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 Des acides dans les chewing-gums • Silas

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It's a kind of magic.
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MessageSujet: Des acides dans les chewing-gums • Silas   Sam 5 Mar - 23:18

.
Extasie sous valium,
L'HÉROÏNE DE MES NUITS.



La jeune fille colla son front contre la vitre froide et ferma lentement les yeux.


    « Non mais regarde-toi ! Plus perchée tu meurs j’crois. Tu t’es faite une double injection ou quoi ? Me claque pas entre les doigts hein j’te préviens. Les paperasses à remplir après vont grave me souler. Ah et puis je serai peut-être suspecté de non-assistance à personne en danger et ça ma petite, c’est pas la classe du tout. Hé … Sandy, tu m’écoutes ? »


Et ça recommençait, ça ne s’arrêtait pas. Une voix lointaine lui parlait depuis quelques minutes déjà. Elle était presque certaine que c’était celle de Matthew. Le mot-clé étant presque. En réalité – et en ce moment-même, sa réalité était quelque peu altérée –, elle ne savait même pas où elle se trouvait, trop défoncée pour s’en rappeler. Elle avait le vague souvenir d’être passée au réfectoire puis de s’être retrouvée dans la chambre de son ami pour se défoncer en paix mais elle était quasiment certaine de s’être levée peu après, accompagnée. Oui, cette fois-ci, elle avait peut-être un peu abusée sur la dose. Peut-être, oui. En même temps, cette poudre était de super bonne qualité et elle avait donc mis tout ce qui lui restait. Tout. Ce qui voulait dire qu’il ne lui restait plus rien et à cette simple pensée, son estomac se tordit brutalement ; il n’avait pas envie de se retrouver en état de manque, lui non plus ... La camée grimaça et commença à regretter de s’être fait un shoot si hard, le monde entier tanguait et vacillait mais pas le temps d’apprécier ses heures de défonce parce que maintenant, ce qui lui restait à faire, c’était une tache qu’elle détestait entreprendre, une tache qu’elle devait rapidement accomplir si elle ne voulait pas être en manque. C’était trouver de la came.

C’était trouver Silas.


ME DIS PAS TOI, QUE VIVRE FATIGUE,
QU'ON FAIT QUE S'ÉVADER.
DOIT Y AVOIR AUTRE CHOSE.


Démarche bancale et lente, sourire en coin, gorge sèche, pupilles dilatées à l’extrême, regard rêveur, voilé et ailleurs. C’était le vice, c’était le péché, c’était l’abject ainsi que les relents insipides et psychédéliques qu’ont les gens qu’on ne doit pas côtoyer qui marchait dans les couloirs. C’était moi. Moi et mon héroïne. Des sales gosses, vraiment. L’engeance du mal et des générations ratées. La jeunesse sale et brutale qui vagabonde dans les rues mal famées des quartiers lugubres, tristes et à problèmes. La jeunesse au sourire sardonique, arrogant et supérieur qui court, saute et rit, pour échapper à l’autorité, au droit chemin qui la mènera vers un travail ennuyant et une vie dégoulinante de normalité. Nous on voulait pas de ça, on voulait de l’adrénaline, on voulait choquer, on voulait pas s’ennuyer. On voulait l’héroïne. Aussi fine que le sable des plages tropicales, on voulait l’héroïne. En poignée, on la voulait, en sachet, en pochon, rangée dans l’aluminium, on la voulait par paquets de gramme. On la voulait si fine qu’elle nous glissait entre les doigts, comme de la cendre qu’on attrape dans la paume de sa main mais qui s’échappe car trop délicate. On la voulait, on la désirait comme on désire son amant, son amante. On la désirait si fort, si ardemment qu’on ne parlait que d’elle. Quand on l’a eue, on était si fier. Notre sourire arrogant s’est transformé en un sourire dément, nos éclats de rire explosaient comme une bombe pour aucune raison et on courrait maintenant pour notre dépendance. On adorait ça, on adorait ça.
On adorait tous ça.

Moi, je ne m’en lasse pas. De ces sons, de ces odeurs, de ces sensations. C’est encore plus mortel qu’un trip sous LSD. Ah, putain, c’que c’est bon, c’que c’est jouissif bordel de vivre un truc pareil. L’héroïne, mon héroïne, les yeux fermés je l’arbore avec quiétude, avec détachement et habitude. Elle ne se traine pas derrière moi comme un chien ou une cape qui ramasse peu à peu la poussière des dalles en pierre, je ne la porte pas non plus comme un col de fourrure, comme on arbore fièrement sur ses épaules un renard mort à la mode bourgeoise de l’époque. L’héroïne n’était pas décoration ou faux-semblant. L’héroïne était tout simplement reine et, comme le sang royal, elle courraient dans nos veines.

Moi, je ne m’en lasse pas. De ces regards qui me dévisagent quand je marche. De ces murmures qu’on chuchote quand je passe. Ah, putain, c’que c’est facile de faire claquer sa langue de pute pour une droguée comme moi. Mais on trompe l’ennui d’une existence vide et insipide comme on peut, j’ai choisi l’héroïne comme certain choisissent le cul, la manipulation ou le suicide. J’ai choisi l’héroïne, douce amante de mes nuits, douce compagne de mes jours. Fidèle, elle nous satisfait plus que le sexe et les caresses. Si on devait faire une pub pour elle, on utiliserait le slogan « L’essayer c’est l’adopter ! » avec un de ces mecs passe-partout au sourire charmeur et aux dents blanchies tenant une seringue prête à l’emploi entre ses doigts manucurés. Essayer c’est l’adopter, c’est exactement ça. « Vous verrez, vous ne serez pas déçus ! ». Ah, ça non, impossible que l’héroïne vous déçoive un jour.

Surtout celle de Silas.

Et il était là, ton merveilleux dealeur, celui qui te donnait de quoi faire vibrer ton petit cœur chaque jour, chaque nuit, à n’importe quelle heure, il te donne de quoi tenir. Il avait peut-être la sale habitude de t’enfoncer, d’essayer de t’enterrer sous la honte, sous le misérable du pathétique ; il avait raison, le drogué n’est qu’un drogué, un déchet, sans son dealeur il ne vaut plus rien, c’est lui qui a tout pouvoir. Silas pouvait te faire n’importe quoi, te dire n’importe quoi, tu reviendras toujours vers lui, penaude ou énervée, peut-être, mais incapable de résister à la dépendance que tu éprouves envers ses jolis petits sachets bien remplis de poudre brune ou blanche qu’il te vend.

Il était là, le merveilleux dealeur, le prince pas si charmant et attentionné qui avait troqué sa belle couronne par un chapeau de pirate usé, mainte et mainte fois porté, attendant la princesse pas si prude et pure, accro à l’interdit au lieu des petits caprices. La tour du château avait été remplacée par un bateau pirate et la romantique rose rouge par un pochon d’héroïne qui enverrait la princesse sur les roses et le prince en prison si on découvrait ce petit trafic.

Il était là, le merveilleux petit emmerdeur de première, celui qui n’hésitait pas à utiliser de sa pseudo-suprématie pour te faire plier devant ses quatre volontés. Ah, tellement risible. Toi Sandy, tu fermes ta gueule, parce que t’as pas le choix, mais ça, c’est une excuse de merde. On a toujours le choix. Toi, t’as choisi l’héroïne. T’as choisi de dire oui à ses exigences, à ses caprices, à ses délires à la con et de fermer ta gueule. C’est con, mais tu l’as choisi.
T’as choisi l’héroïne.


    « On dirait un gosse qui a trouvé le coffre à jouets. T’as pas la dégaine d’un dealeur. Enfin ça, tu l’as jamais eue. »


Elle s’était glissée derrière lui, sans un bruit, collant son corps contre le dos du jeune homme. Passant doucereusement ses bras maigres autour de sa taille, elle ne lui laissa pas le temps de répliquer.


    « Mon beau pirate …, lui souffla-t-elle, qu’est-ce que tu m’as ramenée aujourd’hui ? »




merci à Poppy pour la participation de Matthew >D
et puis c'est court pardon ;; et caca mais bon ça, vu que Julia est un caca ... ♥
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MessageSujet: Re: Des acides dans les chewing-gums • Silas   Jeu 17 Mar - 22:13



Certains s'effacent devant leur destin. Moi je le mets aux arrêts de rigueur.
A fond de cale.

    « Ça t’amuse de me faire attendre, Silas ? Avec tes grands yeux innocents et ta dégaine de connard. Tu crois peut-être que t’es le seul sur le marché et que je pourrais pas aller voir ailleurs ? Alors dépêche. Tu veux ton fric et moi ma came. Joue pas les prolongations. C’est maintenant ou jamais. Qu’est-ce que tu choisis ? »

    Je crois qu’à la base je voulais faire le bien autour de moi. Mais ça n’a pas été possible pour deux raisons : parce qu’on m’en a empêché en me refilant une mère camée jusqu’au plus profond de ses veines sur les bras, réclamant de jour comme de nuit sa dose de dépendance et d’incertitudes ; et parce que j’ai abdiqué. J’ai laissé faire. J’ai préféré regarder de loin, spectateur sordide d’un monde qui part en vrille sous l’oseille et les rêves achetés au rabais chez le dealer du coin. Ce sont toujours les gens animés des meilleures intentions qui deviennent des monstres, des mecs pas fréquentables ayant favorisé la connerie à la raison et préférant gagner plusieurs milliers par mois plutôt que quelques centaines en faisant un boulot minable où les gens les traitent comme des sous-merdes. Et c’est compréhensible. Aujourd’hui, rien ne changera, c’est impossible, il est trop tard. On ne peut pas lutter contre un adversaire omniprésent, virtuel et indolore. On ne peut que se laisser bouffer par le système en priant pour être le dernier à se faire dévorer. Parce qu’au fond, faire partie des jeunesses dorées qui se prélassent au soleil et partent pour des destinations paradisiaques, c’est le fantasme de chaque mortel né dans un foyer où un paquet de pâtes relève du luxe.
    Et cette nana, c’était un peu la sacralisation du vice. Un remake de Requiem for a dream avec un bras en plus et de la taule en moins. Elle avait les cheveux trop longs et les yeux cernés à l’extrême, l’air désinhibé et complètement arrachée à la réalité qui l’entoure. Comme si rien d’autre ne comptait. Comme s’il n’y avait que ce manque merdique qui fusait dans tout son corps, torpille extatique au milieu des jurons des artères, des veines et du cœur qui s’emballe toujours plus fort, sous l’action de muscles poussés à l’extrême. Le manque, au fond, c’est un peu comme de la baise en moins agréable. C’est un melting-pot de sensations qui enragent et tournent dans leur cage au milieu des paquets blancs, par grammes, par milligrammes, pour le reste et à jamais, prisonniers d’un tourbillon infernal dans lequel il se plonge avec délice à chaque nouvelle descente.

    Elle est moche. Elle lui fait pitié. Il aimerait tendre la main vers elle, caresser sa joue pour agripper sa chair qui se faisait plus maigre à chaque nouvelle rencontre. Il aurait aimé être son prince charmant capable de la tirer de sa tour d’ivoire, construite avec la poussière des restes de ses soirées et de ses parties de jambes en l’air. Il voudrait lui dire qu’elle est conne à écarter les cuisses pour le premier connard venu juste pour pouvoir se payer sa prochaine dose ; qu’elle n’a plus aucune conscience, ni même plus aucun souvenir parce que tout était déjà bouffé, rogné à l’extrême, avalé dans un dernier soupir par ce qui est et ce qui restera l’amour de sa vie : un sachet de dix grammes glissé entre ses seins. Mais sa bouche reste close, sa langue refuse de s’actionner. Il n’est pas Charmant. Il est un pirate avec son chapeau usé et ses trésors dans les poches.
    Et ses trésors à lui, c’était son cœur à elle, ses poumons et ses bronches, ce qui la faisait tenir pendant quelques jours avant que tout le système vasculaire ne s’affole à nouveau et ne se mette à battre spasmodiquement, pompant le sang à travers les veines et les artères dans l’espoir de récupérer quelques miettes qui auraient pu être laissées derrière. Une minable, comme tant d’autres. Une chienne qui se tortillait à ses pieds en réclamant de quoi estomper le feu qui lui brûlait les entrailles et menaçait de faire exploser ses globes oculaires.
    Et lui il se contente de la regarder, souriant, tendant la main vers ce qui lui permettra d’acquérir son bien. Il aurait bien pris le corps qu’elle lui offrait en vain si elle ne lui avait pas tant rappelé les squelettes que l’on déterre dans les séries policières. Elle lève les yeux, elle attrape ses doigts pour y glisser quelques billets tandis qu’il se penche sur elle pour déposer son précieux sachet.

    « Ce fut un plaisir. »

    Elle repart comme elle est venue. Les yeux scintillant, pensant sûrement à la dose qu’elle va s’envoyer dans un endroit discret. Peut-être qu’elle crèvera d’une overdose. Peut-être qu’elle finira ses jours dans une vieille ruelle sale, au milieu des déchets et avec assez de MST pour faire fuir tous ses clients. Peut-être aussi qu’elle s’en sortira indemne et qu’elle deviendra riche et célèbre. Mais qu’est-ce que ça changera ? Son présent deviendra son passé et ce passé ne bougera jamais. Elle restera figée dans cette image de gamine désorientée et incapable de tenir sans pourrir son cerveau pour l’empêcher de réfléchir. Mais je m'en fous de ma gueule et encore plus de celle des autres. Mon bonheur se résume à balancer quelques mots au hasard et à regarder la pluie tomber avec une clope dans la bouche. C'est là que le bonheur est dégueulasse. Ma vie c'est juste un putain de rituel qui consiste à participer au désespoir des gens et à les regarder sombrer pendant que moi je m’accroche à la bouée. Qu’ils sombrent tous.

    La tête en arrière, assis sur une malle, deux bras se glissèrent autour de sa taille. Un nouveau squelette pour étayer sa journée. Un sourire se glisse sur ses lèvres lorsqu’elle prononce ses mots acidulés. Sandy. Comme toujours. Babayaga la sorcière aurait pu être nommée égérie de Dior face au spectacle qu’elle offrait avec ses poignets maigres et ses côtes qu’il sentait sailler contre son dos. Il se saisit de ses mains pour les glisser dans les siennes avant de tourner la tête vers elle.

    « Et toi, ma pauvre princesse, combien as-tu apporté cette fois ? »

    Et il se retourne complètement, l’emprisonne entre ses jambes, une de ses mains allant se perdre dans ses cheveux tandis que l’autre se faufile sur sa joue. Elle est belle, Sandy. Peu à peu grignotée par sa dépendance, les yeux injectés de sang et les pupilles dévorant l’iris. C’est drôle de la voir sombrer, de sentir qu’elle perd un peu plus pied à chaque nouvelle rencontre. Pendant un temps elle avait voulu montrer de quoi elle était capable en s’essayant à un pseudo sevrage qui n’avait rien donné. Parce que ce n’est pas en clamant haut et fort que rien ne nous est impossible que l’on va forcément pouvoir prouver ses dires. Au final, elle était revenue en rampant, terrassée par les crises et le manque qui torturait son esprit.
    Mais Sandy c’est aussi les dettes impayées qui s’accumulent. Les mains blafardes qui quémandent sans rien donner en retour en priant pour que le ciel ne lui tombe jamais sur la tête, suppliant pour gagner du temps et s’échapper pour finalement revenir en remuant la queue ; brave chien. Alors il n’y a plus rien pour elle au menu. Des mains vides à l’entrée, un baiser désolé au plat principal et un sourire au dessert. Les poches sont désespérément remplies d’air. Pas un gramme pour la jolie princesse.

    « Si tu veux de quoi passer les prochains jours, il va falloir payer. Tout rembourser. Jusqu’au dernier centime. »

    Est-ce qu’il bat là ton misérable cœur ? Ou est-ce que tu l’as déjà jeté à la poubelle pour le remplacer par un organe d’héroïne, relevé d’un soupçon de cocaïne et d’ecstasy pour maintenir la cadence. Est-ce que tout ça, ça s’accélère ? Est-ce que le sang pompe plus vite ? Est-ce que les pupilles se dilatent au maximum, et est-ce que l’inquiétude envahit chaque hémisphère pour voiler tout le reste ? Ça donne quoi, un camé qui peut pas recevoir sa dose quotidienne ?
    Moi j’aimerais bien qu’elle se frappe la tête contre les murs, qu’elle me supplie en se roulant sur le sol, priant silencieusement pour déclencher ma pitié. J’aimerais voir jusqu’où elle est capable d’aller pour quelques grammes. Ce qu’elle est prête à offrir. Son corps, sa vie, son âme, tout ? A quoi tu renoncerais pour satisfaire ce désir égoïste ?

    « Mais je sais que t’es fauchée, alors je veux bien y réfléchir, princesse… Si tu as quelque chose de suffisamment intéressant à m’offrir en retour. »



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