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 God save the Queen [Queen ♥]

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MessageSujet: God save the Queen [Queen ♥]   Mar 15 Fév - 13:54


« Je connais mes limites, c’est pourquoi je vais au-delà. »
Serge Gainsbourg.


    Les rumeurs couraient le long des couloirs, glissaient sur le sol, rampant au milieu des gens comme autant de serpents flasques et visqueux. C’était moche la déchéance d’une reine, mais ça faisait jaser toutes ces barbies refaites jusqu’au bout des seins, ça leur apportait un peu de réconfort dans leur existence merdique : même les plus forts finissent par tomber un jour ou l’autre. On se murmurait tout et n’importe quoi. Des histoires grotesques à celles tragiques d’une femme trompée et déshéritée. On racontait qu’Elizabeth n’était plus rien. Que Queen avait disparu au détour d’un vice, noyée dans sa propre solitude, perdue dans ses incertitudes. La perversité de cette école merdique avait fini par avoir raison de toute sa magnificence et elle s’était dépouillée de sa fierté au profit d’un sale manteau de tristesse qui se collait à elle comme une sangsue s’accroche désespérément à sa proie.
    Quand on lui avait chuchoté ça, il n’avait pas osé y croire. Merde quoi. On parlait de Queen. Pas d’une quelconque catin qui aurait fini à poil dans un caniveau ; princesse déchue au milieu des préservatifs usagés et des mégots de clopes à peine écrasés. C’était Queen. Elle était censée prétendre à la grandeur et dépouiller tous ceux qui n’appliquaient pas les lois qui régissaient son propre monde. Putain, comment pouvait-on arriver aussi bas ? Comment pouvait-on finir le nez collé au macadam de ce monde quand on en avait frôlé les sommets ? C’en était presque dégueulasse. Elle était faible. Faible et lâche. Une autruche qui se terrait dans son coin en attendant que tous les chuchotis de ces pauvres mortels daignent s’estomper pour s’intéresser à un autre cas.
    S’il avait été à sa place, Arthur aurait gueulé, détruit, se serait acharné sur le commanditaire de cette rumeur débile pour lui faire bouffer ses orteils et se confondre en excuses devant lui. Queen, non. Queen était restée muette face aux accusations, silencieuse à son procès, elle avait perdu tout son panache au profit de celui de la pute qui s’était faite tabassée pour avoir couché avec Leif. Et tabassée par qui ? Par Lancelot. C’était quoi cette mauvaise blague ? Le fait que Leif couche avec une autre personne emmerdait Lancelot à ce point ? Où était le côté merveilleux de Leif ? Ce n’était rien de plus qu’un être disgracieux qui se complaisait dans le malheur des autres parce qu’il était incapable de comprendre où se situait la limite de chaque personne. Queen était-elle si naïve ? Si bête et si propice à cette manipulation perverse dont cet être ingrat était capable d’user ? Elle s’était contentée de baisser la tête, de rester indigente et miséreuse, telle une pauvresse

    Ses poings se serrèrent alors que l’un d’eux se leva pour rejoindre le mur, juste à côté de la tête de l’ancienne reine. Avec ses yeux mornes, ses mains qui tremblaient presque et cette attitude de perdante, il était à présent aisé de comprendre pourquoi les élèves se permettaient des attitudes dont autrefois ils auraient eu honte. Queen avait régné sur Aisling. Elle avait gueulé, tempêté, instauré un régime aussi stricte que draconien, tout ça pour finir par baisser les yeux devant tous ceux qui riaient d’elle dans son dos.
    Il ne parvenait à réfréner sa colère. Elle avait été une rivale pour lui, aussi belle que dangereuse. Magnifique dans son indifférence, presque à sa hauteur. Mais là, elle n’était plus rien. Un pauvre caniche apeuré qui courait la queue entre les jambes au moindre problème, fuyant les confrontations. Tout ça pour un pauvre abruti qui n’avait que deux neurones en guise de cervelle et une langue assez aiguisée pour réduire au silence la plus terrible des nanas. Il l’avait toujours haïe. Il lui avait fait les pires crasses possibles parce qu’elle répliquait toujours avec force. Maintenant, sa seule envie à son égard était d’abréger ses souffrances en mettant fin à sa vie. Purement et simplement.
    Mais comme on lui interdisait le crime et que tuer Queen aurait été du gâchis, il avait opté pour une autre solution qui le répugnait tout autant.

    « Tu nous fais quoi là ? T’as décidé de te rabaisser au rang de tous ces abrutis ? D’être au plus bas de l’échelle pour laisser les autres s’essuyer les pieds sur ta tête ? C’est quoi ton problème ? Parce qu’un con t’a lâchée après t’avoir sautée ça te donne le droit de tout laisser tomber ? »

    Elle était chiante, putain. Les nanas étaient toujours source de problèmes. Queen et Amaryllis encore plus que les autres. C’était comme si toutes les meufs de la terre s’étaient passées pour le mot pour changer d’avis toutes les trois minutes et envoyer à la poubelle sans réfléchir une carrière de toute une vie. Parce qu’Elizabeth était née pour diriger. Elle était faite pour ça. Tout comme Arthur était fait pour dominer, elle avait besoin de troupes à assujettir et pour se sentir entière. Pas vrai ? Elle n’avait pas à détourner la tête face à un crétin aussi faiblard et trouillard que Leif. Il lui aurait suffi d’une bonne baffe dans sa petite gueule de mec satisfait de tout pour lui remettre les idées en place. Elle était capable de lui pourrir les années qu’il lui restait à passer à Aisling, alors pourquoi se terrer dans son trou en attendant que ça passe ? La vengeance c’était bien mieux et bien plus excitant que de rester dans l’inaction la plus totale, à se ronger les ongles et en ayant peur de croiser ou d’entendre des paroles de travers.
    Merde, merde, merde.
    Pourquoi vouloir réécrire un psychodrame quand elle était capable de conquérir les gens ? Pourquoi vouloir se contenter d’aussi peu ? Elle comptait se cacher derrière son mutisme et ses grands yeux tristes encore longtemps ?

    « Faut se réveiller ma belle. Le monde n’est pas tout rose, les bisounours ne vivent pas sur des arc-en-ciel et les gars qui commandent actuellement le monde sont tous corrompus jusqu’au bout de leurs chaussures bien lustrées. »

    Il approcha son visage du sien, ses doigts se saisissant de son poignet pour la plaquer contre le mur. Dominer une gamine complètement esseulée comme Elizabeth n’avait rien de bien compliqué. Elle ne répliquait pas, elle écoutait sans parler, sans chercher à formuler la moindre réplique. Une poupée dans une vitrine le jour de Noël attendant son heure, assagie par les multiples conseils du vendeur et dans l’attente d’un enfant qui lui arrachera un œil et lui rasera complètement le crâne. Une gentille petite sage qui tentait de se faire oublier par tous les moyens. A côté d’elle, Amaryllis faisait figure de véritable démon.

    « Tu comptes rester comme ça jusqu’à la fin de ta vie ? Ça te plaît tellement d’être une perdante, de laisser les autres se foutre de ta gueule parce qu’ils savent que, de toute façon, tu n’as pas la force de leur dire de la fermer ? »

    Tout ça pour rien. Tout ça pour quelques événements qui s’étaient mal enchaînés qui n’avaient pas su la satisfaire. Etait-elle incapable de relever la tête ? Sa grande majesté n’avait-elle été qu’une usurpatrice au cours de toutes ses années, régnant sur une cour invisible et hurlant des ordres dans le vide ?
    Ses lèvres allèrent chercher son oreille. C’était moche. Putain, elle était tellement plus qu’une pauvre fille rouée par les coups et par les aléas de son existence.

    « Tu vaux mieux que ça. »

    Murmura-t-il.
    Ca le faisait chier, mais Arthur aussi avait besoin de Queen. Pour avoir une rivale digne de ce nom à affronter dans cette quête du pouvoir. Pour avoir quelqu’un contre qui se mesure, contre qui livrer bataille. Il avait envie de continuer à avancer les pièces de son échiquier en laissant Elizabeth dans la partie.
    Et puis, franchement, Leif n’était rien alors qu’elle, elle pouvait être tout. Et tout c’est un million de fois mieux que rien.

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MessageSujet: Re: God save the Queen [Queen ♥]   Dim 3 Avr - 1:02


Au fil du temps je perds pieds
Je vois les autres s’éloigner
Au fil du temps, je me suis noyée
J’entends les autres se marrer ...



    Au fond, je crois que j’ai toujours eu un peu peur.
    Peut être était ce que je j’avais toujours désiré. Des jours durant j’ai attendu, compté les secondes, les minutes, les heures, armée de la patience dont les princesses perdues se parent. Encore, et encore, j’ai retourné les livres, j’en ai arraché les pages pour essuyer mes larmes, j’ai crié ma frustration. En vain.
    Au fond je crois que je l’ai toujours un peu su.

    J’ai toujours crut que le prince charmant aurait les yeux doux et la voix caressante. J’ai toujours crut qu’il m’offrirait un soleil et les étoiles à la suite, comme ils le chantent dans les histoires d’amour. J’ai toujours crut qu’il m’emporterait, laverait mes blessures, me murmurerait que tout est beau, que tout est tendre, qu’entre ses doigts ressurgirait un passé enfouit, en plus beau.
    Au fond je crois que j’ai toujours un peu oublié.

    Et du fond de mon château déserte je me heurte aux murs de leur indifférence, je survole leur rumeur, je crie, je tempête, j’appelle, je soulève les rideaux, j’apostrophe, mes sujets, je brise mes joyaux, j’arrache les tissus dont Europe me recouvre, j’ajoute une brique au mur de mon silence que les larmes ne parviennent à ronger, et je cherche. Encore, et encore. En vain. Queen est introuvable. Ne reste qu’Elizabeth.
    Au fond, je crois que je l’ai toujours un peu mérité.

    Alors elle me nargue, du fond des miroirs, dans les reflets aqueux de la salle de bain, entre les carreaux des vitres, dans les pupilles des autres, elle étire son sourire grimaçant, elle murmure les paroles de Leif, agite sa couronne brisée, comme un sacrilège, elle danse Elizabeth, comme une plaie trop vive, comme une injure. Et moi je n’en veux pas. Moi je n’en veux pas. Ne reste plus que la chaleur qui ne veux plus rien dire.

    J’ai toujours crut que le prince charmant saurait tout effacer d’un regard.
    J’ai plongé mes yeux dans les siens. Je n’y ai rencontré qu’un orage.
    Au fond, je l’ai toujours su.
    Ma fin à moi elle n’a jamais été écrite.



    .........................
    Alors elle tremble, s’enveloppe dans ses airs de fausse ingénue aux yeux qui se voudraient flammèches, mais ne reflète que le vide de porcelaine qui l’habite. Alors elle tremble, balaie les morceaux épars de la dignité qu’il ne lui reste plus, de toute manière quelle importance ? Alors elle tremble, le fixe de ses airs de chiots perdus, de souveraine déchue, à la recherche d’un mot doux, d’une parole réconfortante qui ne viendra pas, alors elle se sent redescendre, elle sent sa fierté qui s’effrite, celle dont elle ne saura plus se parer, par peur, par dégoût. Alors elle fixe la rage d’Arthur en silence, elle fixe la colère qui crépite dans l’air, elle serre les lèvres, renfloue les larmes qui lui montent aux yeux, renfloue son impuissance et sa peur, la violence de Lancelot plane tel une réminiscence cruelle, et tout serait si simple, un coup, une légère déviation de son poing, et te voila brisée, gamine.

    Car n’était ce pas ce que tu avais toujours crut ? Teintant ton existence des plus belles dorures, t’attendant à voir surgir une foule de fideles, au premier cri éploré de la reine, qui préféreraient finir piétinés sous la rage du monstre, que de voir écorché un seul cheveu de leur souveraine. Te blottissant dans la douceur de cette idée là, dans la tranquillité et la douceur qui t’auraient dut être promis, nichée dans cette passivité qu’était la tienne, tentant de plier la réalité à ta guise. Jusqu'à que celle-ci te revienne à la figure. Ne restent que les rumeurs que tu n’as le courage de défaire. Ne restent que les mots qui teintent à tes oreilles, et que rehaussent les couleurs dont tu te couvres, ne restent que les mots aux sons desquels tu frémis, les douceurs que tu goutes du bout des doigts tout en en sachant la fausseté, la tête que tu redresses au dessus des remous, sans avoir pourtant la force de te tirer hors de l’eau.
    Ne reste que cet unique mot, que le diable blond semble te lance à la figure, tel un reproche.
    Faible.

    Elle baisse la tête sans la relever. Et ce geste là est bien plus humiliant que tout les « oui » du monde.
    Et les mots d’Arthur écorchent, frappent, lacèrent, déchirent, brisent. Qu’il est doux te voir lancé en plein visage tout ce que jusqu'à là tu avais vaguement tenté d’ignorer ne trouves tu pas ?

    Et la colère qui point sous ses paupières baissées, qu’importe, elle voudrait juste que ça s’arrête, qu’il remballe ses mots durs et ses phrases qui claquent, elle voudrait juste fuir une fois encore, et tenter d’oublier une fois encore cette réalité qui lui colle à la peau. Indécise que tu es Liza, engluée entre des illusions qui plus jamais ne te tendront les bras et une rédemption que tu n’as la force ou le courage de saisir.
    Et si tu te battais réellement cette fois ? Et si tu te redressais enfin ?
    Et si tu oubliais les livres ?
    Peut être les reines n’étaient t’elles simplement comme tu l’avais crut.

    -Tu comptes rester comme ça jusqu’à la fin de ta vie ? Ça te plaît tellement d’être une perdante, de laisser les autres se foutre de ta gueule parce qu’ils savent que, de toute façon, tu n’as pas la force de leur dire de la fermer ?

    - Tais … Tais-toi. Lance sa voix vacillante, telle une fuite de trop. T’estimes tu donc si supérieur pour te permettre de me dire ça ?

    Laisse moi partir hurle son regard. Va t’en, oublie moi, hurlent ses pupilles. N’en rajoutes pas, gémissent les muscles de son corps tremblant. Je ne veux pas de cette vérité là.

    - Tu vaux mieux que ça.

    Alors ses yeux se sont ouverts, un peu plus grands, un peu plus perdus. Gamine habituée aux flatteries moelleuses et compliments caressants, elle cherche, fixant d’un air perdu la perche qui lui est tendue. Sans oser la saisir. Sans comprendre. Engluée dans les reproches dont les sons planent encore entre les parois de son crane, frappent, encore et encore.
    Et à présent … que suis-je donc ?

    -Co … comment peux tu savoir cela ?

    ...................


    La foudre a crépité devant mes yeux et frôlé mes joues. Avant que le tonnerre ne me tende les bras.
    Sans que je n’ose y plonger.
    Ma fin à moi elle n’a jamais été écrite.



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