr. Elle soupira cependant de fatigue et d'un mouvement de tête gracieux, enleva une mèche de son front.
« Je suis exténuée.. Qui aurait cru que notre expédition soit aussi fatigante ? »
Expédition n'était pas vraiment le mot, mais après, elles s'en étaient sortis seines et sauves (excepté la jambe de Betty) de la fameuse forêt interdite. Bien que Sword, contre son gré, s'y était déjà aventuré auprès de Bonnie, Clyde et Kyle auparavant. Ayant marre de cette obscurité où seule la Lune pouvait les éclairer, Sixtine décida de faire réapparaître une flamme au creux de sa main, et du fait de son humeur, elle était plus intense cette fois-ci et plus menaçante également.
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Sujet: Re: Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine] Ven 1 Juil - 20:05
Betty Feat. Sixtine
Baby, I’m addicted to loneliness
Une belle soirée en perspective. Au milieu d’arbres aux branches crochues et de bestioles en tout genre qui grouillent un peu partout, j’explore la cave aux échos au fond de mon cœur. Elle se remplit, elle se remplit, peu à peu, pas à pas, petit à petit. Il y fait tout noir dans cette cave inquiétante et je n’ai pas envie d’y mettre le pied. J’ai peur de ce que je vais y trouver car j’avance à l’aveuglette. Il y pleut souvent dans cette cave froide et je n’ai pas envie de m’y endiguer. J’ai peur de ce qui va m’y noyer car je ne saurais pas comment y nager. Il y neige aussi parfois dans cette cave blanche. J’ai peur de ce qui va m’y étouffer car je glisse sur un terrain où affluent les avalanches de sentiments. Alors, en réponse à tout cela, je la ferme à clef cette cave poussiéreuse et je n’y entre sous aucun prétexte. Je préfère de loin ignorer ce qui s’y passe, c’est beaucoup plus simple il faut l’avouer. Oui, moi aussi je suis lâche, oui, moi aussi je suis égoïste, oui, moi aussi je suis humaine. Alors je ferme les yeux sur la poignée de cambrioleurs qui parviennent à en forcer la serrure et je contemple de loin leurs efforts récompensés par leur propre satisfaction. Ils sont ravis, ils me sourient, heureux de s’être évertués à triturer le cadenas invisible qui leur a finalement cédé. Se complaisant dans cette sensation grisante qu’est à leurs yeux la réussite, ils poursuivent leur route et, chemin faisant, forcent de nouveau d’autre cadenas. Je me demande parfois si ce que je pense est réellement ce que je souhaite crier de tout mon cœur. Hurler, à en perdre haleine, tout l’air comprimé dans mes petits poumons. Vous savez, je suffoque et j’aimerais parfois que les autres prennent leurs clics et leurs clacs avant de disparaître définitivement de mon champ de vision.
Il pleut, il grêle, il tempête, aussi bien au milieu de cette forêt que dans ma tête. Toc-Toc, quelqu’un toque incessamment à la petite porte scellée de la cave autrefois vide. Son écho emplit mon corps et je perds le contrôle de ce qui semble être mon enveloppe corporelle. Immatérielle et insaisissable. Sur les pavés du damier. J’écris des silences.
Il était une fois dans un pays fort fort lointain…
Harassée de fatigue, marteler le sol avec son pied, flanquer un coup de poing dans l’arbre le plus proche et déverser son anxiété dans le néant de sa tête.
Pas d’acte de bravoure irraisonné qui tienne, pas de super-héros. De toute façon ça n’existe pas ces êtres de pacotille tout juste bons à poser pour la pub Freedent. Vous en connaissez beaucoup vous de ces hypocrites qui feraient volontiers la une de Paris Match ? Moi non, et je m’en porte bien mieux ainsi. Les super-héros c’est naze, les super-héros c’est rien que des tocards, les super-héros ils te font de l’ombre d’abord, les super-héros ils font la carpette devant les super-méchants dans les coulisses des feuilletons quand y’a personne qui regarde, les super-héros c’est des imposteurs qui profitent de ta crédulité, les super-héros c’est qu’un gros fake qui te fait hurler « WTF ?! » à chaque apparition impromptue. Genre, t’es sous ta douche, et là, tout d’un coup….
//BAAAAM//
-N’aie crainte gente demoiselle, Super-Zéro va te sauver de la noyade !!
[…]
-WTF ?
Oui, c’est exactement cela la vie d’un super héros, et d’ailleurs je n’ai rien à lui envier. Les super-héros c’est des lâches, les super-héros ils vont dans les boîtes de strip-tease, les super-héros c’est des tocards. Déjà dit ? Rien à faire. Les super-héros ils portent les costumes de carnaval de quand ils avaient dix ans d’abord. Même Arlequin il en aurait honte tellement c’est colorful et moulant… Les super-héros ils ont une haleine qui sent la menthe, les super-héros ils sont aussi honnêtes que des hommes politiques qui te promettent tout et n’importe quoi et qui au final font tout le contraire de ce qui était prévu, les super-héros, les super-héros…tout le monde n’a que ce mot-là à la bouche. Les super-héros j’y crois pas. Depuis gamine on me dit que Super-Prince va venir m’enlever sur son cheval blanc et qu’il me protègera de la Super-Douleur. Ouais…ben en attendant ça fait mal. Les super-héros c’est comme la cavalerie, ça arrive toujours quand tout est fini. Héros de mes deux, c’est qu’une arnaque en fin de compte. Rendez-moi ma jambe bande d’enfoirés ! Remboursez, ceci est ma dernière sommation ! Saleté d’illusion qui fait baver les mômes devant leur écran. Passez-leur du « Superman » et les voilà toutes émoustillées.
-Super-Sauve-Tout !, crient-elles en chœur.
-Taisez-vous !, aurais-je envie de répliquer.
Pauvres fillettes niaises abruties par la télévision qui les berce dans ses illusions dangereuses. Je vous le dis, les scénaristes, ils connaissent rien à la vie. Certains iront déposer des fleurs sur la tombe du sauveur de Gotham City…et moi j’aurais plutôt tendance à aller cracher dessus en lâchant :
-Ce sont les lâches qui partent en premier et bien souvent les pieds devant.
Batman c’est pas une chauve-souris, c’est un vampire. Catwoman c’est le bien. Superman il a copié Peter Pan et en plus c’est le directeur de la succursale Tic-Tac qui s’est liée à la multinationale Menthos qui s’est elle-même rattachée à l’entreprise Freedent. Ouais, c’est peut-être pas vrai mais c’est toujours plus réaliste que ses yeux à rayons X non ? Peut-être pas en fin de compte…je contrôle bien les ombres moi…Non mais, quand même…ESPECE DE FAKE MADE IN USA !
Super-Prince je l’attends toujours depuis que j’ai été en âge de comprendre ce que l’on me disait. Betty, 3 ans.
-Ma petite Betty, si tu n’es pas sage…Papa Noël ne passera pas !
-Ze m’en fisse vu que Zuper-Prince il va venir me zauver ! Hihi !
-…Chériiii !! Hahaha ! Tu entends ça ?
[…]
Moi je m’en rappelle très clairement et j’en suis peu fière. Enfin…il fallait bien que jeunesse se passe. Super-Prince…vient guérir ma jambe avant que je ne te renvoie dans ta case à coups de pied au derrière…
-Je suis Barbie et toi tu fais Ken Betty !
-Pourquoi c’est toujours moi Ken d’abord ?
-Parce que t’es brune et que moi je suis blonde !
-Tu veux pas aller demander à Mike ou Steve de jouer avec toi plutôt ?
-Nan, ils veulent pas.
-Ha…ben moi non plus j’veux p…
-Doooonc ! Vu que t’es Ken, oublie pas qu’il est…
-BG
-BG ?
-Beau Gosse. En gros il a une putain de BMW, il est plein aux as, il pose pour Freedent et il fricote avec plein de nanas.
-Aaah non ! Pour lui, y’a que Barbie à ses yeux !
-Faut pas rêver…
-Mais Ken c’est comme un super-héros ! Sans pouvoir certes, mais il a son charme infaillible !
-C’est comment un super-héros pour toi ?
-P-a-r-f-a-i-t ! , m’avait-elle dit avec une pointe de fervente admiration au fond de la voix et des paillettes plein les yeux.
-…A un jour prochain peut-être…salut !
Et je m’étais tirée vite fait sans demander mon reste. 6 ans et déjà la rebelle attitude face aux fakes made in USA. Les gens parfaits ça existe pas et puis tenter d’incarner une telle personne si invraisemblable c’était juste au-dessus de mes forces.
-Et Ken, il embrasse Barbie des fois ?
-Nooooon ! C’est un gentleman !
-Ha…moi j’appelle ça un con…
Et elle était devenue aussi pâle que le marbre du sol du préau de la cour. Limite on aurait cru qu’elle était aussi vide que la carapace d’une tortue qui avait déserté pour rattraper le lièvre de La Fontaine. Saleté de télé…
Après ça, elle était encore revenue à la charge. Coriace la fille, impossible de s’en défaire. Le pire c’est qu’elle comprenait même pas qu’elle m’ennuyait et elle se proclamait ma meilleure amie. Pour moi, elle était plutôt le fake de Barbie… Même le groupe Aqua il aurait songé au suicide après avoir entendu l’interprétation « magistrale » de Barbie Girl de cette gamine... Et puis le ciel il manifestait lui aussi son mécontentement mais en faisant pleuvoir des cordes sur la pauvre blonde qu’on aurait presque pu prendre pour Cosette sur le coup. Je vous le dis, même le simple fait d’aborder le thème des super-héros ça n’apporte jamais rien de bon. Alors, je m’en vais clore ce chapitre en espérant que Super-Prince vienne soigner ma jambe meurtrie. De toute façon…ça ne servirait à rien…Il s’évanouirait rien qu’en la voyant, cet imbécile heureux de la pub Hollywood Chewing-gum. Le pauvre, il n’a jamais dû voir ne serait-ce qu’une seule goutte de sang.
Raiponce je te plains…tu vas encore devoir attendre longtemps avant que le stéréotype imaginaire ne vienne t’extirper de ta tour d’ivoire…
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Reprenons donc où l’histoire s’était arrêtée momentanément et laissez-moi vous guider au mieux à travers les pages de ce livre qui brûlent une à une. Une feuille que l’on tourne. Le bruit crissant d’un papier que l’on froisse. Croyez-moi sur parole, le jeu en vaut cependant la chandelle.
Deux jeunes filles, au milieu de la foule d’arbres muets. Des formes difformes. Sur le bord du sentier de terre. Il faisait noir. On n’y voyait goutte. Le brouillard aurait même pu être de la partie, mais voyez-vous, dans son trop plein de générosité, il avait décidé de laisser un moment de répit aux deux exploratrices. La nature, endormie dans un abasourdissement provoqué par on-ne-savait-quoi, desserra quelque peu l’emprise qu’avaient ses serres sur les demoiselles autrefois inconnues. Ici, avoir un nom importait sans doute peu. Anonymes voilà ce qu’elles étaient. A la lueur de la Lune, le mystère restait entier. Comment rentrer ? Elémentaire mon cher Watson.
-Le sentier il te suffit de trouver-
L’astre de la nuit gardant l’une de ses faces cachée de la vue de tous n’offrait guère de lumière-guide aux successeuses du Petit Poucet.
« Ne t'excuse pas Betty. J'ai toujours pensé que s'excuser est une sorte de marque de faiblesse. Du moins lorsque nous n'avons pas de raison à nous excuser. »
Betty sourit ironiquement et tout en restant cramponnée à cette dernière, elle lui répondit une fois son visage bien en face du sien.
« Haha…Oui tu as raison, c’est complètement stupide… »
Elle pouffa d’amusement.
« D’habitude c’est moi qui tiens ce genre de…haa.. .di…discours… »
Sa respiration se faisait difficile et saccadée, entrecoupée de temps à autre par un halètement, une pause nette au niveau de l’intonation.
« Ce n'est pas ta faute.. Enfin si, peut-être mais ce que je veux dire c'est que tu n'as pas à t'excuser. Mais si tu y tiens tant, tu as déjà été pardonné en me poussant pour éviter que la branche ne me tombe dessus. »
Silence. Quelques secondes de silence puis un sourire de son aînée qui en disait long. What else ?
Betty n’avait jamais eu l’occasion de voir ce genre d’expression sur le visage de Sixtine aussi ne put-elle s’empêcher de penser qu’elle était une jeune femme tout ce qu’il y avait de plus mignonne qui avait, après tout, aussi la capacité d’arborer de tels sourires qui devaient sans aucun doute faire pas mal de ravages auprès de ces messieurs.
« Je devrais même m'excuser à mon tour pour ce que tu as à la jambe. Après tout, c'est à cause de moi que tu es blessée; si je n'avais pas été là, tu ne te serais pas jetée sur moi pour te branche cette maudite branche à ma place ! Mais je ne m'excuserai pas parce qu'il n'y a pas lieu pour que tu t'excuse ! »
Clin d’œil, rire partagé, une fois de plus. La routine sans doute ?
-Dans les bois- -Nous nous sommes perdues- -Dans nos esprits dignes des Rois- -La fortune a reparu- -Fortuna, déesse du destin- -Notre existence demeure entre tes mains-
--Aviiiiis ! Pour les incultes, j’me représente ! Je suis Jiminy Cri… !!—
#Et elle lui a lié pieds et main Avant de lui scotcher la bouche avec du ruban adhésif de première qualité#
*Messire le Criquet Ne vous en faites donc point C’est seulement de vous dont je me ris éperdument*
Et les voilà parties.
Dans un monde noir sans contours.
Forêt, tu restes une hôte fort peu accueillante.
C’est l’heure de notre rendez-vous. C’est l’heure de notre rendez-vous. Les Chapelier Fou est dans les parages. Superman baise avec Barbie.
Le monde tourne rond. Et toi, tu trônes en son centre.
One
Nature, délivre-moi ton secret
Two
Nature, délivre-moi ton parfum
Three
Nature, comme la mer, les embruns
Four
Nature, ton mystère tu te dois de me le délivrer
-One, Two, Three, Four-
Descendons, montons, descendons encore, montons, descendons toujours, montons sans fin entre les racines énormes des troncs de bois. C’est la fête, c’est la fête, et vous avez raté le dernier train pour rentrer.
20 minutes de souffrance, 20 minutes de douleur. Betty avançait. Piégées dans la toile de leur hôte qui les accueillait tout comme Dracula invitait ses convives humains avant de ne faire plus d’eux qu’un unique souvenir venant entacher ses lèvres, toutes deux marchaient droit devant elles, l’aînée soutenant sa cadette qui traînait la patte. Pour le coup, Betty restait à sa place et suivait Sixtine comme un gentil toutou loin de sa maison l’aurait fait. Sa vision était un peu floue, par deux fois elle trébucha et par deux fois elle manqua de finir le nez dans le ruisseau par la faute à Rousseau. D’ailleurs, si elle était tombée par terre, ç’aurait été la faute à Voltaire. Non pas qu’elle tentait de se disculper ou quoi que ce soit, juste qu’elle tentait de se détendre un peu en pensant à de vagues chansons françaises que ses parents avaient un jour découvertes et dont ils s’étaient aussitôt épris. Imaginez un peu la scène. Vos vieux qui chantent comme des casseroles, au milieu de la cuisine d’ailleurs, dans une langue dont vous ne comprenez pas un traître mot et avec une cuillère pour micro. Si vous tenez à rester populaire un tant soit peu, ne prenez pas vos géniteurs pour animateurs à vos soirées, cela vaut mieux croyez-moi. Elle sourit seule à cette pensée et pouffa silencieusement. Ses parents…Ils lui manquaient quand même…Elle ne pensait pas pouvoir leur faire confiance ou quoi que ce soit d’autre, mais ils tenaient cette place particulière dans son cœur. Enfin peut-être. Sans doute. Elle ne savait pas exactement qu’en penser. Le fait était qu’elle pensait à eux en cet instant et cela suffisait amplement à panser la plaie infligée à sa jambe.
« Tu sais, je tiens quand même à te remercier pour ce que tu as fais tout à l'heure. Si j'avais reçu cette branche, je ne suis pas sûre que j'aurais survécu, sinon j'aurais été beaucoup plus mal en point que toi ! »
Betty qui n’avait pas regardé autour d’elle se rendit alors compte qu’elle se trouvait sur un sentier de terre battue. Ah ? Elles avaient fini par retrouver le chemin finalement. Elle se concentra alors sur les paroles de celle qu’elle « admirait » et tourna la tête en sa direction. Première fois qu’on la remerciait de la sorte, elle n’y était aucunement habituée. Ses joues prirent une teinte un peu plus rouge que ce qu’elles étaient déjà à cause de la fièvre. Betty détourna le regard et recommença à regarder où elle mettait les pieds. Et, tout en se cramponnant un peu plus à Sixtine, elle parla d’une voix très basse en esquissant un sourire indiscernable.
« Je t’en prie… »
Mais elle ne dit rien de plus. Elle n’osait pas. Non, elle n’osait pas. Elle n’aimait pas se livrer. Lui avouer : *Je suis heureuse que tu n’aies rien*, c’était trop pour elle.
« Que de chose se sont passés depuis notre première rencontre. Depuis la fin de l'après-midi en fait. Qui aurait cru que la jeune élémentaire dont j'avais croisé le regard au dernier cours de la journée se révèlerait être une chère amie ? Et qui plus est, ma partenaire d'exploration ! »
Elle tourna alors vivement la tête en direction de son interlocutrice pour, au final, regarder à nouveau devant elle, tout en se mordant la lèvre, les joues en feu. « Amie »…
Silence.
Quelques secondes de silence pendant lesquelles elle se tut, se murant dans sa prison aussi bien corporelle que spirituelle. Une forme indistincte se dessinait peu à peu dans le manteau noir de la nuit. Qu’était-ce ?
« Assied-toi là et repose-toi un peu. »
Betty regarda un instant la forme autrefois informe qui se révélait n’être qu’un simple rocher. Elle sautilla quelque peu sur sa jambe valide et se laissa tomber sur la pierre dure et froide qui avait pris les couleurs de la pénombre qui pénétrait les âmes sensibles osant s’aventurer dans ce sanctuaire terrifiant. Mains sur les hanches, Sixtine regardait à droite et à gauche d’un air sûr. Aux aguets, son aînée ressemblait à s’y méprendre à Indiana Jones qui ne craignait pas le moins du monde d’arpenter les falaises inconnues du danger. La brunette esquissa un sourire sans s’en apercevoir pour au final se mettre à rire franchement comme elle ne l’avait jamais fait auparavant. Elle pouffa en mettant sa main devant la bouche, un sourcil plus haut que l’autre. Ses différents soubresauts dus à son état hilare finirent par lui donner le hoquet mais elle ne parvint aucunement à retenir son euphorie passagère.
Se rendant soudain compte de ce qui lui arrivait, elle tenta de sortir quelques mots lucides tant qu’elle le pouvait encore.
« Je…hahaha…ex…excuse-moi…c’est nerveux…pfff…je ne me moque pas….j’oserais pas…j’te jure…mais…hahahaha…pfff…a…attends…je…je me…calme…ok…ok…hic…pff… »
Elle essuya d’un revers de main les quelques larmes qui lui étaient montées aux yeux et regarda Sixtine d’un air amical et attendrissant.
« Là…haha…juste là, on aurait dit Indiana Jones dans toute sa splendeur ! Je ne voulais pas rire, mais le tableau était juste…too much. »
Elle cala ses mains derrière elle sur la pierre réchauffée peu à peu par son propre corps.
« J’espère que tu ne l’as pas pris mal, mais je n’ai vraiment pas pu m’en empêcher pour le coup. »
Elle soupira, son excitation soudaine comme envolée aussitôt qu’elle était apparue. Son visage était serein, pour une fois.
« Je suis exténuée.. Qui aurait cru que notre expédition soit aussi fatigante ? »
Betty passa une main derrière sa tête et se la frotta avant de croiser ses doigts devant elle en regardant son aînée dans les yeux. Son visage arborant alors une expression détendue et calme, elle soupira et parla sur un ton très doux que peu de personnes lui connaissait.
« Je ne sais pas qui aurait pu prévoir que les choses tourneraient ainsi mais quelque part je n’en suis pas mécontente vu que j’ai été capable de te parler. »
Elle rougit aussitôt en se rendant compte de ce qu’elle venait de dire et décroisa ses doigts avant de regarder ailleurs, bafouillant quelque peu.
« Euh…c’est en réponse au mot « amie » de tout à l’heure… »
Elle passa à nouveau une main derrière sa tête en fronçant les sourcils et en tentant de ne pas laisser transparaître sa gêne. Peine perdue.
« Je… »
Elle soupira et en tournant finalement la tête vers Sixtine, prête à lui dire ce qu’elle pensait et donc lui avouer que ça lui faisait plaisir, elle…
« Je…a…a…atchiii ! »
Eternuement. Consternation. Stupeur. Elle avait mal à la tête et ses joues étaient écarlates à souhait. Quelle idée de te mettre en short, ma pauvre ? En même temps…c’était l’été…Elle ne pouvait pas deviner que les choses se termineraient ainsi. Elle essuya d’un revers de main les quelques gouttes de sueur qui perlaient sur son front et reprit contenance.
« … »
Elle baissa les yeux et passa à nouveau une main derrière sa tête.
« Moi non plus je n’aurais pas pensé que tu deviendrais une amie. Mais je suis contente.»
Toute petite voix en provenance d’un tout petit corps avec une toute petite assurance mais au fond un grand cœur lorsqu’on savait y accéder. Elle regarda Sixtine dans les yeux et, pour une fois, elle dit véritablement ce qui traversait son cœur et avec le sourire s’il-vous-plaît.
« Je suis contente que la branche ne te sois pas tombée dessus. »
Sa jambe ? Pour une fois, elle s’en fichait un peu. Oui, enfin peut-être pas à ce point mais, vous savez, décrire ce que ressent cette « jeune adulte » encore gamine ce n’est pas aussi simple que deux et deux font quatre.
« Il faudrait peut-être rentrer non ? On ne va pas passer la nuit ici ? Si… ?
Non pas que cela l’inquiétait, mais l’environnement était des plus hostiles et ne présageait rien de bon.
Craquement sonore. Encore. Mais lointain. Betty se figea.
Elle ne pourrait pas courir bien loin avec sa jambe de toute évidence. Aux aguets, elle attendit que quelque chose se produise, mais rien. Juste le silence incommensurable de cette forêt épaisse qui prenait alors tout son sens tant son ampleur était grande. Elle bougea sa jambe de manière maladroite et effleura par mégarde le pic rocheux sur lequel elle se tenait assise. Elle grimaça sur le moment puis laissa ses traits se détendre un à un.
-What will show up next ? , they say-
Il était une fois..la princesse déchue et le torrent rouge...[PV Sixtine]
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