Messages: 59 Date d'inscription: 28/10/2010 Age: 17
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Sujet: Avec mon indéfectible affection, Jude B. ~ Lucie Lun 6 Déc - 23:55
Citation:
J'ai votre peluche en otage. Ne faites pas l'innocente, Lucie Carroll. Je vous attends lundi 16H, aux serres. Si vous appelez la police, je ne donne pas cher de sa peau. A votre place je réfléchirais bien avant de me poser un lapin. Sachez que mon gourou vous ferait frémir bien plus que la sentence de Discord.
Avec mon indéfectible affection, Arsène Lapin.
Jude est un voleur. Jude est un voleur roux aussi crédible qu'un orteil. Pourtant il a volé quelque chose de si précieux. Il n'a pas volé le Saint Graal, n'a pas détourné la Joconde, ne s'est pas immiscé dans l'esprit de Barack Obama pour lui extirper les secrets profonds de l'Amérique, n'a pas dérobé la pierre philosophale pour ressusciter Staline, n'a aucun cas chapardé les sous vêtements du président. Pourtant Jude a volé une chose bien précieuse. Pour Elle. Jude lui a volé un baiser. A Lucie. Night, la frigide succube qui vous tente pour mieux vous repousser, une chaîne spirituelle entravant son corps, barrant le vôtre. Ne me touche pas. Elle répète ces quelques mots comme une leçon trop bien apprise. Ne me touche pas. Jolie litanie que tu récites là. Ne me touche pas. Ce jour là pourtant tu as autorisé tes lèvres à toucher celle de Jude. Ne me touche pas. Qui t'a donc appris cette mélodieuse poésie ?
Ô douce Lucie. Es tu à plaindre ? Les jumeaux pour palier leur ennui, un jour, t'ont choisi, victime ignorante d'un jeu qu'ils appelèrent "fondue savoyarde" . Le jeu est simple, le jeu est cruel. Trouver une jolie poupée, lui brosser les cheveux puis lui tirer, sans réelle logique, dans un ordre aléatoire, jusqu'à ce que la poupée n'ait plus sur son jolie crâne qu'un seul cheveux. Choisir une personne. La briser. Jude te connaissait déjà jolie enfant mais William ne demandait qu'à te connaître. Lucie se pare de tissus chatoyants, outranciers de sensualité, dans de larges kimonos découvrant son buste et ses chevilles. Elle ne demande que votre regard mais affirme l'opposé. Lucie est contradiction. Le défi est ardu, le jeu compliqué. Une personne à l'opposé de la victime de leur premier jeu; Sarah était à naïveté ce que Lucie est à méfiance. Oui Lucie les hommes sont fourbes, menteurs et cruels, nous te le prouveront. Ainsi les autres paraitront-ils à tes yeux plus doux que ces jumeaux là ? Au fond les jumeaux n'aspirent qu'à changer les personnalités qu'ils exècrent, même si leurs outils sont perfides. Il y a sous leur manière quelque chose comme de la bonté mêlé a un instinct de... Sadisme ? Le mot semble... juste. Un jour peut-être Sarah les remerciera de l'amputation précoce de cette naïveté dont on aurait si facilement abusé. Ô oui, les jumeaux en sont persuadés.
16H02. Aux serres. Jude aperçoit la chevelure de jais de Lucie. Il sourit. Il savait qu'elle viendrait, elle serait sûrement intriguée, peut-être en colère, certainement méfiante. Ô Lucie, as-tu ramené la batte ? Ô Lucie, sortiras-tu tes griffes pour lui déchirer la chair comme lui a essayé de te broyer le coeur ? Ô Lucie, donneras-tu vie aux mots " grands blacks mesurant 1 mètre 96 très féroces" ? Ô Lucie, crois tu vraiment que Jude est peur? Il voudrait tant que tu le frappes, que tu lui érafles le dos, déchirant sa peau de tes ongles féminins, que tu martèles de tes poings cette chair impure et par dessus tout, que tu le mordes, le mordes jusqu'au sang, et sentir la douleur de tes crocs sur sa peau. Il le voudrait tant car ton contact est si doux. Ô oui Lucie touche le, il en redemande. Il y a seulement cette barrière qui a ce si joli nom : William. Le perfide s'approche lentement de la demoiselle qui lui tourne le dos, effleure de ses doigts ses longs cheveux . Il pourrait. Il pourrait d'un geste, transformer ces longs fils bruns en une eau ébène, qui coulerait lentement dans le dos de Lucie, il pourrait regarder couler les gouttelettes lugubres le long de son échine comme on observe le chef d'oeuvre de la destruction. Il pourrait gouter à la liqueur, pour goûter un peu de Lucie, à cette même destruction. Le goût ne serait qu'un vague parfum de shampoing. De quel arôme, Jude aimerait le savoir. Il parierait sur le gout amère du pamplemousse mêlé à un brin de vanille. Lucie, assortirais-tu ta propre saveur à celle de ta chevelure ? Jude réalisa qu'en réalité la fonte lui était impossible. Seul l'alliance de son frère lui permettait de manier le don convenablement, douce ironie du sort qui voulut que la dépendance se face au sein même d'un pouvoir qu'ils n'avaient jamais souhaité. Jude regarda à sa gauche, son frère n'y était pas, comme convenu. Un sourire s'échappa et l'angoisse de la liberté tambourina sur ses tempes.
" Ne serait ce pas cela que tu cherches Lucie ?"
Jude s'est déplacé. Il fait maintenant face à la demoiselle. Son bras se tend, mettant devant les yeux de Lucie une peluche, sa peluche. Jude sourit, un sourire dont on ne serait dire s'il fut tendre ou joueur; une spécialité des jumeaux. Etre flou est tout un art, rendre abstrait jusqu'à l'essence même d'une expression faciale, rendre abstrait d'ailleurs toutes les autres expressions, de façon à ce que personne ne put déceler la vérité. Parce que la vérité est aussi laide que le mensonge. Rien n'est beau. A part peut-être Lucie. Et William. Le roux approche l'objet de son visage, le scrute. La chose entre ces doigts semblent ironie face à la frigide créature. Quelle est donc la valeur sentimentale que Lucie apporte à cette banale peluche ? Peluche en forme de chat comme les enfants chinois en fabriquent à la chaîne par centaine, l'usure du temps l'a marqué, de son pelage est partit quelques poils blancs, une oreille décousu, cicatrice très récente. Il faut bien avouer que la chose est attachante. Et d'une banalité ennuyeuse.
" Désolé pour son oreille, elle s'est décousue. Ou peut-être l'ai-je arrachée. Parce que je voulais un souvenir de toi. Ou peut-être parce que je suis cruel. A toi de choisir."
Jude est un menteur. Il n' a jamais fait une telle chose. J'appelle à la barre le vraie coupable : William Aaron Pierre Bloom. William s'était énervé, détournant sa vengeance sur le petit animal. Ô William, l'imprévisible bête, le tranchant bourreau, avait senti le doute dans l'esprit de Jude. Un joli doute qui avait la peau aussi blanche qu'elle n'avait les cheveux noir, un doute en forme de contradiction, un doute qui avait pris la couleur de la Nuit. William n'exprimait rien par des paroles, il trouvait les mots vains et vilains, ses paroles étaient aussi vides que ses pensées étaient aboutis, mais il savait, il savait que quoiqu'il fasse Jude le comprendrait. Alors à défaut de parler, il agissait. Ainsi l'oreille fut arraché, devant les yeux de Jude, qui n'avait pas vu venir l'action. Jude s'était levé, il allait gifler son frère, de ce bras fort, de ce bras vif, de ce bras copie de celui de William. Alors il avait baisse ce bras, étreins son frère et glissé à ses oreilles " Juste nous deux".
" Dis Sunny Day, m'évites tu ? "
Ô Lucie. Toi qu'on surnomme Night. Les jumeaux ne se sont jamais résolus à t'appeler ainsi. Pour eux, tu resteras " Sunny Day". Si William ne voit là qu'un moyen autant d'affirmer sa différence que de jouer avec cette belle ironie, Jude sait voir en toi la chaleur de ta chair et le rouge qui la pare de cette barrière invisible que tes doigts fins ont tracés autour de toi.
Ne me touche pas. Par pitié. Car je vais défaillir.
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Sujet: Re: Avec mon indéfectible affection, Jude B. ~ Lucie Lun 24 Jan - 4:52
Tu peux me lyncher pour le retard. Et me relyncher ensuite pour l’emotitude de ce post. .__.
Prends mes soupirs donne moi des larmes A trop mourir on pose les armes Respire encore mon doux mensonge Que sous ton souffle le temps s'allonge (Aaron)
Parait que ca s’installe comme une gangrène. Que lorsque les yeux s’ouvrent un matin tout est différent, et pareil à la fois. Parait que tout est aussi vide, et un peu plus peuplé, un peu plus doux et un peu plus cruel, un peu plus paradoxal, un peu plus contradictoire. Un peu plus sans issue. Parait que le bonheur a arraché son dernier sourire, que la honte a défiguré son visage impassible, dont les courbes se font pourtant un peu plus tendres. Parait que les premiers fragments s’écaillent, tombent, de ceux qu’ils arracheront par poignées, leurs ongles lacérant ses joues, avant de les recoller à coups de gestes tentateurs, d’en refermer les fissures au rythme des mots qui bercent. Parait que tout est un peu plus vide. Un peu inévitable. Un peu plus douloureux.
Parait qu’il a suffit d’une perte, d’un bout de chair tendu, et voila ton cœur arraché à la suite. Et la honte qui s’installe, cruelle insinuatrice, qui baisse ses yeux lorsque ses regards croisent ceux des autres, imprime ses joues d’une rougeur que la poudre masque, étouffe les cris, relâche l’acide. Parait que rien n’a changé. Parait que c’est ainsi. Ce n’est pas pour ce genre de petites morts que la Terre s’arrêtera de tourner. Et imposture, hurle la honte à chacun de ses pas, imposture, imposture, mensonge, quelque chose s’est brisé, quelque chose s’est perdu, imposture, imposture, elle n’est plus le divin tableau que ses pas dépeignent. Sans doute ne l’a t’elle jamais été, gamine que le doute tiraille, que le désir idiot perd, catin, catin, hurlent chacun de ses pas, catin, lorsque leurs yeux te regardent, catin au milieu de cette vie tourbillonnante, tandis que le doute te ronge, chaque regard que l’on te lance se fait supplice, imposture, imposture, elle est toujours la même, elle ne le redeviendra jamais, et eux savent-ils, le sauront-ils jamais, sont ce des murmures insidieux que l’on chuchote sur son passage, finissant d’apposer cette sourire que tu as sut accueillir? Blasphème, murmurent les voix dans sa tète, tu t’es perdue tendre idiote, pauvre idiote qui n’a su choisir. Amoureuse d’une illusion. Quelle ironie.
Et c’est une triste réalité qui prend, une vérité un peu trop lourde que les paupières chassent d’un papillonnement trop brusque, un poids de plus qui s’incruste, bien ancré dans la chair, et à présent qu’est tu donc ma douce, que reste t’il à perdre, si ce n’est la haine qui tourbillonne, la rage douloureuse, lorsque tes pas calculés à la hâte évitent les leurs, lorsque tes yeux les fuient, et voit donc la réalité qui te poursuit douce enfant, vois donc tes vices arrachés, de ceux que tu ne pourras plus enfouir, de ceux que tu ne peux plus fuir. Toujours seront-ils là pour te le rappeler. T’inonder de mots caressants, te perdre encore un peu, se noyant dans le divin plaisir de te laisser encore un peu entrevoir tes faiblesses, tes pertes. Tels les plus grands sculpteurs, soulevant les vides qui t’entourent pour ne que mieux te monter ce que tu as fait de toi.
Parait que ca s’installe telle une gangrène. Que la honte taillade, que la chair hurle à la trahison, pourtant leur visage est toujours là, deux corps qui ne font qu’un, qui te narguent, qui te perdent, ils ne sont qu’Un. Illusion. Destruction. Elle s’est installée là, juste sous le cœur, a enflé aux fils des coups, des sourires, des paroles, en a comprimé les battements, arraché des lambeaux. Elle a envahit ses pensées, celle ses lèvres, fermé ses paupières, murmuré des “catins” au creux de ses oreilles, aussi doux que des “je t’aime.” Elle a tout dévoré.
Car n’est ce pas cela que tu désirais, tendre idiote? Etre un monde, de celle dont on murmure le nom le soir à travers les draps, de celle dont les regards ne se détachent, de celle dont on guide les pas, perte ou salvation qu’importe, tu ne veux que douceur, tu ne veux que tendresse. Tu ne veux qu’exister. Alors elle est venue. Elle a serré le mot entre ses mains crispées, s’est mordue les lèvres avec rage, a ravalé l’acide, a scellé les larmes, la peur qui tourbillonne, et la honte, ridicule, infantile, comment a t’il put savoir, et c’est une autre part de son âme qu’il a volé là, comment a t’il osé? Peluche banale, usée, qu’elle garde contre elle les nuits de solitude, banal jouet, dernier reste de son enfance, d’un amour consumé, lorsqu’elle serre celle ci contre son corps, la tête contre sa douceur caressante, une banale peluche, de celles auxquelles les doigts nostalgiques s’accrochent, comme le naufragé au radeau, de ces petites hontes qu’on enterre au fond d’une chambre, de ces fuites idiotes qui ne devraient être.
Elle sait qu’elle ne devrait pourtant. Détourner les pas qui la mènent vers la rencontre fatidique, s’envelopper du voile de fierté qu’elle sait si bien feindre, celui que les trop nombreuses utilisations ont achevé d’user, s’en aller, abandonner. Pour ne pas se perdre. Elle avance pourtant, les images du lapin au creux de la tête, elle ne peut le laisser, pas comme ca, pas avec eux. Si seulement l’excuse était suffisante.
-Ne serait ce pas cela que tu cherches Lucie ?
Elle grimace tandis que la voix bien trop reconnaissable l’accueille. Ses lèvres se serrent, le cœur tambourine, ses mains ne se lèveront pourtant pas pour saisir l’objet qu’il agite sous son visage, elle ne se rabaissera à de tels enfantillages, et la rage impuissante qui submerge tandis qu’elle aperçoit l’oreille arrachée. Silence.
-Désolé pour son oreille, elle s'est décousue. Ou peut-être l'ai-je arrachée. Parce que je voulais un souvenir de toi. Ou peut-être parce que je suis cruel. A toi de choisir.
Tais-toi. Tais toi, tais toi, tais toi. Tais toi, hurlent les mots dans sa tête, tais toi, plutôt que de détruire, plutôt que de me narguer, tais toi, et c’est si simple n’est pas, d’afficher un sourire condensant que l’ironie teinte, d’arracher, de piétiner, encore et encore, de m’agiter cette odieuse verite au nez, tais toi hurlent les mots qui ne franchiront le seuil de ses lèvres, tais toi. Evidemment que tu n’aurais dut venir, ma douce, tu le savais bien, et la colère qui te submerge face à la peluche mutilée, et voila un petit bout de toi en moins. Mais peut être n’y a t’il que ce genre de pertes pour te rendre plus réelle.
-Dis Sunny Day, m'évites tu ?
La gifle a claqué contre son visage. Un peu trop fort, un peu trop vite, un peu trop irréfléchie, symbole de sa faiblesse et de sa perte. Imbécile. Ce n’est pas ainsi que tu te sortiras de ce jeu la.
-Tu me dégoutes., murmure t’elle tandis qu’elle se recule d’un pas, corps crispé, visage renfermé, fermez toutes les vannes, je ne veux plus rien ressentir, je ne veux plus être atteinte.
Parait que ca s’installe comme une gangrène. Que cela ronge tout jusqu’a ce que ne reste que lambeaux, qu’un muscle palpitant, sans vie, sans fonction. Parait que rien ne change. Que tout est différent. Que ce ne sont ses ongles griffant son visage, ses cris de colère ou son silence qui arracheront cette sensation. Lucie aussi est une menteuse.
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Sujet: Re: Avec mon indéfectible affection, Jude B. ~ Lucie Jeu 3 Mar - 21:40
Ecorcher mon visage. Ecorcher mes genoux. Ecorcher mon ptit coeur tout mou. Bousiller mes godasses. Bousiller sur la route.
La claque a claqué, sonore.
-Tu me dégoutes.
La claque a claqué, murmuré. Le dégout, le mot est fort. Ne mens pas Jude il t'a coupé le souffle. Tu ne t'y attendais pas. Créature étonnante, succube déroutante. Et tu souris. Parce qu'elle se crispe, recule, s'angoisse et perd pied, qu'elle a montré trop de faiblesse dans cette parole brève et ce geste trop brusque, tu la sens au creux de ta main, comme dans un étau, que tu serres petit à petit, pour mieux étouffer la bête. Comme un enfant qui attraperait un insecte. Papillon prisonnier, bourreau fasciné. Parce que c'est faux, elle ment, tu le sais, tu le doutes. Sinon elle ne serait pas là. Parce qu'elle t'a troublé, réponse sèche, aussi sèche que la commissure de ses lèvres. Lèvres carmins, aussi rouge que les tissus dansants sur son corps.Et tes mains tremblent. Pour les mêmes raisons. Et tu souris pourriture, à t'en fendre les yeux.
- Qui te dégoute ? Est ce William ou est-ce Jude ? Sais tu au moins à qui tu parles ?
Ô déroutante Lucie, Qu'as tu donc à répondre ? Deux choix. Pas une centaine, ni des milliards. Juste deux. Jude. Ou William. Le truand. Ou la brute. La même rousseur, la même voix mielleuse, la même sourire narquois et le même jeu. Ce jeu, rien que pour toi. Et tu ne sais répondre à cette seule question. Alors qu'ils t'ont inventé un jolie jeu cruelle, injecté cette douceur empoisonnée, volé un baiser et violer ton âme. Vraiment tu n'es pas reconnaissante vilaine fille. Sais tu la difficulté de te dérober la chat mutilé ? Le fourbe s'était bien caché, aux confins de ta chambre, de par cet étage, interdit à ces mâles qui de punition, seraient sûrement castré. Sais tu combien ont-ils du débourser pour corrompre la nymphette qui passait de par leur étage ? A oui, tu ne sais pas cela non plus. Jude n'attend pas longtemps ta réponse, il cambre le dos, arque l'échine, visage penché sur le tien.
- Tu me dégoutes.
Paraît que ça s'installe comme un logiciel, qu'il suffit de cliquer sur oui, que les paramètres sont à définir et que pour le faire disparaître, seule suffit de le désinstaller. La perfidie. Le logicielle vicieux de ce siècle, pire que FIFA.
Jude est tout près du visage de Lucie, neutre d'expression à présent, bourreau factice. Et comédien. Parce que. Il scrute son visage, pour tenter d'y déceler une chose, juste une seule. Mais quoi ? Ne sait-il même pas lui même. Il se dit qu'elle ne ressemble pas à Sarah, peut-être est-elle plus belle. Plus dangereuse. Ses lèvres. Les arracher. Les chérir. Ses yeux. Les liquéfier. Les caresser. Que veut-il ? Alors il pense à William. Que fait-il maintenant ? Il doit se déchaîner; comme les soirs où il est seule, sur ce bon vieux Francky, cette peluche grasse d'ours. Oh oui Lucie, les jumeaux aussi ont une peluche. Bien plus mutilé que la tienne à présent.
Ne me touche pas par pitié. Ou je te grifferais la peau.
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InvitéInvité
Sujet: Re: Avec mon indéfectible affection, Jude B. ~ Lucie Sam 12 Mar - 5:52
Bousiller les miettes de nous …
Et vois tu donc comme j’en crève? Et vois tu donc comme ça me submerge, m’emporte, me dévore, vois tu donc comme ça déborde, pas ma bouche, mes yeux, les moindres pores de ma peau, vois tu donc comme ça suinte, poisseux, collant, d’égueulasse, vois tu donc comment ça colle aux moindres creux de ma carcasse, vois tu donc comme c’est sale, vois tu donc comme ça colle, vois tu donc comme je rêve de tes les cracher, de te les gerber à la figure, dans l’espoir d’asperger ton visage de cette mort qui me recouvre ? Les vois tu donc qui palpitent, qui hurlent sous le couvert de mon regard qui fuit ? Sauras tu les deviner, les toucher du doigt, les saisir comme pour mieux les déchirer, agrandir un peu la plaie béante qu’ils ne cessent de creuser, sauras tu plonger tes doigts dans cette blessure là qu’ils ouvrent, sauras tu appuyer, plus fort, plus fort, jusqu'à ce que j’en hurle, que je me cambre, jusqu’à que je sombre ? Que je succombe. Si je ne l’ai déjà fait. Et toi, sauras tu donc les voir ?
Ouvrir un peu ses yeux là que la cruauté et l’ombre d’un frère voilent, car qu’es tu sans lui si ce n’est qu’une ombre mutilée tentant vainement d’échapper à l’attraction de son propriétaire ? Qu’es tu, si ce n’est qu’un bout de chair, un autre visage qui se répète à l’infini ? Quelle place a tu donc dans un cœur qui ne sait même pas te reconnaitre ? Oh ferme donc les yeux. Teintons ensemble la fin de l’histoire de nos rires jaunes. On ferme donc les yeux. Ne regardes pas les miens, ils pourraient bien te bruler les rétines. Oh ferme donc les yeux. Les sentiments sont déjà loin.
- Qui te dégoute ? Est ce William ou est-ce Jude ? Sais-tu au moins à qui tu parles ?
La phrase a claqué dans l’air comme une inaltérable vérité. La phrase a claqué dans l’air, oh tu aurais prié pour qu’il ne dise pas ses mots là, ne saisisse pas cette phrase là qui avait flotté entre vos deux corps, comme en suspend, comme en sursis, tu aurais prié pour qu’il ne saisisse pas cette perche là, tu les aurais arrachés du fond de sa gorge, des tréfonds de son esprit, tu les aurais piétinés, détruits … Oubliés. Il n’y a de plus durs mots que ceux que l’on ne veut entendre.
Trop tard, la gifle est lancée, trop tard, retour à l’envoyeur, et la rougeur sur tes joues vient se mêler à la sienne. Trop tard. Trop tard. Trop tard, tandis que tes lèvres se crispent, dans l’air flottent les mots que tu ne sauras jamais dire, dans l’air flottent les morceaux d’amour et de haine épars, dans l’air flotte ta honte, ta perdition et ta rancœur, dans l’air flotte l’acide qui te noie le cœur, dans l'air flottent les injures, les mots que l'on crie, que l'on jette, a defaut de savoir que dire. Peut être est ce un « je t’aime » qui chevauche lamentablement la carcasse désarticulée d’un « va t’en » que dans un élan de rage elle a jeté à terre, peut être est ce un « je te hais » que doucement le vent recolle et soulève, avant de porter à leur oreilles, peut être sont ce des murmures d’amour dont les miettes gisent à terre et que ses pieds foulent, plus fort, plus fort, comme pour enterrer, comme pour oublier, enfouir un peu plus profond la honte qu’il sait pourtant si bien faire ressurgir, peut être est ce un « ne pars pas » qui claque comme un coup de tonnerre au loin, syllabes dénaturées qui entaillent ses lèvres, qui écorchent le reste de sa bouche. Ou peut être n’est ce qu’un silence. N’est pas tout ce que vous méritez ?
-Tu es …
Et plutôt se détruire, se dévorer à coup de dents, à coups de maux, de mots denaturés, plutôt se détruire, s’entredéchirer à s’en casser les dents, dans l’espoir d’arracher un petit morceau de l’autre au passage, et ira tu donc les déposer à ses pieds, les lèvres de Lucie que les tiennes ont si bien sut saisir, les dévorera tu à grands coups de rage, lui arrachera tu ses rouges de poupée pour des carmins sanguinolents, celui qu'elle a peut etre mis pour toi, pour t'insulter de ses moues de cocotte, ou te jeter aux yeux la sensualite de ses blessures ? La feras tu martyre, comme pour accentuer la pâleur de ses joues, rendre plus réelles les plaies dont elle se pare, creuser les vides de sa chair de vestale enfuie, t’enfoncer plus profond dans l’abime de ses yeux, sauras tu la rendre crasse, déchirée, la feras tu fillette au cœur brisée comme la jolie Sarah, ou femme outrée, prostrée dans sa déchéance ? La feras tu plus humaine que tu ne l’as déjà rendue ?
-Tu es …
Trop tard, sa voix s’est élevé, trop tard, hurlent ses mots qui butent, se cognent, s’entrechoquent, au creux de la gorge, trop tard hurlent les cordes vocales qui se bloquent. La voix a tremblé. Un peu trop. Un nom. Un essai, une chance sur deux, deux syllabes qu’il suffirait de lancer et le destin en serait joué. Avant d’avouer sa perdition.
-…une ordure.
Car tu l’as trop bien sentit n’est ce pas ? Ce n’est pas toi qu’elle aime, ce n’est pas pour lui que son cœur palpite, ce n’est pas un nom qui hante ses nuits et ses jours mêlés, ce n’est pas un nom qu’elle éructe, crache, murmure, ce n’est pas un nom qui colle inlassablement à sa langue comme le pire des parasites. Ne restent que deux visages. Qui ne font qu’un.
Et voila donc ton unique vérité catin dépravée, et qu’ils jettent donc ta carcasse flétrie aux chiens, tu ne vaux pas mieux que cela, Cupidon s’est bien joué de toi tendre imbécile, et qu’ils riraient donc s’ils savaient, qu’ils t’écorcheraient, t’arracheraient les yeux et le cœur de leur mots qui blâment sans comprendre, la hautaine Lucie perdue pour un jeu. Amoureuse d’une illusion, la froide enfant qu’un zeste de douceur enflamme. Catin. Tendrement tu m’immoles.
-Et le reste ... Je. M’en. Moque.
Tu as détaché les syllabes, les yeux plongés dans les siens, comme pour soutenir ce regard qui te scrute. Et oublier un instant un cœur qui flambe. Un monstre peut-il avoir deux visages ?
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Sujet: Re: Avec mon indéfectible affection, Jude B. ~ Lucie Mer 27 Avr - 18:54
Lucie mais qui est-ce qui m'oblige?
-Tu es …
Hésitation. Deux mots. Choisis! Ou va crever.
-Tu es …
Tu lui souris du mieux que tu le peux. Ton visage si près du sien. Essaies-tu de l'encourager? La déstabiliser ? Ou simplement sourire pour le fait de sourire, devant ces yeux ébènes qui tentent de soutenir ton regard de tortionnaire? Le nom qu'elle te jettera à la figure, s'il s'avère que c'est le tien, que feras-tu? Une idée se dessine dans ta pensée sournoise. Jude, si elle le dit, le clame, le proclame, les yeux dans les yeux, si elle hurle ce nom, ton nom, pas celui que tu partages, oh oui, si elle le hurle avec toute la conviction de ce monde, abandonneras-tu ? Abandonner le jeu, perdre la raison, enlever la succube, quitter l'école, partir loin, en Amérique, élever des boeufs au Texas, l'obliger à t'épouser, te faire trois gosses, deux garçons, Willie et Jérémie, et une fille, Lucette, et vieillir au creux de son kimono carmin. Tout près de ses lèvres de miel. Apprendre la mort de ton frère, tomber dans l'alcoolisme. Apprendre la mort de ta succube, te pendre. Ta volonté faiblit. Ce kimono carmin s'y te pouvait t'y lover, tout contre son petit corps gracile. Et dormir. Sans aucun miroir qui t'attendrait au réveil pour t'y renvoyer ta propre faiblesse. Mais. Si ce fut ce mot, ses trois lettres de trop, tu continues.
-…une ordure.
Petite joueuse. Clignement de paupière. Petite joueuse. Plus de sourire, plus d'encouragement. Petite joueuse. Oh et puis, après tout. Tu souris encore, en hommage à ta victoire et à sa lâcheté. Tu décides même de sourire à t'en fendre les oreilles. " Et toi une lâche. On fait bien la paire hein ? De vraies fourbes que nous sommes " aurait tu murmuré si elle t'en avait laissé le temps.
-Et le reste ... Je. M’en. Moque.
Tes poils se hérissent. Mots séparés, comme si elle eut voulu que chacun te pince avant que le final te poignarde. Tu te sens chat qu'on a trop souvent caressé dans un sens sournois. Tu te sens chat dont on s'obstine à faire prendre des bain. Et chaque jour durant, ce chat obèse, qui en réalité n'est que l'addition de deux chats fins, se fait malmené par ces sales garnements. Les mioches, ce sont les autres. Les mioches ce sont les gens. Jude, Jude, Jude, tu lèves ton visage violemment, mettant une distance entre ce kimono carmin et toi.
- Tu t'en moques ? TU T EN MOQUES ? TU T EN MOQUES ?
Les mots sont trop hauts, trop forts. On appelle ça de la colère. Tu enrages. Tu cries. Explosion. BOUM BOUM. Grenade sans couvercle, que détruiras tu ? BOUM BOUM .Ô Lucie, elle aurait pu dire ton nom. Elle aurait pu. Il fallait deviner. Tu n'en demandais pas plus. Enfin ça c'est un mensonge, tu demandes toujours plus. Pauvre sotte. Voudrait-elle être l'égale d'une ombre ancienne, cette ombre fugace, agaçante, dont le nom rimait avec Sarah et sonnait comme le nom Sarah. Sarah, Sarah, Sarah, Sarah, Sarah, Lucie. Sacie, Lurah. Lorsque tes paupières seront closes, que ta pensée sera vive, les émotions en émois, le coeur ouvert, sur le billard à cause de ce boeuf qui t'aura renversé- parce qu'elle n'aurait jamais dit " Attention Jude ! Notre futur steak a l'air énervé!" ce jour là - un rouquin à côté, te tenant la main, à ce moment là, tu te diras qu'il n'y a jamais eu qu'une personne qui ne mérite pas de mépris,qui mérite cette autre chose là, qui commence comme âme et rime avec four . William. William. William. Ton égaux, ton contraire, ton oppresseur et ton oppressé, ta paix et ton détonateur.
Il eut fallu que vous soyez tout à fait différents en étant tout à fait les même, sans que jamais personne ne le sache. Oh que le roi des démons est cruel. Il eut fallu que Lucie soit Lucie. Il eut fallu que Lucie soit Sarah. Il eut fallu que Lucie soit déroutante, qu'elle t'aspire ta raison encore plus durement que l'autre brune, que tu vois couler le liquide de ta raison sur sa joue, emportant le jeu là où il n'aurait pas du être, sans que tu ne puisses rien y faire. Au fond, si William s'y était mieux pris, il l'aurait attraper, de la même façon que toi. Enfin c'est ce que tu penses. Avec ta grâce féline, tu te rapproches de ta démone, de ta diablesse, de ta succube, de ta douce, de ta belle. De ta gazelle. Un pas en avant. Un bras qui se tend, qui effleure une joue livide. Tu parais soudainement calme. Paraitre. Petits mouvements lents. Tu lui caresses la commissure des lèvres.
- Pourtant ma douce, William n'a pas frayé un chemin là où moins je suis entré avec tant d'ardeur.
Tu t'éloignes, mesurant le risque probable d'une nouvelle marque rouge sur ta peau délicate. Cette fille est bien cruelle, ne réalise-t-elle pas que ta peau de rouquin marque facilement et qu'une gifle a vite fait d'entacher ton visage de poupon ? La vilaine. Tu te délectes de tes mots, de cette perfidie qui suinte à travers eux. Ils sont plus fatal qu'un " Tu me dégoutes" . Parce qu'il ne se rapporte pas à la subjectivité d'un sentiment, parce qu'il ne s'agit que de fait, réel, temporel. Elle ose te défier Jude. Elle qui ose si peu, jolie poupée frustrée, nonne tout aussi catin. Allumeuse. Elle ose affirmer s'en moquer, ce qui au final, révèle que de toi ou William, quelles différences ? Quelle différence ? Et bien très chère Lucie, William n'a pas une tâche de naissance en forme de poire sur les fesses. Là voilà ta différence. Il y'en a d'autres.
- Ma douce, ma belle, ma gazelle, ce petit secret, ton vilain petit secret, ta vilaine petite honte, elle est tant à toi qu'à moi.
Tu lui poses l'affreuse peluche mutilée entre les mains, tu la sens tressaillir. Tu ne la laisses ni réagir, ni répondre, enchaîner, les mots fusent, véloce. Féroce. Atroce.
- Un élève, ici à Aisling, a un don tout à fait intéressant je trouve. Rumeur ? Ah oui c'est bien cela. Je pourrais... Je pourrais peut-être... Oh oui, aller le voir. Lolita qu'il s'appelle. Enfin je crois. Ou encore monsieur Mcallistair, vérité, son don, je ne me trompe pas ? OH oh oh! Tant que j'y pense, autant envoyer un texto à Discord. Ah non zut j'ai paumé son numéro. Des fois c'est fou, mon portable sème la zizanie. OLO quel fifou.
Tes yeux poignardent les siens. Et tu espères que ça va saigner.
- Qu'en dis-tu ma douce, ma belle, ma gazelle ?
Ne me touche pas par pitié. Sinon je dérobe ton coeur. Et je l'explose. BOOM.
Spoiler:
OLOL R U HAPI ? Traduction: ça te plait ? Héhé la musique de kéké que je t'ai trouvé. Sur ce. Mot de fin: MIAOU
Dernière édition par Jude & William Bloom le Mar 2 Aoû - 22:19, édité 1 fois
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Sujet: Re: Avec mon indéfectible affection, Jude B. ~ Lucie Mar 14 Juin - 6:39
- Pourtant ma douce, William n'a pas frayé un chemin là où moins je suis entré avec tant d'ardeur.
C’est de la folie pure qu’il distille dans tes veines. Un doigt sur tes lèvres pour refréner les cris, une caresse qui décolore une joue livide, pas un mouvement sur ton joli visage, tandis que l’espace d’un instant tout se fige. Choc statique, électrique, insanité extasie à cent à l’heure au creux de tes veines. De vie rien n’a subsisté. Un silence, des battements contre tes tempes, des mots derrière tes paupières, des larmes brulantes sous ta langue, du plomb dans ta gorge, une nausée entre tes poumons, ça fait cric, crac, boum ça sonne tabou et monstruosité, avorton rejeté, sanguinolent, des limbes de l’oubli, où tu, vous, l’aviez plongé. Et tu défaille. Et tu tombes. Et c’est trop tard. Jamais ne l’as-tu autant hait qu’à cet instant.
- Ma douce, ma belle, ma gazelle, ce petit secret, ton vilain petit secret, ta vilaine petite honte, elle est tant à toi qu'à moi.
Et voila qu’il te la tend, cette défaillance immonde, fruit de tes erreurs et de ta perdition, ça glisse entre tes mains, devant tes yeux muets, ta bouche écarquillée, ça à le toucher de l’enfance déchirée, l’odeur de sa peau, de sa cruauté, l’éclat de votre perte. Comme des petits bouts de venin qui s’assemblent en un puzzle Monstruosité. Et tu te tais. Tu gardes le silence, tu ne remue même pas les lèvres, abdication si lâche qu’il faut bien la dire de trois manières. Et il n’y a plus que les mots, les mots qui s’échappent, les mots trop vrais, les mots vérités, les maux saisissables, il y a ta honte marquée au fer rouge au bord de ta bouche et bien plus loin encore, il y a la gifle qui n’a le temps de partir ; ce geste de femme blessée jusqu’à la moelle, poussée dans ces derniers retranchements, s’enveloppant dans ce geste de dignité feinte pour ne que mieux dévoiler une fuite qu’il avait déjà su entrevoir ; qui ne viendra laisser doublement ta marque sur ce visage qui se détache enfin. Trop vrai, trop là, trop présent. Et chaque trait ne t’en brule qu’un peu plus fort la rétine.
Et ravaler tout tes mots, me les coincer en travers de la gorge, te les vomir à la figure pour cacher mes membres qui tremblent, déchirer ma rage à pleines dents comme j’aimerais déchiqueter mon visage, mon corps tout entier, m’arracher des lambeaux de chair, de haine, de lassitude du bout des ongles, effacer ta trace qui me brule, qui me dévore, contact insidieux s’infiltrant dans mes pores, mais elle n’est qu’une ombre, un corps à présent flétrit, le substitut d’une autre, une morte-vivante, excellant dans son unique Art : l’échec. Elle n’est pas Sarah, elle n’est pas sa chute, juste son corps qui s’écrase contre le sol, le grand final, juste le cadavre délaissé, une fois les néons éteints. De cet amas putride de merde et de sang, de chair flasques et d’os brisés sur lequel par un regard ne s’attardera. Juste une ombre. Privée d’elle-même. Dis Lucie … tu le savais pourtant n’est ce pas ?
Que tu t’y cramerais les plumes, que cette faute là serait pire que plomb dans tes belles ailes, t’étais aussi sobre qu’une morte pourtant, t’étais pas ivre de septièmes ciels dans tes soifs torrides. De chaleur humaine tout simplement. Le pire Lucie c’est que t’es juste comme eux. Reléguée au rang d’une simple catin pour un plaisir que tu n’as pas su t’offrir et qu’il ne prendra la peine de payer. Alors … on trinque ?
-Et alors ?
Dis Lucie, et si tu frappais pour une fois ?
-Et alors ?
Dis Lucie pourquoi tes lèvres qui tremblent, dis Lucie pourquoi ton cœur qui s’emballe, dis Lucie, qu’est-ce cette âme qui défaille ? Dis Lucie, qu’est ces mots qui ne s’échappent pas, ces répétitions sans sens, qu’est ces mots foutoirs là, ces courants d’air que tu ferais mieux de ravaler ? Plutôt sauter sur la première brise et filer à tire-d’aile pendant qu’il en est encore temps. Mais les vents sont retombés ne crois tu pas ?
-Et toi, qu’en penseras ton frere quand il apprendra que son jumeau chéri l’a devancé ?
Elle avait les yeux revolvers à la poudre mouillée. Et les mots qui se faisaient la malle.
-C’était trop de partager un même visage ? Il te fallait plus, à toi, rien qu’à toi ?
Et par ses paroles là c’est à toi, à toi seul que je m’adresse, c’est toi que je dévoile, que je découvre. Comme pour la première fois.
-Au fond vous êtes tres différents. Tout aussi dégoutants. Mais très différents.
Et se retourner, un peu trop vite, oh toi dont j’oublie le nom et n’emporte que la souillure, oh toi ma tempête rousse, je t’arrache la bouche, je te griffe les yeux, je te mords la peau. Et comme une fuite en avant, un pas, puis deux, une course qui s’entame, le Start est lancé, les larmes s’élancent, oh ne me regarde pas. Un pas, et d’autres que j’aimerais à l’infini. Tant qu’un peu plus loin de toi.
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It's a kind of magic. Age du personnage: 16 ans Nationalité: Anglaise Relationship:
Sujet: Re: Avec mon indéfectible affection, Jude B. ~ Lucie Dim 7 Aoû - 1:49
-Et alors ?
Et alors elle se retrouve là, prisonnière de cet étau que tu as sans cesse resserrer. Tu enrages. Il suffisait de quatre petites lettres qui formeraient un nom, et qui arrêteraient ce mécanisme vicieux dans lequel vous vous étiez jetés. Le courage avait battu sur tes tempes le temps d'un court instant, tu allais dérober la succube, l'emmener loin, et prendre le risque de briser ce miroir qui ne vivait que pour toi. Lucie ne le valait pas. Et tu aurais du le savoir. Tu tombais inlassablement dans le même piège. Ce piège avait l'arôme frustrant d'une envie de liberté qui ne fut pas censé. Tu voulais te libérer du confort d'un miroir étouffant qui imposait l'image sans la refléter. Tu la regardes, accroché à ton sourire moqueur, elle te débecte. Catin drapée de satin, aux lèvres barrés de rouges et aux cils bien trop foncés, elle jouait la fille qui n'y touchait pas, agripper à une frigidité feinte. Elle répétait les mêmes enseignements chastes à voix haute, comme pour se persuader. Mais se fut elle qui cria le plus fort cette nuit ci. Entre tes draps souillés, entre tes bras scellé, catin du noir, catin du soir. Elle criait à l'abandon de cette image incohérente. Le rouge de ses lèvres les avaient quitté pour mieux se coller à ta chair frémissante. Et le lendemain, elle t'évitait. Tu la déteste.
-Et alors ?
Et alors ses lèvres tremblent. Soubresaut qui t'hérisse les poils. La phrase sonne vide, répétée une fois de trop. Comme si les mots qu'elle voulut te vomir ne venaient pas. Ta Lucie n'excellait pas à cet art dans lequel tu t'acharnais. Elle était créatrice là où tu étais destructeur. Des lettres rondes qu'elle apposait sur la feuille émergeait ce concret qu'elle eut désiré, tandis que tes doigts en si peu d'instant, pouvait le corroder jusqu'à qu'il n'eut plus forme. Elle était créatrice. Et ses mots se voulaient à l'inverse de ses écrits, dévastateur, pour palier cette fragilité dont elle se sentait prise. C'était toi le bourreau, pas elle. Elle mentait par protection là où tu mentais par perversion. Elle était singulière là où tu étais pluriel. Et tu lui reprochais sans cesse de ne pas vous reconnaître tandis que toi même, à ce moment là, tu ne te reconnaissais pas. Tu aurais pu tout arrêter, arrêter de te cacher sous cette raison incohérente, stopper le jeu, expliquer à la bête et égayer la belle. Tu te répétais que c'était trop tard, que le mal était fait, que la succube s'en irait. Tu n'as même pas essayé. Et tes fautes à présent, sur ce "et alors" hésitant, te martèlent les tempes et te donnent la nausée. Tu l'aimes. Et tu détestes ça.
-Et toi, qu’en penseras ton frère quand il apprendra que son jumeau chéri l’a devancé ?
Tu souris, sincèrement. Elle essaie de te frapper, de se démener contre ce destin qui fixa des rôles injustes. C'est toi le bourreau, pas elle. Alors ça te fait sourire d'entendre ses mots qui volent autour de toi. Une caresse sur ta peau. Quand il l'apprendra, il offrira à ton dos une claque sourde, avec un grand sourire et un air narquois. Il te dira que t'as été plus fort que lui sur ce coup là, chapeaux bas. Le jeu sera de prime plus intéressant. Elle était comment Jude ? Je suis sur qu'elle est archi bien roulée. Rien qu'à voir son petit cul moulée dans son kimono de diva miam miam. Il immitera le loup , vous savez comme dans ses vieux dessins animés où une belle donzelle passe devant ce vicelard de loup. Il lui demandera la taille de son bonnet, le confort de sa chatte. Jude tu lui répondras à l'excès, en omettant de préciser que ton coeur, lovée tout contre elle, frémissait un peu trop. Et il resserrera son étreinte, chiffonnera tes cheveux. Parce que cet annonce, il la vivra comme le début de la fin. La fin de ce jeu où la poupée, partiellement cassée, s'enfuierait à toute jambe et ne serait jamais plus la même. Il prend son pied au sain de cette perversion. Ah mais William le sait déjà, Jude lui a dit le lendemain.
-C’était trop de partager un même visage ? Il te fallait plus, à toi, rien qu’à toi ?
Oui il te fallait plus. Parce que tu ne peux vivre toujours à l'identique, parce que vous êtes deux. Et ta Lucie, ta douce, ta belle, ta gazelle, elle était si inaccessible avec sa litanie religieuse,avec ses mots froids et ses écrits bouillants. Elle ne pouvait tomber qu'une fois et elle ne pouvait tomber qu'avec toi.
-Au fond vous êtes tres différents. Tout aussi dégoutants. Mais très différents.
Les mots s'enchainent, fusées vilaines qui rejoignent la lune. Tu n'as même plus le temps de penser que ta belle se fait la malle. Elle t'a étonné, tu en sens tes poils roux s'hérisser. Tu frissonnes. Mais tu ne lui en veux pas. Pars Lucie, fuit tranquille. Le jeu est finit. Tu lui as appris la chaleur d'un contact, qu'elle ne l'oublie pas. Ne m'oublie pas. Que tout ça ait été utile, que ce ne soit pas une entaille commune dont chaque fierté en a taillé les contours. Que ça n'ait pas été un ravin où vous vous seriez jetés. Que ça n'ait pas été une simple chute. Que ça n'ait pas été qu'un jeu
L'ombre fuit. Tu restes statiques. Ta main se lève et presse sur ton coeur une oreille familière. Le bourreau n'était peut-être pas celui que l'on croyait.
- J'ai faim.
Ah si.
Ne me touche pas. Par pitié. Parce que je t'ai aimé.
Spoiler:
"Elle avait les yeux revolvers à la poudre mouillée " Lucie i love you. Sujet clos ?
Avec mon indéfectible affection, Jude B. ~ Lucie
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